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Full text of "Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes 5"

DICTIONNAIRE 



DR 



L'ANCIENNE LANGUE FRANÇAISE 



ET DE 



TOUS SES DIALECTES 



DU IX* AU XV« SIECLE 




liste, listhe, lits, liite, tislre, licte, littre, 
s. i. f orle, lisière, bord, frange, bande : 
Deyers seneslre li bran» d'acier coula 
Desns la large, que onques n'a resta : 
La maislre liste d'une part li trança 
Et du hauberc quaoqu'il alaint en a, 

(Rai«»ebt, Ogier, 1868, Barrois.) 

Ou milieu du tissu a une liite cheveron- 
uoc de soye blanche et vermeille. (1360, 
lnveni. du duc d'Anjou, n° 330, Laborde.) 

Escu de sinople a liste d'or. (Percevais 
!• 84, éd. 1B300 

Sont tenus tous les subgetz tenans de 
ladite église et abbaye, ayans terres et 
prez contigus etjoignans a la rivière du 
Molinet, rellever et nettoyer, chascun a 
l'endroit de son tenement, pré ou terre, 
ladite rivière autant et si avant que leurs 
ditz prez, terres et tenemens se comportent 
et jusques au milieu de ladite rivière, en 
coste et liste de leur tenemens, en telle 
façon que ladite rivière puist avoir son 
cours pour fleuer a la mer. (1507, Prév. de 
Vimeu, Coût. loc. du baill. d'Amiens, I, 
427, Bouthors.) 

Estant la tumeur ouverle, si le péritoine 
en quelque lieu n'est atteint et coupé de 
frais, ains a seulement l'ulcère vieille, il 
en faut couper une petite bande ou liste, 
qui entame seulement le bord. (Dalksch., 
Chir., p. 290, éd. 1570.) 

— Liste se disait aussi de diverses espèces | 
de bordures, de broderies, employées I 
t. v t 



comme ornement, et, aussi, ce semble, de 
peintures, de sculptures, de recherches 
d'architecture. 

Dans le diocèse de Beauvaison appelait 
et on appelle même encore litre une large 
bande noire peinte sur là muraille, soit à 
l'intérieur soit à l'extérieur des églises. 
Autrefois tout seigneur ou patron d'une 
église possédait le droit honorifique de 
faire peindre, après son décès, sur les 
murs de l'édiflce, de ces bandes funèbres 
sur lesquelles on blasonnait ses armes. Le 
seigneur haut justicier avait le même droit 
dans les églises de sa seigneurie. La forme 
de la litre représentait un lé de velours. 
Quelquefois on faisait usage d'une espèce 
de litre en velours, damas, drap, serge, 
Jutaine, ou autres étoffes, mais seulement 
au dedans des églises. Ces sortes de 
litres ne demeuraient suspendues aux murs 
que pendant un an et un jour. Les cein- 
tures funèbres appelées litres pouvaient 
être conduites sur tout le pourtour de 
l'édifice, quand même il se fût trouvé au 
dehors un bâtiment adossé au mur. 

La largeur des litres variait suivant les 
dignités. On les doublait tant à l'intérieur 
qu'à l'extérieur pour les seigneurs titrés 



ou qui avaient quelque grande dignité 
comme lesducs,les maréchaux de France, 
les princes, les connétables. L'une était 
pour le ûef, l'autre pour la dignité. On les 
triplait pour les souverains, et la troisième 
marquait leur souveraineté. 

Les patrons ecclésiastiques, qui repré- 
sentaient les fondateurs d'une église, 
jouissaient du droit de litre, comme les 
patrons laïcs, avec cette différence qu'ils 
ne devaient pas faire peindre les armes de 
leur famille, mais celle de leur fondateur. 
{Bulletin de la Commission archéologique 
du diocèse de Beauvais, 1846.) 

De riches listes ert listée (la tombe). 
(Floire et Blance/lor, l f vers., 640, du Méril.) 

En la quarte tire des Mes 

Fu por ies quatre euvangelistes 

Qoyche, 

(Lopid., E 1215, L. Panaier.) 

Deus aunes de deus listes. (Gr> Charte de 
J. s. Terre, Cart. de Pont-Audemer. f g 83 v». 
Bibl. Rouen.) 

De cascune liste que li feme u li garçons 
listeroit. (1262, Bans aux échev., 00, ass. s. 
les drap., f° 13 v°, Arcb, mun. Douai.) 

Li rois fu en sa sale d'or p.iinlitree a liste. 

(Bcrte, 2218, Scheler.) 

Une autre pièce de soudanin d'icello 

i 



2 



LIS 



LIS 



LIS 



façon a cinq littes. (1380, Inv. de Ch. V. 
n° 3372, Labarte.) 

Une longue ceinture sur un blanc tixu, 
a deux lictes de jaune. (1400, Pièces relat. 
au règne de Ch. VF, H, 334, Douët d'Arcq.) 

Que par dedans l'eglize tout a l'environ 
soit une Hte de bougran ornée et semec 
des armes du dict seigneur. (Roi René, 
Œuv., 1, 86, Qualrebarbes.) 

Ne -voulons qu'il soit mis es lites de la 
dicte église aucuns draps de soye, mais 
bougran seulement. (Jd., i&., p. 108.) 

Le seigneur chastellain est fondé d'avoir 
preeminance, avant ses vassaux, es esglises 
estans en et de sa chastellenie ; comme 
d'avoir et tenir littres en ses armes et 
timbres au dedans et dehors desdites 
églises et peut prohiber et deffendre 
qu'autres ses vassaux ne mettent littres ne 
armoiries esdites églises, au préjudice de 
sa preeminance. (Cout r de Tours. Couf. 
gén., t, II, p, 4, éd. 1604.) 

— Liste a désigné particulièrement une 
bande de poils blancs qu'ont sur le chan- 
frein ou au bout du nez certains chevaux, 
que dans les ouvrages sur la connaissance 
des chevaux on appelle fautivement lisse 
en tête, lisse au bout du w% : 

Le cheval sera de gentil cueuret de bonne 
vertu, qui aura l'estoille blanche au front, 
ou la liste et raie blanche qui lui descende 
par la face ou chanfrin, sans toucher aux 
sourcils ni arriver jusques au museau. (O. 
de Serr,, Th. d'agr., IV, 10, éd. 1608.) 

On trouve encore au xvn 8 s, au sens de 
bande de terre : 

Plus une liltre d'un autre jardin y joi- 
gnant contenant trois boicelées. (1675, 
Ste-Croix, Montbernage, Arch. Vienne.) 

Une listre'ou chaintre en bois mal planté. 
(1695, S.-Benoît, ib.) 

— Espace entre deux piliers : 

Font feur et marché de faire la charpen- 
terie d'un clocher sur les quatre princi- 
paulx piliers de la dicte église de la lon- 
gueur de dix bracees et de la largeur de 
dix pies par ambas, dessus La dicte église 
avesques de toute la charpenterie que ser- 
vira pour les dicts quatre piliers jncques a 
joindre la novelle au pié de la dicte église 
au cuer et a la couverture au dessus du 
cuer, et qui couvrira la largeour d'un pié 
les deux piliers parachevés devers le 
marché au blé avesques listre et arche 
entre deux. (16 mai 1468, Chapit. de Cor- 
nouaille, 1 er reg. des contr., Arch, Finist.) 

^ Rang, dans l'exemple suivant : 

Et g&rnisiez nés et galies, 
Toat ordeneement par listes 
De mariniers sages et vistes. 
(GoiART,.iîoy. lign., t. 1, p. 152, Buchon.) 

— Fig. : 

On a accoustumé de sonner la cloche 
pour resveiller les escholiers. La leçon 
que nous devons avoir est de bien haute 
liste, il faut avoir l'esprit ouvert. {Les 
Apresdinees du S r de Cholieres, I, f° 1 v°, 
éd. 1S87.) 

— Barrière ? 

Le sabmedy se fist unes joustes que les 
Porlingallois firent sans donner prix; et 
furent abbatues toutes les listkes qui estoient 
sur la place. (S.-Rkmy, Mèm., ch. CLV, Bu- 
chou.) 



Livré quatorze quartiers chascun de 
.IX. piedz de long emploiez a taire licles 
audit pont, qui avoient esté rompues. 
(1498, Compt. faits p. la ville d'Abbev., Ri- 
che!. 12016, f° 117 r<\) 

■Un tailleur de gretz retaille les littes, 
joinctures et paremens. (1505, (iand, ap. 
La Fons, Art. du Nord y p. 130.) 

Lillois, liste, lisière. Suisse, liste, bande 
mince de bois, règle de bois mince et 
étroite. 

listé, litè, luisté, littê,- ei, adj., bordé, 
entouré d'une bande ou bordure, peint à 
bandes ou à bordures, orlé, frangé ; s'ap- 
plique à quantité d'objets : 

— A palais, chambre, tour, tente : 

Li paleis fu listes de asur e avernanz. 

(Voy. de Charlem., 34i, Koschwitz.) 

On palais montent de vert marbre listé, 
(Les Loti., ms. Montp., f° 235 e .) 

Mijue cuident deffendre et les palais listes. 
(Chans* d'Anlioche, II, y. 396, P. Paris.) 

Dn grant pi le 12 lité. 

(Ficrabras, Val. Chr. 161 G, f p 60 a .) 

La se braist, si ait un cri gîte), 
Si que li rois de son palais iistei 
Celle part vint corrant. 
(Carin de MongL, Komr., p. 343.) fmpr., libei. 

A icest [mot] s'atorne vers lo palais lité. 

(Parité, 200, A. P.) 

Et firent gratis palais Ut as. 

(Rose, Vat. Chr. 185S, f 82 d .) 

Je vous a y chy mandet en ma cambre listée. 
(Chev. au cygne, 597, fteiff.) 

Virent le rice mur et les tors cretelees, 
De hlanc marbre et de bis ruenuement listées* 
(Roum. d'Alix., f° 35 e , Mlchelaat.) 

Li duc en est venus en sa tente lilee; 
Du cheval descendi qui la resne ot dorée. 
(Cuv., du Gucsclin, 13812, Charrière.) 

— A targe, écu : 

Et fiert Simon en ia targe listée. 

(Les Loh,, ms. Berne 113, f° 33 e .) 

Yait ferir Estorgant sor la large luislee. 
(Aiol, Hichal. 25566, f° 167 a .) 

Le destrier broiche, le frainc abandoné, 
Et fiert B. sor son escu listé. 

(Raoul de Cambrai, 4073, A. T.) 

De bandes d'or ot un escu lité. 
(Aleschans, 1328, ap. Jûnck., CuilL d'Or.) 

Devant lui a son fort escu lité. 
(G. de MongL, Vat. Chr. 1360, f° l6 b .) 

Son escu devant soi, qui lu a or liste*. 
(Chans, d'Anlioche, VIII, 1389, P. Paris.) 

— A mur, marbre, cristal, table 

Li mur de mabre lot noef et bien listé. 

(Les Loh., Vat. Urb. 375, f° 5 d .) 

Desor le mur a resgardé, 
Qui fu de fin marbre listé. 
(Floire et Blanchefior, 2 e vers., 2579, du Méril ) 

Mesire Gauvains del destrier 
Descent sor le mabre listé. 

(Gauvain, 2022, Hippeau.) 

D'or est la bucle e de cristal lislet. 

(Roi., 3150, Mûllcr.) 

Roy Piètre fist seoir a sa table lilee 
Et a guise de roy fu servi la journée. 
(Cuv., du Gucscl., 9850, Charrière.) 



— A sambue, couvre-chef, bande 
écharpe, ceinture, plume : 

Mes ire Dnrmars l'a levée 
Sur la sambue d'or listée. 

(Dnrmars le Gallois, 4927, Stengel.i 

Car enovreebief de noble atour 
Sour son cime le jour porta, 
Dame ou pucelle li donna, 
Listes d'or a pierles massis. 

(Couci, 5643, Crapelet.) 

Vallès, c'est cist as armes d'or, 

A celle bende troncenee, 

D'argent et d'azur est lilee. 
(Bbetel, Tourn. de Chauv., 2208, Delmotte.) 

Icclle escharpe estoit richement listée de 
douze cloquetes d'argent, (DeguïlTjEV . , Pè- 
lerin, de la vie hum,, Ars. 2323, f° 34 r°.) 

Et d'unes ceinctores ceints sont 
Qui a fin or toutes litiees 
Sont et de uns saphirs clouées, 
(Id., Trois Pèlerin., f° 145*, impr. Inslit.) 

Ses plumes (du faucon) doivent eslre 
blanches coulourees de vermeil, et doivent 
estre littees, grosses et bien coulourees. 
[Môdus, f<> 77 v* f Blaze.) 

listel,- iel, litel, litrel, s. m., bordure, 
bande, raie : 

( Couverture a listel (1262, Bans aux 
echev., OO, ass. s. les draps, t'° 2 r» Arch. 
mun. Douai.) 

Sor le Ustiel dp, cascune pari. (76 
f° 1S v«.) ^ K '' 

Litrum, litrel. (Olla patella, p. 30. 
Scheler.) 

Les .11. postiaux et le soverain litel de 
l'uis. (De VAignelet, Richel. 423, f° 132 a .) 

Ils moullierent du sang de Taigneau les 
listeaux de leurs huys. (Fleur des hvst . 
Maz. 530, f°27 h 

Et tout entour ledit pié, par le bas, a un 
greile litel fait aux armes de France. (1360. 
ïnvent. du D. d'Anjou, n° 281, Laborde.) 

Pour avoir fait mettre par Martin de 
Villers et Siraonnet Bouissart, carpen- 
tiers, ung Ustiel en laditte maison servant 
entre les deux fenestres d'icelle. (Compt. 
de la tutelle et curatelle de Miquelet Tuscap, 
rendu en 1448, 4» 1 somme des mises, Arcn, 
Tournai.) 

Suisse rom., liteau, latte. 

listelure, Uct., s. f., bordure : 

Comble a feste et a sourfeste faisant U$~ 
telure de loyures, croisies et montans. 
(1416, Bétbune, ap. La Fons, Glots. ms., 
Bibl. Amiens.) 

Ledit Eustace a livré deux pièces de 
bois portans ebascune .xn. piedz de long 
et servant [du] lictetures. (Compt. faits p. 
laville d*Abbev., Richel. 12016, p. 109.) 

listeor, - eur, s. m,, ouvrier qui fait 
la lisière d'un drap : 

Robert le Listeur. (Chirog. de fév. 1259, 
Arch. mun, S. -Quentin, 1. 24.) 

Que nus lisières ne puist drap lister ke... 
s*il avenoit cose que alcuns de ces listeurs 
fust malades. (1262, Bans aux échev., 00, 
ass. s. les drap., f» 13 v°, Arch, mun. 
Douai.) 

lister, v. a., faire la lisière d'un 
drap : 
Que nus listeres ne puist drap lister 



LIT 



LIT 



LIT 



ke... {{262, Bans aux échev., 00, ass. s. 
les drap., f* 13 v% Arch. mun. Douai.) 

1. listre, voir Litres. 

2. listre, voir Liste. 

lit, lict, s. m., tas, couche : 

Un lit de gerbez de blé abatre contenant 
une travée de la nef de la granche, a tout 
une chambrée. (1395, Bail, Arch. MM 31, 
f» 223 r«.) 

— Terme de meunier : 

Le meusnier est tenu reDdre la farine de 
rez a comble outre le droit de mouture et 
tenir le lict et cercle de ses moulins a rond. 
{Coût du pays de la Marche, Coût, gén., 
II, 518, éd. 1604. J 

— Lit brisé, mariage dissous : 

En cas de lioi% brisez et mariages di- 
vers entre gentils hommes, les fils exclue- 
ront les filles des successions de leurs 
pères ou mères communs en apportionnant 
icelles de ce que leur doit estre donné pour 
leur dot, (Coût de Lorraine, Coût, gén,, 
IT, 1081, éd. 1604.) 

— Lit entier, lit deffait, mariage subsis- 
tant et mariage fini par la mort d'un des 
conjoincts : 

Homme marié non ayant enfans, ne 
pourra vendre les fiefs ne mainfermes 
venant du costé de sa femme plus avant 
que durant le lict entier , mais prestement 
le lict de/fait et l'homme vendeur mort, 
iceux fiefs et mainfermes, retourneront a 
la femme, si vivante est, ou a ses hoirs. 
(Coût, de Hainaul, Coût, gén., I, 803, 
éd. 1604.) 

litarge, lyt, s. f., léthargie : 

Ceulx qui sont endormis de lytarge. 

{Platine de bonnette volupté, f° 35 r°, 

éd. 1528.) 
On trouve letharge au xvi a siècle. 

LITAHGERE, VOÎr LITARGIRE. 

litargire, - gerc, s. m., litharge, 
ancien nom du protoxyde de plomb demi- 
vitreux ; 

En metant par desus litargire confit o 
chaleur de souleil. (H. de Mondeville, 
Richel, 2030, f° 48 e .) 

Soit mise dessus poudre de litargire ou 
de hermodactiles. (1d., f° 57 e .) 

Por ce que les medicines sèches si 
comme litargires et les autres mineraus 
qui ne descendent pas ne trespercent les 
porres. (Brun de Long Borc, Cyrurgie, 
ins. de Salis, î« W.) 

Tu encorporeras le liiargere avec ces 
choses. (lD.,t£>.,f° 21 d .) 



1. lite, adj. f., blessée; lite mat 
lèse-majesté : 

La justice laye ne peut bannir ung clerc 
ne ung prestre fors de lite magestê. {Cou- 
tumier de Guynes, f° 209.) 

Cf. Les. 

2. lite, voir Liste. 
lite, YOirLïSTÉ. 

L1TECONTBSTEH, VOÛ* LlTISCONTKSTER. 

liteb, littee, lictee t s. f., couche : 



Par Uttees les raisins esgrumes et le 
fousteau sont mis dans un tonneau de- 
foncé par un des costes. (0. de Serres, 
Th. d'agr.,U\, 9, éd. 1605.) 

On les enferme (les raisins) dans des 
pauiers d'oziers entasses les uns sur les 
autres, y meslnnt parmi des feuilles de 
vigne, par Uttees, et les panniers couverts. 
(1d., ib., TU, 13.) 

L'entredeux est rempli de terre argil- 
leuse t ou pour le meilleur, de pure argille, 
qu'on y espard peu a peu esgalement par 
Uttees, en la pressant avec un battoir pour 
l'affermir. (Id., ib. t V, 13.) 

Pour la mesme cause de la santé, faict 
on du pain bigarré de blanc et de gris, 
dont les couleurs distinctes se voyent par 
Uttees a travers du pain, qu'on compose 
de paste blanche de froment et de grise 
de seigle. (Id., ib. } VIII, 1.) 

— Progéniture : 

Butor li a dit : Dame, or ne soies iriee, 
Vous aves deles vous vostre douce portée, 
La royne des cieus en puist estre loee ; 
Et par ma foy ves cy grascieusse litee 
Qui lonc temps a esté de nous -il, désirée. 
{Brun de la Mont., Richel. 2170, f° 34 r\) 

— Portée : 

Quand leurs lisses sont chaudes, ils les 
tiennent attachées es forests; toutefois ils 
ne nourrissent ny la première ny la se- 
conde littee. (Du Pinet, Pline, VIII, 40, 
éd. 1566.) 

Quand une chienne ne fait qu'un chien 
d'une lictee il voit a neuf jours. {Id., ib.) 

On dit que la tygresse ayant retrouvé Tud 
de ses petits, que le chasseur luy laisse sur 
le chemin pour l'amuser, tandis qu'il 
emporte le reste de la littee, elle s'en 
charge, pour gros qu'il soit, et pour cela 
n'en est point plus pesante, ains plus 
légère a la course qu'elle faict pour le sau- 
ver dans sa tasniere. (Fr. de Sal., Vie dêt>>, 
préf., OEuv M I, 550, Albanel et Martin.) 

On trouve au xvii e et au xvm* s.; 

Deux chiens qui viennent a la lumière 
du jour d'une mesme littee. (Camus, Cleor., 
I, 615.) 

Pline dit, d'après Aristote, que les In- 
diens faisaient couvrir leurs chiennes par 
des tigres, et qu'il en naissait des chiens- 
tigres, mais qu'ils ne se servaient que de 
ceux de la troisième littee, ceux des deux 
premières étant trop dangereux. (BeRN, de 
S. -P., Mêm. s. la Mênag.) 

liteigne, s. f., litige, procès, contesta- 
tion : 

Sans préjudice du droit des parties d'une 
part et d'autre, lesquels sont en liteigne a 
cause du dit fié comme ils disoient. (1523, 
Aveu de la seigneurie de Balaines,paroisse de 
de Biîli, chastell. de Romorentin, an . Le Clerc 
de Douy, t. II, f» 16 v°, Arch. Loiret.) 

litel, voir Listel. 

liteler, v. a,, border : 

Pour abatre une saus et esquarrir, plan- 
chier les moulins la ou il convenoit, clorre 
d'esselles et liteler. -(1328, Compte de Odarl 
de Laigny, Arch. KK 3 a , f* 14 v°.) 

Ung aultre tablies, ouvré et liteté. (1488, 
Inv. du château de Coursan, Rev. des Soc. 
savantes, t. III, 7 8 série, 2» liv.) 

Suisse rom,, Neuchâtel et Fribourg, lite- 
ler une paroi, liteler un plafond. 



LiTBLBT, s, m,, petit lit : 

.n, petits litelets sans coussin. (1389, 
Invent de Rich. Picque, p, 56, Biblioph, de 
Reims.) 

.II. petits liteles, les coussins et deux 
petits couvertoirs rayes. (1389, Inv. d Bette- 
niville, ap. Varin, Arch. adm. de Reims. 
III, 747.) 

Les poêles du xvi 9 s. font un fréquent 

usage de ce mot. 

liter, lither, v. n., enduire : 
Ce sont les remèdes que Galien approprie 
par dedans a gargouiller, lither, oindre et 
souffler au dedans. (Joub., Gr. Chir., 
p. 167, éd. 1598.) 

1. lïterage, s. m., écritures, titres, 
documents : 

Et est besoing que j'abandonne toutes 
ces ancienetes (combien qu'elles soyent 
dignes de mémoire, et a la louenge de 
voz ancestres et de vous) pour venir aux 
prochaines lignées congneues et de bonne 
et prompte mémoire, tant par croniques, 
traites, literages, mariages et autrement 
(que Ton trouve tous les jours, pour la 
preuve de mon escrit), comme aussi par 
vives voix mesmes, tesmoignans aucunes 
parties de mon récit. (LA Marche, Mêm>, 
introd., chap. i, Michaud.) 

Cf. Letrage et Letriage. 

2. lïterage, - aige, s. m., litière : 
Par lequel (bois) ilz pevent prandre fou- 

giere, feille d'ierre et autre literaige pour 
leurs bestes et engreis. (1467,, Usem. de la 
for. de Brecelien, Cart. de Redon, Eclaire, 
CGCLxxvin, A. de Courson.) 

literature, s. f., capacité : 
Ordonnons que tous les notaires que 
par nous seront créez et constituez seront 
tout premier examinez par nostre juge 
majeur et d'appeaux sur la suffisance et 
literature d'iceux. (Coustumes de Bueil, 
Nouv. Coût, gén., II, 1242.) 

LiTERiL, voir Letril. 

liternier, s. m., marchand de lits ; 
Mprchans liternier s. (1582, Valenciennes, 
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

1. lïteron, litt, lict, s. m., petit lit : 
En ce sollier avoit .i. povre litteron ou 

tous enfans de la povre femme gisoient. 
(Froiss., Chron. } Richel. 2644, f° 209 v°.) 
Plus bas : licteron. 

2. literon, litron, s. m., mesure pour 
les solides ; mot conservé sous la forme 
litron : 

Le muid de blé mesure de Paris contient 
douze sestiers : le sestier, deux mines ; la 
mine, deux minots ; le minot, trois bois- 
seaux ; le boisseau, quatre quarts ; le quart, 
quatre literons. (0. dk Serr., Th. d'Agric, 
I, 3, éd. 4805.) 

Literon, litron, seizième partie du mui, 
quatrième de la quarte, mesures de choses 
arides. (Monet, Parai des langues, Rouen 
1632.) 

Literon ou litron, une sorte de petite 
mesure de légumes a Paris environ d'une 
peinte. (Duez, Dict fr.-allAat, Amsterdam 
1664.) 

Pop., à Paris, litron, litre de vin, 

lithbr, voir Liter. 



LIT 



LIT 



LIV 



UTICONTESTATION, VOÎr LlTISCONTES- 
TÀTlOJï. 

liticontester, voir Lttiscontestkîl 

litigant, s. m., celui qui a un litige : 

Quand ung des Utigans a obtenu contre 
l'autre, par sentence diffînitive, condemp- 
nacion ou appoinctement du juge... (Coust. 
du nv" *,, Arch. législ. de Reims, 2* p., 
vol. I, p. xvi, Doc. inéd.) 

Nous ordonnons que tous plaidans et 
Utigans seront tenus au jour de la pre- 
mière comparition en personne, ou par 
procureur suffisamment fondé, déclarer ou 
eslire leur domicile au lieu ou les procez 
seront pendana. (1539, Ord. de Franc. V r 
pour Vabreviat. des procez, xxin.) 

Ung tas d'asnes advocatz ou plus tost 
larrons qui plaident les causes,., tant 
seullement pour attirer l'argent des Uti- 
gans. (Jeh. Le Blond, ïnstit de la chose 
publique, f° 26 r«, éd. 1549.) 

litige, s, m, et f., mot très douteux, 
igniûant avocat, selon Tarbé : 
Tre« amonreme (Vierge), de gaité hosteliere, 
Soyei ma litige. 
(Chant., ap. Tarbé, Romancer, de Champagn., 1, 66.) 

litigieusement, adv., en se querel- 
ant : 

Mais quant ce vintaprez disner, vindrent 
devers ceulx du North } litigieusement t deux 
chevalliers. {Wavrin , Anchienn. Cron. 
tfEngtet,, II, 408, Soc. de l'H. de Fr.) 

litigueux, adj., litigieux : 
Chose Uligueuse. {Coust. de Norm., 
f» Hi T* t éd. 1483.) 

LITISCONTESTACION, - tlOïl, UU'.Ontes- 

tation, s. f., terme de procédure, premières 
défenses préparées par le défendeur contre 
la demande du demandeur, premier acte 
de procédure qui donne ouverture à la 
contestation judiciaire : 

Car il apparoit clérement qu'elle averoil 
endamnee la liticonteslation. (Pièce de 1310, 
ap. Varin, Arch. admin. de Reims, n, 116.) 
Impr., Iwontestation. 

Ladite cause et procès eust esté advoc- 
qué en nostre cour de parlement ou icellc 
a longuement esté sans avoir aucunement 
procédé fors seullement par présentation 
chacun an et sans ce que lilisconteslation 
i ait esté faite. (1324, Tiltre touchant les 
droits depayseison des marets de Mortaigne, 
Arch, mun. Mortagne.) 

Delay ne leur sera donné par le juge, 
après Utisconteslation faire. (1367,Ord., vu, 
706.) 

En faisant sur ce IW scoute station, (Juill. 
1373» Lett. de G. <le Cluney, bailli d'Auxoîs, 
Arch. mun. Montbard.) 

Apres laquelle response et litiscontesla* 
don ainsi donnée par ledit prisonnier, fu 
par ledit lieutenant demandé aus dessus 
nommez leurs opinions et comment il se- 
r oit bon de procéder contre ledit prison- 
nier. {Reg.du Chat., Il, 458, Biblioph. fr.) 

Respondent que il ne chiet nulle res- 
ponse pour ce qu'il est regetté comme non 
pleidoiable pour ce que les parties furent 
appointées a bailler, et furent liticontesta- 
tions avant les dictes lettres împetrees. 
(1398, Acte de procédure au somm. de la 
justice de Bonneval, chastell. d'Yenville, 
ap. Le Clerc de Douv t. II, f° 16 r°, Arch. 
Loiret 



Liticontestalion est nyer la demande de 
partie par ung ny pour toutes deffences. 
Et pour ce l'appelle Uticoniestation qui li- 
ticonteste par geueral ny, sur toute lade- 
mande,ne ne quiert declinatoire ne dilatoire 
autre que peremptoire que nyer purement 
la demande qu'on luy fait pour toutes def- 
fences, car devant ce ny n'est le juge sei- 
gneur de la cause que pardevant luy est 
liticontestee. (Bout., Somme rur. % i* p., 
f° 32<*, éd." i486.) 

Statuons et ordonnons que pour quel- 
que récusation qui soit baillée contre nos 
dite seneschaux allouez et juges ilz ne s'en 
abstinent de procéder au jugement des 
procès pendans par devant eulx, sinon 
que la récusation soit baillée par avant 
le procès litiscontesté et les parties ap- 
pointées en droit, ou que depuis la dicte 
litiscontestalion et appointement en droit 
autcune chose de récusation juste et rai- 
sonnable contre lesditz seneschaulx al- 
louez et lieutenans feussent de nouvel 
venuz a cognoissance de partie qui les 
propose et allègue. {Coust. de Bret>, 
f° 219 r\) 

litiscontester, liticontester, litecon- 
tester, verbe. 

— Neutr., introduire le premier acte de 
procédure qui donne ouverture à la con- 
testation judiciaire : 

Il convient deffendre, litiscontester et 
entrer en plaît. (Coût, et Ord., collect. 
Dupuy 247, 48, Bichel.) 

Pleniere puissance... de eus deffendre, 
de excepter, proposer, repliquier, tripli- 
quierjquadrupliquierjde litecontester. (1324, 
Arch. JJ 62, f« 115 r°.) 

Et ceste rubriche est tenue et observée 
en parlement : et raison le veult, car ja 
ilz ont liticonteslê. (Bout., Somme rur. t 
f» 8 b , éd. 1537.) 

11 ne peult poynt appeller de son judge 
mayntcnant, car il a liticonteslê, (Pals- 
grave, Esclairc, p. 683, Génin.) 

Quand un tiers detompteur d'aucun hé- 
ritage est poursuivi pour raison d'aucune 
reute dont est chargé ledict héritage qui luy 
a esté vendu sans la charge de ladite 
rente et dont il n'avolt eu cognoissance 
paravant ladicte poursuitte, après qu'il a 
sommé son garant ou celuy qui luy a 
vendu et promis garantir ledict héritage, 
lequel luy defïaut de garantie, ledict tiers 
detetnpteur ainsi poursuivi, paravant litis- 
contester, peut • renoncer audit héritage. 
(CouL de Paris, Coût, gén., t. 1, p. 4, éd. 
1604.) 

— Act., introduire, en parlant d'un pro- 
cès : 

Vous sçaves quo des l'an passé 
Y eust ang procès commencé 
Entre la Simple et la Rusoe, 
Dont la cause a esté plaidee 
Et aussy liliconleslee 
Par devant vous, 
(Coquill., Etiquette, II, 73, Bibl. elz.) 

— Part, passé, litiscontesté , introduit, 
en parlant d'un procès : 

Procès litiscontesté. (Coust, de Bret., 
[♦219 r«.) 

Causes... entières et non liticontestees. 
(1512, Lettres de Louis XII, ap. Félibien, 
HisL de Paris, t. lïï, p. 266 a .) 

i.ixisPENDENCEj-ancejS. f., temps pen- 
dant lequel un litige est pendant eu justice ; 



Si quelque partie faisant sa résidence 
dans ladite ville s'en retiroit pendant la 
litispendance ou le procès, tous ajourne- 
mens seront faits au domicile dont il est 
sorti. (Coût. d'fpre x ch. cCXLiii.) 

Leditbailly de Marie a offert défaire appa- 
roir promptement que pour raison de ce 
y a appellation et l ilispendence en la ditte 
cour de parlement des cinquante deux ans. 
(1537, Proc, verb. des coût, de Laon, Coût, 
gén., t. ï, p. 560, éd. 1601.) 

Chose qui tournoit au grand ravallement 
dudit Samct Siège, attendu mesmement 
la litispendence qui en estoit devant les 
juges députez par Sa Saincteté. (M. do* 
Bellay, Mém„ 1. IV, f» Ht r°, éd. 1569.) 

litrel, voir Listel. 

litres, listre, s. m., cas sujet, lecteur: 

Lors vient li litres au livre... (Trad. de 
Belelhy Rbhel. 1. 993, f° 16 v\) 

Listre, lector. (Gloss. gallAat, Richel. 
I. 7684.) 

Et encore au xvr* s. : 

Les doyen, chanoines et chapitre Sainct 
Estienne d'Auxere comparans parmaïstre 
François de la Barre, doyen, Edme The- 
venon, chantre, Estienne le Muet, péniten- 
cier, Charle Grillet, archidiacre, Germain 
de Charmoy, Nicole David, listre. (1561, 
Proc. verb. des coût d'Auxerre, Coût, gén., 
I, 213, éd. 1604.) 

litte, voir Liste. 

litron, voir Literon. 

jutté, voir Listé. 

littéral, adj., exprimé par écrit ; 

Que ses gestes feussent mis en recordt. 
littéral. (Fossrtikr , Cron. Marg>, ms, 
Brux. 10511, VII, v, 17.) 

litteratoire, adj., littéral, fondé sur 
des lettres, des titres : 

Firent escrire ladite loy comme de nos 
jours a esté observé pour reformer et ré- 
diger en preuve litteratoire les coutumes 
de France. (Du Tillet, Rec. des R. de Fr. t 
p H, éd. 1580.) 

littue, voir Liste. 

liu, voir Lieu. 

liuee, voir Lieuee. 

huete, voir Lteuete. 

LIURE, VOir LlEURE. 
LIUTER, V. a. ? 

Le raifort sauvage fleurit en juin, et 
bientost après il liute sa semence. (L'Es- 
cluse, HisL des plant, de Dodoens, V, 36.) 

LIUVESCHE, VOir LïVESGHE. 
■ LIUVREE, VOÎr LIVREE. 

livagion, voir Levation. 
uvage, voir Levage. 
ltvane, s. f., pélican ; 

Pelecanes et onocrotalus en grec, platea 
et platalea en latin, Uvane en françoys, 
agrotti en italien. (Belon, Nat. des oys. t 
III, 11, éd. 1555.) 

hvecop, voir Lïfecop. 



LÏV 



LÏV 



LfV 



livee, voir Lbvrk. 

livel, liveau, leveal, s. m , conservé 
sous la forme niveau, plus anciennement 
nivel, qui apparaît au xv e siècle : 

Or chu assiet om les .1111. coens clou 
clostre sens plonc es sens livel. (Alb. de 
ViÛ. de Homiec, p. 151, Lassus.) 

Et si doit on mètre el fossé de vint pié 
trois estaches a livel, une ou fossei dou bos 
del Fau, desous le conduit respondant a 
livel, ces trois deseure selonc ce ke l'eauwe 
se portera. (Août 1256, Flines, Arch. Nord.) 

Abaisser la moitié du planchier du 
solierde ladicte maison qui est de quatre 
marche au liveau du pré. (1410, Arch, MM 
32, f° 53 V».) 

Tout d'ung égal et aung liveau que Tung 
ne passe point l'autre. (1446, Bourbonnais, 
Arch. P 1355 2 , pièce 4.) 

Usaige est que toutes heruines faisant 
forches une ou pluseurs, que délie alhe 
delheraine de chialle forche qu'elle doient 
estre détenues aus commons frais et aux 
concluions coustanges, et del fourche en 
amont que chascun doit tenir son leveal a 
ses frais et costanges, se covent ne les en 
oustent. (J. de Stavelot, Chron., p. 231, 
Borgnet.) 

Qui ne commence son euvre sur affec- 
tion vertueuse, et ne la conduit au liveau 
et sous la mesure de raison, semble a 
celuy qui édifie sur faulx fondement. (A. 
Chart., VEsper., OEuv., p. 298, éd. 1617.) 

Ils ont loué et estimé la campagne qui 
n'est du tout plate et a liveau, mais va un 
peu en penchant. (Gottereau, Colum. } II, 
2, éd. 1555.) 

Quant aux dents, il y en a de trois 
sortes : car elles sont disposées a mode de 
scie, ou elles sont toutes d'un livel, ou 
bien elles sortent de la bouche. (Du PmET, 
Pline, XI, 37, éd. 1566.) 

— S'est pris au sens de nivellement ; 

Au dit Jaqûet pour argent par lui baillé 
depuis que les dessus diz eurent fait leur 
devis que les paveurs y furent touz seulz 
et attendirent le liveau et trouvèrent qu'il 
ne falloit pas tant a haulser ledit pavé 
comme ilz «voient la première foiz. (Compt. 
de J. Chiefdail, 1412-1413, Forteresse, ni, 
Arch. mua, Orléans,) 

Wallon, levai ; anc. liégeois, leveau. 
Guernesey, livé. 

LIVERANCE, VOÎr LlVRANCE. 
LIVERAULj VOÎr LîVRAL. 

livere, cas suj., voir Livreor. 

LIVEREISON,VOir LIVRAISON. 

liverie, s. f. } action de livrer ; liverie 
de seisin, investiture : 

Aver un liverie de seisin. (Littl., Instit., 
58, Houard.) 

En ceo cas chescun poit enter en l'auteur 
terre issint mise en eschange sans ascun 
liverie de seisin. (Id., ''0*,62.) 

livesche, liuvesche, luve$che } levesche, 
levasse, levenque, lavanche, luposche, lovache, 
s. f., ache des montagnes : 

Et n'ert pas jonchîe dû jonc (l'église), 
Mais d'iode flor de violete 
Et de levenque menuete 



Estoit poldree espessement, 
De cief an clef tôt ivelment. 

(Parton., 10826, Crapelet.) 

Herselot, sez me que loer 

Conmaat m'au vanche ? 
Charmez li chiere par lavanche, 

Inscrivez brief de sanc et d'aoche... j 

{De nichant, H3, Méon, Nour>. Use, 1.) Impr., la j 
vanche. 

Foir deit on o une bêche 
La racine de la liuvesche. 

{Ms. St Jean, ap. LHtré, Livèche.) 

Levistiscum, luvescke, luvestiche. (Voca- 
butary of the names of plants (of the 
middle of the thirteenth century), p. 439, 

Wright.) 

Levisticum, livesche. (Gloss, lat.-fr., Brit. 
Mus. Harl, 978, f° 26*. ) 

Bullir la racine de luvesche en eve, (Or- 
natus mutierum, ras. Oxf, Ash. 1470, 
f° 278 e .) 

Rasine de lovache. (Quentyses, ms. Edim- 
bourg, Advocates library, 18.4.9.) 

Lupistica, luposche, (Gloss. rom.-laL du 
xv 9 s., Scheler.) 

Semence de livesche. (Le Fournihr, 
Décor, d'hum. nat., f» 33 v», éd. 1530.) 

Snurnium, kvesche. (C. Est., De lat. et 
grœc. nom. arbor., p. 70, éd. 1547.) 

Levisticum dit levesse. (A. Du Moulin, 
Quint, ess. de tout, chos., p. 82, éd. 1549.) 

Wallon, lavase, ache des montagnes. 
Rouchi, louvesse. 

livei'r, voir Livon. 

HVEVREj S. f. ? 

On entretenait encore deux vols pour 
milan, un pour héron, deux pour cor- 
neille... et un pour livevrôs. (Compt. de la 
vénerie de Gh. VIII, p. 17.) 

lïvoir, s. m.? 

Peu de temps apros, rencontrny un 
pauvre vigneron, auquel les nommez chi- 
rurgiens avoyent faict despendre jusques 
a la serpe et livoir. (Christoflë L^ndrè, 
Oecoialrie, p. 878, éd. 1588.) 

livon, s. m., sorte d'animal : 
Li Uvons sivoit l'emperer ausi corn .1. 
lévriers. (Rom. de Kanor, Richel. 1446, 
f« 6 r°.) 

Ensi com ele cuida trover arrière son 
enfans, eme vous le livon u it avoit pris 
le daerain des .nu. et se l'emportoit atout 
iebierçuel en la forest, (lb., f° 26 v°.) 

De la manière et de la nature au faon- 
ner dou livon. (Machabees, Richel. 15104, 
f° 19 d ; et passivn.) 

LtvoR, -our, -eur,s, f,, couleur livide; 

Noirsure ou liveur. (B.deGord., Pratiq., 
I, Xï, éd. 1495.) 

Se c'est de melencolie elle se tire a livour. 
(Id., ib , III, 24.) 

Le symptôme qui ensuit telle maladie, 
est meurtrissetire, dite d'Hippocrate en la 
section seconde du livre dés fractures 
peliosis ou melasma, c'est a dire, noirceur 
ou liveur. (Paré, CEuv. t X, i, Malgaigne.) 

Livoun, voir Livon. 

livrage, s. m,, taxe, imposition : 
Que pour certaines justes causes il eust 
mis suz par tout son pays de Bretaigne 



taux, pipages, impositions, gabelles et 
livrages, (1395, Sent, arbitr., ap. Lobin., 
II, 775.) if, 

livraire, livrare, s. m., livre ; 

Qui bueos livraires yôat cerchier. 

(G. de Coinci, Mr., ms. Brtu., f» 163*.) 

Laiens erent li grant livraire 
Esteada sour une ôstablie. 

(Mir. de S. Eloi, p, 33, Peigné.) 

— Bibliothèque : 

A Saint Maare ou biau livrare 

Trais .i. biau livre donc biaa traire 

Vodrai encor bêle matière. 

(G. de CoïNcr, Mir., ms. Brux., f» 105".) 

A Saint Maart ou grant livraire 
Troarai -f, livre eo .r. aumaire. 
(Nativ. N.-S., Reiascb, die Pseudo-EvangeLien, 
p. 40.) 

livraison, -eison,- eisun, - oison, ~ison } 
- isson, - eson y - exon, levr., liver., s. f,, 
action de livrer, de donner, de distribuer ; 

Ainz n'ot en la vile borjois 
Ne si vilain ne si cortoi$, 
Se il volt demander prison, 
Qu'il n'en ait un de livroison. 
(Flaire et Blancheflor, 2* vers., 3H0, dn Méril.) 

Et donna a lear aenf contez 
Fraac arbitre par livroison. 

(J. os MetwG, Très., 449, Me'on.) 

La mère, pour la pauvreté en laquelle elle 
estoit reduicte, cousent la lioraison de sa 
fille, oui n'y vouloit du commencement 
entenare, toutesfois enfin vaincue par les 
remonstrances violentes de sa mère elle 
passa par sa volonté, et de ce pas conduite 
par le valet et mise en une garderobbe. 
(Pàsq., Rech., VI, 19.) 

Les roys de Perse faisoient livraison des 
vivres qu'on leur servoit a leur table, non 
seulement a leurs amis, aux gardes et 
capitaines, ains vouloient que le manger 
mesmes des esclaves, voire des chiens, fut 
servy sur table, puis leur fust distribué. 
(G. Bouchet, Sereesy XXXI, éd. 1635.) 

— Engagement, bataille : 

Soveot s'en ist par tel dérision 
Qae a l'espee lor Taisait livrtion. 

{Les Loh. f ma, Berne 113, f° 9 e .) 

Et quant "VYaudri le voit : Atoïs! a escrié", 
Or cha, a livresoit, tfaitoar parjuré I 
Encui verra on bien qui a droit a ouvré. 

{Doon deMaiencet 5961, A. P.) 

— Provision, munition, ration, pitance : 

Cascun jor orent livrùons. 

(Wacb, Rou, Richel. 37fî, f û 220».) 

De chaudeile e de vin e d'altre livreisitn. 
{Chron. ascend. des ducs deNorm., 21 1, Andresen.) 

La livroison aront li estuier, 

Fuere et avainue et plentô a mengier. 

(Raoul de Cambrai, 1357, A. T,) 
Icele uuit paserent a poi de livrison. 

(Rôum. d'Alix. y t 9 32 a , Michelant.) 

Et si'n n'areit ses livraisons, 
Deniers, pain, vin e poissons, 
(Goill. de SAtm-PAin, Mont Saint-Michel, 335, 
Michel.) 

Et dans et livreisuns richement lap daneit. 
(Garw., Vie de S. Thom., Richel, 13513, f 6v°.) 

E Uvrehun li asist. (Rois, p. 438, Ler, de 
Lincy.) Lat,, annonam quoque constituit 
ei. 



6 



LIV 



uv 



LIV 



Ooislre lor âst lor livroison, 
Por ce qa'il avoit compagnon. 
(Flaire et Blartcheflor, %* veT$., -2965, dn Méril.) 

Eatre, preseoz et antres dons, 
Ceo selt sa dreite livereùons. 
(G. Gaimar, Çkron., ap. F. Michel, Chr.angl.-n., 
t. I, p. 48.) 

La livrtson de mon destrier 
Vos partirai sang engignier 
Por doner a vostre cheval. 

(Durm. le Gai., 10509, Stengel.) 

Mavaixe robe en anreis 
Et livrexon petite. 

(Chant., ms, Berne 289, f° 41 v°.> 

Et ma d des partot cavaliers ; 
Je lor donrai ricement dons 
Et bien plenieres Hvrisons. 

(Partonop., 2056, Crapelet.) 

Or ont ea lor Hvrisons, 
Apre» demanderont lor dons, 

(/*., 2593.) 

Poar mions garnir ses garnisons, 
S'orent armes et Jivrissons. 

(Modsk., Ckron., 27037, Reiff,) 

Li dux Godefroiz, qui grant pitié eu ot, 
li donoit chascun jor de livraison un pain 
qui n'estoit gueres granz; mais Ji dux ne 
se pooit plus eslargir vers lui, car il n'avoit 
de quoi, et cil le tenoit a moût grant li' 
vroison. (Guill. de Tya, VI, 14, P. Paris.) 

Deug jours i ont esté sans antre liireson, 
Que il n'i ont mengîé pain ne char ne poisson. 
(Doon de M&i&ice. 1271, A. P.) 

.1, galon de vin et .il mes de cuisine de 
livreison a la Saint Oen. (Jurés de S.-Ouen, 
f° 98 v, Arch. S.-Inf.) 

Au soir fu mis en prison a petite livrai' 
son; car on ne lui donnoit chaque jour 
que pain et eau tant seulement. (Gr. 
Cron. de Fr,, II, 20, P. Paris.) 

A petite livroison. (/&., ms. Ste-Gen., 
f 31 e .) 

Que frère a qui sera comandé d'aler de- 
hors aucune part au servise de la maison 
puisse demander et avoir levreison por un 
jour ou por ,n. jours. [Règle del kospit.. 
Richel. 1978, f«89v°.) 

Et livraison de chandelle chacun deux 
quayers. (1317, Ord. de l'host. Phel. le Long, 
mn.,Thes., I, 1352.) 

Ses forriers enroia poar faire livroison. 
(Guy., B. âuGuescl., 10473, Charrière.) 
Nous devons... le dimence des octaves 
Saint Ouen aux seraens de la viconté de 
l'eaue de Rouen quatre livrerons, aux sept 
portes de Rouen sept livresons. (1393, 
Denombr. du baill. de Rouen. Arch. P 307, 
f° 57 t*,) 

Sa livroison li toîs porter. 

(Mir. de N.-D., xxxti, 505, A, T.) 

Tant et si longuement que icelle seigneu- 
rie de Hongrie fut a Paris, leur fut pré- 
senté chacun jour livroison de pain et de 
vin. (J. Chartier, Chron. de Charl. VII, 
c.282, Bibl. elz.) 

— Fig., dans le sens de mauvais traite- 
ment ; 

Quant voit si maie livrison 
De la gent a mult grant piliet. 

(Florimont, Richel. 792, f° 10 S .) 

• •'..-Kvretam. 
Ub„ Richel. 1374, ^182°.) 

tivreson, 

(/&., Richel. 15101, f° 18 a .) 



Fêtes H a force amener, 
Et puis tel livroison doner 
Dont il en après se recort, 

(Benart, Br. I, 225, Martin.) 

— Coups de livraison, coups donnés 
abondamment, en guise de ration : 

Car bains fust villainnement, 
De livrison ot sant cops. 

(Ysopet, Richel. 1594, f° 20 v'.J 
Lors est Tybert molt asailliz, 
Qu'il prist cent cox de livroison 
Eins qu'il partist de la meson. 

(Renart, Br. I, 870, Martin.) 

Voleutiers li alast doner 
Un conp ou deus de livroison 
Parmi la teste d'nn bas ton. 

(7*., Br. XXII, 522.) 

Soixante cox de livraison 
Li a donez en un randon. 
(Do Pré tondu, ap. Méon, Nottv, Bec, 1, 292.) 

.xl. cous de livroison 
Li a poiez en .i. randon. 
(D. Lavesne, Trubert, Richel. 2188, f° 23 r°.) 

— hobe de livraison, robe donnée à une 
fête solennelle, par opposition à la robe de 
pitance, robe d'uniforme : 

Se aucun frère, a une robe en drap qui li 
ait esté dounee et au frère semble que celui 
drap soit soutil et vaudra plus de faire le 
taillier au pasquor, il doit prendre celui 
drap et le doit faire coudre en ,i. drap de 
tele et mètre dessus son escrit, et doit venir 
au drappier et dire : SÏTe t vees ci une robe 
qui est nostre, je vous prie que vous la me 
faites garder. Car le drap est drap soutil 
de vestir en yver, je prendrai ma robe de 
levreison, et quant vendra au pasquor je 
vos rendrai la robe de levreison et vo- me 
rendres mon drap. Le drapier le doit faire 
et le frère puet rendre sa robe de levreison t 
et sera quite de justise se plainte se feist 
de ceaus qui ont robe de pitance et pre- 
nent robe de levreison. (Règle del hospit, 
Richel. 1978, f» 175 v».) 

livral, - aul, lev., liveraul, s. m., ba- 
lance : 

Qui doit jugier de fauses mesures et de 
fauz pois ou fauz livrant ou de fauz ses- 
tier. (Droit de la cort li rois d'Alam., m s. 
Berne A 37, f° 2 a .) 

Utatur bono pondère..., bono levraux. 
(1368, Comm. s. le plait gen. de Lausanne, 
Doc. de la Suisse rom., VII, 346.) Var,, li- 
vrait lx. 

Mil. viez henaps de bruyère, .1. liveraul. 
(Sept. 1395, Invent, de meubles de la mairie 
de Dijon, Arch. Côte-d'Or.) 

LIVRAMENT, VOir LïVREMHNT. 

livrance, - vrense, ~ vvanche, ~ ve- 
rance, s. f. t action de livrer, livraison : 

Apres est des livrenses des possessions. 
( Fragm. d'un ancien man. de l'Ev. d'Amiens. 
ap. A. Thierry, Mon. inéd. du Tiers Etat, 
1. 1, p. 89.) 

Prometans que contre cheste baillanche, 
livranche et otrianche ne venrai el tens 
avenir. (1295, Liv. blanc, f» 27, Arch. m un. 
Abbeville.) 

La vendition et livrance d'une flûte 
(27 juill. 1818, Arch. Gironde. F, Not . 
H. Dervault, 206-1.) ' 

Ce oui fut en partie cause de la livrance 
de la battaille. (Brant., Couronn. franc., 
vi, 226, Lalanne.) ' v ' 



— Sorte d'hommage : 

H u mage vus frai e liverance 
Si vus m'aidez a la fesaned. 

(Tristan, II, 969, Michel.) 

LIVRARE, VOir LlVRAIRB. 

i. livre, lyvre, s, m., livraison : 

Tout cen doi ge prendre la ou il esr.hiet, 
sans livre de verdier et de sergens. (1420, 
Aveux du bailliage d'Evreux, Arch. P 294, 
*ûg. 4.) 

Le cambellan doit le grant jeudi lyvrer 

a soixante pauvres et cest lyvre es- 

balïier par le grant celarier. (G. de Seytu- 
biers, Man. adm., ap. Ferfoul-Mont£ail- 
lard, Hist. de Vabb. de S, -Claude, II, 296.) 

2. livre, s. f., étendue de terre capable 
de rapporter au propriétaire une rente 
d'une livre : 

Les cinq mille livres de terre dessus 
dites. (Ch. de 1369, Roisin, ms. Lille 266, 
f° 417.) 

Cf. LIVREE 2. 

3. livre, s. f., balance, signe du zo- 
diaque : 

La création du monde fut au temps que 
le soleil se trouva au signe de la livre, qui 
est en septembre. (G. Bouchet, Serees, ï, 
54, Roybet.) 

1. livrée, s. f., action de livrer, li- 
vraison : 

Et s'il* veulent avoir marée. 
On en fait es halles livrée 
Pour l'argent trois (ois la sepraaino. 
(B. Deschamps, Poés., Richel. 840, f° 411*.) 

J'ay droit de prendre boys vert en estant 
en icelle forest par la livrée du verdier. 
(14S9, Denombr. de la Vie, de Conches, 
Arch. P 308, f° 52 r°.) 

— Dépense : 

Il tenoit grant estât et estoffet et faisoit 
grans livrées et grans despens. (Froiss., 
Chron., II, 340, Kerv.) 

— Ce qui est livré, ration : 

Si faictes que ma livrée de vin soit dou- 
blée. (Perceforest, vol. V, 1'° 99, éd. 1528.) 

— Dans une acception erotique : 

Et quand la livrée ne suffit pas a la dame, 
posé qu'elle soit bonne preude femme et 
qu'elle n'ait aucune volonté de mal faire, 
si ne laisse pas de croire que son mary 
est de moindre pouvoir que nul autre. 
(Quinze joy es de mar. t vu, éd. 1734.) 

Et pour ce que sa livrée est diminuée 
chacun jour, les plaisances, les deliz, les 
beaux semblanB qui se fasoieut ensemble 
en la jeunesse et en la puissance du mary, 
tournent en noises et en riotes. {Ib., VU, 
Bibl, elz.) 

— De livrée, qui peut être livré, qui est 
en bonne condition : 

Puis leur disoit (un prêcheur, aux 
femmes) i Vos gros culs ainsi enflez 
semblent aux paniers des chasses marées 
et proviseurs, qui sont bravement couverts 
de couverture de livrée, mais par le des- 
soubs vous n'y trouverez que de vieilles 
rayes puantes... (G. Bouchet, Serees, IV, 
173, Roybet.) 

— D'une livrée, loc, en une seule fois, 
à la fois : 



LIV 



L1V 



LIV 



Les heraulx allèrent publier le tournoy, 
et icelluy publièrent tous quatre d'une 
livrée, c'est assavoir en Picardie, North- 
mandie, Bourgogne, Bretagne, Engleterre, 
etc. (Duquesne, Hist. de J. d'Avesn., Ars. 
5208, f° 21 r°.) 

En chose que soit, je ne m'accorderay 
jamais de faire les meilleurs et les pires 
d'une livrée. (La Boetie, Mesnag. de Xe- 
noph., Feugère.) 

— Vêtements que les seigneurs don- 
naient à leurs familiers ou aux personnes 
envers lesquelles ils prétendaient faire 
acte de gracieuseté. 

Les livrées consistaient en un hoqueton, 
habituellement aux armes du personnage 
qui le donnait ou avec une manche à ses 
armes... La livrée était un habit que l'on 
n'octroyait qu'à un fidèle. 11 eût été très 
inconvenant d'en revêtir le premier venu. 
Celui qui por tait la livrée était tenu de la 
faire respecter, comme le seigneur qui la 
donnait assurait sa protection à celui qui 
la recevait. La livrée n'était point dès 
lors une marque de servage, mais une 
sorte de contrat passé entre le donateur 
et l'acceptant, (Viollet-Le-Duc, Dictionn. 
du mobilier. Vêtements.) 

Les Parisiens avoient fait une livrée de 
blans chapperons, que ilz portoient et fai- 
soient porter a pluiseurs seigneurs. (J. Le 
Fevbe, Chron,, 1, 78, Soc. de l'H. de Fr.) 

Il avoit esté de leur mestier et en avoit 
porté robe et livrée. (Comm., Mém. t II, 3, 
Soc. de l'H. de Fr.) 

— Garde-robe ; 

La femme qui est belle, bien parée et 
bien abillee de tieulx abillemens que a l'a- 
venture son. mary n'a pas paiez ; car l'on 
lui fait acroire que son père ou sa mère les 
li ont donnez] de leur livrée. (Quinze joyes 
de mariage, i, Bibl. elz.) 

2. livrée, - eie 3 lyv., liuvree, levree, s. 

f., valeur d'une livre : 

Quinze livrées de rente. (4267, Bonne- 
Nouvelle, K P 3 A, Àrch. Loiret.) 

Juques a la value de trente livrées de 
rente. (1274, la Guische, Arch, Loir-et- 
Cher.) 

Et furent assises les dis liuvrees de rente 
sus tout Teritage que le dit Guillaume 
tient. (1312, Lett. du vie. de Falaise, Ju- 
mîèges, Arch. Seine-Inf.) 

— Étendue de terre capable de rap- 
porter au propriétaire une rente d'une 
livre ; 

De terre dis livrées dune a ceste raaisnn 
Od les treate livrées dont vous fiet aim lé dou 
(Th. le martyr , 461, Bekker.) 

lt ad saisi un bastuncel, a Brien l'ad tendu, 
Dis livrées de sa terre pur le travail qu'ot eu. 
(Jord. Faktosmé, CAron., 2032, ap. Michel, J). de 
Norm. t t. III.) 

Li chevaliers ot non Loroia, 
Si ert del castel de Morois, 
S*ot ,v, .c. livrées de terre. 

(Lai du Trot, p. 71, Michel.) 

Rices mousons lor a livrées 
Et de tiere .ce. livrées. 

(Modsk., Chron,, 19797, Reiff.) 



Ai bien par toi acuis ,v c . livrées de tiere, 
(Le roi Flore el la belle Jehanne t Nouv. fr. 
du xïH* s., p. 91.) 

Quinze levrees de tearre. (1278, Lett. de 
J. Arragon de Mont Moret, sire de Criti, 
Cart. de l'év. d'Autun, 1? p., xxx, A. de 
Charmasse.) 

Nous devons et avons enconvent a mon- 
seigneur Gillon... a aseir perpetuelment 
vint livrées de terre au tournois par an de 
monnoie courant enbaynau. (1284, Accord 
entre le Cte Gui et Gilles, Chartrier de Na- 
inur, Borgnet et Bormans.) 

Or veons se uns hons a soixante livrées 
de terre d'un fief, et il y a quatre enfans. 
(Beaum., Coût, de Beauv., xiv, 27, Beu- 
gnot.) 

Cinq mile livrées de terre. [Chron. de $*• 
Ben., Richel. 2813, f° 456 e .) 

Quatre lyvrees de pré. (1328, Fontevr., 
Arch. Maine-et-Loire.) 

Cyt cens livreies de terre. (1340, Coll. de 
Lorr., 184,22, Richel.) 

Lesdites dix mille livrées de terre. (Ch. 
de 1369, Roisin, ois. Lille 266, f° 41?.) 

Si coururent tant les paroles, que li rois 
li promist .n». livrées de tierre. (Hist. des 
D. de Norm. et des rois d'Anglet., p. 98, 
Michel.) 

Cf. D. Grappin .Recherches sur les anciennes 
monnoies du comté de Bourgogne, p. 29, et 
L. Delisle, Classes agricoles, p. 538. 

— Par extension : 

Et un chevalier de son conseil dit que 
je ne feeoie pas bien quant je aportoie tiex 
neuvelles au roy,la ou il avoit bien sept mil 
livrées d'outrage, (Joinv., Hist. de Si Louis, 
p. 141, Michel.) 

lïvreison, voir Livraison. 

livrement, - vrament, s. m,, action 
de livrer, livraison : 

Et ont fait le devant dit bâillement et 
livrement en la fourme ke il est contenu 
es lectres. (Chart. de 1301, Grenier 280, 
cote 28, Richel.) 

Et l'en affeyt et fey cession, vendicion, 
livrainent et quitanssa. (1388, Arch. Gi- 
ronde, G 401.) 

Libramentum , livrement. [Catholicon, 
Richel. 1. 17881.) 

Libramentum, Uvrement } equa\itez.(Gtoss. 
de Salins.) 

Livrement : m. A livery, or delivery, 
and seisin. Livrement de fust et terre. 
Livery and seisin. (Cotgr., éd. 1611.) 

— Action de livrer, en parlant d'une 
bataille ; 

Au bout de quelque temps, ilz assem- 
blèrent quelques grandes forces, qui furent 
cause du livrement de la bataille de Phi 
lippes. (Bhant., M. de la Noue, VIT, 251 
Lalanne.) 

livreuse, voir LlVRANCB. 

livreor, - vreur, - veor, s. m., celui 
qui livre une marchandise : 

Distribntaires et livreurs. Est deffendu 
au livreur de faire aucune livraison a mes- 
sieurs. (Reglem. du Chap. de S.-Vinc. de 
Mâcon. Cart. de S.-V. de Mâcon, p. 434, 
Ragut.) 



— Mesureur de bois : 

Que nulz n'entre dans le nef chergee, 
arrivée au rivaige, se n'est les eswardeurs, 
le livreur et vendeur. Et que nulz livreur 
qui a commenchié a livrer laisne, ne mè- 
che a se plache autre que eswardeur. 
(xiv e s., Ord. sur les bois, Arch. mun. 
Douai.) 

— Sauveur ; 

Li mens refuges et li mens livere. 
(Psalm., Brit. Mus. Ar. 230, f« 19 r°.) 

livrer, - exr, v. a., pourvoir : 

De vin et de viande vout bin sa gens livreir. 
(Jeh. des Preis, Geste de Liège, 19366, Scheler, 
Gloss. philol.) 

Car li ceval estoient foulet et mal livret et 
mal fieret. (Froiss., Chron,, II, 157, Kerv.) 

Et livroient leurs garchons par portion 
bieu escarsement. (Id., ib., II, 170.) 

— Livrer garde, prendre garde : 

Quant il (l'enfant) est graus, se li livre 
om garde que il ne kiece en fu. (Serm. 
du xm e s,, ms. Mont-Cassin, f» 98 b .) 

— Livrer le guet, lui donner Tordre de 
partir et de se rendre à son poste : 

Pour ce que pluseurs ont esté trouvez 
faisans faux pues avant heure que ledit 
guet feust livré, avons ordonné que ledit 
guet de cheval et de pié se présentera en 
esté a heure de queuvre feu sonné a Nos- 
tre Dame, et en yver a î'anuitier. (1363, 
Ord., m, 671.) 

— Livrer une foire, l'ouvrir légalement : 
L'eu prent entrée .vin. jors après foire 

livrée et jusqu'au paiement. (Li Coût, des 
foires de Troies, ms. Troyes 365.) 

livreson, voir Livraison. 

livret, s. m-, sorte de balance : 
Quant au pain des bolongers, que MM, 
les sindiques y mettent bon ordre et le 
fassent peser et vendre a balances, et non 
au livret. (1544, Dêlib. du conseil de Bourg, 
ap. Baux, Mém. hist. de la ville de Bourg, 
I, 125.) 

Cf. LlVRAL. 

livreure, s. î. } action de livrer, li- 
vraison : 

Et avec ce paieront ebascun an disme 
de tout ce qu'il croistra esdites terres 
comme il faisoient par avant ceste li~ 
vreure. (1337, Cart. Alex, de Corbie, Ri- 
chel, 24144, f° 422 r°.) 

Lequel bail et livreure dessusdit nous 
prometons a tenir ferme et estable. (1388, 
Bail, Arch. MM 31, f° 80 r°.) 

— Délivrance, accouchement : 
Morte fa d'enfant livreure. 

(Evrat, Genèse, Richel. 12457, f° 71 v°.) 

hvrexon, voir Livraison. 

livrié, adj.j rusé, fin : 
Gupilz est malt livrié e forment vezié. 

(P. de Thaun, Best., 872, Wright.) 

hvrison, voir Livraison. 

livrisson, voir Livraison. 

lïvroir, - ouer, s. m., mesure équiva« 
lente au minot : 



LOA 



LOA 



LOA 



Le suppliant print et emporta un li- 
vrouer de froment, (1393, Arch. JJ 145, 
pièce 198.) 

Et eu récent ung livroir qui est ung 
minot, c'est ia quarte partie d'ung sep- 
tier a la mesure de Paris, pleine de florins 
d'or. (Les Passages d'oultremer* f° 16 r°, 
éd. 1492.) 

livroison, voir Livraison. 

L1VROUER, VOir LlVKOlR. 
LiWEE, voir LlEUEJÏ. 

lixe, s. f., maîtresse : 
Vous le Terrez (le fol amant) aller, courir, venir 
Par cy, par la, sans manière tenir... 
Veiller aui hiiys et y perdre ïe temps 
Et supporter les mespriz et contemps 
Qu'on fait de la y souvent par la malice 
De ce&te la, qn*il veult faire sa Uxe r 
(J. Bodchbt, Trit/tnpke$ de la Noble Dame, 

fM30 r°, é"d. 1536.) 

lizàrdin, s. m., petit lézard : 
Ha dyable ! noi en fans s'en vont, 
Mes lizardins, mes grenouillons. 
{Actes âet Apont., vol. H, f> 40Î 4 , éd. 153T) 

LÏZON, voirLESON. 

1. lo, voir Loi. 

2. lo, voir Lb- 

loage, louage , liuage, lieuage, lieuwage 
leuage, lowage, louwage, loyage, touhage] 
- aige, s. m., action de louer, de donner 
on de prendre à location ; location ; signi- 
fication conservée : 

Cil qui prent une chose a louage doit 
faire totez choses 'selonc la loi del loage. 
(Instituiez, Richel. 1064, f° 61 b .) 

Ce est louages se loiers en est donnez. 
(/&., f° 62 e .) 

S'il i prent a loage taverne. (P. de Font.,, 
Cons., xxix, 2, Marnier.) 

Ke nus ne Hue ne tiegne a liuage os- 
tille. (1262, Bans aux échev., 00, ass. s. 
les drap, de Douay, f° 4 v», Arch. mnn. 
Douai,) 

Li eschevins et le ville de Douay doivent 
avoir en tous tans tous les profits des 
Uuaiges des haies de le ville de Douay. 
(1265, Etabl. d'une fête, Tailliar, p. 266.) 

Leuage, (Compte de 1292, Arch. comm. 
Mons.) 

Des rentes en deniers... du Ueuwage de 
le maison. (1307, Revenus des terres de 
l'Art, Arch, KK 394, f* 11 r«.) 

Lowage on censé. (1324, Arch. JJ 62, 
f» 58 r<\) 

De louwages de maisons. (Roisin, ms. 
Lille 266, p. 49.) 

Se aucune persone a louvret aucune 
maison en cheste vile, ele doit tenir la 
maison l'anee qu'elle Varoit louwet, ge chius 
cui li maison seroit ne le donne a rente 
dedans le quart jour de le Pentecouste 
avant que li anee don louwage soit enta- 
mée. (Id., t"6.) 

La ou il pourront trouver maison ou 
grange par lieuage ou par autre manière. 
(Car t. de Picquigny , Arch. 19628 , 

Et avons fait ce bail et loage des lafeste 
S. Remy jusques a la fin de xrx ans. 
(1355, Reg. du Chap. de S. J. de Jerus,. 
Arch. MM 28, f« 34 *r ft ) 



Le louage de la dicte meson. (1360, 
Mont-S.-Michel, paroisse, Arch. Manche.) 

Le louage de une maison. (1373, Reven, 
de Vhosp, de S. /. de Jer., Arch. S 5543, 
f° 18 r°.) 

Avons baillé et affermé ou nom et a 
tiltre de louages Lambert de Bruisselles,... 
unpr celier, ensemble une estable. (1378, 
Bail à loyer pour 19 ans, Arch, MM 30, 
f° 108 r°.) 

Louwage de maison. (1389, Dépenses, etc., 
Ann. de la Soc. de l'hist. de Fr,, 1864.) 

Pour le loyaige de .n. bestes et ung 
vallet qui portèrent la dite finance. (1390., 
Comptes de l'évacuation anglaise. Arch. 
KK 322, f° 43 i*.J 

Le maistre sera tenu de faire savoir le- 
dit louage avant qu'il mette l'apprentiz en 
oeuvre, aux maistres dudit mestier. (1397, 
Ord., viti, 451.) 

Pour le louaige d'un cheval. (Compt de 
Jehan Lebrelon, 1399-1400, V, Arch. mun. 
Orléans.) 

De la quelle maison Papin le Peltier en 
tient pour loyage a présent pour la somme 
de .lx. s. (1400, Terrier S.-Didwr, f° 3 r , 
Arch. hospit. Nevers.) 

Ta estoyes serf sans louage et sans pris. 
(0. di S. Gel.. $p. d J 0»., Ats. 5108, • 37 r°.) 

Seront tenulz eux oblipier ou dit loyage, 
envers le dit bailleur. (1480, Lett. de P. 
Bruyer, prèv. de Troyes, ap. Harmand, 
Léproserie de Troyes, p. 233.) 

S'il prenoit des chevaux a loage. (Calv., 
Serm. s, le Denier., p. 444\ éd. 1567.) 

Il avoit prins a louage en la ville de 
Boulogne un fort beau palais. (Lariv., 
Facet. Nuicts de Strap., 11, n t Bibl. eh.) 

— Prix de la location : 

Aux termes accoustumea de paier loyages 
de maisons. (1378, Bail, Arch. MM 30, 
f* 108 r°.) 

11 lui devoit le louage de son hostel. 
(1391, Grands jours de Troues, Arch. X 1 » 
9184, V> 29 r°.) 

Lesquels jardins ou la pluspart d'iceulx 
lesdits vénérables ont occupez, tenuz et 
possédez et des autres ont levé des lou- 
haiges. (Lett. de J. Rolin, proton, du S, 
Siège apost., Protoc. ms. de Jeh. dWigue- 
morte, vol. I, 1° 148, Arch. mun. Autun.) 

Si avez une boutique, vous pouvez aller 
a ceux qui la tiennent, et les prier qu'ils 
vous avancent un quartier du loyage. (La- 
riv., le Fid., IV, 9, Bibl. eh.) 

— Maison louée , partie louée d'une 
maison : 

A prendre ladicte somme de .xx. 1. six 
sols par. de rente sur plusieurs lieux et 
maisons,., c'est assavoir douze liv. par. 
en et sur une maison, jardins et louages et 
sur toutes sns apartennnees. (1372, Reg. 
du Chap. de S. J. de Jerus.. Arch. MM 29, 
f° 69 v°.) 

Sale, chambres et estables, granches, 
louages et autres edifflees quelconques. 
(8 oct. 1392, Ch. de Jean de Foleville ,Chap, 
d'Amiens, Arcb. Somme.) 

Sur une maison et louages seans en la 
mesgisserie. (1396, Fondai., Arch. S 116, 
pièce 3.) 

Certaines maisons et/otfa^esapparlenans 
aux escoliers du collège. (1409, Arch. S 
68, pièce 24.) 



En maisons, court , jardins, louages. 
(1425, Arch. JJ 173, pièce 340.) 

Des maisons et louages que ledit feu 
Filleul teneit en son vivait a Paris en la 
rue de lalCoulombe. (1428, Arch, JJ 174, 
pièce 20o.) 

En l'an mil CCCC et x, ladicte moictié 
des dictes maisons et louaiges de Paris 
valoit de louage par an, charges paiees, 
huit livres parisïs. (1428, Arch, JJ 174, 
pièce 205.) 

Habitans es loages dudit colliege. (1428, 
Arcb. L547, pièce 12.) 

Une autre maison a appentiz sur rue 
qui souloit contenir trois petites maisons, 
estables, louages^ ainsi que tout se com- 
porte. (19 oct. 1432,rit. concern. les droits 
de VAbb> de S.-Germ. des Prés. Arch. L 
804.) 

— Récompense, rémunération, prix : 

Mandement si est commoincement de 
servir et amitié, et B'en en prent loer, ce 
regarde plus loage que amitié. (De jostice 
et de plet, VII, 10, § 2, Rapetti.) 

loagement, lowagement, s. m., louage: 

Le terme passé du lowagement que je 

avoie fait a mon seignur Aliaume. (1289, 

Cart de Ponthieu , Richel. 1. 10112 , 

f° 368 r°.) 

1. loagier, louaigier, adj., pris ou 
donné à louage : 

En ce terrestre monde et habitation 
louagere. (Du Fail, G. d'Eulr., xxx, Bibl. 
eh.) 

Les maisons et boutiques louaigieres a 
meilleur prix des deux tiers. (15 déc. 1584, 
Reg. mun. de Bourg, ap. J. Baux, Mém. 
kistoriq. de Bourg, p. 94.) 



2. loagier, touagier, louager, Uuwo,- 
gier, s. m., locataire, qui prend des terres 
et autres biens à louage : 

Tous les manans et habitans dudit lieu 
ri'Auxi ou autres ayant maisons manables 
en icelle,qui les baillent a louage pceultent, 
a chascun des termes de la ville, cous- 
traindre et justicier leurs louagiers pour 
ce qui leur seroit deu de leurs louages, 
(1507, Prèv. de Doullens, Coût. loc. du 
baill. d'Amiens, II, 61, Bouthors.) 

Iceîuy doibt avoir plusieurs gens de la- 
beur, serviteurs et louagers, qui ayent la 
charge du labourage et des choses* eham-' 
pestres. (J. le Blond, Lio. de poL hum,, 
f« 71 v», éd. 1544.) 

Que de ce jour en avant nuh censiers, 
lemvagiers ou admodiateurs ne pourront 
rentrer en nouvelle censé d'eulx mesmes. 
(Coût, de Hainaut, cb. 75, éd. Anvers 
1553.) 



J'ay plus six louagers, procureurs et seigens. 
(Lasphmse, la N&uv. Tragiô.i Ane. Th, fr., VU, 
480.) 

Et au regard des baux de cens en fermes, 
louages et rendages annuels, soit de mai- 
sons, censés et héritages situez aux villes 
ou aux champs, ordonnons que si avant 
que les censiers, louagers et fermiers en 
ayent pu jouyr, ains ayent esté totalement 
empeschez en la perception des fruits et 
profit de leursdits louages et fermes, ils 
en seront quittes et déchargez. (Edit de 
Philippe H sur la modération des renies, 
ix, 31 oct, 1587.) 

Voir dans le JVotiu. Coût. gén. des textes 



LOB 



LOB 



LOB 



analogues des coutumes de Boulenois, art. 
6i et 128, de Boulogne, art. n, de Lille, 186 
et suivants, de Mons, chap. 15,28 et 46, de 
Tours, art. 226, de Bourbonnois, art. 119. 

— Serviteur à gages : 

Le louagier s'esgale au citoyen, et le 
citoyen au louagier. (Loys us Roy, Polit. 
d'Arist., p. 469, éd. 1568.) 

Guernesey, louagier, locataire. 

loaing, voir Loin. 

loance, - ence, - anche, lou. } s. f., 
action de louer : 
Colaudatio, louante. (Gloss. de Couches.) 

— Conseil : 

Galopin saal eu pies quant oi la hanche, 
Et vient a son signor sanz nule demoranche. 
(E. de S. Gilles, Richel. 25516, f° 88 d .) 

— Renommée, gloire : 

Et avaient lî tribun loançe 
Et de gant et de dilijance. 
(J. de Priorat, Liv. âe Vegece, Richel. 1604, 
f« 20 a .) 

Participant avoec lui tonte louence de la 
victoire. (Fossetier, Cron, Marg., ms. 
Brux.,11, f° 176 v°.) 

LOANCHE, VOir LOIANCE. 

lobance, loubance, s* f., flatterie: 
Adulatio, lobance. (Gl, I -g., Richel. 1. 

7692.) 
Adulatio, loubance, lousangerie. (1464, 

J. Lagadbuc^ Cathol., éd. Auffret de Quoet- 

queueran, Bibl. Quimper.) 

lobant, loubant y ad j., artificieux, flat- 
teur, cajoleur : 

Od s'il est doubles et lobons. 

(Rose, 19016, Méon.) 

Loubans, lobes et lobeurs. 

</*., ms. Corsini, f° 78 e ,) 

lobbe, voir Lobe. 

lobber, voir Lober, 

LOBBE RIE, VOir LOBERIE. 

lobe, lobbe, s, t., discours flatteur, ar- 
tificieux, cajolerie; séduction, tromperie, 
perfidie, mensonge, ruse : 
Jhesus Cris n'a cure de lobes. 

(Ste Tft*w,Arg. 3527, f* 13*.) 

Damedieu n'a cure de lobbes. 

(Ib., Richel. 1544, f» 32 a .)' 

Je sai bien conoistre tes hordes 
Et tes lobes et tes falordes. 

'{Renart, Br. IX, 1303, Martin.) 

Mes malt cher te géra rendus, 
Que orendroit seras peodus ; 
Ne t'i vaudra engin ne lobes. 

(Ib., Br. XI, 33350 

Ung acteur qui ot non Macrobe3, 
Qui ne tint pas songes a lobes, 
Ainçois descript la vision 
Qui avint au roy Cypion. 

(Rose , 7, Méon.) 

Ains vous di sans lobe 

Que vous aures mante) et robe. 

(Ib., 14899.) 

Ja ne les connoistrez ans robes 
Li faus treistres pleins de lobes. 

(f*., Richel. 1573, V> 99 b .) 



La daine de sa chambre ouoit 

Che que li chastelains disoit, 

Si s'est lors coiement levée, 

Kt a bien sa chambre fermée 

Au les devers sa garderobe 

Cora celle qui monlt sot de lobe. 

(Couci, 4601, Crapelet.) 
Trop set feme d'engin, de barut et de lobe. 
(Chattie-Musart,zp.î\ib , QEtui, deRuteb., II, 481.) 

Beaulx seigneurs, forment vous ennuie, 
Bien le voy, que Jhesa vit tant. 
Malleraent le alez despitant 
Et dictes qu'il ne dit que lobes. 

(Pass. N. S', Jub., MysL, II, 218.) 

Quoy, dea ! chacun me paist de lobes. 

(Palkelin, p. 82, Jacob.) 

Li ung qui estoit ung très grant flateur 
et ung grant menteur et tout ptain de lobes 
lui deist en telle manière. (Girart de Ros- 
sillon, ms. de Beaune, éd. L. de Montille, 
p. 232.) 

Et qnoy qu'il soit soavent regarde 
Qu'aucun ne te serve de lobe. 
(Greban, Mist. de la pass., 15158, G. Paria.) 

Qui chercheroît dedens voz garde robbes, 
L'on trouveroit le Rommand de la Rose, 
Matheolas, toutes fables et lobes. 
(J. Marot, la vray disant Advocat. des dam., Poés. 
fr. des xv e et xvi e s., X, 258.) 

Morv., lobe, compliment, louange de 
raillerie, de moquerie, plaisanterie vide de 
sens, 

lobelet, s. m., dim. de lobe : 

Quant Lupal ot fine son dit 
A tons samble qu'il a bien dit- 
S'en dit Margot, de lobelet 
Telz rime et fait bien le varlet 
Qui ne saroit faire un rondel 
Si gracieux. 

(Pasloralet, ras. Brax., f 9 5 r°.) 

lobement, - mant } s. m., manière 
flatteuse, cajolerie : 

Lors fu il lanto9t acolôz 
Et besiez tant par lobemant. 
(Du Chevalier a la robe vermeille, 154, var., Mou- 
taiglon et Raynaud, Fabl., III, 329.) 

lobeor, lobeeur, lobeour, lobeur, adj. 
et s. m., flatteur, cajoleur, trompeur, 
menteur, railleur, mauvais plaisant : 

Il est truanz et forz lobierres. 
(Vie des Pères, Richel. 23111, f° 149°.) 

Et s'uns sages d'amors parole 
A une damoisele foie,... 
Ne pensez ja qu'il i aviegee... 
Qu*et cuide qu'il soit .i. lobieres, 
,i. reuarz, uns anfantosmieres. 

(Rose, Richel. 1573, f» 65 d .) 

Qii'el cuide qu'il soit uns lobierrei, 
Uns regnarz, uns enfantûsmieres. . 

(Ib,, 7795, Méon.) 

Car qui oiseus hante autrui table, 
Lobierres est et sert de fable. 

(J*., 11525.) 

Mes ge qui vest ma simple robe, 
Lobanz, lobez et lobeors 
Robe, robez et robeors. 

(i*., 11744.) 

Ainsi l'ont fait maint lobeour. 

(Ib., Vat. Chr. 1858, f* 66 b .) 

Et cil lobent les lobeors. 
(Rdteb., de l'Eëtat du monde, I, 220, Jub ) 
Celui qui... veult plaire a chascun... se il 
le fait pour cause de aucun proufit acqué- 



rir, c'est un lobeur, c'est un flateur. 
(OflESME, Eth., Richel. 204, f» 378 d .) 

Mais il ne feut mie tost hardy de plaine- 
ment dire sa pensée, comme font les lo- 
beurs du temps présent, qui sans desserte 
vont baudement aux dames requérir qu'ils 
soyent aymez. (Livre des faicts dumareschal 
de Boucicaut, l r « p., ch. 9, Buchon.) 

Débouter les assentemens des labeurs. 
[Miroir hi&torial, Maz, 557, f° 185 r«.) 

Ses ruffiens, garsoûs et lobeurs. (Boc- 
càce, des Nobles malheureux, II, 12, 
f° 37 v», éd. 1815.) 

— Férn., loberesse : 

Cel bon avocat qui a la langue si plate 
et loberesse. (Miroir du monde, ms. La 
Sarra, Chavannes, p. 73.) 

Ces bourderesses, loberesses, flateresses 
langues. (/è.,p. 73.) 

Morv., lôbeur t s. m., celui qui se moque, 
qui aime à plaisanter aux dépens d'autrui. 

lober, lobber , louber, verbe. 

— Act., cajoler, séduire par des paroles 
flatteuses et artificieuses, enjôler, tromper, 
duper : 

De bien lober buen mestre sui, 

(Renart, Br. IX, 9667, Martin.) 
Se nel poes vous destorber 
Ja ne vous quier de ce lober. 

(Rose, 3194, Méon.) 

Et placeurs en rêva louber. 

(Ib., ms. Gorsini, f* 92\) 

Chescun te soafle en l'oreille, 
Et chescan te lobe et te Ûale. 

(Adeocac. N. D-, p. 53, Chassant.) 

Qant il Tôt oy parler conment il avoit 
lobé les Englois. (Froiss., Chron., IV, 256, 
Luce, ms. Rome.) 

Glout, a pou je ne t'afole 
Qne parlez au roi Herode. 
De tes bourdes .r. pou. le lobe, 
S'en auras plus soef martire. 
(Pass. N. S., ap. Jub., Myst., H, 212.) 

Et vont les pauvres gens lobant, 
Décevant le monde et robant 1 
(A. Chartier, Liv. des quatre dame», p. 617, èi. 
1617,) 

— Neutr., railler, se moquer : 
Pandaro en soy mesme rioit, lobant de 

ce que Troylus^ disoit. (Troilus t Nouv. fr. 
du xiv û s., p. 270.) 

Ainsi c'aocun traître vont a la fois lobant, 
Que de chose c'on die homme n'iray créant. 
(CovEi., B. du Guescl., 17904, Charrière.) 

Sur lobbe, qui est un viel mot qui si- 
gnifie mocquerie et raillerie,,, tu pourras 
faire lobber qui signifiera mocquer et 
gaudir. (Rons., Préf. de la Franciaae, Bibl, 
elz.) 

Morv., lâber, louer en plaisantant, en 
goguenardant, en raillant. 

loberel, s. m., dimin. de lobeor, flat- 
teur, trompeur : 

L'asne le vit an tamberel, 
Si li a dit : Dant loberel, 
Ou est vostrj bel ornement ? 
Trop estiez enorgneilliez, 
Mes or estes bien avielliz. 
(Dou Cheval et âe l'asne par orgueil, ms. Chartres 
620, fM37 d .) 

loberie, lobberie, s. f., syn. de lobe ; 



t. \. 



10 



IOC 



LOC 



LOG 



S'a pliçoo lûnc et lé d'envie 
Enorfrisie' de loberie 
A .t. bouton ce! de toeil. 
{De Dame Guile, ap. Jnb., Jongï. et Trouv., 
p. 65.) 

Plaisant escu ot Loberie. 
(Tournoiement de l'Antecrist, p. 26, Tarbé.) 

L'atache en ert de donblerie 
Et H tassiel de loberie. 

{Hen. te Nouv., 6615, Méoû.) 

îl se doubla moult et pensa que le roy 
d'Àrragon ne le faïeoît fors par loberie. 
(Grand. Cron. de France, l'Tstoire au roy 
Phelippe, fils Mgr Saint Loys, xxxiv, var,, 
P. Paris.) 

Voir ne me tairai je ja pour telle loberie ; 
Ta es trop bien tailljé ponr avaler bonllie. 

{Dit de ménage, 45, Trébutieii.) 

Loberies et toutes fraudes de grans dé- 
ceptions, fj, le Salisb., PolïcraL, Richcl. 
24287, f 4\) 

Loberies et blandices. (Le Miroir hislo 
rial, Maz. 587, f° 261 v«.) 

Helas ! mon cueur a tant ou y 
D'eux les parolles 
Et leurs grands lobberies folles, 
Leurs decevans blacdices molles ! 
(A.. Ghaktibîi, Liv. des quatre dam., p. 614, éd. 
1617.) 

louis, s. m., sorte de plante : 

Small beanes, lupins. Ail one, lobis. 
(Du Guez, An Introd. for to Urne to speke 
french trewly t à la suite de Palsgrave, éd. 
Génin, p. 918.) 

i^oc, s. m., loquet, serrure : 

A l'as de la chambre est no des moines vennz, 
Le toc ad pris a dons mains, la ad Deus fet 

[vertuz : 
Quant le loc volt estuerdre, el puinz li est chauz. 
(Garn., Vie de S. Thom., Richel. 13513, 
f* 90 r°.) 

As antres chanmbres ont nne chambre ajustée, 
Par on la veie esteit al cloistre pins privée; 
Mes a cel ore esteit a nn grant loc fermée. 

(Id., ib.) 

Par la posterne est toat entré, 
Li valet ad le loc seré. 

(Protheslaus, Richel. 4169, f ô *ïî d .) 

Sera, loc. (Gloss. de Glasgow, P. Meyer.) 

Car son povoir degasteroit 
Tons nos loct et engins snbtilz r 
Et encontre rebnqueroit 
Le plas trench ant de nos outih. 
(1474, Myst. de r/tic, et Mativ., !'• journée, 192, 
Le Verdier.) 

locage, locaige, s. m., loyer : 
Et aura ladite vicomtesse en comptant 
sus son doaerre toute la chastellenye de 
Corlé o ses appartenances et ie remaignant 
de son douaire, si elle ne souffist, sur les 
autres terres au vicomte, en telle manière 
que elle aura sa tierce partie dou locaige, 
des herbaiges et des esmonumens des 
foretz et des ventes et revenues des bois 
qui aont esté autrefois venduz ou temps au 
vicomte. (1306, Assignat de douaire, Mor , 
Pr. de VB. de Bret, 1, 1208.) 

locart, s. m., sorte d'arbre : 
Esquels (sauvagetmx) faut mettre quatre 
ou cinq greffes qui doivent estre cueillies 
et gardées en terre de pieça, si ce n'estoit 
qu'on nepeust encores trouver ces arbres 
des tardives, qui ne fussent point encores 
bourjonuees, comme de capendn, hous- 



seau, locart, etc. (Eue Yinet et Ant. 
Mizàud, Maison champ estre . p. 286, éd. 
1607.) 

loc at 5 adj M ébouriffé, en désordre : 

Chascuns sostient le riche et aide, 
Maintenant a .m. avocaz 
Qui dient : Fui, vilains locaz, 
Ne sez que diz. 

(G, de Comci, Mir., ms, Brux., f° 1G5\) 
Cf. LOCTJ. 

locataire, adj., que l'on a loué, pris 
à son service : 

Mais combien trouverez vous de nour- 
rices, soyent mères ou locataires, qui 
ayent telle discrétion et prudente obser- 
vation? (Jûub., Err. pop., t rfi p., v, 9, éd. 
1587.) 

locateur, s. m., celui qui donne à 
loyer : 

Le locateur pourra par justice faire 
mettre ses meubles sur les carreaux. 
(Goût de Mêlent Coût, gén., I, 111, éd. 
1604.) 

Locateur de maison, (Coût, de Senlis, 
CGLxxxvii, Nouv. Coût, gén., II, 733.) 

Et peut le locateur contraindre le con- 
ducteur a garnir la maison louée de 
meubles exploitables et suffisans pour la 
sûreté de son louage, (Coût, de Calais, 
ccxxxvi, Nouv. Coût, gén., I, ifi\) 

Par ladite coustume un locateur est 
préféré et précède par voye de gagerie 
devant tous autres créditeurs sur le 
bien du louaeer ou conducteur estans 
trouvez en ladite maison louée. (1569, 
Coust. de la ville de Morlaigne, m s. appar- 
tenant à M. Bocquillet, p. 134.) 

S'employait encore dans le style juri- 
dique, au xvu 8 siècle : 

Celui qui baille une chose à jouir, s'ap- 
pelle le baiLleur ou le locateur ; et on 
donne ces mêmes noms à celui qui donne 
à faire quelque ouvrage ou quelque tra- 
vail. (Domat, Lois civ., l ra p., 1. I, tit, 4, 
sect. A, 2.) 

Dans les louages ou prix faits du tra- 
vail et de l'industrie, les ouvriers ou en- 
trepreneurs tiennent aussi en un sens lieu 
de locateurs, car ils louent et baillent leur 
peine. (Id., ib., i n p., 1. I, tit. 4, sect. 1, 
1.) 

locatif, adj. et s. m., locataire : 
S'ih sont yssuz de mitlourdz locatifs, 
(Contredictx de Songeereux, f° 124 v<\ éd. 1530.) 

Les propriétaires des maisons de ladite 
ville etfermiers des champs peuvent suivre 
les biens de leurs locatifs ou fermiers pris 
par exécution a la requête d'autres créan- 
ciers. (Coût, de Calais, ccxxvn, Nouv. 
Coût, gén., I, 14 b .) 

Dont, pour iceluy (emprunt) paier, fut 
advisé qu'il seroit levé &ur les locaiif% des 
louages des maisons de Paris, dont les 
riches paieroient neuf solz six deniers pour 
livre de leur louage, qui estoit environ la 
moitié, et les pauvres en paieroient le tiers, 
{Journ. d'un bourg, de Par. $, le règne de 
Fr. I t p. 376, Michaud.) 

Aux propriétaires et locatifs d'icelles 
estuves. (1533, Ordonn., Feiib., Hist. de 
PariSy lïï, 608.) 

Les propriétaires, conducteurs et loca- 
tifs et voisins des maisons. (1539, ib., 111, 
618,) 



Locatif, ou louager, inquilinus, (R. Fst., 
Pet. Dïct. fr.-lat.) 

Cœnacul&rius, un locatif qui ne tient que 
chambres en hault. (In., Dictionariolum ) 
Mais si un locatif s'y range, 
Mauvais mesoager, mal songneux, 
SalLe, gaas cc&ur, otd, paresseux, 
Le mur, le loict, le fenestrage 
t Se sent de son mauvais mesnage, 
(Belleau, la Reconn., IV, 6, Bibl. elz.) 

— A gages : 

Le serviteur mercenaire et locatif sert 
principalement pour avoir louyer. (H. de 
Granchi, Trad. du Gouv. des Princ. de Gilie 
Colonne, Ars. 5062, f° 144 r«.) 

Et telz amateurs de Jésus peut on mieulx 
dire mercenaires ou locatifz que filz ou 
espouse. (Intern. Consola l } xi, Bibl. elz.) 

Il le fit tuer... de ses meurtriers affectes 
et locatifs, comme dit est dessus. (Mons* 
TRELKT, Chron. t ï, 77, Soc. de l'H. de Fr.) 

Varletz locatif z. (La tresample et vràye 
Expos, de la reigle M. S. Ben., f° 93*. 
éd. i486.) 

On dit encore familièrement un cheval 
locati, un locati, pour désigner un cheval 
de selle qu'on prend à louage. 

locature, s. f., loyer ; mot ancien 
dont il n'a pas été rencontré d'exemple 
avant le commencement du xvn* siècle : 

Pour la locature de vostre maison. (1618, 
Uegistres des minutes civiles et criminelles 
du For VEvêque, Arch. Z* 3151.) 

On a dit encore au xrx 9 siècle : 

Les vignes étaient déracinées, et le vin 
soigneusement conservé pour payer la 
locature emporté avec ses futailles. (E t 
SUE, Envie, xxxn.) Le mot est souligné par 
l'auteur. 

— Maison louée : 

Lorsqu'un vigneron n f a point de maison 
et gu'il n'en peut trouver chez les bour- 
geois, il est obligé d'en louer une pour se 
loger, cela s'apele se mètre -en locature. 
(Boullay, Man. de cultiv. la vigne, 3 9 éd., 

v ' ' - petit ferme [erratc 

Berry et Saint., iocature, maison louée : 

Nous n'avons pas même de maison, 
nous payons loyer d'une petite locature. 
(G Sand, Claudie, I, vi.) 

loccxon, voir Lotion. 

locel, s. m., désigne un animal de 
trait encore indompté : 

Unà saiges hons mit por donter 
A la charme un locel traire. 

(Lyonn. Yêop., 2640, Foerster.) 

Ta qui as du jou (le labour) la pesance 
Apris par longue acostnmance 
Celjuvene locel soef moine. 

(r^, 2G50 

Ainsinc li hons per son baef saige 
Doutai dou fol locel l'outra ige. 

(/*., 2661.) 

loc.eret, s, m., tarière, vrille, per- 
çoir : 

Quod si forte dicti homines fagum vel 
jarronem succiderint talis grossi tudinis, ut 
tarrabrum, quod vul^o dicitur loceret, de 
quo factures rotaru m perforant rotas suas. 



LOG 



LOC 



LOC 



H 



(1200, Cartul. Àremar., ch. 9, ap. Duc, 
Tarrabrum.) 

Cf. LOSSK. 

LOGBRVERE, VOJr LOVECERVÏKRE. 

L.OCBT, \Oir LOUCHET. 

loche, voir Louche. 

LOCHBFROYE, VOÎr LEGHEFROIE. 

lochement, s. m,, branlement : 
Nutatio, nutationis, fœm. gen. Verbale, 

branalement, lâchement, penchement. (R, 

Est., Dictionariolum.) 

lochete, s. f., petite loche : 

. ... Prandroat 

Du ruisselet îa lochete qu J arout 
Pour leur aoupper moult chiere. 
.(Roi Rwé, Regnault et Jsanneton, OEuv., t. II, 
p. H2, Qaatrebarbes.) 

LOCHETTE, VOÎr LOUCHETE. 

lochier, loscker, locier, loigier, verbe. 

— Àct., agiter, secouer : 

L'anel loiga : H chambrelains l'oi. 

(R. de Cambrai, 1979, A. T.) 

De mautalent et d'ire le chief prent a lochier. 
{Vie Ste Christ., Richel. 817, f° 180 r°.) 

Quant il velt ke un home seit très bien 
ferme ea aucune vertu, donc le loche il a 
destta et a senestre pur ficher la vertu plus 
ferm en son quer. (Le Pater Noster, Richel. 
19Î525, f* 81 ▼•.) 

Il n'est n'ea avoine n'en yesche, 

En grenier, taverne ou baliche, 

Jugques en un tronchon de saussîche 

Que je Waye tatté ny loche. 
(1477, Jeu extraordin. fait par Jeh. d" bistrées, ap. 
Beauvillé, Doc. concem. la Pic, tï, 149 a .) 

Or au» [ans], Pâté Chaut, louchez 

Ce Vert Janet, a qui Dieu aide. 

Mourir faut : il n'y a remède^ 
(1537, le Discours du trespas de Vert Janet, Poés. 
fr. des xv # et xyi 11 s., I, 291.) 

— Réfl-, branler : 

J'ay eu une dent qui se est lochee pour 
uuk peu de temps, et après qui se est 
fichée par elle mesmes, (Palsgrave, 
Esclairc. de la lang. franc. , p. 700, Génin.) 

— Neutr., branler, se remuer, être près 

de tomber : 

Si «ont saelé li quarrel, 
Por maul, por pic ne por martel 
Que nul(e) ne s'en muet ne ne loiche. 
{Pointe allégé Krii. Mus, Add. (5606, f» (0 b .) 

L'aiguë dont la pierre est lavée 
Tient le dent qui loche serrée. 

(Lapid., C 701, L. Paunier.) 

Le niaume qui el chief li loche. 
(Hcon de Meri, le Tûrnoiement Anticrist, Richel. 
23407, f° 219 e .) 
Mont me poise quant je le sent, 
Tel deable de pendeloche 
Qui entre les jambes vous loche. 
(Du Pescheor de- Pont sur Saine, Montaigloa et 
Raynaud, FabL, IH, 68.) 

Si veoit bien l'estrain hocier, 
Et vit le chapelain locier. 
{le Villain de d (filleul, Job., Nom. Rec, I, 315.) 

Ses dens H lochoient et sa char estoit 
teinte et pale. (CONF. DE LA R. Marg., Vie 
de S. Louis, Hec. des Hist., XX, 80.) 



IJ D'y a rien en mon fait qui loche. 
(Eust. Deschamps, Poês., Richel. 840, f° 237 a .) 
Toujours avons an fer qui loche, 
(Fart, des femm,, Ane. Th. fr., Il, 102,) 
Guarit le mal des tfents et les conferme 
qu'elles ne lochent. {Bastim. de receptes, 
f° 3 r°, éd. 1548.) 

Dent qui loche, (Dàlksch,, Chir., p, 143, 
éd. 1570.) 

Le voisin Gérard m'a prorais 
Que l'alliance commencée 
De Madelon, ma fiancée, 
Se parfera l'un de ces jours ; 
Mais je pense, moy, que tousj^ura 
Elle aura quelque fer qui loche. 

(Grevin, les Esbahis, I, 1, Bibl. elz.) 

La langue moderne a gardé ce dernier 
emploi ; 
Une fille toujours a quelque fer qui loche. 

(Regnard, BaU se: 6.) 

— Boiter : 

Fut affollé d'une jambe messire Mauroy 
de Saint Legier, de ung vireton qui le 
ferit a ung assault qu'il faisoit a une bar- 
rière, et en locha toute sa vie,.. (Mèm. de 
P. de Fenin, an 1417, Soc. de l'H. de Fr.) 

— Lochant, part, prés., branlant: 

Sitost que viellesce nous prant 
Tousjours avons un fer lochant, 
Toudis fault ouvrer en viez selle. 
{E. Deschamps, Poés., Richel. 840, f°252 e .) 
Car voua voyez d'amours les tours lochans 
Qui des enfers sont par trop approchais. 
(J. Bouchet, les Regnars traversant, f° 54 e , éd. 

Centre de la Fr., losser, v. n., remuer, 
branler. Bourg-, Yonne, Venoy, loucher, 
v, a., secouer. Guernesey, lochier. H.- 
Norm., vallée d'Yères, pays de Bray et 
pays de Caux, locher un arbre, le secouer 
pour en faire tomber les fruits : 

Locher des noix. (Flaubert, Bovary, 

n, 7.) 

LocHrERK, voir Lorchiere. 
locieh, voir Lochier. 
logïon, voir Lotion. 
locouste, voir Laouste, 
tiOGQUE, voir Louche. 

LOGQUEB\ULT, VOÎr LOQUEBAULT. 

locouet, voir Loquet. 

LOCQUETTE, VOÎr LOQUETTE. 

loction, voir Lotion. 

loctonneh, v. a., battre, donner sur 
les loques: 

Parbiea ! je te vay bien frolter et lôctomier, 
(P. TftoTEftBt., les Corrivauz, Ane. Th. fr., VII!, 
280.) 

locu, loqu, adj., ébouriffé, hérissé ? 
Cavels ot 1od3 contreval ver3 les pies ; 
Mellé estoient, loçu, recercelé. 

(Raimb., Ogier, 8569, Barrois.) 
En reprouvïer li dist : Viellart, teste locue, 
Vostre mort aveï hui toute jor porseue. 

(Test, d'Alix,, Richol. 21365, f° US r°.) 
Li vavasors qui le chief ot heu. 

(Gaydon, 2881, A. P.) 



La barbe ot longe et drue, les prenons ions et les ; 
Et la teste locue, les ebevos eomesles. 

(Cflttç. de JeVits,, 6378, Hippeau.) 

Il prtst chape locue a .i. ^rant chaperon. 
(fîen. deMontaub., p. 250, Micbelant ; ms. Oif* 
Bodl. Hatton 59, f° 82 r°.) 

Une pel d'ours locue que il a ôscorchie. 
(Maugis d'Aigrem., ms. Montp. H 247, f fl 1S5 C .) 

La graat pel d'ours locue prisC douqaes a ostor. 
(/*.. f 9 156\) 

Floreus a son coup euteaé, 
Le jaiant en a teî doué 
En la teste qn'îl out locue 
Que la cervele a espandue. 
(Olhevien, ms. Oxf, Bodl. Ration 100, f° 51 r°.) 

Tant meste qu'il veule la chace 
Corte et estrpite a poil locu. 

(Couronn. Renart, 1146, Méoû.) 

Un chien loqu, qui par floquiaus 
Fautre son poil. 
(J. d'Estrden» Chans., Scheler, Trouv. belg., 
nouv. sér., p. 124.) 

Deslavez ert, s*ot chief locu, 
Il ot bien cinquante aoz veacu. 
(Du Vilain au buffet, 89 t Montaigloa et Raynaud, 
FaH.y llï, 202.) 

Ses cheveux meslez et loguz 
Par mi ces espaules descendent. 

(Livre de Lees$e> Romv., p. 378.) 

Sa crine locue et diverse 
Pingae des gros deus d'une herse, 
(Gdill. Machault, Livre du Voir dit, p. 290, 
Biblioph. frauç.) 

Messire Jehan, maiatre locu. 
(Coquillart, QE«v., Il, 279, Bibl. eU.) 

— En désordre, négligé : 
ïl n'avoit nul drap qui fust nient eutiers, 
Mais estoit plus locus c'uus povres brououtiers, 
(Brun de la Mont., 130, A. T.) 

Un noms a grans ongles locm 

Demanda : Guillot, que fes tu ? 

(Les Rue,'! de Paris, Méon, Fabl, II, 258.) 

locuplet, adj., riche : 

Au meillieu de ceste closture feist He- 
rode faire une salle royalle la plus grande 
et la plus locuplette, car il y feist mettre la 
plus part de ses trésors. (BourgoinGj Bat. 
jud., VÏI,5S, éd. 1830.) 

locupletagion , s. f, , amour des 
richesses ; 

Que ceali qui veulent estre riches 
Eachîent ea temptacion 
Pour leur locupletacion. 
(J. Lefebvrk, Resp. de la mort, Richel. 994, 
f°13 c .) 

locupleter (se), v. réfl., s'enrichir : 
T'es garnie et locupletee 
En acquérant riches joyaulï. 

(Thereneeen franc., f°173\ Verard.) 

locuste, voir Laouste. 

locution, - ciQUy loquution,s t f., parole, 
langage : 

Quand l'en me fait quelqu'assiguation 
A moi payer est tout le monde lent ; 
L'en ne me sert que de tocucion. 
(G. Deschamps, Poés., Richel. 840, f d 367r°.) 

Famen, mis, parole, locution. (Voc. lat.~ 
fr., 1487.) 

Par quatre manières nous laissons Dieu, 
c'est assavoir par délectation, loquution, 
opération et coustume, (La Mer des 
hystoir., t. f, f ô 22^ é< x. 1488.) 



12 



LOD 



LOI) 



LOE 



— Faire locution de, parler de : 

Celluy conte Aimery fut grant père sainct 
Guillanen qui fust conte et délaissa posses- 
sions mondaines pour servir nostre créa- 
teur, et se mist en l'ordre et religion des 
Blancs Manteaulx ; et de ce ne tous veulz 
je faire grand *QCttt(on,mais veulz procéder 
avant en nostre histoire. (J. d'Arras, 
Melus., p. 27, Bibl. elz.) Impr., location. 

Bossuet a em ployé ce mot, par archaïsme, 
pour dire élocution^ 

lod, voir Lot. 

lod des, laudes, s. f. pi., syn. de lods, 
forme de los : 

Ventes et loddes. (1847, Lett. pat. de 
H. H, enfav. des Cord., Arcb, des C.-du- 
N.) Alias laudes. 

Cf. Los. 

LODER, VOir L0ER. 

i, lodier, loudier, s. m., sorte de sur- 
cot ample porté par les gens de petit état; 
chemisette remplie de coton; couvre-pied, 
courte-pointe de lit : 

L'autre porte une houpelande; 

L'antre tin pourpoint, l'autre dq lodier, 
(G. Macbaolt, Remède de Fortune, p. 119, Tarbe".) 

Lors prisent a entrechangier 
Leurs abis de la bregerie ; 
Gobins vesli no prant loudier 
Et Guios Due souaquanie. 
(Froiss., Poét., Richel. 830, î° 277 r°.) 

Un gipon de satin noir appelle lodier. 
(24 mars 1395, Inv. de Begnaut Chevalier, 
tailleur du D, de Bourg., Inv. de meubles 
de la mairie de Dijon, Arch. Côte-d*Or.) 

Item ung lodier.,... Item une table a des- 
chargier draps. (Vente des biens de Jacques 
Coeur, Arch. KK 328, f» 91 v°.) 

Lict garny d'un matellat et lodier. (1519, 
Invent., Trinité, Abbay, ch. 2, art. 19, 
Arch. Vienne. J 

Stragula, lodier. (R. Est., Dictionario- 
lum.) 

Lodier, lodix. (Id., Pet. Dict. fr.-lat.) 

Ils n'ont en tout sinon quelques coussins 
pour s'appuyer, et quand la soir est venu, 
ils estendent un lodier pour casser la 
nuictee : et le lendemain matin ils plient 
le lodier, et le mettent dessus un ai?, ou le 
pendent a une perche. (Belon, Singulari- 
t ez, III, xvir, éd. 1554.) 

Lequel (vestement) est fait a lasemblance 
d'un simple loudier, de quoy Ton couvre 
les lits en Italie. {Léon, Descr. de VÂfr., 
I, 50, éd. 1556.) 

Enveloppé de sa robe impériale, ou 
d'un petit lodier. (De la Boutiere, Suétone, 
p. 114, éd. 1569.) 

Loudier embourré. (La Porte, Epilh., 
éd. 1571.) 

Lodier, couverture du lit, parement. 
(Jtw., Nomencl, p. 183, éd. 1577.) 

Lorsque le vespre est venu ils estendent 
un loudier pour passer ainsi la nuict. 
(Voyag. du S. de Villamonl, p. 507, 
éd. 1698.) 

Gens qui de leur cohorte ont les meilleures mines 
Sont vestus de lottdiers et de vieilles courtines. 
(Angot de l'Eperomîierb, Nouv. Satires, p. 92, 
Lemerre.) 

Est il possible que ce gros lodier qui 
vous monte autour des reins ne vous fasse 



point sentir de gravelle? (D'Aubigné, Fae~ 
nest,, 1. 1, c. 2, Bibl. elz.) 

— Matelas : 

Il preot, quand et quand, des préceptes 
d'Àttalus de ne se coucher plus snr dos 
loudiers qui enfondrent. (Mont., Fss., ni, 
13, p. 206, éd. 1595.) 

Il était encore très usité au dix-septième 
et au commencement du dix-huitième 
siècle : 

Les vilageois couvroient le chemin par 
où il devoit passer de tapis et loudiers. 
(A. Le Grand, Saints de Bret, p. 340, 
éd. 1626-1637.) 

Lodier ou loudier. Couverture de lit, 
remplie de coton, ou de laine, ou de bourre, 
entre deux lais de satin, ou de taffetas, ou 
de toile, ou d'autre étoffe. Il faut pronon- 
cier loudier. (Mën., Dict, êtym., éd. 1750.) 

Lodier ou loudier. Grosse couverture 
piquée, remplie de laine ou de ploc entre 
deux étoffes ou deux toiles. (Sàvary des 
Brusl., Dict. du commerce.) 

Loudier ou lodier. Le dictionnaire de 
l'Académie dit lodier, les tarifs toujours 
loudier. (Id., ib.) 

Monet écrit lodier mais Danet, Oudin, 
écrivent loudier, Furetière écrit lodier, et 
loudier, 

Poitou, Vienne, lodier, couverture de 
lit, couvre- pied fait de coton ou de laine 
piquée entre deux toiles ; courte- pointe 
d'un lit. Haute-Normandie, vallée d'Yères, 
lodier, grosse couverture. 

2. lodier, loudier , adj. et s, m, ma- 
nant, gueux, vaurien, et très souvent, par 
terme de mépris, libertin, ribaud, coureur 
de mauvais lieux : 

Je croy, dist Helyas, que tu es le loudier 
Cou nomme Mauquaré, le traitere mourdrier. 
(Chev. au Cygne, 1341, ReifT.) 

Voiz don lodier, dit Perrins, or m'anoie. 
(nom. et Pastour,, ir, 77,37, Bartsch.) 

Laquelle RaouLe dist au suppliant qu'il 
estoit un malvais loudier, (1372, Arch. JJ 
103, pièce 350.) 

Eolx donner viande ne vins, 
Fors leur loyer, c'est bien estins : 
Gré n'en scevent tant sont loudiers. 
(E. Desgh., Poét,. Richel. 840, f° 356 a .) 

Gêna de l'église, on doit pnrgier 
D'entrer ens tout paillart loudier, 
Truandes n'y doivent manoir. 

(Id., i*.,f 335O 

Voua y mentez, pat saint Nicaise, 
Gomme fauli, lodier et parjure. 

(la., it>., f° 375 e .) 

Il trouva unboucier sur le pavement, un 
fort loudier, qui bien l'ovoit ven passer. 
(Frûiss,, Cftron., VII, 247, Luce.) 

Il entendy moult fort comment il peuist 
estre Baisy dea quatre loudiers qui avoient 
estranglé son oncle le duc de Glocestre. 
(lo., tfe.,XVI, 192,Kerv.) 

Lors l'appela ribault, loudier. (Louis XI, 
Nouv , i, Jacob.) 

Gueres n'eurent esté en leur ostelîerie, 
que voicy venir quatre gros loudiers, char- 
retiers ou bouviers, (Id., ib., xcvni.) 

Ces mauvais loudiers, (J. VauquelïN, 



Trad. de la Chron. d l E. de Dynler, TI, 16, 
Xav. de Ram.) 

Mes se james il est trouvé, 
Le loudier, nous le destruirons. 
(Greban, Myst. de la Pais., 14676, G. Paris.) 

Vieulx loudier, que sçaurois tu faire? 
Tout ton fait ne gist qu'en malheur. 
{Farce de Tout, Rien et Chascun, Ane. Th. fr., 
III, 208.) 

De faict il avoit queleques traietz de lo- 
dier lourdault. (Ràb., 1. IV, e. 9, éd, 1652.) 

Loudier, puttanîere, une gïosse loudiere, 
una grossa berghinellû, une vieille loudiere, 
una vecchia poltrona. (Oudin, Dict. /r.- 
itai) 

— En parlant de chose : 

Leurs faulses langues loudieres. (Âpol. 
mul.y ms, Barberini, f° 8 r°.) 

— Fém., loâiere, loudiere, fille perdue, 
femme de rien : 

La maint une dame loudiere 
Qui maint chapel a fait de fueille. 
(Dit des Hues de Paris, Méon, .FabL, U, 240.) 

Aies avant, dame putain, 
Orderibande, orde loudiere. 
(Sarrazw, Rom. de Ham, ap. Michel, Hist. des 
ducs de Norm., p. 325.) 

Vous mentez, très orde loudiere. 
(E. Deschakps, Poés., Richel. 840, f° 379 a .) 

Et si ne puis ce s te lodier e 
Que je quier trouver nulle part. 
(Un Mir. de N.-D , comm. Ostes Toy d'Esp. perdi 
sa terre, Th. fr. au m. 4., p. 462.) 

Se noua est ung grant vitupère. 

Se de par nous n'est confondue 

L'orde, vile, faalce lodierel 

(Mût. du siège d'Orl., 12715, Guessard.) 

Vielle loudiere % viel cabas, 
Comment t'es tu habandonnee ? 
(Farce du Raporteur, p. 10, ap. Ler. de Lïncy et 
Michel, Farces, Moral, et Serm. joy. % t. IL) 

Vien ça, traistre, filz de loudiere, 
Vien ça tost qu'on te pnist brûler. 
(KtOY Damerral, Livre de ta deablerie, f° 3 e , 
éd, 1507.) 

Son fdz Fricquet qui beavoit a grahs traietz 

Fut aprentiz de enrear de retraietz, 

Il essaya s'en faire passer maistre, 

Il fut chiffré parquoy il s'alla mettre 

Par desespoir dessus une loudiere. 

Et feist Fricqaot qui chauffa la chaudière. 

(La grande plut inclite et Ira amirable Généalogie 
du magnanime Frippclippes, par ung jeune Poète 
Champestre, dans les Œuv. de CL Marot, éd. 
1731, VI, 67.) 

Nom propre, Loudier. 

LODMANAGE, VOÎr LaMANAGE. 

lods, voir Los. 

loedieu, s. m., celui qui a toujours 
la louange de Dieu à la bouche ; 

Or regardez de ces bermites, 
Ces loeâicu, ces ypocrites. 
(Hist. des 3 Maries, ma., p. $75, ap. Ste-Pal.) 

loee, voir Lietjee. 

jloeement, louement, adv,, d'une ma- 
nière digne d'éloge ; 

De louement gouverner et ordonner leurs 
royaumes. (Ord. pour le gouvernement du 
roy, Regist. du Parlem., 1317-1340, ms. 
Louvre i253 b , f° 61 r°.) 



LOE 



LOE 



LOE 



13 



loek, voir Lof. 

LOEGNIER, VOir LOIGNIER. 

1. loeis, loyeis, s. m., loyer, location : 
Recepte des loyeis des maisons assises 

en la cité. (1409-10, Compt. de la fabrique 
de S.-Pierre, Arch. Aube G 1B59, f> 118 r°.) 

2. loeis, loueis, loweis, leuis, lotviz, 
louwiz, lois t loouis, adj. et s. m., loué, 
aux gages, mercenaire : 

Quant lotoiz en la maison de mon père 
sont raemplit de pains! (Dial. Greg. lo 
pap., p. 62, Foerster.) 

Et en soadeea, com serjans loueis, 

(Auberi, p. 104, Tobler.) 

riedeor loeis, entendez, entendez, 
Grans dolors vos Tient près, quant vo sen voua 

[vendez. 
(Thiebault de Mailli, Vers de la mort.) 

Je ne vueil pas le los avoir 
Que je face tort por avoir 
Ne que ma cort soit loouice, 
Ainz vueil estre loial justice. 
(Renart, Br, xxui, 39, Martin.) Impr., loonice. 

Les fai pledeors loeis. 

(Guiût, Bible, 246S, Wolfart.) 

Car chevaliers eatre voira 
De la main au joi Loeis, 
Qui n'estoit mie loeis. 

(Blanche et Jehan, 4737.) 

Cius ho m est campions 'leuis. 
(Baud. de Cordé, li Contes des hircins, 306, 
Scheler.) 

Et qe nul fuster ne sustree autri ap- 
prentiz, ne autri louwiz, denz son terme. 
(Lib. Custum., 1,81, 2 Edw. II, Rer. brit. 
script.) 

Le tyrant si fait aussi comme celi qui 
est pasteur loueis, qui, quant il voit le Ion 
vejiir, si s'enfuit. (J. de Vignày, En$ei- 
gnem t) ms. Brus. 11042, f° 25 b .) 

XJng povre hons qui estoit nostre loweis 
teullié. (1428, Preuv. de Metz, V, 82.) 

— De vil prix : 

Pour ses bas sollers lois 
Est si cointis 
Et pour sa cote bise 
Qu'il cuide tout valoir. 
fWiLLADM. li Viniers, ap. Bartsch, Rom. et Past., 
111,31, 32.) 

1, loement, - mant, s. m., conseil, 
avis, consentement, permission ; 

if 

Mais ne l'ferez par le mien loement. 

(Roi., 1709, Millier.) 

Anuit mais remanrons par le mien loemant. 
(Mainet, p. 17, G. Paris.) 

Droit li ferai de gré et volentiers 
Au loement des barons chevaliers. 

(Les Loh., ms. Montp., f° 79\) 

S'il a vers vous de nules riens mespris 

Et il se vnet amender devant ti 

Au loement des chevaliers gentis, 

Vous nel devez eschiver ne guerpir. 

(Garin le Loh., 2" chans., XX, p. 384, P. Paris.) 

Ceus maudient amèrement 
Qui donerent le loement 
C'unques li chasteiaus fust rendus. 
(Ben., Z>. de Nom,, II, 32302, Michel.) 

La dame le consolle de foi et leaument, 
Lors a dit que croira don tôt son loemant. 
(J. Bodbl. Chans. des Sax., ccxxrn, Michel.) 



Cum il volt la mer passer 
E Yrlante conquester 
Treatut par te loement 
Del gentil conte. 

(Conquest of lretand, 25^1, Michel.) 

Pères du ciel, fait il, merci, 
Qui feis que tes fllz nasqni 
Por sauver li humaine gent 
Que feis par ton loement. 

(Parlonop., Richel. 1915-2, f" 144 e .) 

Ce qu'il m'en loeront ferai, 
Selonc leur loement prendrai 
Signeur et a vostre plaisir, 
(Amadas et Ydoine, Richel. 375, f° 331 f j 

De vostre loement 

Et dou courtois ensaignement 

Que m'avez fait moult vous merci. 

(Adenet, Cleom,, Ars. 3142, f* 38 e .) 

Par Deu, dist Buiemong, ci a mal loement. 
(Poëme de la Croisade, Romania VI, 493, 12.) 

Sire, dit Cassanius, tant parles saigement 
Que nuos ne doit desdire le vostre loement. 

(Veus dou paon, Richel. 1554, f 4 v°.) 

Par le loement as barons de France mist 
ses mains entre les mains le roi. (Hist.des 
ducs de Norm. et des rois d'Anglet., p. 13, 
Michel.) 

— Conduite, direction ; 

La novele en vint au roi que cil seur 
qui il avoit mis le fet et le loement de 
1 ost s'estoit si mauvesement contenu?. 
(G. DE Tyr, xxn, 29, Hist. des crois.) 

— Louange : 

Oi, Deus,mun loement, entent a ma orei- 
sun. (Liv. des Ps. , Cambridge, lx, 1, 
Michel.) 

Loemens de ses paroles vendra a Deu. 
{Bible, Richel. 901, f° 11 e .) 

Li airs o tôt lo firmament 
Représentent tou loement, 

(De.\. gaud. B. M., ms. Reims ^ , f° 136 d .) 

2. loement, lowement, louement, loie- 
ment, - ant, s. m., action de louer, de 
prendre à louage 

A cest lowement et asenement furent 
apelet... (Ch. de janv. 1263, Ghislenghienj 
Arch. du roy. de Belg.) 

Un m^istre frette sa nef a un marchant 
et devise un certain terme au louement 
dedens. (1396, Coût, de Dieppe, f* 3 v°, 
Arch. S.-Inf.) 

S'ils viennent (les mariniers) plus près 
que la ou le louement fut prins, nonobs- 
tant ce ils debvent avoir tous leurs louyers. 
(Cent de la Mer, M or., Pr. de VH.\de 
Bret., I, 790.) 

— Louage des domestiques : 

De le Sainte Crois en sietembre dusques 
au loiement de Bar ki vient en apries.{1262, 
Bans aux éckev., OO, ass. s. les drap, de 
Douay, f° 14 v°, Arch. mun. Douai.) 

De le Saint Nicholai dusques au loiement 
de Ligni. (ïb.) 

— Loyer, location : 

Quiterons et laisserons a dit conte de 
Burg. leu loiemant dou dit fyé en bien et 
en pais. (1293, LetL de Hug. de Bourg. , 
Arch. J 2\7, pièce 37(15).) 

LOENCHE, S. f. ? 

Se aucuns hons en la vile aucune cose 



acate de loenche, doit .t. o. de c. toisons. 
(1328, Tarif de tonlieu, Arch. S.-Omer, 
gxcix, 4, n» 28.) 

loengembnt, s. m., louange : 

A Deu en a rendu (mut) grant loengement. 

{Uorn, 3218, Michel.) 

loenesien, voir Laonisien. 

loenisien, voir Laonisien. 

loenois, voir Laonois. 

loentajne, voir Lointaine. 

1. loeor, loeeur, loeur, loueur, s. m., 
celui qui loue, qui recommande, qui ap- 
prouve, qui conseille : 

Cornent puist ceu estre ke li ameres et 
li loeres de communiteit et ki habiteir 
fait ceos d'unes mours en une maison 
dewerpist communiteit et fesist escandle 
as altres? (S. Bern,, Serm. } Richel. 24768, 
f° 86 v» ) 

Et que li loerres de Deu ne soit sur- 
montez dou deable. (Trad. de Beleth, Ri- 
chel. 1. 99.5, f» 16 r°.) 

Se mon légat fet entendre a l'enter que 
la chose au mort vaille plus que li teste- 
ment, et il ons croit par le tesmoing de 
celui sanz voir la chose, et la chose vaut 
meins, l'en a» contre le loeur auction de 
tricherie. (Liv. de jost. et de plet, III, 8, 
§ 3, Rapetti.) 

Por ce est plus digne de loengne ma 
dame que la vostre, et por ce sui je plus 
noble ameeur, loeeur, et serviteur de ma 
dame que vous de la vostre. (Evaste et 
Blaq., Richel. 24402, f° 50 vo.) 

Le vray loueur. 

(Vadq., Art. poU., III, éd, 1862.) 

La langue moderne a gardé loueur, ce- 
lui qui donne des louanges à tout propos. 

— Fém., loeresse, celle qui loue : 

Laudatrix, louer esse. (Gloss. de Salins.) 

Laudatrix, louresse. (Gloss. lat.-fr., Ri- 
chel. 1.7679.) 

Loueur, laudator. Loueresse, laudatrix. 
(R. Est., Pet. Dict. frAat.) 

2. loeor, loueor, loieor, s. m., celui 
qui prend à louage : 

Nule coze ne doit estre mise en autre 
uzage que en celi por qui ele fu louée ; 
et qui le convertirait en autre uzage... li 
loueres est tenus a rendre le damace. 
(Beaum., Coût, de Beauv,, xxxvn, 7, Beu- 
gnot.) 

Li premiers toierres contera les .l. be- 
sans. (Digestes, ms. Montp. H 47, f° 237 e .) 

— Fém., loeresse, celle qui tient un 

bureau de placement : 

Roberte le louweresse ïouwe meschines 
et varlets et mainte nouriche en l'an. 
(Dialog. fr.~flam. t f° 19 e , Michelant.) 

A une louresse, pour une meskine louer. 
(1351, Lille, ap. La Fons, Gloss, ms. } Bibl. 
Amiens.) 

l, loer, louer , louher, louver, loder, 
loier i verbe. 

— A et., conseiller, approuver, avec un 
rég. dit. de chose : 



i4 



LOE 



LOE 



LOE 



Cnrles apelet ses cnntes e ses ducs : 
Que me loez de tels qu'ai retenus % 

{Roi., 3947, Mùller.) 

Et disl Fromons : J • ne lo pas l'issir. 

(Garin le Loh., 2 e chaos., xxxv, p. 158, P, Paris.) 

Baron, dit Guiteclins, tôt a voz volantez. 
Puis a fait tôt ensi com il li fu loez, 

(J. Bod., Saz., clxï, Michel.) 

Il li loent sa volontel. 

{Brut, ms. Munich, 1901, Vollra.) 

Et Floires ensi esploita 
Comme ses ostcs U loa. 
(Floire et Btance/lor, I e vers., 1953, du Méril.) 

Fai çou que loent ti baron. 

(lb.> 1* vers., 2763.) 

Dites, que loe* que j'en face ? 
{Hom. de Floirem., Richel. 353, f° 5 b .) 

Fol hardement ne loe je mie. 
Umadas et Ydoine, Richel. 375, f° 328M 

Se vos ce voles faire, vos an repantires ; 
Mes fêtes une chose que je ?ous loeré. 

(Gui de Bourg., 3802, A, P.) 

Amez la, jel vons loo etosi. 
(R. de Hqd., Merangis, ms. Vienne, f° 4 e .) 

E cest escheinge je lou et conferme. 
(Mai 1248, Barzelle, Arch, Indre, H 112.) 

Et lou ausi et confirme et outroïe les 
dons que mes sires Huesde la Faiche fist... 
(Janv 1256, Ch. de Joinv., Arch. Allier, 
Val-des-Choux.) 

Que il garantiront es diz frères ces 
chouses vers toutes janz, et que il les fe- 
ront lo r a toz ces que toer les devront. 
(Sept. 1869, Lett. duprév. d'Arc en Barrois, 
Sept Fonts, Yauclair, Arch. Allier.) 

Toutes les choses devant dites... je 
vueil, loi, grée et otroù (1279, Letl d'Em- 
meUne dame de Brissel, Cart. év. Laon J 
f° 63", Arch. Aisne.) 

Ceste vandue loois, vuel, outrois et con- 
fermois. (Dec. 1295, Cîteaux, n<> G3, Arch. 
Jura.) 

Vuis, louois et outroy, (1297, Cîteaux, 
n° 19, Arch. Jura.) 

Ciertes, dist li kapelains, il vos loa 
boin consel. (Flore el la Bielle Jehane, 
Nouv. fr, du xnp s., p. 128.) 

Je vous merci moult a tous ceulz qui 
m'ont loè m'alee en France. (Joinv., Hïst. 
de St Louis, p. 131, Michel.) 

Ay touhé et loux ceste vendue. (Mardi 
av. Pentec. 1370, Arbois, Arch. Jura.) 

En louvantf approvant et confermant les 
choses sursdites. (31 janv. 1373, Livre des 
Bouillons, cxvin, p. 376, Bordeaux 1867.) 

Ont esté (les robours) per diverses lièges 
et subgitez du roy deins les costes de di- 
verses countees receites abettes, procures, 
counseiles et louées, sustenus et mainte- 
nus. (Stat. de Henri V, an n, impr. goth., 
Bibl. Louvre.) 

— Loer à, conseiller de : 

Et neporquant en espérance 
Ne tous lo je pas a pechier. 

{Le lai du Conseil, p. 107, Michel.) 

Vous parleres as barons et as poisans 
honmes de ceste tiere, et en aures consel. 
Et se il le loent ensi a faire, je sui celle ki 
ja n'en yrai encontre. (Li Contes dou roi 
Constant lEmper., Nouv. fr, du xiii» s., 
P. 27.) 

Galiens ne loe mie le bouc a manger, 
por ce qu'il engenre mauvais sanc. (Ale- 
bràiîd, Reg. de santé, Richel, 2021, f° 46 r°.) 



S,i t'en loc dont a astenir 
Se tu vtex mon congel tenir, 
Fai que la dame aies avant, 
Se li Ijjûssiclle te plaist tant. 
(Jacq. d'Am., Art d'Am., ms. Dresde, Kôrt,, 
402.) 

Ceulx ne vous aymeront pas qui vous 
loeront a refuser cest honneur. {Lancelot 
du Lac, i ra p., ch. 55, éd. 1488.) 

— Suivi d'un infinitif sans préposition: 

Ne vïel, n'enfant, famé, ne fol 
Ne ser .ir ja je te lo. 
(Ane. prov., xm e s., ap. Ler. de Lincy, Prov.) 

Et pour ce je ne loue point a nulle 
femme mariée amer par amours ne estre 
amoureuse d'amours qui les maistroye. 
(Lit?, du Chev. de La Tour, c. cxxnn, Bibl. 
elz.) 

— Loer que, conseiller que : 

Qui ço vus lodet que cest plaît dégelons, 
Ne li chalt, sire, de quel mort nus muriuns, 
{Roi., 226, Miiller.) 

Al rei looul qu % \\ l'oceist 
On essillast ou destniist. 
(G. de Saint-Pair, Mont S. Michel, 1S79, 
Michel.) 

E encore te loruna nus 
Que tut te tenisses a nos. 
(Marie, Ptirg. de S, Patrice, p. 464, Roq.) 

SI loc bien kc vous le siervois. 

(Sle Thaïs, Ars. 3527, f 14 e .) 

Je lo que vos li requeroiz 

Qu'il vos pardoint sa malveillance. 

(Rose, Richel. 1573, t° 27\) 

Je lo que nous le cuer d'un porcel enportons. 
(Berte, 657, Scheler.) 

Mes pour issir de soupochon» 
Lo ge que sans arestoizon 
Faites que vous soies certains 
S'ensy i vient H chastelains. 

{Coud, 4303, Crapelet.) 

Pries de mon iermUage a une abeie de 
blankes nounains ki molt sont bonnes 
dames, et la loe jou ke vous en aies. — 
Sire, dist elle, vous aves bien dit : tout 
ensi le ferai jou, puis ke vous le loes. (Li 
Contes dou Roi Flore et de la Bielle Jehane, 
Nouv. fr. du xiii 8 s., p. 122.) 

Vos lo ge c'a vaut prendre» tant 
C'apries n'en aies repentant. 
(Jacq. d'Am., Art d*Àm., ms. Dresde, Kôrt., 

2133.) 

Lo duc loda que Salerne remanist a lo 
prince Gisolfe. (Aime, Yst. de li Norm., 
VIII, 12, Champollion.) 

La pluspart louèrent et furent d'advis que 
la seureté qu'avoit le roy luy fust gardée. 
(Gommynks, Mém.y II, 9, Soc. de T'H. de 
Fr.) 

Que m'en loez voua que j'en face ? {Lan- 
celot du Lac, i r * p., ch. 85, éd. 1488.) 

— Avec un rég. de pers., loer quelqu'un, 
conseiller quelqu'un : 

Dame, fait il, quant le loez, 
Dites li dont se vous voler. 
(Floire et B lance flor, I e vers., 849, du Méril.) 

Or m'en loes si que je ne mesprenge ne 
a Dieu ne a mon signeur. [Chron. de 
Raitis, c. ni, L, Paris.) 

Et sachies, quoy que on vous en die, 
c'est ung des plus preux chevaliers que 
je vis oneques en ma vie. Par ma foy, s'il 
vous avoit ores loué pour le loer^ si a il 



bien emploie sa mise. (J. i/Ahhas, MpIh*., 
p. 148, Bibl. elz.) 

— Se féliciter de : 

Eve, je te castoi a tart ; 
Peu eus sens et petit art. 
Se tu fuisses soûle engignie, 
J'en loasse le moie part. 
Mais te folie trop s'espart, 
Car tu as tonte te lignie 
De droite ligne deslignie. 
(Rrncxos de Moilikns, Miserere, cixyiii, 1, 
Yan Hamel.) 

— RéfL, se loer de quelqu f un t aqwlqu*un y 
suivre son avis, s'en rapporter à lui : 

Faites a vo volentê, kar je l'otroi, et si 
me loc molt de vous. (Flore et la Bielle 
Jehane, Nouv, fr. du xm a s., p, 125.) 

Laquelle fille respondi que elle s'en 
loueroit a son maistre ; pourquoy et en 
despit duquel louenge icellui Jacobin lui 
donna une grant buffe sur le visage. (1416, 
Arch. JJ 169, pièce 283.) 

— Loé t part, passé, célèbre, renommé : 

Veez l'orgaill de France la loee. 

(RoL, 3315, Mùller.) 

En la tiere loee apîes Vanbe aparant, 
Este vus devant l'ost .un. viellars courant. 

(houm. d'Alix., f° 52 e , MichelanO 

Pépins l'en traist (l'épée de Closamont), de 

[Ftancô la loee, 
Kant corone ot preraieremant portée. 

(Gérard de Viane, V, 2675, Bekker.) 

Et H riche barnaîge de France la loiee. 

(De*tr. de Rome, 32, Gro&ber.) 

Wallon, laweder, approuver, encourager, 

flatter. 

2. loer, louer, luer, lieuer, luier, \oier, 
v. a., avec un rég. de personne, salarier, 
soudoyer, récompenser : 

D'or e d'argent a\\\. c, mulz c&rgiez, 
Cinquante carre qu'en ferai carrier ; 
Bien en purrat luer ses soldeiers. 

(RoL, 32, MÛller.) 

Vos serez moût bien luiee, 
De novel vos veslirai. 

(Rom. et ^««/..Bartsch, II, 97,14.) 

Dient paien : Vos chi boin ménestrel ; 
[1 le convient moult ricement limer, 

(Huonde Bord., 7341, A. P.) 

Hues a bien les ma/ronniers lieues. 
D'or et d'argent lor donna a plenté, 

(/*., 8676.) 

Dont il luia les chevaliers et sergans 
qu'il mena en le bataille. (Chron. êfEr- 
noul, p,4i9, Maa-Latrie.) 

Que les bons et loyaux m arch ean s soient 
loiez et avanciez dez bones œuvres. (1326, 
Ord. de la drap, de Louv., Cart. de Ph. 
d'Alenç., p, 856, Arch. Seine-ïnf.) 

— Avec un rég, de chose, se procurer a 

prix d'argent : 

Quant li haut home orent luiê l'estoire, 
si parlèrent entr'auls et disent qu'il feroient 
d'un d'eaus signor. (Chron, d'Ernoul, 
p. 339, Mas-Latne.) Yar., loié, louée, loee \ 
les nés Ueuees* 

— Donner : 

Or fu Memprities coroueiz 
Et li règnes U fu loeiz. 

(Brut, ms. Munich, 2467, Vollm.) 



LOF 



LOG 



LOG 



15 



La parole lor est acreanteie, 
La fille al roi lor est loeie. 



(Ib., 301(0 



3. loer, voir LUER, 



1. loerie, louerie, s. f., action de louer, 
de conseiller : 

Déclare que tielx tuerie, roberie, espoil- 
lerie, rumberie des trieux et sauve con- 
duites et voluntaries receit, abettement, 
procurement, conseill, loverie, sustenance 
et maintenaunce des lielx personnes 
affaira en temps avenir per ascuns des 
lièges et subgitz du roy deins le roialme 
d'Engleterre, d'Irlande ou de Galles ou sur 
la haut mear soient adjugges et détermines 
par haut treason fait encontre la coronne 
et dignité le roy. (Stat, de Henri V, an n, 
impr. goth., BibL Louvre.) Impr., lonerie. 

2. loerie, louerie,$, t., loyer, location : 

Pour 2 commissaires qui ont congé du 
roi de prendre loueriez des estangs a 
bondes. (Compt. de VH.-D. d'Orl, 1408-9, 
exp. de Lorciaco, Hôp. gén. Orl.) 

Bessin, louerie, foire aux domestiques. 

Louerie de domestiques. (Caen, Ordre et 
Liberté du 25 juin 1864, affiche du maire 
de Chêux.) 

LOERROUR, VOir LORHEOUR. 

loes, voir Lues. 

LOETE, VOir LIEUETE. 

loeus, voir Lues. 

lof, loef, louf, loo t s. m,, côté du navire 
frappe par le vent : 

Mariniers s alleu t par ces nés 
Et desplient voiles et très ; 
Li un s'e3forcent al vindas^ 
Li autre al lof et al betas. 

(Wacg, Brut, 11488, Ler. de Lincy.) 

Li on se efforcent al wyndas, 
Li aitre al loef et al betas. 

(Id., ib., rar.) 

Cil qui al gOTftrnaïl s'assist 
Estreitement al vent se prist 
Le lof avant et le lispreu, 
Siglant vindrent a Barbefleu. 

(Id., Rou, 3" p., 9881, Andresen.) 

Qui subtils estoient et savoient bien 
tourner leur voile au louf du vent. (G. 
Ghastell., Chron. des D. de Bourg,, III, 
95, Buchon.) 

— Coin inférieur d'une basse voile qui 
est du côté du vent : 

Ne lnr estoet muver lur greie, 
î\e n'i out la nuit lof cloé. 

{Vie de St Giles, 884, A. T.) 

Sire, fait Jubar, a en irrum 
Et quel part cest /oftornerum ? 

(Protheslaus, Richel. 2169, fM2 a .) 

S'est dit jusqu'au xvn e s. : 

Loo qu'on dit aussi lof est un terme de 
mariniers par lequel ils entendent la traicte 
et longueur d'un navire depuis le mast 
jusques a un bord ou autre cornue il va a 
la boline, car, selon le vent duquel on 
boliue, les escoutes de ladite boline sont 
amarées tantost a l'un bord tantost a 
l'autre. De la viennent ces phrases mari- 
nesques : Le navire a tant de pieds de loo t 
c'est a dire tant de telle traicte que dit. 
Bouter de loo, c'est a dire au vent suyvant 



la boline à fin que le navire boline et coule 
mieux. (Nicot.) 

loge, loje t loige, loghe, s. f., lui de 

feuillage : 

Loiges i Gsent aprester et rengier. 

(Raoul de Cambrai, 2101, A. T ) 

A une part sa loge ad feit, 
Del ramill k'il i ad atreit. 

(Vie de Si GUes, U83, A. T.) 

Ele prist des flors de lis 
Et de l'erbe du garris, 
Et de le loille autresi, 
Une bêle loge en fist. 

(Aucass. et Nicol., p. 23, Suchier.) 

Si emploiat l'esprit, le corps aussi, 
Aux choses plus a tel aage sortable?, 
A charpenter toges de bois portables, 
A les rouler de l'un en l'autre lieu, 
A y semer la jonchée au milieu. 

(Marot, Egl. au roy, p. 35, éd. 1596.) 

— Tente : 

Parmi les loges vint uns cers eslaissies, 
Blans corne noîs, quatre rains ot el cief. 
(RAiMBEftT, Ogier, 271, Barrois.) 

Quant les dames ^'^nten dent, si lor vint multagré; 
Main a main sont venues as loges et as très. 

(Gui de Bourg., 4003, A. P.) 

Il fu adoût ordonné que chacuns se trai 
sist a sa loge pour souper et boire. (Froiss., 
Chron., Il, 140, Kerv.) 

— Petite maison, cabane : 

Et s'est a savoir que Gossuins devant dis 
et Savaris li machekeliers devient livrer 
noke entre leur loghes a droite moitiet, et 
li euwe doit cair souz le tiere Savari. 
(1288, Fonds des Titres divers, Layette 
de 1288, Arch. niun. Tournai.) 

Et aquasteit lor lojes ke siéent... (1295, 
Lend. de Noël, S.-Sauv M Arch. Mos.) 

Pour gaiges laisses a la loige dou guet. 
(4329, Cari, de Provins, f° 204\ Bibl. 
Prov.) 

Et y avons d'ancienneté loge et maisons 
pour nos bestes. {1450, Denombr. du baill. 
de Constentin, Arch. P 304, f° 196 v°.) 

Pour la façon de plusieurs loges, sur les 
Chaumes, ou se retirèrent les malades de 
la peste. (1525-1526, Compte de Pierre Car- 
nier, Arch. mun. Avallon, CC 141.) 

— Abri couvert aux halles et foires : 
Les coustumes devant dites doivent touz 

marcheanz vendeeur ou acheteeur, s'il ne 
sont haubannier ; et s'i sont haubannier, 
si doivent il les coutumes devant dites, 
tant comme les foires Saint Germain et 
Saint Ladre sient, s'il ne tiennent loge 
couverte. <E. BoiL., Liv. des Mest., 2 e p., 
xxx, 17, Lespinasse et Bonnardot.) 

Qui est assené sur rente de bezans si 
corne est fonde ou cheene ou loge ou bou- 
cherie ou pescherie ou molins. (Ans, du 
Jèr., t. î, p, 274, Beugnot.) 

— Boutique : 

Il refist depecier les loges al orde pent 
el temple. (Bois, p. 426, Ler. de Lincy.) 
Lat., œdiculas. 

— Tribune, galerie pour un tournoi : 

Quant il vint endroit les misons si es- 
garde celé part et vit une dame as loges, 
et c'estoit la reine qui avoit convoie le 
roi qui en aloit en bois jusque es loges 
sartz plus, si s'astoit ilec apuiee por ce 



qu'ele n'avoit taïaut de dormir. (Lancelvt 
Richel. 339, f 18 r°.) 

Si demende ou est la reine, et l'en li 
dit qu'ele est es loges, {Ib.) 

Si voit devant la loge seoir deux damoî- 
selles. (Ib., Richel. 754, 1° 73 v°.) 

Celluy jour firent les deux roys loges 
dresser emmy les prez, ou il y avoit fe- 
nestres et appuyaulx aux dames et aux 
damoiselles ; car la coustume estoit que 
les roynes et les haulles dames alloieut 
veoir les tournoyemens pour veoir les 
meilleurs chevaliers. [Lancelot du Lac, II, 
82, éd. 1533.) 

Le Petit Jehan de Saintré offre plusieurs 
exemples curieux de cette acception. 

— Chambre supérieure d'une maison ; 

Haute tor i ot et dongon, 
Riches salej et b des loges. 

(Percevais ma. Berne H 3, f° 89 f .) 

Et des loges et des estages 
Avalent dou palais marbré. 

(G. de Dole, Vat. Chr. 1725, f° 92 d .) 

Il y afiert (dans une maison) des cam- 
bres, des solliers, des greniers et boinz de- 
grés pour monter es loges de ledite maison. 
(Dialog. fr.-flam., f* 2% Michélant.) 

Le cambre aussi do chafoy ensi comme 
elle s'estent deseur de dortoy des povres, 
loge aussi de devant délie dite grande 
mason. (1393, Cart, de Binant, 1, 132, Bor- 

mans.) 

Chil qui estoient monté en loges et en 
soliers sur ces estroites rues. (Froiss., 
Chron., IV, 412, Kerv.) 

Tenir loge, résider : 

Dft Lotaire qai a Liège avoit loge tenue. 
(Jeh. des Preis, Geste de Liegz, 37713, Scheler, 
Glûss. philol.) 

Bourg., Yonne, loge, hangar, remise, 
petite cabane dans les champs. Morv., 
loige, cabane construite avec des 
branches d'arbre. Bas-Valais, Vionnaz, 
lodzei galerie. 

loge loge, sorte d'interjection pour 
rimer : 

De nous se rit le François ; 
Mais, Yrayement, quoy qu'il en die, 
Le sidre de Normandie 
Vaut bien son vin quelquefois. 
Coule a val, et loge f loge ! 
Il fait grand bien a la gorge. 
(Vaux-de-Vire d*0. BaMelin^ xxm T Jacob.) 

logeis, logeys, logis, loigiz, loygîs, lou- 
gis, s. m., logement pour une armée, cam- 
pement, troupe campée ; 

Les fosses des logeis et des tentes rou- 
maines. (Berstjire , Tite Live, Richel. 
20312 ler , f* 36 vo.) 

11 est cinq loigiz de gens d'armes de 
mondit seigneur le Daulphin qui loigerent 
par. partie es feursbours dudit Luxeul. 
(4 nov. 1444, Inform. par Hug. Betverne, 
CU. des compt. de Dijon B 11881, Arch. 
C.-d'Or.) 

Les mareschaulx et fourriers pour or- 
donner les logeis- et locif-r les seigneurs 
chevaliers. (Roi RtfNË, QEuv., II, 41, Qua- 
trebarbes.) 

Adonc s'en yssit hors de la maison, et 
se rendit a Creel ; et plusieurs logeys de 
gens d'armes passa qui estoient bourgoi- 



16 



LOG 



LOG 



LOI 



gnons. (Mir. de Ai ad. S le Catherine, p. 35, 
Bourassé.) 

— Logement d'une pièce d'artillerie : 

À Symon Rabâche, charpentier, qui fil 
la chambre et lougis du veuglaire. (1466- 
1467, Cahier des dépenses de Perrin de 
Praelles, Arch. mun. Avallon, CC 115.) 

— Obligation de loger les troupes, et, 
par extension, vexation ; 

Sûmes de pieca adverti des dommaiges 
et loygis que les gens dudit bastart avoient 
fait et s'efforçoient faire sur les pays et 
subgietz de nostre très redoubté seigneur 
mons* le Duc. (1445, Lett. du Cons. de 
Bourg, au bailli du Charollais, t;h. des 
compt. de Dijon B 258, Arch. C.-d'Or.) 

Des logeys et dommaiges qu'ilz dïsoient 
avoir souffert et enduré des gens de mon- 
dit seigneur.(24 janv. 1446, Inst. de Ch. Vil, 
Bibl. de l'Instit., Coll. Godefroy, portef. 
96; Ecorch. s. Ch. VIT, p. 153.) 

Des logeis et dommages. (Riche!., Coll. 
Dupuy, 760; Ecorch. s, Ch. VU, p. 164.) 

— Étape : 

Un soir se logèrent sur une ripviere 
nommée Meuse,., et de la n'avoit pas plus 
deux logis jusques au siège deLucembourg. 
(Jeh. d'àrbas, Melus. t p. 218, Bibl. elz.) 

Norm.» Orne, logis, habitation princi- 
pale d'une paroisse ou d'une commune. 

logerïe, s. i., logement : 

Fu si grant chierté de logerie que qui 
Toulloit estre couché en lit, eD aucune 
endroits dudit voyage, et par especial a 
Sainct Pierre de Corbie, ou plusieurs gens 
alairent, il paiet 10 sous tournois. (P. 
Coch., Chron., c. 45, Vallet.) 

logest, s, m., logement, logis : 
Logest ou appatis. (1478, Ord„ xvm, 
444.) 

logete, - ette, - ecte, s. f-, abri de 

feuillage : 

Une logete illuec tnm. 

(Mariï, Dit d'Ysopet, IX, 6, Roq.) 

Si flst la dame une logclte pour y de- 
mourer. {Artus, Vat. Chr. 738, f" 2>\) 

Es tons u yst d'nne logette 
Uns chevaliers. 

[Rickars le biel, ms. Tarin, f° 131'.) 

Serjani de pie refont logetts 
De bêles fneîllies qu'il cueillent. 

(Guiart, Roy. lign.y 17890.) 

Et il fait aval les logetes 

En l'enre sonner les trompetes. 

(Id., i*.,9487.) 

Adam planta ce raincel devant sa logele 
et devint grant arbre. (Mir. histor., f° 18 d , 
éd. 1479,) 

Romps tes flaçeols, Dieu Pan, par violence, 

Et Ta gémir tn ehampestres logettes. 

(Cl. Mar., fiolladc, de Caresme, p. 574, éd. 

1596.) 
De Baute et Philemon entré dans la logette. 
(Ronsard, Ode au Roy Henry IJ, Bibl. elz.) 

— Abri en général : 

Li lens s'en fait a sauveté 

Soua le paupière, en se logete. 
(Renclds db Moiuins, Miserere, cixxv, 3, 
Van Hamel.) 
Boys quarré pour fournir a la logecle du 



cloché S. Martin. ( 1462, Compt. de Nevers, 
CC 57, f» 18 v u , Arch. mun. Nevers.) 

Clef pour la logecte des portiers du 
pont de Loire. (/&., f° 19 r a .) 

Le petit enfant Àraoor 
Cueilloit des fleurs a l'en tour 
D'une roche, ou les avettes 
Font leurs petites logettes, 
(Ronsard, l'Amour voleur de miel, Bibl- elz.) 

logeur, s. m., celai qui s'occupe du 
logement : 

Ceste façon (d'un chef de guerre) tou- 
chant le logis estoit que toutes ses com- 
paignies chacune nvoit un mestre logeur* 
(Le Jouvencel, f° 53, ap. Ste-Pal.) 

— Celui qui reçoit dans une demeure : 

Àffin que de ta gloire exquise 
Tu nous soys vray guide et logeur. 
(La Paix faicte a Cambray, p. 16, èà. 1508.) 

loghe, voir Loge. 

logical, adj., logique, de logique: 

Mienbc vous vauldroit estre plains de inscience 
Et vivre bien, sans logicaulx arguU, 

(J. Bouchet, Opusc, p. 129.) 

Ceste reigle logicale entendue. (Rab., 
Garg., ch. x, éd. 1542.) 

Logicales subtililez. 

(StBtLET, Conlramour, p. 135, éd. 1881.) 

Propos logicals et sophistiques. (Joub., 
Gr. chir. t p. 605, éd. 1598.) 

logigalement, - alternent, adv., con- 
formément a la logique, logiquement : 

Arguer logicalement. (H. de Granchi, 
Trad. du Gouv. des Princ. de Gille Colonne, 
Ars. 5062, f° 115 r°.) 

En parlant logicallement. (Fabri, Rhet, 
f» 11 v*, éd. 1521.) 

logighe, s. f., loge, cabane : 

Si comenchat a plovoir tout li jour si 
fort que la rivière devient si grand qu'ilh 
vient as nos logiches. (Chron. de Jehan le 
Bel, p. 31.) 

logier, loigier, verbe. 

— Neutr., construire des abris de feuil- 
lage : 

Si y avoit peu de ceulx qui eussent 
happes ne congnees ne ferremens ne ins- 
trumensponr logier ne pour coupper bois. 
(Froiss., Chron., Richel. 2641, f° 14 r°.) 

— Réfl., camper sous des abris de feuil- 
lage, sous, des tentes : 

Son» S. Quentin se loigenl d'une part. 

(Raoul de Cambrai, 2049, A. T.) 

Soi S. Quentin se loigent el gravier. 

(»., 2058.) 

Li Tiel moine, )i fiUFolain... 
Se eoloient es bos logier. 
(Renclus nfc Moilikns, de Carité, cxlvii, 1, 
Van Hamel.) 

E H dos se loja sos .i. pin verdoiant. 

(Panse, 2214, A, P,) 

Crestien se logent et herbergent et 
assieent la citei. (Mén. de Reims, 376, 
Wailly.) 

— Infin. pris subst., action de loger : 
Àppovriz par les loigers des gens d'armes 

qui plusieurs foys y ont esté. (1423, Cerche 



des feux de Chdtillonnais t Arcb. Côte-d'Or 
B 11569.) 

logis, voir Logeis. 

logne, voir Loignë. 

logre, s. f., droit proportionné an 
revenu d'une terre : 

Item habebunt dicti Guillelmus et suc- 
cessores sui ratione dicte juzerie (de Am- 
berria) bonagia, vendas, logras, et lo 
faymidret bominum. (1273, Trinité, Arcb. 
Vienne.) 

Item quolibet anno emolumenta seu les 
logres mestivarum dictarnm curtum.(1310, 
Trinité, S. -Julien, ch. 2, art, 5, Arch. 
Vienne.) 

Cf. Loir. 

lohe, voir Aloe au Supplément. 

lohereng, - ran</, io/ior.,adj., lorrain; 
Notes loherenges, sorte de cbanson ; 
Si chantoit li uns rotruenges, 
Li autres notes lohorenges, 
Por ce c'on fet en Loberaigne 
Plus bêles noies qu'en nul raigae. 

(Rose, Richel. 1573, f* 7 b .) 

Li autres notes loherangcs. 

(/*., Richel. 1559, f° 7 d .) 

Li autres notes loherenges. 

(/*., ma. Corsini, f° 6 d .) 

LOHORENG, VOÎr LOHERENG. 

1. loi, tei,adj., juste, loyal ? 

Por Deu vos pri, beau douz amis, 
Que ne partez de cest pais 
Tant q'yos saciez comment li rois 
Sera vers moi iriez on lois, 

(Tristan, I, 277G, Michel.) 

D'Equitan qui mut fu curteis 
Sire des Nanns jostis e leis. 

(Marie, Lai d'Equitan, 11, Roq.) 

2. loi, loy, lei, lai, ley, lo, lois, loys, lays, 
s. f., religion : 

Et li manda salut par un sien drugue- 
ment; et bien seust il, se il povoit tant 
faire que il l'en peust meneir, elle le pen- 
roit a seigneur et relanqueroit sa loi. (Mén, 
de Reims, 7, Wailly.) 

— Serment en justice, serment en géné- 
ral : 

En tous les cas la ou l'en se puet passer 
par loi selonc nostre coustume, quant li 
seremens est fes, Ten ne puet puis traire a 
amande chelui qui le fet ; et se l'en dem an- 
doit a aucun aucun meffet douquel il ne 
se devroit pas passer par loi, et il advenoit 
que chil qui raccuse en prenoit loi, il 
auroitrenontié a tel droit comme il auroit 
en l'amande, et a che puet on veoir que qui 
prent loi chil doit estre creus qui la /otfet, 
«îes chest cas entendon nous en acusation 
de travers emportes, ou tonlieuz ou cham- 
parts, cens ou rentes ou de masures des- 
quels Ten se puet passer par son serement, 
car nous veions bien aucuns cas esquiex 
il convient bien fere serement. (Beàtjm., 
Coût, de Beauv., p. 159, ap. Ste-Pal.) 

Socrates dit ; Qui pert sa foy 
Il ne peut gueres perdre plus, 
Et celluy qui ne tient sa loy 
Est de honneur et renom forclus. 
(Martial, Vig. de Ch. VII, f° I03 b , éd. 1493.) 

Mettre a choais de loy ou de serment 
(Ane. Cout.deBret., f°8l'.) 



LOI 



LOI 



LOI 



17 



Si aucun particulier, homme et tenant 
d'aucune maison et tenement situé en 
ladite ville et banlieue, est traité et mie 
en cause par devant le maieur et eche- 
vins, par le seigneur de qui il tient le dit 
tenement pour aucuns arrérages qu'il 
maintient luy estre dus : si ledit homme 
et tenant offre de venir a la loy et affirmer 
qu'il a payé la ou et quand il^ a du, il 
sera reçu audit offre. [Coût d'Abbeville, 
Nouv, Coût, gén., I, 105\) 

— A loi, légalement : 

S'en desyrita bien et a loy de toutes les 
chozes deseuredittes. (1294, Cari, de Na- 
mur, Borgnet et Bormans, Mon. p. serv. à 
Vhist. des prov, belges, I, 44.) 

Disons que ly avowet at a menner les 
hommes de tout la castelerie a droit et a 
loy, et reclam mer si auchuns les a pris ou 
arestez. (1301, Cart. de Convins, p. 27, 
Borgnet.) 

— Coutume, usage, mode : 

Forment le plaint a la ici de sa tere. 

(Rùl. y 2251, Millier. ) 

Huiâùlon les apele a la loi paienie, 
Et li portiers li oevre, ne li contredit mie. 
(Gui de Bourg., 3272, A. P.ï 

Je ne sui pas deable ne je ne soi maûfé, 
Ains sui de la partie au roi de majesté 
Qui en chest siècle m'a issi fet don donne 
Que par le monde vois tout a ma volonté, 
Et en toutez manières est bien mon cors mué, 
Mps n'ai (ai de maufere homme crestienné. 

(Gaufrey, 8313, A, P.) 

— A loi de, à la manière de, comme : 
S'estoies si hardiz que deisseg que non, 

Je le te proveroie a loi de champion. 

(J, Boo M Sax., cctxw, Michel.) 

Alixaodrôs cevauce a loi d'empereour. 

(Roum. d'Alix., f° 71 a , MJchelant.) 

Karlon salae a loi rf'omme mari. 

(//«on de Bord., 1010, A. P.) 

Faites x, damoisiaus fervestir et armer, 
A loi de mesagiers les faites atorner . 

(Gui de Bourg., 1642, A. P.) 

Floovanz se desfant a lo de combatant. 

(Floovant, 2090, A. P.) 

A loy de marcheant se ve3ti et para. 

(B. de Seo., il, 429, Bocca.) 

On la vie y lairez a loi de recréant. 
(Cut-, Bertrandu Gueschn, i486, Charrière.) 

Et H dist : Noble duc, or n'aiez marrison 
Se j'ay fait mon devoir, a loy [de] danseîon, 
Contre vo chevalier ; fait m'avoit desraison. 

(Io., »*,, var. des v. 2576-2609.) 

Pierres getoit avala loi de bon ouvrier, 

(Îd., ib. f 3556.) 

— De la loi, selon la manière, l'usage : 
Il le salue, de la loy meacreant 

De par la fille Gorsublé le poissant. 

[Enf, Ogier, 3487, Scheler.) 

— Père en loi de mariage, beau*père : 
Le roy luy a fait si grant honneur et 

monstre si grand signe d'amour et d'a- 
mitié qu'il Ta fait père en loy de mariage 
de très noble et très puissant seigneur 
monseigneur le duc de Guyenne daulphin 
de Viennois. (Monstr., Chron., I, f» 35 a , éd. 
1516.) 

— Somme fixée par la loi, amende : 

Mais, par celui qi haut siet et Joins voit, 
.Yi ares maU ne noruaige ne lois. 

(R. de Cambrai, 5949, A. T.) 



Ne doivent loi ne amende fors de paier 
les/.vi. d. sans'plus. (Chîrog. d'oct. 1218, 
Arch. mun. S.-Quentin, liaë&e 24.) 

Et enjoiognons as eskevins, que, toutes 
fois que aucuns yra contre ches ordenan- 
ches, avant che que il jugent ne prengent 
auchunes lois, qu'il les raportent as prevos 
et as jures lesnoms et les sournons de tous 
cheaus et chelles qui seroit alet ou aroient 
fait contre ches ordenances dessus dittes. 
(22 novembre 1355, Reg. aux Public, 
f° 90 r , Arch, Tournai.) 

Le boulenghier qui fait ou fait faire 
l'assit, seroit condamné, a l'assens d'iceulx 
eswars, en une petite loys pour chascune 
tire ou tires de pains. (31 oct, 1424, Reg. 
aux Consaux, Arch. Tournai.) 

Fuissent pugnis et condampnez, pour 
chacune fois, a une grosse lois d'amende. 
(16 août 1428, ib.) 

Que si aucuns bourgeois forains des 
quatre -bourgs ou d'autre lieux qui se 
dient estre privilégiez, estoient envahis- 
seurs en meslees ou débats, dont loix 
soient sur eux jugez, ils devront estre 
contraints a les payer a ceux souz et a 
qui profit sera adjugé, sans ce que leur 
bourg les puist affranchir. (Coût de Hat- 
nault, Nouv, Coût, gén., I, 785.) 

— Faire la loi du pays d quelqu'un, le 

juger suivant la loi du pays : 

Aprehender, tenir en prison et luy faire 
la loy du pays selon ses merittes ou de- 
merittes. (1377, Cart. de Convins, p. 34, 
Borgnet.) 

— Corps municipal, échevinage : 
Monseigneur donna a disner a toute la 

Joy eschevins, doyens et consaulx.(FROiss., 
Chron., X, 449, Kerv.) 

Messeigneurs les eschevins , do / ven V 
loix et consaulx de la ville de Gand. 
(la., ib.) 

Ladite demiselle fut rendue a la loy de 
la ville de Douay, quy pour la ravoir et 
pour ceste cause estoit la venue : ledit 
abbé fut rendu aulx prevostet echevins de 
la cité ; et les quatre femmes et ledit 
Jean Le Febvre a la loy d'Arras. (J. De 
Clercq, Mêm., 1. IV, ch. 3, Buchon.) 

Vindrent au devant de luy l'archevesque 
de Lyon, Adolphes de Clesves, Anthome 
bastardde Bourgongne, et plusieurs aul- 
tres seigneurs, avec la loy delà ville. (Id., 
ib., h V, cb. 2.) 

Seront tenus rendre compte et re- 

lica'par devant les commis al'audicion des 
comptes de la dicte ville de Bouvingnes, 
au renouvellement de la loy d'icelle. (1473, 
Cart. de Bouvigne, p. 34, Borgnet.) 

Fut adverty comme ses biens estoient 
en la cité de Cambray, si en escrivit de- 
vers la loy d'icelle ville, (Monstbel., 
Chron., I, f° 145, éd. 1516.) 

Que doresenavant, affin de mestre ordre 
aux finances de ladite ville, soyent chosis 
et esleuz par messeigneurs les consaulx 
deux bons personnages qui ne soyent de la 
loy, lesquelz assisteront au fait des dites 
finances et auront regard a ce que l'on 
garde bon ordre au payement des rentes 
deues par ladicte ville selon que il aura 
esté commandé faire au dit massart. (Reg. 
des Consaux, 1519-1522, Assemblée du 22 
janvier 1520, | 25, Arch. Tournai.) 

Les petites loix nommées vinderen on 
la connoissance et judicature des dettes 
entre les bourgeois et les habitans jusques 



a vingt sols de gros inclusivement et au 
dessous et non au dessus en action per- 
sonelle seulement. {Coût, de Gand, Nouv. 
Coût, gén., I, 993.) 

— Frère de loi, combourgeois ; 

L'on tient pour frères et sœurs de loy 
tous les natifs de la ville et chastellenie 
nés de frères de loy ou de ceux qui avant 
l'union estoient bourgeois de ladite ville, 
veu que tous les bourgeois de la mesme 
ville sont devenus frères de loy ou d'élec- 
tion par ladite union, ou nés de ceux qui 
n'ont point de bourgeoisie en nulle autre 
place. [Coût, de Bergh Si Winox, Nouv. 
Coût, gén., I, 509.) 

— Titre auquel les monnaies doivent 
être fabriquées ; 

Que nul baron qui ait monnoie ne la 
puisse amenuisier ne de pois ne de lays 
sans changier le coing et devers crois et 
devers pile ou il l'aura commencié. (1271, 
Ord., xi, 348.) 

Iront des maistres de nos monnoies par 
touttes les monnoies des prélats et barons 
et prendront des boestes desdites mon- 
noies et en feront essai, pour sçavoir si 
icelles monnoies seront faites de tel poids 
et de tel ley comme elles devront estre. 
(1313, Ord., i, 523.) 

Il creoit que lesdiz gros feussent de bon 
poix et loy, (1422, Arch. JJ 172, pièce 189,) 

— Monnaie légale ; 

Ils ordonnèrent faire une loy, qui auroit 
cours, (Froiss., Chron., I, 69,, éd. 1559.) 

3. loi, loy, s. m., loisir, faculté : 

Et quant ilz le veirent, ains qu'il eust 
loy de parler, l'ung d'eulx luy demanda 
qui il estoit. (Perceforest, vol. IV, ch. 12, 
éd. 1528.) 

Si j'ay le loy plus avant vous escripre, 
Le Dieu Mercure yara pour le vous dire. 
(Ch. Botjrdigné, Lég. de P. Faifeu, Epistre ans 

Angevins, p. 14, Jonaust.) 
Uu chef de guerre a bien plus de plaisir 
De voir son camp, s'il a loi) de choisir, 
Tout de soldats le devoir bien faisans 
Que commander a un tas de paisans. 
(Mïllis de Saint Gelais, OEuv., Epi3tr. à Diane 

ma nièce, p. 217, éd. 1574.) 

Cettuy cy, sous titre de sa science, se 
donna loy de choisir autrement. (Mont., 
Ess. s i,16, p. 31, éd. 1595.) 

Ils eurent loy de tourner leur pensée a la 
perte qu'ils venoient de faire, et lascher la 
bride aux lamentations. (Id., ib., i, 17, 
p. 33.) 

4. loi, loy, s. m., syn. de lois, galerie : 
Vente d'un cens suz la maison a lois an 

le plaice a Porte Muselé. (1227, Cart. S.- 
Sauveur, Richel. 1. 10029, f° 42 r».) 

Et les loys que sont dairier la dicte 
maison. (1390, S.-Simplice, Arch. Mes., G 
2391, nM.) 

Cf. Loie 1. 

loïaiïle, leauble, adj. , loyal, hono- 
rable ; 

Considéré sa bonne devocion et les 
K ranz et leaubles services qu'il a faiz a 
nos. (Juin 1328, Arch. JJ 65> 150 v,) 

Catoun dist qe lede chose est au mestre 
quaunt la coupe est tournée sur luy; 
mais bien dire est loîable a celui qi le 
fait. (lib. Custum., î, 22, Rer.'bnt. script.) 



v. 



iS 



LOI 



LOI 



LOI 



loiablement, hautement, adv., loya- 
lement : 

Se aucun ait féru autruy, et complaincte 
est faicte de ce au majeur de le commune 
en quelconque manière qu'il ait féru, s'il 
est ainsi, il l'amende de cent sept sols ; et 
s'il n'est actaint de ce leablement, il s'en 
purgera lui tiers jurans. (1215, Lett. de 
Gui, sire de Caumont, Ord., xv, 553.) 

loial, loyal, loiel, leau, ad j ., légal, 
légitime, de bonne qualité : 

Il n'est plus de kemins loiaus. 
(Rercl. de MotLiENs, Miserere, cet, 5, Van Hamel.) 

(Les enfants) doivent estre tenu por 
bastart et estre osté de tele partie qu'il 
emportassent s'il fussent loiel oir. (Beaum., 
Coût, de Beauv., xvm, 1, Beugnot.) 

Venderes de blé et de toutes autres ma- 
nières de graim boin et leau. (E. Boil., 
Liv. des Mest., i n . p., ni, 1, Lespinasse et 
Bonnardot.) 

Tantôt comme il vendront a aaige loial. 
(1265, Arch. K 32, pièces.) 

C'est assavoir ke nous Thiebaus dessus 
dit donnons audit Monsignor Guys, a 
famme damoiselle Marguerite notre aisnee 
fille, et je Guys dessus dit la vois prendre 
a ma loyale famé se sainte Euglise s'i con- 
sent... (1311, Contrat de mariage entre Guy 
de Flandre et Marguerite de Lorraine, 
Annales du Comité flamand de France. VI, 
43.) 

EnFant de loial mariage. (Ffloiss., Chron., 
VIH, 371, Kerv.) 

— S, m., fidèle, chrétien : 

Quant Sarazins ont guerre entre eaulz 
Honnour portent a leur ydolles ; 
Maix li dus est plus desloiaulx ; 
De Deu laissiei ait les escolles, 
Car les Juifz par ces parolles 
Ait ameneis avec loiaas. 
(Guerre de Metz, st. 272 a , E. de Bouteillier.) 

loialtage, s. ni., loyauté : 
Vesci Ltinbars, poi i a hialtage ; 
Traitor sont et plain de cttvertage. 

(Raimbert, Qgier, 4980, Barroig.) 

loiance, voir LlANCE. 

loiauté, loy. t s. r, légalité, légitimité: 

Se il n'avoit enfant de sa char par loyauté 

de mariage. (Froiss., Chron., VII, 78, 

Kerv r ) 

— Bonne foi : 

Phelippos qui adjoustoit en toutes ces 
paroles grant loyauté, (Froiss., Chron., 
VIII, 183, Kerv.) 

LOICHEFRAIE, VOÙ* LBCHEFROIE. 
LOICHEFROYE, VOir LiECHEFROIE. 

loicheor, voir Lecheor. 
loicherie, voir Lkcherie. 

LOIGHETTE, VOir LESCHETTE. 

loichier, voir Lechier. 

loïchois, voir Lechois. 

loiduit, adj., qui connaît bien la loi, 
qui sait bien ce qu'il faut faire : 
Li rois li dist : Moult es loidui», 
De bien parler ies a a ses duis, 
Et monlt par ies courtois messages. 
(Eteocle et Polin., Richel 375, f° 40 n .) 



1. loie, loye t s. f., galerie en bois ser- 
vant à relier deux parties d'une muraille 
ou à relier entre eux deux bâtiments : 

Nos avons vandut,.. toute l'ouvraingneki 
est faite ou mur de la citeit decoste sa 
maison... etla volte ki estdedens samaixon 
et les travalz devant, et les loies dezour 
les travalz_, et les loies sus la porte et 
Tantree. (Noël 1235, S.-Sauv. de Metz, 
Arcb. Mos., texte reproduit dans une pièce 
du même fonds, datée de 1280 et cotée G 
1710, n« 1.) 

Lor loies ke siéent sus lai porte dou 
pont. (1295, ib., n° 2.) 

Ki a loies apant sus la porte don pont 
des mors et sur ceu. (1306, ib., n° 3.) 

Avons vendus a Jaicomin Martel une loie 
au traver de la ruelle saint Aultre, darrier 
sa maison, pour aller de son hostel en sa 
grainge. (1303, S.-Simplice, Arch. Mos. G 
2391, n° i.) 

1 Intra civitatem vel villam Lausannam non 
debent esse aliqui avanthey nec alique 
loyes. (1386, Plaid gên. de Laus., Doc. de 
la Suisse rom., VII, 396.) 

Le quaitriesme (gait) estoit sur le con- 
tour des loyes Pargney... en la grant rue. 
{Chron. de Metz, p. 840 b , Huguenin.) 

Était aussi un nom de lieu ancien : 

A parte grangie religiosorumque vocatur 
La Loye. (1285, Cart, de Montiéramey, 
p, 379, Lalore.) 

In quo est campus de La Loye. (1327, 
ib., p. 389.) 

Bas-Valais, Yionnaz, luye, galerie de 

grange. 

2. loie, s. f., louange : 

Cler yeit, s'en ad grant joie 

Et dist ; Gariz siii, Ûeu loie. 
(Est. de S. Aedw. le rei, 2884, Luard.) 

3. loie, s. f., aloi : 

.xiht, sols et plus de ligois de vielhe loie, 
(Jeb. des Preis, Geste de Liège, II, 7194, Scheler, 
Gloss. philol.) 

Cf. LOI. 

LOIEE, VOir LtIKUEE, 

loiel, voir Loial. 

1. loiement, leiement, leemant, adv., 
loyalement, légalement : 

Si ferez, dist li rois, se Deu plait, leemant. 

(J, Bod., Sax., xxi, Michel.) 

Leiement ont entrepris. 
(Ferris de Ferrieres, Chans., ms. Berne 389, 
f° 202.) 

Petit vaut fere bon jugement se la jotice 
n'est après fête loiemenU (1279, Laurent, 
Somme, ms. Chartres 371, f» 39 v°.) 

2. LOIEMENT, VOir LOEMENT, 
3» LOIEMENT, VOir LlEMENT. 

loiemerie, loyemerie, s. f., ouvrage de 
lormier : 

Item cheval qui porte loyemerie doit ,v. 
den. (Cart. de Corbie, ap. Duc, Lorma- 
rius.) 

loiemier, adj., attaché à, désireux de : 

D'amer autrui que Dieu ne soyons loiemiers. 
(Gillqn le Muisit, Poés., I, 163 t Kerv.) 



— Attaché d'amour, amoureux : 

Et sacies que pas n'est entière 
Feroô puis qu'ele est loiemiere, 
N'en li ne se doit nus fier 
S'il ne se veut pas faire huer, 
(Guill, li Vihiers, Chans., Poet. fr. av. 1300, 
t. II, p. 825, Ars.) 

Toutes sont loiemieres, se font pluseurs accointes. 
(Gilloh le Muisit, Poés., I, 216, Kerv.) 

loieor, voir Lieor. 

i. loier, louier, louer, luier, luiier, 
luyer s luer, looier, lowier, lowieir, leuier, 
leuwier 3 luwier, louwier, loigier, s. m., 
salaire, récompense : 

Qui mujt te sert, malvais luer l'en dunes ! 

(Bol., 2584, Mûller.) 

Asez sunt malparliers, 
Puv malt petiz Mers. 

(P. de Thaun, Compoz, 117, Mail.) 

Bestes sûmes, qu'a c'en tend a m 
En quei nos plus nos delitom, 
U n'a atente ne luiier; 
(Be«., D. de Norm., II, 24337, Michel.) 

Et suluuc lur déserte lar luer receverrunt 
(Garh., Vie de S. Thom., Richel. 13513, f 6 13 i°.) 

N'est nom ki tant Diu en messerve 
Ne si mal loier en desserve 
Cûm li prestre. 
(,Renclus de Moilieks, de Carité, lxxix, 6, Van 
Hamel.) 

Il alsiment la mort, ki anaises a trestoz 
est poine, amevet alsi coin entreie de vie 
et lowier de son travailh. (Dial. St Greg., 
p. 5, Foerster.) 

Esjois vos de ce ke vos jai aveiz receu les 
dons de la sinestre, esjois vos de ce ke vos 
atendez les luyers de la destre.,. en la 
sinestre sont sei mentes, et en sa destre 
sei luyers, (S. Bern*, Serin,, Richel. 24768, 
fo 31 r°.) 

De tel seigneur tel louier. 

(Renart, 8410, Méon.) 

En paradys céleste en iert grans ses leumers. 
(De St Alexis, Richel. 2162, f°130 ft .) 

Or enporte cil double looier. 

iDu Foteor, Richel. 191S2, f° 49 e ,) 

Cieus dist que bien le gariroit, 
Qui bien son leuier l'en donroit. 
(De VEmper. Coustant, 223, Romania, avr. 1877.) 

Fevre, masson et charpentier 
Ont les vies robes en lowier. 
(Rob, de Blois, Beaudous, Richel. 24301, 
p. 476.) 

Qui done a chascun selonc son cove- 
uauble lowier. (Brun. Lat., Très., p. 318, 
var.j Chabaille.) 

Li valet tacheeur aus tailleeurs ne puent 
demander autre louier de leurs mestres 
que le droit pris que il ont usé des pieça. 
(E. Boil., Liv. des Mest, t 1* p., lvi, 7, 
Lespinasse et Bonnardot.) 

Si covient que li aprentis aprenge sen 
mestier .u. ans ançois qu'il prenge louier. 
(1262, .Bans aux échev., OO, ass. s. les 
drap, de Douay, f*- 14 r°, Arch. mun. 
Douai.) 

Et ce il vosist laissier la maison, et il 
n'eust nul de ses ensoignes, il li convient a 
paier tout le luer. (Ass. de Jér., t. II, p. 71, 
Beugnot.) 

Por parvenir a la gloire et au louer de 
lor confession. {Vie de Si Denis, Brit, Mus. 
Add. 13606, f° 130M 



LOI 



LOI 



LOI 



19 



Cil qui nevuelentpaier ce que il doivent, 
et qui retiegnent a tort les loigurs a lor 
sergenz. (Laurent, Somme, Richel. 938, 

Mercia le molt doceraent, 
Ë si li promet bon tuer 
Se Des li done a gaaigner. 

(Vie du pape Greg., p. 55, Luzarche.) 

Et li malvais receoivent lou luyer de 
vertu, (Consoî, deBoèce, m8,Montp.,*f° 19 d .) 

Ne me vout pas Diei pour noient doner 
Tous les aoulas k*ai ens en ma vie ; 
Aïnz les me fet chèrement comperer, 
S'aî grant paour chis ioiers ne m'ocie- 

(Coud, 7397, Crapelel.) 

De Doon caide avoir paiement ou louier. 

(Doon de Maiençe, 5554, A. P. » 

Me» le roi Gloriant lor en rendra louier. 

(Gaufrey, 9515, A. ?.) 

Pour ce mettent il (les princes) loys et 
puuicions et premiations ou Ioiers. (Oresme, 
fîtfc,, Richel. 204, f a 359 e .) 

Pour la rétribution et lou lowieir que 
j'en atten. [Ps. lorr., Maz. 798, cxvni, 
112.) 

E tes prestres respondent pour louier. 
(J. de Salisb., PolicraL, Richel. 24287, 
f« 65*.) 

En prison gist vos soldoiiers, 

Petitement m'est li leuiers 

De mon service remeris. 

(Froiss., Poés., Richel. 830, f° 202 r°.) 

Et en faire les fruis, proffis, leuwiers et 
eumolumens leurs. (1408, Arch. MM 32, 
f° 1 r°.) 

Son louyer et sa retribucion sera de loing- 
tains pays et des dernières régions, c'est 
assavoir de Paradis. (Intern. Consoî. , I, xi, 
Bibl. elz.) 

Item labeurs et semences, leuwiers et 
paine de serviteurs et servantes sont a pré- 
férer avant toutes debtes. (1569, Coust. de 
la ville de Mortaigne. ms. appartenant à 
M. Bocquillet, p. 135.) 

— Prix de location : 

Sens nul lowier a prendre. (Trad, du 
xiii 8 s. d'une charte de 1250, Cart. du Val 
St Lambert, Richel. 1. 10176, f* 26 e .) 

Cincq sous de fors de lotvier pour la 
maison ou il demoure. (Mai 1287, S.-Nic. 
de Verd,, Arch, Meuse.) 

Pour le louier du dit cheval, ,u, s. par 
jour. {1344, Arch. K 45, pièce 1.) 

Pour le leutoier de .1. keval. (Compt. du 
Massart. 1348*82, Arch. mun, Yalen- 
ciennes.) 

Lulvier d'osteil. (1353. Hist. de Metz, IV, 
146.) 

Parmi le leutoier et le frait de sen keval. 
(1358, Compt. de la ville de Valenciennes, 
n° 17, p. 16, Arch. mun. Valenciennes.) 

Le louwier de sa maison pour cinq ter- 
mines. (1380, Arch. Meuse B 1041, f° 75.) 

2. loter, voir Loer. 

loiere, loyerre, s. f., comme aloiere : 

Pour loyerres, gibecierres, gans, pour les 
faulconniers de mondit seigneur. (1365, 
Compte, Mém. de la Soc. éduenne, 1880, 
p,365.) 

LOÏEURE, VOir LlETJRE. 

loig, voir Long. 



loige, voir Loge. 

LOIGER, VOir LOGIËR, 

i, LOIGIER, VOir LOCHIER. 

2. LOIGIERj VOÎr LOTKR. 

3. loigier, voir Legier. 
loigiz, voir Logeis. 

1. loigne, 'loingne, longue, longe, s. f., 
longe, corde, lanière de cuir : 

Il anra de corde une loigne 
De col on l'en merra brûler. 

(Rose, Vat. OU., f 89".) 

... Une longe. 

(/*., Vat. Chr. 1858, f° 101 1 '.) 

Il aura de corde une loingne. 

(lb. t ms. Corsini, f° 80 a .) 

Que l'espreviev pas ne s'esloogne, 
K'il est atacies a la longue. 

(Atreper., Richel. 2168, f° 18 d .) 

A l'esprevier ses loingnes oste, 

A garder les baille son oste. 

(Gib.de Montr., Violette, 4205, Michel.) 

Oste li dont, fait il, la longe, 
Sel lai aler molt vûïentiers. 
(Rom- de VEscouffle, ap. Michel, Lais inéd., 
p. 150.) 

Il reprenoit son faulcon par les longues. 
(FROISS., Chron., Richel. 2644, f° 219 v.) 

— Tourner bride et loigne à quelqu'un, 
le déconcerter, l'obliger d'abandonner un 
projet : 

J'ay veu roy d'Angleterre 
Ung grant trésor coeillir 
Pour la française terre 
Gonquerre et bataillîr, 
Il assiégea Boulloigne, 
Mais le grant Crevecuear 
Luy tourna bride et longue, 
Sy luy changea le cuenr. 
(Mohnpt, Faits et dits, p. 178, éd. 1540.) 

La langue moderne a gardé ce mot sous 
la forme longe. 

2. loigne, loingne, logne, luingne, luine 3 
longe, lonze, lunze, s. f., longe, moitié de 
l'échiné d'un veau, d'un chevreuil, d'un 
porc; les reins, en parlant d'un homme : 

E li altre Tristran navrez ^ 
Parmi la luingne d'un espe* 
Ki de venim fut entnsché, 

(Tristan, II, 1046, Michel.) 

Parmi la luine d'une espee 
Ki de venim fa estuschee. 

(ib., m, p. 45.) 

Des les lunses en amont et des les lonzes 
en aval, (Greg. pap.Hom.,?. 73,Hoffmann.) 

Le glouton voit a descouvert desouz, 
Li quens Gaillaumes le feri comme proaz, 
Parmi les loignes l'asseaa du baston, 
Toute la char et les os li derront 
Et le mestre os et trestout le braon. 

(Aim. de Narb., Richel. 24369, f* 44 v°.) 

.... Bien a sens d'enfant 

Cil qui bargeigna avant 

La loigne et puis la coree en prént. 

(Ghana., Vat. Cbr, 1522, f°166 r<\) 

Bretel, barginier le loigne 
Et le coree emporter, 
puet on? 
(Bret., CAsiw., ms, Sienne H. X. 36, f° 47 b .) 



En France ert venus de Bologne 
Pour mangier e] que car de logne. 

(Mous*., €hron„ 22297, Reiff.) 
Ou porc an mains une loigne. 

(Rose, Vat, OU. 1212, f° 89 e .) 
... Une longe. 

(»., Vat. Chr. 1858, f» 101 b .) 

E de la langue e de la loigne 
Del nés la on il fa pins bel 
Firent li verms tut lnr avel. 

(Besant de Dieu, 180, Martin.) 
Char de porc, la loingne en rost. (Ens. 
p. apar. viande Richel. 1. 7131, f° 99 v°.) 

Char de chevrel,la loigne en rost ou en 
pasté. (16.) 

L'utilité de la création des longes est que 
les reins s'i reposent. (H. de Mondeville, 
Richel. 2030, f» 30 e .) 

Tieo t mengeue ceste chaste loigne. 
(tfart. de Si Etienne, ap. Jub., Mist., I, 20.) 

La langue moderne a conservé ce mot 
sous la forme longe. 

3. loigne, s. f., syn. de loie, galerie : 
La loigne de la sale du dit manoir, la 

queminee de la dite sale... la loigne de la 
granche, la closture des murs. (Chron. de 
S.-Ouen, p. 20, Michel.) 

4. loigne, voir Laigne. 

loignee, longnee, s. f., longueur : 
Item, la longnee de la dite jetée en venant 
vers la mer, le parement en contient de 
lonc dix toyses. [Pièce de 1518, ap. Stephano 
de Merval, Doc. relatifs d la fondation du 
Havre, p. 106.) 

1. loignement, s. m., séparation : 

Virge saintisme e clere e pure, 

Mande, senz tache e senz ïaidure 

Conjoinst a sei si sainte iglise, 

Senz loignement e senz devise, 

Od duces ovres, od veraies. 

(Ben,, D. de iïorm., ïl, 24121, Michel.) 

2. loignement, adv-, longuement : 

A l'occasion des guerres quy sy l oignement 
ont duré. (1439, Tract., etc., Rym., 2 8 éd., 
X, 719.) 

loignet, loingnet, longnet, adv. dimin., 

loin, de loin : 

Des autres fu un poy loingnet. 

(Rose, ms. Corsini, f° 4 d .) 

Et arrivèrent .1. pou loingnet de la ville. 
(Godefroi de Buillon, Richel. 22495, f° 28'.) 

Loignet de lui le trait d'un arc bien entesé. 
(Veus dou paon, Richel. 1554, f» 124 v<\) 

Longnet de luy. 

(Ib., F 131 r°.) 

Loingnet de l'ost, près de l'yglise. 
(Goiakt, Roy. lign., 19977, W. et D.) 

Si n'y ot oneques entremes, 
Sachie3 certainement, ne mes 
Gros et gras oyseauli de rivière ; 
Si y ot moult très bien manière 
A les rostir un peu loignet, 
Pour ce que la cher dure en est, 

(GaCes, Rom. des deduiz, ms. Condé.) 

Si y ot molt très bien manière 
A les roustir ung pou longnet. 

(Ib., Ars. 3332, f> 23 v°.) 

Allons en quelque gracieux lieu loignet 
de ycy. {Troilus, Nouv. fr. du xiv - s., 

p. 250.) 



20 



LOI 



LOI 



LOI 



Icellui coup esglinda et eschappa devers 
ledit Berthelemot, qui estoit assez longnet 
de costé hors du tray\ (1372, Arch. JJ 103, 
pièce 366.) 

L'exposant qui de leuretnprïse ne sçavoit 
rien, les suivit de loignet. (1379, Arch. JJ 
116, pièce 148.) 

Lesquelx trouvèrent laditte Margot et 
remmenèrent loingnet d'ilec. (1394, Arch. 
JJ H6, pièce 75.) 

Assise loingnet de ses ouvriers et a part. 
{Ménagier, I, 72, Biblioph. fr.) 

Assez loignet marchoit Charles... (D'Au- 
ton, Chron,, Bichel. 5083, f° 81 r<\) 

Et se joignirent ensemble ungpeu loignet 
de la place d'Oetodore. (Bouchard, Chron. 
de Bret., f» 23*, éd. 1532.) 

Dos desausdits un peu loingnet 
Plusieors jadis moult honorez 
Se ta piss oient eo un coingnet. 
(Gohort, Comm. sur la font perilL, éd. 1572.) 

Le gentilhomme dit a ses gens qu'ils 
l'attendissent assez loiqnet. (Du Fail, Cont. 
d'E«(r., xvi, Jouaust) 

— Adj., long : 

Chemin loignet y longum iter. (Fsd. Mo- 
rel, Petit Thresor des mots françois, p. 
110, éd. 1632.) 

loigneté, loniey, s. f ., éloignement : 

Pour cause de lontey de l'ague. (1348, 
Àffranch. de Gy, Arch. mun. Gy.) 

— Parenté éloignée : 

Et se aucun se marie au quart degré, il 
ne soit deffendu de la loigneté des paranz. 
(Lit?, dejost. etdeplet, X, 14, § 8, Rapetti.) 

1- loignier, loegnier, longnier t lui- 
gnier, luiner, verbe. 

— Act., s'éloigner de, être éloigné de : 

Mon cuer tenroie poï legler 

Se ne le poeie loignier 

Puis que je l'ai eu ma baîllie. 

(Florimnt, Richel. 353, f° 23*.) 

Li empereres Bnuduins et li cuenz Loys 
séjournèrent en Costantinoples porce qu il 
acotentl'estoire loegnUe plus queiln'avoient 
en covenaDt. (Est. de EracL Emp. t xxix, 
2, Hist. des crois.) 

Mal garez la be s oigne : 
Vous parles de ce qu'ai le roi si pourloignié... 
Ou mes fors me faudra ou je Yay pon loignié. 
(Girart de Ross., 1622, Migoard.) 

— Éloigner : 

Entrent en mer, vent uut par Deu 
Qui les luinet del isle Albea. 

(5. Brandon, 784, Michel.) 

Dont ains qa'&Uieurs hignes le pai 
Declairex moy ceste matière. 
(Le Rousier des dames, Poés. fr, des x>* et 

*TI § 8., V, 174.) 

— Prolonger : 

Il pourront longnier lou terme s'il voient 
que mestier soit. (1274, Arch. Meuse B 
256, f<> 279 v»,) 

— Réfl. t s'éloigner de, aller loin de : 

Quar la terre tute mUYeit, 
E de la nef mult se luignet. 

(St Brandon, 156, Michel.) 

Ki de ces &mys soi loigne. 
(De Huit., Brit. Mus, Harl. 507, f° 99 e .) 



— Neutr., s'éloigner, être éloigné : 

Bien quiderentles plusurs 
Que ici! erent les traiturs 
De Weyseford la cité 
Que cest erent longgé. 

{Gonquest of Ireland, 994, Michel.) 

Quant me covient, dame, de vous loignier, 
Onques certes plus dolant home fa. 
(Thib. de Nav., Chans., Poet. fr. av. 1300, 1, 
266, Ars.) 

N'i a garant ou s'eschive ne loigne. 

(Enf. Ogier, 5458, Scheler.) 

— Différer : 

Saichou qui «'an repantira 
Se tôt H tarde .1. pou et loinne. 
(Bible de Hugue de Berzi, Brit. Mas. Add. 15606, 
f° 104 1 '.) 

2. LOIGNIER, VOir LAIGMfiR. 

loignir, - yr (se;, v, réfl, s'éloigner ; 

Si saurez quant a fin menez 
Feu cilz rommans, a Poligny, 
Dont le frère s'est pou loigny 
Qui le rommant en rime a miz. 
(Boece de Con&olaeion, ms. Arras 729, f° 154 r°.) 

loigtaignerie, s. f., éloignement : 
Se les ymaiges de nos amis lointains 
nous sont joieuses qui nous renouvellent 
la remembrance et aiegent le desirrier de 
la loigtaignerie par faus et vains confors... 
(J. de Meung, Epist. d'Abeilard et d'Hel., 
Richel. 920, f* 61 r°.) 

loiial, s. f. ? 

L'orelhe et les balevre jugqn'al dent en l'eirba 
Ly ot Ogier gettçit a toute le loiial. 
(Jkh. pks Preis, Geste de Liège, 19332, Scheler, 
Gloss. philot.) 

loiiens, voir Laiens. 

loxme, loyme, s. m., lien, bride : 

Armeures, chevaux de service, loymes. 
(3 nov. 1313, Tbiron, Arch. Eure-et-Loir.) 

loin, loing, luin, loaing, lonc t lunch, 
long, adv,, à une grande distance dans 
l'espace : 

Luin et près, {Lots de Guïll., 42, Che- 
vallet. ) 

Sa besagae a lonc jetée. 

(Parton., 3369, Crapelet.) 

De son ceval lonc le trebuce, 

(Ib., 8147.) 

On doit bien recaler por le plus loing saillir. 
(Adenet, Berte, 368, Scheler.) 

Comment que de Tournay dusqu'a le court lonc h. 
(Gillok le Muisit, Poés., \, 320, Kerv.) 

A neuf lieues loaing ou mains, (1404, 
Aveux du bailliage d'Evreux, Arch. P* 294.) 

— An loin ; 

Fit loin estinceler sa flame pétillante. 
(S. -Amant, Moyse sauvé, I, Bibï. elz.) 

— Longuement, longtemps : 

Gères long n'i demora. 
(Guy de Warwick, ms. Wolfenbuttel, f» 68 e .) 

— Tard : 

Chez le grand Seigneur, ceux qui le ser- 
vent sous titre de beauté, qui sont en 
nombre infini, ont leur congé, au plus 
loing, a vingt et deux ans. (Mont., Èss., 
1. III, ch. ni, p. 28, éd. 1595.) 



— Fig. : 

Les efforts de nostre invention sont 
loing au dessous de leur mérite. (Mont., 
Ess. t 1. I, ch. xxxvi, p. 136, éd. 1595.) 

Chascun ne regarde pas plus loin main- 
tenant que a sa commodité particulière. 
(1895, Lettres missives de Henri IV > t. IV, 
p. 243, Berger de Xivray.) 

— De loin t d'une grande distance : 

Partonopeus de lonc le toit, 

(Parton., 8305, Crapelet.) 

De lonch choisi un chevalier. 
(De Sainte Ysabel, ap. Jnb., (Euv. de Ruleb., 
II, 384.) 

— Depuis longtemps : 

Et furent prests a sortir des le jour 
mesme, comme s'ils s'v fussent prépares 
de loin. (Lestoile, Mem. t V p., p. 224, 
Champollion.) 

— Fig. : 

Si tu venx guyvre Dieu, suy de loin le$ idoles* 
(D'Aobigné, Trag„ IV, Bibl. elz.) 

— De bien loin, de beaucoup : 

Il m'a tousjours semblé qu'en la poésie, 
Vergile, Lucrèce, Catulle, et Horace tien- 
nent de bien loin le premier rang. (Mont., 
E$$., 1. II, ch. x, f° 170 r°, éd, 1588.) 

Par ou il acqueroit une très parfaicte in- 
telligence et prudence; et en conduisoit 
de bien loin plus heureusement sa vie, que 
nous ne sçaurions faire. (Id., i&.> 1. Il, 
ch. xn, p. 290, éd. 1595.) 

Et es vies de ces héros du temps passé, 
il y a quelque fois des traits miraculeux, 
et qui semblent de bien loing surpasser 
noz forces naturelles, (Id., ib-, 1. II, 
ch. xxix, p. 465, éd. 1595.) 

— En loin $ loin : 

Et tant s'ealoDge k'il se trait 
En sas de& autres molt e* loing. 
(G. db Cambrai, Barlaam, p. 15, P. Meyer.) 

— A loin t plus tard ; 
Qu'ele se gart de faire chose 
Dont ele se repente alloi[n}g- 

KDe VOnbre de l'ancl, Richel. 19152, P 87 d .) 

— Loin de s loc. prép-, à distance de : 

Lonc de sa gent aloit pensant- 

(Wace, Rou* Richeh 375, f° 219'.) 

Mainte longue semaine 
Tr;*i quant sai loing de lai. 

(Coua, Chans.y tiii, Crapelet.) 

Car je sai de voir qne il Tient 
Et qu'il n'est mie lonc de ci. 

Utrepcr.t Richel. 2168, f* 9 1 *.) 

Un jour virent une isle ne mie lonc 
dMaus. (De Saint ttrandaine y p. 79, Jub.) 

L.OINCEL, VOir LUISSKL. 

1. loing, voir Loin. 

2. tXHNG, VOir LONG. 
LOINGINOUITÉ, VOir LONGINQUBTË. 

loingne, voir Loigne. 

LOINGNET, VOir LOIGNET. 
LOINGNIER, VOir LAIGNIEB. 

loings, voir Lons. 
loinseau, voir Luissei- 



LOI 



LOI 



LOI 



21 



LOINSELKT, VOir LUISSBLET. 
LOINSIKL, VOir LUI8SEL. 
LOINGTAIN, VOir LOINTAIN. 
LOINGTAINETÉ, VOÎr LoiNTAINETÉ- 

loingtz, voir LûNS. 

LOINGUEIN, VOir LONGAJN, 
LOINNER, VOIT LOIGNIER. 
LOINS, VOÎr.LONS. 

lointain, loingt., longt, lont., lunt., 
-ien, - m, - an, - eig, adj., éloigné : 
Ne viut que l'os le gace ne entor lui s'acaine 
Ne que la gens de près le die a la lontaine. 

(Roum. d'Alix., f°13 d , Michelant.) 

De cors li ai estei luntaine, 
Or li aérai del cuer prochaine. 

(Brut, ras. Mnnich, 3359, Vollm.) 

Hom, anchois ke le mors t'empaigne, 
De vanité te descompaigne. 
Puis que mors a trait se saiete, 
Est pietés as fous hntaigne. 
(Rknclds de MoIliens, Miserere, ccxxix, 1, 
Van Hamel.) 

Quaut ele m'en loinglaîne, 

(Couci, Chans.) vin, Crapelet.) 

Cuers enveious n'iert ja a eise, 
Poi voit onques qui bien li plaise ; 
Ne ja d'enveious plus ne mains 
Ne quier plus dire, mais lonlaina 
Ne soit iJ ja ens en sa rie. 
(Liv. des esloires, P. Meyer, Romauia XIV, 56.) 

Car qui n'ai pidié dou suen, 
Commant l'aura il dou lointin 1 
(Poème altég.y Brit. Mus. Add. 15606, f» l'2 b .) 
Qaant de mon cuer sui si lointienSj 
Si m'ait Dieus, por fol m'en tiens, 

(Rose, ras. Corsini, f° 17 a .) 
Qu'il te souviengne 
Que t'ainie est trop lointiengne. 

(/J., Vat. Chr. 1522, f° 21 b .) 
Dont vient ce que ma 811e, qui plus bêle est k'Eïaioe, 
Se fait ainsi hair gent voisine et lointaine t 
(Berte, 1782, Scheler.) 
Car se ma dame est loingtaigne 
Mes cuers n'est pas lointeig de li. 

(Chans., ras, Montp, H 196, f° 172 r°.) 

Que la forest leur ôstoit moult lontiegne. 
(1359, Lett. de Philippe, duc d'Orléans, pour 
droit d'usage en faveur de Perrot de Gaudi- 
gni, ap. Le Clerc de Douy, t. II, f» 10 v°, 
Àrch. Loiret.) 

Il n'est nulz rois, tant soit proçains, 
poissans ne lontains, qui au temps pré- 
sent vous osast couroucier. (Froiss., 
Chron ff VI, 204, Luce.) 

Leur conversacion (des prêtres) doit estre 
secrète et lointaine des faitz aux gens 
laicz. (1474, Stat. synod., ap. Lalore, Ane. 
discipl. du dioc. de Troyes, II, 88.) 

Pas ne seray de vous loingtain. 
(Act. des aposl.* vol. I, f g 86 e , éd. 1537.) 

— D'une parenté éloignée : 

Il plot az ancienz que lez faniez aient 
l'eritage au mort par droiture de lynage se 
eles sont ses sereus, et se elez sunt plus 
lontaignes eles ne l'aient paz. (Institules, 
Ricbel. 1064, f° 4ô b .) 

— Long, qui dure longtemps : 
U jors Matussale et ses hntaitts &es 

Qui pruec vesqui mil ans lor seroit bries asses. 
(HERSMrt, Biblô, Riche!. iMi, f° 73 r*.) 



j Se ensi le raaintienent par lointaine folour. 
1 (Guy deCamà,, Hich'el. 24366, p. 222 h .> 

Grant dolour et grant poene* 
Trait on d'amors lontainne. 

{Chans., ms. Berne 389, f° 95 y 6 .) 

Us ne mistrent mie lointaines paroles as 
conseils prendre d'assembler les os, (Esto- 
ries Rogier, Richel, 20125, f° 25<*.) 

Si ne veurent point ces gens d'armes la 
faire trop lontain séjour. (Froiss., Chron., 
VI, 151, Luce.) 

Le longtain service du peuple cons- 
trainct labourer insalairiié en plusieurs 
lieux. (Fossetier, Cron. Marg., ms. Brux., 
II, f* 115v.) 

Lassé par longtain siège (Id., ib., 
(o 120 v°.) 

lointaine, loentaine, s. t., éloigne - 
ment: 

Et est a savoir que se ledit seigneur de 
Rochefort ou temps avenir dedens dez ans 
peut aprochier audit vicomte de Rohan 
cent livres de rentes en la vicomte de 
Rohan, tant recouvrereit de ladite assiette, 
que il ly aureyt faite a la loentaine doudit 
vicomte. (1307, Contr. demar., Mor., Pr. de 
VH. de Bref., I, 1212.) 

lointainemenTj - einement, - ainne- 
ment % lontainement, lontenement, lontiengne- 
ment, lmgtainement } adv., au loin, à une 
longue distance : 

De Rome ert en France venus (César) 
Por conquerra vers Ocident 
Les régions lonîainement. 

(Wàce, Brut, 3906, Ler. de Lincy.) 

Les reliques e les cors sainz, 
Ki en Normeudie erent ainz, 
Portèrent clerc lungtainement, 
Quantqu'il porent celeement. 

(ïn., Rou, 1* p., 37A, Andregen.) 

Mius l'aime près plus povrement 
Que roina lontainemeaL 

(Athis, Richel. 375, f> I30 b .) 

Mieus l'aime près plus povrement 
Que roine lontiengnement. 

(«., Ars. 3312, (° Zl b .) 

Car petit peu seroit puis lontenement dou 
ehastel que il sauroit que ge en seroie hors. 
{Lancelot, Richel. 754, f° 3 b .) 

Ke tuz ces de la curt venquit lointeinement . 

(ffôrtt, 2686, Michel.) 

— Longtemps ; 

Kt dist la letre ki ne ment 
K'H vivera iointainnement- 

(De S. Daniel, Richel. 2039, f° 19 a .) 

lointaineté, - einetè, - eneté, - enneté, 
lointaingneté, - aignetei, loniiegnelè, loing- 
tainetê, loigtiegnetê, longtainetê, - ainnetê, 
s. L, éloignement, distance : 

Selonc la lointaignetei des leus. (Ordin. 
Tancrei, ms. Salis, f° 2 d .) 

Quand dui signe ont ivelment une Ioeu 
gour et une lontiegnetê del cercle equinoc- 
tial, (Introd. d*astron. t Richel. 1353, f b 22\) 

Sont autre signe dunt li un ne regar- 
dent l'autre por la lointiegneté (Ib., f J 22 6 .) 

Prochainneté et lointaingnetê sont egaus 
entre l'ami et l'araé. (Evast. et Blaq., 
Richel. 24402, f° 81 r«\) 

Pour cause de la lointenneté. (Bersuire, 
r. Liv. f ms. Ste-Gen,, f* 130*.) 



Pour la longtainnetê des terres. (J. Vau- 
quelin, Chron. d'E. de Dynter, IV, 25, 
Xav. do Ram.) 

La toingtaineté du pais ou il demouroit. 
(Marg. d'Ang., Hept>, X, Jacob.) 

Distantia, différence, distance, lointai 
neté, (Calepini Dict,, Dâle 1584.) 

Tant de petis enfans qui ne peuvent ou 
par indisposition ou par toingtaineté arri- 
ver au lieu ou heure de leurs presches, 
(Jacques Gaultier, Estât du christianisme, 
p. 29, éd. 1609.) 

Loingtainetê, distantia, longuîquitas. 
(Fed. Morel, Petit Thresor des mots fran- 
çais, p. U0, éd. 1632.) 

— Longueur, longue durée : 

En la loigtiegnetê des jorz, ce est sanz fin. 
(Comm. s. les Ps. t Richel. 963, p. 269 b .) 

Porce que je abit en la meson nostre 
seigneur enlointeneté de jours. (Psaut., Maz. 
258, f° 30 v») 

De lointeneté de jors le raempliré, car il 
tegnera sanz fin. (Ib., f° 112 r°.) 

Veu la longtainetê de son voyage. (D'Au- 
ton, Chron., Richel. 5083, f° 6 v.) 

lointaingnetê, voir Lointaineté. 

lointan, voir Lointain. 

LOINTEINEMENT, VOÎr LOINTAINEMENT 

lointenneté, voir Lointaineté. 
lointehain, - rong> adj., lointain : 

En lointera\n]g pais Jongement conversai. 
(Guich. de Beaolieu, Serm., p. 27, Techener.) 

LOINTIEGNETÉ, VOir LOINTAINETÉ, 

loïntien, voir Lointain. 

ioiNTiEU, loingtieu, adj., éloigné : 

Es leux loingtîeux. (Cont. de G. de Tyr, 
ch. xi, Hist. des crois.) 

Pour ce que lesdis bois et buissons a 
tiers et dangiers sont en divers lieux J et 
aucuns lointieux des forez royaux et en 
diverses vicomtez. (1376, Ord., vi, 335.) 

lointin, voir Lointain. 

loir, s. m-, argent ; 

Li loir et les dones portent forces as lois. 
(Dial. anime conquerentisj ms. Epinal, Bon- 
nardot, Arcb. des Miss., 3 e sér., I, 277.) 
Lat,pecunia et dona legibus vires tulerunt. 

Cf. LOGRE, 

1. loire, lorre, s. f., cuve de pressoir : 

Qaidtes ja bone note dire 
De soûl orfiel nos puis bien dire 
Que ja de loire vuide et vaine 
N'ares boiu gré a longe estraine. 

(Gouronnem. Ren., 2839, Méon.) 

Item d'avoir embïé... en la loire dou 
pressouir de Àcy...six sestiers de vin. 
(1356, Arch. JJ. 85, pièce 119.) 

.U. cuves a fouler, vins, et .f. cuvier a 
mettre dessobz !a lorre. (1388, Bail, Mau- 
pas et Soissons Rosières, Arch, MM 31, 
f» 80 r°.) 

2. loire, loirre ) s. m., orthographe par- 
ticulière de loir, correspondant au pro- 
vençal glire : 

Loire, rosereul conreé ou a conreer 



22 



LOI 



LOI 



LOI 



doivent chacun obole de tonlieu, (E. Boil., 
Liv. des Mest-, 3* p., xxx, 8, Lespinasse et 
Bonnardot) Var., loirre. 

Nuîes piaus de loirene de roseruel ne de 
gourpil ne doit point de obole. (1d., tb.,10.) 

1. loirier, loirrer, leurrer, v, a., ins- 
truire, dresser : 

A ce ten caer afaite et loire 
Qu'il croie cobsel de produire, 
(Ver* de la mort, Mchel. 875, f° 335 d .) 

Uo certain raesgagier qui bien faisoit a croire ; 
Pour bien faire un message n'estuet pas c'on le 

[loire. 
(Berte, 1595, Scheler.) 

Car tout oisel qu'on doit prîsier 

Soient loiriet ou a loirier, 

Sont desous soi. 

(Froiss., Poés., I, 313, 3127, Scheler.) 

Aucuns sont mis (à l'étude) pour ap- 
prendre trois ou quatre mots de latin eu 
attendant qu'ils soient grandelets pour 
faire le voyage d'Italie, afin que la on 
achevé de les leurrer ou (comme dit le 
proverbe), qu'on achevé de les peindre. 
(H. Estienne, Apol. pour Herod., p. 91, 
éd. 1566.) 

— Loiriê, part, passé, dressé, bien 
dressé, prudent : 

Ne croi cela! qui Dieus mandie, 
Tu feroie grant ribandîe, 
Mes soiez sages et loirrez. 

(FabL, ms. Chartres 261, f° 141 v°.) 

2. loirier, adj., terme de ' faucon- 
nerie, dressé au leurre : 

Et me fut dit que (le faucon) estoit loi- 
rier pour les aigles. (Fboiss., Cnron,, XVI, 
44, Kerv.) 

loir re, voir Loire. 

loirrer, voir Loirier 1. 

1. lois, adj., louche : 

Lors l'a d'aventure encontree 
Uns chevalier», Belchis H lois, 
Qui a le front pins noir que poix. 

(Heraugis, p. 160, Michelant.) 

Par les devises des camois 
Voent toit cil qui ne sont lois 
Ping bel et pins fine blanchor 
Que flor d'espine en pascor. 

(Parton., Richel. 19152, P 162*.) 

Largece tient le cMef enclin, 
Les iens bendes, c'est estre lois 
Tout ensement con la vies lois. 
(B. de Cokd., U Contes doupellicam, 40, Scheler.) 

2. lois, voir Loeis. 

3. lois, voir Loi. 

loïsable, - auble, loys. t leis. } lis., adj., 
loisible, permis : 

Quant vous estes ravis a mauvaise et a 
nient faisable délectation. (Miseric. N.-S., 
ms. Amiens 412, f° 93 r°.) 

Toutes mauvaises penBees et nient fai- 
sables. (Jb.) 

Qne tex raisons n'est pas loUable. 
(Jacq, d'Amiens, Rem. d'Amour, ms. Dresde, 
Kôrt,, 142) 

Et chiet an choses noiant loisaubles. 
(Ms. Ars. 8201, p. 332 a .) 

Laquelle chose n'est honorable ne fai- 
sable a eulz a faire maintenant, (30 mars 



1341, Lett. de P/i. VI, ap. L, Delisle, Hist. 
de St-Sauveur, Pr,, p. 87.) 

Par voie faisable ad chou. (1343, Cart. 
de Guise, Richel. L 17777, f a 274 r<\) 

Ceus qui seront trouvez rubans les pois- 
sons de ladicte rivière ou en ycelle pes- 
chans a engins non faisables. (1348, Arch, 
JJ 77, f° 144 v»,) 

Ilîîcitus, non loysable. (Gloss. de Salins.) 

Et que a nul des nobles homes ne se- 
roit Itsable prendre ou accepter tel ma* 
niere d'office. (Bersuire, f. Liv.. ms, 
Ste-Gen., f<> 40 e .) 

Faire mettre hors de le boucherie les 
chars non faisables a vendre, (Stat. de 
Noyon, ms. Noyon.) 

loisablement, adv., loisiblement, 
librement : 

Et totes les choses ki soloient en moi 
mettre lo dolor, assembleies loisablement 
venroient devant mes oez. (Dial. Si Greg., 
p, 5, Foerster.) Lat., licenter. 

loisamment, leisanment, adv., loisi- 
blement : 

Neient discret sont li veu des enfanz qui 
sont encore soz le pooir as pères ; si ce 
ne sont veu que l'on puisse leisanment 
garder et laissier. [Trad. de Beleth, Ri- 
chel. 1. 995, f<> 13 r\) 

loisance, loissance, s. f., loisir, per- 
mission, faculté : 

Premièrement seront esleuz deux bons 
personnaiges dudict mestïer pour estre 
esgardz, lesquelz auront loissance de vi- 
siter en ladite ville et banlieue tout ce que 
a bons et loyaulx jurez appartient défaire. 
(8 mars 1529, Statuts des vanniers d'Amiens, 
ap. A. Thierry, Mon. inéd. du Tiers Etat 
t. II, p. 580.) 

loisant, loissant, faisant, adj., permis, 
à qui il est permis : 

Issint que li deffenderes est loissanz de 
prandre la prove de li et de son garant. 
(Liv. dejost. et de plet, vu, 4, § 2, Rapetti.) 

Il est loisanz de prendre la prove a la 
feme. (/&., xix, 8, § i.) 

Li copable est laîsanz de prandre la 
prove. (Jb.,xix, 11, § 2.) 

loisarde, voir Laisarde. 

loisauble, voir Loisable. 

loische, voir Lesche. 

loiser, voir Luisier. 

lojset, s. m., var. de forme pour 
loisir ; 

Que li dit religieux puissent a leur 
loiset assener... (Vend. av. Pent. 1336, S.- 
Sulp., foi et homm., 7* 1., Arch. Cher.) 

loisiblement, loy t) adj ,, d'une manière 
permise, licite : 

Que aucune foiz Pen puet flater celi que 
l'en veult occirre et que il se puet faire 
loisiblement. (J. de Sàlisb,. PolicraL, Ri- 
chel. 24287, f<> 97\) 

Si est doneques vraye chose et assez 
prouvée que tout vaillant honme peut et 
doibt loisiblement vouloir et désirer los t 
honneur et gloire au monde du bien que il 



faict. (Livre des faicts du mar. de Boucic, 
4* p., ch. 15, Buchon.) 

Qu'il en ce cas l'auroit peu faire loysible- 
ment. (1521, Prêc. des confér. de Calais, 
Papiers d*Et. de Granvelle, I, 149, Doc. 

inéd.) 

On permet plus d'affiguets aux filles, 
parce qu'elles peuvent loisiblement désirer 
d'agréer a plusieurs. (Fr. de Sal., Viedev., 
ÏÏI, xxv, éd. 1608.) 

Pour jouer et danser loisiblement, il faut 
que ce soit par récréation, et non par 
affectioa. (Id., ïb., III, xxxiv.) 

loisibleté, s. f,, permission, faculté : 
Se Dieu luy volloit ottroyer sa grâce et 
lo isibleté d'y povoir entendre. (G.Chàstell., 
Chron. des D. de Bourg. t I, 31, Buchon.) 

— Licence : 

Leur authoritê est si haultaine, et leur 
loisibleté si extresme que nul ne pourroit 
contredire a leurs plaisirs. (Le Maire, 
Illustr. t I, 26, éd. 1548.) 

loisier, leisier, s. m., loisir : 
Bon leisier a d'estudier. 
(G. dbCoinci, Mir. y ms. Brui., f° H3 d .) 
La paix dez ieus quierrent li boin et li 
malvais por ceu que il aient loisier de 
faire lor malvestié. (Disc, d'auc. phylos., 
ms. Berne 365, f° 80 v°.) 

— Par loisier, à loisir : 

Puis li benda se plaie par loisier. 

(Hnon de Bord. t 909, A. P.) 

loisil, voir Loisir 2. 

1. loisir, v. neutr. et impers., être 
permis. 

— Présent de l'indicatif : 

Men evesquet nern lez tener 
Por te qui serapre m'vols aver. 

(Vie de S. lég., ms. Clerm., st. 16.) 

Meie eresquiet ne m' leist teneir, 

(Lect. de M. G. Paris.) 
Ben li leist ocire Tavultere. (Lois de Guill., 
37, Chevallet.) Var., laust, laist, ap. Ste- 
Pal. 

E si i aureit trop a dire, 
E mei ne lut pas deraorer, 
Car mult i a de el a parler. 

(Ben.,/), de Norm., I, 180, Michel.) 

Quand ne lairoie a mol atouchier n'avenir 
Nul home fors Ugon s'il m'en loisl convenir. 
(Audefrot le Bastard, BeatHs, P. Paris, Boman- 
cero, p, 32.) 

Se Deus li vult doneir, très bien li Ust ayoir. 
{Vie de S. Thaïs, ms. Oxf., Canon, mise. 74, 
f° 56.) 

Cum l'en liest. (Mers 1220, Cathéd. de 
Metz, Arch. Mos.) 

En autre manière ne loist il mie jurer. 
(Laurent, Somme, Richel, 22932, f û 21 d .) 

Pour esloignier la compaignie 
Des choses qui pas ne lotir lisent. 
(Dial. de S. Greg., ms. Evreui, f« 101.) 

Cest gieu (des échecs) est noble et honourable, 
Non suspect et non dommagable, 
Et loist bien a toute personne 
Qui au jouer entente donne. 

(J. Lefevre, la Vieille, 1647, Cocheris.) 

De plus avant aler, 
Belle fille, ne nous loist mie. 
(Chr. hr Pisan, Liv, du chemin de long estude, 
1547, Piiachcl.) 



LOI 



LOI 



LOI 



23 



La xxvif - manière si est par quel temps 
il loist appréhender l'orie ou se ce non le 
seigneur ou créditeurs peuvent obligier a 
eulx par bénéfice de loy. (Bout., Somme 
rur., f°2S\ éd. 1479.) 

Mes lui a chescun de soy eydcr par 
garaunt vocher. (Britt., Trouv., c. 18, 
Houard.) 

Mais il loist obéir a cians qui sont le plus. 
(Geste des ducs de Bourg., 2551, Chron. belg.) 

Apries vous prie je que vous me faites 
entendant clerement qu est baus et as ques 
personnes le loist a iestre» (Coust d Ar- 
tois, p. 76, Tardif.) 

La mère en enraige 

Qui veult qu'elle soit damoiselle. 

Le père, par bonne cautelle, 

Dit et respond qu'il ne loit pas 

Et qu'il n'appartient point a elle 

De porter si tresgraus estaU. 
(CoQUU.LART t fiouv. Droitz, l re part,, de Statu 
Hominum, 1,82, Bibl. elz.) 
Au haut justicier a cause de sa seigneu- 
rie et haute justice, loist faire edits et sta- 
tuts es mettes d'iceîie, mettre et imposer 
amende arbitraire. (Cottst. gên. du Comté 
d'Artois, 12, Arras 1679.) 

S'il me plait, il me loisl. (Pàsq., Lett., 
XX, 6.) 

Fas, qui loist et n'est pas desplaisant a 
Dieu. (Fed. Morel, Petit Thresor des mots 
françois, p. HO, éd. 1632.) 

Quand le possesseur d'aucun héritage 
ou droit réel réputé immeuble, est troublé 
et empesché en sa possession et jouys- 
sance, il peut et luy loist soy complaindre 
et intenter poursuite en cas de saisine et 
de nouvelleté dedans l'an et jour du trouble 
a luy fait et donné audit héritage ou droit 
réel contre celuy qui l'a troublé. (1668, 
Coût, de Paris, art. 96.) 

Homme et femme conjoints par mariage, 
estans en santé, peuvent et leur loist, faire 
donation mutuelle l'un a Vautre également 
de tous leurs biens. (7b., art. 280-) 

— Loist a savoir, ce loist a savoir, c'est- 
à-dire : 

Conut la virgene de Deu estre restablie a 
salut, en cui celé meisme salut de celei li 
serjant Deu Equitius la dist lonz poseiz : 
loist a savoir en la vertutdel miracle tenanz 
l'exemple del maistre. (Dial.Greg. lopap., 
p. 18, Foerster.) 

Nos chiers amis, se loist a savoir E. conte 
de le Mark, W. signour de Vorne... (Ch- 
de 1292, Mart.,I, 1246.) 

Acorderent et seelerent litroy pays, loist 
a savoir t Flandres, Haynau et Braibant. 
(Froiss., Chron., lïï, 216, Kerv.) 

— Jmparf. : 

Que faire ne leur loizoit, (1264, Vente 
d'une rente foncière à l'hôpital de Douai, 
Tailliar.) 

Quant la bon© dame ot son seignor eucuser 

De qui il M loisoit toute la robe user. 

(De la Foie et de la Sage, Jub., Nouv. Rec, II, 

74.) 

Et mesires Renaut disoit qu'il s'estoit 

f)resentes dedens hore, et disoit que bien 
i loisoit avoir tel hiame. (Beaum., Coût, 
de Beauv., lxi, 63, Beugnot.) 

... Et maungea les pains de proposition 
que ne lisoit a li maunger. (Bible, St Ma- 
thieu, chttp. xii, v. 3, Richel. 1.) 
On ne trouveroit ame qui ensegneroit 



bebrieu, grec, ne latin, s'il ne loisoit a 
auscun de ce faire sinon a celui qui l'avoit 
de nature. (Du Guez, An Introd. for to 
lerne to speke french trewly, à la suite de 
Pàlsgraye, éd. Génin, p. 895.) 

— Parf. de l'indic. : 

Pur quei lut en la vielz lei que li ordened 
oussent muillers. {Rois, p.i,ter. deLincy.) 

Pur quei lur lut aveir plusurs muillers. 
(Ib., p. 2.) 

Onques ne li lut dire nés : A Deu vos commant. 
(J. Bod., Sax M Lxxm, Michel,) 

Le confanon de soie lut au vant baloier. 
(1d., ib,, lxyii.) 

Dudc les aaailli Rou, une garir ne lur lut. 

(Rou, 2 a p., 622, Andresen.) 

One ne lor lut parole dire, 
Ne l'une ne l'autre escondire. 

(Ren., Br. I\ 3051, Martin.) 

Si n'i ot oncor nul ôsliut, 
Pour le roi ne faire nel liut. 

(Id., i*., 27573, Méon.) 

Se ne li lut ne parler ne gebir. 

(Huon de Bord., 2162, A. P.) 

Onques plus dire ne li lut. 

(Parton., 9216, Crapelet.) 

Ne li lut sa raison finer. 

(/*., 9209.) 

Lî çapelains esrant les liut (les lettres), 
Oiant tos çlaus qu'iestre la liut- 

Wousx., Chron., 4608, Reiff.) 

Ne aine service ne hommage 

Ne l'en fîst entrues qu'il li lut (convenir). 

(Lût de l'Ombre, p. 46, Michel.) 

Dit ci que l'en doit ce tenir, que il ne lut 
unques a nului avoir plusors femes,se otroi 
ne fut a aucun par devine volenté. {Liv. 
de jost. et deplet, X, 19, | 8, Rapetti.) 

Ne onques toute la nuit ne li lut dormir, 
(Ms. Berne 697, f ft B r°.) 

— Futur : 

Item au taverne, en sa maison tant seu- 
lement loera prandre gaige de ce qu'il 
vendra; mais fors de sa maison, ne luy 
loet pas. (1263, CarL de Commercy, ap. 
Duc, Licere.) 

— Conditionnel : 

Nel dis ge dunkes el jor d'ier, ke se nos 
n'alons mânes, ke ja (ne) nos loiroit pas 
aleir? (Dial. Greg. lopap.,v. 23, Foerster.) 

— Prés, du subjonctif : 

Ceo me lise en paiz guverner, 
Tut le plus gerp ô lais ester. 

(Ben-, D. de Norm., II, 637, Michel.) 

Pourvec que il faire li hisse, 
S'il ne s'en venge poi se proisse. 

(Mousx., Cfcrcm., 7284, Reiff.) 

Se cil a qui l'on met sore le crime ne 
veaut atendre jugement, ja soit ce que la 
corz lou li offre, et offre certaine pecune 
por l'amende, et le crime soit tes douquel 
l'en a costume recevoir amande de deniers, 
il lisse a la cort recevoir icele, se il voent 
que ele soit convenable. (Liv. de jost- et de 
plet, Append., p. 340, Rapetti.) 

Encoril est contenu que il ne lise a nul 
a laisier pluz que les trois pars de tôt son 
patremoinne. (Institules, Richel. 1064, 
b 39 e .) 

Et Bis me faites bien garder 
Tant que mei luise retomer. 
(Chastoiem. d'un père, conte xm, 209, Bibliopb. fr.ï 



Parquoy nous loise, compefce et appar- 
tienne en disposer. (Lett. pat. de Louis XL 
7 oct. 1471.) 

Mais si quelc'un en doute ou pense 
Que ne soy juste en ma défense, 
Luy loise eu toute liberté 
Tel qu'est son advis, le me dire. 
(J.-A. de Baif, tes Mimes, 1. I, f û 37 v°, éd. 1619.) 

A qui plus loise que raison 
Osera plus qu'il ne luy loise. 

(Id * ib. t 1. II, f° 53 t*.) 

Que, sauf les ruffiens, a l'homme ne loise 
porter en son doigt anneau d'or, ny robbe 
délicate. (Mont., Ess,, i, 43, f° U2 v° éd. 
1588.) 

— imparf. du subjonctif : 

Il me requist ententïvement ke li leust 
aler en Bethléem. (Rois, p. 80, Ler. de 
Lîncy.) 

Je l'espeir bien que creu fust, 
Si un petit al rei leust, 
(Guill. de St Pair, Mt St Michel, 1581, Michel.) 

Ja puis ne li leust que il fust relevés, 
Dusqu'il fugt cootTe tere mourdris et estranles. 
(Fierabras, 682, A. P.) 

Je volroie 
K'il m'eust .i. des dois cousté 
De mon pié, mais les son eo3te 
Me leust une nuit gésir. 
(Gib. de Montr., Violette, 2733, Michel.) 

— Part, passé, leu, permis, loisible : 

Aucuns dudict mestier, autres que les- 
dicts maistres, ne pourront ne leur sera 
leu ne permis tenir ouvrouoir en nostre 
dicte ville de Tours, fors et excepté les 
troys ordonnez a servir nostredicte court. 
(1468, Stat. des cordonn., Ord., xyii, 166.) 

Ainsi que leur estoit leu et permis. 
(1475, Ord., xviîi, 182.) 

2. loisir, leisir, lisir, Ussir, laissir ,lasir , 
lesir, leizeir, loissir t loisil, s. m., faculté, 
permission : 

De cest droit faire pandrions puis lasir. 

(Les Loh., ms. Montp., f° 188 a .) 

Or pues tu bien avoir lisir 
Par mecine de toi guérir. 

(Athis. Ars. 3312, f° 8 e .) 

Onques n'ot loisil de plus dire 
N'espace de li escondire. 

(Vie des Pères, Ars. 3641, f° 66 b .) 

Et que il ont Ussir dou dire. (Liv. de J. 
d'ibelin, c. xlviu, Beugnot.) Var., lisir, 
leisir. 

Si donna lesir et occasion a Ausicore de 
soy adjoindre aus Penoie. (Bkrsuirb, T. 
TÀv., ms. Ste-Gen.,f«216 e 

Et truvent tant de cavillacions 
Pour mieux faire la partie endormir, 
Et d'autres riens dont asses hont laissir. 

(Poés. du xiv 8 et du ïy 6 »., p. 37, Ritter.) 

~ A loisir, à son aise, à son choix : 

Sa custume est qu'il parolet a leisir. 

(Rol.,Ui, Mûller.) 

Il parle a trait et a lesir et ordeneement. 
(Oresmb, Eth>, Richel. 204, f°426».) 

Qu'a lesir la voie. 
(Jeh. Lescdrel, Chans., Bail et Rond., xvi, Bibl. 

elz.) 

Que le jour que l'on voudra tenir justice 
que les gaites fieront .vit. ou .vin. cop a 
la cloche de la gaite, et puis après bien a 



24 



LOI 



LOI 



LOM 



lisir de la grossa clochi .vu. ou .vin cop. 
(1429, Arch. Fribourg, i" ColL de lois, 
n° 369, fM03.) 

Pour îceulx procès visiter tout u lesir. 
(D'Auton, Chron,, RicheL 5082, f« 6 r<\) 

— Par loisir, à son aise : 

Cist le firent ensevelir 

Mult hautement e par leisir. 

(Bek., D. de Norm., II, 235, Michel.) 

Qae s'il mande ses homes tôt par leizeir. 
Ne quit qu'en en bataille H contresteir. 

(Ger. de Rossill., p. 323, Michel.) 

— Sans loisir, sans retard : 

Auberis l'ot, si respont sans lesir. 

(Auberi, p. 55, Toble .*. ) 

Met pié a terre, vers li cenrt sans loisir. 

(/t., p. 247.) 

Chançon, va t en tout sans loissir, 
Au pui d'Arras te fai oir 
A ceulx qui sevent chans fournir. 
(A. Douche, Chans. , Richei. 1593, f° 7\) 

— Bon loisir, bonne volonté : 

Li aporta desour son cief 
.1. kallau pour souef dormir, 
Et il si fist par buen loissir. 

(Mousk., Chron., 5895, ReiffO 

Besançon, noëls anciens, lesi. 

loison, voir Lioison. 

loisor, - our f loissor, laissor t laissour, 
tai&sur, lai&seur, leissor, lessur, laisor, lei- 
sor, leisour, lexour, s. f., loisir, faculté, 
permission : 

La ou il aorent forteresce ne tour, 
Bien se garnissent q'il en orent loissor. 

(Raoul de Cambrai, 4124, A. T.) 
Mais de laisor n'aveient tant 
Qu'il parlassent ne tant ne quant. 

(Ben,, Troie, 4639, Joly.) 
De turner ne de revertir, 
Queqne lor fust a avenir, 
N'aveient pensé ne lessur. 

(Id., D. deNortn., 1,633, Michel.) 
En pur la costume anciens 
Que la teneit la gent paene, 
D'aver des femmes lnr laissur 
Senx nul chalenge de seignur. 

(le, %K, II, 57.) 
Ja ne vos ert mais laissor donee 
Que contre mei sachiez espee. 

(In., ib., Il, 2895.) 

S'il s'amasent de fol amor, 
Ci avoient a$ex leisor. 
(Tristan, Richei. 2171, f° 3«; Michel, I, 200O 
Molt avion bêle loisor, 
Se il m'amast de foie amor. 
(Ib., Richei, 2171, f° 4 e ; Michel, 1, 459.) 
Cui il ataïnt a cop, n'a de mie loisor. 

(Boum. d'Alix.,? 21 d , Michelant.) 
N'ont pas après ses cos de mire grant loisour. 

(/».) 

Et 11 vos doint laxssor 
D'avoir vo desirrier. 
(Addefi. h Bastars, Barlsch, Rom. et Post>, T, 
61,85.) 

Perdra la teste, se je en ai lais<or. 

(Gayion, Bail, A. P.) 

Qu'a ans ne rae combatte, se jo en ai laissour. 
(Chans. d'AMiochc, tu, v. 233, P. Paris.) 

Si orent en lor cuers grant joie 
Quant il orent aise et laissor 
De corre seure a lor segnor. 

(Parton., 236, Crapelet.) 



Car c'est li drois neus del vilain, 
Qu'il soit tosjors de bone main 
Vers celui de cui a peor, 
Tnnt que de mal faire ait laissor. 

</*,, 2661.) 

Voientiers i parlast s'il en eust leisour. 

(Maugis d'Aigrem., ms. Montp. H 247, f° 164* 1 .) 

De mari prendre est or sur moi 
Quant congié en ai et laisseur 
De prendre a volenté sîgneur. 
(Amalâas et Ydoine, Richei. 375, f° 331".) 

Se vous m'en donnes le laisseur 
Que je le prenge a mon talant, 

(Ib., f° 330 f .) 

La contesse l'ot en prisson 

A Gant, pour çon qu'en mesproisson 

Avoit faite de sa serour, 

Pour çou que il en ot laissour. 

(Mousk., Chron., 23209, Reiff,) 
Et cil distrent a lor seignor : 
Sire, n'avez mie lessur 
D'amer ceste, car ele creit en Dé. 
(Vie Ste Marguer., Richei. 19525, P 142 r° ) 

Qui est cil qui après sa mort ait leissor 
de toi louer ? (Psaut., Maz. 258, f° 106 r<>.) 

Que li deciples ait petite laisseur de 
parler. (Riule S. Ben,,ws> Angers, f° 7 r°.) 

Tel? coses et apertises d'armes furent, 
parmi le roiaulme de France, escoles de 
toutes iniquités et mauvestes ; car trop 
fort se mouteplyerent par le laisseur et 
amplece que il orent de commencement, 
ensi que vous ores recorder avant en l'is- 
tore. (Froiss., Chron., V, 227, Kerv.) 

Se retournèrent tousjours Franchois si 
tost qu'il pooient avoir un peu de lais- 
seur pour venir en France. (Id., ib., VIII, 
59, Kerv.) 

— Plaisir : 

Laiens se fout les dames ventouser et baignier ; 
Grant laisseur en avoient li ken et H huissier. 
(J. Bob., Sax., Lxxtm, Michel.) 

Et puis s'en montait el solier amont et 
s'apoiait a une fenestre por recevoir le 
vent et lexour avoir, car moult esteit li 
esteis grans et chais. (S. Graal, Ricbel. 
248S, f* 289 r°.) 

— A loisor, tout à son aise : 

Se me sire Alixandres vos tenoit a laisor, 
Mius aroit esploitié que tout si aticissor. 

(Roum. d'Alix., f° 60", Michelant.) 

Quar cil de Lobes et plusior 
Disoient auqiies, a laisor, 
Que teus entresains ot mostres 
Que c'iert li quens en vérités. 

(Modsk., Chron., 24667, Reiff.) 

— Par loisor, tout à son aise : 

Si se sont assenti a rendre au derrain jour, 
A venir a merci bellement, par loisour. 
Chacun la hart ou col, a loy de bosaour. 

(Coy., B. duGuetel., 21833, Charrière) 

jloisotjr, voir LOISOR. 

LOISSANCE, VOir LOISANCB. 

poissant, voir Loïsant, 
loissel, voir Luissel. 
loissir, voir Loisir. 
loïssor, voir Loisor. 

LOIURE, VOir LIEURE. 



loje, voir Loge. 

LOKERELE, S, f. ? 

Uns autres porte lokerele, 
Si fait du grant markié ruele 
Et volenté a de combatre. 
(Jeh. An Ris, Mir. de S. Torfu, Dinaui, Trouv. 
ariés., p. 258.) 

lolige, s. m., sorte de monstre marin*. 

Lolige est ung monstre en mer lequel 
est plain et couvert d'escaille et va au 
parfont de la mer ainsi que les aultres 
poyssons. {Platine de honneste volupté, 
f° 97 v», éd. 1628.) 

lollard, lolhard, s. m,, disciple de 
Walter Lollard, hérésiarque anglais du 
commencement du quatorzième siècle qui 
prêcha ses doctrines en Allemagne, en 
Autriche, en Bohême, etc. : 

Voillant encontre la malice des tielx he- 
retikes et lollardes mettre pluis outre re- 
medye et punissement. (Stat. de Henri V, 
an u, impr. goth., Bibl. Louvre.) 

Et vos, béguines et lolhars, 
Selon toutes vos lois et ars, 
Faites vos vies sororines 
En plusieurs vilites sorines. 
(Nef des fols, ap. Goujet, Bibloth. franc., X, i960 

l.oll,arderie, lollardrie, s. f., l'hé- 
résie des lollards : 

Secte de hérésie appelle vulgariment 
lollardrie. (Stat de Henri V, an u, impr. 
goth., Bibl. Louvre.) 

loixardie, s. f., hérésie des lollards : 

La conissance de hérésie, errours et 

lollardies appertîent as juges de seint es- 

glise. (StaU de Henri V t an u, impr. goth., 

Bibl. Louvre.) 

LOLLARDRIE, VOir LOLLARDBRIE. 

lombarderie, s. f., droit perçu sur 
les Lombards, aux foires de Lagny ; 

La rue d'Arnestal .xxmi. 1. La lombar- 
derie .un". 1. Le cordouan de Montpellier 
et de Marceilles .lx. 1. La pelleterie de 
Marceilles .c. s. (Trad.cfune charte de 1212» 
Cartul de Lagny, Richei. 1.9902, f* 246 v°.) 

Nom de lieu, Lombarderie (Nièvre). 

lombardie, s. f., espèce d'étoffe, sorte 
de fourrure ou de doublure : 

Combien faut il bien de manteaux 
(Par vostre serment) de quarreaux 
(Pour la fourrer) de lombardie t 

(Pathelin, p. 140, Jacob.) 

Gardez vous bien vendre a l'homme ignorant 

Manlvais pour bon, le péché seroit grant, 

Et ne vendez par chère trop hardie 

Les peauli d'aigneaui pour fine lombardie. 

(J. Bouchet, Ep. mor. t x, 8, f* 43 r°, éd, 1545.) 

lombart, lum. t s. m., prêteur à in- 
térêts, usurier : 

Ne peut ne ne doit mètre euvre... soit 
ourdie ou sanz ourdir, en gages a juif, a 
lombart, ne a nul autre manière de gent. 
(E. Boa., Liv. des Mest, I e p„ xliv, 8, 
Lespinasse et Bonnardot.) 

Bon orfèvre et soutil lombart, 
Prestant or a autrui prière. 
(E. Dbschamps, Poés., Richei. 840, f° 356 r°.) 

— Adj., rapace, avide, dur : 



LOM 



LON 



LON 



Sont bien que cardonal gunt pernant et lumbart 
Coveitus sont d'aveir plus que vileia d'esaart I 
(Garkier, Vie de S. Thorn., Richel. 13513, 

f° 38 r°.) 

La rue des Lombards à Paris était à 
l'origine la rue des usuriers. 

LOMBERNE, VOÎr LUBERNE. 

lombet, s. m., longe : 

Un tombe* de pourceau. (Du VmE?,Pline, 
xxvnr, 11, éd. 1566.) 

lomblEj lonble, lumble, lumbe, timbre, 
lumbre, s. m., nombril : 

Que nos eiupirier nel pooit 
S*el lomble ne l'aconaivort. 

(Mousk., Chron., 5910, Reiff.) 

Petit a pries, a grant travail 

Li a boutée Dureadal 

Droit, parmi le lonble, ens el cors. 

(1d m ib., 6042.) 

Et doit on essambler toute la loieure sor 
le lombre dou braier. (Brun de Long Borc, 
Cyrurgie, ms. de Salis, f° 159 b .) 

— Au plur., reins : 

Li mien lumble empli sunt de illusiuns. 
/Lib. Psalm,, Oxf., xxxvn, 7, Michel) Var., 
fumbe. 

Justice sera ceinture de ses lumbres. 
(J. Goulain, Bation., Richel. 437, f° 77 h ,) 

Nombre, voir Lomble. 

lombric, lombryc, lumbric, - icque, 
lombris, s. m,, ver de terre, ascaride : 

La char qnaot ele muert fait mangier as Iumbris. 
(Du Mépris du siècle, Richel» 19525, f° 61 v«.) 
Contre aguilles, autrement nommées 
lumbriques, qui sont plus petis vers que 
filandres. (Tardif, Fauc, F i, éd. goth., 
s. 1. n. d.) 

Les petis vers et lumbricques. (Jard. de 
santé, I, 381, impr. la Minerve.) 

Ladicte mente tue les lombrys et vers du 
centre. (Platine de honneste volupté, f° 30 
v°, éd. 1528.) 

Prens Iumbris ou vers de terre telle 
quantité que bon te semblera et les distile. 
(Bastim. de receptes, f° 8 r°, éd. 1548.) 

Aulcuns ont escripl que telz intestins de 
terre, c'est a dire lumbriques, broyés et 
appliques sus la blessure des nerfz font 
soubdainement grand bien. (Tagault, 
Inst. chir., p. 403, éd. 1549.) 

Lombrics ce sont vers longs. {Evon., 
Trésor, c. vi, éd. 1555.) 

Que les dragonneaux ne soient vers sem- 
blables aux lumbriques. (Paré, vi, 23, 
Malgaigne.) 

La poudre des vers de terre, dicts lom- 
brics, bien laves, puis sèches, prinse avec 
une pleine cueilleree de vin blanc, est 
aussi bonne contre la jaunisse. (0. de 
Serr,, Th. d'agr., vin, 5, éd. 1605 ) 

Lombris, a ground -worme. (Cotgr., éd. 
1611.) 

Lumbrique; s. m., ver de terre ; il s'en 
engendre aussi dans le corps des enfans, 
(Oudin.) 

lombris, voir Lombric. 

lombryne, s. f., sorte de poisson : 
La lombryne est unp poisson semblable 

au corbeau de mer. (Platine de honneste 

volupté, f° 102 r°, éd. 1528.) 



lommie, s. f., sorte de fruit : 

Si mengut piertris, caurois, veel, mais 
ke ce soit au vert jus ou en vin aigre u 
au vin de puns ou a jus de somac ou a 
jus de citraciglea ou de lommies. (Ale- 
brant, Reg. de santé, Richel. 202Ï, f° 27 b .) 

lompuis, s. ni., sorte de légume : 
Farine de vesce, lompuis et leur sem- 

blablez. (H. de Mondeville, Richel. 2030, 

f« 65 a .) 

1. long, lune, lung, prép., le long de, à 
côté de : 

Lune un aller bêlement l'enterrèrent. 

(Bol,, 3732, Muller.) 

Les lermôs lung sa face li vunl jns dévalant. 
(Jord. Fantoswe, Chron., 498, Michel, D. de 
Nom., t. III.) 

Un jornal de vigne ke geist lonc Moselle. 
(Dec. 1243, collég. de Metz, Arch. Mos.) 

Saint Père sist lune lui. (Adieux de J.-C 
à N.-D., Richel. 19525, f» 10 v°.) 

— Selon : 

Lonc le servige li rendez son loier. 
(Ckarr. de Nymes, 717, Jonck., GuilL d'Or,) 

Cil molt loial conael et sain 
L'en dona lonc s'entention. 

(Chrest., du Roi Guill., 90, Michel.) 

ChaDterai lonc mon gens. 

(Guiot, Chans., I, 3, Wolfart.) 

Par coi scet cornent on doit 
Chascun jor vivre lonc son droit, 
En mangîer et en labonrer, 
Et en Dame Die a sorer, 
As saintes loiz et as an net. 
Et as saints jonrs solempnex, 
Lonc la constnme sainte Eglise. 

(Gautier de Mes, Image du Monde.) 

S J il vent, en romans don latin 
Li cuic si traire lonc la letre. 
(Liv. des estoires, P. Meyer. Romania %l\, 56.) 

Lonc mes nevres et ma justice 

Me randeis, Diens, lou mien servise. 

(Lib. Psalm., xvn, p. 272, Michel.) 

Il feroit la poinne que devisé y est lonc 
loumeffait. (1251, Bist. de Metz, III, 210.) 

Lonc le serviche le loier. 
(G. de Cambrai, Barlaam, p. Î8, P- Meyer.) 

Et a chascun il paiera 
Lonc ce qu'il aura deservi. 
(La Voie de Paradis, Richel. 837, Î Q 92 d .) 
L'an donons plain pooir de faire paiz et 
aliance do devant dit.evesque et de nos 
et des siens et des nostres lonc la parole 
do dit evesque. (1267, Cari, de Champ., 
Richel. 1. 6993, f° 415 a .) 

La u tuit seront acusé 

Et condampné lonc lor meffait. 

(Henart le Nouvel, 7598, Méon.) 

2. lonc, voir Loin. 

3. lonc, voir Long. 

loncel, voir LurssEL. 

lonch, voir Loin. 

londreis, adj., de Londres : 
Une pîecze de gris londreis. Tané lon- 
dreis. (1510, Invent, par la cour de 
Treourec, Arch. Finist.) 

1. long, lonc, loing, leng, loig, adj., éloi- 
gné : 



Quant maintes gens sont asamblees 
De lenges terres et de lees. 
(Jiîh. au Ris, Mir. de S. Torlu, Dinaoi, Trotw. 
artés., p. 238.) 

Les gens voisins manda, car il n'eust pas 
loisir de mander loings soudoiers. (Chron. 
de S.-Denis f I, 233, éd. 1493.) 

Habandonnee (la ville) a touttes incur- 
sions de gens d'armes et aultres malvueil- 
lans, seule, avironnee de touttes partes 
d'estranges contrées, lonce de comfort et 
soccour. (26 nov. 1484, Modération des 
cens, f°57 v% Arch. commun. Dinant.) 

— Faire les longs yeux, tenir les yeux 
baissés : 

Apres ce, se tourna le gentil roy par 
devers Lyonnel le bon chevalier qui es- 
toit assis a sa dextre et se humilyoit en- 
vers luy et luy dist : Lyonnel, beaux 
amys, moult dous avez fait longz yeux 
long temps et a toutes foys soyez vous le 
bien venu. (Perceforest, vol. II, f° 129 d , 
éd. 1528.) 

— S. m., longueur, côté : 

Tenant d'ung long a... et d'autre long... 
{1578, Partage, Hospice de Gierj, Fonds 
des Ursulines, série III B, cote III B3.) 

Par un long... (Ib.) 

— Espace, distance : 

Devant l'est chevancha le loig d'une traitie. 
(J. Boo., Sax., clixix, Michel.) 

— Au long de, loc. prép., tout le long 
de : 

Et au matin bien main qant il ot oi 
messe monta et erra au lonc du jor, 
(Artur, Richel. 337, f* 176».) 

Vint livres de rente annuelle et perpe : 
tuelle, a distribuer egaument a ceulx qui 
seront au lonc des dites messes. (1391, 
Arch. JJ 140, pièce 93.) 

Et avoient tendu kainnes au loing des 
rues. (Froiss., Chron., IV, 374, Luce, ms, 
Amiens, f° 101.) 

— Du long, loc. prép., tout le long de : 

Cela faict, revint a son siège, ou il y 
avoit cinq degrés, et n'en bougea du loing 
la messe, si non quand vint que l'on de- 
voit lever Nostre Seigneur. En ladicte 
messe furent cantees deux epistres et 
deux evangiiles en grec et en latin, et fut 
servy du long la dicte messe par le sei- 
gneur de Montpensier et monseigneur de 
Bresse. (J. Molinet, Chron., ch. cclxxx, 
Buchon.) 

— Du long, loc. adv., complètement, 

d'un bout à l'autre : 

Elle luy compta du long les parolles 
qu'elle luy avoit oy dire, (MaRG. d'Ang., 
HepL, lxx, Jacob.) 

— Le faire long, être long à quelque 

chose : 

Dieui que vous le faites long. 
(Filb. Bretin, Poés, amour., le lever de sa 
maistresse, éd. 1576,) 

— La faire longue, tarder : 

Que cils lombars le fait longe t il nous 
fait ci morir de froit, (Froiss., Chron:, 
V, 237, Kerv.) 

_. Traîner de longue, traîner en lon- 
gueur ; 



t. v 



26 



LON 



LON 



LON 



Comme cela traisnoit de longue et que 
rien ne s'effectuoit touchant les disposi- 
tions volontaires que Von demandoit. 
(1406, Instruct. touchant le schisme, ap. 
Godefroy, Annot. sur Vhist. de Ch. VI, 
p. 614, éd. 1653) 

— Tirer de longue, tirer en longueur, 

s'enfuir : 

Tirer de longue, passar de larga, hazerse 
alalarga.(C, Oudin, Dici. /r.-e$p.,éd. 1660.) 

— S'en aller de longue, continuer sa 

route : 

Si au retour dudit évêque, Sa Majesté est 
encore a Fontainebleau, il l'y verra, sinon 
je lui feray trouver ici sa dépêche, pou r 
t'en aller de longue. (Mêm. de Bellievre et 
de Sillery, p. 36, éd. La Haye, 1696.) 

2. long, voir Loin. 

LONGAGNE, VOÏr LONGAIGNE. 

longaigne , longuaigne , longaingne , 
lungaigne, longagne, longainne, longaine, 
longuaine, longayne, lungainne, lenguaine, 
s. f,, Utrine, cloaque, lieu infect : 

Si emportèrent l'ydle e la statue Boal 
hors de sun temple, si Tarstrent e tut le 
temple destruistrent, si en firent lungai- 
gnes el despit Baal. (Bots, p. 384, Ler. de 
Lincy.) 

Ha 1 Sathan fel et plains d'engaiDgnes, 
Sires des merdes, des longaingnes. 
{Giff., .th. Est. du monde, Richel. 1526, 
f» 116*.) 
Car eus tenent ausi grant plet 
De gisir en une grant lungainne 
Cum el plus beau temple d'Espainne, 
(Chardrt, Set dormons, 342, Koch.) 

Il chiet adens eu la longaigne. 

(GtB. de 'Mohtr., Violette, 3763, Michel,) 

Puisque li ors et li argent 

Est tornex a la fauie gent, 

Qaar des terres et des montaignes 

Descent li trésors a longaignes, 

Si avalent li moni as Tans 

Que les merdes vont as cheraus. 
(De quoi viennent li traiter, Richel. 19152, 
f*34*.) 

Et eus getei en la longuaigne. 
(J, Bretbl, Tourn. de Chautenci, 564, Delmotte.) 

Miels vos Tenist or en dortoir 
Dormir, que en ceste longaigne. 
(Du Segretain moine, Richel. 19152, f° 37*,) 

Beaus sire, tos et vostre gieus 
Fussiez ore en une longaigne, 

(Du Foteor, Richel. 19152, f° 48 d .) 

Délivre* tous de la longaine ; 
Faites bien tant corn vous porres ; 
Petit trouYem qui tons plaigne. 
{C'est li mariag. des fill. au diable, Jab., Nouv. 
Rec, 1, 286,) 

Hec furica, hec cloaca, longaine. (Gloss, 
de Glasgow, P. Meyer.) 

Latrina , longainne. (Pet. Vocab* lat.- 
franç. du xri* s., Chassant.) 

E si s'en essi de la cité, mes co fu par 
mi les lenguaines. (Chron. de Turpin, Ri- 
chel, 5714, f°49*, Auracher.) 

Dieu I corne cesti dorreit graunt flaul 
En une longayne, s'il cheit de haut, 
(Le Roi d'Anglet. et le jongl. d*Ely, ap. Michel, 
la Riote del monde, p. 41 .) 

Reporter le lavai en la longaingne. 
(Joinv., S. Louis, cxiijWailly.) 



CierteSj distli cuens, je ne sai que vous 
en feres ; maie, se joue estoie conme de 
vous, et lor cors fussent contre moi et lor 
cuer deviers moi, se jou les cuers dont H 
cors seroient contre moi tenoie en mes 
mains, je les jeteroie toz en une orde 
longagne. (Hist. des ducs de florin, et des 
rois d'Anglet., p. 100, Michel.) 

— Excrément : 

Si avoient aparilie la puinesie et la lon- 
gaigne, si li ruoient sor la teste, (Ghron. 
d'Ernoul, p. 94, Mas-Latrie.) 

Pisas el longuaines. (Est. de Eracl. Emp.> 
xxili, 14, Hist. des crois.) 

— Chose sale, chose de très mauvaise 
qualité : 

Et vos plorastes por un cien de longai- 
gne. Mal dehait ait qui ja mais vos prisera ! 
[Auc. el Nie, p. 29, Suchier.) 

Ja ne vous leroie bouter 
Vostre longaigne de boiel. 
(Pescheor de Pont sur Seine, 56, Montaiglon et 
Raynaud, FabL, III, 70.) 

LE DRAPPIER. 

Aulneray je par arrière ? 

PATEUN. 

Nenny, ce n'est qu'âne longaigne ! 
Il y a plus perte on plus gaigne 
En la marchandise. 

(Patkelin, p. 36, Jacob.) 

— En parlant de personne, terme d'in- 
jure grossière répondant au mot excré- 
ment : 

Tel poor m*a il ores fête, 
Ceste longaine, ceste se te, 
Une longaine, une priveise, 
Fons est qui de lui s'apriveise. 

(Renart, Br. VU, 787, Martin.) 

Monseigneur Jehan de Biaumont, le bon 
chevalier, J'qui estoit son oncle et avoit 
grant talent de retourner en France, l'es- 
cria moult felonnesaement et li dit : Orde 
longaingne t que voulez vous dire ? (Joinv., 
Hist de St Louis, p. 129, Michel.) 

longaigneur, longaneur, s. m., vidan- 
geur : 

Pierre Longaneur, (Taxe de 1385, Paroisse 
St-Georges, Arch. mun. Abbeville CC 30.) 

long MGTimnJonguaig nier, longuagnier, 
s. m., vidangeur : 

Parla forfeture du corps Jehan de Cor- 
beuil, jadis longuaignier. (1325, Arch. S 
5063, pièce 23, Suppl.) 

Mes il ne pooit trouver le corps de Ste 
Concorde, car il avoit esté gecté en une 
chambre aesiee.... si vint a ,i, longuagnier 
qui avoit non Hyreneus... et li dist ; Garde 
mon secret et trai hors le corps de Con- 
corde de la chambre coie. (Légende dorée, 
Maz. 1333, P» 196 b .) 

longain, - ein, loinguein, adj., long : 
Que trop seroit longaine matere. (Voy. 
de Marc Pol> c. xix, Roux.) 

— Éloigné, lointain : 

Et vit que aucunes parties del ciel 
estoient loinguegnes des habitans de terre. 
(Introd.d'Astron., Richel, 1353, 1° 7 v°.) 

— Adv., longtemps : 

Et nous dientles fisechiens que sa feivre 
ne li puet pas longein durer. [Lett. de la 
Duch. Blanche au roi d'AngleL, Morice, 
Hist. de Bret,, I, 997.) 



LONGAINE, VOir LONGAIGNE. 

longainement, longennement, adv., 

longtemps : 

îlloynes y ot eiut devant longennement. 
(Jea. des Preis, Geste de Liège, 27550, Scheler, 
Gloss. philol.) 

longaing, s, m., syn. de longaigne : 

Par saint Lagado de Bretaing 
Vous serez mis en .1. longaing. 
(Privilège aux Bretons, Jub., Jongl. el Trouv., 
p. 60,) 

longaingne, voir Longaigne. 

LONGAINQUITÉ, VOir LONGINQUETÈ. 
LONGANEUR, VOir LONGAIGNEUR. 

longanimité, s. f., éloignement, dis- 
tance : 

Selon la longanimité des pays. (1330. 
Ord., h , 59.) 

longaon, s. m,, rectum, gros intestin ; 

Cil lieus est cartillaginous, et en l'extre- 
mite dou longaon est terminé ce qui con- 
tient le pertuis. (Brun de LONG Borc, 
Cyrurgie, ms. de Salis, f° 87 e .) 

La fistule passant au boiau culier dit 
longaon sus les muscles separans les 
fèces. (H. de Mondeville, Richel. 2030, 

On congnoit tenasmonpar ce que la dou- 
leur ne monte pas entre le nombril, mais 
est entour longaon et entour le cul avec 
pointure. (B. de Gord., Pratiq., V, 15, 
éd. 1495.) 

L'orifice de longaon. (Triumphe de dame 
Verotle, Poés. fr, des xv« et xvi° s., IV, 
276.) 

longauder, v. n., traîner en longueur : 
Chil ouvrier par journées ne font for» longarder, 
(Gilloi le VIoisit, Poés*, II, 8i, Kerv.) 

LONGAYNE, VOir LONGAIGNE. 

long bois, s, m., pique ; 

... Le massacrèrent de sept coups, tant 
de long bois que d'espee. (1562,, Hist. de la 
sédit. de Saint- Médar d , Arch, cur v I e " sér., 
IV, 53.) 

Le fer bien acéré de mon aigu long bois. 

{Jamyn, Iliade, xin, éd. 1577.) 

Arec l'aigu long bois il presse et fait carnage 
De ceux qui l'attaquoient. 

(ID., t*., XV.) 

Appian escrit qu'estant occis César, l'un 
des conspirateurs éleva sur le bout d'un 
long bois ce chappeau par lequel il appel- 
loit le peuple Romain a liberté. (A. Le 
Pots, Disc. s. les medall. ant., f« 107 v°, 
éd. 1579.) 

1. longe, prép., pendant : 

Et si ne soit nus si hardis qui ki venge 
sen sel plus kier longe le semainne k'il ara 
vendu le deluns en plain markiet. (Bans 
d'Hénin, Rec. d'act. des xn* et xm ô s. eu 
lang. walL, p. 405.) 

2. LONGE, VOir LOIGNE. 
LONQECE, VOÏr LONGUEGli. 
LONGECHE, VOÏr LONGUECB. 
LONGEICHK, VOÏr LONGUEGE. 



LON 



LON 



LON 



27 



LONGEIN, VOir LONGAIN. 
L.ONGEMANT, VOir LONGUEMENT. 
LONGENNEMENT, VOir LONGAINEMENT. 
LONGERE, VOIT LONGIERE. 

longes, lunges, longues, longhes, ton- 
guez, adv., longuement, longtemps ■ 

Se je vif longes tart iert li repentirs 

(Les Loh., ras. Berne H 3, f° 48 e .) 

Se longes dure nos somes escarni. 

(/*., f° 52 b j 

Se je vif longues bien te sera meri, 

(» M Ars. 3143, f° l2 a ,) 

flom desleaus ne puet longues garir, 

(/A., ms. Monlp., f° 49 a .) 

S'est sage chevaliers, moult puet longes durer, 
(/*., Romaoia Vl, 488.) 

Ne puet estre longes celée 
Parole... 

(Wace, Rùu, Richel. 375, P 22G a .) 

Lunges dura cel assaut. 
(Jord. Fantosme, Citron*, 1217, Michel, />. de 
Norm., t. M.) 

Ke hom après longes em pleure. 
(Délivr. du peup. d'isr., ms. du Mans 173, 
f° 13 v .) 

Li flz Girart deust or iestre ocis, 
Sô il vit longues, il iert nostre annemis. 
(Jourd. deBlaivies, 685, Hoffmann ) 

Tantost, sanz lunges atendre, 
Fiat mat largement despendre 
De snn trésor ki est mut grant 
A menestraus ki li furent devant. 

(Chardry, Set dormans, 1785, Koch.) 

De ses eles ad longes batu. 
(De Pèches, ma. Cambridge, Univ. E e. I. 20, 

f d 4''.) 
Mes jeo ne sei canme lunges i converse. 

(De S. Alexis, Richel. 19525, f° Î7 r\) 

Jubar longes en pes se tint 
Tant fu suspris et esbai 

(Protheslaus, Richel. 2169, P 21 1 '.) 

Ele Tôt lunges suef gardé. 

(Ib., f°26«.) 

Se longues dure en vie et en santé. 

\Enf. Ogier, 4390, Scheler.) 

Tant com longes i demora, 
De lui honerer se pena. 
(Rem. de Beadjeu, UBiam Desconneus, 3618, 
Hippeau.ï 

Miex voudroie estre mort que longuez chi languir. 
(Doon de Maience, 1301, A. P.) 

Rois sera H siens enfes se longues a vesqny. 
(Charles le Chauve, Richel. 24372, f° 23 a .) 

Ja li h on me ki est sages 
Entre mais veisinages 
Longes ne demorra. 
(Prov. del vilain, ap, Ler. de Lincy, Prov ) 

K*ele n'i volt plus longhes mètre. 

(Renart le AW., 4i40, Méon.) 

Que longes par pais aler 

Fait molt tost reserabler truant. 

(Vie du pape Greg., p. 91, Luzarche.) 

Saches que vos n'en goires mie longes, 
ains en pores bien tuit perdre les vies, 
(Esiories Rogier, Richel. 20125, f» 73 a .) 

Et Panalois mainent revel, 

Mais pas n'y quierent longhes estre. 

(Pastoralet, ms. Brux., f° 45 v°. ) 

— A longes, pendant longtemps : 



Ausi cuni oisel snnt joios 
Encontre ie dulz tens pluios, 
Ksteient cist joios e lié 
Quant a longes s'erent baigné. 
(Ben-, D. de Norm., II, 142: 



Michel.) 



- Par longes, longuement : 

Asses fu par longes retrait 
Ço que Gooor ot dit et fait. 

(Wace, Rou, UicheL 375, f° <220 b .) 

LONGGER, VOIT LOIGNIBR. 

LONQHECHE, VOir LONGUECE. 

LONGHES, VOÎr LONGES. 

longhet, voir Onguel. | 

LONGHUESSE, VOÎr LONGUECR. j 

i 

longié, adj., tissu : 

Et si li a un laz baillié 
Que sa fille li ot laissié ; 
De ses cheveus estoit longiez. 
(Plôire et Blanche/lor, 2* vers., 1797, du Méril.) 

longïëre, longere, s. f., linge beaucoup 
plus long que large, essuie-mains : 

.XXI. draps de lit, quatre' touailles, deux 
longieres. (1389, Arch. JJ 138, pièce 145.) 

.v. longieres de doubtiers. (1409, Déôlar. 
des biens de Clisson, f dl Bizeul, Clisson, 
Bibl. Nantes.) 

Une pièce de doubliers de Venise garnie 
de longieres, contenant .xliii. aunes, dont 
on a fait dix nappes. (1450, Compt.de Vhôt. 
du roi Ch. VII, ap. Douët d'Arcq, Compt. 
de l'hôt. des R. de Fr. y p. 331.) 

Une longiere fine du grant tablier. (Vente 
des biens de Jacques Coeur, Arch. KK 328, 
f°492v*.) 

Et peut avoir telle pièce de tabliers ou 
longieres ouvrée qui lui empeschera son 
mestîer demy an, (1481, Ord-, xvm, 626.) 

Des amoureux qui montent et devallent 
de nuyct du hault de deux ou troys estaiges 
par une touaille ou longiere pour entrer en 
une maison sans eulx blesser ou malfaire. 
(M. d'Auvergne, Arr. d'am., xxix, éd. 
1533.) 

Deux bassins et deux longieres pour 
laver les mains en chapitre. (1500, Ste- 
Croix, Arch. Vienne.) 

i — Mesure de terre : 

| Longeria terre. (Titre du 3 mai 1423, S.- 
Pierre-le-Puellier, 1. 17, Arch. Vienne.) 

Était encore en usage avec ce sens, dans 
le Poitou, au dix-huitième siècle : 

Longere de terre. (Pièce de 1737,, Arch. 
Vienne.) 

— Terme d'architecture : 

S'ensuit ce qu'est neccessaire a faire de 
maçonnerie en la chambre du conseil : 
c'est assavoir une longiere de mur qui a 
trente piez de long ou environ depuis la 
longiere delà salle jusques a l'autre pignon 
devers la douve. (3 juill. 1466, Cotnpt, du 
R. René, p. 25, Lecoy.) 

Aussi auront deux piedz de haulteur sur 
la vaouste, non comprins les longieres de 
la muraille qu'il sera tenu faire sur ledit 
pont et aux deux coustez d'ycelluy, les 
quelles longieres auront troys pieaz de 
haulteur et ung pié d'eppes. (1531, Marché 
p. la construct. d'un pont d Craon, Chart. 
de Thouars, Arch. M.-et-L.) 



Faire les longeres de muraille et voultes 
pour porter et tenir les terres de la dicte 
plate forme. (26 mars 1592, Marché, Arch. 
Maine-et-Loire, E, not. Grudé.) 

longieul, s. m., couverture tissée : 
Longieul ou flossaie, 1. lodex. (1464, J. 

Lagadbuc, Catholicon, éd. Auffret de 

Quoetqueueran, Bibl. Quimper.) 

longinqueté, longinquité, longainquité, 

longiquité, loinginquité, s. f., longueur, 

étendue : 

La longainquité de vie que par la grande 
miséricorde de Dieu il a eue, luy tournera 
a malédiction. (Mer des hystoir., t.I. f ô 22* 
éd. 1488.) 

Par la longiquité du temps. (Ib,, f°52v<>.) 

Etn'y avoit forteresse qui par loingin- 
quité de guerre ne fust subversee, (Bour- 
going, Bat.jud., vu, 69, éd. 1530.) 

— Éloignement, grande distance : 

Selon la longinqueté des lieux. (Li 
Ordin. maistre Tancrei, Richel. 25546, 

fo 3v«.) 

Et de faict s'i fust il opposé vindicative- 
ment s'il eust esté sus le Heu ou près de la, 
mais la cogitation de la longinquité le re- 
primoit. (Bourgoing, Bat. jud., v, 26, 
éd. 1530.) Impr., longingnité. 

longinquité, voir Longinqueté. 

longiquité, voir Longinqueté. 

longiSjS. m., homme lent, lambin : 

Certes, m'amye, je vous assure 
Que, depuis environ huit jours, 
J'ay fait plus de quarante tours 
Icy entour vostre logis ; 
Mais toujours vostre grtnd longis 
De mary présent y estoit. 
(Farce du Badin qui se loue, Ane. Th. fr,, I, 187.) 

Se dit encore dans la H. -Norm., valiée 
d'Yères, dans le Maine et même populai- 
rement à Paris. 

longisme, adj., très long : 

..... Un longisme bâton. 

(PrUe de Pampel., 36, Mussaûa.) 

longitude, s. L, longueur, durée ; 

La longitude et l'altitude 
De toy, profondeur et haultesse, 
Loonâ. 
(Pass. deJ.-C, ms. Valenciennes 560, f° 3 v°.) 

Je te donneray longitude de jours. (Fer- 
get, Mirouer de la vie hum., f» 146 r°, 
éd. 1482.) 

Àffin aussi que je habite en la maison du 
Seigneur Dieu, en la longitude des jours. 
(Lef. d'Etaples, Psaum., xxn, éd. 1530.) 

1. LONGNE, VOirL,UGNU. 

2. longne, voir Loigne. 

longné, adj., frotté à la pierre d'ai- 
mant:' 

Nus deicier ne puet ne ne doit fere n'a- 
chater dez longnez, ce est a savoir dez fro- 
tez a pierre, car l'euvre est fausse. (E. 
Boa., Liv. des Mest., 1" p., lxxi, 12, Les- 
pinasse et Bonnardot.) 

LONGNEE, VOk LOIGNEE. 
LONGNET, VOir LOIGNET. 



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LON 



LON 



LON 



LONGNIER, VOIT LoiGNIER. 
LONGNIEHE, S. f., loilg fécît, ÙlStOi t'e 

allongée : 

La dame fut lye de grant manière de son 
seigneur qu'elle sçavoit arrière pour les 
grans biens que eeulx luy en disoient : 
mais ly faulx home lui en raisoit longniere, 
pour mieux sçavoir d'elle a sa manière, se 
son cueur oste de Margon qu'il prisoit. 
(Perceforest, vol. V, fMll ( , éd. 1528 ) 

longoier, v. a., faire attendre : 

Or sachies bien que moult li grieve 
Qu'ele le ya si bngoisnl. 
{D'un Sûticretain, Ara. 3527, f°181 b .) 

longre, s. f., nappe longue, essuie- 
mains : 

Napes, touuailles, longres, tasses d'ar- 
gent,.. {Manière de langage, p. 384, P. 
Meyer.) 

Et la endroit n'en luy donne de l'yauve 
a laver ses mains, et luy apporte une 
longre de les essuer. (Ib., p. 393.) 

Cf. Longiere. 

LONGTAIN, VOir LOINTAIN. 
LONGTAINETÉ, VOÎr LOINTAINETÉ. 
LONGUAGNIEH, VOÎr LONGAIGNIER. 
LONGUAIGNE, VOir LONGAIGNE. 
LONGUAIGNIER, VOÏr LONGAIGNIER. 
LONGUAINE, VOÎr LONGAIGNE. 

longuece, longh., long., Lung., - esce, 
~ esse, - eice, - eche, ~ esche, - eicàe, - ecce, 
longhuesse, s. f., longueur, au propre et au 
figuré : 

.vin. cenz Unes a de lungece. 

(Brut, ms. Munich, 7, Vollra.) 

Abbes, fisgarde le long eche 
De ton haston, corn il se drecho. 
(Résolus de Moiliens, de Canif, cm, 1, 
Van Hamel.) 

Ke vos poiez conpanre ensamble toz les 
sainz, quels soit li largesce, H longesce, li 
haltesce et U perfondesce, {Greg. pap. 
Hom., p. 49, Hofiaann.) 

,i. candeler de la longhece d'un char. 
(Artur, ms, Grenoble 378, f» 2 e .) 

Par longuesce de tens. (Brun. Lat., Très., 
p. 319, Chabaille.) 

Je le ranpliray de la longueese des jours 
pardurables. (PsauL, Uichel. 1761, f° 112 e . \ 

Kt ea traviers et en longeçce 
Et en costiere et en largecce. 

(Mousk., Chron., 12863, Reiff.) 

Et quiert tos tans k'il ajoingne adies se 
keue a se teste (un poisson), et ne le 
puet pour le grant longeche. (De Saint 
Brandainne le Moine y p. 69, Jub.) 

.xli. aune de longeiche. (1266, Bans des 
buriaus, Bans aux échev., 00, f° 17 v°, 
Arch. mun. Douai.) 

De longeice. {Ib.) 

Longheche et largeche de le draperie. 
(1282, Reg. aux bans , Arch. S.-Omer, AB 
XVIII, 16, n« 614.) 

Et n'ont pas le corps de grant longheche. 
{Remèdes anc t , Richel. 2039, 1° 12 r°.) 

Et fist le cors mètre en .!♦ vaissel d'a- 
rain et de cuivre de chascune partie gros 



de la longuece de .v. piez. (Chron, de 
France, ms. Berne 590, f° 10 l d .) 
Por la longuece du cors. {Ib., f» 8 a .) 

Espee de longuece couvenable. [Vie Char* 
lem.y ms. Berne 41, f° 12 a .) 

Grosismes sunt (ces hommes) come il 
est convenable a lor longesse. (Voy. de 
Marc Pot, c. exer, Roux.) 

.xmi. pies de longece, (Estories Rogier, 
Richel. 20125, f° 14<) 

Luy monstra ung champ environné de 
murs diligemment culture et complanté 
d'arbres, et comme Lisander s'esmerveil- 
last pour les tonguesses des arbres et pour 
leurs droites renges en quoy les arbres 
plantez estoient a cinq piezl'ungde l'autre.,, 
(Laur. du Premïerfaît, Traictiê conso- 
lalif de vieillesse, Richel. 10Ô9, î 9 107 v<\) 

Tant sceussent ilz bien parler que 
amour en cueur bien embrazé se sceust 
desfaire ne deslier si non d'elle mesmes par 
longuesse de temps. (Troilus, Nouv. fr. du 
xiv» s„ p. 138.)' 

Et comment se osèrent ilz combatre, qui 
sont si menuz et petiz de corps contre la 
haulteur et longuesse des Allemans. (Traité 
des Tourn., Richel. 1997, f° 9 r°.) 

Prolixitas, lis, longuesse. (Gloss. lat.-fr., 
Richel. 1. 7679, f* 233 r<\) 

Proceritas, longuesse ou hautesse. {Gloss. 
de Salins.) 

Longuesce, hautesse, proceritas. (Gl.gall.- 
lai., Richel. 1. 7684, ) 

Par la longuesse du temps qu'il les avoit 
norrys. (G. Ghastell., Chron. des D. de 
Bourg., 111, 79, Buchon t ) 

Cent milles de longhuesse et ,xt. de 
largesse. (Fossetier, Cron. Marg., ms. 
Brux. 10S09, P 44 v*.) 

Et n'as point demandé longuesse de jours. 
(Le Fevre d'Est., Bibl, Rois, 1TI, 3, éd. 
1534.) 

— Dans les exemples suivants, toru 
guece paraît désigner une petite cire 
longue et mince comme celle avec la- 
quelle on allume les lampes : 

A Jacqmou de Warenghien, pour une 
longheche (des chires) devant Nostre Dame, 
donnet par eschevins et wit bonmes... 
(1338, Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. 
Amiens.) 

Pour offrandes et longheces offîertes par 
les dis kevaus le jour St Eloi. (Compt. de 
1368, Arch. raun. Valenciennes.) 

i. longuel, adj-, un peu long ; 

Le cors avril auques longuel, 
Bien s'afubloit de son mantel. 

(Ben., Traies, Richel. 375, f* 79*.) 

2 longuel, voir Onguki*. 

longuement, longemant, s. in., pro- 
longation, délai ; 

Se consoilier t'an doiz, n'i met pas longemant, 
(J. Bod., Sax., lyii, Michel.) 

La dame de Falwy commanda a son 
bailli qu'il feist prisonnier son sergent et 
y pourveist d'un autre sergent , lequel 
bailli... y mist longuement, cuidant que la 
ditte dame se deust raviser. (1408, Arch. 
JJ 163, pièce 170.) 

longuerie, s. t., longueur, prolonga- 
tion, délai : 



Ce qu'il y a de vif et de mouelle est 
estouûe par ces longueries d'apprêts, 
(Mont., Ess., II, 10, p. 205, éd. 1595.) 

Tibère, adverti de ceste émotion, n'en 
feit pas grand compte et sembloit nourrir 
la guerre par sa longuerie. (Fauchet, 
Antiq. gaul. } I, 18, éd. 1611.) 

Et combien qu'il eust de grandes forces, 
il sollicitoit neantmois Galbe de recevoir 
l'empire; la longuerie duquel le contraignit 
de se nommer empereur. (le, ï&., ï, 19.) 

U n'y a rien qui matte tant le François 
que la longuerie ; ostez luy une victoire 
prompte des mains, vous obtenez sans 
coup ferir la plus grande partie de la 
vostre. (Pasq., Lell., I, 169, éd. 1619.) 

longues, voir Longes. 

longuesse, voir Longuece. 

longuet, adj., un peu long : 
Une longuete boicte plate et noire. (1474, 
Inv. des bagues de Gabrielle de Latour, 
Ann. de la Soc. de l'hist. de Fr.. 1880, 
p. 285.) 

Les bleds, les orges, les avoines... 
N'ont elles- pas leurs pailles blondes, 
Ensemble longuettes et rondes ? 
(Louanges de ta bosse, Cabinet satirique, p. 656, 

éd. 1624.) 

— Adv., un peu longtemps : 
Gésir longuet pour eschever labour. 
(E. Deschamps, Poés., Richel. 840, f°214 d .) 

Nom propre, Longuet. 

longuete, s. f., longueur : 

Li premiers mos mostre la longuete de 
sa trinité. (Laurent, Somme, Richel. 22932, 
f° 43 e .) 

Ses dens aguisiees et Ions corn longuete 
de très. {Hagins le Juif, Richel. 24276, 
f° 24 v°.) 

La longuete de sa vie. (Jard. de santé, 
II, 30, impr. la Minerve.) 

longuetement, -etlement, adv., dim. 
de longuement : 

La de mou ra y longuetement. 
(G. Mack., Poés., Richel. 922l,f°36\) 
Quant dansé orent assez longuetlemenl 
Tant que chascun suoyt en son harnois, 
(Banquet du boys, Portef. de l'Ami des livres.) 

Longule, un peu long, longuetlemenl. 
(Fed. Morel, Diclionariùlum, 1633.) 

longuir, v. a., allonger : 

A longuir Talée du premier bateiz. 
{Compt, de Nevers, 1389-92, CG 1, .f° 7 r°, 
Arch. mun. Nevers.) 

longuue, s. f., longueur : 

La longure de .xxvm. aulnes. (Stat. 
d'Edouard III, an .xlvil, impr. goth., 
Bibl. Louvre.) 

lonisien, voir LaonISIen. 

lonnonnette, s. f., pinceau : 

Une livre de soie de pourcheau pour faire 

lonnonnettes pour blanchir une chambre. 

[Compte de 1539, Béthune, ap. La Fons, 

Art. du Nord, p. 196.) 

lons, loins, luinz, loings, loinglz, adv., 
à une grande distance dans l'espace : 

Ne luinz ne près ne poet vedeir si cler 
Que reconuisset nisun hume mortel. 

(Hol.i 1992, Muïler.) 



LOP 

Plus est la chose loings et plus satnble 
petite. (Evrart de Conty, Probl. d'Arisl, 
RicheL 210, f° 76 e .) 

Maiz ilz n'allèrent guairez luinytz que ilz 
ne s'en retournassent en leur dite bastille, 
f J. Chartïer, Chron. de Chart. VIL c. 37. 
Bibl. elz.) 

— Longtemps : 

lie ! belle, plaisant, douce amie, 
En guéridon veil demandeur 
A vos ke me fa i des aide 
Del mal ki si ions m'ont dureit. 
(Pigeons pe t,AE Capelle, Chans., ms. Berne 
389, t° 99 r°.) 

— Lons de, loc. prép., loin de : 

L'uqs voise a INeUe et l'autres a Ghauni, 
L'autre a Peronue qui n'est pas Ions d'enqui. 
(Gar. leLoh., 2 e chans., xn, p 228, P. Paris.) 

Et manderai de mes riches amios, 
Aabri mon frère, et l'alleuaant Ouri, 
Gautier d'Hanau, Huoa de Cambresis, 
Me3 ensins sunt ; ne sunt pas lons de ci. 

(/£., 3 9 chans., x, p. 250.) 
Comme sont loins de celé hautesce ceus.. 
{Mir. du monde. La Sarra. Chavannes, 
p. 33i.) 

.i. castel a veut tons de lui aa chemin. 

(B. de Seb. t u, 129, Bocca.) 

— Lons, prép., le long de : 

En un pré lons un destour. 

(Rom. et Past. t Bartach, I, "21,3.) 

Lons les rans vinrent costoiant, 
(BRiiT., Toum. de Chauv., ma. Oxf., Douce 308, 
f°,ti2.) 

lonsel, voir Luissel. 

lontain, voir Lointain. 

LONTAINEMENT, VOlf LOINTAINEMENT. 
LONTENEMEXT, VOÏr LOUYTKNEMKNT, 
LONTEY, VOir LOIGNETJÉ. 
LONTIEGNETÉ, Voir LOINTAINETE. 

lontiengïn, adj.,, lointain : 
Se aucuns est en pèlerinage, comme a 
Rome ou outremer, ou en lôntiengin pais 
etli anz passe, puet il cbalongierquant il 
sera venuz? (Liv. de jost. et de plet, IV, 8, 
§ i, Rapetti.) ' ' 

LONTIENGNEMENT , VOir LOINTAINE- 
MENT. 

lonze, voir LOIGNE %. 

loo, voir Lof. 

looier, voir Loier. 

loonïsien, voir Laonisien. 

loos, voir Los. 

loouis, voir Loeis 2. 

lope, loppe, loupe, louppe, touffe, lufe, 
s. f., agitation de la langue par dérision, 
grimace en général : 

Dieusl des miracles qu'ont retrait 

Pour qu'est nus tieus que langue en trait, 

Ne fait la loppe, ne fait la lippe. 

(G. DE CotNCI, Mir., ms. Soiss., f» 210». ) 

Ses conpainz lors H fist la lope. 

(1d m ib., ras. Brux., f» 175*.) 



LOP 

Et Renart 11 a fel ta lope 
Porce que si toat Jo descoit. 

(Renari, Br. r, 544, Martin.) 

Qant ranjposues ot assez faites, 
Louffea et moes pluseurs traites, 
Tournes s'en est, 

(Ik, Br. VI, 257.) 
Atant se part Isengrins de Henart, et 
Renarz li fait la toitpe. (MÊN. de RtfiMS, 
416, Wailly.) 

Adonques a cil Je reaon 

Qu'il l'a trai, si n'i a coupes ; 

Et non pourquant l'en fait on loupes. 

(ousk., 'Chron., 2-2940, Reiir.) 

A elles n'en est point la coulpe, 
Mais oq eu doit faire la loupe 
A tout homme qui les desprise. 

(De Uesse, Vat. Chr. 1M9, f d 37V 

Les uns sunt si très mokauns, 
La lufe et la mowe vont fesauns, 
Graot orguH est ceo, sachetz. 
(De Pèches, ms. Cambridge, Univ. E e. I. 20, 

f° 2l a .) 

Et quant Bauduins l'ot, durement s'en fourgoe, 
En derrière li fait le loupe* et puis le tr.oe. 

(8. de Seb., vi, 656, Bocca.) 
Renart li fist cent loupes 
j En derrière. 

! (lien. le Nouv., 3160, Méon.) 

Dont aux seigneurs en est grant coupe, 
Bien leur doit on faire la loupe, 
Quant les are sont ainsi péris 
Par eulx, et les mauvais chieris 
Et exauciez en hanlt degré. 
(J. Le Feyre, la Vieille, 1. I, v. 2039, Cocheris.) 
Se font a leur norisces, quant H sont grant, le loupe. 
(Gellon le Moisit, li Estas de tous gem séculiers, 
II, 26, Kerv.) 

Et se font les signours par derrieie le loupe. 
(Id., »*., II, 154.) 

Et la sô souille comme uns pors, 
Au retour m'en fait grigne et louppe. 
(E. Deschahps, Poés., RicheL 840, f° 449 a .) 

M*en est que ne puisse durer 
Ne telle douleur endurer 
Et Raison mô face la loupe. 
(Froiss., Poés., III, 157,26, Scheler.) 

lopet, loppet, s. m., celui qui se moque 
des gens en faisant la grimace, gouailleur, 
vaurien : 

Et ausi y (à Liège) truve on des malcortois loppes, 

Et des cortois ausi. 
(Jeh. des Prkis, Geste de Liège, 10491, Scheler, 
Gloss. philol.) 

Quant l'entendit Basin, se respont li lopes. 

(Id., ib.t 14487.) 
Cf, LOPE. 

LOPIDANE, S. f. ? 

Ladicte justice faite, ilz furent apportez 
en la ville et sepulturez en la lopidane. 
{Chron, des Pays-Bas, de France, etc., 
Rec. des Chr. de Fland., JII, 396.) 

lopin, loppin, s. rn. } morceau. Signifi- 
cation conservée. 

— Aimer le lopin, aimer, rechercher les 
bons morceaux, les repas fins : 

Femme qui aymô lé lopin, 
Le vin et les frians morceau Ix. 
(CoQinuART, Nouv. Droitz, l re part., -le Pre- 
sumptionibus, I, 104, Bibl. elz.) 

— Morceau empoisonné, poison ; 
Michiel Renart affirma par serment sur 



LOP 



29 



les saiuts Evangiles ledit loup avoir esté 
mort par les loppins y gestez par Ledit 
Mieluel, (1378, Compt. des receveurs de la 
yruerie de Bourg., Arch. Côte-d'Orj 

- Coup, horion : 

Tout droit a Monmîral, ou mûustier Saint Martin, 
Commeucha ly rois Huez un inervilleuz hustin ■ 
Dessus lez traytours fièrent an çruit lopin, 

(H. Capet, 60 «G, A. P.) 
Icelui Pesiere print une con^nee .... 
de la teste de laquelle il donna a l'exposant 
un loppin parmi la teste ; duquel loppin il 
labbati a terre. ({407, Arch. U {61, 
pièce 306.) 

Chis de Sain Tron y ou! rechais mains gros loppin. 
Uek. des Pr.Ets, Geste de Liège, 31290, Scheler, 
G/055, philol.) 

Wallon, namurois, lopin, coup, crachat. 
lopwaille, s. /., jeune fille ? 

Tu as .xv. ans, 
Il est heure qu'aval les champs 
Ailles, que del armer est temps. 

Si me regarde 
CJne lopinaille gaillar.le, 
Qui toa cuer tiegne en sa garde. 
(G. de Charnï, Liv. de cheval., ms. Brux., 
f° 33 ▼«.) 

LOPrnïELLE, lupinelle, s. f., sorte d'ins- 
trument de musique : 

Et si averont fretel, 
Pipe et muse et calemel, 
S'amie cascuns amis ; 
Et si ert Hgaite Guis 
Notant de la lupinelle 
Et dont do, do, do. 
(Jbhans Erars, CAflfl$.,Vat. Chr. 1490, PHI r°.) 
Anai corn la gaite Guis 
Notoit de la lupinelle. 
(Id., ib,, Bartsch, Rom. et Past> III, 22,41.) 

Avec ceaus se tenoit Guis 

Notant de la lupinelle ; 

Do, do, do, do, do, do, do, do, do, do. 

(ID.» ib. t III, 22, 30.) 
En ce temps ?iat une mainie, 
De par leur dame ypoçrisie, 
Qui de courgies se batoient, 
Et adens se crucifloieat, 
En chantant de la lopinelle 
Ne say quelle chançon nouvelle. 
(G. Machadlt, Jugem. du Roi de /Vat»., p, 70, 
Tarbé.j 

lopiner, lopp., verbe. 

— Neufr,, manger un morceau, casser 
une croûte : 

Je n'ose aler souper a court 
Pour Savoisi et pour Poitiers 
Qui lopinent trop volontiers . 
E. Deschamps, Poés., Richel. 840, f° 177 d .) 

En lopinant opiner des substance, cou- 
leur. (Rab., Tiers livre, Prol., éd. {532.) 

Mais ce mauvais conseil vient souvent de 
ce que ceux qui opinent, lopinent, ou pour 
le moins veulent lopiner. Et a fin que 
demeurans en la bonne grâce, ils empor- 
tent un jour le lopin auquel ils bayent ils 
accommodent leur harangue a cela a quoy 
le prince encline desjaplus. (H. Est., Dial. 
du nouv. lang. franc, italian., p. i3i, 
eu. 1583,) 

— Act., diviser en lopins : 

Lopiner. To eut into gobbits, part into 
cantles, divide into lumps ; also, to muneb. 
or nuûcheon it, to eat greedily ia a corner 
(Gotgr., éd. 16H.) 



30 



LOQ 



LOQ 



LOQ 



El encore au xvn* s. : 

Lopiner, pour dire diviser eu lopin?, e&t 
un motqai est fort en usage dans le palais 
d'Angers, ou on s'en sert particulièrement 
au sujet des partages ; comme quand on 
dit : On doit autant considérer la commo- 
dité d'un partage que l'égalité. Et quand il 
y a plusieurs terres en une succession, on 
doit mettre en chaque lot les héritages qui 
sont de proche en proche. On y doit mettre 
les pièces de terre entières, et non pas les 
[opiner. (Ménage, Dict. étym., éd. 1750.) 

— Garnir de pièces : 

Et de petits lopins lor cotes lopinoient. 

(Gillon le Moisit, Poés., II, 29, Kerv.) 

— Houspiller, tourmenter : 

Arrivez est a dure feste, 

Car point ne voit qui le loppine, 

Mais bien sent les coups sar l'cschine. 

(Mellusine, 6068, Michel.) 

Bourg., Yonne, Migé, Jofe/nner, téter avec 

avidité. 

lopinerie, s. f., gourmandise : 

Friandise, lapinerû 

Qni font an corps humain naysance. 

(Le Chesieau de labour, éd. 1499.) 

i.opinet, lopp., s. m., petit morceau : 

Bathnel est homme courtois 
Pour nous mettre en quelque quignet 
Et avancer le loppinel ; 
II scet que c'est de bergerie. 

(Mist. du Viel Testant., 13809, A. T.) 

As tu prîns quelque lopinet ? 
Je buroye bien un tantinet 
Pour oisiveté eschever. 
(Gringorb, Vie S. Loys, p. H, Bibl. eli> 

Mais gardei quelque lopinet 
A vostre garçon Esopet. 
(Farce du Cousturier, Aoc- Th. fr., II, 163.) 

Friand lopinet, morceau friand. (No- 
mencl. octil, éd. 1619.) 

Flocculus, lopinet de laine. (Fed. Morbl, 
Dictionariolum, 1633.) 

lopineur, s. m., mangeur, gourmand : 

Ces lopineurs flatereaux. (J. de Coras, 
Altère, en forme de dial., p. 310, éd. 1558.) 

loppe, voir Lope. 

loppeEj s. f ry petit morceau : 

Or vous a espoir deceu 
Et eu est vonstre amour trompée, 
Et le bien qu'avez receu 
Est tout ea ang moment chea, 
Dont vostre joye est atrappee ; 
Si [n']en ayez c'une loppee. 
(L'Outré d'amour, ms. Ste-Geo M t" 19 v\) 

■loppet, voir Lopet. 

l-oppin, voir Lopin. 

LOPPINER, VOir LOPINER. 

loppinbt, voir Lopinet. 
loppyon, s. m., discours : 

LE FOL. 

J'ay une Imaginaciou 
Qui eu la teste me repose, 
Vous en orrez mon loppyon 
Tantost, si je le vous propose. 

(Myst. de S. Did., p. 208, Càrnandet.) 

loqu, voir Locu. 



I 1. loque., s. t., mot conservé, employé 
dans la loc. méprisante loque des folz ; 

Ledit Boutepois, qui, le mardi devant 
avoit perdu sa fenme par lui habandonnee 
penanto a la mort, fut envoie corne loque 
des folz audict Becqueriel, accompaignié 
de pluiseurs sergents et aultres a leur vol- 
lunté, armez et furnis de cuïluevrines 
chargées et arcs baliestres et aultres, 
conme pour entrer en baptaille, lui meismes 
estant armé a la couverte. (Ghron. des 
Pays-Bas,, de France, Rec. des Chr. de 
Flaudres, t. IÏI } p. 524.) 

% loque, voir LOUCHE. 

loque, adj., ébouriffé : 
Il devient chetif et quoqué, 
Ses cheveulx mesles et toqué 
Parmy ses espaules descendent. 
(Le Rebours de Matkeolus, p. 15, éd. 1518.) 

Cf. LOCÙ. 

1. loqueim.ult, - baut, locq., s. m,, 
loquet, serrure : 

A Toussaint, fevre, pour quattre loque* 
bault pour les fenestres, .vin. s. (1597, 
Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. 
Amiens.) 

.VL forts locquebauts pour fermer les 
fenestres. (Ib.) 

Locquebaull. (/&.) 

2. loquebault, - baut, locq., s. m., 
homme qui fait l'important : 

— Qaoy» tu es graut comme uug pommier, 
Mais regardez quel locquebault, 

— Pensez que c'est uog beau ribault 
S'il estoit bien, enharnaché. 

(Act. des apost., vol. I, f° 106 b , éd. 1537.) 
Eucoh-e plus fort te diray je, 
Mon beau loquebmt de seclin, 
De tant plus qui s*i sent enclin 
Et il y va fort résistent 
De tant plus va il méritant. 
(Eloy Damernal, Livre de la âeablerie V 12 h , 
éd. 1507.) 

Quel forrage 
Pour paistre moutons eu gerbe ! 
Sa I que deable sorte rige, 
Soit en réponse le loquebault. 
(Farce de la pippee, f° 51, ap. Michel, Poés. goth,) 

loquele,- elle, s. L, discours, propos ; 
Ce ne sont pas loqueles ne paroles. (Bible, 
RicheL 899, f* 236 d .) 

— Élocution, éloquence : 

Je n'aurai trop soif ne trop fain, 

Tant çom j'aie celé loqueîe. 
(De Cortoii d'Arras, 70, ap, Méon, FabL, 1, 359.) 
Merveilles est de sa mémoire et belle 
loquelle, (Grist. de Pizan, Charles V, 
2* p., cb. 16, Michaud.) 

Tu surmontas en doctrine et laquelle 
Tous escoliers. 
(Poés. fr. de G. Alione, Louang. à Ste Cather., 
Bruaet.) 

Wall., loquèle, facilité d'élocution. 

loquence, - quense, - quenche, s. f., 
élocution, parole, discours, bavardage : 

Ce mut vostre foie loquence 

Qui bret et crie et noise et tonne. 

(Rose, Ricbel. 1573, f° 10R> 
Celui oi qui près oh oit 
Et par sa loquence techoit 
Le pueple de môstre a la queste. 
(J. Le Marchant, Mir. de N.-D-, ms. Chartres, 
P3i c .) 



Santé, biauté, force, bonne loquense, 

bonne voiz. (LàtjhenT, Somme, RicheL 
22932, f*6M 

Quant ce oyreut li mesage Daire,si s'en- 
tremerveilUereut mont dou grant sens et 
de la plaisant loquence qui estoït ou roy 
Alixandre. (Le Liv. dou roi Alix., Ricbel. 
1385, f° l* h .) 

Nuz ho m, tant ait boine loquenche, 
Ne porroit dire. 
(J. de Journi, Dime de Pentt., Brit. Mus. Àdd. 

10015, f° 4 v° t ) 

Chieu3 qui set loqueme amoyer 
A biaus dis faire et rimoyer. 
(J. de Condé, DU de boin non, 1, Scheler.) 

Sanz faire plus longue loquence 
Délivre toy. 
(Miracle de Nostre Dame et de sainte Bauteuch, 

Riuhel. 820, f» 187 b .) 
Li damoUeal Lotrioge qui ot bonne loquenche. 
(Jeh. ois Preis, Geste de Liège, 1676, Scheler» 
Gloss. philol.) 

Trestoute sa conteit de quoy je fay loquenche. 
(1» M ib., Î57S6.) 
Ne fault que aydz telle loquence. 
(Mist. du siège d'Orly 6*06, Guessard.) 
Pour la louer a souffisance 
N'ay le sens ne l'entendement, 
Ne caeur, ne penser, ne loquence 
Pour parler assez dignement, 
(Le Miroir des Dames, ap, Michautt, Dance aux 
aveugl., p. 188, éd. 1748.) 

Quant un enfant est né, qui lui porte- 
ront le petit boyau jusques au chief, il en 
auroit longue vie, douce alaine, bonne 
voix et gracieuse loquense. (Evang. des 
Quenouill., p. 22, Bibl. elz.) 

Venez dicter sous piteuse loquence 

Livres plainctifa de tristes chansonnettes. 

(Cl. Mar., Ballad. de Caresme x p. 273, éd. 1596.) 

Lors cuydant répliquer, ma loquence 
interrompit par un rondeau qu'elle tira 
du coffret de sa jeune rhétorique, disant 
ainsi, fin., Temple de Cupidon, a Fr. i er , 
dédicace placée en tête de l'éd. s. 1. n. d. 
in-8* de l£ ff.) 

Les poètes grez comiques... devisoient 
les intervalles du narré de leurs jeux, in- 
terposant certains motetz chantez par une 
troupe de gens duitz a ce faire : et aussi 
par le moyen de ceste raison cubique 
soulageoient les loquences de leurs person- 
nages. (Jan Martin, Vitruve, f* 67 v», éd. 
1B47,) 

Charité, qui les cneurs attire, 
Contre Orgueil dresse sa loquence. 
(1860, Débat de Charité et d'Orgueil^ Poés. fr. 

des xv a et xvi e s., XI, 296.) 
Douhte lu point rencontrer quelque maistre 
Qui mocquera ta rnsticque loquence î 
(Jolyot, Eleg. de la belle fille, p. 5, Willem.) 

Pic M Wall., Namurois, loquence, facilité 
d'élocution, babil, loquacité. Bourg., envi- 
rons de Saulieu, avoir bien de la loquence, 
bien parler, Poitou, Vienne, Deux-Sèvres, 
Norm., pays de Bray, Champ., Troyes, 
Reims, Bourg., Yonne, avoir de la loquence, 
avoir bonne loquence, avoir une voix forte, 
qui indique qu'on se porte bien. Alençon, 
loquence, parole : dire une loquence. 

loquencer, v. n., causer, jacasser ; 

Un autre exemple vous diray de celle 
qui loquençoit et jengloit a l'esglise quant 
elles doivent ouir le divin office. (Lit), du 
Ghev> de La Tour, c, xxvin, Bibl. elz.J 



LOQ 



LOQ 



LOR 



31 



loquet, locquet, luquet, s. m., serrure, 
fermoir, cadenas : 

Unutn luquet de metallis. (1449, Inveni. 
ex iabul. D. Venciœ, ap. Duc. t LuGhetum,) 

La quelle chasse est close et fermée soubz 
le loquet de douze clefs gardées par 
douze des plus suffisans citoyens deGennes, 
(J. d'Adton, Ann. de Louis XI J, p. 119, ap, 
Ste-Pal.) 

Loquet d'un huis, pessuli genus. (Fed. 
Morel, Petit Thresor de mots françois, 
p. HO, éd. 1632.) 

— Patte de fer ; 

A GUIequin Prendeul, serrurier, pour dix 
barres de fer, loquetee chascune de .vin. 
loques mis par voie. (Compte Jeh. Gilon, 
1399-1400, Arch. KK 264-266.) 

— Patte boutonnée qui retenait la braie, 
braguette : 

Que toutes chausses a braye et locqvets 
seront bien garnies dedans et dehors. 
(1472, Statuts des chaussetiers de Poitiers, 

Ord., xvii, 567.) 

Wallon, lokê, cadenas. 

1, loqueté, adj., bariolé, bigarré : 

De Teint noir fu son destrier couvert, 
Et ioquetê tant de blanc qne de vert. 
(L. de Beacyau, Pas d'arm. de la bergère, 522, 
Crapelet.) 

Comme panthère loqueié 

Sont, et de pluseurs draps brodé. 

(E. Deschamps, QEuv., IÏI, 195, A. T.) 

Vestu d'une robe de pers, loquetee par 
dessoubz. (1415, Pièces relat. au règ. de 
Ch. VI, t. Il, p. 146, Douët d'Arcq.) 

Auquel Jehan Alain ledit homme lo- 
quêté demanda des nouvelles. (Ib.) 

Affublé d'un petit chapperon Ioquetê. 
(Monstrelet, Chron., 111, 88, Soc. de Pli. 
de Fr.) 

2. loqueté, locquetté, adj,, garni d'une 
patte de fer : 

A Gillequin Preudeul, serrurier, pour 
dix barres de fer, loquetees chascune de 
.VIH, loques mis par voie, .XX- montans 
mis l'un sur l'autre parmi mortaises de 
fer... (Compte Jeh. Gilon, 1399*1400, Arch. 
KK 264-266.) 

Lesauelz compagnons commancerent a 
ruer ae plançons loquetes l'un contre 
l'autre. (1413, Arch. JJ 176, pièce 313.) 

Barreaux de fer loquetez pour asseoir 
les voirrieres, .xii. barreaux de fer de .n. 
piez et demi de long chacun et tous lo- 
quetez et blanchis au net. (1490, Arch. K 
272.) 

Les petiz barreaulx locquettez et verges 
servans aux verrières. (1497-8, Arch. Aube, 
reg. 3, G 357.) 

loqueter, v. n., remuer le loquet 
d'une porte : 

Lequel huyz ils trouvèrent fermé, et 
pour ce hurterent et loqueterent ensemble. 
(1393, Arch. JJ 145, pièce 233.) 

loqueteur, s. m,, mendiant couvert 
de loques : 

Emboureurs de bastz, loqueteurs, cla- 
quedens. (Rab., Pantagr. prognost., ch. v, 
éd. 1542,) 

Loqueteurs. besaeiers, (Lett.d'ecorniflerie, 
Vnr. liist. ctlitt., IV, 49.) 



loqueteux, adj. et s., qui a ses vête- 
ments en loques, misérable : 

Et maintenais ne font labeur qui vaille (les hi- 

[boureurs), 
Et bel espoir qui paist les loqueteux 
Les fait changer et pour grain caeillir paille. 
(Contred. de Songecreux, f° 74 v°, éd. 1530.) 

Paris estoit pauvre loqueteux. (Rab., 
Pantagruel, ch. xxx, éd. 1542.) 

Ces pauvres loqueteux qui mendient leur 
pain es carrefours. (Jean de MOntlyArd, 
Apulée,^ 5 v°, éd. 1616.) 

Langes loqueteux. 

(Hardy, Corn., III, n, éd. 1609.) 

Pic, loqueteux, marchand de loques. 
Berry, loqueteux, loqueteuse, homme, 
femme en loques. 

On trouve dans un célèbre écrivain de 
notre siècle à qui le parler berrichon est 
familier : 

C'est honteux, tant de loqueteux dans 
les rues et sur les chemins. (G. Sand, La 
Daniella, li.) 

Cette loqueteuse de Claudie. (Id., Claudie, 
II, VIII.) 

Un autre romancier du xix e siècle a dit, 
en employant loqueteux comme adjectif : 

La robe débraillée et loqueteuse d'une 
chanteuse de concert en plein air. (E. 
de Concourt, Chérie, lxxix.) 

1. loquetier, s. m., nille pour rece- 
voir les clavettes : 

.v. grans barreaux de fer garniz de lo- 
quetiers... .nr. paillettes de fer qu'il a li- 
vrées pour lermer le voirre es loquetiers 
des diz barreaux de fer. (1490, Arcb. K 
272.) 

% loquetier, s. m., marchand de lo- 
ques ; 

Li ganres au loquetier. (1226, Censier du 
Paraclet de Provins, f° 5 v°, Arch. Aube.) 

H.-Norm., vallée d'Yères, loquetier, 
marchand de loques. 

1. loquetiere, s. f., serrure, fermoir : 

Pour une loquetiere double neuve a 16 
loques, pour la porte de l'ospital de der- 
rières. (1356, Arch. hospit. de Paris, II, 
152, Bordier.) 

.1. loquet et loquetiere. (Compt. de P. de 
S. Mesmin, 1391-1393, Xiv, Arch. mun. 
Orléans.) 

Pour .un. laces, .mi. loquetieres et les 
crampons servuns aux tonniaulx ou on 
mist le pain quant on envoya gens d'armes 
vers Douai. (1403, Lille, ap. La Fons, 
Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Loquets et loquetieres. (Ib.) 

Une loquetiere, un correau et les corril- 
lieres. (Compt. de P. Mareau, 1408-1410, 
Forteresse, iv, Arch. mun. Orléans.) 

Lyonnais, loquetiere, clé de la porte 

d'entrée. 

2. loquetiere, s. f., marchande de 
loques : 

Loquetieres. (Voc. des Met., ap. Géraud, 
Paris sous Phil. le Bel.) 

H.-Norm., vallée d'Yères, loquetiere, 
marchande de loques. 



t, loquette, locq., s. f,, verrou : 

Les viviers aux locquettes, a Chiry. (1372, 
Noyon, ap. La Fous, Gloss, ms., Bibl. 
Amiens.) 

Locqueite siet a la paroit, 

Se vous y mettiez votre doit 

Sachiez que elle vous morderoit. 

(C. Mansion, Aâevin. amour., Tachener.) 

2. loquette, s. f., diminutif de loque ; 

flocon de laine qu'on peut carder : 

Loquette, f. A little rag, or tatter. (Cotgr., 
éd. 1611.) 

Loque ou loquette, particulamentun. 
(Fed. Morel, Petit Thresor de mots fran- 
çois, p. 110, éd. 1632.) 

Il y a à Blangy, Seine-Inférieure, une 
foire appelée à loquettes ; autrefois c'était 
la foire dite des chiffonniers et des reven- 
deurs. Bourg,, Yonne .loquette, petite pièce, 
petit morceau, 

loquutioNj voir Locution. 

1. lor, leur, adj. poss., pouvait dans 
l'ancienne langue être précédé de l'ar- 
ticle : 

Puis qu'il ont fait le lor service. 

(S- Brandan, Ars. 3516, f°l02 d .) 

Puis sera li tornoiemens 
Des nostres et de la lor gens. 

(Florimant, Riche] . 792. f° 38*. j 

Une lor vigne. (1268, Pothières, Arch. 
Aube.) 

Et en firent li paien une lor loge quant 
il habitèrent en Jherusalem, du lieu ou 
cils autels d'arain seoit. (Guïart, Bible, 
Trois, liv. des R., xvm, ms. Ste-Gen.) 

Parce qu'il avoit Pimaige d'une leur 
déesse. (Moralit, des phil., ms. Chartres 
620, F I e .) 

Vendre les leurs choses, (1373, Reven. de 
l'hosp. de S.*J. de Jérus. Arch. S 5543, 
i'° 4 v\) 

2. lor, s. m., laurier : 

Gentils pucele, sos ces lors 
De cest cendal bendes mon cors. 
(Eieocle et Polin., Richel. 375, F 41»,) 

Mix vos vient de lor et de mirre 
Encenser vos lis et vos cambres. 
(Chrkstikn, du Roi Guillaume, p. 52, Michel.) 
Impr., del or, 

3. lor, voir Le. 

lorain, lorein, s. m., courroies de 
cuir façonnées, ornant le poitrail et la 
croupe du cheval et servant à maintenir 
la selle. On les couvrait quelquefois de 
nœuds de velours ou d'étoffes riches, 
avec des boutons d'or garnis de perles, le 
tout entremêlé de petits écussons armo- 
riés : 

Li lorain valent .m. s. de parisis, 

(Lesloh., ms. Montp.,f° àâ d .) 

Molt doit avoir riche lorain et celé, 

Et bon barnaige qi vers tel gent révèle. 

(Raoul de Cambrai, 1007, A. T.) 

Cist fet hiaumes et cist hauberâ, 
Ciat lorein et cist esperoa. 

(Perceval, ms. Montp, H 247, f° 37 e .) 



32 



LOR 



LOR 



LOR 



Son lûreifj ne sa couverture, 

Son poitrat ne s'afeutreure (d'un cheval; 

Ne penst nus hom achator. 

{ib., r» \n b .) 

Reatts palefrois et beaus destriers, 
Dorez lorains, dorei egtriers 
(G. de Coinci, Aftr., nichel. 2163, f° 8 e .) 
TSe les seles ne li iorein. 

(Guiot, Bible, 982, Wolfart.) 

Es autres biens qui sont forain 
M'as tu vaillant .n. yiez lorain. 

(Rose, Riche], 1573, f° 45 e .) 

S'ert d'or et de pieres li frains, 
Et si ot tout itels lorains. 

(Chev. as deus esp., 1127, Foerster.) 

Uns palefrois bien acesmôs 

Li fu amenés, pnis monta. 

La siele et li lorains costa 

.C. mars et plus, an mien enidier. 

(Gib, de Montb., Violette, 007. Michel, i 

908 [err.] 
ChasCDne ot sambne et loratn 

(Dolop., 2970, Bibl. eh.) 

Cil l'en baise de joie l'eslrief et le lorain. 

(Berte, 1771, Schelcr.) 

Or n'est nns clers, tant vius hediaus, 
Qui lues n'ait lorains et oisiaos. 
{Çompl. de Jérusalem, ms. Berne 113, P 198 b .) 

Poor robes, lorains et chevaus, 
IN'aient pas aguisiez les graus 
Dont il foDt les chevaliers braire. 
(Mario ff. des filles au Diable* Jub., Now, ftec, I, 
291.) 

Lorrniers, c'est a savoir faiseurs de frains 
et de lorains dorez. (E. BoiL fJ Liv. des 
Mest.j 1* p., lxxxii, i, Lespinasse et Bon- 
nardot.) 

.vu. nmls a riches lorains d'or. [Chron. 
de S.-Den., ms. Ste-Gen., f° 120\) 

Arneischies et ajournes a merveilles 
orgueilleusement de lorains et d'autres 
appareils. (Gr. Cron. de Fr,, le premier 
roy Phelippe, ch. xi, P. Paris.) 

Failera, lorains, (Pet. Vocab. lat-franç. 
du xiip s., Chassant.) 

Un lorain garni de soie semé de boutons 
dores. (1313, Trav. aux chat. d'Art., Arch. 
KK 393,f°44.) 

I. lorain garni de soie, semé de boutons 
dorés et de camabieus, (1316, Invent, de la 
comtesse Maheu d'Artois, ap. Laborde, 
Emaux.) 

11 encontra ung chevalier armé de toutes 
armes et une damoîsclle qui moult avoit 
riche lorrain. (Lancelot du Lac, 2 e p., 
ch. 98, éd. 1488.) 

lorandier, s. m., valet de charrue : 
Jehan Rode bouvver, lûrandier, servi- 
teur et varlet pour suivre les beufz et 
labourer la terre en la baronnie d'Apchon, 
(1472, Arch. JJ. 197, pièce 294.) 

lorandron, s. m.,, rhododendron ; 

Rododendron en vulgaire langaige et le 
mot corrompu est appelle lorandron pour 
ce que il est semblable aux fueilles de 
laurier et a la fleur ainsi que la rose. 
(Jard. de santé, I, 395, impr. la Minerve.) 

lorchiere, lochiere, s. f. ? 

Item .1. pou de pré qui siet entre la lo- 
chiere mons. Garnier et le perier asont ou 
Image d'Andelot, (1309, Arch. JJ 41, 
f & 92 r°.) Plus haut : lorchiere. 

lord, voir Loubt. 

lordart, voirLotJRDÀirr. 



lordEj voir Lourde. 

LORDEL, VOIT LOURDE*,. 

corder, voir Lourdes 

LORDET, VOIT LOURDET. 

lordibus, s. m., lourdaut : 

Que mauldit soit le lôrdibus; 
Il n*a sens non pins que ung oyson. 
{Farce de Guillerme, Ane Th. fr., I, 328.) 

LORDIE, VOÎrLOURDIR. 

lore, s. i ., coup : 

De moy recevront mainte lore, 
Car ils le deservent moult bien. 
(Jf«tf. de S. Crespiity p. 12, Dessailles et Cha- 
baillfl.) 

lorein, voir Lorain. 

loreise, lorr., adj. L, à deux tran- 
chants : 

Bipennis, hache loreise. (Gloss. de 
Conches.) 

Bipennis, hache lorreise. (Gl. l.-g., Richel. 
1. 7692.) 

lorel, lorr., s. m., courroie, rêne, 

bride : 

Hiaames, barbieres et forrirtus 
Font jus flalîr et defrocer. 
(J. Bretel, Tourn. de Çhauvenci, 1904, Delmotte.) 

— Tresse : 

Sincinus, lorel de baisselette. {Olla pa- 
iella l p. 47, Schcler.) 

Mais en tout le inonde n'a mie 
Pastourelle dont il s'esmaie 
Qui lu y plaise fors Fiorimaie 
Ta belle fille aux blons loriaux. 

(Pastoralrt, ras. Brux., f° 43 r°.) 

— Petit morceau : 

Tant seullement des bribbes et terreaux, 
Pour le soupper des compaignons lureaux. 
(Bourdigné, Leg. de P. Faif., ch. xm, Jouaust, 
p. 51.) 

LOREMÏER, VOirLORMIKR. 

lorenier, -rennter,-remîer, - renner, 
s. m., sellier : 

La coutume dou pnin, 1ns jnloies les 

,Iir. cuîlletes dos hares f lorevner t sellier, 
borrelliêr. (1296, Bénies d'Orliens, Arch. 
Loiret, f ° { r°.) 

Lorennier qui font les fr'ens. {îb., i» 5 r°.) 
Loreinier q\n font les Irains. [Ib., copie du 
xiv B siècle.) 

Cf. Lorain et Lormier. 

koretierEjS.L, lieu planté de lauriers: 

.1. p. de terre en la Loreliere. (131 G, 
Uv. pelu, f° 33 r°, Bibl. Bayeux.) 

lorge, s. f., rive, bord, extrémité : 
La moitié de Testang du dit lieu de 
Chesnc Arnoul commençant lez la lorge du 
dit estnng en allant droit aux terres du dit 
lieu. (Oct. 1403, Aveu de Chesne-Arnoul, 
ap. Le Clerc de Douy,t. II, f" Il r°,Arch. 
Loiret.) 

lorgnart, adj., malavisé, sot : 
Ja fuissies ci noiié se je fuisse on lorgnart. 
| (Jfin. des Preis, Geste de Lieye, 16877, ap. Scheler, 
[ Gloss. philol.) 



Le conte do IVamure ne fut mie lorgnars. 

Od m i*., 34511.) 
Wallon, logndr, nigaud. 

1. lorgne, lorne, adj v louche : 

Ouvre* vos borses et vos eus 
Si ne solez aver ne lorne. 

(Vie des Per., Ars. 3641, f° 39 e .) 

Lambertus le lorgne. [Pièce de 1236, Ri- 
chel. 1. 11926, f° 237 v».) 

Saves cui je tïeng moult a lorgne y 
Un grant, un lonc Gerart le borgne. 
{PoU. fr. av. 1300, t. IV, p. 1330, Ars,) 

Girars li lorgnes. (1270, Souilliers, I, 12, 
Arch. Meurthe,) 

Jehans li lorgnes, (1328, Compte de Odart 
de Laigny, Arch. KK 3% f° 4 v 6 .) 

Et n'y ait dedens sos ne bonrgne, 
Saige, subtilb, loxar ne lorgne 
Qni a défendre ne fist bon aquilte. 
(J. pe St4tklot, Chron., p. 372, Borgoet.) 

~ Faire le lorgne, traiter quelqu'un 
comme s*il n'y voyait pas : 

Adonc font an vilain le lorgne, 
Et voit li vilains, qui n'est borgne, 
Qu'il le moquent en la mesoa. 
(De Boivin de Provins, 209, Montaiglon et 
Raynaud, FaU., V, 59.) 

Bien sait faire le lorgne, s'est tons li pïoa maistis. 
(Gillon le Moisit, Poés., II, 122, Kerv.) 

-Fig. : 

Jo ne te loseng ne Maudis, 
Mais los les lorgne.t contredis : 
Savoir dis et folie fais ! 
(Jehan Bodel, Congé, 418, Roroania, IX, 242.) 

Argot, lorgne, borgne. Deux-Sèvres, 
Parthenay, lorgne, morne, triste, abattu, 
se dit des bètes et des gens. 

Cf. Torche lorgne. 

2. lorgne, s. f., coup capable de faire 
loucher *. 

Les gensdarmes sont furieux 
Choeqaans au visage et aux yeux, 
Il no fault qu'une telle lorgne 
Pour faire un gftn-tilhomrae borgne. 
(Cl. MaR., 3° EpiU. du Coq à l'Asne, VI, 495, 
éd. 1731.) 

Fracasse n'y pouvoit cheminer que tout 
voûté ; car autrement il se fust donné de 
bonnes lorgnes en la teste contrft le haut 
de la voûte. [Merlin Coccaie, p. 638, 
éd. 1606.) 

lorgner, v. n., frapper rudement : 

On cryi) haTO, qui vive, tue, 
Alarme, au guet, reûs toy, ribaull, 
Torse.he, lorgne, depesche, rue, 
Frappe, combat, taille, ieiaue. 
(Coqmuart, le Blason des armes et des dames, II, 
173, Bibl. clss ) 

Et a grands coups de poing il lorgnoit 
dessus luy. (Desperiers, Nouvelles récréa- 
tions, de Triboulet, f° 244 v°, éd. 1672.) 

lorgnerie, s. f. ? infirmité de celui qui 
louche, qui voit mal en général ; 

Cil qui a tel maladie qu'il ne puet veoir 
ail main ne au soir, que aucuns quident 
que ce soit lorgnerie, quant l'en ne puel 
veoir a la cnndoile. (Digestes, ms. Monlp. 
H kl, f256 d .) 

lorïcardeji. verbe. 



LOR 



LOR 



LOR 



33 



— N^utr., flAner, muser, traîner çà et 
là, vagabonder: 

Il vilote, or toricarde, comme ung chien 
que n'a poynt de mmstre, and je vagua- 
bonde. (Pàlsgràve, Esclairc. de la lang. 
franc., p. 613, Génin.) 

Loricarder, to Iuske, lowt, or lubberit ; 
to loyter about like a moster!es3e man, 
(Cotgb., éd. 1611.) 

— Réfl., dans le même sens : 
Veez cy comment en alant regardoie 
Se de chnscun estoie regardé; 
Vee* cy comment je me loricardoie, 
Servant a court ou me suis mal gard<\ 

(Roi René, l'Abuzé en court, CEuv., t. IV, p, HO, 
Quatrebarbes.) 

loricart, loricard, loriquart, loric- 
quari, loricar, s, m., fanfaron, guilleret, 
qui fait le galant, et quelquefois qui fait 
le mauvais : 

Serois je bastard, 

De mon droit, et ce lericart 

Sera premier auctoriséî 

(Mist. du Yiel Testam., 42996, A. T.) 

Toy ne aultre ne savez a quoy ce peult 
estre bon, sinon pour gaster le bonnet 
contrefaisant le loricart. (Roi René,GEwï>., 
IV, 68, Quatrebarbes.) 

Or avoit... ung bonnet fendu au dessoubz 
de l'oreille et lacé au long de la fente d'une 
petite cordelete. Et en ceste manière por- 
toit assez des enseignes des îoricars. (1d., 
ib., IV, 76.) 

Il faîsoîl tant du loricquûrf, 
Du temps qu'il estoit fiancé. 
(Farce du Nouv. tlariê, Ane. Th. fr., 1, \U.) 

Et toy coquart, 
Vieni loricart. 
(Ane. Xoël, ap. Ménage, Dict. éiym., éd. 17*10.) 

Salhan, ennemy traislre et fauh, 
Ou es tu, mauldict loricart î 

(Mor. des l/lasjh,, p. 11.) 

Car aucun rapporter pourrait 
D'elle quelque chose a plaisance 
Pour le mary mellre en doubtance, 
Ou quelque gracieuli regard 
Getté dessus ung loricard 
Ou quelque petite manière..- 
(i.BourHET, les Hegnars trarersant, f° 60», 
éd, 1522.) 

Foy de mon corps, elle est tant gayo 
Que je suis contrainct de Paymer. 
Si quelc'un m'en venoit blasmer 
Contrefaisant le loriquart , 
Je lui dîrois tost, sans chommer, 
Un bien brie ' mot, pour le sommer 
Et faire taire le coquart. 
(H. ce Collebye, Monol. àc Résolu, p. C3, libl. 

eli.) 
L'exempte ay veu d'un moneulx Ioricart, 
Trop plus mauhais que ne fust onc Judas, 
Oui a femme, enfans, monstre la \oye et Tnil 
De rapporter, semer noises, debatz. 
(Pronost. d'IIolenragel, Voés. fr. des xy 8 el xvi c i., 

VI, 42.) 
Et en effect ce niaislre Ioricart 
Deist que ce n'est aux pardons seulement 
Ou elles Yont. 

(VAdvocat des Dam. de Par., Poés. fr. desxv U 
xvi« s., XII, 20.) 

Loricard, laekejloYvt.lorell, skyw bucke, 
an unhanasome, or mÎBhapen tellow. 
(Cotgr,, éd. 1611.) 

Du temps de la Fronde, selon Nénage 
(Dict. êtym.), on appelait à Angers Icri- 
cards, les frondeurs* 



loriet, s. m., lieu planté de lauriers : 

En [la] lande du bôs, vers les tories. 

(Auberon, «58, Graf.) 

LORIL.ART, s. m., sorte d'épieu : 

Jehan le Pannetier demanda a icellui 
Vincent ; Que feras tu de ce loritart ? c'est 
assavoir dudit espié. (1418, Arcb, JJ. 168, 
pièce 287.) 

loiun, adj., de laurier : 

Iluille lorin. (LànfbAY, l'Ecurie du S. 
Grisou, Malad. qui peuv. surv. à un che- 
val et lesremed,, éd. 1398.) 

loriot, s. m., alour de tête féminine, 
ressemblant peut-être au loriot, au bn - 
quet des boulangers dans lequel on lave 
l'écouvillon : 

Femmes porteront des lôriolz. 
Par rues, par chemins* par sentiers. 
Et les hommes des grans poriault 
Velus, qu'on emprunte aux barbiers. 
(Coquillart, Droits vouv. t 1' part., I, Cil, BiLl. 
elz.) 

LÔR1QUART, VOir LORICART. 

lormerie, s. f., la profession de faire 

toutes sortes de petits ouvrages en fer 

tels que clous, éperons, etc. : 

Chandeliers, potiers, lormerie, 
Marcheanz de feronerie. 
(Le Dit des Marcheans, ap. Crapelet, Prov. et Dict. 

popul.y p. 163,) 

Les forgeoursde la lormerieée Londres. 
{Lib. Custum., I, 78, 43, Henr. 111, Rer. 
brit. script.) 

Rue de la Lormerie. {Ch. de 1323, Arch. 
Sarthe.) 

.Xii. d. pour livre de tonte sellerie et 
lormerie. (1389, Compt. mun. de Tours, 
p. 120, Delavilîe.) 

Sur la ferme de ladicte imposicion des 
graisses, baterie, lormerie et amieurerie. 
(1360, Rançon du roi Jean, Arch. KK 10% 
f* 43 v°.) 

Une maison en la lormerie d'Orliens. 
{Ch. de 1365, Ste-Croix, mais, du Cloître, 
Arch. Loiret.) 

En la lormerie. (Cens, de VJI.D. de Pro- 
vins, f 1 38«.) 

N'avait pas cessé de se dire au xvm* siècle: 
^Ouvrage de lormerie. Sous ce mot sont 
compris tous les menus ouvrages de fer, 
nomme gourmettes de chevaux ,trourots des 
hrides,des anneaux de licols et autres sem- 
blables , qu'il est permis aux maîtres 
cloutiers-lormiers de la ville et fauxbourss 
de Paris de forger et de fabriquer. On 
appelle uussi de la sorte' tous les différents 
ouvragesque forgent et vendent les maîtres 
éperonniers, comme mors, éperons, caves- 
sons, élriers,mastipadons,cavesînes, filels, 
et autres semblables choses servant aux 
brides et harnois des chevaux, soit de 
selle, de carosse ou de charois, soit de 
tous autres animaux propres h la monture 
ou au tirage. 11 ^ient quantité de cette 
lormerie de Normandie, particulièrement 
de Vire et de l'Aigle. (Sayary des Bhusl., 
Dict. de commerce.) 

T 11 y a encore à Trovins la rue de la 
Lormerie, 

LORMiEn, loremhr, s. m., soi te d'arti- 
san, qui répond à peu près aux selliers et 



aux éperonniers. * Les lormiers /abri- 

* quaient des freins, longes, étrivières, 
« mors des chevaux; ainsi ils travail- 
« laient à la fois en cuir et en métal ; ils 

* maniaient même l'or et l'argent pour 
« satisfaire au luxe de la chevalerie. Dans 
< la suite, le mot de lormerie passa au 
» commerce de clouterie et petits objets 

* en fer T » (Depjping,) 

El ele fait errant mander .1. loremier, 
Les caaines li baille, si li rouva forgier. 

(Chev. au cygne, ïtichel. 795, V* 51 v°.) 

Aveuc celi ira li loremien gentis. 

Estes vos a itant le loremier venant, 
Qui une des caaines ot forgie devr.nt. 

(/*., î, 1757, Hippeau.) 
Quiconques veut estre lormiers a Paris, 
c'est a savoir faiseurs de frains et de lorains 
dores, seurargentes, estâmes et blans, 
estre le puet franchement. (Est. Boïl., 
rAv. des MesL. i T * p., lxxxii, I, Lespinasse 
et Bonnardot.) 

lormùrs, seïiers, baudroiez, 
Orbateurs, ne targiez mie. 
(Le Dit de ta queue de lien., &p, Jub., Nouv, 
Rec, II, 92,) 

Premièrement H glougleour 
I gaaigooient cascun jour, 
Et li hiraut et li larmier, 
Li marissal et li sftlier. 
(Sarrazin, Hom. de Ham, ap. Michel, Hi*t. des 
rois d'Anglet. et des ducs de Norm., p. 217.) 
Ferris li lormiers. (Corn m. xiv« s., Prise 
de ban, Richel. 87Û8, np Aug. Prost, Etude 
sur le rég. ancien de la propriété, p. 215.) 

Loremiers. (1323, Franck, de Montmirey, 
Arch. Doubs. Nouv. Ch. des comptes, M 308, 
Terrier de Montmirey de 1461.) 

Nouvel fermier de l'imposicion des lor- 
miers et fourbifseurs d'espees, (1358, 
Arch. K47, pièce 49.) 

David le lormier est un boin ouvrier de 
faire seelles, frains et esporons, (Dialog. 
fr.-flam., f° 13% ilichelant.) 

Les poulallliers et lormiers seront fol ; 
Rions ne vendent. 
(E. Deschamps, Poés., Bichel. 840, f° 239 b .) 

Les selliers, lormiers, coffretiers, (Entrée 
du roi Henry lî d Paris, Felibien, Hist. 
de Paris, V, 361.) 

On lit encore au xviii* siècle : 

Lormier, qui fait des ouvraees de lorme- 
rie. Les cïoutiers, selliers et éperonniers 
sont qualifiés dans leurs statuts et lettres 
rie maîtrise, maîtres ïormi>rs.(SAYARYDES 
Bruslons, Dict. de commerce.) 

Noms propres, Lormier, Lorimier. 

lor ne, voir Lorgne. 

lorpidon, lorpidumjourpidon^.. terme 
d'injure adressé à une vieille femme, qui 
répond à vieille sale, vieille trompeuse ; 

Vous avei meall, lorpidon. 
Vieille ribaude et maquerelle, 
(E. DfisCHAiiPS, Poés., Richel, 840, i° 330'.) 

Feut advisé par une vieille lourpi- 
don que son royaulme luy seroit rendu a 
la venue des cocquecigrues. (Rab., 1. I, 
c 49, éd. 154Ï.) 

Putes, maraudes, lorpidons etbripaudes. 
(Du Fail, Prop. rust. t p. 54, Bibl. elz.) 



T. V. 



34 



LOS 



LOS 



LOS 



Il y avoit en la vilte d'Angers 
Ung lorpidttm, qui partout sans dangers 
Se Iranspnrtoit, si bien je la denoUe : 
Elle avoit nom Macee la dévoile. 
(Bourdigné, Leg, de P. Faif., ch. vnr, Jouaust, 
p. AU) 

LorpidonSf carde clapiers. (Lett. d'écor- 
niflerie, Var. bist. et lilt., IV, 49.) 

Lourpidon, the name of an old witch or 
hag, in Amadis ; hence, any such décré- 
pite and devîlish créature. (Cotgr.. éd. 
1611.) 

Ménage assure que de son temps ce 
mot était usité en Bourgogne, et se pro- 
nonçait orpidon. Mais Le Duchat (sur Ra- 
belais, 1, 149), déclarait, peu de temps après, 
qu'il n'était point connu dans cette pro- 
vince. 

LORPIDUM, VOir LORPIDON. 
LORRAIN, VOir LORÀIN. 

lorre, voir Loire. 

lorreïse, voir Loreise, 

lorrel, voir Lorel. 

lorreour, loerrour, s. m., employé de 
cave : 

Item a Perrot le lorreour de la boteille- 
rie, .xv. ]ib. Item a Perrot mon lorreour, 
.xx. lib. (1304, Legs du Test, de Jehan JV, 
Mor., Pr. de VH. de BrcL, I, 1195.) 

A Pierre le loerrour... pour amende- 
ment de ses guages et pour toutes ses 
autres demandes. (!&,, col. 1196.) 

Cf. Loife. 

LORRIER, VOIT LOUTRIER, 

lort, voir LOURT. 

4. los, loz s lous, loux, lox, lods, lauds $ 
looSj laouds, lus, s. m., louange, hon- 
neur, réputation : 

Respnnt Rollanz ; Ja fereie que fols ! 
En dulce France en perdreïe mua los ! 

{Hol., 1053, Millier.) 

Gloire et lous soit en toi, beau doz sire, et ennor. 
(Heuhak, Bible, ras. OrL 374 1 * 1 ».) 

Cil qui Daire ont ocis m'ont mis en grant repos, 
Et ont cru le ni'ounor et ensancié mon los. 

{Roitm. d'Alix., f* 4i d , Micïrtlattt.) 

Car de voire chou se conler 
Puet l'eu en pris et lous monier. 
(J. Le Marchant, Mir. de N.'D., ras. Chartres, 
f°4 d ) 

Homes, famés, juene et chana 
Disoient honnor et bon lox 
De lor bon roi Dolopathox. 

(Dolop.y 292, Bibl. eh,) 

Mes que le lous des gienz aquierent. 
(Image du tuonde^ ms. S.-Brieuc, f° 8 b .) 

Porchacc lous et renommée. (Laurent, 
Somme, ms. Chartres 371, f° 6 v°.) 

Kar grant eslreit la hunle e vilain reprover 
Si rcnporlcnt de nus s'ani le lus comparer. 

(lloin, 4G47, Michel.) 

Pour diffamer Testât d'icellui suppliant... 
le clama coup, en repulant la femme du- 
dit ?u|ipliaDt pour ribaude ; lequel sup 
pliant moult doulens et courciez du los 
que lui nlevoit ledit Cuvelier... (I367,Arch. 
n 97, pièce 425.) 

Sour tous les aullres le faisoit bien et 



eu avoit le los et le huée li gentilz cheva- 
liers. (Froiss., Chron.j II, 153, Luce.) 

Los s'est dit jusqu'à la fln du xvn° s. 
au sens de louange : 

La Garde, vous m'en croirez donc, 

Que si gentilhomme fut onc 

Digne d'éternelle mémoire, 

Par vos vertus vous le serez, 

Et votre los rehausserez 

Par votre docte et sainte Histoire. 
(Malh., Oâ. à la Garde, 125, Haeh,, I, 290.) 

Quelque jour on verra chez les races futures, 
Sous l'appui d'un grand nom, passer ces aventures. 
Vendôme, consentez au lot que j'en attends ; 
Faites-moi triompher de l'envie et du lemps. 
(La Font., Philem. et Baucis.) 

Puisse le tout, ô charmante Philis, 
Aller si loin, que noire los franchisse 
La nuit des lemps 1 

(Id., Belphégor.) 

Tous renonçoient au los des belles actions. 

(h>., FûR, XII, 1.) 

Le mot de los pour louange, antique, se 
conserve dans la poésie, et y a même de 
la noblesse. (Boss., Lett. d Jtf m » d'Alb. de 
tuyn.y 29 mai 1696.) 

— Autrefois il signifiait encore appro- 
bation, agrément, consentement, ensei- 
gnement, conseil : 
Rois, prens conseil au los que je te dis. 
(Gar. le Loh., 1* chans., nu, p. 77, P, Paris..* 

Et s'empres H ont demandé 
Par qui los et par quel garant 
Il vait en la forest caçant. 

(Wace, Brut, 816, Ler, de Lincy.) 

Puis le fera au lox de Sarazins jugier. 

(J. Bod,, Sax.y cxxxix, Michel.) 

Qui conseil croit n'est mie fous, 
Buer creumes en voire lous, 
(Chrest. de Troyes, Erec. et En., ÏUchel. 1420, 
F 6 a .) 

Preslre, par le los del amit 
Garde la bouke de mesdit. 
iRekclus de Moiliens, de Carilé, lxxv, 1, 
Van Hamel.) 

Sans mon los et sans mon seu. 

(Chrest., du Hoi GuilL, 257, Michel.) 
Étjlendemain si s'espouserent 
Au los de lor mêillors amis. 

\(Dolop., 7313, Bibl, elz.) 

Ke il la ferunt bien a lous de pro- 
dommes. (1214, Coll. de Lorr., 975, Bichel.) 

Il n'en puet point vandre se par le lous 
de sa famé non. (1231, Char le d'affran- 
chissement de Morville, Bulletin du Comité 
de la lang. et de l'hist. de la France, t. I, 
p. 125.) 

Et cest vendage ont il fait par mon 
créant et a mon los. (Août 1246, Lett. de 
Thib. de de Bar t Arch. Mos.) 

Ceste plegerie prissent li eskievin de 
Saint Brisse por les enfans qu'il avoient a 
warder, ki orfene estoient et desaagiet, et 
parle los de lor comuns parens. {Charte 
de 1248, np. d'Herbomez, Etude sur le 
dialecte du Tournaisis, p. 38.) 

A mon crante et a mon lous. (1260, Cart. 
de Vabb. $UMartin de Glandiere, Riche!. 
L 10030, f°35\) 

Por le loux et por l'asentement. (1231, 
Donat., Preuv. de l'Hist. de Bourg., t. 11, 
p. xvm.) 

Par le lous de Aalis ma feume. (Fév. 
1252, Lett. de Sim. sire de Chastelvillair t 
Sepl-Fonts, Vauclair, Arch. Allier.) 



Toutes ces choses sunt faites par lou 
loux et par l'outri ma dame Aalis. (1255, 
ib.) 

J'ai veDdu par le loux de ma feme. 
(1262, La Motte, I, 4, Arch.Meurthe.) 

Prometons en bone foi que nos james 
contre ceet olroi devant dit ne contre ce 
los n'irons par nous ne par autre. (1265, 
Cart. d'Yerres, Arch. LL 1599, f° 211 r°, 

Mus.) 

Nous ne pouvons prendre ne empes- 
chier ses biens ne sa personne, dedans 
les termes de la liberté et du tauds de la 
ville. (1266, Franchise d* Orgelet , Dloz, 
t. 26.) 

Por le comandement le roi 
Et par le loos de la royne. 
(R. de Hod., Meraugis, ms. Vienne, f° 8\) 

Du lox et du consentement. (Nov. 1293, 

Chamb. des compt. de Dole, — , Arch. 

Doubs.) 

Ils y entrèrent sans son lods et sans 
son gré. {Chron. de Sl-Denys f ap. Duc., 
Gloss. de Villeh.) 

Se vous li avez fait ne tort ou déraison, 
Vous Tires amender vers H en sa maison, 
Au loux et a consoil de treslout sou bernaige. 
(Gir. de Boss., 4231, Mignard.) 

Et .vi, c. de brochetons de ,vut. a .x. 
poulces de long et moyson a départir esdiz 
estang, au los de nostre conseil. (1397, 
Arch. MM 31, f»250v°.) 

De l'auctoritey, loux, licence, consente- 
ment et voluntei de... (1429, Affranch. 

d'Oiselay, Arch. Haute-Saône, ■— .) 

143 

Que vous mesme soyes juge de Pa- 
mende qui sera discutée par le loux de 
vostre meilleur conseil. [Girart de Rossil- 
Ion, ms. de Beaune, éd. L. de Montille, 
p. 269.) 

Quand père, mère ou parastre mettent 
leurs enfans ou enfant de leur femme h or» 
de leur pain, et puis leur font louer et con- 
sentir les vendages des héritages et rentes 
epoticquiez au droit desdits enfans, tels 
vendages et loz ne sont vallables si lesdiU 
enfans ne sont eagiez, (Coût, de Mons, 
Nouv. Coût. gén M I, 819.) 

— A los, loc, d'une manière qui mérite 
l'approbation, parfaitement : 

Il doit refaire la maison ceu qu'il en 
tient a bien et a lous. (1226. Cath. de 
Metz, Maisonnerie, Port-Sailly, Arch. Mos.) 

Et si la retenrit bien et a tous. (1226, 
Arch. Mos., Chap. de la cathédr.) 

— Mesure, taux : 

Cinc sestiere d'avoienne, a la mesure et 
au iou$ dou minage de Jomvjle. (1278, 
Lett. de J. de Joinv., S.-Urb., liasse 1, 
Arch. Haute-Marne.) 

— Droits qui se payaient aux seigneurs 
à chaque mutation de propriétaires : 

Car quant a ce qu'en cas d'achapt, il 
faut payer leB lots et ventes, cela est venu 
d'un autre vieil mot françois, los, qui si- 
gnifie gré et volonté : duquel encores nous 
disons allouer pour la chose que nous 
avons pour agréable. Par quoy nous appel- 
lasmes payer los et ventes la recognois- 
sauce qui se faisoit par nous a nostre sei- 
gneur direct et foncier, par le gré et los 
duquel nous estions impalroni&ez, et en- 



LOS 



LOS 



LOS 



trions eu plaine saisine de la chose qui 
nous estoit vendue. (Pasq., Rech. t II, 16.) 

Rien ne sera commis dans la cité, a rai- 
son des recongnoissances, et laouds non 
payez. (Pàradin, Hist, de Lyon, p. 187, éd. 
1573.) 

Le seigneur direct est celuy, auquel est 
deue la foy et hommage, servis, laouds, 
ventes ou tels autres devoirs. (Cousl. 
d'Aomtc, p. 219, éd. 1588.) 

2. los, s. m., sorte d'engin de pèche : 

L'en apele les degrez (de parenté) a la 
sembla.nce d'eschieles et des los a claives, 
en quoi l'en entre en Tun par l'autre. (Liv. 
dejost. etdeplet, xii, B, § 1, Rapetti.) 

Une manière de pescheries, que l J en 
appelle los, qui prenent toute manière de 
petits poissons, doivent estre abatues.(1295, 
Mem. E de ta Chambre descompt. de Paris, 
f* 302 r°, ap. Duc, Laus i.) 

3. los, s. m., terme de vénerie : 

Il doit encizer de soncoutel jusques a la 
queue et puis oster l'eschine des costes 
que l'en ooitappeller los et du cerf costes. 
[Gast.Feb., Maz. 514, f»6l c .) 

4. los, voir Le. 

5. Los,voirLous. 

LOSAINGE, VOir LOSENGE* 
LOSAINGIER, VOÎr LOSENGIER. 

1. losange, loseingne, s. f., morceau 
de bois en forme de losange : 

A Pierre Sauvage, pour perches et lo* 
sauges a lui achetées pour les reparacions 
des jardins. (1364, Compte de J. DouFour, 
Arch. KK 3\ f» 63 v°.) 

Pour l'aménage d'icelles planches et 
losanges... (lb r ) 

— Instrument de musique, p.-ê. harpe : 

David ot sa loseingne traite. 
{Paraphrase du Ps. Eructavit, Brit, Mus. AdJ. 
15606, F 22 e .) 

David ot sa losange traite, 

{lb., Riche!. 2094, t 9 m c .) 

2. LOSANGE, VOÎr LOSENGE. 
LOSANGEMENT, VOÎr LOSENGEMEKT. 
LOSANGERIE, VOir LOSENGERIE. 

losangié, losengiè, loz., les., - iet, adj., 
en forme de losange, composé de losanges 
de diverses couleurs : 

Cele baniere en hait drecie 
D'or et de vermel losengiè , 
C'est monsaignor Erec le sage. 

(Durm. le Gai., 845 1, Steagel.) 

Che Tan choient estroit rangiez 
Embraçant l'escu losengïez. 
(Bitint* Tourn. de Chauv., 2107, Delmotte.) 

Un escu portoit losengiet 
D'or et de geulles, 

(Coud, 1200, Crapelet.) 

En ay ung autre [paiement] de satin 
bleu, lesengê d'orfaverie a noz lettres brau- 
lans qui sera bordé de lelisses. {Pet. Jeh. 
de Saintré, ch. xxm, éd. goth.) 

Le siège od amours je vy estre 
Estoit de flories jennetea 
Tendu a destre et a senestre 
De g1rofl«es, violetes, 



Couvert d'un tapis de floureles 

Et de lavande losengiè. 

(Al. Chartier, Poés., p. 696, éd. 1617.) 

— S. m., losange : 

Pour avoir faict un grant preau esdits 
jardins, et faict de merrien un lozengiê tout 
autour a fleur de lis et a creneaux.( Compt. 
de P. Culdoe, Hist. litt., XXIV, 650.) 

LOSANGIER, VOÎr LOSENGIER. 
LOSANJADOR, VOir L0SENGE0R. 

losghart, /oicar, adj-, celui qui louche: 
Messires Wittmes li loscharz. (Vend. ap. 
S. Rerai 1267, Arch. Doubs B 400.) 

Et n'y oit dedens so$ ne boargae, 
Saige, subtilh, loxar ne lorgne 
Qui a défendre ne fist bon aquitte. 
(J. de Stavelot, Chron., p. 372, Borgnet.) 

Morv.,!oumaW,louche, celui qui regarde 
de travers. 

Noms propres, Louchart, Lochard. 

LOSCHER, VOir LOCHIËR. 

lose, louse, s. f., renommée : 

Or fut de si grant louse. 
(Jeh. des Preis, Geste de Liège, 1 348, S'.'heler, 
Gloss. philol.) 

— Louange, flatterie : 

Cist chapitres fa faiz sanz lose. 

(GniOT, Bible, 2431, Wolfart.) 

Bessin, louse, mensonge, fourberie. 
Cf. Los 1. 

LOSEINGE, VOir LOSENGE- 
LOSEINGNE, VOÎr LOSANGE. 

losengable, adj., trompeur, perfide : 

Si les mainent dampnement 
Par losengable lechement 
A dampnable perdicion* 

(Fabl. d'Ov., Ars. 5069, f a 191 r .) 

LOSENGAMENT, VOir LOSENGEMENT. 

losengant, adj., flatteur ; 

Parole losengant, {Miseric. N.S., ms. 
Amiens 412, f° 110 v«>.) 

losenge, losange, lozenge, lozange, loit- 
senge, loseinge, lomeinge^ losainge, s. f. et 
m., fausse louange, cajolerie, flatterie in- 
sidieuse, tromperie, ruse, supercherie : 

De ces losaïnges tant a ma dame dit 
tiu'il la monta sor .1. mul arrabis. 

(R. de Cambrai, 7133, A. T.) 

Que ses filles le blandUsoient 

Et de losenge le servoient. 

(Wace, Brut, t. I, p. 84, Ler. de Lincy.) 

Et ni losenge qoanqu'il fist, 
Et par losenge acotde quist. 

(Parton., 3803, Crapelet.) 

Par ma lousenge te cuidai 
Tote honir. 

{Vie de Ste Jul., mi. Oxf-, Douce 381.) 



Par la parole de l'einge 
Qui te salua sanz loseinge. 



774 



(De .v. gaud. B. M., ma. Reims 7g g, f° 134 t" J 

Péchiez de adulation ou de touseinge. 
(Laurent, Somme, Richel. 938, f» 3 r°.) 
Et despitoit aux et lur menaces et lur 



losanges. {Li Purgatoire de Saint Patrice 
Richel. 4M, f'37\) 

Siro» fait ele, sans lozenge 
Avez le mien eue.' en eschainge. 
(Rob. de Blois, Poés., Richel. 24301, p. 590».) 

Ne a ce menée par force, ne par losainge, 
mais de sou bon #ré. (1310 t Pilanciêr de 
S. Germ. t t° 100 h , Bibl. Auxerre.) 

Alas ! qe je unqe cru cest chevaler ! qnar 
par son losenge m'ad yl desçu. {Foulq. 
Filz Warin, Nouv. fr. du xiv e s., p. 40,) 

Nos ancêtres usèrent de barat, guille et 
lozange, pour tromperie, et baraler, guiller 
et lozanger, pour tromper. ^Est. Pasquier, 
Bech.j ii, 107, Feu gère.) 

1. losengement, - gament,- guement, 
tosangement, s. m,, tromperie, parole 
trompeuse, cajolerie : 

Et ki la quiert par ces losengemens... 

(Chans., ma. Berne 389, f° 93 v°.) 

Les losenfiamenz que illi lor disie. (Pass. 
S. Sebast., Richel. 818, f° 213 r«.) 

Miels est a estre repris del sage que estre 
deceus del losengement des l'os. (Bible. 
Richel. 901, i" 4\) 

L'en le doit chastîer de paroles et de 
losangement et de promesses et de dons. 
{Sydrac, Ars. 2320, § 340.) 

— Éloge trompeur : 

Ung chascun pour elle (Renommée) traveille, 
L'un mains, l'an plus diversement, 
Le laboureur fait mainte veille 
Pour avoir son losenguement... 



(Lefranc, Champ, des Dam., Ars. 3121, P 19*. 



2. losengement, losengmenl, adv., en 
losange : 

Uae fourme de blanc voirre losengmenl 
contenant .xviii t peniaux, (1425-26, Répa 
ration des verrières de l'église de Noyon, 
Arch. Oise.) 

losengeor,- eour, - eur r ador t ~ etor, 
- etour, - or } - ur t losanj., lousangeur, lo- 
zengor, subst. et adj., flatteur, trompeur : 

Mentent felloa loxengelour. 
(Alberic, Alexandre, 29, P. Meyer, Rec, p. 282, 

Or m'ont st encusé ti serf losengeor, 
Ja ne m'en tornerai a loi de traitor. 

{Rûum. d'Alix., f 57 b , Michelant.) 

Et dist ja pur coaseit n'iert clamé losengor. 
(Th. de Kzht, Geste d'Alis., Richel. 21364, 
f« i5 v°.) 

Oriolanz 11 dist : Amis, 
Malgré losengeors chattis 
Estes vos or de moi saisiz. 

{Rom. et Pasl., Bartsch, I, 10,-^0.) 

Cumme sunt mauvais losengurs 
E de maufere consaillurs. 
(PierrBj Rom. de Lumere, Brit. Mus., Harl. 4390, 
f° 3 b .) 

Moult fort pria l'enperador 
Qu'il ne creust losanjador. 

(Renart, Suppl., p. 177, Chabaille.) 

Ot Uluec maint losengeour 
Ki l'acusoient chascun jour. 
(G. de Càmprai, Barlaam, p. 14, P. Meyer.) 

Il sont trop fort losengeour. 

{Rose, ms. Corsini, f° 17 e .) 

Issi ke li losengur 
De ambe part fu traitur. 
(Trah. de Th. de Turbeville, Brit. Mua. Coll., 
Caligula, A xvm, f°2l r°.) 



36 



LOS 



LOS 



LOS 



Et qui tara mentir et fert losengeors 

Cil sera honorex et servi par ces cors. 

{Scrm. de Guich, de Beau lieu, p. 15, îechener.) 

Apres toi di ke lotengor 
N'aiet jai cbier, ne traitor. 
(Rob. de Biois, Pots,, Richel. 21301, P 500 t A .) 

Por hair toux les hsengors. 

(Id., ib t p. 528'' ) 

Met a dame de valour, 
Belle et bonne et acesmee 
Qui ne croit losengeour, 
Doit on penser nuit et jnar. 

(Coud, 384, Crapelet.) 

Car loiençor failli seraient a tilté 
Et loial roir disant et prisié" et amé. 
(Jacot de Forest, ap. Seltegast, Jeh. de Tuim, 
p. 53.) 

Adulateurs, flateurs etlosengeurs.(Traict 
de P. Salem., ma. Genève 165, P 12 r».) 

ïsOUsangeur, loubeur, adulalor. (1464, J. 
LiGADRUC,CatAoiiCon,éd. Auffret de Quoet- 
queucran, BibL Qaimper.) 

losenger, adj., orné de losanges : 
Le sire de Ventoillet. Losenger d'argent 
et de gueules a un chief d'or.f Armoriai de 
Fr. de la fin du xiv *., Cabiri. bistor., V, 
210 

losengerie, -an^ene, s. f., tromperie, 
flatterie, cajolerie : 
Ois est cil qui sert, mais de losengerie 
Services est perdus» savoirs ne H aie. 

(Roum. d'Alix,, P 84 b , Michelant.) 

Mener l'en volt, et cil H prie, 
Qui moalt sot de losengerie, 
One par francise li rendist. 
(ChRêst., Erec et En., Richel. 375, C 289?.) 

Quant il voit ses voisins ensemble 
Troublez, faint par losengerie 
A ebasenn qn'est de sa partie. 

(Ysopel, Richel. 15413, f° 2 v°.) 

L'estolre an troval'on dedanz .1. abaie; 
N'est mie de mençonge ne de losangerie. 
Ne de mauvaise jant, de larrons ne d'espie, 
Mais de molt flere geste et de grant soignorie. 
(Chans. des hauts faits des douze pairs de Fr. en 
Perse, Richel. 368, f° 140*.) 

Car ce n'est pas losengerie, 

S'on dist le bien quant on le voit. 

(Durmars li Galois, 8182, Stengel.) 

Ne&dis&ns, Dez toi maudie ! 
Maintes fois m'avex gravé. 
Par voslre losengerie 
M'a, celé coilli eu hé 
En qui j'ai tôt mon aé 
M'entente enploie. 
(PfiRRiîr p'Ancecourt, Chant., ap. Tarbé, les Chan- 
son*, de Champagne aux x\\* et xni* s., p. 12.) 

Dame, saîchies certain ne ment 
Ke sens losengerie 
Et cuer. et tors tout tos présent. 
(Jaqdbs d'Amibits, Chans., ms. Berne 389, P91 r°.) 

Par raison en deroie avoir la seigneurie, 
Mais tu la m'as tûlue p&T ta losengerie. 
(Despul. de l'ame et du corps, Vat. Chr. 367, 
fMl b .) 

losengete, - gecle, s. L, petit losange : 

Et aux bouts (de ladite mitre) a .x. losen- 
gectes pendans a chayennetes. (1420, Pièces 
relal. au règne de Ch. VI, t. II, p. 367, 
Douêt d'Arcq,) 

LOSENGKTOUR, VOÎÎ LOSKROIOR. 

losenghielle, s. f., losange : 



Une chainture de tissu de soie a losen- 
ghieltes de pierles et estoffee. (Test, chirog. 
du 19 dêc. 1377, Arcli. mun. Douai,) 

LOSGNGIÉ, YOir LOSANGIK. 

1* losengier, - ger, lozengier, loszen- 
gier, losenger, lousenger, louzangier, losan- 
gier, losaingier, lauwngier, losoigier, adj. 
et s., flatteur, enjôleur, complimenteur, 
ami perfide, suborneur : 

Mal vais rois losaingier . 
(R. de Cambrai, Richel. 2493, f 3 102 v°.) 

Malvaise geoz et tausengier. 

(Brut, mî. Munich, 381, Vollm.) 

Remembra li des*amistiez 
Que loi e Rous s'ereat pramis 
1/uns al autre mais a tuz dis ; 
Ne yolt pas estre losenger 
Ne vers lai faus ne raençonger. 
(Ben., D. de Norm., II, 2290, Michel.) 

N'en ot resgart de loszengier. 

(Fhrimont, Riche], 792, f* 32\) 

Un faux plaideor loncngier. 

(Durmars li Galois, 7100, Stengel.) 

Li gulleor, li losengier. 

(GuiOT, Bible, 910, Wolfart.) 

Foot ces te départie losengier et félon, 

(Id., Chans., III, 47, Wolfart.) 

AmU, trop vos font ealoignîer 
De moi félon et losengier. 

(Rom. et Past., Bartsch, I, 10,4.) 

Et lauzangier louiangour cruelment 
De lor aigaor amblent deloiauraent. 

(Chans., Richel. 20050, f» 94 v°.) 

Mauderanz et Maudoires'sont caters lomgier. 
(Floov., 697» A. P-) 

De lousenger ausi n'en ayez cure, 
Car de losenges il te feroit pastnre 
Disant mensonges por toy fere plesance. 

(1416, le Livre Caumont, 45, Gai y.) 

Amours est cruel losangiers. 
(Al. Chautisr, la belle Dame sans merey, p. 510, 
éd. 1617.) 

Car losengier, crtieret fort, 
Douix a mentir, et aspre en eavre 
L'appelle. 
(Id., Parlement d'Amours et de sa belle Dame sans 
mercy, p. 703.) 

Losengier, m. Chocarrero. lisonjero. 
(G< Oudin, éd. 1660.) 

— En ^parlant de choses, trompeur, 
décevant ; 

Don siècle puant et horrible, 
M'estuet commencer une bible, 
Per poindre et per aiguillonner, 
Et per bons exemples donner. 
Ce n'est pas bible losengere, 
Mais fine et voire et droituriere, 
Mirouer ert a tontes gens. 

(Guiot, Bible, 1, Wolfart.) 

De maint avez oi parole losengiere. 

(Gowf. d'Aupnis, p. 15, Michel.) 

Pic, et Norm., lausengier, flatteur, com- 
plimenteur. 

2. losengier, - ger, lozengier, losan- 
gier t loszengier t lossengier,lo$oingier t v. a., 
flatter, cajoler, tromper par des caresses 
fallacieuses : 

L'en ne doit homme amer por hsangier. 

Mais por s'onor lever et essancier. 

(Gar. le Loh., 2° chans», H, p. 139, P. Paris.) 



Guitectins les conjot et salae et mercie, 
Qar bien doit losengier qai raestier a d'aie. 
(J. Boo., Sax. y vu, Michel. ) 

Aias tant nel seustes priier 

Ne de paroles lotzengier 

Qae de vous presist veste mens. 

(Florimont, Richel. 792, f° 2t - .) 
Qui le sauront miens acointier 
Et de paroles hsungier. 

(lb., r°4t\) 
Et honorer et losengier. 

(La Charrette, Vat. Chr. 1725, (• 13 e .) 
De sa parole le va molt bsenjant, 

(Aubery, p. 63, Tarbé.) 
Beh dois amis, ne vos saî losengier. 
Mais de fin cuer vos aime et sans trechier, 
(Bêle Yolans) P. Paris, Romancero, p. 40.) 
Eve dist tant et losangait 
C'Adans après H en manjaït. 

(Dolop. t 11715, Bibl. elz.) 
J03aphaz dit : Or losenges 1 
Cuvent a tuz teus devenir. 

(Coardrt, Josaphat, G 08, Koch.) 
Et par ses dix le losoingoit. 
(Paraph. sur le Pater, Richel. 763, f* 277 e .) 

Car tu soloies quant celle estoit avec 
toi blasraer lôy per herdies parolles com- 
bien qu'elle te lossenjast, {Boece de Con* 
sol., ms, Berne 365, 1° 10 r°.) 

Elle te losenjoit. (lb., P 11 r<\) 

l\ a fallu que Pétrarque, ayant ici besoin 
d'un beau mot et bien choisi, le soit venu 
emprunter de nos romans, qui disent 
losenger pour décevoir ou pour le moins 
attraire par blandissemcns et flatterie. (H. 
Kstibnne, PrecelL, p. 275, Feugère.) 

losengis, s. m., losange : 
^ Un corporailler de drap ouvré, fait à 
Tesguille, de losengis et de diverses sortes. 
(1420, Pièces relal. au règ. dé Ch. VI, 
t. II, p. 389, Douët d'Arcq,) 

losengment, voir Losengement, 

losengor, voir Losengeor, 

LOSENGUEMENT, VOÎr LOSENGKMENT. 
LOSENGUR, VOir LOSENGEOR. 

losoigier, voir Losengier. 

losoingier, voir Losengier. 

losse, s. f., couteau à l'usagé des bou- 
chers : 

L'on print la propre losse de boucher, de 
quoy le dit mal faïcteur avoit coupé la 
gourge a son maistre et maîtresse et 
d'icelîe meisme Ton lui en fraippoit trois 
ou .mi. grants coupts parmi la gourge. 
(Philippe de Vigneulliîs, ap. Laborde, 
Émaux.) 

Bourg., Yonne, losse, tousse, tarière, 
bondonnière, outil à l'usage des tonneliers 
pour percer le trou des bondes. Aunis, 
Morv. et Champ., Troyes, losse. 

Cf. Locerkt. 

LOSSENGIER, VOÎr LOSENGIEB. 

losturgne, s. f., sorte d'oiseau : 

Les mesenges n'i sont pas mues, 
Les losturgnes ne H piochons. 
(Watriqdet, Tournoi des dames, 72, Scheler.) 

LOSZENGIER, VOir LOSENGIBR. 



LOT 



LOT 



LOT 



37 



1. lot, loth, lod,$. m., sorte de mesure 
pour les liquides. Dans l'Ile-de-France, 
la Picardie, l'Artois et la Flandre, le lot 
valait quatre pintes. A Douai, le lot à la 
bière contient 128 pouces cubes; le lot au 
vin 107. {[{apport de M. Saladin sur les 
poids et mesures de Douai.) 

Il fist d'un lot de vin qui estoit en j. 
tonnel que li tonniaus fu tous plains. 
(Mi>\ de St Eloi, p. 48, Peigné.) 

Ke nus ne soit si hardis lu mete sor sen 
estai pot de moustarde ne de lot ne de 
demi lot ne de pinte ki ne tiegne le droite 
mesure. (Bans aux échevins, QQ,f° 17 v°, 
Arch. mun. Douai.) 

Anssitost.*. 
C'uns bons compains aroit bnit demi loi de vin. 
(B. de Seb., xii, 598, Bocca.) 

.H. pos d'argent, H uns d'un lot, et li 
autres de demi lot. (1310-1320, Cart. de 
Flirtes, ccccxv, p. 530, Hautcœur.) 

.1. lot de vin..., ,i. pot, et demi lot de 
vin, (1337, Cart. Mets, de Corb., Richel. 
24144, f° 23 r\) 

.vu. saulcieres d'estain, .1. lot, un demi 
lot, une pinte d'estain. (1377, Arcb. MM 30, 
fo 87 v<\) 

.Vin. pos d'estain, desquels y en a ,ni. 
de lot. .III. de demi lot t et .n. chopines. 
(1387, Arch. MM 31, f» 35 v«.) 

Le pinte nomme on en aucun lieu cho- 
pine, et le 'lot une quarte. (Dialog, fr.- 
flam-, f ô 2 c , Michelant.) 

Et si vous faut encore vaissiaus d'estain, 
pots d'estain et canes d'estain de. il. lots, 
lots et demi lots. (Ib., î° 2'.) 

.XII. los de vin a son retour de la ville 
de Rome. (1463, Archiv, de l'hôt. de ville 
de Lille, f° 62 v*, ap. Wavrin, Anch. Cron. 
d'Englet., III, p. xlv, Soc. de l'hist. de Fr.) 

Je m'en voy quérir demy lot de vin doulz. 
(Evang. des Quenouill, p. G9, Bibl. elz.) 

Pour l'achapt d'un pot de lot d'estain, 
rapporté de Paris pour aller a l'aumosne, 
pesant 8 livres, payes 21 s. 4 d. par, 
(1505, Comptes de l f hôtel-Dieu de Soissons, 
ap. Mathon, Mém. lu d la Sorbonne, 186$, 
p. 561.) 

Il pleuist a messeigneurs les gens du 
roy de deffendre en tout le balliaige vendre 
boires appeliez keultes plus de ung blancq 
le lot. (Reg. des Consaux, 1519-1522, Assem- 
blée du 22 janv. 1520, § xxxiv, Arch. Tour- 
nai.) 

Ordonné que tous les tonneaux des 
brasseurs indiFerament livrant bières en 
ce pays devront contenir quarante quatre 
lots t jauge de ce pais, revenant pour in- 
terprétation a soixante douze lots, mesure 
de Saint Orner. (Coût, de Langle, Nouv. 
Coût, gén., I, 3l0 a .) 

Le seigneur viseomtier en ladite ad- 
vouerie et gouvernance de Bethune a 
accoustumé prendre de son droit de 
forage, de chacun fond de vin, cervoise, ou 
autre breuvage qui se vend, un loth : sauf 
et réservé qu'es mettes de ladite ville et 
banlieue de Bethune, le seigneur dudit Be- 
thune seul prend pour sondit droit de 
forage sur chacune pièce de deux muyds 
et en dessoubs un loth de vin. Et si elle 
excède deux muyds, il en prend deux lots. 
(Coust. gen. de Bethune, Coût. gén. du 
Comté d'Artois, Arras 1679.) 

Hz ayment a faire bonne chère et a 
boire tous jours de ce bon piot, quant il 



debvroit couster un escu le lot. (Brant., 
Gr. Capit. fr., V, 56, Lalanne.) 

A Jehan Douchet, receveur du celîer de 
la ville pour xxiui quennes de vin a XL s. 
le lot qu'il a livré a M. S. l'ambassadeur 
d'Engleterre auquel les dites quennes ont 
été portées par MM. de la loy lxxii 1. A luy 
pour xxiiii quennes a xxxvni s. le lot a 
M. S. l'admirante d'Aragon lxviii 1. vin s. 
(1601, Rôle spécial des dépenses faites pour 
la joyeuse entrée des archiducs Albert et 
Isabelle, Bulletin de la Commission his- 
torique du département du Nord, XII, 507.) 

— S'est employé aussi pour les solides : 
Pour .XKXi. lot et demi de sain de hie- 

rang. (1356, Compte de Valenciennes, n° 8, 
p. 37, Arch. mun. Valenciennes.) 

La mesure au blé, soille et toute autre 
sorte de grains, sauf d'avoine, devra con- 
tenir la rasiere, le nombre de trente huit 
lots, gauge de ce pays ; et sur la mesure 
d'avoine y devroit estre adjoutee de 
succroy un biguet ou quatre lois, aussi 
gauge de ce pays, et pour interprétation de 
ce, est que ia mesure du grain de ce dit 
pais doit estre plus grande que celle de 
Saint Orner d'un lot et de l'avoine de 
quatre lots. (Coût, de Langle, Nouv. Coût, 
gén., I, 309,) 

Tonneau de burre, tonneaux de savon 
et samblables, pesans deux poises quy sont 
ensamble xim los. (xvr 9 s., Mémoire pour 
les habitants de Douai contre le seigneur de 
Morlagne, Arch. mun. Mortagne.) 

2. lot, s, m., mot conservé -Jeter lots t 
tirer au sort : 

11 convient que ele (la départie) se face 
par Tune des quatre voies, si comme par 
segneur ou par juise, ou par los geter, ou 
par l'acor de cix qui ont les parties a faire. 
(xin 9 s., ap. Littré, Lot.) 

On dit que les arballestriers de Lille 
tinrent estât au jetter los et recepvoir les 
présentations des arballestriers de dehors. 
(1493, Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. 
Amiens.) 

— Examiner, choisir dans la distribu- 
tion par lots : 

Une femme est condamnée a .xx. s. de 
ban enfraint pour avoir vendu fresq he- 
reng en bauste sans avoir honme du 
roestie* jettant los avoec elle. (1424, Lille, 
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

lotage, - aige, s. m., distribution par 
lots : 

Certains lotaiges de partaiges furent faits 
des heritaiges, (1476, Arch. JJ 206, pièce 
1065.) 

lote, s. f., lotus : 
Comme du Grec la troupe errante et sote, 
AfTriandee aux douceurs de la lote, 
Sans plus partir vouloit la séjourner. 

(Rons., Amours, I, ct-xw, Bibl. elz.) 

lotee, s. f., contenance de la mesure 
de liquide appelée lot : 

Va qaerre, a la taverne, le plus forte vioee 
Que tu i trouveras, s'aporte graot lotee. 

(D. de Seb., vu, 5*5, Bocca.) 

CL Lot 1. 

loter, v. n., tirer des lots : 

Le XVIH* jour on lotat et fist on grans 

esbatement. (J, DE Stavelot , Chron., 

p. 485, Borgnet.)' 



loth, voir Lot. 

lotie, loltie, s. f., lot, part, portion 
échue par le partage à l'un des cohéri- 
tiers : 

Puis fait melrô le remenant 
De sa gent es ne3 crénelées 
Que Pedrogue ot la amenées 
Que no conduist pas par sotie, 
Chascune en reçoit sa lotie. 
(Guiart, Roy. lign., 18220, W, et D.) 

Sur lequel fief et revenues Jehan Deny, 
a cause de damoiselle Agnes sa femme, 
prent annuelment douze livres dix sols 
tournois de rente par an pour et en aug- 
mentacion des loties faites et partables 
par entre ladite damoiselle... et ladite da- 
moiselle Denise Dupont. (1404, Denombr. 
du baill. de Rouen, Arch. P 307, f* 110 r°.) 

Et par la ditte émancipation ont donné, 
cédé et transporté 8 leur dit fils par ma- 
nière de lotie et pour luy aider a avoir ses 
vivres, livres et autres nécessites trois ar- 
pents de vigne, etc. (29 juin 1409, Acte 
d'émancipation paternelle, ap. Le Clerc de 
Douy, t. II, f<> 1% r», Arch, Loiret.) 

Lottie de meubles. (Un partage mobil. en 
1412, SUGermaiu, p. 21.) 

Ont fait faire par le conseil de leurs diz 
parens et amis loties ou parties. (1449, 
Partage, Etude Mallet, not. à On., minute 
Arnoul Sarre.) 

La première lottie. La seconde lottie. 
(1500, Partition, Barb. de Lescoet, Arch. 
Finist.) 

lotion, locion, loccion, laution, s. f., 
action de laver en général : 

Gelé poureture doit estre lavée o locions 
froides. (Frag. d'Un liv. de médecine, ms. 
Berne A 95, f° 22 v«.) 

Que le lavement que l'en fait par dehors 
ne profite riens s'il n'i ha loccion par de- 
dens. (J. Goulain, Ration., Richel. 437, 
f 32-=.) 

La loccion des mains. (Id., ib., f° 100 r«.) 

La lotion des pîez. (Rob. Cibole, Pas$. t 
ms. Ste-Gen., f* 37 r°.) 

Par la lotion des pieds est entendu le 
lavement de l'ame quant a tous pechies. 
{Le Repos de conscience, c. xxviii, Trep- 
pereL) 

Lave tes mains et ta face de eaue venant 
de estre puisée et d'eaue la plus froyde 
que tu pourras trouver, car telle laution 
rend bonne veue, claire et ague. (La Nef 
de santé, 1° 45 r ,) 

Il en lavera pareillement la face et ses 
mains ; car telle lotion resjouit et fortifie 
les vertus. (Paré,, xxiv, 23, Malgaigne.) 

lotir, lotyr, v. a,, partager, séparer; 
tirer des lots au sort, tirer au sort une 
chose quelconque : 

Lendemain montèrent en la balle des 
prevosts et jurez les ciefz des cinquante 
noef sermens qui estoient venus a ladicte 
feste et trairie pour lotir et scavoir la 
journée que ilz debveroient traire. [Ghron. 
des Pays-Bas, de France, Rec. des Chr. de 
Fland., t. III, p. 532.) 

— Prédire, présager: 

Calabre la royne le m'avoil bien loty. 

(Chev. au Cygne, 11439, Reiff.) 

lotissement, lott., s, m., tirage des 
lots : 



38 



LOU 



LOU 



LOU 



En cestc manière lotirent les .lïx. ser- 
ments..., Tordre duquel lotissement advînt 
en telle manière : le premier los eschei a 
la ville de Songnies... [Chron. des Pays- 
Bas, de France, Rec. des Chr. de Fland,, 
t. III, p. 533.) 

Certain lotissement de la lotterie de 
Seinct Georges, a Bruges. (1538, Bélhune, 
&p. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

lotisseur, lotisseeur, s. m,, individu 
chargé de iaire la division et l'attribu- 
tion des lots : 

Lotisseeur. (Voc. des Mét. t ap. Géraud, 
Paris sous PhU. le Bel) 

S'est dit jusqu'au xvm" s. : 

Lottisseur, celui qui fait le partage et la 
division des lots. La plupart des commu- 
nautés gui font lottir les marchandises ont 
des loUis$eurs choisis d'entre les maîtres 
de la communauté; il y en a quelques-unes 
qui ont des lottiseurs en titre d'office, en- 
tr'autres celle des corroyeurs et autres 
artisans qui vont enlever les marchan- 
dises propres h leur métier, à la halle aux 
cuirs de Paris. (Savàry des Brusl., Dict. 
du commercé.) 

lotizkr, v. a., partager en lots : 

Fief lotizé et parti. (1536, Edit du Roy 
François l* r t art. 7, ap. Laurière, Gloss. du 
Droit franc,, t. II, p. 71.) 

lottie, voir Lotie. 

1. loture, s. f., lavage : 

Les aultres baptixé arez, 
El j'en «il bien estr« lave* 
Pour mieuli esprouvér la loture. 
(Greba>, Mût. de la Pan., 10347, G. Paris ) 

2. loture, s. f., terme de monnayeur : 
Pur ceo que devant ses heures graunde 

doute et awereste ad esté le quele tonsure, 
loture et filinge de la moneye de la terre 
duissent estre adjugges treasou ou nient a 
cause que nul eu en ci on eut esté fait en la 
declaracion dez articles de treason faitez 
en*le parlement tenus Tan xxv del noble 
roy E. besaieul a nostre seigneour le roy, 
mesmes nostre seignour le roy voillant 
ouster tiel doute et le mettre en cer- 
teyn ad déclaré en cest parlement que 
tielx tonsure, loture et fyler soient adjugges 

Sur treason, et ceux qui tondent, lavent et 
lent la moneye de la terre soient adjugges 
traitours a roy. {Stat. de Henri V, an ni, 
impr. goth., Bibl. Louvre.) 

4. lou, voir Lau. 

â. lou, voir Le. 

3. lou, voir Lieu. 

4. lou, voir Loup. 
louage, voir Loage. 
LOUA.OBR, voir Loagier. 

LOUAÏGIER, VOir LOAGIBR. 

LOUA1L, s. m. ? 

Des louailz qui vont au jeu par pais. — 
En troys viUaiges peult avoir et aller un 
louait a jeu et a guerb pour tant qu'il soit 
souffisant a sauldres les vaches. {Cous t. 
de Bret., P 127 r«.) 

LOUANGE, VOir LOÀNCE. 



louangeablEj adj., digne de louange: 

La virginité et netteté des hommes est 

plus louangeable et recommandable que 

celle des anges, (Jean de BARRAUD.Eptst. 

dorées de Guevara, f* 210 v°, éd. 1584.) 

louanger, v. a., célébrer par dos 
louanges : 

II faut quitter du tout tes regrets et tes plaincle, 
Et ne louanger plus le Seigoôur par complaintes. 
(Bekoist Vorom, Resjouiss, sur la France désolée, 

Lyon 1574.) 

Louanger, to laud, praise, commend, 
extoll, renown. (Gotgr., éd. 1611.) 

L'Académie donne le mot louanger. 

louangier, adj., louangeur, flatteur ; 

Estans la plupart des historiens de ce 
temps louangiers, plustost que vrai disans. 
(Faughet, Antiq. gaul, 2» voI./VIH, 6, éd. 
16U.) 

LOUBANCE, VOir LOBAKCB. 

LOUBANT, VOir LOBANT. 

loubas, s. m., ancien terme d'argot 
exprimant l'idée de vaurien: 

ViUains, tuffes, giveliers, bomules, ter- 
mulons, tacrierSj craffeurs, marrados et 
cratinas, petauk et gars loubas. (FROISS-, 
Chron., Y, 323, Lnce.) 

LOUBER, VOir LOBER. 
LOUBIER, S. m. ? 

Pour ung loubier de Tenfermerie. (1465, 
CompU de l'aumosn. de S.-Berthomê, 
f° 13 r>, Bibl. la Rochelle,) 

louce, voir Louche 2. 

LOUCEOR, VOir LOUCHKOR. 

lougeron, s. m., petite louche f 
Li uns a un platiel, li autres d'un louceron. 
(Geste des ducs de Bourg., 556, Chron. bôlg.) 

lougerve, lousserve, loupcerve, leu- 
serve, s. f., femelle du loup-cervier : 

On présente au duc de Bourgogne quatre 
moutons et une leuserve. (xv* s,, Lille, 
ap. La Fons, Gloss. m$<, Bibl. Amiens.) 

Et que la foy crestienae les préserve 
De l'infernalle et mortelle lousserve. 
(Oct, D8 S. Gel,, Sej. d'honn., f ô 90 r°, éd. 
15^6.) 

Il me suffit que mon troupeau préserves 
Des loups, des ours, de» lyon», des loucerves. 
(Cl. Marot, Eglogue au Roy, soub* les noms de, 
Pan et Robin, p, 38, éd. 1596.) 
Remlu de la peau 
De loupcerves mouchettees. 
(J.-A. de Baif, Poèmes, 1. VI, (° 181 v°, éd. 
1573.) 

— S. m., loup-cervier : 

Suyvirent chascun leur chemin, tirant le 
chevalier du dragon a gauche et celuy du 
loupcerve a droit. (D. Flores de Grèce, 
f* 154 r°, ap. Ste-Pal.) 

LOUCET, VOIT LOUCHET 1. 
LOUCETTE, VOir LOUCHETE. 

1. louche, loche, loque, locque, s. /., 
bêche ; 

La veîssiés tant bon baston frasnin, 
Tante grant loche et tant crochet saisir. 

(Les Loh., ras. Berne 113» f» 16 d .) 



Et Loqulfier a .n. poios le feri, 
De la graat loque durement l'eav&i 
Desus son heaume qui fa a or bruni, 

(Bat. d'Alesch., Richel. 24369, t° 254 v 6 .) 

Pierre le Maire trouva d'aventure en la 
maison un baston, que l'en appelle loque.., 
dont il ferit ledit Jehan. (1361, Àxch.JJ 91, 
pièce 181.) 

îcellui Jehan entra en sa chambre, print 
un baston appelle locque. (1463, Arch. JJ 
199, pièce 215.) 

Cf. Louchet. 

2. louche, louce, tousse, locque, s. f., 
grande cuiller, cuiller à pot : 

Et le pot et la louce 
Ou la poree groace. 
(UËstillem* au vïL, Riche!. 837, f° 120*.) 

Une graut louce potereis*!. 

(Poet. fr. av. 1300, t. IV, p. 1339, Ars.) 

Sayze louches d'or. (1297, Invent. d'E- 
douard /, ap, Laborde, Emaux.) 

Pour une louche... a jeter soudure et 
fleurs de lis. (1320, Trav.aux chat. d*Ari. t 
Arch. KK 393, f« 50.) 

Il fault qu'il suit bien tost hasté (le dîner) 
De peur qu'on n'avance la louche. 

l'escuier. 
Il auront tout de brocque eu bouche 
Et seront serris a sonnet, 

(Mist. du Yiel Testam., 36103, A. T.) 

Une louche d'argent. (Test, de 1440, Cart. 
de Corb., ap. Duc, Lochea.) 

Grand nombre de louches de bois et 
d'estaiu. (Troubles de G and, p. 105, Chron. 
belg.) 

Et doit le queux en sa cuisine comman- 
der, ordonner, et estre obey, et doit avoir 
une chaiere entre le buffet et la cheminée, 
pour seoir et soy reposer si besoing est, 
et doit estre assise icelle chaiere en tel 
lieu qu'il puist veoir et congnoistre tout ce 
que 1 on faict en ladicte cuisine, et doit 
avoir en sa main une grande louche de 
bois, qui luy sert a deux fins, Tune pour 
assayer potaiae et brouet, et l'autre pour 
chasser les enfans hors de la cuisine. (OttV* 
de la Marche, Estât de la maison de 
Charles le Hardy, du tiers estât, Micbaud.J 

Paiges et gros valletz estoient chargez et 
accoustrez d'aighieres, tasses, louches et 
gobelets. (Molwet , Chron., en. cglix, 
Buchon.j 

Délivré au Prince, le jour des cendres 
cinq escuelles, une .xn*. de trenchoîrs, six 
tailloirs rondz et sept louches de pot, sont 
.un. sols, .111. den. (1539, Béthune, ap, 
Laborde, Emaux.) 

— Droit en nature perçu sur les grains 

de la halle : 

Li cuens y a le tonneliu et les louches 
de le haie du blé. (1291, Cart. de Kamttr, 
I, 128, Bormans.) 

— Droit de la louche, droit suï là 
vidange : 

De le requeste Guillaume Flahault, exe* 
cuteur des jugemens criminelz de ceste 
ville, requerans avoir les drois de le locque 
ainsy que avoient heu ses prédécesseurs. 
(15 octobre 4521, Reg. des Consaux, 1519- 
1522, Arch. Tournai.) 

— Loc. flg., avoir sa loche mal lavée, 
être mal traité : 



LOU 

Il se poet bien tenir pot las 
S'il ne sait auques d'enviaug; 
S J ii n'est rerauans et isoians, 
Et s'il De sait bien cottener, 
Et bien froier et cropener, 
11 iert al matin mal vtnm ; 
De ce ne H puet aidtter nus 
Qu'il n'ait sa loche mal lavée 
Tantost con la dame iert levée. 
(G. Le Lqkg, la Veuve, 360, Montaiglon et 
Raynaud, FabL, II, 209.) 

Aunis, Iossû, Wallon, lose, Rouchi et 
Pic, louche, Nor m., lotisse, cuiller à potage, 
Aux environs de Lille, la louche est une 
écuelle emmanchée à un long bâton et qui 
sert à répandre les excréments humains 
Liquides sur les terres. (Dict. d'agr., 1809.) 

Argot, louche, main, loche, oreille. 

LOUCHEFROYE, VOÎr LeCHEFROIE. 
LOUCHEL, VOir LUISSEL, 

loucheor, louceor, s. m., avaleur : 

Tout maintenant Ii prist a dire : 
Vees quel loueeor de poi3 ! 
(Du Vilain aubufet, Richel. 1533, f° 305 v° ; 
Montaiglon et Raynaud, Fabl^ III, 202.) 

Cf. LOUCHIER. 

louchepoïs, loulcepois, s. m., grand 
avaleur de pois : 

Vies augustins et beneois 
Ne doivent as nues avoir vois ; 
Dar furent cil viel louchepois, 
Lor me» as Testes furent oef, 
Mais ti nouvel comme courtois 
TSe desdaignent d'yaue on de bois 
Poisson, oisel ne porc ne buef. 
Recl. de Moilikks, Lit de Charité, Àrs, 3142, 
f» 222 b .) 

Ï)uï forent chil viel lonkepois. 

(Id, ( ib., cxlvi, 8, Van HameL) 
Cf. LOXJCHEOR et LOUCHIER. 

i. louchet, Ioucet, lucet, locet, s. m., 
sorte de bêche ; 

Pour un louchet noef acaté pour les 
courtillages du manage. (1342, Trav. aux 
chat. d'Ârt. f Arch, KK393,f°93.) 

Un oustil a pionnier, nommé lucet. 
Icellui varlet hauça ledit lucet et voultferir 
le suppliant. (1394, Arub. JJ 146, pièce 333.) 
Pelles, hâves, louées et grans cros c'on forga. 
{Geste des ducs de Bourg,, 7175, Chron, belg.) 

Ordonna a faire faire multitude de lou- 
cets et de pelles de fer pour maronniers. 
(G. Chastell., Chron. des D. de Bouro 
II, 65., Buchon.) * ' 

Menoit les manouvrîers et gens de pied, 
lesquels portoient coignees, serpes, scies 
et louches, pour couper barrières, remplir 
fosses et refaire chemins, (Id., Chron. II 
£6i,Kerv.) 

Pour avoir adoubé deux loces. (1465 

Comptes de Vaumosn. de S.-Berthomè* 

o 98 r>, Bibl. la Rochelle.) J 

Paysans ne laissaient louées m plateaux; 
n'y avoit tant malheureux qui n'emmenast 
veau ou vache. (Molinet, Chron., en. 
xlvii, Buchon.) 

Autres compagnons de monseigneur 
lesquels av oient fait charger louchets, pelles 
et picques pour pionner se mestier estoit 

(lD,,tft,, cb.XLVIIi.) 

Les [pointes des ccullrcp, des loucfielz 



LOU 

des fourchiers et des congnees estoient 
usées. (Lk Fevre d'Est., Bible, Sam., I, 
xui, éd. 1834 .) ' 

Le long louchet on la courte faucille. 
(J. Doublet, Poés., p. 63, Jouaust.) 

— Houlette : 

Le suppliant osla audit berger sa hou- 
lette, ou louchet. (1393, Arch. JJ 144, 
pièce 471) 

Un haston ferré, appelle ioucet de ber- 
chier. (1409, 'Arch. JJ 163, pièce 434.) 

Louées ou ffil^lltt e Se ] breaier. (1443 
Arch. JJ 176, pièce 279.) 

La langue moderne a conservé louchet 
au sens de hoyau, pelle à fouir. Dans cer- 
taines provinces il a affecté une forme 
particulière : Ardennes et Champ., Béru, 
Ioucet ; Champ., Troyes, et Bourg., Yonne, 
loche t. 

2. louchet, adj. dim. de touche; en 
louchet, de travers : 

Donnez vous garde deceulx quiregardent 
en louchet (Palsgrave, Esdairc. t p. 829, 
Génin.) 

louchete, - elle, lochette, loucetle, loue- 
guette, s. f., dimin. de louche, cuiller : 

Pour le caiisce, le pîatine et le loucelte. 
{Compte des Testamenteurs signeur Piéton 
Boin Enfant, Rôles des comptes, Dec. 1344 
Juil. 1345, Arch. Tournai.) 

Une paiene et le louchette, (CompU de 
1365-66, Arch. Nord.) V p 

Un hanepel d'argent et une petite lou- 
chette. (1371, Invent, de Végl. de Cambrai, 
ap. Duc, Lochea.) 

1 caiisce doré sans esmaîllure, estoffé de 
patène et de louchete. (1386, Invent, de S.- 
Âmè, Arch. Nord.) 

Le louchete pour l'encens. (Ib.) 

Un caliste d'argent doré et a lochettes 
nellees sans aultre estofement. (xiv e s,, 
Douai, ap t La Fons, Gloss. ms., Bibl. 
Amiens,) 

Une louchette d'argent servant a prendre 
l'encens, (xv* s., Cart. de Flines, p, 912, 
Hautcœur.) 

Un petit potkin d'or, et est audit potkin 
une petite louchette d'or, (1536, Inventaire 
de Char les- Quint, ap. Laborde, Emaux.) 

Cire convertie en loucqueltes pour aller a 
l'offrande. (1551, La Bassée, ap. La Fons, 
Gloss. ms. t Bibl. Amiens.) 

Un calisse, une platine et une louchette. 
[Cap. S. J.-Bapt. Mém, de Vermand.. IL 
866.) ' ' 

louchie, s. f., droit de mesurage : 
Nous y assenions que chascuns venderres 
de blé ait les mesureurs nostre chier sei- 
gneur et dame devant diz delivrement pour 
ablai mesurer, et que il le mesurt de sa 
main se il li plaist parmi les louchies ren- 
dant au visconte sans don et sans autre 
ioier donner ent. (1273, Cart. de Ponthieu, 
Richel. 1. 10112, f° 159 v û .) 

Louchie. (xiv* s,, Cart. de Rue, ap. Cor 
blet, Gtoss. pic.) 

1. louchier, s. m., fabricant de louches: 

Presens furent au délivrer en le main 
et le warde des eskievins de Tournay, dont 
li noms sont tel ; Jehans Desmoulins, 



LOU 



39 



f?^ QS ~ Bruûiaux » Jehans iî Louchiers. 
(1306, Cart. de Cisoing, p. 287, Cousse- 
maker.) 

2. louchïer, loukier, v. a (| avaler : 

Rois, se plus ies enclos de mur, 

So plus as dras, vin et paia pur 

K'ans antres, ies por chon empains 

En orgue) ne plus asseur 

Ke chil ki huke «on lait sur. 
(Rencl. db Mqiubn», de Carité, xxxvit, i, Van 
Hamel.) 

LOUCQUETTE, VOIT LOUCHETE. 

LOUDÏER, VOir LODIER. 

LOUEE, VOir LïEUEE. 

LOUEÏE, VOir LïEUEE. 

loueis, voir LOEIS. 
louel, s. m., lieu, endroit : 

Li huaus u fa la m&hsoat 
Le roi de Jade Ezechie. 

(MOGSK., Chron., 10480, ReîfT.) 

J. LOUEMEIVT, VOIT LOESMENT. 

2, LOUEMKNT, VOir LOEMENT. 

LOUENCE, VOir LOANGK* 

1. LOUER, VOÎrLOER. 

2. louer, voir Luer, 

LOUERESSE, VOÎrLOEOR. 
LOUERIE, VOtrLOERIE. 
LOUEUR, VOirLOKOR. 

louf, voir Lof. 

loufé, adj,? 
Mai» c*estes vou* qui estes l'ours. 
Uns grans caitis loufé se vaigne. 
(À. de la Halle, li Jus du Pèlerin, p. 419, 

Coujsemaker.) 

loupfe, voir Lope. 

LOUPPRE, VOir LtJFRE. 

lougaugue, s. I, langueur, faiblesse 
de cerveau ; 

Le suppliant a esté si malades de lou- 
gaugues qu'il en a esté bien souvent en 
graut fureur pour la vuidance de la teste 
(1388, Arch. JJ 133, pièce 120.) 

lougis, voir Lqgeis. 

LOUHA.IGE, VOir LOAGE. 

louher, voir Loer, 
louier, voir Loier. 

LOUKEFOIS, VOir LOUGHEPOIS. 

loukier, voir Loucrier, 
loumer, voir Nommer. 

loup, lou, leu t s. m., nom donné autre- 
fois à certains ulcères rongeants (tels que 
Térysipèle gangreneux), que Ton compa- 
rait à. des loups dévorants : 

Li leus est maladie qui mangue char et 
os, et met a nient le membre ou il se 
prent. (Ms. Berne 697, f° 99 r û .) 

Aucuns appellent ceste maladie chancre, 



40 



LOU 



LOU 



LOU 



aucuns le Jou, aucuns, si comme Françoiz, 
le mal Nostre Dame, aucuns Lombars le 
mal Saint Antoine. {Trad. de Lan franc, Ri- 
chel. 1323, f° 44 v*.) 

Jambe pesante est subjecle avoir loups, 
(Ch. db la Hoette«ie, Contre Blason de la 

jambe.) 

Jean Morin, lieutenant criminel de la 
prevosté de Paris, après avoir fait mourir 
tant de fidèles, fut finalement frappé de 
loups aux jambes, dont ayant perdu l'usage 
mourut aliéné de son sens. (La Planche, 
Ceremon. de lestât et de la relig., f° 7*, 
ap. Ste-Pal) 

— Machine de guerre appelée corbeau, 
destinée à saisir la tête du bélier et à l'en- 
lever : 

ILem leur fault avoir ung aultre engin 
nommé loup ou quel a ungfer courbe qui 
a de très fortes dens et agues, qui sont 
assis de telle manière sur le mur quMlz 
viegnent engouler le tref du mouton et le 
tiendront si fort quMl ne pourra tirer ne 
avant ne arrière, et aulcune fois le tire 
l'en en bault a force de cordes, si que plus 
ne leur peut nuire. (Le Jovvencel, f° 87 b , 
ap. Ste-Pal.) 

loupasson, louppasson, s, m., loup 

marin : 

Quant il fait gros byver, tous poissons 
s'en sentent, et principallement ceux 
qu'on tient avoir certaines pierres en la 
teste : comme sont les umbres, pagres, 
castagnes, et les lupins ou louppassons. 
(Du Pinet, Pline, IX, i6, éd. 1566.) 

Loupasson .m, a little seavrolfe. (Cotgb., 
éd. 1611.) 

LOUPCERVE, VOir LOUCERVE. 

loup cerviNj s. m., loup-cervier : 

Et appelloient îcelles bestes coepballes 
en leur langaige, mais au nostre ce sont 
liepars ou loups cervins, (Orose, vol. I, 
f° 2iO b , éd. 1491.) 

Cf. Cervin. 
loupe, voir Lope. 

louper, v. n., se livrer à la boisson : 

Ensi s'eraplist ]i glous mastins, 
Otant vansist que il soupast, 
Qu'enst beust, qu'ensi loupast. 

(Vende J&*, Àrs. 3142, P 271 e .) 

Le langage populaire emploie louper au 
sens de boire, faire le paresseux. 

louphat, voir Lovât. 

LOUPHIER^ VOir LOVIKR. 

1. loupin, s. m., louveteau : 

Deux aighiereB a loupin. (1466, Yalen- 
ciennes, ap. La Fons, Gloss. ms. t Bibl. 
Amiens.) 

Une loupve pregnante cerchant lieu 
commode pour faire ses petits loupins, 
(Nouv. Fabrique des excell. traits de vérité , 
p. 162, Bibl. elz.) 

2, loupin, lupin, luppin, adj., de loup : 

Violence loupine. (Gers., Serra., rus. 
Troyes, f« 10 r*,) 

Cruaulté lupine. (Monstrelet, Chrot)., 
II, 238, Soc. de l f H. de Fr.) 

Hz ont la pensée luppine, rapineuse et 



moult cruelle. (C. Mànsion, Bib. des poeL 
de meiam., f° 5 v 8 , éd. 1493.) 

Museau lupin. (R, Gobin, Livre des loups 
ravissans, ch. m, éd. 1625.) 

— A la tète de loup : 

Brandist l'espee o le fer bon et Hb, 
lsnelleraent fiert le peau lupin, 
La large perce et l'aubert doublelin. 
(Rom. d'Aqnin, 940, Jonon des LongraU ) 

loupot, s, m., louveteau : 

Ung loup, une louve et deux loupoz. 
(1413, Comptes des receveurs de la gruerie 
de Bourg. , Arch. Côte-d'Or J 

LoUPTiBR, s. m., syn, de lovier, officier 
chargé de la destruction des loups : 

Les louptiers. (Compt. de gruerie du xiv° 
et du xv' s., Arch. Côte-d'Or, dans les Mêm. 
de la Soc. éduenne, 1876, p. 178.) 

loupvat, voir LOVAT. 

loupveau, voir Lovrl, 

loupvesse, voir Lovesse. 

LOUPVET, VOir LOVET. 

lour, voir Le. 

1. lourche, adj., déçu, embarrassé, 
attrapé, dupé : 

Et ce pendant demeurent lesdietz marys 
chiffres et lourches... et gardent les mules, 
pendant que mes mignons triumphent sur 
l'amour. (Martial, Ârresls d'amours, lu, 
t. II, p. 4B6,éd. 1731.) 

Sur ce propos quelque mutin mè dira 
que je suis un schismatique, qui sous le 
masque du papisme av proféré tout ce 
que dessus. Cur c'est l'objection de ceux 
qui se trouvent lOUrch$$. (PASQ., Reck., 
III, 7.) 

Par ce partage la part et portion de 
Louys roy de Bavieres estoit racourcie au 
petit pied sans espérance de ressource, 
advenant la mort de son père. Et quant 
au jeune prince Pépin, il demeuroit Jour* 
che, son royaume d'Aquitaine estant con- 
fus en celuy de Charles le Chauve son 
oncle. (Id., t&., V, 3.) 

La chance du jeu se tournant, il se 
trouva lourche, qui pensoit estre maistre 
du tablier. (Id., ib., VIII, 56.) 

C'est de lui mesme, dedans les epistres 
duquel nous trouvons quelques échantil- 
lons qui nous servent d'instructions et 
mémoires pour connoistre en quel estât 
estoient lors les escolcs de Paris, quand il 
y vint pourestudier; car a vrai dire, nous 
serions lourch.es sans lui au récit de l'an- 
cienneté dont je vous ai ci dessus parlé. 
(Id., ib.,IX, 6.) 

Quoy faisant, le testament alloit a vau 
l'eau, comme nul, et tout d'une suite les 
legs : de manière que, si ainsi le faut dire, 
tous demeuroient lovrehes. (lD. t Lett., XiX, 
13.) 

2. lourche, s. m., sorte de jeu de 
trictrac : 

La jouoyt, au flux,... au lourche. (Rab., 
Garg., ch. xxn, éd. 1542.) 

Je pensois au jeu du lourche ettricque- 
trac. (Id., le Tiers livre, ch. xii, éd. 1GC2.) 

LOURD, VOir LOURT, 



lourdart, tor.» s. m., lourdaud : 
Tant lordarx vilain, tant encoistre 
Et tant sot art a voit en lai, 
Que poi amez ert de nulul. 
(G. de Coin», Mir., ms. Brci., f° 166 b .) 

lourdasse, adj. f., pénible : 
La froidure etreignaute, indiscrète et lourdasse 
Les cors plus diferans pesle mesle ramasse, 
Joignant le mol an dur, le pesant au legier. 
(J.-A. de Baif, CEuv., f* 6\ éd. 1573.) 

1, lourde, lurde, s. t, syn. de lour- 
derie : 

Fors de le vile Venmoinrai (Satan) 
Et as païens te most errai, 
As paions mostôrrai la larde 
Por kot il suât tnjt gi avogle. 
(Vie Ste Jitliane, ms. Oxf. Bodl., Canon, mise. 
71, f* 76 v*.) 

2. t.ourdk, lorde, adj., lourdaud, sot : 

Trop par est fol, trop par est lordes 
Quant il ne lait ester ses bordes. 
(G. de CoiMcr, Mir., ms. Brux v f° 119M 
Amis, dit il, tu me faiordes, 
De parler me sambles trop lordes. 
(De Trubert, 2032, ap. Méon, Nouv. Rec, t, 
250.) 

lourdece, - desse, s. f., lourdeur, 
pesanteur, au propre et au figuré ; 

Il n'apartîent mie a lourdece 
Que ait compaigne avec noblece. 

(Renart, Ricnel. 1630, f* 152 b .) 
Sa sœur aussi l'autre Minerve 
(De qui le ciel nons feit réserve 
Pour renvoyer durant ces jours 
Qae tons beanli chants reprennent cours) 
Est de chanter trop grant malstresse 
Pour ne juger vostre lour de t se. 
(Contre Sag<n et les siens, Epist. par ung a ni y 
de Cl. Marot, à. la suite des Œuv. de Cl. Marot, 
éd. 1731, t. IV, p. 531.) 

Les mules... ont une lourdesse impos- 
sible a corriger. (Du Pjnet, Pline, VIII, 44, 
éd. 1566.) 

Or iceux démons peuvent en beaucoup 
de manières et façons tromper nostre ter- 
rienne lourdesse, a raison de la subtilité de 
leur essence et malice de leur Tolonté. 
{Pabé, CEuvr., XIX, xxiXj.Malgaigne.) 

lourdel, lordel, adj., sot, niais : 
Bien mascbiei le putain lordel. 

(Sal.d'Am., Richel. 837, f° 82 r".) 
Mont fist bien le putain lordel 
La dame, qui bien le sol fere. 
(Des Braies au Côrdelier, 156, ap. Montaiglon et 
Raynaudj Fabl. t III, 280.) 

lourder (se), v. réfl., faire des balour- 
dises, des bêtises : 
Je vous ai faict de l'ennui un milier 
En ce jour cy t mais c*est joycuseté. 
Pour éviter chagrin, oisiveté', 
Comme sçavez on baille quelque bourde ; 
Mon doux a in y, soit hiver ou esté, 
En passant temps bien souvent je me lourde. 
(Le Loyer des folles Amours, p. 319, op. Sle- 

Pal.) 

lourderie, s. t, stupidité, grossiè- 
reté : 

Ma lour derie et faulte tant apperle. 

(Crétin, Vois., p. 223, M. 1723.) 
Venez, ses disciples gentil. 
Combattre ceste lour derie* 
(Frippelippes, à François Sagon* à la suite des 
<£%v. de CL Marot, éd. 1731, t. IV, p. 42<U 



LOU 



LOU 



LOU 



41 



Lui mesme (Antoine) commença a se 
mocquer de la grosserie et lourderie du 
service de sa maison auprès de la somp* 
tuoBité, propreté et élégance de celui de 
Cleopatre. (Amyot, Vies, Antoine, p. 23, éd. 
1783-1805.) 

Ile n'entendent jamais le vray et com- 
mencent seulement a rapprendre quand 
par quelque mauvais succez ils descouvrent 
leur lourderie, de laquelle leurs ennemis 
leur donnèrent le premier advertissement. 
(Est. Pasquier, Pourparler du Prince, p. 
1038, éd. 1723.) 

Wallon, lourderie, vertige. 
lourdet, lordet, adj,, un peu lourd : 

De mai voix lordelte. 

(Rom. et Part., Bartsch, II, 54,28.) 

louhdeté, s. t., lourdeur, pesanteur : 
Us les entretiennent toujours en leur 
lourdetê. (Palissy, Rccepte, Cap.) 

lourdie, lordie, s. f., bêtise : 

Lasches, couars, ne homs plain de lordie. 
(E. Deschamps, Poés., Richel. 840, 1° 128 e .) 

i.ouRfciER, s. m., lourdaud : 

Quand le lourdier sa foy brisa, 
I] vînt et son maistre baisa. 
(Greban, Mist. de la Pau., 22019, G. Paris.) 

lourdin, s. m,, lourdaud : 

Entens, lourdin, je ne dy mie 
Qas mort nulle puisse estre -vie, 
(Le Mir. if* 9 Ste Genev.> Jub., Myst., I, 242,) 

Et dea, vecy trop bon lourdin^ 
Il fait le sourt. 
(Greban, Myst. de la faw./Ars. 6431, f° 162 b .) 

Rusticulus, lourdin. (Fed. Morel, Die- 
tionariolum, 1633.) 

lourdinot, adj., dimin. de lourdin : 
Rusticulus, qui sent aucunement son 

rustique, et lourdault, lourdin, lourdinot. 

(Fed. Morel, Dictionariolum, 1633.) 

lourdise, s. f., lourdeur : 

La dinde pour sa lourdise et pesanteur, 
ne pouvant conduire les canetons, qui sont 
d'eux mesmes 1res lourds. (0. de Skrres, 
Th. d'agr., p,378, éd. 1605.) 

— Lourdeur d'esprit, inintelligence : 

Par lourdise d'entendement ou par ma- 
lice. (Yiret, Pref. du vray usage de la croix 
par Guill. Farel, Fick.) 

La lourdise de plusieurs qui soutien- 
nent que. (Palissy, Œuv., p. 369, Cap.) 

Lui, qui en cet endroit nous impute cette 
parole a lourdise. (Pàsq., Becherch., I, il.) 

Si la trouvez bien faite (ma pastorale) 
pensez, Madame, que c'est a vous seule a 
qui je le dois,., si au contraire, mal faite, 
vous l'imputerez seulement a ma lourdise. 
(Id., Poês. t à la dueb. de Retz.) 

11 estime modestie, poltronerie, prudence, 
lourdise. (Charr., Sag. y 1. I, c. 48.) 
Wallon, lourdise, vertige. 

lourdoiement, tourdoyement, s. m., 
lourdeur : 

Vertigine, ou lourdoyement de teste. 
(ËYON,, Trésor, c. xxxv, éd, 4855.) 

lourdoier, v. n., s'occuper lourde- 
ment, gauchement : 



Dementres qu'a ce lourdoierenl 
Pierre Le Roi querre envoyèrent 
ceua qui baraz durent ealie. 

(Guurt, Roy. lign., 14805, W, et D.) 

1. lourdois, s. m., lourdaud, imbécile : 

Je m'y en rois. 

Ma foy, voyla un grand lourdois ; 
Il a moins d'esprit qu'ung thoreau. 
(Farce du badin qui se lotte % Ane. Th. fr , I, 190.) 

Centre de la France, lourdotSj lourdaud, 
imbécile. 

2. lourdois, lourdoys, s. m., esprit 
lourd, petit esprit, et aussi esprit simple 
et naïf; ou langage grossier, manière 
d'agir et de parler rustre : 

C f est trop ouider en ton lourdois. 
(Jeh. de JAnvnc, Remonstr. de Nat„ 724, Méon.) 
Si j'avoyô ma flente a troys troux, 
Dont je m'esbas en mon lourdoys... 
Je sonneroye ane chanson. 
(Mist. du Viel Te»tam„ II, 30, var., A. T.) 

La se degnysent chascun en son Uurdois 

Le mieulx qu'ili peuvent. 

(Banquet du boys, Porlef. de l'ami des livres.) 

Aux raisons je ne m'y congnoys, 
Fors que je pense en mon lourdoys 
One L. en bruit penlt au ciel loucher, 
Et tant pompe en son cler harnoys, 
Que M. de L. n'ose approcher. 
(J. Marot, Vôy. de Venise, la Prinse du ChasLeau 

de Pesqaiere, f 9 88 v°, éd. 1532.) 

Car je luy eusse assimenty son trou d'u- 
rine, a mon lourdoys. (Rab., Gargantua, 
ch. xm, éd. 1542.) 

Et a mon lourdoys je me peine et efforce 
envers ceulx que je prens en cure. (Id., 1. 
IV, prol t) éd. 1548.) 

Et n'y a animal qui soit plus fin et plus 
m alicieux en son lourdois que cestuy (l'ours) . 
(Du Pinbt, Pline, vin, 36, éd. 1605.) 

Il s'abusoit aucunement, parce que le 
procez du sieur de Montaigu n'avoit esté 
fait par juges, ains seulement par com- 
missaires, comne s'il eust voulu inférer en 
son lourdois que tels commissaires délé- 
guez a l'appétit d'un seigneur qui pouvoit 
lors toutes choses, n'apportoient en leurs 
jugemens la conscience ordinaires des bons 
juges. Soit que ceste parole fust proférée 
par un moine en son gros lourdois t ou par 
un artifice affeté, elle appresta a rire, com- 
bien qu'elle se deust tourner a édification. 
(Pasq., Rech., vi, 8.) 

L'autheur introduit Patelin advocat, 
maistre passé en tromperie, une Guïile- 
mette sa femme qui le seconde en ce mes- 
tier, un Guillaume drapier, vray badaut, 
je dirois volontiers de Paris, mais je ferois 
tort a moy mesme, un Aignelet berger, 
lequel discourant son fait en lourdois et 
prenant langue de Patelin, se faict aussy 
grand maistre que luy t (Id., #., VIII, 59-) 

En peu de rime et grossière écriture, 

Vous peindrai ci d'un trait de mon lourdois 

Une fort nouvelle a Tenture. 

(Jean Doublet, Poés. t p. 112, Jouaust.) 

H va respondre en son lourdois que ceux 
qui ne sçavent pas le chemin de la mer et 
y veulent aller, n'ont qu'a suivre la ri- 
viere. (G. Bouchet, Serees, xxxiv, V, 55, 
Roybet.) 

Lourdois, parlare o procéder goffo, 
(Duez.) 

— En lourdois, grossièrement : 



Taboars et fleulea de chois, 
Patins en lourdois, . 
Laces au gallois 
Pour mener aucunefiois 
Briet, leur grand chien. 
(Greban, Mist. de la Pats., 4729, G. Paris.) 

loure, s. f., instrument de musique, 
la grande musette : 

Ung rehequet et une loure, 
TJng bassin, ung pot, une poille. 

(Farce de Jolyet, Ane. Th. fr., 1, 59.) 

Tout beau et sy l'a condamné" 

D'estre en ce jourd'huy mené 

Avenues un tabour et loure. 
(Farce de la Mère, la fille , etc., p. 21, ap. Ler. 
de Lincy et Michel, Farces, Moral, et Servi, 
joy., t. I.) 

Luy, cuidant qu'il deust complaire mieulx 
A sus amours jouant agrestemçnt, 
D'une hure toucha villainement. 
(Le Testam. d'un, amoureux, Poés. fr. des XV 8 et 
xvi 9 s., IV, 198.) 

Pin forestier a la fueille pointue, 
Qui liens ma loure a ton etoc pendue. 
(V. de la Fresnayb, Forest., p. 31, Travers.) 
Mais despuis que j'ay veu dissiper mon troupeau, 
Je n*ai soin de bourdon, d'anche ny de pippeau, 
De loure ou de fiageol. 

(P. de Brach, Poem. % f 145 r°, éd. 1576.) 

Mais ta loure est entière et le ventre eo est bon, 
L'anche, le chalumeau, le soufloir, le bourdon 
We perdent point leur vent. 
(U. Belleau, Berg., !• j., f° 3 v°, éd. 1578.) 

Et moy, j'ay bien perdu ma loure toute entière, 
Que Pernet desroba dedans ma panet'ere. 

(Rons., Ed., IV \ Bibl. eh.) 

Et tenant sous le bras, pour loure, une bouteille. 
(Troterel, les Corriv., III, i, Bibl, elz.) 

S'est dit jusqu'au xyiii» siècle : 

Mais la saillie, 
Et l'effort d'un grand génie, 
C*est mon petit menuet, et ma loure, 
Et mon rigaudon, 

Diguedon. 
(Ddfkesny, Double Veuve, III, 7.) 

Loure, s. f. Vieux mot, qui étoH ancien- 
nement le nom de la musette, et qui signifie 
aujourd'hui un air, dont le mouvement 
s'appelle Jourê, c'est à dire, qui est dan3 
le goût des airs de musette. (Prévost, 
Manuel Lexique.) 

Pays de Bray et pays de Caux, loure, flûte, 
flageolet. 

lotjrer, v. n., jouer de la loure : 

Puis voir au soir les pastoureaux 
Lourants ramener leurs troupeaux. 
(V. de la Fresnaye, Pofs., II, 539, Travers.) 

H.-Norm., vallée d'Yères, lourer, chan- 
tonner entre ses dents. 

louresse, voir Loeor, 

lourpe, s. f. ? 

Une lourpe de saffir. (1445, Valenciennes, 
ap. LtiFons, Gloss.ms,, Bibl. Amiens.) 

lotjrpesseux, s. m., terme d'argot 
présentant le sens de vaurien : 

Envieulx suys et remply d'arrogance 
Que lourpesseulx de trop mauvaise sorte. 
(Teitam. de maistre Levrault, Poés. fr. des xv* et 
xyi°s., X, 142.) 

lotjrpidon, voir Lorpidon. 



T. V. 



6 



42 



LOU 



LOU 



LOV 



lourt, lortj lourd, lord, adj., avec un 
nom de personne, niais, badaud, sot, idiot: 

Fol le claimeot, lort, sodoisnaz. 
(Beh., D. de Nom., H, 28574, Michel.) 

Vilain, fait ele, de mal aire, 
Lorsz e enpntres e enpoz, 
Ne sont or pas li oistil noz. 

(h>., ib., II, 7203.) 

Mes ele fet oreille sorde 
Qu'ele n'est pas foie ne lotie. 

{Renarl, Br. Il, 560, Martin.) 

A pries si fa jas amenés 

Et par la file pourmenes, 

Tôt ac sèment corn on fait l'ours 

Pour les lourdes et pour les Jours. 

(Mousit., Chron., 25301, Reîff.) 

Se aucuns hons, ou autres qui fussent 
mehaingnies... et un autre qui soit sours 
ou lours. (1270, Etabliss. St Louis, c. 168. 
Ord., I, 245.) 

Sansons ne fa ne fox ne lors 
Ançois se fist amer a toz. 
(De Richaut, 758, Méon, Nouv. Rec, I, 61.) 

Hau, damoyselle, parlex a nous ; 
Est elle sourde, oa s'elle est lourde ? 
(Farce d'un chauldronnier, Ane. Th. fr. F II, lll.) 

En promettant aux gens irraisonnables, 

Lords, ignorans, de vivre en volupté- 

(Griw&orb, Blax. des Heretiq., I, 317, Bibl. eli.) 

— Avec un nom de chose, stupide, 
grossier : 

Qui Toaldra assez de bourdes, 
F aulx contrai, baraz, fraudes lourdes. 
(Ont. de Pis., Poés., Richel, 604, f° iB9 r\) 

Fors de trouver barax et bourdes 
Frauduleuses, laides et lourdes. 

(Id., ib., f» \n v°.) 

Mais qu'ades estoient actains 
De condicions forment lourdes. 

(Id., ib, t f° 191 r°.) 

Cela est trop sot et trop lourd. (Rab.,1. IV, 
c. 2, éd. 1562.) 

Et qui suis encores appelle pauvre, qui 
est a mon advis la plus lourde injure et 
le plus sot reproche qu'on me face. (La 
Bokt., Mesnag. de Xenoph., Feugère.) 

— A la lourde, grossièrement : 

Vous Yestîr moins honorablement et 

glus a la lourde, (Lariv., Ecol t III, i, 
ibl. elz ) 

Wallon, lourd, atteint du tournis. Morv., 
lôr, même sens. 

1. lous, lo$, adj., misérable : 

Cis garchons vint en France povres et lous.. 
(Aiol, 4191, A. T.) 

— Méchant, taquin, Jans une phrase 
très incorrecte : 

Toat en tel point di de la lose 
Amonrs, de ce que je n'avré, 
Et si m'a si entenavré 
De trenchant amour qui bien taille» 
(Baud. de Coud., H Contes de la rose, 96, Scbelcr.) 

2. lous, voir Los. 

LOUSANGEUR, Voir LOSENGEOft. 

louschet, s. m., fine étoffe de laine : 

De la toison de ces moutons seront 
faictz les fins draps de Rouen ; les louschelz 
des balles de Limeslre, au pris d'elle, ne 
sont que bourre. (Rab., IV, 6, éd. 1852.) 



louse, voir Lose. 

lousegnoler, v. n,, chanter comme 
un rossignol ; 

Qaant ele ot canter Poselet 
Qui deseur l'ente tousegnole. 
(Dist d'ïgnaures, Michel. 1553, f° 485 v .) 

louseingEj voir Losengb. 
lousenge, voir Losengb. 
lotjsenger, VOl)' Losengibb. 

LOUSSERVE, YOir LOUCERVE. 

loussieh, v. a., houspiller ; 

Vilains, fuies de chi 

Ou tous seres moût tost lotmies et desvestus. 
(A> de la Halle, Jus du Peler., Richel. 25566, 
f° 29 r° ; Coussemaker, p. 417.) 

loustu, adj., qui a la bouche grande: 

Louslu, ou geullard, qui a la bouche 
graude, (Jun., Nomencl., p. 313, éd. 1577.) 

LOUTIER, S* m. ? 

Loutiers et baireaulx. (1604, Noyon, ap. 
LaFons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

loutresse, s. f., fém. de loutre : 
Les espraintes de la loutresse sont uûg 

petit plus noires et plus cleres. (Modus. 

f° 41 v°, Blaze.) 

loutreur, s. m., chasseur de loutres : 
Celuy qui est maistre loutreur doit avoir 

deux varletz ou plus du mestier. (Modus. 

f» 41 v», Blaze.) 

loutrier, lorrier, leurrier, lurrier, 
s. m., chasseur de loutres : 

Symon li lurriers. (Fin xin 8 s., OUI. de 
S.-Et., Lalore, Obit, du dioc. de Troues. 
p, 131.) 

Pour chacune leurre que noz leurriers 
avoient pris. (1375, Ord. du D. de Bourg., 
Mém. de la Soc. éduenne, 1880, p. 377.) 

A Jehan Dapres, lorrier de mondit sei- 

fneur, pour ung lorre par lui prias au moys 
e janvier mil trois cens .lxxyi. (Compt. 
de gruerie du xiv* et du xv s., Mém. de 
la Soc. éduenne, 1876, p. 176.) 

La chaucee est destruicle et le Lourdis : 
Tarir le fault. Maint y prannent herbaige, 
Et le loutrier en emprunte sur gaige, 
Ce que ne fist onques son devancier. 

(E. Desch., pois,, Richel. 840, f° 292 e , ) 

Les loulriers de Davenescourt vinrent a 
Pierrepont pour cachier les loutres es vi- 
viers. (Pièce de 1415, ap. Beauvillé, Doc. 
inédits sur la Picardie, IV, 109.) 

A Jehan le Boulernet et Vienot Rosselet 
leurriers la somme de 4 1. 1/2 qui deus 
leur estoient pour le prinse de trois leures 
prinses a force de chienSjde filez etangins, 
une en la rivière de Bietre devant le chas- 
tel de Brascy et les autres en la rivière de 
Voige au dessus du molin rouge. (1449, 
Arch. Côte-d'Or, B 3480, f° 44 r°.) 

Braconniers, fauconniers, loutriers, lou- 
viers, etc. (Coût, de Haynaultj Coût, gén., 
t. I, p. 812, éd. 1604.) 

Loutrier : m. An otLer hunter, or otter 
catcher. (COTGR., éd. 1611.) 

LOTJVAGEj VOir LOVAGE. 

LouvAT, voir LOVAT. 



louvatin, adj., de la race du loup : 

Quand Usure, Torde, vieille, punaise, 
Ouyt Commun, elle fut aussi aise 
Comme une chienne de rage furieuse, 
Louvatine, qui est par force née. 
(La Plaincte du Commun contre les boni en g ers et 
taverniers, Poés. fr. des xv» et xvi e s., II, 233,) 

nouveau, voir LOVEL. 

louvee, voir Lieuee. 

LOTJVEGNOIS, VOir LOVENGNOIS. 

louvel, voir Lovel. 

louver, voir LOER. 

louverie, s. f,, engeance de loups : 

Au dyable soit la louverie, 
Hz ont bien tost perdu la vie. 
(R. Gobin, le Livre des loups ravis sans, ch. xtr, 
é*d. 4525.) 

louvesse, voir Lovesse. 

louvet, voir Lovet. 

louveteur, voir Loveteuh. 

louveton, voir Loveton* 

louvette, voir Lovette. 

louvier, voirLoviER. 

LOUVIERE, VOir LOVIERE. 
LOUVIGNIS, VOir LOVENGNOIS. 

louvin, voir Lovin. 
louvis, voir Lovis. 

LOUVISSEMENT, VOÎr LOVISSEMENT 
LOUWAGE, VOir LOAGE. 
LOUWERESSE, VOir LOEOR. 

louwier, voir Loier. 
louwis, voir Lovis. 
loux, voir Los. 
louyer, voir Loier. 

LOUZANGIER, VOÎr LOSKNGIER. 
LOVAGHE, VOir LlVESCHE. 

lovage, - aige, louv. t s. m., droit 
payé au seigneur pour la destruction des 
loups : 

Ledit seigneur pœult commettre ung 
louvetier en ladite forest de Goyenval, le- 
quel pœult prendre et lever, chascun an, 
sur les nourequiers ayant bestes a laine 
pernoctans ou parquans a deux lieues a 
la ronde de ladite forest, une obole parisis 
pour chascune desdites bestes, pour droit 
de louvage, pourveu qu'il ait chassé et 
prins ung ou plusieurs loupz en Tannée. 
(1507, Prêv. de Vimeu, Goût, loc, du baill. 
d'Amiens, t t I, p, 45s4, Bouthors.) 

Sont aussi les sieurs de la comté de 
Guisnes francs et quittes du droict de 
louvaige et de tous travers. (1567, Coût, 
gén. de la Cté de Guisnes, n, Nouv. Coût, 
gén. I, 236 a .)Impr,, lonnaige. 

Lesdits du pays de Langle sont exempts 
et ne payent point d'ayde, quand le filz 
d'un seigneur est créé chevalier, ni pareil- 
lement au mariage de sa fille aisnce, et 



LOV 



LOV 



LOV 



43 



sont semblablement exempts du droit de 
louvage. (Coût, de Langle, xi, Nouv. Coût, 
gén., I, 299.) 

lovât, louvat, loupvat, louphat, s. m., 
louveteau : 

Chasser le loup et les lovas, au mont. 
{Trad. du Dante, ras. Turin L. V. 33, 
ch, xxxiii.) 

Jehan Thomas de Baignouls, louphier de 
monseigneur le duc, apourta a Àrgilly 
trois touphas tous vis. (12 janv. 1398, Cer- 
tificat de Guillemin de Franconville, dans 
les Comptes des receveurs de la gruerie de 
Bourg., Arch. Côte-d'Or.) 

Nicolas le Loupvat, marchant, demeu- 
rant a Troyes. (1555, Arch. Aube, E 579.) 

Littré donne louvat comme un terme 

peu usité. La Fontaine l'a employé : 

Au bout de quelque temps que messieurs les 

[louvats 

(Fabl., IU, 13.) 



Se virent loups parfaits. 



Nom propre, Louvat. 

lovecerviere, leuecerviere , leucre- 
viere, loveciviere, locervere, lucervere, s. f.,- 
femelle du loup-cervier : 

Hyena est griu num, que nus beste apellum, 
Ceo est lucervere, oîer vait e mult est fere. 

(P. de Thaun, Be*t- y 73, Wright.) 

Hardie plus chascone e ûerre 
Que urse ne lovecerviere. 
(Be*.,Z). de tform.y II, 27359, Michel.) 

Vivres e tygres e tortues, 

Sagittaires e locerveres, 

E serpenz de mutes matières. 

(Vie de St Ci/«,1236, A. T.) 
Ly lyns, qu'on appelle aultremenUeuec^r- 
viere. (Laurent, Somme , ms. Troyes, 
f 34 v°.) 

Lî lins que nous apelons autrement 
leucreviere. (Id., ib., ms. Milan, Bibl. 
Ambr., f° 26\) 

Li lins c'on apele autrement loveciviere. 
(Id., ib,, Richel. 938, f° 38 r°.) 

Li Hins qu'on apele autrement le locer- 
vere. (Id., ib., ms, Chartres 371, f° 23 r 8 .) 

LOVECIVIERE, VOir LOVECERVIERE. 

lovel, - eau, louv.j loupv., s. m., lou-^ 

veteau ; 

Li louvcau prindrent asses tost 
A huiler. 

(Ysop. I, fab. xlix, Robert.) 

Et conpissa toz mes lovaux. 

{nertart, Br. I, 35, Martin.) 

Li baron et toutes les genz disoient 
qu'on arsist et la truie et les loviauls. 
(Artur, Richel. 337, f° 91 b .) 

Gardi si ti venir une leuve orgaillouse 
Qui menoit après li de petiz loviaus .xn. 

(Un dit d'Aventures, 27, Trébutien.) 

Entor moi s*assemblerent la leuve et si louvei. 

(Ib., 33.) 

Asnes , cameals, louveauls. (Oresme , 
Quadrip,, Richel. 1348, f° 84 r°.) 

Il n'est que renars et louvaulx 
Qui estranglent brebis, moutons. 
(Eost, Deschahps, Poés., Richel. 840, f* 267 e ,) 
Et parce y a eu maint louvei 
Péri pour cesle tricherie. 

(Id., ib., f° 110 h .) 



Et contraingnez les dis mastins 
A restal>lir les larrecins 
Des chars, des tripes, des boyauk 
Qu'ils out, encontre les louveaulx, 
Ravi en leur grant préjudice. 

(Id., ib., f° 410 e .) 

Louveau seul de poy se chavist, 
Mais o sa mère tout ravist. 

(Pastoralet, ms. Brnx., f° "24 v°.) 

Loupveaux. (1524, Acquit, Arch. mun. 
Laon.) 

Et est la leçon que pour celluy jour 
donna le graaLloup ravissant a ses lou- 
veaulx. (R- Gobin, Livre des loups ravis* 
sans, prol., éd. 1525.) 

Orguillez voua, louveaulx, en tout endroit. 

(Id., ib., ch. iy.) 

Et les roides bouveaus 

t \e redouteront plus la fureur des louve aus. 

(Chassign., Mespris de la vie, p. 391, éd. 1594.) 

Louveau: va. A young wolfe. (Cotgr,, éd. 
1611.) 

Oudin, Gramm. franc., 1656 , p. 90, 
range louveau parmi les « diminutifs mal 
ormez et hors d'usage parmy les vrays 
François. » 

— Fig. : 

S'il a guieres de teus hveaus 
Entre tes apostres noveaus, 
Iglîse, tu ies maubaillie 
Se ta citez est assaillie. 

{Rose, Richel, 1573, f° 93 d .) 

S'il a gaires de tex loviaus. 

(Id., ib., 11173, Méoo.) 

Trop me dueil de telz cas nouveaulx 
Et de plaidier a telz louveattx, 
N'ose pas le fait entamer, 
Je me bouteroye en la mer. 
(Eust. Deschamps, Poés., Richel. 840, P 430 e .) 

Noms propres, Louvei, Louveau. 
lovendrant, s. m., philtre d'amour : 

Qu'il ot heu le lovendrant. 

(Tristan, 1, 2126, Michel.) 

Cf. LOVENDRIC. 

lovendric, s. m., philtre d'amour : 

Mais ne savez, ce m'est avis, 
A combien fu déterminez 
Li lovendris, lî vin herbez, 

(Tristan, I, 5103, Michel.) 

Cf. Lovendrant. 

lovengnois, iovengnhois , louvegnois, 
louvignis, s. m., monnaie de Louvain : 

Louvegnois. (1265, le Papier velu, f° 30 v°, 
Chambre des compt. de Lille, ap. Duc, 
Lovaniensi$>) 

Livres de louvignis. (1284 , Cari, de 
Flandre, ap. Duc, Lovaniensis.) 

Pour un Iovengnhois de cens. (Trad. du 
xni' s. d'une charte de 1247, Cart. du 
Val St Lambert, Richel. 1. 10176, f° 5t a .) 

lover, voir Lovier. 

LOVERGEANT, VOir LOVERJANT. 

lovehjant, - géant, adj., qui glisse, 
qui s'écoule, caduque : 

Mes maleurous corages hurteiz par la 
plaie de sa occupation ramenbret queiz il 
fut jadis el monstier, cornent astoientdes- 
soz lui totes choses loverjanz. (DiaL St 
Greg.f p. 5, Foerster.) Lat., labentia cuncta. 



Dormir en la voie est clore les oez de la 
pense en sus del deseier des veables choses 
enz el cuers decez lovergeanz jors. (Moral, 
sur Job, p. 334, Foerster.) 

— Fig., lubrique, débauché : 

De ce est ke li bieneurous Job regardanz 
cest meisme délit de la char estre en 
puor, donat sentence del luxurious et del 
loverjant disanz : Li vers est la dolzors de 
celui. (Moral.sur /o/>,p. 249, Foerster.) Lat, 
de luxurioso ac lubrico. 

lovesse, louvesse, loupvesse, leuvesse, 
s. f., louve ; 

Lupa, louvesse. (Gloss. l.-fr., ms. Montp. 
H 110, f» 168 V e1 .) 

Li du"! jumiaus qui norri furent 
Du lait de la louvesse crurent. 

(Fabl. d'Ov., Ars. 50G9, P 2l6 b .) 

Dame, ce dist li sires, je nel dî pas por vous ; 
Vous avez oi dire quand leus va en amors, 
Que la leuvense euchace le plus joli de tous 
Et si fiert de sa keue tout le plus soufretous. 
Des sis Manières de fols, Jub., Nous. Rec, II, 71.) 

Une loupvesse. (Fossetier, Cron. Marg., 
ms. Brux.j II, f° 52 v°.) 
Centre de la Fr., louaise, louve. 

lovet, louvet, loupvet, s. m., louve- 
teau : 

Adam le Lovet. (1291, RotuL de S.-Sauv. 
d'Orl., Arch. Loiret.) 

Jehan de Saulx, dit le Loupvet. (25 avr. 
1389, Trans., Arch. Côte-d'Or, Protoc, 
n»87.) 

Car par eut maint louvet pela 
S'en est fuy n'emportant rien. 
(R. Gobin, Livre des loups ravissans, ch. ni, éd, 
1525.) 

Penses y, louvetz estourdis, 
Vous feres très grande sagesse 
Oq vous serez de Dieu mauldis, 
Loups eicommuniez, interdis. 

(Id., ib., ch. IV.) 

Louvet : m. A little wolfe, or young 
wolfe, (COTGR., éd. 1611.) 

— Fém., louvette : 

Loups, louvettes et louveteaulx. (1604. 
Noyon, ap, La Fons, Gloss. ms., Bibl, 
Amiens.) 

— Produit de l'accouplement d'un loup 

et d'une chienne : 

Une louvette s'engendre de l'accouple- 
ment d'un loup et d'une chienne. (Gentian 
Hervet, Trad. de la cité de Dieu avec les 
commentaires de Loys Vives, h, 80, éd. 1579.) 

Suisse rom., lovet. 

Nom propre, Louvet. 

loveterïe, s. f., chasse au loup : 
7 frans 7 sols 6 deniers de Jaquemin 

Vion pour loveterie. (1583-85, Arch. Meuse, 

B 493, f° 39 v*0 

loveteur, touveteur, s. m., louvetier, 
celui qui chasse le loup : 

Comme Jehan de Serain escuier et lou- 
veteur fust venus chascier aus loups. 
(1394, Arch. JJ 146, pièce 370.) 

loveton, louveton, s. m., louveteau : 

Si n'est il loup, louve, ne louvelon. 
(Cl. Marot, Ëpist. aux dam, de Par., p. 148, 
éd. 1596.) 



H 



LOV 



LOV 



LOV 



Lûuveion : m. A litUe young Tvoïïe. ' 
(Cotgr., éd. 1611.) 

Wallon, leûton. 

1. lovette, louv., s, f-, tique, insecte 
parasite qui s'attache aux bœufs,, aux 
chiens, aux moutons : 

Louve. Une petite bestelette qui vit 
ayant la teste fichée dedens le sang des 
bestes et n'ayant point de trou par ou 
s'en aille la viande, elle se crevé, laquelle 
aucuns appellent louvette, Redivius, Rici- 
nus, (Rob.Estienne, Dict.fr.-lat. t éd. 1549.) 

Louvette : f. Aticke, or like. (Cotgr., éd. 
16U0 

Louvette est une petite bestelette qui vit 
ayant la teste fichée dedans le sang des 
bestes et n'ayant point de trou par où 
s'en aille la viande, elle se crevé. (Nicot.) 

2. l,ovrtte, louvette, s. {., panetière 

de berger de peau de loup : 

S'aroit da pain en sa louvette. 

(G. Macs-, Poët. t Kichel. 9521, f 96\) 

L.OVICEMENT,, VOir LOTISSEMENT. 

1. lovier, louer, luver, levier , s. m,, 
lucarne : 

Lodium, lovers. (Gloss. deNeck., Scheler, 
Lea^p. 113.) 

Specularia, fenestraus et luver s, (16., 
p. 101) 

Lodia, lovers. (Gloss. de GarL, ms. 
Bruges 446; Scheler, Lex, t p. 78.) Var., 
leviers, (ms. Lille) 

Q&nt je veneie a la maison, 
En es le pas mootoae en son ; 
Tout dreit au lovier m*en aloue. 
(Chastoiem. d'un père, conte xxi, 7. 49, Bl- 
blioph. fr.) 
Si ja ne fast fenestre overte 
Si pont um vere de lover, 
Qaar a m porroit na bover 
Lauucer par mi on tous ces huefs. 
(Du Cher, a la Corbeille, 132, Michel.) 

Hoc lodium, lover. (Gloss, de Glasgow , 
P. Meyer.) 

2. lovier, louvier % louphier, s. m v lou- 
ve lier : 

Li loviers ne fu pas confas. 

(Couronn. Renart, 724, Méon.) 

A Thiebault de Villiers le Duc, lovier, 
pour .nu. loups pris par lui. (1354, Compt. 
de Geoffroy de Blaisy gruier de Bourg.. 
Àrch. Côte-d'Or, B 1398.) 

Jehan Thomas de Baignouls, louphier 
de monseigneur le duc. (12 jauv. 1398, 
Certificat de Guillemin de Franconville, 
dans les Comptes des receveurs de la gruerie 
de Bourg., Arch. Côte-d'Or.) 

Le louvier t pour la prinse d'un loup ou 
d'une cayellee, devant le S. Remy, De 
pourra pourchasser qu'une lïeue a la 
ronde du lieu de la dite prinse, et ne 
prendra au plus prochain trouppeau de 
blanches bestes qu'un seul mouton, quel 
nombre de chiens qu'il ait, (Coût, de Hai- 
naut, Nouv. Coût, gén., II, 147.) 

Nom propre, Louvier. 

3. lovier, s. m., panneau pour prendre 
des loups : 

A Thiebault de Villiers le Duc, lovier, 
pour .un. loups pris par lui es leviers de 
Villiers. (1354, Gompt. de Geoffroy de 
Blaisy, gruier de Bourg., Arch, Côte-d'Or, 
B 1398.) J 



Pour tendre les .n. loviers de Vanveit. 

tw.) 

4, lovier, louvier, adj., de loup, qui 
appartient au loup : 

Il ne faut point nourrir une engence lonviere. 
(A. Jamyh, Œuv, poéL, f° 69 v\ éd. 1519.) 

Louvier : wolvie, wolfe like • of, or be- 
longing to, a wolfe. Melancholie lonviere. 
A frenzie which makes the patient shun 
ail companie, upou a conceit that he is 
turned wolfe. (Cotgr., éd. 1611.) 

— Lovier de, avide de : 

Pensent que se II espriviers 

Yenist familleux et louviers 

De prendre sur euk la pasture 

Qu'il n'aroit d'autre chose cure. 

(G. Mach., Poés., Uichel. 9221, f> 71 fl .) 

Cf. Alouvi. 

loviere, louviere, - y ère, s. f., tanière 

du loup : 

Il ne prendra ja proie près de sa lo- 
viere. (Rich, de Fournival, Bestiaire d'A- 
mour, p. 9, Hippeau.) 

Por ce m'en eleim au conmenchier 
Que dant Renart ala tencher 
A mes loveax en la te8niere, 
Et si pissa sor ma loviere. 

(Renart, Br. V«, 360, Martin.) 

Les noces furent molt pleneres : 
Que les fosses et les lovier es 
Forent de bestes tôt pleines. 

(Ib„ Br. I, 163.) 

Por la garde de ses chaels ne prent (le 
loup) proie es contrées qui sont voisines a 
sa loviere. (Brun. Lat,, Très., p. 247, var., 
Chabaille.) 

Lupiarïum, louviere. [Gloss t L-fr,. ms. 
Montp. H 110, f° 168 v°.) 

Ou lieu dit la Louviere. (1384-85, Gompt. 
des annivers. de S. -Pierre. Arch. Aube, G 
1656, f° 149 v«g 

Une fosse nommée la Louviere. (J. Le 
Fevre, Cftron t) I, 332, Soc. de TH. de 
Fr,) 

Le lonp prent en aucune manière 
Sa proye auprès de son nid ou louviere. 
(P. Gringoihb, Menus propos, xm, éd. 1525.) 

— Piège à loups ; 

Dicipula, louviere. (Gloss. latrgall., Ri- 
chel. 1. 4120.) 

— Nature de la femme : 

De sel puis bien saupouldrer ma louviere. 
(G. Desch., Voés., Ricbet. 840, V 230 d .) 

— Vêtement fait de la peau d'un loup : 

Sa houlette, son arc, sa fronde et sa louviere. 
Uapî Vitel, Eglogue, p. 45, Robillard de Beaure- 
paire.) 

Tout auprès de son chien couché sur la louviere, 
(Gbn., Pastor.) 

— Loup, sorte de masque : 

Louvyere doublée de velours. (J. Bans, 
Entrée de D. Pèdre d Fontainebleau.) 

Ayant combattu ce jour la très vaillam- 
ment et s'y estant par trop eschauffé et 
retournant tout suant le soir qu'il faisoit 
un froid extrême et son page escarté ne 
l'aiant peu trouver pour luy donner sa 
louvitre, il fut contraint de boire ainsi ea 
sueur, qui se refroidit sur sou corps, et 
pour ce engendra une fausse pluresie qu'il 



garda plus de six semaines, dont enfin il 
mourut. (Bhant., Cap. fr, t II, 393, éd. 
1666.) 

Nom de lieu, Louvières. 

lovin, louvin, adj., de loup : 

Louvoie habitation. (Ki'e eltnir* déplus. s. 
confes$. t Maz. 568, f» 197 d .) 

Pierre pensa véritablement estre change 
en loup, tellement qu'il eut horreur en 
voyant ses quatre pieas louvins et son poil. 
(G re vin, Impostures des diables, î û 411 r°, 
éd. 1567.) 

Ce masque et transformation louvine. 
(Id„ ib., f* 414 r q J 

A voir de loin son port, a voir la peau louvine 
Qui lay couvre le dos, a peu près je devine 
Que c'est luy. 

(J.-A. de Baif, Eclog., xix, tfd. 1573.) 

Louvin : "wolvie, ^volfe like, of a wolfe. 
(Cotgr., éd. 1611.) 

— Fig. 3 de loup, horrible, menaçant, 
refrogné : 

De ces plus fleres beste3 qui vienent de rapine 
I avoit pluaors testes qui font coiere louvine. 
Moult sont de mal 6 part et de malvese orine. 
(Significat. de la mort d'Alexandre, Riche!. 368, 
f° 119\) 

Si me faites chère lovine. 

{Renart, Br. XII, 83, Martin.) 

— Patte loumne t sorte de plante véné- 
neuse, l'aconit : 

Patte louvine. The yellow, or blacke 
wolves banes ; most poisonous herbs, and 
little differing but in the colour of their 
flowers. (Cotgr., éd. 1611.) 

lovinage, adj. {., de loup ; faire la coe 
lovinace, faire la nique : 

A plu sor s i fait on. le eoe lovinace. 
(Chron. aseend. des ducs de Jforoi., ap. Michel, 
D. de Norm. t Introd., p. xiv.) 

i^ovxs t loviz,louvis t louwis, adj., affamé, 
avide comme un loup : 

De la covoitise des Romains qui tant 
sont loviz et covoiteus. [Chron. de S.- 
Den ti ms, Ste-Gen., f° Î36*.) 

La mère pleine de mehaiu 
Y a cui; et mengé sou filz, 
Tant est cuenr familem louvis. 
(Rob. Gagoîït, Passe temps d'oysiveié, Poés. fr, 
des xv» et xvi« «„ VII, 265.) 

— Fig., hargneux, querelleur : 
Louwis, (Roisin.) 

Wall., lovis, lovèse, goinfre, goulu. 
Cf, Alouvi. 

lovissement, - icement, louv. t adv-, 
goulûment, avec l'avidité d*un loup ; 

Dont boivent si louvieement 
Qu'il sanle att velr qu'il estranlent. 
(Vers de le mort, Rjchel. 375, t 9 336'.) 

La roine pensa a ce une morteil trai- 
son et fist enquerre d'un enfant qui fu 
nés au point de son cousin. Celui mist ele 
si soutilment el liu de son cousin qu'il ne 
fu nus qui garde s'en donast, ne fu l'em- 
pereres qui garde s'en douna al allaitier, 
car elle trova celui si lovicement u il alai- 
toit que li cuers U dist que ce n'estoit mie 
siens. (Rom.de tfanor,Richel. 1446, f°28r°.) 

Et quand il mangeoit, c'estoit bien glou- 



LU 



LUB 



LUfl 



45 



tement et lotissement. (Juv. des Urs., | 
HisL de Charles VI, an 1405, Michaud.} 

Wall., lovisement, goulûment. 
lovon, voir Làon. 

LOWAGE, VOir LOÀGE. 
LOWAGEMENT, VOir LOÀGEMENT. 

loweis, voir Loeis. 

LOWEMENT, VOir LOEMENT. 

lowieir, voir Loieb, 
lowier, voir LOIER. 
lowiz, voir Loeis. 
lox, voir Los. 

LOXAR, VOir L.OSCHART* 

loy, voir Lai, 

LOYAGE, Voir LOAGE. 

loyamment, adv., loyalement : 

En bonne foy et loyamment, (1348, Hist, 
de Metz, IV, 119.) 

LOYANCHE, VOir LïANCE. 
LOYE, voirLoiE. 
loyeis, voir LOEIS. 
loyer, voir Lier. 

LOYERRE, VOir LOIERE. 

loyqeton, s. m., traverse : 

.x. frans payes et délivres... .xl. frans 
et demi a François Macquart charpentier, 
demorant a Savonnieres, pour avoir refaict 
touttes les vantellerie des escluses, c'est 
assavoir charpenterie, soyrie, pionnerie, 
vane, hollandry, glassie, pétille, contre - 
pétille, loygeton, et les deux halle devant 
et damer, et les agrappes... (20 juillet 1332, 
Compte de Jean Marie Chapache, gruyer 
de Bar, Arth. Meuse., B 728, f» 67 v<\) 

loygis, voir Logeis. 

loyme, voir Loime. 

lpys, voir Loi, 

loyson, voir LlOISON. 

LOYURE, VOir LlEURE. 
L02ENGE,VOir LOSENGE. 
LOZENGIÉ, VOir LOSANGIÉ. 
LOZENGIER, VOir LOSENGIER. 
LOZENGOR, VOir LOSENGEOR. 

1. LOZERE, S. f. ? 

Baie de ïozere. (Quenlyse t ms, Edimbourg, 
Advocates library 18.4.9.) 

2. LOZERE, S. f. ? 

Li blanc drap doivent estre tendu as 
liches en lonc .xxxvi, aunes et demi quar- 
tier de lei, et si le doit on faire a lozere de- 
dens en la laine ordir .m. aunes de lei. 
(1282, Reg. aux bans, Arch. S.-Omer AB 
xvni, 16, n« 599.) 

1 . lu, voir Le. 

2. lu, voir Lieu. 



luance, s. f., lueur, lumière : 
Et vit de hiaumes flanboier la luance 
Contre la lune, qui do corre s'avanco, 
Oit des destriers ta aoise et la bruiance. 

(Gaydon, 9063, A. PO 

luavine, s. f., descente d'une rivière : 
Et passant par la dite Noue... près le 
lieu de la petite Saviniere en suivant la 
luavine de la dite rivière vers aval. (1609, 
Aveu du petit Lude, paroisse de Ghaumont, 
ap. Le Clerc de Douy, t. II, f 13 r°, Arch. 
Loiret.) 

lubauwe, s. f M lubie : 

On me tenroit voir a mnsart 
Se paroii des cipauwes 
Du gentil cuer Henri Nazart 
Et de ses grans lubauwes; 
N*a pas paroles flauwea^ 
Vins est preudom ; se je ne ment, 
Il set bien faire un testament. 
(La Venue de Dieu à Arras, Jubinaî, Nouv. Rec, 
II, 381.) 

LUBERGNE, Vûir LUBERNE. 

luberne, lup., lubergne, leuberge, lam- 
berge, lauberge, lomberne, s. f., femelle du 
léopard, panthère, et fourrure faite avec 
la peau de cet animal : 

Une autre manière de loups sont, que 
on apele cerviers ou lubernes, qui sont 
pomelé de noires taches, autressi comme 
ronce. (Brun. Lat., Très., p. 248, Cha- 
baille.) Var., luperne. 

Piaus de faine, piaus de chat sauvage, 
piaus de lubernes, piaus de martrine, 
piaus de genetes, les .vi. piaus doivent 
.11. den. de tonlieu. (Est. Boil., Liv. des 
mest. et marchand., 2 8 p., xxx, 11, Lespi- 
nasse et Bonnardot.) 

Lubernes, .11. d. (Li Coût, des foires ae 
Troies, li tonneus de la peleterie, ms. 
Troyes 365.) 

Pour .1. cent de leuberges, .xni. d. (Coût, 
de la vie. de l'eau, xi, p. 287, de Beaure- 
paire.) Var., lamberges. Germain de La 
Tour met dans ses explications : lubergnes. 
(Ib. t p. 288.) 

Lauberges, lombernes. (Tarifs norm-, 
Fréville.) 

Et luy affublèrent ung manteau de 
pourpre fourré de bneslubernes. (Perceval, 
f° 170% éd. 1530.) 

La luberne est le lyepard femelle. (Du 
Pinet, Pline, VIII, 17, éd.. 1566.) 

lubin, s. m., sorte de poisson, le bar 
ou loup : 

Lupus, piscis... a Gallis lubin pro lupin, 
a lupo. (Traité des poissons, Richel. 1. 
6838% ch. 16.) 

Lubin, espèce de poisson de mer, labrax, 
lupus. (FED. Morel, Petit thresor des mots 
-franqois, éd. 1632.) 

lubine, s. f., syn. de lubin : 
Oyes, lubines, aloses. (Rab., iv, 60, éd. 
1552.) 

lubiner, v. n., niaîser : 

Lubiner, ïricliauear. (C. Oudin, 1660 ) 

1. lubre, adj., glissant, lisse, poli : 

Alors que le poisson 
Lubre ne peut nager a cause du glaçon 
Qu'il rencontre a tous coups. 
(Le Gan de Jean Godard, 1588, Var. hist etlilt., 
V, 183.) 



— Fig., dangereux, pénible, sombre, 
triste : 

Mes lubres sentemens. 
(Viuon, Grand Test., xu, Jouau3t, p. 25.) 

Pour gésir en lieu lubre et aveugle. (La 
Nef de santé, f» 1 v<\) 

— Lubrique, lascif ; 

Afin que tout homme fuie lubre vie et 
luxurieuse. (Christ, de Pis., Cité, Ars.2686, 
f° 9*.) 

Lubre concupiscence. (J.Molinet, Chron., 
ch. ix, Buchon.) 

— Adv., en glissant : 

La renommée de cliaasté perdue cuert 
ligierement et lubre. (Mir. de N. D., V, 
93, A. T.) 

Dans le Haut-Maine, lubre s'emploie 
pour signiûer fort, lourd, pesant, épais, 
c'est un lubre gas : et aussi pour signi- 
fier malpropre,, peu digne de confiance, 
peu rassurant. < Quand une entreprise 
n'est pas bien sûre, remarque l'auteur du 
Vocabulaire de cette contrée, nous disons 
qu'elle est lubre. » Norm., Orne, lubre, 
glissant ; en parlant de personnes, gourd 
embarrassé, empêtré. 

2. lubre, s. m., a désigné une mau- 
vaise monnaie qui avait cours en Bour- 
gogne, au commencement du xv a siècle : 

Il couroit a Paris blancs de Bourgongne 
de huit deniers parisis pièce qu'on appe- 
loit lubres, qui ne valident mie trois de- 
niers, et avec ce estoient rouges comme 
meriaux. (Journ d'un bourg, de Paris, an 
1419, Michaud.) 

En ce temps quatre viels deniers pari- 
sis valloient mieux qu'un gros de 16 de- 
niers, qui pour lors couroit, et faisoit on 
de très mauvais lubres de huit deniers, 
qui par devant furent tant refusez, et par 
justice deffendus les gros dessusdits. [lb., 
an 1420.) 

Des blans bourguignonsj appeliez lubres, 
qui lors avoient cours. (1424, Arch. JJ. 
172, pièce 619.) 

lubrement, adv., en glissant : 
Lesquels mesraes en leur alleure, cou- 
lent et glissent plus lubrement qu'anguille 
ou femme lubrique. (Sibilet, Contramour, 
p. U2, éd. 1581.) 

— Lubriquement, lascivement : 
Parler lubrement, (Christ, de Pis., Cité, 

Ars. 2686, f» 10 4 .) 

— D'une manière équivoque, avec dissi- 
mulation ; 

Li Engles dissoient bien que li rois de 
Portingal s'estoit lubrement aquites envers 
euls. (Faoïss., Chron., IX, 489, Kerv.) 

LUBREQUEMENT, VOÎr LUBRIQUEMKNT, 

LUBRICA.NT, adj., glissant, coulant : 
Humidité lubricant. (B. de Gord., Pra- 
tiq. 3 V, 16, éd. 1495.) 
Fleume lubricant ou fluant. (Id., ib.) 

LUBRICA.TIP, adj., propre à lubrifier : 
Geste ptisane.. est visqueuse, lenitive, 
mole et lubricatm, (Evrart de Gonty, 
i Probl d'Ar.y Richel. 210, f° 29 r°.) 



46 



LUC 



LUC 



LUC 



lubricité, s. f., caractère de ce qui 
est glissant ; 

La lubricité de Teau de mer, qui est 
toujours unctueuse. (Rab,, Pantagruel, 
ch. xxv, éd. 4542.) 

lubrieté, s. f., lasciveté excessive : 

Pour sa grant lubrieté tant de fait 
comme de parolle. (Christ, de Pis., Cité, 
Ars, 2680, f û il b .) 

lubrificatif, adj., lubrifiant ; 

Les noix... par les humidité sont lubrifi- 
catives et laschent le ventre. (Régime de 
santé, f° 21 v° t Robinet.) 

Clysteres lenitifs et lubrificatif s. (Du 
Pinet, Dioscoride, VI, 21, éd. 1605.) 

lubrique, - icque, adj., glissant, où 
l'on peut glisser, qui glisse facilement : 

Ceste voye estoit non pas seullement 
estroicte et royde, mais avec ce estoit tant 
longue et si lubricque que nul ne se povoit 
soustenir. (Sec. déc. de TU. Liv., I, 23, 
éd. 1530.) 

Viandes lubriques. (Paré, GEw., Introd., 
xiv, Malgaigne.) 

Ayans le corps glissant et lubrique, ils 
(les poulpes) évitent les dentées de 1 en- 
nemi. (Jean de Montlyard, Hierog. de 
Jan Pierre Valerian, xxvn, 19, éd. 1615.) 

— Relâché : 

Une femme disoit a son médecin : Ne me 
baillez pas une forte médecine : car il n'y 
a femme en ceste ville qui ait le ventre 
plus lubrique que moy. (G. Bouchet, 
Serees, 1, 128, Roybet.) 

Les femmes ont le ventre plus lubrique 
que les hommes. (ÏD., ib. t I, 134.) 

lubriquement, lubrequement, adv. f 
d'uns manière équivoque, avec dissimu- 
lation : 

Chils dus de Bretagne s'acquitta (ubreque- 
ment et faussement envers le conte de 
Bougïghem. (Froiss., Chron., IX, 462, 

Kerv.) 

Dans la langue moderne il ne signifie 
que d'une manière lubrique. 

lubrtquer, verbe. 

— Act., rendre glissant, rendre poli, 
lubrifier, relâcher : 

Prens clystere le jour suyvant, ou mange 
quelques bouillons ou jus de pruneaux, 
qui te puissent lubriquer le ventre. (Lir- 
bàult, Mais, ru&t., p. 277, éd, 1597.) 

— Neutr., être relâché : 

En elles (les feuilles du poreau) y a hu- 
midité qui fait vaciler et lubricquer l'enfant 
et faon. (Jard* de santé, I, 375, impr. la 
Minerve.) 

— Se livrer à la lubricité : 

Pour mieux lubriquer a sa guise, (Sept 
Sag. t p. 202, G. Paris.) 

Enclins a lubriquer. 
(J. Bouchbt, Ep. mor., II, éd. 1545.) 

LUCARNE, VOir LUISERNE. 

luce, s. f., luxation : 

Saphir vaut contre forceries et contre 
luces et esleveures. (Li Livres des pierres, 
Richel. 12786, f° 30 â .) 



lucel, lusel, s. m v petit brochet : 

Et ne pourront prendre barbel, carpe, 
tenche ne brème si chacun ne vaut un 
denier, le lucel s'il ne vaut deux deniers. 
(1326, Ord., i,793.) 

Ne porront prendre barbel, carpe, lusel 
(1388, Ord., vu, 779.) 

Les loastres vont querre carpes, barbeaulx ; 
La vont peschier les hérons blans et bis ; 
Àmaigriez sont tanches et luciaux. 
(E. Deschamps, Poés., Richel. 840, f° 292 e .) 

LUCERNE, VOir LUISERNE. 

LUCERVERE, VOir LOVECERVIERE. 

1. luget, s. m., petit brochet : 
Soles, plaiz, barbels, luces t leynge. (La 

Manière de langage, p. 393, P. Meyer.) 

Et ne pourront prendre... le lucet s'il ne 
vault huict deniers. (Rebutée, Rubricque 
des eaux etforests, f 177 v», éd. 1547.) 

2. lucet, s. m. ? 

Une huplande sanghine fouree de lucez. 
(1450, Valenciennes, ap. La Fons, Gloss. 
ms. t Bibl. Amiens.) 

3. lucet, voir Louchet. 
luche, voir Nosche. 

LUCHIDAIRE, VOÎr LUCIDAIRE. 

luchnere, s. f., chandelier, bougeoir, 
ou veilleuse : 

Licinitorium, luchnere. (Gl. de Garl.. 
ms. Bruges 846, ap. Scheler, Lex., p. 73.) 

Voir à l'article Lumignon l'exemple du 
Glossaire deNeckam, on lychnus est traduit 
par lumilon. 

luciabel, n. pr., Lucifer : 

Sire, por cel siège emplir 
Que Luciabel feis guerpir, 
Faites home, si vos plot. 
(Flore et Blancheftor, Richel. 19152, f fl 195 r .) 

Hé corps, pour chou que tu es biaus, 
Ne fais pas corne Luciabaus, 
Que Dôi fist de si gente faiture, 
Qu'il fu de Paradis joiaus. 

(Le Despisement du corps.) 

Voulloir meilleur que nous deffaire, 
C'est de l'art de Luciabel. 
(C. Fontaine, la Complaincte et testant, de F. Sa- 
gouyn, à la suite des QEuv. de Cl. Marot, éd. 
1731.) 

1. lucidaire, - chidaire, - ydaire, - 
arie, s. ni., registre, titre d'un livre des- 
tiné à résoudre des questions embarras- 
santes : 

Pouns nus bien mettre itel title que bien 
pot estre appelé îucidarie, ce est a dire 
esclareor, (Lucid-, ms. Oxf. Bodl. Douce 
270,f°86r<g 

Lucydaires de grant sapientie. (Ms. Ri 
chel. 186, f°49.) 

Luchidaire en romant. (Div. traict. de 
jusL, ms. Bibl. Rouen.) 

Lucidaire, lucidarium. (Gloss. gall.-lat.* 
Richel. 1. 7684.) 

2. lucidaire, adj., brillant, précieux : 

Et li fondement fut de pire lucidaire. 
(Jeh, des Preis, Geste de Liège, 29639, Scheler, 
Gloss. philôl.) 



Et si fut flls Radas, TArdennois lucidaire. 

(ÏD. t t*., 11,6542.) 

LUCIDARÏE, VOir LUÛIDAIRE. 

lucidart, s. m., celui qui apporte la 
lumière, en parlant de Jésus-Christ : 

Maintes miracles fist li très dous lucidars. 
(Jeh. des Preis, Geste de Liège, 1946, Scheler, 
Gloss. philôl.) 

lucide, adj., luisant, brillant : 
D'ung noir si vif et si lucide^ que... 
(Are™, Gen., p. 184, éd. 1542.) 

Entre les sucs quatre sont lucides ,1e sel, 
l'alun, le nitre, et l'encre a noircir le cuir. 
(Le Blanc, Trad. de Cardan, i* 123 r°, 
éd. 1556.) 

lucidement, adv., clairement : 

J'ay déclaré' lucidement 
Aui juges en plain jugement 
Ce qu'il falloit que témoignasse. 

(Therence en, franc,, i° 31 S , Verard.) 

LUCQUET, VOir LUQUKT. 

lucrative, s. f., gain : 

Toute soulil science, hanlte et inlellôctive, 
Se pert nui par nos clercs ; car a la lucrative 
Qaeurent plus tost qu'il pneent por leur vie che- 

[live. 
(J, de Meung, Test., 625, Méoa,) 

Plusieurs y alloient plus pour la lucra- 
tive que pour l'honneur du prince. (Orose. 
vol. f, f<> 187\ éd. 1491.) 

Il proposa certaines lucratives a ceux 
qui de toutes parts iroyent acheter bleds. 
(De la Boutiere, Suétone, p. 229, éd. 1669.) 

lucrativeté, s. f., amour du gain : 
Celui Simon, pour lucrativeté, vouloit sur 
les ouvriers et sur les gaengnes aucune 
chose pratiquer et prendre d'eulx. (Courcy. 
Hist. de Grèce, Are. 3689, f° 244 1 .) 

lucratoire, adj., lucratif : 

Donation lucratoire est réputée a cause 
de mort, quand elle est conférée après la 
mort, ou faite par malade de maladie vray- 
semblablement dangereuse de mort, ou 
par personne estant en vray semblable 
danger de mort, ou pour doute de la 
mort, remettant l'effect et exécution d*i- 
celle après la mort, n'est qu'il soit nom- 
mément dit par le donateur qu'il veut la 
donation estre d'entre vifs et irrévocable. 
(Coût, de Cambray, m, 4, Nouv, Coût. 
gén. f II, 287.) 

Usure lucratoire. (Du Molin, Des con- 
tracts, c. v, éd. 1561.) 

lucrer, v. a., gagner : 

Domine deu il les htçrat. 

(Vie de S. Lég,, 214, Koschwitz.) 

lucrier, adj., mercenaire : 

Chies un lucrier félon s'est herberjaz, 

(Ger. de Rossill., p. 359, Michel.) 

LUCROTE, s. f., sorte d'animal : 

Lucrote est une beste es parties de Inde 
qui de isneleté passe touz autres animaus 
et est grans comme asne et a croupe de 
cerf et piz et jambes de lyon et chief de 
cheval, piez de buef et bouche granz 
jusque as oreilles, et si dent sont tuitd'un 
os. (Brun. Làt., Très., p. 248, Ghabaille.) 



LUC 



LUE 



LUE 



47 



La tube du ciel espandera voye lu 
tueuse, c'est a dire plaine de doeil. (Fos 



luct, voir Lux, 

LUCTANT, VOir LUITANT. 

luctatif, adj., de la lutte : 

Art iuctative... Et luctativc est dit de 
luicter et est prise ici pour toute exercita- 
tion proffitable a santé et bonne disposi- 
tion de corps. (Orksme, Politiq., T p., 
f<>93S éd, 1488.) 

LUCTATION, S. f,, lutte : 

Gagnant, perdant, Rome la glorieuse 
Longtemps branla soubs luctation dure. 
(C. Chastellain, la Mort du roy Charles VII, 

t. VI, p. 447, Kerv.) 

lucté, voir Luté. 

LUCTRE, S. f . ? 

La dite robbe ouverte a grosses luctres 
d'or, si que l'on veoit sa robbe simple de 
velours cramoisi. (Molinet, Chron., 
cb. cccxiv, Buchon.) 

luctueux, adj., plongé dans la tris- 
tesse, dans le deuil; déplorable, funeste : 

Ainsi il estoit contraint par grant des- 
tresse et luctueuse passion. {Chron, et hisi. 
saint et prof,, Ars. 3615, f* 112 v°.) 

lue- 

setieb, Cron, Margarit, m s. Brus., I 
f° 190 r°.) 

La trompette du ciel se orra 
De par toct a voix luctueuse 
De laquelle tout tremblera. 
Tant sera la voix furieuse. 
(Champier, les Prophéties, ditz et vaticinations des 
Sibilles.) 

Cruente et luctueuse victoire. (J. d'Au- 
ton, Chron,, Richel. 5081, f° 38 v<\) 

Acheront, c'est a dire sans salut ou luc- 
tueux, (J. Bouchet, Triumphes de la noble 
Dame, f° 152 r% éd. 1536.) 

La bonne dame consomma ce luctueux 
et lamentable jour de l'operacion de ses 
angoisses, amertumes et pleurs, (In., Mêm. 
de La Trém., cb. xxvii, Petitot.) 

La luctueuse journée d'Azincourt. (Pasq.. 
Recherch., III,xxvi.) 

Luctueux spectacle. (Id., Lett t V, 3.) 

Une pompe funèbre autant exquise que 
jamais de roy ait esté faicte, que je ne 
descriray point, et autant luctueuse et triste. 
(Brant., Gr. Capil /r.,111, 173, Lalanne.) 

Tous ceux qui ont encore le cœur fran- 
çais attendent si votre prudence guidera 
leur courage, si votre autorité fortifiera 
leurs âmes; ou si votre connivence et 
dissimulation les abandonnera a une hon- 
teuse servitude, vous précipitera, vous et 
vos enfants, a une luctueuse misère. (Du 
VAm, Har. au pari., 28 juin 1893,) 

Furent faites les luctueuses barricades. 
(J. Ghàndon, Mém, f Cab. hist., IV, 105.) 

luctz, voir Lus. 

luculent, adj,, clair : 
La forme d'elle est lueulente. 

(Therjtnce en fr. t f° 193 a , Verard.) 

lugulentement, adv., clairement, 
nettement : 

Valere, en ses dicts mémorables, 
Lucu lentement raconta 
Les bienvegnans incomparables 
Qu'on fit a Pessimîonta. 

(Myst. de S. Did., p. 417, Caruandet.) 



Sire roy, vous avez bien dit 
Et parlé luculentemcnt ; 
Si veuil respondre a vostre ediet. 
(Jaq. Milet, Destruct. de Troye, 27035, Stengel.) 

lucun, s. m., p.-ô. faute pour lutun } 
forme de luiton : 

Outre cel règne n'a nus habilement, 
Fora sajetaires et lucuns ensement. 
(Aleschans, 5981, ap. Jonck., Guill. d'Or-) 

L'édition des anciens poètes (v. 5705) 
porte : 

Fors sajetaire et noirons eusement. 

lude, s., toile fabriquée à Lude : 

Un sac de lude dans lequel y a certaine 
quantité de pouldre d'artilhane. (Inv. des 
arnoys, Liv. des serin., Arch. mun. Mon- 
tauban.) 

ludibrement, adv., insolemment : 

Qui en faveur et gloire preot plaisance 
Ludibrement injustice Taccueult, 
Et n'eu faict pas après ainsi qu'il veult. 
(Contredictz de Songecreux, f° 165 r°, éd. 1530,) 

lue, voir Lieu. 

1. luec, lec i laie, adv., là, alors : 

Au malinet luec en convent Ogier, 

H'i aroit garde fors d'un seul chevalier. 

(Raimb., Ogier, 2020, Barrois.) 

Egar, luec, voy une maison. 
(Mir. de Nôstre Dame, de Bob. le dyable, p. 35, 
Antiq. de Norm.) 

Laie ou lour plaîrat. (3 mai 1305, Ch. de 
Mahaut, dame de Valangin, Neuchât., Arch. 
du Locle, n° 4.) 

Puis le conte de Vantadour, 
Les sires de Bellay, Fontaines, 
Se trouvèrent leç alentour, 
Avecques autres cappitaines. 
(Martial db Paris, Vig. de Charî. VII, B vi v°, 
éd. 1493.) 

Les autres gens d'armes ce jour 
Si furent logez au vilaige, 
Pre3 dudit Rouen lec autour. 

(Id m ib., K VI r°.) 

Mors sur la place lec encontre. 

(Id., ib., L in r°.) 

2. luec, voir Lieu. 

LUECQUES, VOil* LUEQUES. 
luee, voir LlEUEE. 
luef, voir Lieu. 

lueques, luecques, lucques, leuques, 
leucques, lecques, adv., là : 

Atant se partirent de tuecques. {Mort 
Artus, Richel. 24367, f" 14 d .) 

Mais Talebot ne saillit point, 
Ains se tint lecques tout le jour. 
(Martial d'Auv., Yig. de CharL VII, I vu r°, 
éd. 1493.) 

— Puis lueques en avant, de lueques en 
avant, désormais : 

Ne ne sui tenus a aler puis lucques en 
avant aveques monsegneur en sa guerre. 
(Beaum., Goût du Beaux), , xxvni, 6, Beu- 
gnot.) 

Que de leuques en avant il.,. (1321, Dêlib. t 
Liv. rouge, h 105 v°, Arch. mun. Abbe- 
ville.) 

De leucques en avant. (1321, Ordonn t 
ib., f° 106 v°,) 



1. lue», loer, louer, verbe. 

— Act., enduire de boue, barbouiller : 
Del sanc luat son cors e san visage. 

{Roi., 2276, Millier.) 

Defors les fisl couvrir de tay (les écrias) 
Et environ loer de bray. 
(De Josaphat, Richel. 1553, f° 204 v°.) 

Por louer et enduire de tere. (Trav. aux 
chat des C'« d'Art., Arch. KK 393, f° 21.) 
Por clorre et louer un travers. (Ib,) 

Por clorre et louer les travers des 
grans estauvles. (Ib.) 

ClQrre de verges et louer de tere le 
garde mengier. (Ib.) 

— Béfl., se couvrir de boue : 

Quant se est enboee e del limun luee (l'hydre). 
(P. deThaum, Best, 313, Wright.) 

2. luer, voir Loier. 

3. luer, voir Loer. 

lues, leus, loeus, lueusjoes, adv., alors, 
maintenant, aussitôt : 

Si le bouta aval que il fu lues tues. 

(Roum. d'Alix,, f> 5 b , Michelant.) 
S'aloient en Espaînge leus maintenant, 
Tout droit a Pampelnnë la chité grant. 

(Aiol, 377, A. T.) 
Nus d'aus deus cose ne savoit 
Que lues a l'autre ne disoit. 

(Flore et Blanchefior, 225, Bekker.) 
Car, quant il î passe pucele, 
Lors est li eve clere et bêle, 
Et au passer de feme eue, 
L'eve en est lues toute meue. 

(/*., 1» vers., 1811, du Méril.) 
Li oins est lues a nient menés, 
Quant a te main est amenés. 
(Renclus de Moiliens, de Cavité, st. xx, 6, 
Van HameL) 

Karaite u kars ki s'en va lues. 

(Mousk., Chron., 1137, Reiff.) 

Aine a fait prendre lues bâtant 
As bourjois, as moines, as clers 
Tant d'avoir k*il en fn tous fers. 

(Id., tô., 1785.) 
Il le terst a ses joues, si fu lues esclaircis. 
(Chans. d'Antioche, V, v. 327, P. Paris.) 

Sire, quant en un tournoy 
Prendes chevalier 
Pour lui faire fiancier, 
Loes le deves laissier quoy 
Qu'il est a fiance mis. 
(A. de la Halle, Chans., Richel. 1109, f° 320.) 

Sire, d'amant est moût grans estrelois 
Qui prie loeus c'amours l'a assailli, 
Aussi c'uns courïiex sur voie. 

(Id., Jeu parti, p. 171, Coussemaker.) 
Car je revenrai certes lues. 
(Id-, li Gieus de Robin et de Marion, Coussemaker, 
p. 401.) 

Quant ot Eufemiens le pèlerin proiier 
Por l'amûr Alexis l'ostel et le mangier, 
Si li ramenbre leus de son grant destorbier. 
(De St Alexis, 632, Herz.) 

Moult est maie ceste painture 
Qui fait l'ame acroire a usure 
Amertume qui tosjors dure, 
Por douçor qui lues est alee. 
(Thib, de Mabl., Vers sur la mort, xlix, Crapelet.) 

De toutes pars fu ^«avirounee. 

(Enf. Ogier, 993, Scheler.; 



48 



LUF 



LUI 



LUI 



L'amena lues Charlemaine au fier vis. 

{lb., G075.) 

Huimain vinc por maure a Alens, 
Et to barons si me dist leus 
Que ne porroie maure a pîeche. 
(Encuerh. d'Oisy, dou Mùunier de Aleus, 145, 
Montaigîon et Raynaud, Fabl. t II, 36.) 

Mais qui d'avoir donne grant masse 
Chil trouvera leus tantost grasse. 
(J. deJourkj, Disme de penit., Brit. Mus. Add. 
10015, F 73 t°.) 

Pour çou Tons di ge que nus hom 
Ne doit emprendre tel mestier, 
S'il n'est montes sur bon destrier : 
C'on est lues du feble abatu. 
(Sarrazin, Rom. de ffam, ap. Michel, But. des 
rois d'Anglet. et des D. de Norm., p. 300.) 

— Lues que, aussitôt que : 

Lueus que il "vit la bataille pesant, 
Si s'entorna H traîtres fuiant. 

(Raimb., Ogier, 779, Barrois.) 

Lues ce por[r]out les garnfera]ens tenir 
A la bataille porront molt tos Tenir. 

{H. de Cambrai, 4579, A. T.) 

Et conoit, lues Me il le Toit, 
Ke par la dolonr de tristesce 
Li est tenue tele destresce. 

(Doïop., 1900, Bibl. elz.) 

Mors nous auroies 
Se ta molt tost nel secouroies 
Lues droit qu'W auroit abatu 
Son oîsiel. 
(Escouffle, ap, Michel, Lais ine'd., p. 149.) 

Tant fu biaus Bauduins et de geote fachon, 
Leus que dame le Toit désire le baron. 

(B. de Seb,, m, 434, Bocca.) 

luesel, voir Luisel. 

luet, s. m., terme de féodalité : 

Devoir de luels. Qui est un boisseau de 
seigle sur chacune tenue et chacun mé- 
nager tenant feu et fumée et labourant 
terres en la paroisse, dont est fait men- 
tion au recueil des Arrêts des chambres 
de Bretagne du 16 octobre 156!, et du 
20 mai 1564, (Làurière, Gloss. du Droit 
franc., t. II, p. 72.) 

luette, s. f., jeu de cartes espagnol, 
qui se joue encore particulièrement en 
Bretagne et sur le littoral du Bas-Poitou : 

A la séquence, aux luettes, au tarau. 
(Ràb.j Gargantua, ch. xxn, éd. 1542.) 

lueure, s. f.? 

Hyrant li yont criant a destre, 

Le petit pas a la lueure : 

« Sansuerre an bacheler sansuere ! 

« Sansuerre a l'anfant preu et saige ! » 

(Bretel, Tourn. de Chauvenci, 1590, Delmotte.) 

lueus, voir Lues, 
luez, s. m. ? 

Et voit Baudoin sordre dou ravot et do luez. 
(J. Bon.» Sa.r. t cxxx, Michel /> 

lufe, voir Lope. 

lufre, luffre, louffre, lafre, adj., gour- 
mand, friand, écornifleur, goinfre, glou- 
ton, lascif : 

Je di k'en amour mesprent 
Qui lu/fret est : cascuns doit garandir 
L'ouneur sa dame et mesdisans cremir. 
(Bretel, Chans., à Ad. de la Halle, Richel. 
4109, f° 317 a ; Coussemaker, p. 192.) 



Uns pekieres 

Qui n'est ne lufres ne trekieres. 
{Poet. fr. av. 1300, t. IV, p. 1319, Ars.) 

Li Camas qui est nés d'Arras 
Dist du marcis de Monferras 
Qui n'est ne lufres n'esbahis 
Ains est sires de sen pais. 
(/*., p. 1350, et Richel. 12615, f° 210.) 

Sos est et luffre, bien le sai. 
{Combat de St Pol, ap. Scheler, Trouv. belg , 
p. 252.) 

Quant tu verras lucres maintiens 
En dames, loing d'elles te tiens, 
Et croy qu'elles ont petit sens. 
(Froissart, Poà., III, 36,1209, Scheler.) 

Quant l'enfant est nouvellement né, et 
avant qu'il suche la mamelle, se on lui 
donne a mengier d'une pomme cuitte, ja- 
mais, après, toute sa vie, il n'en sera si 
luffres ne gourmant a table, en boire et en 
mengier. (Evang. des Quen. t p. 21, Bibl. 
elz.) 

Mais tant estoit lors Perceval lafre et 
lourd, que la défense d'icelle ne luy peult 
profiler qu'il ne la baisast voulsist ou 
non. {Perceval, f° 5 d , éd. 1530.) 

Pour enfonser le fer dans ses louffres entrailles. 
(Gaucr., Plais, des Champs, p. 125, éd. 1604.) 

lufrement, luff., adv., gloutonne- 
ment, avidement, malproprement : 

Ceste vierge ainsi aonrnee 

Entre en l'euvre des l'ajournée 

Et voit se queue si bien faire 

Que sur toutes puist le miex plaire, 

Et combien que le fin désire 

Non pourquant elle se consire 

Que ne face trop luffrement 

Ce que veult faire proprement. 

{Anli-Claudianus, Richel. 1634, f° 12 v°.) 

Ceux qui vont luffrement (à la commu- 
nion) sans discerner quelle viande c'est, 
mais vont béer la gueule sans considérer 
que c'est du Sacrement, (xvi* s., ap, La 
Fons, G/055. ms t , Bibl. Amiens.) 

LUGE, S. f. ? 

Ils se prindrent a tempter les fosses a 
tout plombs, luges, lattes, entes ensemble. 
(J. Molinet, Chron.y ch. eu, Buchon.) 

lugmaille, s. !. y terme collectif qui, 
comme legumage, désigne toute espèce de 
légumes : 

Lentilles, pois, febves et autre lugmaille. 
{Practique de P.Bocellin,P§ r», éd. Lyon.) 

LUGEAU, VOir LUISEL. 

Luij voir Le, 

LUICEL, VOir LUISSEL. 

luicue, s. m., sorte de bâtiment gréant 
des voiles à bourcet et d'une extrême 
légèreté : 

Lors se mirent les piétons es luicres, 
lesqueles sont petis vaiseaus cotidiiens et 
de voisinage. (Fossetier, Cron. Marg..me. 
Brux. 10512, X,v, 6.) 

La langue moderne a conservé ce mot 
sous la forme lougre. 

LUICTEMENT, VOÎr LUITEMKNT. 
LUICTERESSE, VOir LuiTERESSE. 

luleh, voir Loeu. 



LUIGER, S- m. ? 

Arbalesters, archiers, luigers, (16 oct. 
1325, Mém. adressé d H. le Despencer, 
Oelpit, Doc. fr. en Anglct., p. 67.) 

luigne, voir Loigne. 

LUIGNIER, VOir LOIGNIKn. 
LUIIER, VOir LOIKR. 

luin, voir Loin. 
luine, voir LûIGNE. 
LUINER, VOir LOlGNIËR. 

luinz, voir Lons. 

1. luire, loire, v. n., faire des éclairs: 

... Quant il loist en estes. 

{Poét. ms. av. 1300, IV, 1367, Ars.) 

2. luire, v. a., couvrir la brebis, en 
parlant du bélier : 

Einz puis que soi bêler ne muîre 
Ne finai de ses berbis luire. 
Ces bestes ai jei enjendrees. 

{Peler* Renart, p. 419, Martiu.j 

Au moys de septembre que les moutons 
saillent et luysent les brebis portières, (J. 
de Brie, Bon Berger , p. 40, Liseux.) 

3. luire, s. t., bande propre à couvrir 
et à entourer le cou : 

Se vantent de m'y arrester (en champ 
clos) d'une luire de fer. (23 avril 1547, 
Lettre au roi } ap. Le Laboureur, Addit. aux 
Mém. de Castelnau, II, 602.) 

luis, voir Lus. 

luisable, luysable t adj., lumineux, 
brillant : 

Li mandement del Seignur luisable, en- 
luminanz oilz. {Liv. des Ps. t Cambridge, 
xviil, 8, Michel.) 

L'entrée de les paroles luisable. (/&., 
cxviii, 130.) 

Venus est estoile luisable bien fortunée. 
[ïntrod. d'astron., Richel. 1353, f° 34 b .) 

Lucidus, luisable. (Gloss. l.-fr., ms. 
Montp. H U0, f° 167 r».) 

Lucibilis, luisablez. {Gloss. de Salins.) 

Lucibilis, luysable. [Gloss. de S.-Germ,, 
Richel, 1. 13032,) 

Luisable, lucibilis. {Gloss. aallAat.. Ri- 
chel. L 7684.) 

luisamment, luys., adv,, avec éclat, 
d'une façon brillante : 

Des clairs raiz du soleil nature façonna 

Une beauté luisamment admirable. 

(Loïs lb Caroh, Poés., f° 69 v°, éd. 1554.) 

Une cotte de soye 

Rayée d'or qui luywmment ondoyé. 
(J.-A, de Baif, Euvres en rime, ix* livre des 
poèmes, f° 249 v°, éd. 1573.) 

Et au soleil si luisamment ressemble, 
Qu'elle esblouit mes yeui de toug costez. 
(Pont, de Ttard, Œuv. poèt., p. 49, éd. 1573.) 

luisance, s. f., lueur, lumière, éclat : 

Son esloille de grant luisance 
Avons choisie. 
{Myst. de la Pa&s., ms. Troyes, 1" j., f° 140 v°.) 



Lur 

Tu auras.., douceur sans douleur, auto- 
rité sans austérité, honneur sans horreur, 
et luisance sans nuisance, (Le Maire des 
Belges, ///. des Gaules, i, 248, Stecher.) 

Un auteur du xix a siècle a dit : 

Dans un sonnet plein de grâce, le pri- 
sonnier supplie une chatte de lui prêter la 
luisance de ses yeux pour remplacer la 
lumière dont on va privé. (Chateaubriand, 
Mèm. d'outre-tombe, Ferrare, 18 sept. 1833. J 

luisarner, v. a., briller : 

Soleil qui luisante au matin, 
Femme qui parle latin, 
Enfans nourri de vin 
Ne Tiennent point a bonne fin. 

(Cotgr.) 

Haut-Maine, luiserner, ïut$arner,répandre 
une lueur pâle ou sinistre. 

ltjïsart, luysart, s. m., soleil levant : 

Vers le luysart sont aulcuns très notables 
Chevaliers, chiefs de guerre, gouverneurs* 
(Reké Macé, Voy. de Ch.-Quint, 1260, G. Ray- 
nattd.) 

Argot, luisardy soleil ; luitarde, lune. 

i. luisel, - tel, luysel, luissel, lusel, 
luseau, luesel, lugeau, s. m., cercueil, 
tombeau, châsse de saint : 

Mais morte le trouva et mise en ung luisiel. 
(Ckev. au cygne, 29759, Reiff.) 

En la terre ne l'osent mètre, 
.1. luisiel de fier forgier font, 
Le cors Mabora coachier i font. 
(A. Du Pont, Rom. de Mahom., 1900, Michel.) 

Ke nus ki fâche luiseaus ne soit si har- 
dis k'il fâche ne fâche faire fose por gens 
enfouir. (Pièce de 1284, ap. Tailliar, p. 351.) 

Il morust, et accompli sont li an de sa 
vie, cent et dis ans, et fait est par juge- 
ment et mis en luisel en Egypte. (Bible, 
Genèse, chap. 50, vers. 25, Riche!. 1.) 
Lat., in loculo. 

Item un drap lequel on suet mettre as 
exeques des mors sur le lusel ou autre re- 
présentation du corps. (1371,/nt?<îtt$, de Vé- 
glise de Cambrai, ap. Duc, Lucellus i.) 

Moy mort et expiré je supplie que de 
moy ensevelir soit attendu par l'espace de 
douze heures ou environ, affin que apper- 
ceu soye tout expiré, et lors mis en un 
plat luisel couvert d'un linceul tant seule- 
ment (Bout., Test, à la suite de la Somme 
rur. t 2 9 p., f° 69 d , éd. i486.) 

Adevinez que c'est cellui qui le vent en 
est joyeux et cellui qui l'achate en est 
conrrouchiez et cellui qui en besoingne le 
met n*en scet riens, c'est un luysel. (C, 
Mansion, les Adviniavx amoureux, Te- 
chener.) 

Pour luisel a sepulturer ung enffant 
trouvé, v». (1492, Dépenses faites par la 
ville de Lille pour les enfants trouvés, 
Arch. mun. Lille.) 

Le luesel, enterrement, messe, luminaire 
d'un enfant trouvé coûtent n 1 . (1498, ib.) 

Et se demonstra ainsy pouriture de la 
planche ou aselle du dessoubz au fons du 
dict lugeau sur laquelle les dictz ossemens 
furent trouvez reposant. (A- de Beaulainc, 
Bapp. au Conseil d'EL de Ch. Q.) 

Uns hugier fait ung luyseau devant le 
grant hostel a cellebrer les services des 
deffunctz. (4585, La Bassée, ap. La Fons, 
Gloss. m$. t Bibl, Amiens,) 



LUI 

Et jusqu'au xvn* siècle : 

Le 4 de may on at enterrez deux enfans 
d'une portée dans un lugeau. (1684, Lens, 
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Luseau, lieu où Ton met les morts ; 
chasse de saint. (Mén., Dict, Etym) 

Wall., lujâ, bière, cercueil. Rouen i, 
luiseau, luyseau. Lillois, lusiau, luigeau. 
P.-de-Cal M lujiau. Pic, lui$el> luseau, lusel. 

2. luisel, s. m., lumière, lueur : 

Andemantiers qu'il celebroit, .vr. home 
virent sor son chief un luisel ardaDt. (Vie 
saint Martin, Richel. 988, i° 236 h ,) 

luiselet, s. m., dimin. de luisel, 
petite bière : 

Pour l'accat d'un luiselet a eus mettre 
un petit enfanchonnet trouvé noyet es 
fosses de la ville. (1387. Lille, ap. La 
Fons, Gloss. ms. t Bibl. Amiens.) 

luiselïer, s. m., fabricant de cer- 
cueils : 

Jehans li Cevaus, et Wautiers li luise- 
tiers. (Ch. de 1240, ap, D'Herbomez, Etude 
sur le dialecte du Tournaisis, p. 31.) 

luisement, s. m., lumière, éclat : 

Le luisement du soleil. (Hagins le Juif, 
Richel. 24276, f» 78 v°.) 

luiseRj v. a,, couvrir la brebis, en par- 
lant du bélier : 

Si nous voulons avoir des brebis et 
femelles, il les fault tourner au vent du 
midi et les faire ainsi luiser et couvrir. 
(CotereaU, Colum., VII, 3, éd. 1555.; 

luisernê, luisierne, luserne, luisserne, 
lucerne, lucarne, s. i. t flambeau, lampe, 
lanterne : 

Tu enlumines la meie luisernê, sire. 
[Lib. Psalm,, Oxf., xvn, 31, Michel.) 

Mais cant ja li tôt poissanz Deus et 
Romain voloit cesseir de son travailb, et 
mostreir la vie Benoit en exemple az 
hommes, ke la luserne mise sor lo chan- 
deleir renderoit clarteit par k'ele luiroit a 
toz ceaz ki sont en la maison Deu. {Dial. 
deS. Greg. t liv. II, ch, i, p. 58, Foerster.) 

A la quele escriture nos faiz bien si vos 
i entenaoiz assi cum a la lucerne urdant 
en .1. oscur leu. (Greg. pap. Hom., p. 57, 
Hoffmann.) 



LUI 



49 



Por lire son sautier s'assist, 
Sa luisernê devant lai mut. 

(Vie des Pères, Richel. 231 11, i' 



6 e .) 



Doit li hom qui fait le puis a^oir enlor 
soi une lucerne ar dan t. (Brun. Lat., Très., 
p. 178, Chabaille.) 

Incontinent mon conducteur ralame 
La lucarne de mon petit esprit. 
(Boordigké, Faifeu, p. 111, éd. 1723.) 

Les vaisseaux de Dieu, les lucernes do- 
rées, Taire dorée. (Coquill., Guerre des 
Juifs, II, 310, Bibl. elz.) 

Si que de leurs beaulx faietz toutes terres 
sont illumineez, et speciallement celles 
dont ilz sont natifz haultement décorées 
d'avoir porté si nobles candélabres, si 
splendides lucernes par qui les entende- 
menz des nommes peuvent estre menez 
a la congnoissance des choses a eux in- 
congneues. (Orose, vol. I, Prol., éd. 1491.) 



Celluyqui attend de faire auraosne jus- 
opes après sa mort est fait semblabfe a 
1 homne qui porte sa lucerne et lumière 
derrière son dos. (Prem. Vol des exp. 
des Ep. et Ev. de Kar. t f° 33 v% éd. 1519.) 

Six petites lucernes representans les sept 
planètes. (Guill. du Choul, Relia, des Ro* 
mains, p. 9, éd. 1561.) 

— Lumière, lueur : 

La sus amont pargetent tel luisernê 
Qae par la noit la mer en est plus bêle. 

(Bol., 2634, Mullflr.) 
Enveie la tue luisernê e la tue vertet. 
(Liv. des Ps. t Cambridge, xlii, 3, Michel.) 

Çoa meisme sacies des ieas 
Qae deï volrre et de la lanterne, 
Car es ieus se 0ert la lucerne 
La u H caers remire et voit 
L'oevre dehors, quels qu'ele soit. 
(Chrest., Cliget, Richel, 375, f° 269\) 

Quar es eulz se fiert la luisserne. 

(Io., ib., Richel. 1374, f° 26 b .) 

Sous la luvteme du soleil 
Ne trovast on nn tel parel. 
(Eteocle et Polin., Richel. 375, f° 639.) 
Il ne vaut pas que la luserne 
Fust longemeot sous la chisterne. 

(Mir. de S. Eloi, p. 46, Peigné,) 

Dien ne vaut plus que la luisierne 
Fust esconsee en la lanterne. 

(/»., p. 66.) 
Vees vous cete petite luisernê la. (Artur t 
ms. Grenoble 378, f«52\) 

Et il se cuevre de son escu et s'en ala le 
plus droit que il pot envers la luserne del 
huis que il veoit, (/&., f° 53 e .) 

Moult estoit cler celai pais 
Et tôt ausi, ce li est vis, 
Com souleus estoit la luisernê 
D'une très petite lanterne. 
(Geff., .vu. Est. du monde, Richel. 1526, 
f°165 a .) 

L'omme est ausi com la lanterne 
Ou la chandoile rent luisernê. 

(h>., ifr., fM78 a .) 

Un grant cirge et une lanterne- 
Qui mult getoit clere luserne. 
(E*t. de la g. s., Vat. Chr.1659, f° l0 a .) 

Le beau souleil par sa luserne 
La regioo dq feu gouverne, 
(J. Le Feyre, la Vieille, 1. III, v. 4443,Cocheris.) 

Les brebis s'oslent des pourceauli 
Et les bestes de mainte guise 
Se séparent, mais la divise 
Des homnes comme faucons planne, 
Mais une fois venrront au sanne 
Du grant et du hault justicier, 
La passeront par sa lucarne; 
C.iascun fait contre son mestier. 
(E. Deschàmps, Poés., Richel. 840, f* 294 r°.) 

Metz, luhene, lugène, lumière. Forez, 
lusarna, ver luisant ; Haut-Maine, lucerne, 
lueur pâle. 

luiseur, voir Luisor. 

luisidle, adj., brillant : 

A tous amans fut bien luisille 
L'anel qu'en ung chev.il d'araia 
Gises trouva, dont invisible 
Estoit quant l'avoit en sa main. 
(Lefranc, Champ, des Dam., Ars. 3121, f° S4 d .) 

luisikl, voir Luisel, 

lui s ier, lusier, loiser, verbe. 



T. V. 



50 



LUI 



LUI 



LUI 



— Neutr., luire, briller : 

Et voit contre soleil les vers elmes luisier. 

(Aye d'Avign., 3508, A. P.) 

— Faire un temps clair, un beau temps : 

Loiser, c'est éclairer. (E. Cleîbac, Term, 
de mar.y Termes ordinaires aux marins 
pour expliquer le calme et beau temps.) 

— Réfl., dans le même sens: 

U jamfis puis n'ext dolent ne irrez 
Ne de nul mal enbletniz ne tachez, 
Ainz se lusera com soleil en estez. 
(Petite philosophie, ms. Cambridge, S. John's 1, 
il, P. Meyer, Rom.) 

LUISIERNE, VOir LUISERNE. 

luision, s. f.j lueur, lumière : 

Ke par la lnr veneit del soleil luision. 
(Th. de Kent, Geste d*Alis., Richel. 24364, 
r 64 r'.) 

luisir, v. n., luire, briller : 

La Teissies ce» banieres bruir, 
Contre soleil les vers hîaumes luisir. 
(Les Loft., ms. Montp. H 243, f° 113 e .) 

Begons esgarde, Ttt lor hiaumes luisir. 
(Gar. leLoh., l'-chan»., xiiiï, p. 110, P. Paris.) 

Parmi la plaine rit chevaliers Tenir 
Et les vers hiaumes flamboier et luisir. 

(lb. f 2* chans., y, p. 167.) 
Li anciens enemis dont il les buens voit 
luisir a gloire, de ce les parverz par envie 
ravist a poiue. (Dialog. St Greg., p. 138, 
Foerster.) 

Li Trais sonleus commença 
Petit et petit a luisir. 
(Geff., .th. Est- du monde, Richel. 1526, 
f° iiS^O 

En cel bruellet voi ces elmes luisir. 

(Huon de Bord., 681, A. P.) 

luisoire, luissoire, adj., qui est en 
chaleur, en parlant d'une femelle d'a- 
nimal : 

Quant les brebis estoieut saillies, au 
commencement du temps qu'eles sont 
luissoires, pour ce que les faons (en sont) 
meilleurs que en la fin du temps, metoit 
Jacob les verges et chaniaus devant les 
yeus des moutons et des brebis par quoi 
eles conceussent en eles regardant, 
(Guurt, Bible, Gen,, lvii, ms. Ste-Gen.) 

Du tamps qu'eles sont lutsotres. (lD.,t&., 
Maz, 538, f° 19*.)Lat.,in ipso calore coilus. 
(Gen., xxx, 39.) 

luïsoRj - eur, „ our> - wr, luys,, lu$. t 
s. f., lueur, lumière: 

— La forme del soleil i fut pd sa lusitr. 
(Tu. de Kent, Geste û'Alis., Richel. 24364, 

f° 2 Y .) 

Les piez cognât a la luisor. 
(Les Poss. du roi Jhesu, Ars. 5201, p. 108\) 

Mes ja estoit don sonleus escondue la luisow. 
(Prise de Pampel., p. 141, Mussafia.) 
Radius, rais, luiseur. (Gloss. de Salins. 

Resplendissant luiseur lucifericque. 

(Mist. du viel Test., 72, A. T.) 

Ils donnoient si terribles coups les unes 
sur les autres que la fumée avec la poul- 
drierequi partoit d'euli obfusquoit la luy- 
seur du soleil. (Percef. t IIL f» 99» éd. 
1828.) 

Ainsi comme le soleil qui le matin monte I 



et ravist nostre oraison, orne et fait res- 
plendir tout le monde,, et a toutes choses 
baille ses couleurs par sa clarté et luiseur. 
(Champier, Nef des dames vertueuses, 
Hv. I, ch. 2, éd. Lyon.) 

Tout environné de la luyseur de la lune. 
(La Nef de santé , f° 7 r°.) 

luissau, voir Luissel. 

luissel, luicel t luisseau, lussel, loissel, 
loinsel, - cel, - iel, - iau, - eau, luxel, lousel, 
loucel, louchel, s. m., pelote, peloton de fil, 
écheveau : 

Et li un l'autre ensi sostïent 
Que terre en mi lien s'atient 
Comme loinceaus de fil reont. 
(Image du monde, ms, Montp. H 437, f° 70 r°.) 

Et en la main li assena 
Le cief d'un luiciel de fil blanc. 
(Moosk., Chron., 12578, Reiff.) Impr., linciel. 

Lors fu menés en paradis, 
Platn de repos et de delis, 
Caries li Caus par le loinsiel 
De fil qu'il ot en sa main biel. 

(Id., ib., 12629.) Impr., lainsiel. 
Glomos fili. Lussel de fil, (Gloss. de 
Neck., ms. Bruges, Scheler, Lex. t p. 92.) 

Si tenoit un luissel de fil. (Chron. de S.- 
Den., ms. Ste-Gen., f° 199*.) Lat., glome- 
rum lineum. 

11 s'en ala devant luy en distordant le 
fil de ce luissel resplendissant. (Gr. Chr 
de Fr., Charl. le Chauf, xin, P. Paris.) 

Cest luissel de filé tendrai 
Au chief, et vous I'emporteres, 
Et par ce luissel troyeras 
Le chemin qui de la prison 
Yous naetra hors a garison. 

(Fabl. d'Ov., Ars. 5069, f° lH a 

Un loucel de fil. (Esteriez Rogier. Richel. 
20125, f° 158 e .) 

Glomus, louseaus. (Gloss. de Douai, Es- 
callier.) Impr., lonseaus. 

Globus, luissiau de fil, monceau» (Ca- 
ihol, Richel. 1. 17881.) 

Huit toisons de laine et deux loisseaulx 
de fil de lin. (1398, Arcb. JJ 184, pièce 97.) 

Quatre livres de fil blanc en luissel. 
(Un partage mobil. en 1412, p. 28. St- 
Germam.) Impr., Unssel. 

Desveloppantle fil dudit loinsel resplen- 
dissant. (J. Vàuquelin, Chron. d'E. de 
Dynter, II, 56, Xav, de Ram.) 

Luisseau de fil. (1464, J. Lagadbuc, Ca- 
thol., éd. Auffret de Quoetqueueran, Bibl. 
Quimper.) 

Hz y oit tant d'iawe eu ung celiez ou 
ungtuxeraut ouvroit de son mestiez, que 
l'yawe enmenoit ses luxelz de filz aval le 
celhez. (J. Aubrion, Journ.. an 1483, 
Larchey.) ' 

Ung louchel de cordelle .xn. d. (1539, 
Béthune, ap. La Fous, Gloss. ms.. Bibl. 
Amiens.) 

Loinseau] de fil. A due, or bottome of 
thread. (Cotgr., éd. 1611.) 

Rouchi, louseau; wall., lonhai; namur., 
loncha ; pic, loinseau; norm., Unssel, Us- 
sel. Guemesey, cllunsê. 

luisseler , liceler, v- a., mettre en 
peloton : 
Agglomero, mettre du fil en plotton, 



devuider et Uceler. (Calepini Dicl., Bâle 
1584.) 

luisselet, lisselet, louselet, loinselet, 
s. m., pelote, peloton de fil, écheveau : 

On de fil ung biau luisselet, 
Si cu,m font nonains par constante, 
(Rose, 14620, Méon.) Impr., tinsse le? 

Ou an biau petit coatçlet, 
On de blanc fil un lisselet. 

(Ib., 14855, Lantin de Damerey.) 

Le suppliant rompy ledit coffre ou il 
trouva... un loinselet de fil pers. (1389, 
Arch. JJ 138, pièce 133.) 

Louselet. (Gloss* de Lille, m s, Lille 369", 
f* 10*.) 

LUISSEltNE, VOir LUISERNE. 

luisseul, voir Luisuel. 
luissoire, voir LUISOIRE. 
luisté, voir LISTÉ. 

1. luisuel, s. m., cercueil : 

Que il ne soit nus si hardis ki face lutiuel 
puis ore en avant en toute ceste vile se de 
boisblanc non sor le forfait de. c. s. et banis 
de le vile et sor perdre le luisiel. (1284, 
Ban, Tailliar, Rec< d'acL des XII e et XHI* $. 
en lang. wall., p. 351.) 

Vermand., luiseu, cercueil. 

2. luisuel, luisseul, s. m., cierge : 

Walerants le tourneur tourne pluseurs 
coses, et si fait luisseus et cherges et 
toirses et candeilles de chire. (Dialog. /r.- 
flarn., f° 20 e , Michelant.) 

luitant, luctant, adj., opposé, con- 
traire : 

Capara est composé de vertus contra- 
rientes et luctantes. (Jard, de santé, 1, 126, 
impr. la Minerve.) 

LUITEL, VOirOlTEL. 

luitement, luitl., luict. t s. m., lutte : 

Damledeus son non li enquier 
A celi qui si le reCfaiert 
Ici en icel luitement. 
(Evhat, Bible, Richel, 12457, f° 65 v a .) 

Luittemenl, iuctamen. (Gloss. aall.-lat., 
Richel. 1, 7684.) 

Luictement. luctatio. (R. Est., Pet. Dicl. 
frAat) 

luiter, luyter, y. a., synonyme de sail- 
lir : 

Quand ilz sont en estât de saillir et luy 1er 
les brebis portières. (Jean de Brie, le Bon 
Berger, p. 152, Liseux.) 

Si advient... que aulcunes brebis portiè- 
res sont luitees et saillies en aoust. (Id., 
ib., p. 1180 

Cf. Luiser et Luire. 

luiteresse, Met. , s. f . , celle qui lutte : 

Lors celle parla qui sembloit estre luic- 
teresse f a elle me prens pour luicter. (De- 
guillev., Pèlerin, de lavie hum.. Ars. 2323, 
f* 147 r°.) 

luiterie, s. f., lutte : 

La y ot bonne luiterie 

De moi a li pour retourner 

Mon mantel et au droit tourner. 

(Froiss., Poés. Richel. 830, p, 355",) 



LUI 



LUM 



LUM 



51 



luition, s. f., annulation : 

Mon cousin, chers et féaux, nous voub 
envoyons cy jointes certaines nos lettres 
patentes qu avons fait décréter par forme 
de loy et edit perpétuel, pour advertir tous 
et un chacun a quel prix, valeur et estima- 
tion d'or et d'argent l'on pourra faire les 
remboursemeus, extinctions et décharges 
des deniers capitaux des renteB parlettre, 
partages, galeries et autres facultez de 
rachat et luxtion des ventes et acquitte- 
mens des coritracts anciens et nouveaux. 
{Lett. pat. des Archid. touchant l'extinction 
des rentes, Brux., 25 juin 1601.) 

luitis, s. m.» lutte : 

Et certes se ne fast la guerre et le tuitis 
PIqs volentiers y fusse trois mois on cinq ou sis* 
(Restor du Paon, ms, Rouen, f° 76 t°.) 

1. luiton, luitton, luytton, luton, luthon, 
s. m., lutin : 

Sont vernit recorder Goâefroit de Buillon 
De riermite vaillant qui mort a le luiton (un ser- 
vent, un monstre). 
(Chev. au cygne, 20406» Reiff.) 

En guise estoit d'un luiton figures. 

(Huon de Bord,, 5320, A, P.) 

Le grant porte fut ouverte, par laquelle 
sailly une monstre en luiton, moût estran* 
eement deffiguré. (Mathieu b'Escouchy, 
Chron., II, 143, Soc. de TH. de Fr.) 
Et Cerberûs, l'ort infernal luton. 
(Crétin, Chants roy., f° 37 r\ éd. 1527.) 
Si n'est il loup, louve, ne louveton, 
Tigre, n'aspic, ne serpent, ne luthon, 
Qui jamais eust sur moy la dent boutée, 
Si mon eicusa il eust bien escoutee. 
(Cl. Mar., Epùt, aux Dam. de Par., p. 148, 
éd. 1596.) 
Orgueil est devenu glouton, 
Il est de tout vice entaché ; 
C'est tout ung et fast ung Mon. 
(1530, Débat de Charité et d'Orgueil, Ane Poés. 

fr., \\, 304.) 
Je vous prometz que je yray en orbelle, 
Par voi maisons menant tant de luyttons, 
Et donneray tant de coups de basions. 
(Bourdigké, Leg. de Faiftv, p. 9» éd. 1 723.) 

Mille fantosmes noirs, mille luittons encor 
Foulent, malencontreux, mon accoustrement d'or. 
(A. DR Rivaudead, Œuv. poét., p. 113, éd. 1859.) 

Et la rencontreront les bestes sauvages 
et des isles : et le luitton criera après son 
compaignon. {Bible, Isaie, ch. xxxiv, éd, 
1556.) Lat., et pilosus clamabit alter ad 
alterum. 

Et habiteront illec les austruches et les 
luttons sauteront la. (Bible, Isaie, ch. xm, 
f° 385 r«, éd. 1563.) 

Luiton a été encore employé au xvn e s. : 

Notre ami Monsieur le laiton. 
Dit l'homme, vous perdez un peu trop tost courage. 
(La Fortaîne, Contes, u, 153, Lemerre.) 

Wall., luion. 

Nom propre, Lutton. 

Cf. NrjiTON. 

2. luiton, s. ni., sorte de peau: 

D'un cuir de cerf avoit son chief vesti, 
D'un chapelet, onques meiilor ne t1, 

D'on viel luiton bien serré et bouilli 

(Mon. Benuart, Richel. 368, f° 252 r .) 

Cf. LUITONEL. 

luitonel, s. m., dim. de luitçv, sorte 
de peau : 



,i. ganboison d'un luitonel ausi 
Ot Maillefer endossé et vesti. 

(Mon. Rtnuart. Richel. 368, f° 252 e .) 

Cf- Luiton. 

luitronkl, adj., de luiton, de lutin : 
Li crisolites.... a si grant vertu que ane- 
mis ne puet aprochier celui qui le porte sor 
lui, et percies veut estre par mi d une soie 
d'asne a tout les peu(r)s luitroneus. {Des- 
cript. lapid., ms. Berne 113, f° 169'; Pannier, 
P. 79.) 

LUÏTTBL, VOir 0)TKL. 

luitumiere, s, i, t demeure des luitons : 

Si l'entraioeront 

Es ténèbres d'enfer, en l'orde luitumiere 
Ou jamais ne verras ne clarté ne lumière. 

(Vie Ste Christ., Richel. 817, f 3 184 r<\) 

1, LUM, lun, s. m., limon, boue, fange : 
Nule chose nen est plus halte de Deu, 

ne nule chose plus vils ke luns.et totevoies 
descendit Deus par si grant humiliteit el 
lum, et par si grant humihteit montât h 
luns a Deu ke tôt ceu ke Deus fist en 1m 
crocet om ke li luns lo fesist, et tôt ceu ke 
li luns soffrit, dict om que Deus lo eoflnt 
en lui par mervillous et par niant coupren- 
navle sacrement (S. Bern., Serm,, Richel. 
24768, f° 30 r°.) 

Il mellat a cest lum terrien force vivavle, 
si cum ens arbres. (In., ib.) 

Anz donat ancor après a nostre lum 
sentement, si cum ens beestes, (Ïd., ib.) 

Ancor volt plus grant honor faire a nostre 
lum, et si mist en lui force resnavle, si 
cum ens hommes. (Id., ib.) 

Car celemaisteiz se contrastpor ajunnre 
a nostre lum la meiilor chose qu'il avoit, 
c'est lei mismes. (Iû,, ib.) 

Et Criz parolet en la salme et si dist : Je 
suis, dist il, fichiez el lum de la meir, nos 
fumes jai za d'avant luns de paradis, mais 
or sommes nos luns de meir. (Id., ib., 
f° 33 r°.) 

En la première oyvre de nostre création 
fist Deus Tomme del lum de la terre. (Id., 
ib., f° 51 v°.) 

Et furent les fosses curez de lun dehors 
et dedans. (Joinv., Hist. deSt Lowts,p. 174, 
Michel.) 

2. lum, lun, lume, s. m., lumière : 

Li luns estoit jai d'avant créez» (S. Bern,, 
Serrn., Richel. 24768, f» 51 v°.) 

Mes lo révèrent conte quant il connut li 
navie de li Grex o lo lume comme estoille, 
ala lor encontre plenement. (Aimé, Chron. 
de Bob, Viscart, I, 22, Champollion.) 

Ou est le glorieux lume de vostre renom- 
née resplandissant par le monde univers? 
(J.MOLinet, Chron. , ch. xiv, Buchon.) 

Guernesey, lum, lun, lumière. 

LUMBART, VOir LOMBART. 
LUMBE, VOir LOMBLE. 
LUMBLE, VOir LOMBLE. 

lumblil, lambril, lombril, s. m., reins : 

Tu posas hisdur a noz lumblitzALiv. des 
Ps. t Cambridge, lxv, 9, Michel.) Yar., 
lumbriz. 

Mi îumbWsicuraefus fumant. (lb. t Lxxn, 
2i.) 



TroTons la vertus dou diable 
Est ens es rains sans nule doute. 
Ou lombril est sa force toute. 

(Lapidaire, E 1024, Pannier.) 

lumbre, voir Lomble. 
lumbrig, voir Lombric. 
lumbril, voir Lumbul. 

LUMBRIQUE, VOir LOMBRIC. 

lume, voir Lum. 

LUMEIGNON, VOir LUMIGNON. 
LUMEILLON, VOÎr LUMIGNON. 
LUMELLE,VOir LEMELE. 

lumer, verbe. 

— Act., allumer : 

E dejaste le red fust un cirge lumed. 
(P. de Tiuon, liv. des créât., 120, Wright.) Mail, 
256 : alnmet. 

Mester lur 'tint lumeit 
Herbes qui sunt enbetumeit. 

(S. Brandan, 802, Michel.) 

Ke nus feu avoir ne pooit 
Si sa chaundaillô ne tumoit. 
(Gaut. de Mes, Image du monde, 1. 1, c. 6, Richel. 
25407, f 29 e .) 

— Éclairer : 

Puis prenoient... torses et faîos, pour eus 
lumer, car il faisoit très brun. (Chron. des 
Pays-Bas, de France, etc., Rec. desChr.de 
Fland., t. III, p. 208.) 

— Neutr., éclairer, briller : 

Ledicte lampe faire ardoir et lumer. 
(1347, Test, de Rob. de Nam, t Arch. roun. 
Yalenciennes.) 

L'accûustrement dé la dite voye monta 
a plus de dix mille flambeaux, sans com- 
prendre ceulx qui lumoyoient aux despens 
d'aulcuns particuliers. (Molinet, Chron., 
ch. cccv, Buchon,) 

Lumer, lucere, lumen fundere. (Fed. 
Morel, Petit recueil des mots françois, éd. 
1632.) 

Gbamp., comm. de Sommepy, lumer, 
éclairer. 

lumette, s. f., bribes de substances 
inflammables : 

Le suppliant pour y veoir cler getta des 
chenevottes ou lumettes en son feu, qui 
tantost furent alumees. (1478, Arch. JJ 
206, pièce 82.) 

On dit encore à Paris une lumelte pour 
une allumette. 

lumière, s. f,, flambeau, lampe : 

Nus deu mestier desus dît ne doit ouvrer 
par nuit, a clarté de feu ne de lumière. (E. 
Boil., Liv. des Mest., l r * p.» lxv, 3, Les- 
pinasse et Bonnardol.) 

De rechief quatre lumières de cuivre, 
c'est assavoir une grant et trois petites. 
(lSSa/Arch. JJ 75, pièce 54.) 

Quatre lumières de cuivre. (1344, Lelt.de 
Ph. de Val., Arch. JJ 75, f°30 v\) 

Une lumière de fer. (1352, Renonc. de 
Jeanne de Bar, G*»" de Garennes, Pontigny, 
Arch. Youne H 1439.) 

Le suppliant getta une lumière qu'il 



82 



LUM 



tenoit en sa main, ou il avoit de l'aille et 
une inesche ardant,.... et cheut le lusse- 
ron,quiestoit soubz laditte lumière t o, terre. 
(1419, Arch. JJ 171, pièce 16B.) 

Les suppliants prindrent en l'hostel d'i- 
cellui Mosnier une lumière, (1471. Arch. JJ 
195, pièce 608,) 

— Œillères, dans le masque du heaume 
au xin» s., puis dans la visière, au xiv f s. : 

Tout droit par devant la lumière, 
Un poi deseure la barbiere. 

{Coud, 1649, Crapelct.) 
Que son ris parmi la lumière 
Del elme eagardoit la maaiere 
Sa dame ag gamblans amonreas. 

(7*.,1679.) 

Ils se consieuvirent sur les lumières des 
heaulmes si dur et si roit que ils se des- 
heaulmerent. (FHOISS,, Chron., XIV, 117, 

Kerv.) 

— Embouchure d'un cor : 
De l'olyfant la lumière dorée 
Mist en sa bouche. 

(Roneisv., p. %\, Bonrdillon.) 

— Ouverture en général : 

Il est eswardé que cascuns inauniers doit 
traire son relais le samedi a nonne son- 
nant et remettre le diemenche a solail 
esconsant, et auve ne doit courre sor 
semaine, fors p ar une lumière. {Livre rouge 
d'Âbbeville, î 9 35\ ap. Duc, Lumen %) 

lumiereté, s, f., jouissance de la lu- 
mière ; 

Celluy qui est en ténèbres voit Toeul qui 
est. en lumiereté et non pas au contraire. 
(B. de Gord., Pratiq., III, 4, éd. 14950 

lumignon, lumeignon, lyumignon, Umi- 
gnon> limeignon, limegnon, lemignon, limin- 
gon t luminon, lumilon, lumeUlon, s. m., 
mèche : 

Lychnus, lumilon. (Glo$s. de Neck., ma. 
Bruges, Scheler,) 

Li feos qui est oa limegnon. 
(Ymagc du monde, ms. Montp. H 437, f* 156 r 9 .) 
Nicolas le candilleur vent boines can- 
deilles et ont boins lyumignons. (Dialog. 
fr.-flam., f° 17*, Michelant.) 

Qui veut faire chandelle, l'en doit avant 
faire Bêcher au feu très bien le limignon 
(Ménagier, n, 5, Biblioph. fr.) 

Le limegnon de chandelle. (Gl. gall.-lat , 
Richel. 1. 7684.) 

Lumignon de chandele. (Ib.) 

Que nul ouvrage de chire ne soit fait et 
vendu en laditte ville, se il ne poise le poix 
de la chire nettement, sans limegnon et sans 
baston, en ouvrage de torse et de chierges, 
a^ peine de perdre l'ouvrage, et .xx« s. 
d'amende. Item que oudit ouvrage n'ait que 
une seulle chire, telle dessoubs comme 
dessus, sans aucune mauvaise chire mettre 
sur le limeignon, sur ladîcte amende. (1406 
Statuts de la corporation des merciers, épi- 
ciers, et chiriers, ap. A. Thierry, Mon. inéd. 
du Tiers Etat, t. II, p. 20.) 

Deux livres et ung quarteron de lemignon 
pour faire les torches de la ville. (Compte 
de J. Boileve, 1406-1408, Commune, Des- 
pence commune, Arch. mun, Orléans.) 

Deux livres de limeignons pour les dictes 
torches. (Compte de Gilet Baudry, 1416- 
1418, Commune, Despence, n, Arch. mun. 
OriéanB.) 



LUM 

Trois livres de lumeignon, (lb.) 
Pour avoir faictes lesdictes torches et mis 
lemignon. (Compte de Jaquet Delogne, 1424- 
1426, Commune, Despence, r, Arch. mun. 
Orléans.) 

Que nul ouvrage de chire ne soit fait et 
vendu en le dite ville et banllieue qu'il n'ait 
poix de la chiere nette sans lumeignon et 
san3 bâton en ouvrage de torsses et cierges. 

i?A *?„ 1489 ' fP- A - Thierry, Mon. du 2?ers 
Etat, IV, 267.) 

Sans estouppes ne limeignon. (Ib,) 
A la fin du mois Ton eompte au fruitier 
bastons [et] tuminom, pour les torses et 
flambeaux qu'il a despendus en iceluy 
mois. (Ol. de la Marche, Estai de la mat- 
ton de Charles le Hariy, Du tiers estât. 
Michaud.) 

L'eaue ou Ton estamdoit les lumeillons 
esmouchies, (Fossetier, Cron. Marg., ms. 
Brux. 10309, f 133 r°.) v ' 

Ciminum destrenche et détient le flux du 
sang qui decourt deB narines... quant de 
luy est fait lemignon et mis deaens les 
narines. (Jard. de santé, I, 123, impr. la 
Minerve.) 

Des rameaulx du serpoullet nous pouvons 
faire lumignon et alumettes pour faire lu- 
mière. (/&., I, 429.) 

Une lampe qui ha ung ou plusieurs 
lumignons. (R. Est., The$. t Lucerna.) 

Torche, baston d'aune ou de tilleul... Il 
y a du lumignon au bout, c'est-à-dire, une 
sorte de chanvre à moitié filé qu'on couvre 
de cire. (Dict, des arts, Paris 1694.) 

— Pièce de fer sur laquelle on fixe une 
chandelle : 

En la chandeille ko deust porter 
Un Umingon de fer mist* 
(Côntîn. du Brut de Wace, Michel, Chron. anglo- 
norm.t t. I, p. 161,) 

Suisse rom., lumignon, sorte de petit 
lampion,, sorte de veilleuse. Je ne dors 
pas tranquille si le lumignon n'est pas 
allumé. (Bonhôte, Gloss. neuchât.) 

LUMILLETTE, VOk LUAIINETE. 

lumilon, voir Lumignon. 

luminaire, - arie t - are t s. m., lumière, 
clarté : 

Que de sun lignage luise clarted e lumi- 
narie en Jérusalem. (Rois, p. 280, Ler. de 
Lincy.) 

Sans pareil et sans essemplaire 
Resplendist de grant luminaire 
Le dame douche et debooaire. 
(Renclcs deMoiliens, deCarilê, %U cuxiy, 6, 
Van Harael.) 

saintnairesprecions, 
luminaires glorîou», 
dame rike, plenthouse 

(Id., Miserere, st. cCLXti, 1.) 
Si fisent si grant goie le nuit, qu'il n'i 
eut si povre qui ne fesist grant luminaire, 
et portoient enson les branches grans torkes 
de candeilles. (Robert de Clary, p. il 
Riant.) 

Par cel solail qui nous fait luminaire. 

(Auberon, 102?, Graf.) 

- Illumination : 

C'estoît chose merveilleuse du luminaire 
(aux funérailles de Charles VI) qui estoit 



LUM 

dépuis la porte S. Denys jusqu'à l'église. 
(JUVENALDB3 URSINS, an 1422, Michaud.) 

S'en retournèrent les Gandois moût 
joieux et fut la paix criée en leur ville et 
furent feux, luminaires et carolles de joye. 
(La Marche, Mém., I, p. 407, éd. 1616.) 

— Faculté de voir, vue : 

A son oocle Henry, qui tôt son luminaire 
Ot perdut de noveal. 

(Jeh. pïsPreis, Geste de Liège, 37120, Scheler, 
Gloss. philol.) 

— Exemple, modèle : 

De décrois et de lois a&toil fias luminaire. 
(Jeh, des Preïs, Geste de Liège, II, 6539, Scheler, 
Gloss. philôt.) 

— Fabrique d'une paroisse : 

Li quele terre avoit esté aumosnee pie- 
cha au luminare de le parroche Nostre 
Dame de Aîmeries. (Ch. de juin 1248, 
Auchin, Arch. Nord.) 

En aumosne au luminaire de Nostre 
Dame deAymeries. (Ib.) 

Ct. Luminier, 

luminare, voir Luminaire. 

LUMINA.RIE, VOIT LUMINAIRE 

luminer, verbe. 

— Act., illuminer : 

Dp, la vostre naissence fu li mons lumines. 

(Fierabras, 1175, A. P.) 
Lumiao, clarifier ou luminer. (Gloss l- 
(r. t ms, Montpell. H 110, f° 168 r°.) 

— Fig. : 

Douce amors ki m'atalente, 
Quant voi le termine gent, 
Me remaine el cner la gente 
Ki lumine raoa talent. 
(G. de Soignies, Chans., Scheler, Trouv. belg>, 
ûout. se"r., p. 17.) 

— Allumer :, 

Ils lumineront la lampe du moustier. 
(1357, Cerny, ap. Mannier, Commandéries, 
P.B31.) 

— Neutr., briller : 

Estant venue la foy chrestienne a lumi- 
ner. (Seyssel, Ja Grand Monarchie, I, 9, 
éd. 1540.) 

— Luminé, part, passé, illuminé : 
Et de color ensi bien luminee 

Qu'en toute France, qui tant est longe et lee, 
Si bêle dame ne fa onc esgardee, 

(Aleschans, 3100, Jonck-, Guill. d'Or.) 

— Lumineux : 

Mais toutes sont luminees (les étoiles) 
Quel part que eles soient troyees. 
(L'Ym. doit monde, Richel, 1553, f° 187 r°.) 

luminete, lumiUette t s. L, sorte de 
plante, Teuphraise : 

Eufraize vient de racine plus facilement 
et plus seurement que de semence ; se 
plaist en terre légère et humide, non expo- 
sée au soleil. Elle est aussi appellee, lu- 
minete, pour estre sa vertu d'illuminer et 
esclarcir les yeux. (O. de Skrr., Th, d'à- 
gr. t VI, 13, éd. 1605.) 

LumiileUe, c'est l'herbe que les apothi- 
caires nomment Euphrasia.(NiGOT,éd.l606.) 

LumiileUe : f, The herbe eye brigty, 
(Gotgr., éd. 1611.) 



LUN 



LUN 



LUO 



33 



Luminelte, as lumillette. (Id.) 

luminier, s, m M clerc chargé d'éclairer 
l'église. 

Dana la coutume d'Auvergne, ce mot 
signifie la môme chose que marguilliers, 
Du Cange dit que cela vient de ce qu'ils 
avoient soin du luminaire ; et en effet on 
appelle de ce nom le clerc qui, dans une 
église, est chargé du luminaire. {Denisart, 
Collect. de decis, nom., t. 3, p. 205, éd. 
in-4% 4771.) 

Luminiers des esglises. (1462, Ord., xv, 
513.) 

Nomiaations annuelles de 2 luminiers en 
l'église Saint-Etienne. (1596*1604, Arch. 
[quo. Agen BB 10.) 

Gens d'église, communautez ., collèges, 
luminierSj confrères et autres semblables. 
(Coût. d'Auvergne, ch. 22, art. 16, Nouv. 
Coût, gén., IV, 1177^'.) 

luminin, s. m., lumignon : 

Pour le batton et luminin des jours de 
joies et de la chandelleur, .nu. s. (1566, 
Noyon, ap. La Fous, Gloss- ms., Bibl. 
Amiens.) 

luminon, voir Lumignon. 

luminosité, s. L, éclat : 

Afnn que par vicieuse tenebrosité elle 
(Vâme dévote) ne soit jamaiz de luy sé- 
parée, mais que en vertueuse luminosité 
luy appare tousjours plaisante et amou- 
reuse. {La tresample et vraye Expos, de la 
reigle S. Ben., f" 71 e , éd. 1486.) 

Luy qui paravant avoit clarté admirative, 
perdit incontinent la plus grande partie 
de sa science et luminosité, laquelle il 
avoit eu et receu de Dieu. (Prem. Vol. 
des* exp. des Ep. et Ev. de Kar., f° 52 r°, 
éd. 1519.) 

lun, voir Luat. 

1. lunage, -aige, s. m., lunaison : 

L'enfes ki naist en cel image 

Sera caitis tout son eage. 
{De S. Daniel, Richel. 2039, f°19 r»,) 

J'ai Yen cinq personoaiges 
D'ung Iriumphant hoitel, 
En mains de dix lunaiges 
Payer tribut mortel. 
(Molinet, à la suite dfl la Lég. de P. Faifeu, 
p. 169, éd. 1723.) 

Lunage, dans la Suisse romande, dé- 
signe une mesure de champ qu'on peut 
cultiver dans un mois lunaire. 

î, lunage, - aige, adj., lunatique : 
Au siècle es fous, sos et lunages, 
A Diea diacres, soutiens et sages. 
(D'un VU. Hue dont. escumen.,ATs. 3527,f° U9 d .) 

Home lunage. (Mabb., Lapid., Ricbel, 1. 
14470, !• 111 v«.) 

Car je eai bien k'en trestout son yianage 
N'a si très bien tenehant ne si lunage. 
(J. Baillehaijt, Çhans.i ap. Dinaux, Trouv. 

brab., p. 10?.) 

Touz ceus a qui leurs famés gisent d'enf- 
fant, tout home lunage... {Ordonn, sur les 
Met*, xxxv, à la suite du Liv. des MéU, éd. 
Depping, p. 426.) 

Et li pria qu'il venist sener sa fille nui 
lunaige estoit. (Vie saint Bertholomee t Ri- 
chel. 988, f« 181 e .) 



Et ceulx qui avoient les dyables es 
corps, et les lunages et. les paraletiques il 
les curoit tous. (Bible hist., Maz. 538, 
f» 197*.) 

Aucuncfois sont chiens malades et lu- 
naiges. (Gast. Feb., Maz. 614, f°42'.) 

Huet, je te tien pour lunage 
De ceci dire. 

(Hir, de N.-D., V, 115, A. T.) 

Hz sont tontes tressages dames, 
Mais a la fois sont si lunages 
Que tous verrei que les plus sages 
Sont les plus nices. 

(«., VI, 60.) 

— Eii parlant de chose, étrange, mer- 
veilleux : 

Passion lunage. 

{Lapidaire, B 597, Pamiier.) 

A Mêlant sont Tenus, celle citeit lunage. 
(Jbh. des Preis, Geste de Liège, 36051, Scheler, 
GIôsî. philol.) 

lunaire, - air, s. m., livre qui explique 
les influences de la lune : 

Le Lunaire que Salemons fist. (Fabl , 
Méon, Nouv. Bec, I, 364.) 

— Lunaison : 

L'an légitime conmence au lunair d'ap- 
vril. (Fossetier, Cron. Marg., ms. Brux., 
I, f 134 r°.) 

lunaison, - oison, s. f., étendue de 
terre qui peut être labourée en un mois? 

Colin et pris bans sur une lunaison que 
H et aqesté al abbasse dou vai SeiDte Ma- 
rie. (Bôle de Bans de tréfond de Van 1220, 
cabinet de M. le comte Fr. Van der Straten 
Pontboz à Bruxelles.) 

— Caprice? 

Au tiers point ou il parle taisamment en 
la faveur et vérité de son maistre, disant 
que si fortune lui est amie, n'y preniez 
point de desplaisir aussi, non plus que 
nous de la vostre, car de vous ne lui 
vient point ceste haute lunoison. (G. Chas- 
tell., Vérité mal prise, VI, 335, Kerv.) 

lunal, - eau, adj. f de la lune : 

Et or mustrum la fia 
Del lunal ecl psin. 

(Ph. de Thadn, Cumpozi 2753, Mail,) 

— Lunatique : 

Ou est il allé mon luneau ? 

Je le troeveray qaoj qu'il tarde. 

(Cheval^-, Myst.S. Christ., P n.) 
Et taiseï tous, le grand diable y puist estre ! 
Il est luneau, tous le ferez Iroubler, 
{Farce de Marchand., Ane. Th. fr., III, 259.) 

Le glorieux luneau 
Tomba du hault du pnys jusques en l'eau. 
(BouRMGNé, Leg. de P. Faif., ch. y, p. 28, éd. 
1723.) 

— S. m,,cyde lunaire: 

Del lunal réguler 
Des epactes truver. 

(P. oe Thaun, Cumpoz, t97, Mail.) 

Bourg. , Yonne, Yilliers-Saint-Benoit , 
lugneau, sot, nigaud, bèta. Aunis, lunia, 
nom donné a un bœuf qui a une tache ou 
lune sur le front. 

Noms propres, Lunel } Luneau. 



lunc, voir Long. 
lunr, s. f., prob. luette ; 

Quant on a mal en la lune, en doit faire 
cendre de la racine du chol seiche et si la 
met on sur la lune, si garist on. (Lio de 
flsiq., ms. Turin, f° Il r°.) 

— Maladie de la luette ; 

Le jus de ceste herbe beu garist de la 
lune et de toutes maladies qui viennent en 
la gorge et en la boche. (Liv. de Âsique, 
ms. Turin, f« li *•.) 

luneau, voir Lunal. 

LUNER, VOir LUNIER. 

lunet, adj., qui présente des taches 
de forme ronde : 

Deux acquenecs, l'une grise et l'autre 
lunette. (1588, Char trier de Thouars, 
P. 263.) 

CL Lunal. 

lunete, -elle, s. f., dim. de lune; em- 
ployé pour désigner un objet digne d'ad- 
miration : 

Celé pucele avoit non Lunete por la grant 
biauté dom ele estoit. (Arlus. Richel 
337, f» 182 e .) 

— Désigne divers objets de forme 
ronde : 

Il sont d*uu drap d'or a oisiaus 
Vestu a Aon et a lunetes. 

(UEsconffle, Ars. 3319, f* 20 r°.) 

Pour .nu. lunetes et .un. gons a fust, 
avecques ,n. verrouls pour les huys. 
(1335, Compt. de Odarl deLaigny, Arch. KK 
3s f» 271 v«.) 

IceUui Clavet sacha un baselaire et en 
fery ledit Nicaise sur la teste et lui abati 
une lunette de fer, dont il avoit la teste 
armée. (1408, Arch, JJ 163, pièce 179.) 

En ce jour la le Seigneur ostera l*orne- 
ment des escarpins, et les coiffes et les 
lunettes. (Bible, Isaie, izr, 380 v , éd. 1563.) 

luno, voir Lonc. 

LUNGAINNE, VOir LONGAIGfNE. 
LUNGECE, VOir LONGDKCE. 

lungeSj voir Longes. 

LUNGTAINEMENT, Voir LOINTÀINEMENT. 

lunier, luner, aâ}. f de la couleur de la 

lunej d'un blond clair : 

Ele ont bien fest le cors 
E les crins luners 6t sors. 

(lai du Corn, 513, Michel.) 

lunoison, voir Lunaison. 

luns, s. m., lundi : 

Le Ivns, mars et mercres tanque amedie. 
(Compt. de P. Serrer, prèv. de Montbrisson, 
Réparât, du donj, f 1382-1383, Arch. Loire.) 

Lyonnais et Forez, lun, liun, lundi. 

CL Dkluns. 

KUNZE, VOll* LOIGNE. 

i.uoison, s. f,, lueur, clarté : 
Des ci au main qne vit la Ittpison. 
Umis et Amiles, 2816, Hofraann.) Impr,, luoirson. 



54 



LUQ 



LUS 



LUS 



Mes aini que faille da jor la luoison, 
Orront novelles dont seront en friçon. 

(Otinel, 31, A. P.) 

lupardel, - tel, - iau, lupp tJ s. m., 
petit léopard : 

Un gobelet d'argent a trois lupardeaux 
dores. (1245, Reg. aux test., Arch. mun. 
Douai.) 

D'un sarais vermeil noble et chier 
Semés de lupardiaus d'or fin. 

(Couci, 1894, Crapeïet.) 

Sage sont qui s'en wardent,cbe sont tout luparâiel. 
(Gillon le Moisit, Poés,, II, 186, Kerv.) 

Une lampe d'argent esmaillee assise sur 
luppardiaux. {Test, chirog. du 10 fév. 1394, 
Arch. mun. Douai.) 

Trois hanaps d'argent assis sur trois 
lupardeaux, (U33, Reg. aux lest, Arch. 
mun. Douai.) 

lupardin, adj., de léopard ; de la fa- 
mille des rois d'Angleterre qui ont un léo- 
pard dans leurs armes : 

Aneessïon et succession lupardine. {Prol. 
sur la totalle recollation des sept vol. des 
anc. et nouv. cron, d'Anglet.. Brit. Mus. 
Reg., 15 E. IV.) 

Le sang leonique et lupardin. (Ib) 

lupart, s. m., vase portant la figure 
d'un léopard : 

Du baulme fin de nostre saincte vigne, 
ung bel lupart, trois escuelles de pource- 
Iaine. (Mathieu d'Escouchy, Chron., I. 
124, Soc. de TH. de Fr.) 

lupege, voir Lupoge. 

LUPERNE, VOir LUBKRNE. 

1. lupin, voir Loupin. 

2. lupin, s. m., ternie de médecine, 
défini dans l'ex. suiv. : 

lupins ce sont neux qui viennent es 
paupières et es autres parties du corps de 
matière fleumatique. (B. DE Gord., Prat, 
I, 19, éd. 1493.) 

LUPINELLE, VOir LOPINELLE. 

lupoge, lupege, s. f., oiseau, espèce de 
huppe : 

Huppe, putput, lupoge. (Bklûn, Porlr. 
d'oys., f° 72 r°, éd. 1557.) 

Lupege : f. The whoope, or dung-hill 
cock. (Cotgr., éd. 1611.) 

Lupoge, as Lupege. (Id.) 

LUPOSCHE, VOir LlVESCHE. 

luppin, voir Loupin. 

1. luquet, lucquet, s. m., lucarne : 

Les entreprendeurs seront tenus de faire 
pour la première estaige deux huysseries 
avecq deux lucquet pojir donner veue au 
celier. (Pièce de 1593, ap. Houdoy, Halle 
éckevinale de Lille, p. 106.) 

Tout les pieds droits, tant des deux huis- 
series, lucquet et fenestres porteront mol- 
lures. (Jft.,p. 107.) 

Ung aultre cassy pour le ni* estaige 

se fera de cincq formes de fenestres et 

cincq luquelz Deux aultres cassis pour 

le pignon, Tun de quatre fenestre et quatre 
lucques ; et l'autre de deux fenestres bas- 



tardes. (1612, Reg. Journ. des Prévols et 
jures [15624617], Arch Tovirnay.) 

2. luqukt, voir Loquet. 

luquier, v. n., regarder : 
A uq costeit visât, par la citçit luquoit. 
(Jeh. des Preis, Geste de Liège, II, 2664, Scheler, 

Gloss, philoL) 

Wall., Hainaut, louqui, regarder. Liège, 
louquê. Bessin, luquier, regarder avec per- 
sistance. Val de Saire, Manche, lurquier. 

lurade (à), adv., furtivement : 

Fait monlt grant honte a li hons Dt5 
Quant il i entre a luradé. 
(Gaut. de Cornet, Ste Léocade, 861, ap. Méon, 
Fabl., I, 298.) 

lurde, voir Lourde. 

lureau, s. m. Un lureau, dit M. Cb 
Nisard (Cur. de l'élym. fr. t p. 78), était 
proprement un bon compagnon, qui avait 
son couvert mis partout ailleurs que chez 
lui, vivait de repues franches, trompait 
les femmes, volait les marchands, un fri- 
pon enfin, maître en l'art de la pince et 
du croc : 

Avoir des gens qui portassent corbeilles, 
Barriz, flascons, pincernes ou bouteilles, 
Faire semblant de vouloir tout tuer, 
Sans rien frapper, mats les destituer 
Tant seulem ut des bribbes et lorreaux, 
Pour le soupper des compagnons Iweaux. 
(BoukDiGNÉ, Lég. de Faifea, en. nu, Jouaust, 
p. 5t.) 

lurelle, lurielle, s. t., lange, linceul : 

Cist lo conoist lai ou il (J.-C.) est clofi- 

chîez de clos ; cil lo couoissent lai ou il est 

envolepeiz en lurelles. (S. Behn., Serra., 

Richel. 24768, f» 82 r°.) 

On donne .x. s. a ung povre homme qui 
garde ung enfant trouvé pour avoir des 
lurielles pour ledit enfant. (1483, Dépenses 
faites par la ville de Lille pour les enfants 
trouvés, Arch. mun, Lille.) 

Pour chincq laignerons et lurelles, lin- 
ceuls pour faire lurelles, chemises et 
autres choses. (1493, ib.) 

.ni. coucques de lurelles, (1515, Lille, 
ap, La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 
Quatre couches de lurelles, (1521, ib,) 
Lorraine, lurelle, braie, linge dont on 
enveloppe le derrière des enfants : Mettre 
des lurelles à un enfant, le charger de 
lurelles. Il y avait à Metz, Chaude lurelle 
rue, Chaulurelle rue. 

lurement, s. m,, sorte de fll ; 

Il est défendu a tous ciergiers ou autres 
de se servir pour la fabrique des flam- 
beaux, cierges ou autres ouvrages de leur 
profession, d'autre chose que de la cire 
pure, pas même pour fricasser les mei- 
ches, qui seront de filet nommé lurement, 
ou de cotton, et non de chanvre cru, bien 
proportionnées a la cire dont elles seront 
couvertes, (Ord. des arts et met. de Be- 
sançon, Ord. des apoticaires, xxix.) 

lurielle, voir Lurelle. 

lurier, voir Loutrier. 

1. lus, luz, s. i,, lumière : 



Morir m'estuet de desplaisir, 
De vivre plus pas non donroie 
Le valiment d'une coroie 
Qant ai perduz ma clere luz, 
Ma puissance et ma vertuz. 
(Hercule et Phileminis^ Richel. 82i, f° 4\) 

2. lus, luz, lux, luis, lau$ t luetz, s. m,, 
sorte de brochet : 

Mes ne cuidiei pas que il ait 
Lux ne lamproie ne saumon. 

(Perçev&l, ms. Montp. H 249, f» 41 -.) 
Et de grans lus et de saumons. 

(Porten., 10559, Crapeïet.) 
Eles me mangeront plus tost crue que cuite, 
Tout aussi volontiers com li lus fait la truite. 
(Berte, 926, Scheler.) 

Saumons et lus, pierkes, plays. 

(Richars U biaus, ms. Turin, f° 132 a .) 
A mois paste lus chie leine. 
(Prov, del Vilain, ap. Ler. de Liacy, Prov., 
p. 460.) 

Du poisson qui est nommez lus 
Leur dirai la nature et Tus. 
Quant on l'a mis en un vivier, 
Moult desport le traevent et fier 
Autre poisson, qu'il les dôveure. 
(J. de Condé, Dis des Lus el des bêches, 27, 
Scheler.) 

Hic lucius, hic lupus aquaticus, luz. 
(Gloss. de Glasgow, P. Meyer.) 

On treuve bien en Vezeneuf 

Povre, saffran et aultre espice, 

Soie, landel, draip d'or tous gaeus ; 

A Porsaillis compe et calice ; 

Vers SaincUMartia penne et pelice ; 

En Cliambiero les montigneus 

Et les grans lus, quoy que nulz die. 
(Guerre de Metz, st. 12", E. de Bouteillier.) 
Des rivières mangies les luus et les 
bresraes. (Dialog. fr.*flam„ f» 5% Miche- 
lant.) 

Pour deux gros luz qui furent présentés 
au receveur .xxvi. s. (An 1396, ms. du 
Poitou.) 

Deux gros bars et ung gros lux. [CompL 
de J. Boileve, 1406*1408, Commune, des* 
pense commune, Arch. mun. Orléans.) 

Un grans lus et deux galons de vin. 
(Compte de G, Desch., 1428-29, Arch, S.- 
inf., G 30.) 

.l. cras moutons, .m. cras boes, .xn. 
lus. (Chron. des Pays-Bas, de France, etc., 
Rec, des Chr. de Fland., t. m, p. 244.) 

Luctz et querpes. (Mar. d'Â. de Foix, 
f'4.) 

Luz, lamproie , carpe , saulmon ne 
quelque autre poisson. (Perceval. f° 34 d , 
éd. 1530.) 

— Il y avait une différence entre le 
lus et le brochet : 

Se vos volez fere galentine a luis. (Ens. 
p. apareil. viand., Richel. 1. 7131, f° 100*.) 
Plus bas, brochet. 

Taillevent aussi, dans son chapitre des 
poissons d'eau douce,après avoir parlé des 
luis cuis en eaue, parle du brochet rosti. 

Guernesey, lu, espèce de poisson. 

3. lus, voir Los, 

4. lus, voir Le. 

1. lusel, voir Luobl. 

2. lusel., voir Luisbl. 



LUS 



LUT 



LUX 



55 



LUSERNE, VOir LulSKRNE. 

lusetb, s. /., ver luisant ? 

Avint que au singes mistrent busche sus 
une lusete, car eles cuidoient que ce fust 
feu. Si Bouffloient celé busche pour alumer 
le feu. Sus .1. arbre esloit ,i. papegaut qui 
disoit aus singes que ce que il souffloient 
n'estoit paB feu, et Jes singes n'escouloient 
point ses paroles. {Evast et Blaq., Richel. 
24402, f 8 39 v».) 

lusieb, voir Luisier. 

LUSIRIOUSEMENT, VOÎr LUXURIFUSE- 
MENT. 

lussel, voir Luissel. 
lusseron, s. m,, mèche, lumignon : 
Le suppliant getta une lumière qu'il te- 
noit en sa main, ou il avoit de l'uille et 
une mesche ardant.., et cbeut le lusseron 
qui estoit soubz laditte lumière a terre. 
(1419, Arch. M 471, pièce 465.) 

LUSTAMEZ, S. m. ? 

Et fu moult bien d'un mantel affublez, 
Pêne i ot ermine covert d'un lustamez. 
Onques ne fa né loi&suss ne filez, 
D'or et de soie a merveilles ovrez. 
(Hbbb. Leduc, Foulq. de Candie, ms. Brui., 
f« 137 r fl .) 

lustrateur, s. m., purificateur: 
Apulée l'a nommé (Hercule) lustrateur 

du monde, purgateur des bestes féroces. 

(Guill. nu CnouMe la Belig.desÂ7ic.Bom, t 

p. 193, éd. 4581.) 

lustre, s. m., endroit où un cerf se 
baigne : 

Mai» qui a plus grant déduit tire (le cerf) 

De ses lustres le fait lever, 

Combien qu'il lui doye grever, 

Car la mourroit il volontiers. 

(J. Le Fbvre, la Vieille, 1. I, v. 91 G, Cocheris.) 

— Lustration : 

Le lustre, c'est la purgatjon de la cité, 
lequel se continuoit de chine ans en .v. 
ans par sacrifices. (Fossetier, Cron. Marg^ 
ms. Brux. 40542, X, i, 40.) 

lustrer, v. a., purifier : 

Et ha l'en rendu grâces aux Tusculains, 
et ha esté le Capitule purgié et lustré, c'est 
a dire reconcilié. (Bersuire, T. Liv., ms. 
Ste-Gen.,f°54 b .) 

Quant ilz furent tous assemblez, il les 
nombra par parties et puis fut mis le 
nombre ensemble, et puis le lustra, c'est 
a dire purga par sacrifice, car il sacrifia 
pour la purgation de eulx une truye, une 
brebis et trois tors. (Sym. de Hesdin, Trad. 
de Val Max., f» 483 e , éd. 4485.) 

Laquelle chose fut réputée a signe et a 
prodige. Et pource l'en a lustré et purifié 
le Capitole par certains sacrifices. (Prem. 
Vol. des grans dec. de TiL Liv.> f° 50 v , 
éd. 4530.) 

lustreux, adj., brillait : 

Lustreux : Lustrous, radiant, shining, 
glistening, glistering, glittering. (Cotgr., 
èd, 1641.) 

11 se disait encore au xvin e siècle. On lit 
dans le Dictionnaire de Commerce deSavary 
des Bruslons ; 



Lustreux, ce qui est brillant, ce qui a du 
lustre. Il se dit particulièrement des étoiles. 
Le satin est le plus lustreux de toutes les 
étoffes de soie. 

lusur, voir Luison. 

4, lut, s. m., sorte de bois : 
Table de cipres, table de bois de lut. 
(Jun., Nomencl., p. 470, éd. 4577.) 

2. lut, luct,s, m., boue, terre à potier : 

Comme le lut qu'ung potier 

Torne a qnanque est de son mestier. 

(Nature à l'alchimiste, 181, Méon.) 
Tant que ladicte paste ou terre et luct 
soit cuite, (Jard. de santé, I, 454, impr. la 
Minerve.) 

3. lut, voir Lkut. 

lutation, s. f., enduit de boue : 

Et faut laisser sécher cette lutation avant 
que commencer l'affaire. (Trésor de Evo- 
nime t p. 253, éd. 1555.) 

Autres composent la lutation qu'ilz ap- 
pellent lut de sapience. (lb>, p. 65.) 

lutê, lucté, adj., boueux, enduit de 
boue : 

Prenes ung chaton et le mettes en une 
olle en ung four fort couverte et l'oulle 
lutee et le laisses ardoir tant que on le 
puisse pulvériser. (B. de Gord., Pratiq., 
IT, 24, éd. 1495.) 

L'eaue devient incontinent trouble et 
luctee. (Du Fouilhoux, Orig. des font., 
p. 63, éd. 1592.) 

luteé, - et, part., purifié : 

E flum Jorda lavet e luteet. 

(Sponsus, 18, Kûscbwtx.) 

lutel, luttel, luteaUj s. m., p.-ê. dim. 
de lui, boue, dans un nom de lieu : 

(Lesquelles terres) siéent auprès le 
masun dou Luliel. (1254, Le Luteau,Arcb. 
S 4967, suppl. n°14.) 

lutenaire, s. m., joueur de luth : 

Et pour mener quelque solas, 

Faictea jouer le lutenaire. 
(N. de la Chesnaye, Comâamn. de Banquet, 
p. 300, Jacob.) 

luteus, adj., boueux : 

Humidité oinctuose et visqueuse, et non 
pas iaveuse ne luteuse ne bôeuse. (Evrart 
de Conty, Probl. d'Arist.j Richel. 210, 
f° 92 d .) 

Si la vigne est luteuse et en bourbier, il 
se faut bien garder d'y labourer au cœur 
du jour. (Du Pinet, Pline, XVII, 22, éd. 
1566.) 

Terre. Luteuse. (La Porte, Epith,, éd. 
1571.) 

luthon, voir Luiton. 

lutineux, adj.j boueux : 

L'ambre jaune ou blanc attire le fétu et 
la paille, a cause de son humeur gras et 
lutineux. (G. Bouchkt, Serees, IV, Rouen 
1635.) 

lutir, - iz t s. m., boue, argile : 
La mousse, les drappeaux, ou escorces 
de saule pour torquer et barder l'ente par 
sus le lutiz. (LlEBAULT, Mais, rust., p. 442, 
éd. 1597.) 



luton, voir Luiton. 

LUTTEL, VOIT LUTEL. 

lutter, v. n., jouer du luth : 

Ryme, raille, cymballe, luttes, 
Comme fok, faintis, eshontez. 
(Villon, Grant Test., Bail, de la bonne doctr., 
Jouaust, p. 107.) 

luttre, v. n., lutter : 

Depus qe je dey luttre ou juer malgré 
mien, je jueroy ou vus en la mnnere qe 
j'ay apris. (Hist. de Foulques Fitz Warin, 
Nouv. fr. du xiv 8 s., p. 86.) 

luus, voir Lus. 

lu ver, voir Lovier. 

LUVESCHE, VOÎr LlVESCHE. 

luwïer, voir Loier. 
lux, voir Lus. 

luxel, voir Luissel. 

LUXÏNE, S. f. ? 

Ilz ne mangèrent que pain d'orge presty 
de luxine. (Girart de Bossilton, ms. de 
Beaune, éd. L. de Montille, p. 189.) 

luxuriable, adj., luxurieux ; 
Vieulz sommes et non convenables 
Aux ômbracemenls luxuriables. 
(J. Le Fevrk, la Vieille, 1. II, t. 3371,Cocheris.) 
Lubricus, ca, cum, estrillable, ou glis- 
sable, ou luxuriable. (Vûô. lat.-fr,, 1487.) 

luxurial, adj., de débauche : 

Et vous gardez des faiz luxuriaux . 
(Eust. Desch., Poés., Richel. 840, f° 351 a .) 

luxurier, verbe. 

— Neutr., s'adonner à la luxure, à la 
débauche : 

Les chastes cuers point et encite 

Jor et nait a luxurier. 

(G. de Cqihci, Jf»i\, ms. Brux., f°H8 b .) 

Luxurïo, luxurier. (Gloss. l-fr. t ms- 
Montp. H 110, f" 169 r°.) 

Quand ilz y ont beaucoup tuxurié et fait 
maintes folies. (La Mer des hystoir t i, 
f° 445*, éd. 4488.) 

Trouveurs de nouvelles manières de 
luxurier. (Boccace, Nobles malh. y VII, 3, 
f° 471 y\ éd. 1545.) 

Qui dormez es Hz pares et tendus et qui 

luxuriez en vos luxures. (P. Ferget, Mi~ 

rouer de la vie hum. y f° 164 v% éd, 4482.) 

Car quant elles auront eu désir de 
luxurier contre Christ, elles se veullent 
marier. (LepeêVRe d'EstAples , Bible , 
4" epit. àTimothee, ch. 5, éd. 1530.) 

— Act, exercer la luxure sur : 
Vieillart enclin a luxure et qui convoi- 

toyes luxurier les femmes. (BocCACE,iVoMes 
malh., VII, 3,' f° 173 r°, éd. 1545.) 

™ Neutr., être luxuriant, se propager 
rapidement : 

S'il n'estoit cueilly continuellement (le 
champ) il est de si grant gresse qu'il 
luxuriroit et porteroit estranges fruietz et 
bastars. (Frère Nicole, Trad. du Liv. des 
Prouflitz champ, de P. des Crescens, f ô 45 r°, 
éd. 4546.) 

Qui les semé meures elles luxurient et 



56 



LUY 



LYM 



LYV 



font bastardie d'estranges herbes. (1d,, ib. t 
f 24 v.) 

En ces isles de Madère luxurient si 
abondanment les herbes et arbres, et les 
fruits a semblable, qu'ils sont contrains en 
conpper et brusler une partie. (Thevet, 
Singul. de la Fr. ant. y c. ix, éd. 1558.) 

luxurieusement, - eusment, - ouse- 
rnent, lusiriousement, adv., luxueusement, 
gourman dément : 

Vivre lusiriousement. {Institut es, Richel. 
1064, 1* 73 e .) 

Vivre luxurieusment. {Coût, de Norm., 
ms. Ste-Gen., f* 2, Marnier, p. il.) 

Mangier luxurieusement. {Bib. fttsf.,Maz* 
532, f° 2I5*\) 

En viyant luxurieusement, (Bible, Maz. 
684, f° 273*.) 

Se aucun frère... enporte monoie de la 
maison et il la despent luxurieusement 
(Règle del hospit., Richel. 1978, f° 133 r°.) 

Trop luxurieusement 

Es pris. 

(Vie S. Magloire, An. SI 22, f° KS t«.) 

Superfluement et luxurieusement men- 
gier. (Gl. gall.-lat, Richel. 1. 7684.) 

Les hommes Tie désordonnée 
M&inent luxuriememenl* 

(Mut. du viel Test., 5454, A. T.) 

Les ministres de la maison de Dieu 
substrayent du temple or et argent... et 
les despendent luxurieusement. (P.Fkrget, 
Miroiter de la vie humaine, f° 168 r* éd. 
1482.) 

LUXURIEUSMENT , VOir LUXUBIEUSE- 

MRNT. 

luxuriositê, s. f., luxure, débauche: 

Acomplir sa libidineuse luxuriosité. 
(Fossktier, Cron. Jfarff.,ms,Brux. 10511, 
VI, ir, 4.) 

Se UDg prince anjti qaiert luxuriante. 
(Contredictt de Songecreux, f° 155 r°, éd. 1530.) 

LUXURIOUSEMENT, VOÎr LUXTTBIEUSE- 
MENT. 

nn% voir Le. ■ 



luyer, voir Loier. 

LUYSEUR, VOirLTJISOR. 

luyte, s. f., botte ? 

Deux luytes de loien de sacq pour faire 
les tentes de la nef de l'église a la Pen- 
tecôte. (1552, La Basséejûp.Lu Fons,G/oss. 
ms., Bibh Amiens.) 

LUYTTON, VOir LUITON, 

luz, voir Lus. 
lyais, voir Liois. 

lyceon, s. m., lycée : 

J'alloye un jour de l'Académie droict au 
Lyceon. (Despkr., Queste d'Amytié, OEuv.. 
p. 1, éd. 1544.) 

LYCORNETj VOÏr LlCORNET. 

lyé, voir Lié. 
lyege, voir Lige. 

1. lyement, voir Liemknt. 

2. lyement, voir Lieement. 
lyen, voir Leun. 
lyens, voir Laiens. 

1. LYESSE, VOÎrLEECE. 

2. lyesse, voir Laisse, 
lyeure, voir Lieure. 
lyez, voir Liois. 

l/VOEMENT, VOir LlGEMENT. 

lylial, voir Hlial. 
lymace, voir Limace, 
lymbe, voir Limbe. 

1. LYMECHON, VOÎr LlMACON. 

2. LYMECHON, VOÏr LlMKCON, 
LYMEÇON, VOÎr LlMEÇON. 
LYMENDE, VOÎr LIMANDE. 



LYMENDER, VOÎr LlMANDKB, 
LYMER, VOÎr LlMKR. 
LYMEUX, VOir LïMEUX, 
LYMONNÉ, VOir LlMONÊ. 
LYMONNEL, VOÎr LlMONEL. 
LYMPHE, VOÎr LlMPHE. 
LYNCEE, VOÎr LlNCEE. 
LYNCELE, VOÎr LlNCELlï. 

lyne, voir Ligne. 

lynois, voir LlNUIS. 

LYNTJMFLE, VOir LlNOMPLE. 

LYOINE, S. f, ? 
Son escn fa moult fort, fet fa d'ane lyoine. 

(Gui de Nant., 1907, A. P.) 

lyois, voir Liois. 

lyoison, voir LlOISON. 

lyonage, voir Leunage. 

lyonique, voir Leonique. 

lys, voir Lis. 

lysahle, voir Lisable, 

lyscop, voir Lystol. 

lyseau, voir LlCEL. 

lystol, lyscop, hiscop, s. m. ? 

On luy doit pour le lystol des quarre- 
liers, pour pelés.,. (1440, Arch. P.-ae-Cal., 
S.-Bert.) 

Pro decimis de Wgh adeensandis et 
hiscop cum capellis roseis. (1447, ib.) 

Lyscop. (Bull, du Com.hist.,HI, Arcbéol,, 
p. 168 ) 

LYTARGE, VOir LlTARGE. 
LYTESTE, VOÎr LlETESTE. 
LYUMIGNON, VOÎr LUMIGNON. 

lyvre, voir Livre. 



MAC 



MAC 



MAC 



57 




ma, voir Mal. 

MAADKE, VOir MADRE. 
MAAONAN, VOIT MAIGNAN. 
MAAGNIER, VOir MESHAIGNIER 
MAAIGNE, VOir MESHAIN- 
MAAIGNIER, VOir MESHAIGNIER. 
M A AILLE, VOir MAILLE. 
MAAILLETE, VOÎr MAILLETE. 
MAAILLIERE, VOIT MAILL1ERE. 
MAAIN, VOir MESHAIN- 
MAAING, VOÎr MESHAIN. 

maais, voir Mais. 

MAAISTIRE, VOir MAESTIRE- 

maalete, voir Maillete, 

MAALLE, VOir MAILLE, 

maar, voir Mar. 

MABERIN, VOÎr MARBRIN. 

mabré, voir Marbré. 

MABREAU, VOir MARBREL. 
MABRER, VOÎr MARBRER. 
MABRT, VOir MARBRI. 
mabriau, voir MARBREL. 
mabrin, voir Marbrin. 
macain, maquain, adj,, ajoute à l'idée 
de sage : 

Sage est ceste jenz e macaigne. 
(Beh., Ducs de Norm., Il, 16036, Michel.) 

Trop estoit saiges et macain. 
(Io., Troies, Riche). 1610.) Var., maquainz. 
Autre var., Trop ert riches et de sens plains- 

MACACRIER, VOÎr MACECLIER. 

magale, voir Massacre. 
macaleb, voir Magtjelet, 

MACAXJT, VOirMAGAUT. 

maceclbrih* macheclerïe, macecrerie, 
macequêrie , machecrie , - ye, macheklie, 

t. v. 



masclerie, maiselerie, s f., boucherie, pro- 
fession de boucher : 

Le mestier de macheclerie. (1270, Beg. 
aux bans, Arch. S.-Omer AB.xvni, 16, 
ii° ÎS8.) 

ïmposicion de la fruîcterie etmai$e\lè]rie. 
(1360, Banc, du roi Jean, Arch. KK 10», 
f° 43 v°.) 

— Par extension, carnage : 

À leur braos nus font tel macheclerie 
Que de sanc est la terre vermillie. 

{Les Loh„ Richel. 4988, f° 174 r°.) 

La veissies fiere macheclerie. 

(/*., f° 227 r*\) 

Ains s'entrefierent par si grant aramie 
Que de leur cors font grant macheclerie. 

{Ib., f°252\) 

De nostre gent feist macequêrie. 
(Aleschans, 5352, ap, Jonck., Guill. d'Or.) 

A espees d'acier en font grant macheklie. 

(Chev. au cygne, Riche], 795, P 223 r°.) 

De Sarrazins font grant macecierie. 
(Adenf.t, Enfanc. Og., Ars. 3U2, f° 105 h ; 
Scheler, 5685^ 

El en font teil masclerie que li ruixelz 
î estoient par entre les loges de sanc et 
de cervelle si grant que li chival i estoient 
jusqu'elz argos. (S. Graal, Richel. 2458, 
f°320r°.) 

— Boucherie, lieu où l'on tue les ani- 
maux ; 

En la petite macecrerie. (1382-83, Compt. 
de la fabrique de S.-Pierre, Arch. Aube, 
G 1559, f°59r .} 

La rue de la Machecrie. (1532, Compt 
de S. -Ladre, p. 106, Hosp. Clerm.-s.-Oise.) 

Machecrye. {Ib., p. 107.) 

La rue appelée autrefois rue de ^Mache- 
crie à Clermont-sur-Oise senomme aujour- 
d'hui rue des Masqueriez. 11 y a à Alençon 
une rue des Marcheries. Des altérations 
différentes ont produit ces deux formes 
à des époques où macecierie était oublié. 

maceclier, macheclier, -yer, messe- 
clier, macecrier, macacrier, massecrier, 
marcheclier, marchecrier, maçhecrier, mas- 
crier, maskelier, macelier > machelier, mase- 
Uer^azelier.mataleir.meyseUer^ler.meys- 
sellier, meiselier^aiselUer, mazilier, mece- 
lier, maserier, s. m., boucher, charcutier: 



Màchecrier ert, sa char vendeit, 
( yVace, Hou, 3 e p., 10528, Àndresen.) Var. , 
machecliers, marchecriers. 

Forment le vont gabant cil chevalier, 
Et dames et puceles des haus soliers, 
Et cil riche borgois, cil macheclier. 

(AioU 1954, A, T.) 
Borgois et macheclier l'ont molt gabé, 
Des pomons de lor vakes l'ont il rué . 

{Ib., 2581.) 

Iluec truevent un macecrier 
Ou il acatent lor mangier. 
(Floir. et Biance/l-, 1033, 1* vers,, du Méril.) 

Sor bolengiers , sor maceclier s. (1240, 
Ch. de Ben. de Hooucort, S.-Aubert, Arch. 
Nord.) 

Uns macecriers saut avant etlefiert d'une 
hache et l'ocit, (Mén. DE REIMS, 222, 
Wailly.) 

Uns machecliers sali avant et le feri 
d'une hache a .il. mains. (Chron. de 
Bains, c. xvn, L. Paris.) 

Et est si vilainne l'injure. 
Que tant cum li escoillies dure, 
Tous jors mes procurra haine 
Au ma&iecrier et atainô. 

(Rose, t. III, p. 5ci8, Méon.) 

Nous vous mandons de par le maieur 
et les echevins d'Amiens qu'il ne soitnulz 
si hardis machecriers qui ait compagnie 
de marchandise de nulle beste a nul mà- 
checrier, se n'est de boeufz ou de vacques 
tant seulement, (1282, Bèglement de l'é- 
chevinage d*Àmiens pour la corporation 
des bouchers, ap. A.Thierry, Mon. inéd. du 
Tiers Etat, I, 243.) 

Il vint a Waurin pour akaler et trouvales 
macheliers de Lille et les salua. (Inv. de 
Rupelmonde, pièce 369, Arch. de la Flandre 
orientale.) 

Jehans Waflare le macecliers. {Ib.) 

Jakemes Ligous boulanghiers de Waurin 
dit que il vit que Sandras .Demouillier et 
autre macelier ae Doay estoient vernit au 
markiet a Vaurin. {Ib.) 

Et puis si dits que puis celui jour li 
maceclier targierent de venir a Waurin. 
(Ib.) 

Ly meysselliers qui font meysel ou mar- 
ctaié. (Coust. de Cholamont t Arch.P 1384.) 

Li meyssellier qui vent cher. (Ib.) 

Se massecriez vent char soufflée, il 
paiera .%. sols, (xiv - s., Ordonn. de la 
ville de Vaily, Arch. admin. de Reims, 
. t. 111, p. 488, Doc inéd;) 

8 



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MAC 



MAC 



MAC 



Que li meyseler soit tenu au cens. (1304, 
Franck, de Glairvaux, lvii, Arch. Clair- 
vaux.) 

Denis le mazeiier deus deniers d'une 
eschele. (1309, Arch. JJ 45, f° 89 r°.) 

Jehan Vaninaus mascrîers. (1326, Arch. 
JJ64, f°238 v\) 

Gerars li macheclyers. (1327, Cart. de 
GUise, Richel. 1. 17777, f* 210 v«.) 

Guicherdet de la Cauta, Peronet Dorera, 
meiseliers. (1352, Proc.-verb., Cart. mun. 
de Lyon, p. 456, Guigne.) 

Jaquemot Neyrot, Jean Doret dit Por- 
chet, meyseliers. (1355, ib. t p. 462.) 

Robert Mes$(diers. (1360, Rançondu roi 
Jean, Arch. KK 3% f 192 r°.) 

As machecliers pour le restor de l'assise 
dou raarkiet. {Compte de 1373, Arch. mun. 
Valencîennes.) 

Que les bouchiers ou maiselliers nous 
rendent annuelment la censé de quatre 
deniers. (Franck, de Monnet, trad. du xv's,. 
Ch. des compt.de Dijon, 122, Arch, Doubs.j 

Por nostre masaleir. (1410, Arch. Frib., 
1" Coll. de lois, n« 189, f° 53 v\) 

Le suppliant vendi icelles vaches a ung 
boucher ou ma&elier. (1454, Arch. JJ 191, 
pièce 95.) 

Gouverneur ou collecteur des maseriers. 
(1457, Arch. JJ 189, f« 69 v<\) 

Se uns masketier at acbateit porc ou 
vaiche ou buef por ochier. (J. de Sta- 
vblot, Chron.y p. 155, Borgnet.) 

— Bourreau : 

Eu la joie que elle ateot 
Au macacrier dist lieement : 
Amis, si te vient a' plaisir, 
Or fier, c'or en as bon loisir, 
Et cil la feri a l'espee. 
(Vie Ste Marg., ms. Chartres 620, PAT.) 

— Fém., macecliere, bouchère : 

Si tos iront por moi tout redoutant, 
Car je sui marche cliere, je tos créant, 

(Aiûl t 2699, A. T.) 

Nom propre. Masquelier. 

MACECRER1E, VOÎr MACECLBRIE. 
MAC ECRIER, VOÎr MACECLIER. 

macédonien (exception du), loi d'après 
laquelle un père n'est point responsable 
des dettes contractées par son fils : 

Filius familias ne se peut obliger, ne le 
père n'en sera point tenu de luy donner 
auctorité, mais aura recours a Yexception 
du macédonien, qui ne souffre pas que le 
père soit controinct pour la debte du fils, 
(Gr. Coût, de Fr. t III, 344, ap. Ste-Pal.) 

macefonde, maehef„ machf. } s. f., ma- 
chine de guerre pour jeter des pierres : 

De perdriaus, de mace fondes i avoit qui 
regiloient moût espeesement. (Guill. de 
Tyr, vm, 13, P. Paris.) 

Pierres meneurs leur gîtoit Ten assez a 
mace fondes et au s mains. (Id,, xin, 6.) 

Les aultres jetloient a ma chefon des gr an t 
plenté de pierres. (Hist, des Emp. s Ars. 
5089, f» 283 r\) 

A machfondes. (/&., m s. Valencîennes 
493.) 

macegref, s. m. f forme altérée de 
maceclier, boucher : 



Traytours, poysonnours, filloux de bur- 
ses, usurers, macegrefs achatauns et ven- 
dauns a escient chars embles. (Britton, 
Loix d'Anglet.,i° 71, ap. Ste-Pal.) 

maceis, - cy$, - is, -t, s. m., deuxième 
écorce de la muscade : 

La livre de safran, de noiz muguetes, de 
girofle, de citoal, de garigaut, de macis, 
etc. (Li Coul. des foires de Troies, li ton- 
neus d'avoir de pois, ms. Troyes 365.) 

Demi livre de macis. (1358, CompL de D. 
Collors i Aumale, p. H6.) 

.1. quarteron de maci. (Ib., p. 117.) 

Item demie livre de macis, 18 d . (1359, 
Comptes de Vargenterie, Douët d'Arcq, 
p. 206.) 

Macis, demie livre, 2 s. (lb., p. 217.) 

Maceys 3 4 livres, valent 12*. (16., p. 232.) 

Lentiscus est un arbre qui renthuille, et 
la racine est une espèce appellee macis. 
(Ménagier, I, p. 67, Biblioph. fr.) 

Macis, muscades, roirre, encens, 
Et toute estrange droguerie. 

(Mût. du Viel Testam., 17597, A. T.) 

Collyre faict avec demie once de tuthie, 
un quart d'once de matis qui est Pescorce 
de muscade. (Ol, db SeRR,, Th. d'agric. 
vin, 5, éd. 1805.) 

macel, voir Maisel. 

MACEL.IER, VOir MACECLIER. 
MACELÏN, VOÎr MaDERIN. 

macelle, s. f,, petite niasse : 

Tenoit sa main a sa macelle, son costé 
appuyé sur l'ung des piez du tabernacle, 
non pas qu'il dormist, mais bien mons- 
troit qu'il rust serf a tristesse. (PerceforesL 
vol. II, f» 42, éd. 1528.) 

magelote, -lotte, -rotte, mass., mach., 
s. L, petite masse, petite boule : 

La dame (restent coiement 
Taste a son cul isnelement, 
Si i a trové une crote 
Qui resamble une machelote 
Qui estoit plus grosse d'an pois, 
(Fablel de la Crote, Richel. 837, f°352 d ; Montai- 
glon et Raynaud, Fabl., III, 47.) 

S'a trovee une masser ote. 

(lb., Richel. 1193, f° 177 r<\) 

— Bâton terminé par une boule : 

Yceulx père et filz se mirent a défense 
de ce que il avoient, c'est assavoir le père, 
d'une petite macelotte dont il s'appuyoit 
sur le chemin. (1376, Arch. JJ 109. pièce 
125.) 

Ainsi que les dis enfans croissoient en- 
semble, icelluy suppliant frappa ledit Jehan 
d'une grosse ou masselote qu'il tenoit. 
(1397, Arch. JJ 152, pièce 253.) 

Icelui Robert frappa ledit Colin d'une 
machelote qu'il tenoit. (1401, Arch. JJ 156, 
pièce 453.) 

— Gros bout d'un bâton : 

De la macelotte ou teste dudit billart lui 
donna plusieurs coups. (1389, Arch. JJ138, 
pièce 63.) 

Masserottè : f. A wood-cleavers beetle ; 
also, the head, or but^end of a club, or 
beetle. (CoTGR-.éd. 1611.) 

Wall., makelote, massue; macque, ins- 



trument servant à briser le chanvre; 
pommeau ; bosse à la tête; têtard, petit 
de la grenouille; chabot têtard, sorte 
d'insecte qui court sur l'eau. Namur., id., 
et de plus, boule tenant à une queue, 
telle, par exemple, que le fruit du pla- 
tane. Hain,, id., grumeau. Rouchi, id-, gru- 
meau qui se trouve dans la bouillie lors- 
qu'elle n'a pas été bien délayée: morceau 
de sureau qu'on place au bout d'une flèche 
de jonc pour lui donner du poids. (Grand- 
gagnage, Dict. êtym. de la lang. wall.) 
Bourg., Yonne, Gollan, machelote, piège 
contenant un assommoir. 

MACEQUERIE, VOir MACECLBRIE. 

macequote, s. f., sorte d'instrumenl, 
de musique : 

Et granz estrnmenz orz et sales, 
Et cliquâtes et macequoles. 

(Fauvel, Richel. 146, f° 34 e .) 

macerable, adj., qui peut être ma- 
céré : 

Nous parlerons aussi en cest endroict 
d'aucunes drogues macerables ou destrem- 
pabies en vin. (Evon.. Trésor, c. xr, 
éd. 1553.) 

macerel, makeriel, s. m., rhume : 
II a souvent le makeriel. 
(A, Du Pont, Hotn. de Mahom. f 451, Michel.) 

Ceste herbe... seiche tes humeurs qui 
grievent au pis et font bien aler a chambre, 
et si garist du macerel, (Uv. de fisiq. t ms. 
Turin, f° 18 v*.) 

magereté, s. f., macération : 
Que la prison est faicte a seureté, 
Et non pour peine et pour macereté. 

(J. Bouchet, Opusc, p. 47.) 

MAGERIN, VOir MADKRIN. 

MACHACOLLER, VOir MACHECOLLBR. 

MACHACRE, VOir MASSACRE. 

MAGHANION, VOÎr ACHATION. 

mâche, s. f., meule : 

Comme j'eusse mis saisine en un préqui 
siet en finage de Rus, ouquel l'abbé et 
couvent d'Escurey ont et doivent avoir 
dous mâches de foin, chascun an pour l'a- 
mour que j'ai au dit couvent. (1300, Ch, de 
Joinv., ap. Duc, IV, 168, éd. Didot.) 

MACHECLERIE, VOÎ t' MaCKCLKRIK. 
MACHECLIER, VOÎr MACECLIER. 

MACHECOLEMENT,7nacftico/eme?i(, s. m., 
mâchicoulis : 

Sur ce avoit ung machicolement sauffi- 
samment garité. (Trahis.de France, Chron. 
belg., p. 194.) 

machecolie, machicolt$ t s. f., mâchi- 
coulis : 

Les murs de devers la terre sont très 
gros et hauts, et dessus y a barbacannes 
et machicolies, et au dehors faux murs et 
fossez. (J. CHAaTiER, Hist de Charles VI! t 
p. 272, éd. 1661.) 

MACHECOLLER,^coMter, maùhi^macha,, 
march. } v. a., garnir de mâchicoulis ; 



MAC 



MAC 



MAC 



59 



Machiùouler l'église de SI Michiel. (1388, 
Compt. mun. de Tours, p. 46, Delaville.) 

Fortes tours machicollees . (J. d'Arràs, 
Melus., p. 72, Bibl. elz.) 

Grosses tours machacollees tout autour. 
(Caum m Voy. d'Oullr., p. 27, La Grange.) 

Que le donjon soyt reppare et marchi* 
collé. (23 janv. 1438, Ord.du cap. yen. de 
Bresse, Compt, de la châtell. de Châtiil. en 
Doubs, H 7639.) 

Boulevarts crénelés et machecolles de 
bonne et suffisante matière. (1488, Proc. 
verb- de la nouv. enceinte d'Orléans, ap. Le 
Clerc de Douy, t. Il, f° 25 v\) 

MAGHEGRIE, VOIT MaCECLERIE. 
MAGHEGRIER, VOIT MaCECUER. 
MACMEFAIN, VOir MASCHEFAIN. 
MACHEFER, VOir MASCHEFER. 
MACHEFOIN, VOir MASCHKFAIN. 
MACHEFRAJN, VOÎr MASGHEFKEIN. 
MACHEKLIE, VOÎr MACECLERIE, 

macheler, maisseter, masseller, s. m., 
sorte d'ouvrage de maçonnerie : 

Se il leurplaist encores a faire une ven- 
taille ou deux avec ceuls qui sont devant 
ledit molin, faire les y porront si avant que 
le bonne qui y est mise se porte, sauf le 
voyerie pour aler et pour venir en manière 
acoustumee, et le masseller de pierre, celui 
au lez devers mon dit castel, retraire et 
rapporter sur mon dit heritaige tant que li 
uns desdiz ventaus ou li doy peussent avoir 
leur cours. (1339, Arch. JJ 72, f° 224 v°.) 

Les machelers du rivage couverts de 
plancques de gretz. (xv a s., Béthune, ap, 
La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Les machelers des puchots des fon- 
taines. (1b.) 
Les maisselers d'un pont. (1425, Lille, ib.) 

MACHELIER, VOir MàCECLIER. 

macheixet, - elet, mass., masc. t s. m., 
sorte d'ouvrage de maçonnerie : 

.XV. pies demasseles deseure le suel d'une 
part et d'autre. (Ch. de 1254, ap. Duc, II, 
164 e .) 

Pour le goulaut du molin paver et les 
machelles faire tous noefs. (1326, Revenus 
des terres de l'Art., Arch. KK 394, f« 44.) 

Pour remachonner les ventailes du vivier 
et les mascelles faire tous noefs. (Ib.) 

.XVI. rasieres de cauch pour faire les 
m'asselles dou vivier tous noefs. [Ib., f° 45.) 
Apres dois aulres pons de boisfist.... 
Sus masselles de pieler. 
(Jeu. des Prbis, Geste de Liège, 27389, Chron. 

belg.) 

MAGHELOTE, VOir MACELOTE. 



inerie, s. t., mécanique 



A carpenterie. 
y e r i e^-Uft-TfTTa' A m . 



me et a orfa- 



11, lbi 



mâcher, voir Maschkh, 

macherel, s. m., sorte de poisson : 
Megarus, macherel. {Gloss. du xn a s.,ms. 

de Tours, ap. Lèop. Delisle, Bibl. de VEc. 

desch^V sér., t.V, p. 328,) 



MACHERER, VOÏT MASCHURER. 

magherie, s. t., arrière-faix, placenta : 

Macherie est une peauchele en lequele 
li enfes est envelopes el ventre. (Bib. hist. y 
Maz. 533, f» 22 b .) 

macheron, s. m., sorte de pièce de 
bois: 

Les mâcherons de bacquets, a .in. d. 
(1501, Béthune, ap. La Fons, Gloss. ms. t 
Bibl. Amiens.) 

Cf. le moderne macaron. 

macheronerie , s. f., fortification 
composée de mâcherons : 

Conme icelle ville soit situé et assize sur 
la mer, et frappe deulx foys le jour aux 
mures et fortifications d'icelle ville, et ne 
se pouroit sousteiner sanz grans deffenses 
de boiz et de macheronerie, nommées ge- 
tee. (1421, De concessis villae de Dieppe, 
Rym., 2 e éd., X, 51.) 

machet, s. m., sorte de petit oiseau : 

Au tans que l'an va gibouer 
De l'esprevier ût del brachet 
Qui quiert l'aloe et le machet. 

(Cliget, Ci 30, Foersler.) 

Et puis après tu me prendras ("pour faire un pâté) 
UnQ douzaine d'alquetes 
Qu'environ les cailles me mettes. 
Et puis prendras de ces mâches 
Et dd ces petis oiseles. 

(Gace de la Bigne, dans le Ménagier de Paris, LI, 
186, note, Biblioph. fr.) 

machette, s. f., chouette ; 
Machette, f. Lechuza. (C. Oudin, 1660.) 

MACHEURE, VOÏr MaSCHEURE, 

MACHFONDE, VOir MaCEFONDE. 

MACHICOLEMENT , VOÎr MACHECOLE- 
MENT, 

MACHrcoLiE, voir MACHECOLIE. 

MACHICOL.LER, VOir MACHECOLLEB. 

machicop, s. m., mâchicoulis : 

Pour couronner, macbicouler l'église de 
St Miehiel de la Guierche, faire le plan- 
cher de la tour de la dicte église, faire 
.vi. machicops, plancheer et clorre la gué- 
rite. (1358, Compt. mun. de Tours, p. 46, 
Delaville.) 

machicot, macicot, maciquot, s. m.» 
officiel* d'église, inférieur aux bénéficiers, 
mais supérieur aux simples chantres à 
gage, et qui chantait des morceaux de 
plain-chant avec les enjolivements con- 
nus sous le nom de machicotage : 

Destitues .h. macicots de l'église Ste 
Croix. [Ch. du 14 août 1391, Hôp. gén. 
Orléans.) 

Item le lieu du Bouchet et les apparte- 
nances... chargé de deux maciquos, les- 
quels sont continuellement ou service a 
toutes les heures, et a chacun maciquot 
toutes les semaines .un. sols parisis. (1420, 
Déclaration des nouveaux acquests du Cha- 
pitre de S.-Agnan, ap. Le Clerc de Douy, 
t. Il, f° 26 r°, Arch. Loiret.) 

S'est dit jusqu'au xvn« s. : 

On appelle machicots dans l'Eglise de 



Paris six ou sept d'entre les chantres qui 
sont destinés pour faire par semaine la 
fonction de choristes les jours semi- 
doubles. (Mën., Dict. ètym.) 

machicoterïe, ma&sicoterie, s. f., bé- 
néfice de mach'icot. Il y avait au chapitre 
de Notre-Dame-la-Grande, à Poitiers, trois 
offices ou bénéfices appelés massicoteries. 
Ceux qui en étaient pourvus avaient au- 
trefois la garde des reliques et du trésor 
de l'église, faisaient l'aspergés aux pro- 
cessions et disaient chaque jour une messe 
de Beata ou de Requiem. Dans la suite, 
leur service se borna à faire l'aspersion 
de l'eau bénite les dimanches et à célé- 
brer chacun trois messes d'anniversaire 
pendant Tannée. Leur revenu était fort 
médiocre et ne consistait pour chacun 
qu'en 30 livres de gros, 7 livres de dis- 
tributions, 8 livres de processions et an- 
niversaires, et 8 seliers de froment que 
leur fournissait le chapitre à la condition 
de résider. Les trois massicoteries furent 
unies à la mense capitulaire par décret de 
i'évêque en date du 11 mars 1682. 

Consulter la Requête des Abbé et chanoines 
de N.-D. d ïêvêque, de 1681, pour obtenir 
l'union des trois massicoteries d la mense 
capitulaire, conservée aux Archives de la 
Vienne. 

MACH1GOULER, VOÎr MACHECOLLER. 

machiek, s. m. , serpette , couteau, 
couperet : 

Lui donna un coup sur la teste d'un 
cousteau, autrement appelé machier, (1482, 
Arch. JJ 207, pièce 289.) 

MACHIGNIER, VOir MESHAIGNIER. 

machixlon, voir MàSCHILLON, 

MAGHINAIGE, VOÎr MESCHINAGE. 

machinance, s. f., machination : 

Et toutesfois que le duc Charles par 
effect cecy veist et parceust bien, avoit 
merveilleusement le cuer fier et gros, et 
petit en soing et en peur de leur machi- 
nance. (G. Chastell., Chron. des D. de 
Bourg., IH, 198, Buchon.) 

MACHiNATiF, adj., intrigant : 

Il n'est pas machinatif ne convoiteux ne 
ambicieux. (Oresme, Politiq., 2* p., f° 7 a , 
éd. 1489.) 

maghinement, s. m., machination : 

Ceuls: de la cité ne mettoient nul remède 
contre tele manière de machinement, car 
toute leur espérance estoit en armes et 
en ardemeut. (Bersuire, T. Liv., ms. 
Ste-Gen., f* 380 a .) 

Comme sage guerroier, il redoubtoit les 
agues et les machinemens. (Chastellain, 
Chron., I, 284,Kerv.) 

Par leurs faulx machinemens. (Monstre- 
let, Chron,, I, 106, Soc. de l'H. de Fr.) 

machïneor, - eeur, ~eur t s. m., machi- 
nateur : 

Tous les machineurs d'iche. (Ch. de 1:247, 
Clerm., Kichel. 4663, f° 94 v°.) 



Machenerie est une forme de 
maçonnerie [err.] 



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MAC 



MAC 



MAC 



JVletias est celui qui a esté cause, ma- 
chnieeur et empreneeur de ceste bataille. 
(Bersuire, Tit, Liv. f ms. Ste-Geû., f* 18*- 

machinerie, s. f., machination : 

Durant lequel temps ilz ne pouvoient ne 
dévoient faire machineries contre la ma* 
jesté royalle de France. (N. Gilles, Ann., 
t. II, r»259r<>, éd, 1492.) 

machineux, adj., intrigant : 

Déclarons par ces présentes faux, traitre, 
mauvais, parjure, conspirateur et machi- 
neux. (Pièce de 1378, ap Martène, Anecd., 
t. I t c. 1530.) 

MACHINNIER, VOir MESHAIGNIER. 

machinoir, s. m., outil de cordonnier, 
donné par Ste-Pal., qui cite YHist. du 
Tkédt. franc,, p. 16 et 18 du t. IL 

mâchoire, s. f., meurtrissure : 

Du mal des mâchoires qui vient dedans 

le bec. (Du Fouilloux, Fauconnerie, f°22 a , 

ap. Ste-Pal.) 

machomiste, macom. , s. m., mu- 
sulman : 

Mackomisles. (xiv e s., ap. JU Fous, 
Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Et si estaient des mille plas de six 
Illfc d&nçans, bien deus&ent astre tristes, 
Car tous furent desloyauïx macomiile». 
(Oct. de S. Gel., $ej. d'honn., (° 64 r°, éd. 
1526.) 

Nous a montre que soq ire desseod 
Sar Machomet ei gnr ces Machomistes. 
(Gringore, Blaz. des Hereliq., I, 317, Bibl. elz.) 

machommetiste, macom., adj., maho- 
métan, musulman ; 

La secte macommetiste. (Le Maire, II" 
lustr., 1. III, f° 13 v°, éd. 1548.) 

La secte machommetiste. (lu., De la differ. 
des stismes*) 

machonnaigb, voir Maçcnage. 

MACHONNER, VOÎr MAÇONNER, 

machonnesse, s. f., ouvrière en ma- 
çonnerie : 

Jehenne le machonnesse. {LffihNoyon t a.p. 
La Fons, Gloss. ms. t Bibl. Amiens.) 

MACHOTER, VOÎr MASCHOTER. 
MACHRECIER, VOÎr MACECLIER. 
MACHUELE, VOIT MaODELE. 
MACHUETE, VOÎr MAÇUETE. 

machuhe, voir Mascheure, 

machurer, voir Maschurer. 

macicatïp, adj,, amaigrissant, dessé- 
chant : 

Habiter souvent aux femmes engendre 
fumées et vapeurs mctcicatives des tuniques 
des yeulx et des esperitz visifz. (Régime de 
$anÛ> f° 60 v°, Robinet.) 

1. MACÏCOT, s. m. ? 

De fin asur d'esmail et fin macicot. 
(Janv. 1587, Marché pour le maître-autel de 
S.'Germ. des Près t Arcb, de l'art franc, 
J1I, 141.) 



2. MAcrcoT, voir Machicot. 

macien, adj.? 

Pommes maciennes et aigres. (Frère Ni- 
cole, Trad. du Liv. des Prouffitz champ, de 
P. des Crescens, f° 3 r\ éd. 1516.) 

macilent, macillenl, - ente, maxillent, 
adj., maigre : 

Toutesfois on doit garder que on ne face 
pas ces choses yci eu corps maxillent, ou 
en vertu foible, mais en moult grant né- 
cessité et ainsi que en desesperacion. (B.DE 
GOrd., Pratiq., IV, 4, éd. 1495/) 

Il a regard aux hommes douloureux 
Mélancoliques, noirs, aussi macillentc*. 

{la Nef de santé, t° 48 r» j 

Il estoit novr de coulieur et exillié de 
habitude, mais une ame héroïque et très 
noble habitait en son noir, macillent et au- 
guste corps. (Bourgoing, Bat. jud., VU, 
4, éd. 1530.) 

Estoient revenuz macilens et jaunastres 
comme icteriques,(P. MART M |fler. des Isles, 
f» 79 v«, éd. 1632.) 

macinal, s. m., certaine mesure de 
terre : 

Item cope et demie de froment seur un 
macinal de tere. (1361, Arch. JJ 93, pièce 
69.) 

maciple, voir Mancipk. 

maciquot, voir Machicot. 

macir, voir Marcir. 

1. macis, voir Maceis. 

2. macis, voir Masseis. 

1. macle, s. f., châtaigne d'eau, trapa 
nalans : 

Tribulus est une herbe dont l'on n'a 
point es contrées de France, au moins du 
terrestre ; car l'aquatique est ce que -nous 
nommons macles ou chastaignez d'eau, 
(Belon, Singularité*, I, 18, éd. 1554.) 

Si Plustarque eust icy trinqué 

Comme nous, il n'eust révoqué 

En doute, pourquoy les oracles 

Sont en Delphes plus mats que matiez. 

(Rab., le Cinquiesme livre, ch. xlvi, éd. iï>64.) 

Macle est resté en Poitou pour désigner 
la châtaigne d'eau* 

2. macle, macque, s. f., maille d'un 
filet à pêcheur, d'une cotte de mailles : 

Nous voulons que tous les engiens des- 
quels l'en peschera et seront faita de fil, 
soient faits a nostre macle, c'est a savoir a 
la largeur d'un parisis. (1293, Ord, de Phi- 
lippe le Bel, ap. Duc, Macula 2.) 

Que nul ne ayt a porter, mectre ou bail? 
1er, pour pescher ledit barencq, aulcunes 
saignes qu'elles ne soient de la longueur 
de seize aulnes pour le mains, et trois cens 
macques de parfont. (1526, Ord., ïteg. des 
stat., p. 367, Arch. mua. Abbevillc; Mon. 
du Tiers Etat } lV, 371.) 

Avons défendu a toutes personnes de 
vendre ny user de rets, seynes et aplets 
pour les harens, si elles n'ont vingt aulnes 
de long pour 3imples, et trente huit pour 
doubles et soixante macles pour largeur. 
(Edit sur la jurid. de T amiral, le droit de 
prise, etc., mars 1684.) 

— Terme de blason désignant une espèce 



de losange percé à jour par le milieu. 
La maison de Rohan en portait dans ses 
armes, avec cette devise : Sine macula ; 

L'escu a la gauche chargé de sept macles. 
(Acte de 1298, Richel. Blancs-Mant. 73» 
300 v°.) • 

La famille de Bois Boeasel portoit d'her- 
mines au chef de gueulles chargé de trois 
macles d'or, et celle de Brehan, de gueulles 
a sept macles d'or. (Le BAun, flec, armor. de 
Bret., éd. 1633.) 

S'est dit en ce. sens jusqu'au xvin» s. : 
Le nom et les macles de Rohan ne res- 
semblaient en rien au nom ni aux armes 
de Bretagne. (St-Simon, cb. 166, p. 220, 
ed, 1842.) 

Pic, macque, maille. 

macle, adj., chargé de macles ; 

Le sceau d'Alain de Rohan est un homme 
armé a cheval, l'espee en la main droite, 
1 escu a la gauche chargé de sept macles. 
Le cheval maclê, avec ces paroles autour 
Sjgillum Alani... (Acle de 1298, Richel! 
Blancs-Manteaux 73 a , f" 300 v».)| 

Cf. Macle 2. 

macometique, voir Mahometiqtje. 
macomiste, voir Machomiste. 

MACOMMETISTE, voir MACHOMMETISTE.* 

maçonage, - onnage, - onnaige, mach,, 
mass. f masc, s. m., travail de maçon, 
maçonnerie, construction en maçonnerie ; 

Pour ce que il nuisoit a .i. maçonnage 
que lidiz Perrins faisoit en aon héritage. 
(1328, Compte aVOdart de Laigny, Arch. 
KK3»,fo 23 r d .) "' 

En machonnaige. {1339. Arch, JJ 72* 
f<>225ro.) 

Maçonnage de pierre de taille. (1368* 
Arch. S 74, pièce 7.) 

Sires, qui venlt faire aucun mtçonnàige 
Doit son rouloir aaz miçon* découvrir, 
Aux charpentiers parler du charpentage, 
Et aux couvreurs marchander du couvrir. 
(E. Desceamps, Pùêt. h Richel. 840, f° 304 r*,) 

Le roy monstra a l'empereur les beauls 
murs et maçonnages qu r il avoit fait au 
Louvre édifier. (Crist. de Pizan, Liv. des 
fais et bonnes meurs de Charles Y, 3' p., . 
cb. 42, Michaud.) 

Despencer pour massonnage, (1409-10, 
Compte de la fabrique de S.-Pierre. Arch, 
Aube G 1559, f° 125 r«.) 

Deux parois de fort masconnaige. IFlave 
Vegece, ÏV, 3.) 

Bourg., Yonne, Vassy-sous-PIsy, mace- 
nège. Wall., machonnage. 

maçoniere, s. f., édifice : 

Ung grant encencier d'or, a façon de 
maçoniere a six pignons, et est le pié de 
deseoubz a jour. (1380, Inv. de Cft.7, 244, 
Labarte.) 

maçonne, mas$. t adj. f, ;esquarre ma- 
çonne, équerre à l'usage des maçons : 

Il ne faut que provision de cordes, 
reigles, esquarres massonnes, et compas 
pour ceste besongne. (Elie Vinet et Ant. 
Mizaud, Mais, champestre, p. 126, éd. 1606.) 

maçonneis, - eiz,-ys s s. m,, bâtiment 



MAC 



MAC 



MAI) 



61 



Le grant maçonneit qui poise 
Fait tel poudrière aveuc la noise, 
Que l'en ne voit la endroit goule. 
(Gihart, Roy. lign, t t. I, p. 181, Buchon.) 

Maqonnys vindrent tôt entour. (Merlin t 
BriL Mus, Arund. 220.) 

maçonnement, mass , s. m,, maçonne- 
rie : 

Tous maçonnemens, reparacions... qu'il 
fera faire. (1344, Arch. S 62, pièce 2.J 

Et semble estrô fait tout nouvellement (ce cloitro,) 
Taat est fin blanc, et le maçonnement 
Et eus et hors fait joliemetit. 

(Chr. de Pis.,Poés. t Richel. 604, f° 73 ft .) 

Hz maçonnent leurs maisons au pendant 
de la montagne, usans de celle bricque 
jusques au plus nault comble des édifices ; 
dont le maçonnement est plus large entour 
le bas et se diminue peu a peu. (5. Curse, 
VI, 8, éd. 1534.) 

— Bâtiment : 

Eu hault assis son fondement 
Es toit, et son massonnement 
De tires pierres fait estoit. 
(Dkguilev., Trois Pèlerin*, f* 2 a , impr. Instit,) 

maçonner, mâchonner, v. a.., pris Ûg, 
au sens dé machiner ; 

Il bouta son seigneur en l'oreille et char- 
penta et mâchonna tant que le conte se 
desdit, (Froiss., Chron., XIV, 373, Kerv.) 

En maçonnant la mort du roy de Saint Denis. 
(Geste des ducs de Bourg., 401, Chron. belg.) 

— Fabriquer: 

Il fit maçonner et fabriquer lettres res- 
ponsives aux lettres dessus dites dudit duc 
d'Orléans bien longues. (Juv. des Urs., 
Hist. de Charles VJ, an UU, Michaud.) 

— Préparer, établir ; 

Quant no rédemption Trinités mâchonna 
(Gillon le Muisjt, Pôês., 1, 21 0, Kery.) 

— Appliquer : 

Se quelqu'un ung seul mot me sonne, 
J'ay bien cueur et hardy courage, 
Et sans qu'on le pille et rançonne, 
Que mon franc vouloir luy maçonne 
Ung coup ou deux sur le visage. 
(R. db Collehye, Monol. d'une Dame fort amoureuse 
d'ung sien amy, p. 76» Bibl. elx.) 

maçonneure, massonneure, s. f., ma- 
çonnerie : 

... Et leur demanda se possible seroit 
avec force de cyment et autres fortes 
massonneures estouper la voye d'entre les 
deux montaignes. (Orose, vol. I, f« 207 d , 
éd. 1491.) 

Grand nombre d'ouvrages de masson- 
neur[e], haultes columnes,le tout excellent 
et magnifique, (xvi' s., Trad. de Laclance, 
2* livre de la source d'erreur, p. 172.) 

MACONSILLIER, VOÎr MALCONSEILLÏEB. 

maçot, s, m., massue : 

Chascun fu du cheval a terre descendus, 
Les lances en lor poîns et au dos les escus, 
Et g'avoient cugnies a grans maços dessus, 

(C«v., du Ouesclin, 4519, Charrière.) 

1. macque. voir Màque. 

2. macque, voir Maglb. 

MACQtJËRELEUIEj YOÎr MAQUERELEhili, 



MACQl/ERELLTE, VOIT MaQUERELIB. 

MACQU1GNONNERIE, VOir MAQUIGNON- 
NERIE. 

MACRE, S. f.? 

Noi phisicjens s'en leur maere 
De teus herbes auques tro voient 
Tel largece pas n'en feroieat. 
(G. de Cornet, de l'Emper., Richel, 231 lî, 
f* 269 d .) 

No fisîcien spr lor maere 

Se teus herbes auques trovoient 

Tel largece pas ne feroient. 

(1d„ ib., ms. Brux., f° ISS*.) 

macrezk, voir Maigrece. 

macrocosme, s. m., le grand monde, 

l'ensemble des choses : 

Je congnois icy et confesse 
Que vous estes mère et maistresse (la Nature), 
Gouvernante du macrocosme 
Qui fut créé pour microcosme. 
(Jsh. db Meung, Resp. de l'Alchymiste a Nat., 
5, Méon.) 

L'aucteur de ses principes dit, 
Et raison pas ne le desdit, 
Que le monde a nom macrocosme, 
Et homme si est microcosme. 

(Fauvel, Richel. 146, f° 28 e .) 

macrole, - olle, - ouïe, s. f., ma- 
creuse, un des noms vulgaires de la grande 
foulque : 

Hairons, macrolles. (Enseig. p. apareilier 
tout. man. de viand., Bibl. de TEc. des 
Ch. f 5 e sér., I, 216.) 

Macroles. (Ib r ) 

Apres avoir parié des plongeons et de la 
poulie d'eau, voulons parler d'une autre 
manière de poulie d'eau différente a la 
susdicte, que les habitans de Normandie 
nomment macroule, et a Paris un diable 
de mer. (Bblon, Nat. des Oys., 3, xxvi, 
éd. 1553.) 

Les maerouies ou poules d'eau sont hup- 
pées. (Du Pinet, Pline, XI, 37, éd. 1566.) 

macroule, voir Macrole. 

magtabas, voir Mattabas. 

mactation, s. f., immolation : 

Les grandes maclalions de cent bœufs. 

(Guill. du Choux, de la Relig. des anc. 

Romains, p. 313, éd. 1581.) 

macter, v. a., immoler : 

Le porceau ou la truye... luy estant con- 
sacrée ou mactee (à Ceres). (Guill. du 
Choul, de la Relig. des anc. Romains, p. 144, 
éd. 1581.) 

maçuele, - elle, mass., mas., mach., 
mess., s. f., partie de la masse d'armes : 

Li rois Artus fiert si durement que il li 
fait voler sa masse d'armes en deus tron- 
çons par empres la maçuele de devant. 
{Artur, Richel. 337, f* 6b b .) 

— Petite massue, houlette : 
Tenoit une machuele entre ses poins. (S. 
Graal, Vat. Chr. 1687, f» 130 d .) 

Macueles et pipes. 
(Aucassin et Nicolelte, p. 25, Suchier.) 

La mensuelle ait levée 
Marot quant l'entendî. 
(Jaikes d'Amiens, Chans., ms. Berne 389, f° 89 r°.) 



La mas sue! le a levée. 

(Id., ïb., Bartsch, III, 49,37.) 
Maçuele et gibet. 
(L'Oustillement au Vilain, 90, Montaiglon et 
Raynaud, Fabl., Il, 1S1.) 

E fery de la masuele dont les clefs pen- 
dyrent un coup qu'a resoun ly grevereit 
pur sa fute. (Hist, de Foulques Fitz Warin, 
Nouv. fr. du xiv» s., p. 61.) 

maçuete, - elle, rnach., mass,, s. t., 
petite massue, houlette : 

Quant el chef ont le chaperon, 

E la panere e le baston 

E la verge e la maçuette 

Pendue al col, la turluette, 

Riens ne sembla sos cel roeins s;ig<j, 

Pastor de bois n'orne sauvage. 
(Ben., D. deNorm., II, 28530, Michel.) 

Cil vos voit, ribaut, 

J'aurai tel niket 

De sa massuette. 
(Pastourelle /, ms. Oif., Douce 308, P. Meyer, 
Arch. des Miss., 2 8 sér., V, 235.) 

De mon cheval desceudi 

Et li dix ; Deus vos sault, belle! 

Pastourelle, a vos m'afi 1 

Lors ait pris sa ma&suete, 

Au chien tire la cordelle. 

(Rom. et pa$t. t Bartsch, II, 4,13 

Es vos Robin ki vint tous esmarris 

Trainant sa massue le,, 

Escrie a la bergerete : 

Diva, t'a il atouchle. 
CL de Cambrai, Bartsch, Rom. et past., III, 
48,48.) 

En sa main une maçuete. 
(Goiaht, Roy. lign., 17667, W. el Dj 
Pour double de mort se mirent a def- 
fense, c'est assavoir Jehan Pourcel le père, 
d'une petite massuette qu'il portoit. (1376, 
Arch. JJ 109, pièce 289.) 

Et portera y comme brigant 
Mon arc et ma machuele. 

(MysL de Griselidis, C II, éd. 1832.) 

maculeux, adj v taché : 

Se la couleur du corps est rouge, fusque 
etmaculeuse, elle est de sang. (B. deGord., 
Pratiq.,1, 22, éd. 1495.) 

Ordure maculeuse. (Id., ib.) 

mad, voir Mat. 

madagloire, voir Màndegloire. 

madagogie, s. f . , sorte de magie ; 

Accusée de sortilège et de madagogie. 
(1385, S.-Quentin, ap. La Fons, Gloss. ms, } 
Bibl. Amiens.) 

MADAGOIRE, VOÎr MANDEGLOIRÉ. 

MADAISE [err.] 

MAPAissE, s, f., écheveau de fil, pelo- 
ton ; mot conservé sous la forme matasse, 
au sens technique de soie qui n'a pas 
encore été filée : 

Le suppliant et Raymond Jouquet... 
prindrent un pîaiu sac de blé, certaine 
quantité de fil, une hoye, geline, mappes, 
essuyé mains,... et eut ledit suppliant sa 
part dudit blé, mappes et madaises. (1454, 
Arch. JJ 182, pièce 130.) 

MADALAINNE,VOir MADELAINE. 
MADAL01GNE, Voir MADELAINE. 

madant, adj., humide, trempé, mouillé, 
coulant : 



62 



MM) 



MAD 



MAD 



Madant. Wet, raoîst ; flowing. (Cotgr., 
éd. 1611.) 

mad arche, s. L, sorte d'an imal : 
En la nostre tierre naissent H olifant et 
autres manières de biestes que tous n'avez 
mie, ki sont apielees uiorictore, madarche, 
thodomaire. (Lettre de Prestre Jehan, ap. 
Jub M Œuv. de Rttteb., II, 456.) 

MADDRE, VOÎr MàDRE. 

madefier, v. a., mouiller, humecter, 
mot conservé : 

Soit (ie vif argent) madefiê et estaint en 
celle eaue. (Modus ei Racio, !• 130 r°, ap. 
Ste-Pal.) 

Madefier. To ivet , moisten , liquifie. 
(Cotgr., éd. 16H.) 

Madefier, Hnuiedecer. (C. Ocdin, 1660.) 

MADEGLOIRE, VOIT MANDEGLOIRE. 
MADELAER, VOIT MADELÀRE. 

madklaine, - a\nne } - eine, - aigne, 
- egne, - eue, - enne, - oine, - oinne,- oi- 
gne, mada.^ magde., magda;, mase., maze., 
maza., mauze., s. f-, fête de sainte-Made 
leine, le 22 juillet : 

Nul talemeliers ne puet cuire le jour de 
la Magdeleine. (E. Boil., Liv. des mest., 
1* p., I, 27, Lespinasse et Bonnardot.) 

Londemain de la Mauzelaine. (1248, Ro- 
sières, I, 2, Arch. Meurthe.) 

Lou diraeinge après la Mauzelainne. (12 
juill. 1264, Ch. de Joinv., Richel. 1. 9035.) 

La feste de la Madeloine. (1269, Ch. du 
Ctede Viann., Ch, des compt. de Dole, 

T» 

— , Arch. Doubs.) 
325' 

Le jour de la Mazeleine. (1271, Compro- 
mis, Lebœuf, Hist. d'Auxerre, nouv. éd.) 

Apres la Magdeloigne. (Sam, ap. la Ma- 
del. 1286, Quiit.de laCh.de Dole, Arch. 
Doubs.) 

Magdalegne. {Ch. de 1286, S.-Wandrille, 
Arch, S.-lnf,) 

Madalegne. (Ib.) 

Le venredi devant la Mazeloinne. (1291, 
Arch. C.-d'Or, B 464.) 

Le sanbaidi devant la Mazelenne. (1291, 
Arch. mua. Besançon, reg, mun.l, f° 25 v*.) 

Le mardi devant le Madalainne. (1295, 
Arcb. muû. S,-Quentin, 1. I, n° 18.) 

Le mardi après la Mazeloinne, (1299, 
Arch. C.-d'Or, B 478.) 

Le mardi devant le Maselaine. (1301, 
Pet! reg. de cuir noir, f* 38 r», Arcb. 
Tournay.) 

Le jour de mardi devant la Magdaleine. 
(Ch, de 1308, Jumièg., HerLeauv., Arch. S,- 
Inf.) 

Lou jour de la Madaloigne. (Compte de 

1341, Ch. des compt.de Dole, — , Arch. 
Doubs.) 

— Sorte de monnaie : 

Alphonsiûs, rides, magdalenes. (1496, 
Inv. de Ch. d*Ori, Arcb. Charente.) 

— Faire la Madelaine, affecter le repen- 
tir, l'humilité ; 



Anemis a moult grant puissance 
Et tant set de la vielle dance 
Qa'a sa daace fait bien baler 
Cens qai plus d oit culdent aler ; 
Assez souvont guile et mesmaine 
Ceus qui plus font la Mazalaine ; 
Car un bevrage leur fait boire 
Qu'il dostrampe de vaine gloire. 
(G. de Coinci, Mir., ms. Soiss., f° I9 b .) 

madelare, madelaer, s. m., entremet- 
teur, médiateur, qui fait les affaires d'une 
succession, le gardien des effets d'une 
succession obérée : 

Le survivant ou la survivante peut avant 
tout autre et, après l'un ou l'autre d'eux, 
l'un des héritiers, estre establi médiateur 
ou madelaer, si ce n'estoit en cas d'oppo- 
sition. {Coût, de Bergh St Winox, Nouv. 
Coût, gén,, I, 533.) 

Es maisons mortuaires ou il y a beau- 
coup de debtes, tant actives que passives, 
de grandes recherches, on y commet per- 
sonnage appelle madelare, contre lequel 
on doit agir, et est tenu respondre aux 
demandes que 1 on fera et rendre compte 
de son administration. (1700 , Coût, du 
pays de V Aigle, Nouv. Coût. gén., I, 299 b ) 

MADELENIER, VOIT MAnERlNlKB. 
MADELïN^VOir MADEBIN. 
MADEL.INIER, VOir MADERINÏER. 
MADELOINE, voir MAT>ELAlNE + 

madel stede, s. m., terme de pra- 
tique : 

Le plus jeune fils tiendra la place du dé- 
funt, ce que l'on appelle madel stede, c'est 
a sçavoir cinq quartiers de terre et au 
dessous la ou la maison ou le manoir est 
situé, ensemble le principal manoir, au 
cas qu'il puisse récompenser les autres 
avec de pareils héritages, s'il y en a, ou 
en autres héritages, a 1 estimation des 
gens de partage.. . Nul n'est tenu de prendre 
ce droit s'il ne veut, (Coût, de Cassel, Nouv. 
Coût, gén., t, 1, p. 717».) 

MADERE, VOÎr MAURE. 
MADERER, VOlr MADRER. 

maderiN, madrin, maserin, mazerin> 
macerin, maizerin , madelin, magdelin, 
maselin, mazHin, macelin, manderin, adj M 
de madré : 

Il m'ont tolu et mon pain et mon vin, 
Mon couteïet, mon henap maztrin. 

(Les Loher., ma, Montp , f° 55 b .) 

Et mon cautel, mon henap maserin y 
(Gor. le Loh., V chans., x*ï, p* 79, P. Paris.) 

Ne cope d'or ne hennap maserin. 

(Ib., Ars. 3443, f° li 4 .) 

Ne gardeir robes ne hanas maserins. 
(Les Enfances Guillaume, Richel.' 1448, f° 69 r°.) 

— De bois : 

Et le pont manderins 

Trovat tôt avaleil. 
(Jeh. des Prbis, Geste de Liege^ 17517, Scheler, 
Gloss. philoL) 

— S. m., syn. de madré : 
Si lor aporte pain et vin 

A .t. hmap de mazerin. 

(Floriant, 6833, Michel.) 

— Sorte de coupe, de vase à boire : 



Desas ma table metes mon maôerin. 

(Les Loh.. ms. Montp., f° 138 4 .) 

Hanas et coupes el mainz bons maserinz. 

(lb. y Ara. 3U3, f 11 6 .) 

Henas et copes, maint riche maserin, 

(lb„ f* 14'.) 

Hainas et coupes et des chiera maizerins. 

(Ib., Richel. 19160, f 3".) 

Baillies le moi le vin. 

Gibers le prant, si li donnai iqui, 

Desor la lauble ferît le maserin 

(Girbert àe Metz, p. 51^, StengeU 

Est vrais et purs et entérina, 
Et nez plus que nu» mazerins. 
(G, de Coinci, Mir., ms. Soiss., f° 30'.) 

Le vin porto le roi dedens .i. maselin. 

(Guide tfanl., 214, A. P.) 

Très pordevaat Richier feri le macelin. 

(Ffcwi^.1044, A. P.) 

Cil prent touailles, cil baclns, 
Cil coupe d'or, cil madrins. 

(Alhis t ap. La borde, Emaux.) 

Nicoiete, flors de Us, 
Douce amie o le cler yis, 
Ping es doace que roisins 
Ne que soupe en maserin. 

(Aucassin et Nicolette, p. 15, Suchier.) 

Et aporterent estrelins, 
Hanas, coupes et maserins. 

(Mousk., Chron.f 21101, Reiff.) 

Donne moi por Dieu de ton vin, 
Envoie moi ton maielin, 
Sel fai verser en moa vessel. 
(Geff., .vu. Est. du monde, Richel. 1520, 
f tt 75 4 ,) 

Puis prent .1. riche maserin. 
{Ou Preitre et du Chevalier, Montaiglon et Ray- 
naud, Fabliat&s II, 75.) 

Le vin metoit es maserins, 
Puis le puisoit as pèlerins. 

(Mir. de S. Eloi, p, 29, Peigné.) 

Ou grant maaillie de vin, 
Treatout plein .t. graû madelin 
Qui bien vaudroit .n. bon? deniers. 
(De la Maaille, Jub., Joncteurs et Trouvères^ 
p. 103.) 

J'ai le poivre, j'ai le comin, 
J'ai fil d'argent a maielin. 
(D'un Mercier, ap. Crapelet, Proverbe et dict. 
popnl., p. 154.) 

E li dotia de son bon vin 
Trestuit raze un mazelin. 

(Vie dupap, Grèg., p. 89, Luzarchs.) 

Apres li done de son vin 
Trestot rase ,i. maserin. 

{ïb„ Ars 3557, f° 166 e .) 

Marchans et vendeurs de magdehns, soit 
magdeliniers ou autres paieront pour 
chascune begne de hennaps de madré... 
(Reg. Pater, T° 253 b , ap. Duc, Madreli- 
mrim.) 

Ains bevoient cervolsû a ces grang maserins. 
(Jeh. des Preis, Geste de Liège, 35236, Scheler, 

Gbss. philol.) 

madBîhïnieRj madrenier, madrinier, 
madrelinier i rnadelenier, madelinier, made- 
linnier, magdelinier, mandelinier, mazeri- 
nier, mazelinier, mazelinnier, s. m., fabri- 
cant de vases à boire appelés maderins, 
etc. Il y avait cinq de ces ouvriers à Paris, 
en i292 : 

Mazelinniers t madelinniers. [Voc, des 
mesL, ap. Géraud, Paris sous PÀ. le Bel) 



MAD 

Marchans et vendeurs de magdelins, soit 
magdeliniers ou autres paieront pourchas- 
cune begne de hennaps de madré... (Beg. 
Pater de la Ch. des compt. de Paris, r* 253 b , 
ap. Duc, Madrelinerius.) 

Pierre le mazerinier. {Beg. cueill. du 
Temple, Arch. MM 128, f* 109 r*.) 

A Giefiroy le mazeUnier pour la bor- 
deure d'argent de 3 henaps et pour la 
façon. (1327, Arch. hospit. de Paris, II, 167, 
Bordier.) 

A Robert de Susay, madelinier, demeu- 
rant a Paris, pour six hanaps couvers, de 
fin madré blanc, achètes de lui le iv 8 jour 
d'octobre. (1390, Comptes royaux, ap. La- 
borde, Emaux,) 

Dans un compte de 1392 on trouve un 
henapier qui raccommode des hanaps, et 
un mandelinier qui en Tend. (Arch. K 23, 
f° 102\) 

— Officier chargé de la garde des made- 
rins. Il y avait un maderinier sur tous les 
états des officiers domestiques du roi : 

Le madrenier, .vl den, par jour, une 
provende d'aveine, ,i. valet pour lui et 
,n. autres pour les hanas et les voirres 
querre et porter. (1261, Orden. de l'osl. le 
rùy, Arch. JJ 57, f" 21 r<\) 

Le maderinier. (1316, ib., f° 38 r°.) 

Le mazerinier mengera a court, et doit 
recueillir et garder les hanas d'argent. (Ib , 
f 3 5iv°.) 

Il y aura un madrinter qui servira de 
voires et de hanaps et aura .m. deniers de 
Sages par jour pour toutes choses. (1317, 
ib.) 

madeur, s. f., humidité : 

Elle (la fièvre) se faict par l'expiration 
et evaporation incongneue aux sens, ou 
par madeurs et sueurs bénignes. (Lovs 
Guyon, le Miroir de la beauté, 11, 124, 
éd, 1615.) 

MADGNYE, VOÎr MESNIEE. 

madia, juron, mot corrompu de si 
m'aist DieuSy maidieu : 

Ma Dia je ne yeulx par ce inférer qu'elle 
ne monstre... diminution ou accroissement 
de sa clarté. (Rab.. Pantagrueline prognos- 
tication, ch. vu, éd. 1553.) 

Ulisses retourna il quérir son espee en 
la caverne du cyclope ? madia non. (Id., 
le Cinquiesme livre, ch. xv , éd. 1564.) 

Selon Le Duchat (Àlpkab. de Bab,), ma 
dia était un serment usité dans le Mainç, 
la Touraine et le Poitou. 

Cf. Aidier. 

madian, adj., de la ville de Médéah 

Li très estoit ouvres d'nn paile madian. 
(Chans. d'Antioche, ch. vin, 1002, P. Paris.) 

MADIERE, VOIT MAIERE. 

MADLARDE, VOÎr MALARDE. 

madouhre, madoure, modourre, mo- 
durre, adj.^ grossier, stupide, maladroit, 
maroufle : 

Ung Lychaon patepelue, ung modourre 
Cocytus de la Toscane. (Rab., le Tiers livre, 
ch.xn, éd. 1552.) Var., modurre, (Éd. 1553.) 

Madoure : m. A dull, or sencelesse fog- 
gar.hcad. (Cotgr., éd. 1611.) 



MAD 

madourré, adj., syn. de madourre: 
Par le corbieu Hespaignc se rendra, car 

cène sont que madourrez, (Rab.. Gara.. 

ch. xxxiii, éd. 1542.) 

Maudoulê était encore en usage dans le 
Boulonnais, du temps de Ménage. 

madraire, s. m., désigne un homme 
voué à la pénitence ; 

C'anchoU ve»tiroit haire 

Tout son vivant, et devenrûit madraire. 
(Anseis, Riche). 7«9, f° H r .) 

madré, maddre, maadre, masdre, mazre^ 
masre, masere t madère, magdre, s. m., 
semble avoir désigné soit une matière pré- 
cieuse, que l'on croit être l'agate onyx., 
soit des imitations de celte matière en 
bois veiné. 

« Nous ne pensons pas, dit M. Douêt 
« d'Arcq [Bibl, de l'Ec> des Ch., 1854, 
« p. 186), que le madré soit un bois, et 
cela pour deux raisons principales: 
l'une, que Ton trouve des autels 
portatifs en madré, et Ton sait que la 
liturgie défendait de les faire en d'autres 
substances qu'en pierre ; l'autre, que la 
coupe de saint Louis qui nous est restée, 
et qui est dite, dans un ancien inven- 
taire, être de madré, a été reconnue pour 
être une agate onyx. Nous avions con- 
jecturé qu'il avait pu y avoir deux est 
pèces de madré. L'un, le madré, véri- 
table et original, auiait, suivant nous, 
désigné différentes espèces de pierres 
translucides ou autres, telles que l'agate 
et le jaspe, etc., et ce serait là le madré 
qui parait sur les tables royales et prin- 
cières; l'autre madré, celui que l'on 
trouve en usage dans les tavernes, 
dans les couvents et ailleurs, aurait 
été une imitation plus ou moins gros- 
sière de ces pierres jaspées ou veinées. » 

Tut s'apareille cum foz lazre, 
E puis prent un hanap de mazte 
Ke la reine li duna, 

(Tristan, II, 511, Michel.) 

.1. hennap de masdre. (1200, Test, de Agnes 
de Ferriere, Tailliar.) 

Quiconques veut estre esqueliers a Paris, 
c'est a savoir venderres d'esqueles, de 
hanas de fust et de madré, de auges, 
fourches, pelés, beesches, pesteuz et toute 
autre fustaille, estre le puet franchement. 
(Est. Boil., Ud, des me$L, l r * p., xlix, 1, 
Lespinasse et Bonnardot.) 

Henap de madré de foire doivent, i, d., et 
se il i a henap de fust, si aquite li madrés 
le fust tout pour ,i. d. (Du Paager qui sieta 
petit pont, Richel, 20048, f° I28 a .) 

.i. henap de masre. (Charte de 1257, 
Arch. niuû. Laon.) 

Nous avons vendu bien et loiaument.,. 
as eschievins de Douay a oes le commu- 
nité de le vile devant dite tous nos menus 

tonlius fors de riauwe c'est a savoir et 

hanas de madré et de fust. (Pièce de 1263. 
Brassart, Pr. de VHist. du chat, de Douay, 
I, 87.) 

.ix. hanas de masere. (Vers 1268, Arch. 
prov. de Gand, Rupelmonde, n* 118.; 



MAD 



63 



.1. henuap de madré plat. (IB déc. 1301 
Cart. de Flines, ccclxt, p. 501, Haulcmur.j 

Les hanas de maddre et d'argent. (Août 
1307, Test, chirog., Arch, mua. Douai.) 

Deus hanas de madère au piet doré 
1310-1320, Cart. de Flines, ccccxv, p. 53o! 
Hautcœur.) 

Vasselemente d'argent et de madré. (Oct 
1315, Test, chirog., Arch. mun. Douai.) 

Or vous falent hanaps d'argent, d'or et 
de madère. (Dialog, fr.-flam., f« 3% Miche- 
lant.) 

Touz boiz pour maisonner et autrement 
excepté maadre, bresil et fustot. (i36oi 
Bançon du roi Jean, Arch. KK 10% f° 120 r°. j 

lianap de madré vermeil prisé douze 
sous parisis. (1376, Arch. JJ 108, pièce 66.) 

Une couppe de madré earnve d'or 
(1380, Inv. de Ch. V, 775, Labarte.) 

Pour deux autels benois de madré noir 
enchassillez en bort d'IHande. (139s' 
Comptes royaux, ap. Laborde,#7ttaw#.) ' 

Une couppe de madré a pié d'or. (1400 
Puces relat. au règ. de Ch. VL t. IL p. 293' 
Douët d'Arcq.) » »F «o, 

Un petit escrinet de cyprès ou de madré. 
{Ib., p. 344.) 

Murra, madré. (Gloss.rom.-laLduxy* $ 
Scheler.) 

— Sorte de vase à boire : 

Au curé de Courmissi et à M* G. Salmor, 

un magdre et un sac d'argent a chascun 

<iZ89Jnvent>dêBich.Picque,p.Qb,BMioph. 
de Reims.) 

Gobles, madrés, terrins, plas, escuelies 
(La Manière de langage, p. 384, P. Meyer.j 

Ferons tous .h. sur son madré. 
(Passion Nostre Seigneur* Jub., Myst., Iï, 503.) 

Je laisse a. mes eofans amsnez 

Mes grans boleilles et mes potz ; 

Leurs vies leur sout assignez 

À suyvre banquetz et escotz ; 

Àffin de boire a tous propos, 

IIx auront escuelies et madrés, 

Et seront plus rougôs que coez, 
(Cf. Testant, de Taste vin, Poés. fr. des xv 9 et 
xyi* s., III, 80.) 

Aunis, madré, plat de bois. 

Nom propre, Madré. 

Cf. le Glossaire de Du Cange, au mot 
Mazer ; les observations de M. Douêt 
d'Arcq dans la Bibliothèque de l'École des 
chartes, 3" série, t. IV, numéro de novembre 
décembre 1852, p. 13M33, et le Glossaire 
des Émaux de M. de Laborde, p. 371-376. 

MADREGOLE, VOÎr MàNDEGLOIRE. 
MADRENIER, VOlr MADERINIER. 

madrer, maderer, verbe. 

— Act, veiner, marbrer, donner au bois 
la couleur du bois naturellement veiné et 
marbré : 

Madrer, ondear, (C. Oudin, 1660.) 

— Réfl,, se veiner : 

11 y a une imperfection générale en tous 
bois, quand leurs veines se madrent et 
s'entortillent a l'entour de leurs nœuds. 
(Du Pinet, Pline, XVÏ, 39, éd. 1666.) 

Le marbre dit d'Auguste est fait a ondes 
qui se madrent et s'enveloppent a mode 



MAD 



MAE 



MAE 



d'un tourbillon dn vent. (Et. Binet, np. 
Laborde, Emaux.) 

— Neutr., être veiné : 

Madrer. The graines of wood lo be full 
of crooked and speckled streaks, or veins. 
(Cotgr., éd. I6U.) 

— Madré s part, passé, rayé, veiné : 

« Tout ce qui, substance minérale ou 
végétale, ou composition factice, dit 
M. de Montaiglon, avoit des raies ou des 
taches, pouvoit Être dit madré ; ainsi de 
l'agate, de la malachite, des racines 
d'arbres, du stuc de plusieurs couleurs, 
de la faïence sans figures ni ornements, 
mais couverte d'émaux fondus, comme 
certains plats de Palissy, des marbres et 
des porphyres rares, et de beaucoup 
d'autres choses encore, » 

Sur drap qui est parfaitement coictez et 
madères. (Stat. de Richard IU } an i, impr. 
Roth,, Bibh Louvre.) 

Celle partie qui regarde la ville de Candie 
est bien munie de forestz esquelles les 
érables sont fort madrex. (Bfxon, Singu- 
larilez, I, 16, éd. 1554.) 

Les érables croissons par les froides 
montagnes ont le bois plus madré au mont 
Ida qu'en nulles autres places. (Id.,î6-, I, 
17.) 

Tûuts œufs ne sont pas tousjours d'une 
mesme couleur car les uns sont touts 
blancs, les autres pailes, les autres de 
couleur de plomb, les autres bleuz, les 
autres rouges, les autres madrez de diver- 
ses taches. (Id., Nat. des oys., I, ix, 
éd. 1555.) 

Grande partie des oyseaux de rapine ont 
communément les plumes de la queue et 
des œllea beaucoup madrée*. (lD,,tfe.,H| 

XIII.) 

Ils ont le col plus long que l'aigle et 
sont encore plus madre% de Tousses taches. 
(G- B., Bec. de tous les ois. de proye.) 

Leur queue est bien fort madrée de 
taches larges. (In., ib.) 

Je te donne une coupe 

De fresne bien madré, faite dessus le lour. 
(R, Belleao, Berg., h' j., f° 110 y*, éd. 1578.) 
Le bois d'érable est le plus madré, figuré 
et demasquiné que nul autre, et pour ceste 
cause les Flamands en font des tables 
merveilleusement belles. (Rkrnabd Pa- 
lissy, ap. Laborde, Emaux.) 

Ce cabinet sera couvert d'un esmail 
blanc, maderê, moucheté et jaspé de di- 
verses couleurs par dessus ledit blanc. 
(ÏD.,ifr.) 

Coffre 1res beau, coffre mignon, 

Coffre du dressoner compaignon, 

Coffre de boy* qui point n'empire, 

Madré et jaune comme cire. 
(G. Cobrozrt, Blasons ûomest., Blas, du Coffre, 
Poés. fr. des xy* et xvi e t., VI, 255.) 

madreure, madrure, s. î\, veine, mar- 
brure de bois veiné, moucheture des peaux 
de bêtes : 

Portant mesmes madrure^ sur ses plu- 
mes. (Belon, Nat. des oys., Il, xxxv, 
éd. 1555.) 

(Du coq des bois) les plumes sont voul- 
tees, c'est a dire courbées en arc, etlarges 
par le bout, ayants quelques petites ma- 
drures blanches. (In., ib., V, x.) 



Qui lui ouvre les aelles, regardant pur- 
dessous, lui voit des madrures de blanc de 
fort bonne grâce. (Id. ,'!*&., p. 226.) 

Voy, voy comme l'autour a la rousse madreure 
Attaque la perdrix d'une aigle prompte et seure. 
(Du Chesne, Six. liv. du grand miroir du monde, 
p. 98, éd. 1588.) 

Et (l'alun de plume) a certaines veines 
et madrures, telles et semblables qu'on 
voit au bois. (Du Pinet, Dioscoride, v, 113, 
éd. 1605.) 

Les Allemands font grand cas des ais de 
ces pins... a cause de leur madreure. (Id., 
ib., i, 74.) 

Pour rendre la racine (du buis) solide et 
lui confirmer la beauté de sa blonde cou- 
leur et bigearre madreure. (0. db Sebu., 
Th. d'agr., VI, 10, éd. 1605.) 

Madrure de bois, crepure a ondes, plis 
et replis de veines ondoiantes, (Monet, 
Parall des langues, Rouen 1632.) 

Madrure de peaux de betes, ferae macu- 
losa variétés. (In.,1'6.) 

madrian, s. t., sorte de fruit : 

Conserve de madrian... (1359, Journ. des 
dép. du R. Jean, Douët d'Arcq, Compt. de 
l'argent, p. 219.) 

Pasté" de roy bien arrangée, 
Annis, madrian, noii confites. 
(E OESCHAMfS, Poés., Richet. 840, f° 497 e ,) 

madrin, voir Maderin. 

madrinier, voir Maderinier. 

MADURER, VOir MATDRER. 

MAE, S. M 

Le maistre carpentier demande .xxvill. 
s. pour avoir favt et livré les deux maes, 
leur brocques de fer, avoec les testes d'i- 
ceulx pavillons. (1467, Lille, ap. La Fons, 
Gloss. ms.y Bibl. Amiens.) 

MAE LE R, VOir MAILLIER. 

maeixe, voir Maille. 

MAEMEMANT, VOÎr MfllSMEMENT. 
MAEMENT, Voir MEEMENT. 
MAENERESSE, Voir MOIENEOR. 
MAENETÉ, VOir MOIENETÉ. 
MABNIE, YOir MESNIEE. 
MAERISME, S. /. ? 

Lesqueux beekenes, par les hydouses 
concourses et rages delmeer^ sont tout dys 
enfeblissez et empirez : si bien des pères 
hors buttez de l'estuffure d'ycelles, corne 
ausi de maerisme. (1389, Req. au roi d'An- 
glet. t Lett. de Rois, t. II, p. 300.) 

MAESEMENT, VOÎr MEESMïNT. 
MAESMEMENT, VOÎf MEISMEMENT, 
MAE9NAGE, VOÎr MESNAGE. 

1. maesté, maysté, s. f., image de la 
Vierge : 

Si ot faîte une maysté 

De la mère Dea, nosire amie. 

(Vie des Pères, Ars. 3641, f° 155 b .) 

% maesté, voir MA1SETÉ. 

MAESTÏER, VOir MESTÎER. 



maestire, maist., mest.j maie$t.,maiel-> 
maaisL, maiestiere, magesleyr, s. m., au- 
torité, puissance : 

Aysîs conten eu magesieyr 
Cum irestot teyne ja l'empeyr. 
(àt.brric, Alex., 80, P, Meyer, Rec, p. 283.) 

Rois, entièrement dois traitier 
Cbiaus sor cui tu as maiestiere. 
(Renclos de Moilibns, de Carité, st. xxxii, 8, 
Van Hamel.) 

Car le maisnie est costumière 
De graer a son maiestiere. 

(Id., ib. 9 st. xn, 7.) 

Cil qui est forsenes retient son estât et 
la dignité s'il l'avoit et son, maieUre et 
son pooir. {Digestes , m s. Montp. H 47, 
f° 6*.) 

Mes ce seroit bien parlers a rebours, se 
je disoie chose a nului, dont il me vousist 
traire en ebause et mener mesure sor moi. 
{La Resp, del Best mestre Richard de Fur- 
nival, h Cocodrille, p. 89, Hippeau.) 

Ke nus démange les clés des portes par 
nuit par segnerie ne par maiestire. {Bans 
aux êckevins, QQ, f* 14 v<> > Arcb. mun. 
Douai.) 

— Supériorité de science, de talent, 
art, habileté, adresse : 

S'ele m*occit, de poc se puet Tanter, 
Qu'il n'afîerl mie trop grand' maiestire 
De son ami engignier et occire. 
(Thibault IV, Chans. d'amour t p. 38, rar., Tarbé.) 

Trouvai Tolîr, un divers osle, 
Qui de mentir ot le maistire : 
De Foi Mentie est mestre et sire. 
(Raoul de Houdemc, Songe d'Enfer, 104, Schelcr, 
Trouv. èelg., bout. sér M p. 180.) 

Et si ne poes pas atenir 
A moy, ja soit que tn y tires, 
Se par yauls n'en vient H meslires. 
(Froiss,, Poés., II, 177, 520, Scheler.) 

— Par maestire t a maestire, excellem- 
ment, parfaitement : 

Par moût grant maietire ot assis ,i. oiseK 

(Geste d'Alix., Rlchel. 24365, f« 4 8 vV> 

Les denz de la bouche et le nez 
Avoit toz fez par maiestire. 

(G- de Dole, Vat. Chr. 1725, f° 7Î L .) 

Ces lances ou li penoncel 
Sont atactué par maiesiirc. 

(ib., f° 81 b .) 

Des foillô» i ot quatre paire 
Que nature par grant mestire 
] ot assises tire a tire. 

(Rose, 1670, Méon.) 

Wiatasce les ot fait confire 

Molt très bien et a grant maistirè. 

(Wislasse le Moine, 1829* Michel.) 

Et Raphaël, qui pas ne tence, 
Ains obeist an premier mot, 
Les navres, que de cner amot, 
Gari par la vertu celestre, 
Et a Largesce sa maia destre 
Rendi par si bel maiestire 
Qu'il n'est home qui seust dire 
Laquel main l'on li a copee. 
(Huon db Meby, le Tornoiement de V Antéchrist, 
p. 89, Tarbé.) 

— Art, métier : 

Cele soupire durement 
Et fait par senblant grant martire, 
Qui bien en sot le maiestire. 
(Du Prestre et d'Alison, Richôl. 19152, f 50 v°.) 



MAG 



MAG 



MAG 



65 



Por qoi ne vous maint ansl près 
Li bians parlers com \i mesdires ? 
En est ce mauves maisfiresî 
Oil, certes, lais et vilains. 

(Le Lai du Conseil, p. 119, Michel.) 

J'en i sai millenr maaislire. 
(Jehan de Renti, Jeu parti, Dinaux, Trûuv. art es , 
p. 302.) 

— Enseignement : 

D'nû chat ci après vous veuil dire 
Qui appris fa, par grant maistire, 
A servir et tenir chandeille. 
(Marie, du Chat qui sa voit tenir une chandoile, 
Robert, Fall. inéd., I, 1ÎÎ5.) 

Chil ki de tous maistres est sire 
Nous en aprent bon maistire 
Et moût bien aperte raison. 
(Reîiclus iv, Moiuens, Miserere, st. xxxv, 1, 
Van Hamel.) 

MAESTKANCE, VOÎl* MAlSTRANCE. 

maeur, voir Meur. 

maeut, s. m., faiseur de salades, de 
sauces : 

Maeut. A mnker of sallads, or may saw- 
ces.Rab. (COTGR., éd. i6U.) 

maez, voir MAIS. 

MAFFAÏRE, VOÎr MALFÀIRE. 
MAFFAISOUR, VOir MALFAISOR. 
MAFFÉ, VOIT MALFÉ. 
MAFFET, VOÏr MaLFÉ. 

mafler, v. n., manger beaucoup : 
ikTa/ïôr, corner con dos carrillos. (C. Ou- 
din, 1660.) 

magatu, voir Margari. 

magatjt, magaùll, magau, macaut, mas- 
caut, s. m., bourse, poche, sac : 

Fut ordonné que tous les chars, char- 
rettes, chevaulx, macaux, vivres et autres 
telles besoDgnea seroîent mis et retraîs 
en ladicte abbaye de Royaulieu. (Mons- 
treleiv, Chron., II, 96, Soc. de TH. de Fr.) 

Car il avoit trouvé le mascaut et argent 
de son père bien enflé. (Du Fail, Cont. 
d'Eutrapel, f° 60 v, éd. 1585,) 

A Paris il fait fort dangereux mettre de 
l'argent dans sa pochette ou porter bourse; 
il y a des forons qui, en moins d'un tour- 
nemain, auront mis la main sur le magau 
et vous gripperont l'escu. (Cholieres, 
Contes, f> 67, éd. 1610.) 

— Sorte de vaisseau : 
Deux magaulx chacun d'une pipe. (1473. 
Invent, de la FayeMonjau, Arch. Vienne.) 

Wall., mago, estomac des animaux. 

MAGDALEGNE, VOÎr MADELAINE. 
MAGDALEINE, VOIT MADELAINE. 
MAGDALENE, Voir MADELAINE. 

magdaleon , s. m., rouleau, petit 
cylindre de soufre, d'onguent, ou d'autre 
substance, que vendaient les apothicaires : 

Et passoient leur temps a la faire reve- 
nir entre leurs mains, comme un magda- 
leon d'entraict. (Rab., Garg., cb. xi, éd. 
1542.) 



Il faut piler les boutons de peuplier a 
part, et très bien, puis les broyer encore 
derechef avec la graisse et en faire des 
pains ou magdaleons. (Jodb., Pharmacop., 
p. 281, éd. 1588.) 

Les masses ou magdaleons. (In., ib.. p. 
335.) 

Magdaleon, a langate, arowler. (Cotgr., 
éd. 1611.) 

MAGDELEINE, VOir MADELAINE. 
MAGDEL1N, VOÎr MADERJN. 

magdelimer, voir Madkrinibr. 

MAGDELOIGNE, VOÎr MADELAINE. 
MAGÛRE, VOÎr MADRE. 

1. mage, mague, s. m., magicien : 

Il ûst avuigler un mague. (Brun. Lat., 
Très., p. 73, Chabaille.) 

— Adj., de mage : 

Ovrez la porte, mage gent, 
(Wàcs, Conception, Brit. Mus. Add. 15606, 
fo 720.) 

2. mage, maige, adj., principal, supé- 
rieur : 

L'artifice mage est comprins en quatre 
magistères. (SewetZ d'Alquimie, c. i, éd. 
1557.) 

Le juge mage de Carcassonne. (D'Auton, 
Chron., Richel. 5082, f° 201 r°.) 

En troysiesme lieu, messieurs le juge 
maige, les lieutenants et conseillers presi- 
diaulx. (1560, Arch. mun. Agen, BB 5.) 

Voyant que touts estoient mors getta 
le corps de Loupgarou tant qu'il peut 
contre la ville, et tomba comme une gre- 
noille sus ventre en la place mage de la- 
dicte ville. (Rab., Pantagruel, en. xxix, 
éd. 1542.) 

Nom propre, Mage. 

3. mage, s. f., imprimerie : 

Mages ou imprimeries en pappier. (1603, 
Lille, ap. La Fons, Gloss, ms. t Bibl. 
Amiens.) 

magendomme, s. m., receveur des 
deniers publics : 

Le receveur du lieu de Rosan, que l'en 
appelle au commun langaige du pays ma- 
gendomme. (1457, Arch. JJ 488, pièce 157.) 

MAGERIE, VOir MARGERTE. 

magestëyr, voir Maestire. 

MAGESTRE, VOÎr MAGISTRE. 

magian, adj., magique : 
Art magian. (Orksxk, Divinations, Richel. 
19951.) 

magical, adj., magique : 
Science magicalle. (Fleur des hisi. t Maz. 
530, f« 209 d .) 

It euvre de l'art magicalle. 
(Greban, Mytt. de taPasi., Ars. 6431, f fl 114 e .) 

Art magical. 
(ïd., Act. des apost., vol, I, f* 75\ éd. 1537.) 

Ars magicaux. 

(i. Boucket, Opute. t p 148. ï 

MAGICA1.EMENT, adv., par la magie ; 



Chose magicalement sortie. (Courcy, Hxst. 
de Grèce, Ars. 3689, f° 93 e .) 

magicien, adj., de magicien, magique : 

Par quelque engin magicien. 
(Lefranc, Champ, det Dam., Ars- 3121, f 8 134 a .) 

Science magicienne, 
(Actes des apost., vol. II, f° 49 d , éd. 1537.) 

Ceux qui employent les paroles sainctes 
et divines a des sorcelleries et effects ma- 
giciens. (Mont., Ess., I, 56, f° 134 v«, éd. 
1588.) 

Telles autres singeries qui oDt plus le 
visage d'un enchantement magicien que 
de science solide. (lD.,ti>., u, 37, f°333 v°.) 

Il blasrae volontiers toutes ces foies 
superstitions magiciennes. (Tahureau, Se- 
cond dial. du DemocritiCj p. 321, éd, 1602,) 

1. maginois, magynois, adj., puissant, 
riche, noble : 

Si sont monté el palais maginois. 

(Raihbert, Ogier, 2150, Barroia.) 

Crans fa la noise el palais maginois. 

(In., ib., 2186.) 

La bêle monte el palais maginois. 
(H. de Cambrai, Richel. 5493, F 94 v°; A. T., 
5771.) 

Et ly sondans est ou palais maginois. 

(Ckev, au cygne, 10903, Keiff.) 

Foi que doi vous, ainz i serai .x. mois, 
Que ge n'en aie le palais magynois. 

(Aym. de Narb., Richel. 24369, p. 8\) 

Puis sont monté el palais maginois. 

(Anseis, Richel. 793, f° 47*,) 

Quant de Piètre of qui tant fû màleois, 
A sa court le manda ou palais maginois. 
(Ctrv., Bertran du Guesclin, 15299, Cbarrière.) 

Nouris fu a Sebourc, le castel maginois. 

(B. de Seb., i, 84, Bocca ) 

Ou chastel a Courtrai dont haus est li berfrois; 
La trouvères ma soer ou ebastel maginois. 

{ib., vi, 674.) 

Portent escos et lanches el aubers maginois. 
(Chev. au cygne, ï, 62-21, Hippeau.) 

Fery le quens d'Estampez sur l'escu maginois. 
(H. Capet, p. 55, A. P.) 

Pépin li maginois. 
(Jïh. des Preis, Geste de Liège, 12635, Scheler, 
Gtoss. philol.^ 

Ses graus os maginois. 

(Id m ib. t 18U4.) 

Ja fassent mort ou pris ly enfant maginois, 
Car contre tant de gent fa petit lear pooirs. 

(Hugues Capet, 2638, A. P.) 

Chances de paile et sollers maginois. 

CBeuves d'Hanstone, Riche!. 12548, f» 92 b .) 

En anc preit maginois. 
(Jbh. des Paris, Geste de Liège, 37250.) 
Sour l'an de grasce maginois. 

(ïo., ib., 33419.) 

— S. m,, chef : 
Qui fnt li maginois et maistre de la guerre. 
(Jeh. des Preis, Geste de Liège, H, 7804, 

Scheler, Gloss. pkilol.) 

maginoux, adj., syn. de maginois : 
Qui fut tous li plus riches et li pins magxnoux. 
(Jeu. dbs Preis, Geste de Liège, 14408, Scheler, 

Gloss. phitol.j 

i. magique, s. f., magie ; 
De magique, l'art au deable. 
(Rose, ms. Corsinl, f 97* ; Méon, 14823.) 



T. V 



66 



MAG 



MAG 



MAG 



La science de magique. {Ben. de Mon- 
taub., Ars. 5072, f* 108 r°.) 1 
Saicbant en magique, (Ib.) 

Deux grnns livres de magique t escript en 
espaignol, l'un couvert d'une pel rouge et 
l'autre d'une blanche pel sans aiz. (1416, 
Inv. de J. de Berry, ap. S te- F" al.) 

Sortilège, suppersticion, magique, qui 
font la povre ame aourer et croire en leurs 
dieux. (Gebson, Serm., ap. Bourrel, Essai 
hist. sur les serm. fr. de Gerson, p. 178.) 

Se magique n*y a ea cours, 
(Greban, Mist. de la pan., 7889, G* Paria.) 

C'est magique ou enchanterie. 

(Id., i*-, 15244.) 

L'art 

De magique et de nigromance. 
(1474, Vyxt. de la Pans, et fiativ,, 233, 2 - journée, 
Le Verdier.) 

2. magique, adj., mage : 

Baltazar, qui d'Orient avecques deux 
autres roys magiques , nommez l'ung Mele- 
hyar, l'autre Gaspar, vint en Bethléem. 
(D'Atjton, Annales de Louis XII, ms,, p. 93, 
ap. Ste-PaU 

magiquer, v. n., exercer la magie : 

De deviner* ne de pronostiquer, 
Nygromancer, ni aussi magiquer 
N'est pas mon faict. «ins en tonte saison 
Faire rondeanli, ballade, oa oraison, 

(R. de Collbrti, Rond., txxlii, Bîbl. eh.) 

magis, s. m., mage : 

Quant il sunt malaides, il se font venir 
lor magis. ce sunt les enehantior des 
diables. {Voy. de Marc Pol, c. cxx, Roux.) 

magistère, - eire, s. m., supériorité 
d'un maître sur son disciple, enseigne- 
ment, science du maître : 

Et dessuz son magisteire soi donerent cl 
servise del tôt poissant Sanior. {Diat, de S. 
Greg.j p. 133, Foerster.) 

Mais nekedeot sont a la foie ki parmei lo 
maoisteirê del Espir par devenz ensi sont 
apns. {/&., p. 9.) 

Les sçavans chopeDt volontiers a ceste 
pierre, ils font tousjours parade de leur 
magistère et sèment leurs livres partout. 
(Mont., Ess., 1. III, c. 3, f° 358 r*, éd. 
1588.) 

Magistère se dit encore quelquefois en 
langage religieux. Voir les (Mut. de Me r Pie, 
évêque de Poitiers, t. V, p. 344. 

— Vertu, pouvoir, excellence : 
Les philosophes de maintenant et les 
médecins aussi ignorent du tout en toute 
ceste quinte essence et la vérité d'icelle. 
Mais je te revelerayci après le magistère 
d'icelle. (A. Du Moulin, Quinte ess. de tout, 
chos., p. 16, éd. 1549.) 

Cf. Makstire. 

magistkrial, adj., grand, élevé : 

Le cbastfcain de Coucy 
Moult de féaux a terriaux, 
S'en a de mttgvtteriaux. 
Pais clame li de revenue 
Hommes leades a leste nue. 
{Attise* de Jérus., note de Ja p. 251, La Tbao- 
massière.) 

magistral, adj., habile: 

Ung appelé Pierre qui estoit valet de 



guerre fort magistral (1449, Àrcb. J.Ï 179, 
pièce 354.) 

— De maître, de savant : 

Instrumens magistraux. (Perceforest, IV, 
f° 69% éd. 1528.) 

— S. m., magistrat : 

Tant avoit vacqué et donné son entente 
a l'estude, qu'en tout le pays n'y avoit clerc 
de plus grant renommée par iesmagislraux 
de la cité. (Loms XI, Nouv., c, Jacob.) 

Jean de Brillac, lieutenant et juge magis- 
tral criminel en la dite sénéchaussée de 
Poictou. (1559, Proc.-verb. des Coust. de 
Poictou, Coût, gén.,11, 608, éd. 1604.) 

— Mistral : 

En ce pays la les vents de garbin po- 
nante et magistral régnent tousjours es- 
dictes saisons. {Voyage du S. de Villamont, 
p. 276, éd. 1598.) 

Cf. Maistral. 

magistralitê, - traultê, s. f., magis- 
trature, fonction : 

Les non ordonnes cd aucune magistra* 
lilê frequentoient ceuls qui avoient les 
offices de concioner el de jugier. (Fosse- 
tier, Cron. Marg., ms. Brux., II, f° 68 r ,) 

Pour oster le vray successeur de la ma- 
gislraullê. (Bourooing, Bat jud., IV, 16, 
éd. 1530.) 

Quand voicy arriver un maistre pédant, 
tenant en main une poignée de verge, 
sceptre vrayement digne de sa magi$tra- 
liié. (Des Autelz, Mitisloire barragouyne 3 
ch. 14, Biblioph. belge, t. IV, p. 372.} 

— Science : 

Je savoye aussi quelle magistralitê il y a 
aux docteurs de Sorbonne, ou plus tost 
quelle félonie en leur orgueil. (Calvin, la 
vraye Façon de reformer l'Eglise, p. 319, 
éd. 1559.) 

Et toutesfois c'est une chose merveilleuse 
de l'audace et magistralitê avec laquelle 
nos adversaires proposent telles bajzue- 
nauderies. (Nie. Colladon, Traitlê de Vau- 
thorité du magistrat en la punition des héré- 
tiques, p. 413, éd. 1560.) 

N'est de merveille si ces grands maistres 
dedaiguoyent de lire un tel livre, car leurs 
magistralilez eussent perdu crédit a con- 
sommer le tems en œuvre (a leur advis) 
si grossière. (Du Verdier, Biblioth., p. 16, 
éd. 1580.) 

magistbance, s. f., magistrature : 

Mais en une petite cité ou ville la ou plu- 
sieurs ne pouvent mie présider es offices 
pour tant que peu de gens y habitent et 
la ou les offices n'ont pas grant cure an- 
nexée, les offices et magistrances peuvent 
bien estre congregez tellement que divers 
offices soient commis a ung orficier. (H. DE 
Granchi, Trad. du Liv. du Gouv. desPrinc. 
de Gilles Colonne, Ars. 5062, f 145 r».) 

magistrasge, s. m.,commanderie : 
Et voulons que lesdites deux sommes se 
payent, relievent et recouvrent sur les 
fruietz des magistrasges d'Espaigne, dont 
nous avons pouvoir et permission de pou- 
voir disposer. (28 oct, 1540, Sec. Codicille 
de Ch. Quint, Pap. d'Et.de Granvelle, 1. 11, 
p, 604, Doe. ïnéd.) 

magistrat, s. m., magistrature : 



Sachez que touzofficespubliques estoient 
appeliez magistraz en gênerai. (Bersuire, 
Tite Live, Richel. 20312*'% P 2 b .) 

Et s'estant montré entre ceulx qui pour- 
suyvoyenl le Consulat, jl fut incontinent 
avis au peuple qu'il ne se presentoit pas 
tant pour accepter ce magistrat, comme il 
leur apportait la victoire toute certaine, et 
asseurance d'heureuse issue de cefte 
guerre. (Amyot, Vies, Paul, Mvû,, éd. 1565.) 

Environ la fin de son magistral, deux 
ou trois jours avant que son temps expi- 
rast. (Id., ib. t Cicero.) 

Ou est, je vous prie, cette grande hum* 
blesse et honnestelé, laquelle voluntiers 
accompagne ou doit accompagner ceux 
qui sont élevez aux magistrats? (Tahureau, 
Dialog., f« 78 b , éd. 1606.) 

Menaçant tout le monde d'user a ren- 
contre d'eux de son office et magistrat. 
(G. Bouchet, Serees, 11, 151,Roybet.) 

Appuyé des forces gauloises non moins 
que des romaines, il se feit dictateur per- 
pétuel de la chose publique de Rome : un 
magistrat d'autorité royalle, et duquel les 
Romains nusoient qu'eu nécessité. (Fau- 
chet, Antiq. gauL, I, 17, éd. ItiU.) 

Usant de l'authorité de son magistrat. 
(ïd., ib. t vol. 11,1. 1, ch. 8.) 

En cette republique, ceux qui estoient 
commis a l'exercice de tel estât pendant 
l'an de leur magistrat, leur estoit prohibé 
de sortir hors de leurs limites. (Pasq., 
Rech,, I, ii.) 

Magis'raty l'office et dignité d'un magis- 
trat. Magistrats. (NlCOT.) 

MAG1STRAULTÉ, VOir MAGISTRALITE. 

magistre, magestre, s. m., maître : 

Ab n magUtre semprel mist. 

{St Léger, 22, Koschwitz.) 

Mageslres ab beyn affactaz, 
De toias arz beyn eoseynaz, 
(àlberic, Alex., 82, P. Meyer, Rec., p. 283.) 

Quant d'aage .xv. fini aura (Panlecrist) 

Adonqucs preeschier voudra, 

Filz Dieu so fera et magùttres, 

Par le monde aura ses menistres, 
(Geff., .vu. EH, du monde, Riche!. 1526, f«i 79 e .) 
Voyant ces choses ces magistres ou gou- 
verneurs de la ville, dont j'ay parlé, qui 
estoient en ce palais. (Commyn., Mém., Vî, 
4, Chantelauze.) 

Et des plus graas magistres et censeurs. 
(D'Aoton, Chron., Richel. 5083, f° 141 r ,) 

Et le meltroient en leurs sièges et tiltres 
Les aucieas orateurs et magistres. 

(J. Bouchet, Ep. fam., lxiii, èi. 1543.) 

Et quand j'eu veu ton éloquente epistre 
Je la jugé faicte d'ung grant magistre. 

(Id., ib., lxv.) 
Car pour argent, or, ou pecuDe avoir, 
De bien narrer tu en es le magistre, 

(R. de CoLLwnrE, Epislres, xvi, Bîbl. elz.) 
Car en ce faict tu es ung lourd magistre. 
iApotog. de Nie. Glotelel pour CL Marot, à la suiie 
des GEuv. de Cl. Marot, t, IV, p. 505, ëd. 1731.) 

— S. f., maîtresse : 

Ele respont : Bêle' magistre, 
Bien doit estre pensive et trislre. 

{Tristan, I, 309, Michel.) 

magistrer, v, a., créer docteur : 
Adfin que oudit habit il peust estre el 
feust doctorez etmagistrez eh ladicte faculté 



MAG 



MÀG 



MAG 



67 



et science, (1385, Concess., Arch. MM 31, 

f» 2 v°.) 

Auquel habit il ait esté honnorablement 
doctorez et magistrez. (76.) 

Pais les fault aler au* decrez, 
Airts qu'ils soient magistrat 
Estudieot .vin. ou .x. ans. 
(E. Deschamps, Poés., RicheL 840, r 502*.) 

magle, voir Maigle. 

MAGLESEUR, VOir MaRGLISECR. 
MAGLISSEUR, VOir MARG LISEUR, 
MAGNABLE, VOir MENABLK. 
MAGNALLE, VOir MaNGKAÎLLE. 

magne, voir Maine. 

MAGNEE, YOir MONEE. 

magnement, adv., surtout : 

Si leur semble que ne doyvent estre 
charges pour fatruy fait, magnement que 
certain fogage a troys francs pour feu est 
mi» et se lieve sor ledit pais. (6 fév. 1367, 
Rép. des habit, de Lyon au bailli de Maçon, 
Arch. mun. Mâcon, Reg. secretar.) 

magnésie, adj. f., d'aimant : 

N'est point l'ayment meilleur, la roche 

magnésie meilleure. {Nef des fols, f» 20 v°, 

ap. Ste-Pal.) 

magnete, manette, s. f., ia pierre d'ai- 
mant : 

Magnete troyent trogîodtte 
En lûde, e pr-cius est dite, 
Fer resemble e ai le trait, 
Altresi eu m l'aimant fait. 
(Marb., Lapid., RicheL 1. 14470, f° 5 ■ r'.) 

Par la vertu de la manette* 
(GciOT, Bible, v. 633, var. du ms. RicheL 2543/. ) 

Et por Saturne la plaoete 
Puet ou la Teoir la magnete. 
(Macé de t.a Charité, Bible, Richel. 401, P 89 a .) 

magniaud, s. m. } Yer à soie : 

En France vers a soye : en Languedoc, 
Provence, êtes environs, magniaux. (0. de 
SERR., Th. d'agr., V, 15, éd. 1605,) 

Magniaux. Silkworm.Langued. (Gotgr., 
éd. 1611.) 

Dans quelques provinces magnaud est 
encore le nom du magnan. 

magnien, voir Maignan. 

magnifiance, s. f., magnificence : 
Mes mestres et mes privez requerront en 
moi, et fui restabli en mon règne, et ma- 
gniflance fu greigneur ajoustee. {Bible, Maz. 
684, f 190 e . J 

magnificateur, s, m., celui qui ma- 
gnifie: 

Orque tels magnifLcaieurs et eslargisseurs 
de leurs fimbries voysent par quel chemin 
qu'ils voudront. (Jean de Bar^aut*» Epit. 
dorées de Guevara, l> 160 r°, éd. 1584.) 

magnification, s. f., action de ma- 
gnifier : 

Dont respoudi Marie, en latin le diron ; 
Me sires ait de m'ame magni/ication. 

(Hkrman, Bible, Richel. 1444, f° 28 i°.) 

En magnification de la gloire de Dieu. 



(G. Ghastell., Chron. des D. de Bourg., 
1 F ' p., Proesme, Buchon.) 

\fAGNiFiCE, s. f. t magnificence : 
Magnifiée et largescn que doit avoir par 

especial tout boa prince, (Oresme, Eth., 

Richel. 204, f û 358 e .) 

Et quant il eust recité ses notables faietz 
de chevalerie par oraison solennel en ma- 
gnifiée en egulantles faietz aus ditz il des- 
nua sa poictrine laquelle estoit toute 
plaine de traces et cicatrices prinses en 
guerres. {Prem. vol. des grans dec. de TU, 
Uv. s f°103 d , éd. 1530.) 

MAGNiFiCENT,adj., magnifique, illuslre, 
glorieux : 

En ses chambres et sales grandes et | 
magnificens. (Christ, de Pis,, Charl, V.) j 

Plus fist bastir édifices, donna grans | 

dons, tint plus magnificent estât, ot plus : 

grant despence. (Id., ib.> V p., ch. 10, | 

Michaud.) | 

Des choses qui sont avenues a plusieurs 
magnificens hommes. (Id., Policie, Ars. 
2681, xm.) 

De sa couronne ay souvenance 
Que raoult estoit resplendissant, 
Moult haulte et moult magaifteent. 
(Id., Liv. du Chem. de long estude, 2334, Piis- 
chal.) 

magnificentement, adv., magnifi- 
quement : 

Leurs ambassadeurs amenèrent a Ronme 
une statue de piere laquele ils rechuprent 
en admirable révérence et la mirent ma- 
gniflcentement hault en ung temple. (Fos- 
setier, Cron> Marg,, ms. Brux M I, f°77r°.) 

magnificquer, v. a., rendre magni- 
fique : 

Ceste vertu (justice) est celle qui main- 
tient les seigneurs, celle qui croist les 
seigneuries, celle qui magnificque les citez 
et ceux qui par elle se gouvernent. (La Sa' 
lade t î° 3, ap. Ste-Pal.) 

magnifièrent , s. m., honneur, 
louange, gloire : 

Et tu auras victore et magnifiement. 

(Girart de Ross., 3431, Mignard.) 

magnifisé, part, passé, magnifié : 
Que a produit ceste Marie ? Quoy ? Certes, 
un enfanchon, un petit fieuchon nouveau 
né, conçu du Saint Esprit et ma'inifisê en 
grâce. (G. Chastell., Entrée du roy Loys 
en nouv. règne, Vlï, 16, Kerv.) 

■1. magnitude, s. f., grandeur, étendue: 
Une nef peut venir a telle magnitude ou 
quantité que aucunesfois que elle fera 
mauvaise navigacion et ne vaudra rien a 
nagier pource que elle est trop petite et 
aucunesfois pource que elle sera trop 
grande. (ORESME, Politiq,, V p., î° 34 e , éd. 
1489.) 

Arismetique et géométrie sont bien né- 
cessaires, car Tune fait mention des nom- 
bres et l'aultre de la magnitude des choses. 
(P. Frrget, Mirouer de la vie humaine, 
f» 123 v°, éd. 1482.) 

Qui est maintenant celluy qui ne fust 
esbahy non mye de veoir seullement, 
mais de ouyr racompter la magnitude de 
cestes choses. (Translat. de ta prem. guerre 
pun., à la suite du Prem. vol. des grans 
décades de TiL Liv. translatées de latin en 
françoys, f° 179% éd. 1530.) 



Le figuier ensuyt en grandeur et magni- 
tude le poirier. (Jard. de santé, I, 194, 

impr, la Minerve,) 

Par le bruit elle engendre le tonnerre, 
et par la multitude et magnitude de la 
clarté, la foudre. (Amyot, QEuv. mesl. de 
Plut. t f> 233 r>, éd. 1574.) 

2. magnitude, adj., digne d'une haute 
situation : 

Le magnitude est tel que il se dignifie et 
se fait et se repute diime de prans choses 
et en est digne, (Oresme, Elh., Richel. 
204, f" 421 e .) 

magnon, s. m., rouge-gorge : 

Qui ne haïrent onques ne margos ne magnons. 
(Gillon le Moisit, Poés^ II, 260, Kerv.) 

magoguet, maugoguèt , maugauguet, 
s. m., espèce d'infirmier chargé d'enterrer 
les pestiférés : 

(En cas de peste) les médecins indiquent 
le traitement à suivre, mais en laissent 
prudemment l'administration aux deux 
barbiers-chirurgiens désignés par leurs 
confrères. Ceux-ci ont pour aide quatre 
maugoguels ou seconds, qui, de plus, en- 
lèvent les cadavres et les inhument loin 
des habitations. (Jos. GarNier, Hist du 
quartitr de Bourg, p. 24, d'aprè3'les Reg. 
des ord. sur la peste, 1564, de ia mairie de 
Dijon.) 

Les cirurgiens commis a faire les sai- 
gnées des pestiférés porteront des bonnets 
jaunes a l'instar des mawjogmis. (1531, 
Délib., Arch. mun. Dijon.) 

Aux magoguetz ensepulturans et enter- 
rans. (1596, Compte d'Etienne Caillât, Arch. 
mun. Avallon, CC 203.) A\i^ t maugauguet. 

magoguier, s. m., syn, de magoguet : 
Magoguier. (Arch. mun. Avallon.) 

magon, voir Mangon. 

magreable, voir Malgreable. 

MAGRECE, VOir MAÏGRECE. 

magreche, voir Maigrece. 

1, mague, voir Mage. 

2. mague, s. f., panse : 

Le dernier jour de karesrae, un souldanl 
Qui de jensner ue prit ooeques la peine, 
Apres soupper, qu'il estoit ja tout tard, 
Ayant la mague ou la pance fort plaine, 
Voyant aussi la Pasquo estre prochaine 
Et luy bien saoul, a peu dire eu soy raesme ; 
Je voudroye bien, c'est chose très certaine, 
Avoir jeusné tout au long du karesme. 
(Le plaisant Boute hor* d'oysivetê, Poés. fr. des 
xv 3 et ivi's., Yll, 173.) 

.. Une donzainne 
Telz que moy ne sumroyent pas 
Pour bien ta magne rendre plaine 
Et t'y donner un bon repas. 
(GtliLL. Hoodfkt, FabL, 3, 2" partie, Lûrinier.) 

— Gésier d'un oiseau: 

Mague, magone dell uccello. (Oudin» 
Dict. fr.-ital.) 

maguelet, macaleb, s. m. , corail 
bâtard, ou pomme de senteur, ou troène, 
dont on fait des bracelets : 

Macaleb The bastard corail, or poman- 
der, privet, of whose s^veet, and shining 



6g 



MAII 



MAH 



MAH 



black bernes, chaînes and bracelets be 
made. (Cotgb., éd. 1611.) 

Maguelet, as Maeakb. (Id.) 
magynois, voir Maûinois. 

MAHAIGtflER, VOÏr MESHAIGNIER. 

maiiaim, voir Meshain. 
m ah ain, voir Meshain. 

MAHAING, VOir MbSHAW. 

mahaingnier, voir Meshaignier. 

MAHANG, VOir MESHAIN. 
MAHANGIER, VOÎr MESHAIGNIER. 
MAUARE, VOÎrMAlERE, 
MAHAYN, VOir MESHAIN, 

mahé, voir Meshait. 
mahegnier, voir Mkshaignier. 
mahelin, s. m-, enseigne d'argent : 

Lequel raarescbal fist deux ferremens 
en façon d'estrilles, cuident que ce fust 
pour faire des enseignes d'argent ou ma- 
hetins- (1470, Àrch. JÏ 196, pièce 165.) 

MAHEUDRESSE, VOÎr MAHEUTRESSE. 
MAHEURTRE, VOÎr MAHUSTRB. 

maheustre, maheutre, s. m., bommo 
grossier, sot, malotru : 

Maheustre : m, A swaggérer, swash 
buckler, desperate or carelesse yonker. 
(Cotgr., éd. 1611.) 

— Terme d'injure spécialement appli- 
qué aux huguenots et aux membres du 
parti politique : 

Et avec une gaillarde armée mipartie, 
m'en allay haster d'aller les maheutres, 
qui suyvant les bons advis qu'en avoit 
receuzmadicte dame et sœur, s enfuyoient 
outre mer a petit train. (Sat Men., Har, 
de M. le Lieut., p. 45, éd. 1593.) 

Ne seriez vous pas bienheureux d'eslre 
assirt la haut en Paradis au dessus des 
confesseurs et patriarches, et vous mo- 
quer des maheutres, que vous verrez des- 
sous vous rostir et bouillir aux chau- 
dières de Lucifer? (/&., Har. de Pelvé, p. 75.) 

Ou se voyoyent les Espagnols, Lorrains, 
et autres catholiques romains, par mocquerie 
ou autrement, monstrer leur cul aux ma- 
heuslre$. (Ib., Pièce de Tapiss., p t 30.) 

C'est un maheutre et un frelu, 
Pire qu'an Turc on mammeln. 

(/*., Har. de M. d'Àulvray, p. 110.) 

Les mthevtres et politiques, 
Qaoy qu'ils te disent catholiques, 
Ne seront jamais bons Romains : 
Les huguenots, encore moins. 
(Ib., Sur le brait qui courut, p. Îi5.) 

Dialogues d'entre le maheustre et le ma- 
nant, contenant les raisons de leurs dé- 
bats et questions en ces presens troubles 
au royaume de France (par Crucé). (1595, 
pet. in-12.) 

La mort mal heureuse et inopinée de 
Henri II, le bas aage de ses enfans, higar- 
remens de religions, desbaucbe fréquente 
de trouble... sous mots de faction mal- 
heureusement controuvez de ligueur, poli- 
tique maheuitre, luy ont fait ceste grande 



brèche (à l'université de Paris). (PasQ., 
Rech., p. 849, éd. 1643 J 

A été repris au xix* siècle : 

Déodat avait un flair pour deviner ces 
maheuires. (L. Veuillot, le Fond de Gi- 
e>oyer,p. 144. ) 

MAHEUTRE, VOÎr MaHEUSTRE- 

maheutresse, - dresse, s . f., terme 
d'injure, huguenote ; 

Aiant esté recongneue pour maheudresse. 
(Lestoilb, Mêm., 2 9 p., p. 185, Champol- 
lion.) 

Hormis deax femmes du lieu, 
Dont Tane est servante a Dieu, 
L'autre au diable et maheutresse 
S'accusant comme traîtresse. 
(1591, Chans. de ta miraû. delivr. du duc de Guise, 
ap. Ler. de Linoy, Ch. hist. fr, , Iï, 529.) 

MAHEYNIER, VOÎr MESHAIGNIER. 

mahikre, voir Maiere. 
mahieur, voir Maior. 
mahignier, voir Meshaignier. 
mahing, voir Meskain. 

MAHIUESTRE, VOir MAHUSTRE. 
MAHNlE, VOirMESNIEE. 

maiïiniee, voir Mesniee. 

MAHNIER, VOir MESHAIGNIER. 
MAHOISTRE, VOÎr MAHUSTRE. 
MAHOITRE, VOÎr MAHUSTRE. 

mahomerie, mahomm., mahum, t ma- 
hourn.* mahonn.) meomerie, s. f., temple 
mahométan, et par extension temple 
païen : 

Les sinagoges et les mahumerie*. 

(Rûl.y 3662, Millier.) 

Àtalie la felenesse reine e li suen ourent 
mult destruit le temple Nostre Seignur, 
de riches aurnemenz del temple aveient 
bonured la mahumerie Baalim. (Hois , 
p. 389, Ler. de Lincy.) 

Cum li bons huem out parlé encuntrele 
altel de Bethel e encuntre les mahumeries 
de la cuntree de Samarie. (Ib., p. 290.) 
Lat., contra omnia fana. 

Ly abes le mena et prist par le gieron 
En le mahommerie on temple Salomon. 

(Chev. au Cygne, 3179, Reiff.) 

Par les mahommeries ont les trimbes sonné. 
(Fierabras, 4311, A. P.) 

Li rois paiiens i estoit couronnes (à Tail- 
lebourc), et i estoit la mahoumerie plus 
haute et plus riche que en nule autre 
chité. (S. Graal, Vat. Chr. 1687, f» 66 b .) 

La fez Jesu Crist a abatu toz les* faus 
Deus par tôt lo monde, et sunt fêtes en 
leur mahomeries les belles églises ou non 
de Jhesu CriBt et en Teneur de sa douce 
mère. (Comment, sur les Ps. t Riche], 963, 
f SOI ^».) 

Et les maisieres sont fondues 
De la mais lie mahommerie. 
(G. de Cavkrai, BarUam, p. 244, P. Meyer.) 

Le légat vint premièrement a la mahom- 
merie et en fist giter les faus ymages, 
(Cftron. de S.-Zten,, ras. Ste-Gen., f» 348 b .) 



Se vont veoir en la mahommerie le Sar- 
razin mort devant Mahomet et devant les 
autres dieux. (Lanceloi dtt Lac. II, f° 46\ 
éd. 1533,) 

— Par extension, église des Templiers: 

Si un templier eust entour lui une cour- 
roye, ou lié une corde qui estoit en leur 
mahommerie. (Gr Chron. de Fr,, Phelip. 
le Bel, lxv, P. Paris.) 

— Foi musulmane, islamisme : 

Home ne feme n'i remanra en rie 
S'il ne velt estre de lor mahomerie. 

(Raikbert, Ogier, 10793, Barrois.) 
Et trestouz cenli qui croient en la mahonnerie. 
{Girart de Boss., 5052, Mignard.) 

Si attourna tellement le menu peuple 
qu'ils revindrent a la mahommerie, (Lan- 
celoi du Lac, H, f° 45, éd. 1533.) 

— Superstitions rappelant celles des 
mahométans : 

Quant j'ay Yen tous les mondains estas 
Des lieux royaulx, et de cheyalerie, 
Et advisé des plus hauli aux plus bas 
Les pratiques et la mahommerie. 

(E, Desghamps, Poés. % Richel, 840, r> 9 e ,) 

— Pays des musulmans : 

Jamais an tote Espaine ne ares senorie, 
Ainz te tra bûcherons de la meomerie . 

(Simon de Pouille, Richel. 368, f° ISÔ 4 ,) 

Une nef s'en yra parmy la mer chargée 
de payens qui s'en iront a leur mahonne- 
rie. {les Praphecies de Merlin, f» il», éd. 
1498.) 

— Idole : 

U fossé jeteron chele mahommerie. 
Un ymage i metron u [nom sainte Marie- 
(Doon de Maience, 1030*4, A. P.) 

mahomet, mahommety s. m. t idole ; 

S'aoure .i. mahommet cornu. 
(J. Bod., UJus de saint tficftolat, Th. fr. au m, à*, 
p. 175.) 

Et aimoient les idoles et les mahommes 
qui sont sans parole et sans entendement. 
(Hist. de Tournay y Richel, 24430.) 

Et sur sa teste un mahommet 
Portoit qui ses yeux encliner 
Li faisait et jus regarder. 
(Diguilleyille, Pèlerinage^ a p. Duc, Mahum,) 

Et en ce temps jectera tout homme arrière 
de soy ses ymages de son argent et ses 
mahommelz de son or. (Bible, Esaye, 2, 
éd. 15i3.) Lat., idola argenti sui et simu- 
lacra auri sui. 

— Favori, mignon : 

Li dis des mahomes aus grans seigneurs. 
(Pièce de J. de Condé, p.p. Scheler, (Euv. 
de B. et J, de Condé, ir, 161.) 

Li dis des mahommes. (Pièce de Walri- 
quet de Couvin, p. p. Scheler, Œuv. de 
Watriquet, p. 77.) 

mxhomrt iQVK f -icque, mahum, t macom t 
* edique s adj., musulman, mahometan : 

Hz estoient environ quinze chevaux 
turez et non plus, les hommes habillez do 
divers habitz et diverses couleurs : et 
estoient de deux qualitez pour le moings, 
les ungs gentilshommes ou princes sécu- 
liers en iaiz, et les aultres ministres pre- 
Iatz de leur fautee religion et loy macome- 
Ucque. (Haton, ^fn.,an 1562, Bourquelot-.) 



MAH 



MAH 



MAI 



69 



Pour l'église défendre, 
Qu'ils veulent par le fer makumetique rendre. 
(Gark., Bradant., I. u éd. 1582.) 
Loy mahometique. (Du Bellay, Mém., 
liv. IV, f° 106 b , éd. 1869.) 

Religion mahumedique. (La Bod., Har- 
mon., p. 711, éd. 1578.) 

m\hometisek (se), v. réfi,, embrasser 
le mahométisme : 

Il n'y a nation plus subjette a 5e maho- 
meti&er que fait le juif. (Thevet, Cos- 
mogr., II, 3, éd. 1558,) 

mahomie, mahommie, mahonnie, s. f., 
mosquée : . 

Adout a prias Guion le roy (Aquillant) sans nul 

[detrie 
Et si l'en a mené dedens sa mehommie, 
Par devant Mahommet qui ne vault une allie 
L'ont mené faire hommage. 

(Ciperisi Richel. 1637, f° 112 r°.) 

— Pratiques de mécréant, méchanceté : 

Li vesque se déchoit 
Qui par tels makonnies et diableries croit 
Avoir de moy venganche. 

(Jeh. desPreis, Geste de Liège, 11, 1188, Sche- | 
1er, Gloss. philûi.) 

MAHOMMERlE, VOÏr MAHOMERJE. 

mahommeticxen, s. m., inahométan : 

Les opinions des Mahommeticiens et Sar- 
ruzins, [La Thoi$on d'or, vol. I, f« 61 v°.) 

mahommetqis, adj., mahométan : 

,1. Sarrazin mahommetois. (Cont.de G. de 
Tyr, ch. xir, Hist. des crois.) 

1. mahon, s. m., coquelicot : 

D'une pugnie de gerbe que ou dit ma- 
hon que ladite femme cueilli en allant son 
chemin, bâti sur les fesses d'icelles jeunes 
filles. (1401, Arch. JJ 156, pièce 254.) 

Pic. etH.-Norm., vallée d'Yères, mahon, 
coquelicot. 

Pic, garde mahon t se dit ironiquement 
d'un garde champêtre, parce qu'il garde 
les champs de blé où poussent les coque- 
licots. 

Nom propre, Mahon. 

2. mahon, s. m., cuivre, bronze, mé- 
daille de cuivre ou de bronze. 

Ou nommait mahon le cuivre dont se 
composaient les vieilles médailles que 
Ton trouvait en terre, et dont Ton regar- 
dait sans doute les figures comme étant 
celles des divinités païennes. Ce nom, dit 
l'abbé Lebeuf (Dissertations sur l'histoire 
ecclésiastique et civile de Paris ,t. Il, p. 169), 
est encore usité parmi quelques-uns de 
ceux qui commercent en vieux cuivre. 

D'après Ménage on appelait makons en 
Normandie les médailles anciennes, qui se 
trouvaient assez fréquemment en terre en 
ce pays-là. 

3. mahon, s. m., sorte de jeu fort dan- 
gereux, auquel se livraient autrefois les 
habitants d'Amiens, sur le rempart qui 
avoisinait le faubourg de Noyon. Les 
joueurs se partageaient en deux camps, 



que séparait une ligne de démarcation. Il 
s'agissait pour chaque parti de la franchir 
en repoussant les adversaires à coups de 
poing. Comme il en résultait parfois de 
graves accidents, ce jeu fut interdit par 
une ordonnance du 28 janvier 1515, con- 
signée dans le registre de l'Hôtel de ville 
d'Amiens. 
Consulter Corblet, Gloss. pic. 

mahonnage, s. m.,syn. de mahon, sorte 
de jeu. 
Consulter Corblet, Gloss. pic. 

mahonne, mahone, maonne, s* f., galère 
turque, dite aussi doliman : 

De telles navires dictes maonnes l'on en 
voit tous les matins grand nombre arriver 
a Constantinoble. (Belon, Singularitez, Iï, 
2, éd." 1554.) 

Que l'on fasse tous préparatifs de mer, 
tant de galleres que de galleaces et ma- 
honnes pour mettre bus une grosse armée. 
(8 déc. 1561, Négoc. de la France dans le 
Lev., t. Iï, p. 681, Doc. inéd.) 

Cette armée... estoit composée de six 
vingts grandes galères et deux mahones^ 
saus conter force autres petits vaisseaux. 
(Brant., Cap. estr., t. H, p. 66, éd. 1666.) 

MAHONNERIE, VOÏr MAHOMERIE. 
MAHONNIE, VOir MAHOMIE. 

mahote, s, f., épaulette : 

Les archiers ne porteront nulles mahotes 
a leurs pourpoius. (1473, Ord. de Charles 
le Témér., ap. Duc, Maheria.) 

Cf. Màhustre. 

MAHOUMERIE, VOÎr MAHOMERIE. 

mahour» voir MAIOR. 

MAHUMEDIQUE, VOÎr MàHOMETIQUE. 
M A. HUM ERIK, VOir MàHCMBRIE. 
MAHUMETIQUE, VOÎr MAHOMET1QUE. 
MAHUHTRE, VOÎr MAHUSTRE. 

màhustre, - hutre t - hiuestre, - hurtre, 
- heurtre, - Iheustre, mahoistre, mahoitre, 
mohoisire, s. m, et f,, partie de l'épaule, 
moignon : 

Et quant elle (S. Ànastasie) vit nez l'enfant 
Seî mahiuestres tent avant 
Courne ainz pot, ce vouloit faire 
Prendre l'enfant fit vers lui traire. 
(Gef?., .vu. Estaz du monde, RicheL 1526, 
f° 42 a .) 
Seur l'espaule descent li brans et dévala, 
U màhustre se fiert. 

(Doon de Maience, 5122, A. P.) 

Mais avant qu'il euist tout ce fait, se 
hasta Japhus de traire l'espee, et li donna 
.1. cop amont qu'il H. abati l'une oreille a 
toute la semestre joe, et de ce meirae li 
copa la main de coi il sachoit le piel de- 
seure uomei. Quant ce senti li cuviers si 
n'eut en lui que courechier ; lors li curent 
seure, et si le cuula ahierdre a l'autre 
main. Mais cil qui fu legieret fors li guenci 
et ne chaea fors que l'autre main et li 
abati jus a' tout le mohoi$tre t et dont jeta 
cil .1. cri si grantque toute la cité en tenti, 
et comança a ianchier après Japhus des 



pies et des monguons, (Rom- de Kanor t 
Richel. 1448, P 36 r«\) 

Les- espaules, le blazon, les asselles, 
les bras, les mahulres, les coubtes. (La 
Manière de langage, p. 383, P. Meyer.) 

Le suppliant feri de soncouatel un seul 
cop icellui défunt par en droit la poitrine, 
lequel coup escrilla et entra au bras d'i- 
cellui défunt endroit la mahurtre. (1394. 
Arch.JJ 146, pièce 411.} 

ïcellui Desrues priât Guillaume le Breton 
par les mahutres des bras ou par l'un d'i- 
ceulx. (1415, Arch. JJ 169, pièce 74.) 

Lacerulus, li, petit bras, petite mahutre 
de bras. (Voô, lat.-fr., 1487.) 

Lacertus, ti, bras ou mahutre de bras. 
Vb.) 

— S'est dit en parlant du coq : 

Le col relevé et haut, les malheustres et 
vol des aisles grands. (Liebault, Mais, 
rusL, 1. I, c. xv, éd. 1597.) 

— Épaulette : 

Portoient aussi a leurs pourpoints gros 
mahoitres a leurs espaules, pour monstrer 
qu'ils fussent larges par les espaules. 
(Monstrel., Chron, t III, p, i29 L , éd. 1516.) 

Sur leurs testes ils portoient ung bonnet 
de drap d'un quartier ou quartier et demy 
de haulteur, et les nobles et les riches, 
grosses chaînes d'or au col, avec pourpoint 
de velours ou drap de soye, et de longues 
poullaines a leurs soïliers de ung quartier 
ou quartier et demy de long, et a leurs 
robes gros maheurtres sur leurs epaulles 
pour les faire apparoistre plus gros et plus 
fournis. (DU Clergq, Mêm. t 1. V, ch. 3, 
Buchon.) Var., mahoistres (ap. Ste-Pal.) 

mahute, adj., humerai : 

Les os mahutes sont les premiers os de 
chasque aisle, que les latins nomment os 
humeri, (Desparron, Fauconn., IV, 3.) 

mahutre, voir Màhustre. 

1, mai, may 3 mè^moy, s, m., branches 
vertes : 

Chapel de mai 
Faiaoit et d'aiglentier, 

(Rom. et past., Bartsch, II, 96,6.) 

De chant issent les amors, 
Qui en vertu tienent les Hors, 
Et H arbres et toz li mez. 
(Lais de VOiseUi, 119, ap. Méon, Fabl.Ml, 118.) 

Avec la salle tapissée, 
Parée de tnays et de jonchée. 
(Serm. des Mauix de maria ge^ Poés. fr. des xv* 
et xvi» s., II, 8.) 

— Mois de mai : 

Jusques elles aient accompli le temps de 
quatre feuilles et un may. (1307, Car t. de 
Pontigny, Richel. 1. 5465, p. 172.) 

L'esmende des bestes prinses ez bois 
taillis durant trois ans et un may après 
la couppe d'icelle, est de soixante sols. 
(Coût, de Berri, p. 193, La Thaumassière.) 

— Sorte de fête : 

Item disoit nostre procureur que l'an 
quarente les moines de Moustiertnder 
avoient fait crier uti may a Gommenaire 
leur ville et justice, (1346, Arch. JJ 75, 
pièce 521.) 

Comme les maistres ouvriers «t varies 
du mestier de thtssande'rie de draps de 



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MAI 



MAI 



MAI 



nostre ville de Monstivillier aient volonté 
cbaecun an de... aleresbatre hors d'icelle 
ville, aussi comme par manière de may, 
sans y avoir aucun desguisement. (1397, 
Arch. M 151, pièce 3ii.) 

— Planter lemai, fig., à peu près comme 
donner l'étrenne ; 

Le lendemain, qui fut le premier jour 
de mai... après quelques devises que le 
duc et luy eurent ensemble ilz adviserent 
de présenter aux Angloys quelque assaut 
pour leur planter le may. (Bouchard, 
Chron. de Bret., f° 175% éd. 1538,) 

— Donner le mai, faire un cadeau : 

J'aloye tout par moy 
Donner le beau moy 
A quelque bergiere 
Joyense et entière, 
De belle manière, 
On pria temps et gay T 
(Martial, Vig. de Charl. VU, C vm\ éd. 1493.) 

— Bon temps, plaisir, agrément : 

Orgnellous, la as moût boa mai. 
(Resclus de Moiliehs, Miserere, st. xc, 1, 
Van Hamel.) 

Moult avoit bon temps et bon may 
Qa'elle n' if oit souci n'esmay 
De nulle riens fors jeullement 
De lai atoarner noblement. 

(Rose, ras. Corsini, f° 3 e .) 

Li adaiti ont raelhor mai 
Ke n'ont li félon conbatant. 
(Gadthikr le Long, Scheler, Trouv. belg. % p. 241.) 

Moult bon may ot un bien lonc tans 
Et moult se Gst amer ans genz. 

{lai de l'Ombre^ p. 45, Michel.) 

— Fig,, toute idée agréable : 

Tout son plaisir estoit de se retirer soli- 
taire au fond d'un bois, entretenant son 
amour des plus délicieux maiz de ses 
pensées. (Cyre Foucault, Trad. d'Avis- 
tend, p. 44, Liseux.) 

— En Pic, colonnade de menuiserie de 
forme pyramidale terminée par un cierge : 

Chaque corps de métier d'Amiens portait 
un maySt à la fêle du Saint-Sacrement. 
Les marchandises qui y étaient suspendues 
faisaient connaître la corporation. (Cor- 
blet, Gloss. pic.) 

Berry et Poitou, mai,aubépine. Quimper, 
mai, branche de hêtre et le hêtre môme: 
« C'est du mai dont ça. » Suisse rom., 
Neuch., mai, hêtre qui commence à pous- 
ser ses feuilles ; « Le mai est sorti au 
mois d'avril. » (Bonhôtk, Gloss. neuchât.) 

Noms de lieux : les Mai, Beliefonds, 
Vienne. 

2. mai, voir Mais. 

3. mai, voir Met. 

m ai âge, s. m., prestation faite au moi 
de mai : 

19 solidos de maiage. (Cart. de Corn- 
piègne, ap. Duc, Maiagium.) 

mai AIN, voir Meshaim» MOIEN [err.] 

maigt, voir MET. 

maictrïs, voir meretris. 

MAIDTEUX, VOIT AlDISR. 



maidin, s. m. t pièce de monnaie: 
Ou trouvasmes a la porte quelques 
Turcs, accompagnez de leur santon, les- 
quels moyennant un maidin par teste nous 
en permirent l'entrée. (Voyag. du S. de 
Villamont, p. 359, éd. 1598.) 

1, maie, s. f., sorte de cancre : 
Nous mettrons donques au rang des 
cancres, les mates, qu'on appelle en Italie 
grancevolee. (Du Pwet, Dioscoride, II, 10, 
éd. 1605.) 

% maie, voir Mee. 

MAIELLE, VOir MAILLE. 
MAIEMENT, VOÏr MKEMBNT. 
MAIEN, VOir MOIEN. 
MAIENARRESSE, VOÎr MOIENEOR. 
MAIENEOR, VOir MOIENKOR. 
MAIENETÉ, VOir MOIENETÉ, 
MAIENNESCE, VOir MOIENECE- 
MAIENNETÊjVOir MOIENETÉ. 

maiens, s. m. pl„ foins que l'on fauche 
au mois de mai : 

Qui est cause qu'elles (les eaux froides) 
ne peuvent beaucoup servir pour les pre- 
miers foins, dits maiens par estre cueillis 
au mois de mai; mais bien pour les sui- 
vants. (Ol. de Serr., Th. d'Agric, IV, 3. 
éd. 1803.) 

Suisse rom., Valais, mayen t chalet et 
pâturage. 

1. maiehe, mayere, mahiere, madiere, 
mahare, s. f ., menu bois : 

Il a fait taillier la mayere de .xxri. sages 
ou environ de ceulx (les bois) de la ville, 
cuidant qu'ilz feussent siens. (11 févr.1421, 
Reg. consul, de Lyon, I, 357, Guigue.) 

May ères cueillies au broteau du pont du 
Rhône. {Achat par J. deJuys, Act. consul. 
1446-55, Arch. mua. Lyon, BB 5.; 

Une quantité de bois appelle mahiere ou 
puet avoir .xxxv. charretées. (Vente des 
biens de Jacques Cœur, Arch. KK 328, 
f 222 r°.) 

Du bois appelle mahiere que l'en gastera 
es puiz et voyages. {Compt. des mines de 
Jacques Cœur, Arch. KK 329, f° 18 r».) 

Deux charretées de mahare achapté de 
lui pour soubstënir le planchier du dit 
voyage. (Jô., f° 225 r°.) 

Une charretée de madieres, ung den, de 
leyde. (1462, Ord., xv, 5200 

Autre chose est des fruicts naturels, 
comme noix, foing, mayeres, pommes, 
poires, et autres semblables. (Coût, de 
Bourbonn., cglxxxiv, Nouv, Coût, gén., 
III, 1254.) 

2. maiere, s. f., levain qui sert à faire 
fermenter la bière, et le droit qu'on en 
payait au seigneur : 

En 1179, Henri, comte d'Eu, concède à 
l'abbaye du Trêport : Apud Augum, deei- 
mam delamawre (Orig., Arch, Seiue-Inf., le 
Tréport,ap. Léop.Delisle, CL a9nc.,p.482.) 

Dont li tesqaes a les omages, 
A çaus ki n/ont les iretages, 
Et de lai tient on le maiere 
C'on prent et avant et ariere. 

(Nous*., Çhron.y itîO, Reiff.) 



maieres, voir Maire, 

maierolles, s. f. pi., les danses, les 
divertissements qui accompagnaient la 
fête du mai : 

Lei puce tes dont i ot tant 
Vienent chantant el font qaarolles 
Si gratis qae onques as maierolles 
Ne reistes greigoour. 
(R. de Hod., MeraugiSt mg. Vienne, t* 19*.) 

MAIESMEMENT, VOÎr MEISMËMENT. 

maiestire, voir Maestire. 

maiet, mayet, s. m., mai : 

Des fosses en la court pour attacher et 
ficher les trois mayes qui ont esté portes a 
monseigneur et a mes damoyselles le pre- 
mier jour de may, attacher et lyer iceulx 
mayes devant les chambres de monsei- 
gneur et de mes damoyselles. {Compt. du 
Celterier de Nancy, 1548-9, Arch. Mcurthe,) 

m ai et ire, voir Maestire. 

MAIEUR, VOir MAIOR. 

maige, voir Mage. 

MAIGL., VOir MAIL. 

1, maigle, magie, megle, meigtetmergle, 
mesgle, mesgue, s. t et m., houe, bêche, 
pioche, hinette : 

Easi fait li vilains sa maigle, 
Dont il vit ot dont il ahana. 
(ChRest., Cliget, Riehel. 315, f° 47o J .) 

Acra ventée entre les pierres, 
De fotsoers foiee de mai ç les y 
De ratiaus beehiee. 
(Le Martyr, de Saint Bacons, ap, Jub., Nouv. Rec, 

1, 258.) 

Une maigle et une pioche. (1352, Renonc. 
de Jeanne de Bar, C tM " de Garennes, Pon- 
tiguy, Arch. Yonne H 1439.) 

Icellui Guillaume ferist le dit Oudin de 
sa magie, qu'il-apporta des vignes, sur les 
bras et sur la teste. (£378, Arch. JJ U4, 
pièce 165.) 

Les dites gens d'armes... prenoient che- 
vaux, jumans et utillemens d'ostel, et les 
megles et hostiz des vignerons, (1381, Arch. 
JJ 121, pièce 83.) 

Hz trouvèrent un escrin fermant duquel 
ilz levèrent a une mergle la serreure. (1397 r 
Arch. JJ 153, f- 155 v<>.) 

Deux mesgles, que l'en dit pioches a la- 
bourer es vignes, (1400, Arch. JJ 155, 
pièce 370.) 

Le suppliant ot a sa part un pot et une 
meiyle. (1414, Arch. JJ 167, pièce 37.) 

Tenant ung vouge ou mesgue pour batre 
ou tuer le dit Paruchon. (1457, Arch, JJ 
189, f° 89 v*.) 

Et ne faut pas seulement fouyr avec la 
bisnoire.,. ou avec le megle qu'on appelle 
l'auxerrois. (LïebaUlt, Mais, rust., vr, 10, 
p. 560, éd. 1658.) 

Aube, les Riceys, maigle, meigle, charrue, 

boyau. 

2. maigle, voir Maille. 

MAIGNABLE, VOir MANABLE, 

maignage, voir mesnagb» 

MAIGNAGIER, VOir MfiSNAtflER 2. 



MAI 



MAI 



MAI 



74 



maignan, maagnan, magnan, maignen, 
meignan, maignin, magnien, mengnien, 
mengnein, mengnen, mengnem, me&gnen, 
s, m., chaudronnier ambulant: 

Nus maagnan, soit dedenz la vile, soit 
de dehors, ne puet nule des œvres npar 
tenans au mestier de potiers d'e&tain 
vendre aval la vile, ne en son ostel, se 
l'œvre n'est dé bon aloiement et deloial. 
(Est. Boil,, Liv. des mest, 1" p., xu, 4, 
Lespinasse et Bonnardot.) Var., matgnen. 

Pierre le Mengnien. (Ch.de l286,Jumieg., 
Arch. S. InfO 

Au mengnien de Seglas. (1336, Lelt. de 
Gir.deChâtill, S.-Sauv. de Blois, Bibl. 
Blois.) 

Item autres menues coustumes, c'est 
Hssavoir des magniens, des seilles, des 
fruiz. (1342, Arch. JJ 103, pièce 316.) 

Des peauxalayne, du chanvre, des mai- 
gnanz. des seilles, etc. (1342, Arch. K 49, 
pièce £8.) 

Guillaume le menqnen. (1360, Rançon du 
roi Jean, Arch. KK 10% f» 158 v°.) 

Thomas le mengnein, (Reg. ceuilloir du 
Temple, Arch. MM 128, f° 22 r<\) 

L'an mil qnatre cent cînqnanie 
Et quatre fus nommé Aignan, 
Fondo el fait par boD entenle, 
Sa< s y frapper coup de meigvan. 
(Inscript, d'anc. timbres de la ville d'Orléans) 

A maignans, leurs poisïes mener. 
(Villon, Bail, des povres Rousseurs, Jacob, 
p. 154.) 

A tous que /aire du wâignen, 

Du mûigvev, commère, de maignen% 

(Farce des Femmes, Ane Th. fr., Il, 94.) 

Quant le soleil sera sans tournoier 
Et les mùignens leurs poistes donneront. 
(La Loyauté des Femm., Poés. fr, des xv B et 
xvi" s., H, 37.) 

Les maignons a jours de foire, .un d . 
(Tarif des foires de Nieuil, Trinité, li. 124, 
n° 4^ Arch. Vienne.) 

A Mars, comme... lanterniers, maianins. 
(Rab., Pantagr. prognostication, ch. v, 
éd. goth.) 

Maignen ou chaudronnier, ^Erarius fnber. 
(Fed. Morel, Petit Tkresor des mots fran- 
çois, éd. 1632.) 

On lit dans le Dictionnaire étymologique 
de Ménage : « En plusieurs lieux de France, 
« les chaudronniers crient par les rues, 

• magnan, magnan. Les Berruiers disent 

* mignan en la même signification. » 
Bessin, magnan, chaudronnier ambulant. 

Beauce, maignen. Morv., maignin. Champ,/ 
maignien. Poitou, maignin. Berry, mignan. 
Bourg., maignié, selon Le Duchal. Metz, 
magni, selon Le Duchat. Dans Je canton de 
Mesvres, on appelle maignins les ouvriers 
de passage qui viennent au printemps 
raccommoder les souliers, les parapluies, 
la faïence. Suisse rom,, Neuchàtel, magnin, 
drouineur, chaudronnier ambulant : « La 
cocasse a un trou, eh bien f portez-la au 
magnin. * Quand le temps est très sombre 
et le ciel très chargé, nous disons figuré- 
ment et facétieusement : * ÎI va pleuvoir 
des magnins. » Nous disons aussi d'une 
personne sale ou au teint foncé : « Elle est 



noire comme un magnin. > (Bonhô^ë, 
Gloss. nevehât.) Jura et Suisse rom., Vaud, 
magnin, hongreur. Bas-Valais, Yionnaz, 
magnen. 

Noms propres, Magnan, Magnien, Ma- 
gnin, Maignan, Mognein, Magniant, Lemai- 
nien. 

MAIGNANT, VOir MANANT. 

maigne, voir Maine. 

MAIGNEDE, VOir MESNIEE. 
MAIGNBE, VOir MESNIEE. 

1. maignen, adj., mutilé, estropié : 

Et Martin», qui n*ert pas waignens 
Des membres, as genz afailer 
Prist por teslrot a agaiier 
Saveir ou H cors saint giseient. 
(Pean Gatiheao, Vt> de S. Martin, p. 117, 
Bourrasse.) 

Cf. Meshaignier. 

2. MAIGNEN, VOir MàIGNAN. 

maignenehie, meignennerie, meigne- 
nerye y maignengerie, s. f., travail et métier 
du maignan, chaudronnerie : 

Metgnennerie aussi comme pos, paales, 
trepies. (1296, Rentes d'Orlien$ } v> 14 r°, 
Arch. Loiret.) 

Parmi les redevances dues an seigneur 
du Bhinc est mentionnée « la meigneverye 
en ladite chatelleDie, » qui pouvait valoir 
par an dix sous dn rente. (1404, Gr. Gauih., 
l° 52 v B , Arch. Vienne.) 

Au seigneur du moulin d'Anfrenet a 
Geuçaî appartenait « \amaignenene et office 
de maigneii8 dedans tes fins et mectes de 
la chastellanie de Gençay. » (Ib.,i° 279 v°.) 

Le dit advouant..... est tenu de faire 
appareillier en la cuisine du dit monsei 
gneur a Millançai a ses frais tout ce qu 
apparlieudra a maipnengerie. (12 déc. 1426 
Aveu de la vicomte de Millançai, chastell 
de Romorentin, ap. Le Cîerc de Douy, t. II 
f* 68 r% Arch. Loiret.) 

MAIGNENGERÏE, VOir MAIGNENERIE. 

maignerie, s. f., sorte de pourboire : 
Si doit douer a ses compaignons jusques 
a .c, s. de parisis et ne plus ne mains, ne 
autre buverage ne autre maignetie y ne life- 
cop, ne bonté. (1280, Arch. S.-OmRr, 
CXLIII, 10.) 

MAIGNIE, VOir MESNIEE. 

1. MAfnNiisn. voir Me s nier, [err.] 

2. MAIGNIER, VOir MANIEB 2. 
maignin, voir MAIGNAN. 
maignon, s. m., galantin? 

Il n'est maignon ne hanette 
Qui ne viesle la heuqaette. 
(Chron. des Pays-Bas, de France, etc., Rec. des 
Chr. de Fland., t. IH, p. 344.) 

maigrece, - esce t - esse, ~ esche, - 
eche, maisgr., mesgr., megr*, magr.,mescr. t 
macreze, s. f., maigreur : 

D'aatrui craisse envie amaigrie, 
Autrui maigreche le norrist. 
(Renclus de Moili««s, Miserere, st. cix, 11, 
Van Hamel.) 



Par maigreche le casli. 
(G, de Cambrai, Borlaam, p. 260, P. Meyer.) 

L'asne lo voit ploins de paresce. 

Si lo moque de sa magre&ce* 
(Dou Cheval el de l'asne, 2321, Foerster, Lyoner 
Yiopet, p. 62.) 

Ses dois li a créa mescresse. 

(Hose, ms. Corsinl, P> 68* 1 .) 
Mesgresce. 

{là.) 
De palisseur et de magreche. 

(ïb., Vat. Oit. 1212, f» 3 b .) 
Toz iert chenuz e loz peluz, 
K de magrece coofonduz. 
(Vie du pap. Greg., p. 105, Luzarcbe.) 
Ja se monstroit la magrece en lor faces. 
Aime, Yst. de li JYorm., vm, 25.ChamnoU 
hon.) r 

Et en l'autre semaine tant fam oppresse 
cest seignor, qu'il furent conslrainst, et 
pour la troppe macreze tant aloient et cur- 
roientii chaval, quant li seignor et l'autre 
gent a pié. (Id., ib., vm, 22.) 

La lune aide generalmenl eu tout temps 
et en mêgresse et en moiteté. (Oresme, 
Quadrip., Richel. 1348, f» 1S2 v».) 

Les reins seiches par leur maigresce. 
(J. Lk Feyre, la Vieille, 1. II, v. 3193, Cocberis.) 
Les raîns secz par grande maisgresse. 

Ub., yar.) 
Maie digestion n'engendre point mai- 
gresse, mais elle mue Pespece de maladie. 
(B. de Gord. ( Praliq., I, 21, éd. 1495.) 

Mesgresse fet ainsi ses escouroes, 
(Bourdigne, leg. de P. Faif., Ep. aux Ançer., 
Jouau3l, p. 7.) 

Pour ce le seigneur dominateur des ar- 
mées eavoyera ia maigresse sur ses gras. 
(Bible, Isaie, x, éd. 1563.) 

maigreche, voir Maigrece, 

maigreté, - eclé, meigrelé, megreté, 
s. f., maigreur; 

Ta maigretes te fait penser 
Aillors que a toi déliter. 
(G. de Cambrai, Barlaam, p. 268, P. Meyer.) 

Comme le commence a regarder le voit 
si grant et si merveilleux et si bien taillié 
de tous membres selonc la meigreté qu'il 
avoiU (Tristan, Richel. 1434, t° I0 b .) 

Moult alaintde maigreté. (Vie et mir. de 
plus. s. confess., Maz. 668, f° 199\) 

Couleur jaune ou rouge, megreté 

Debonnairelé 

(G. Guurt, Hoy. Hçn., Richel. 5698, f° 352 v* 5 .) 

Adont il sembloit que par long pleur et 
maigrectè les œilz lui saillissent du chief. 
(L. de Pbkmierfait, Decam., Richel. 129, 
f*128v".) 

La meigreté du corps. {Le grant Herbier, 
f° 84 r\ Nyverd,) 

Pour ce le Seigneur dominateur des 
armées envoyera la maigreté en ses gras. 
(Bible, Isaie, x, éd. 1656.) 

Macror, maigreté. (R. Est., Thés. lai. 
ling.) 

Macies, maigreté ou maigreur, (Calepini 
DicL, Bâle 1584.) 

Gracilitas, graisleté-, maigreté, maigreur, 
(Ib.) 

Vous estes émerveillé, dites vous, de mon 
enbonpoint et de vostre maigreté. (Lariv., 
Facet. Nuicts de Strap,, VI, ir, Bibl. elz.) 



n 



MAI 



MAI 



MAI 



màigroier, mesgroier, v. a., faire mai- 
grir : 

C'est ce qui la pel te maigrpie. 

(flw, Vat. Chr. 1522, P 30 d .) 

Peu a peu Ini soit ostea (aa faacon) 
De la cbair deasns les costex 
Sans le trop fott mesgroier, 
(Gage de la Bigisk, des Déduite, vas., P 73 y*, ap. 
Ste-Pal.) 

— Maigroiè, part, pass., amaigri : 

L'ostes priit son roncin, qui molt ert maigroies. 
Gant. d'Aup., Richel. 837 t P 344 b ; Michel, p. 2.) 

maigue, s. f., espèce de poisson, dit 
ombre ou perche : 

Upbra a toto illo tractu, qui a Massilia 
est Neapolim usque umbnno vocatur, 
BaioncB borrugat... a Galiis maigue, in 
Gallia nostra Narboncnsi daine. {Traité des 
poissons, Richel. 1. 6838 e , ebap. 19, ap. 
Duc, Piscis regius.) 

maihain, voir Mbshain. 

MAIHNEE, VOÏr MKSNIHB. 

1. mail, maill, maigl, mal, maul, s. m., 
maillet, sorte d'arme qui avait un marteau 
de fer ou de plomb à l'extrémité : 

Un maill de fer H al a a porter. 
(CKarr. de Nymes, 1259, ap. Jonck., Guill. d'Or.) 

Ctl ot quatre eli* denx ne» et déni menton, 
Et qoatre bras ; les poins gros et reoo, 
Qaatre mais porte tos de fer dasqu'en son. 

(Raimb., Ogier, 12855, Barrois.) 

Mais cil qni depecler la renient, 
maus de fer brisier la seulent. 
(Guillauhe, Best, div., 3146, Hippeau.) 

Si corn le tonr faittrebnkîer 
Maus de mi néon r son s terrain. 
(Rehclus de MQtLiEns, Miserere , st. eux, 8, 
Van Hamel.) 

Et prenent maus de fer et grant picola d*acier. 
(Chanson d'Aniioche, IV, y. 342, P. ParÎ3.) 

Si sont saelé li qnarrel 
Por maul, por pic se por martel 
Que nnl(e) ne s'en mnet ne lo che. 
(Poème allég.. Brït. Ma*. Add. 15606. P 10 b .) 

La n'orra Ion mal ne martel 
Por asseoir fast ne qaarxel. 

(/*., fM0 e .) 

haches et o maus ont H portanx brisé. 

(Fierairas, Vat. Chr. 1616, P 74 b .) 

Par devant le poslel est li glous arestes, 
Sor son col une hace, dont limons est hendes. 
(tb., 4741, A. P.) Impr,, mans. 

As pierres et as maus oat le maafii ocis. 

(/*., 4885.) Iropr., mans. 

Et portent maus de fer et bons espies tranchant. 
(Aat d'Avign., 1194, A. P.) 

Il oirent la noise des foux souflans et les 
escroiz des maux de fer. (Vie et mir t de 
plus. s. confess., Maz. 568, f" 48 b .) 

A bien fait garnir son castel 
De grans haces et de mâcha es, 
De maus et de pleres agneg, 

(Blancand., 1076, MlcheUnt.) 

Li vilains a la face bise 

Qni resemblait espovantaîl 

Sanl de la chambre a tout son mail* 
(Dame gui conchia le prestre, ms. Berne 354, 

P 86*.) 
Je dl qne l'en devroïl de maçue on de maigl 
Toerferae qni Tenta deniers son charnal. 

(Chastie Musart, Richel. 19152, P I06 a .) 



La huge ovrirent, s'i troverent 
Le mail et le brief, et rien plus. 
(Chasloiem. d'un père, coûte xxvn, 362, Bi- 
blioph. ff.) 

Hïc malleus, mail (Gloss, de Glasgow,. 
P. Meyer.) 

Maus et enclumes. (Vies âesHermit, ms. 
Lyon 698, f" 2 r».) 

Luy osta ou fist oster par ceulx qui en 
son aide furent Tenuz une baston nommé 
mail de plonc. (1384, Arch. JJ 125, pièce 104.) 

Hz sont batus de ces terribles mailz de 
fer. (Tratct. de Salem, tns, Genève i6B, 
f' B& v<\) 

Et a iceluy lieu de la Bernaudiere, l'u- 
sage en la dite forest de Mondebrene aux 
rarooisons, au bois entresec, au croîch, nu 
mail et au cassé. (1404, Aveu de Chesnoy, 
paroisse de Langesse, chasteli de Loris, ap. 
Le Clerc de Dôuy, t. 71, f» 27 v*, Arcb. 
Loiret.) 

Si le ferit en la teste d*ung mal. {Lancelot 
du Lac, V p., cb. 103, éd. 1488.) 

Et tenoit sa hache en ses mains, qui 
furent grosses haches pesantes, dont le 
mail estoit faict a manière de trois coings 
a fendre bois. (0. de la Marche, Mém,, T, 
ih, Michaud.) 

— Fourche servant à tirer le fumier : 
Quelquefois il se trouve je ne say quoy 

de bon, comme disoit la bonne femme, qui 
pesehoit atout un mail en la mare de son 
fumier. (Contes d'Eutrapel, f° 80 v», éd. 
1585.) 

— Marteau d'une porte : 

Passe avant jusques a ceste porte,... et 
prens le mail qui pend auprès a une 
chayne, si bucque tout beau, tellement que 
le portier vienne parler a toy. (Perceforest, 
vol. IV, cta. 33, éd. 1528.) 

2. mail, s. m,, maille : 

Quatorze livres monnaies o la séquelle, 
matttaetinterestz.(8oct. 1393, Pont-1'Abbé, 
Arch. Finist.) 

3. mail, s. m., marne : 

Le mail blanc, et qui est rude comme le 
tuf, est fort bon pour le bled. (Du PineT, 
Pline, xvii, 7, éd. 1566.) 

11 s'employait encore au commencement 
du xvii* siècle. 

Bessin et Val de Saire (Manche), mâle, 
fumier. 

MAILAISSER, VOÎr MALAISIER. 
MAILBAILLI, VOÎT MALBAILLI. 

maile, voir Maille. 

MAILENTER, voir MAJLLKNTER. 
MAILHEE, VOÎr MàILHE. 
MAILHERE, VOlr MAILUBRE. 
MAILHOk, VOirMAlLLOL. 

maill, voir Mail 1. 

MAILXART, VOÎr MàLART. 

1. maille, maile, s.f.,tacbe en général ; 
Lors engroissa la vierge sainte, 
Qui onqaes nul jur ûe fa tainle 
De noie maile de pecchié. 
(Mes Nostre Darne, Richel. 19525, f° 89 r°. 



— En particulier, taie sur l'œil : 
Obtalmins les ei esclaire 

Et les deffant de tôt contraire, 
D'ongle, de toile, et de la maille. 

(Lapid.y C1107, Pannier.) 

En l'un des euz avoit une maille. (Guill. 
de Tyr, XIX, 5, P. Paris.) 

Je tire la maille de l'oeil 
Sans blesser en rien h pnmelte. 
(Vatlet a louer û tout faire, Poés fr. des xv* et 
xvi* s., F, 86.) 

C'est pour s'en servir aux tayes et 
mailles des yeux, (Du Pinet, Pline, xxtv, 
15, éd. 1566.) 

Quand on a quelque nuée ou cicatrice 
en l'œil, ou la taye ou l'onglée ou limaille. 
(ID., ib., XXVltï, 11.) 

Je guary toutes sortes de gratelles, j'oste 
les mailles, j'efface les lentilles et rousseurs. 
(Larivey, la Veuve, Ane. Th. fr., V, 126,) 

— Tache ou moucheture sur les ailes 
d'un oiseau : 

Les esperviers blancs roux sont bons 

mais qu'ils ayent la maille traversée noire. 
(àrtel,, F^ttc.jf 88, ap, Ste-Pal.) 

Ceux avec deux plumages, c'est assa- 
voir de deux couleurs, et non de maille, 
sont les plus mechans. (Id., ib.) 

Morv., maille, taie sur l'œil. 

2. maille, maile s maaille i meaille, me- 
haille, maaUe,mealle t maielle,maelle s malle, 
maigle, maisle r melte f s. f., petite monnaie 
de valeur variable : 

Don sout prendroit onze et.maaille. 
{RgnCLDs DE Moilibns, Miserere, st. ci, 12, 

Van Hamel.) 

Unques maielle ne toli 
A homme nul por venir cl. 
(G. de S. Pair, Mont S. Michel, 3042, Michel.) 

Tôt li mont ne prise maalte. 
(Guillaume, Best, div., 3U6, Hippeau,) 

A le mesie des espousailes 
N'ol pas ofrande de meailles ; 
Mars d'or osfreat et pailes blans, 
Et li plus povre osfrent besans. 

(Parlon., 10799, Crapelet.) 

Treis prevenders de froment... et treis 
maailles asis sus une minée de terre. (1260, 
Acquis*, Ste.Croix, Ste-Radeg. , Arch, 
Vienne.) 

Treis mealles de cens. (1268, Vente, 
Bagneux, Arch. Maine-et-Loire.) 

J'ai proumis a faire douze milliers de 
mallios au gros milliers ; dont li miliers 
fait unze cenz et vint ciuc livres de mailles 
doubles. Et doivent estre faites les malles 
a trois deniers de loi. (Mars 1269, Lett. de 
Bern. de Guiterges, bourgeois de la Rochele, 
Arch. U 24 d , P 23 v<>.) 

Ceu sunt les mailles conslans et les 
cens deuz au dit conte. (Arch. J 192*, 
pièce 64.) 

Les nobles mehailles d'argent que l'en 
apele ducat. (Martin dà Canal, Cron. des 
Veniciens, Archivio storico italiano, VIII, 
320.) 

Li chanjor des mehailles. (Id., ib., p. 272.) 

Quatre deniers et maille de tournois. 
(20 sept. 1330, Cart. de Flines, ccccxlii, 
p. 546, Hautcœur.) 

Item deux sistiers de blé, trente sizsoulz, 
trois mettes et six gallois rendables, (1330, 
Arch. JJ 66, pièce 421.) 



MAI 



MAI 



MAI 



73 



As, assis, maelle. (Gloss. laL-fr., ap. 
Labbe, Etym., p. 489, éd. 1661.) 

Et en aucune part se trove que une gé- 
nération de meallez de liquelle se trove 
quatre por un denier, (Aimé, Y&t. de li 
Norm., m, 49, Champoî'.ion.) 

Un garçon qui ne vault pas trois mailles 
est veetu et paré de pourpre. (J. de SàLISB,, 
Policrat., Richel. 24287, f» 76 d .) 

Payer ung maile a chacun premier di- 
manche de juing. (18 mars 1439, Aveu, 
Arch. Morb., fam. CoËtdor.) 

Kocor ay je denier et maille 
Qu'oncq' ne Tirent père ne mère. 

(Patelin, p. 32, Jacob.) 

Et vous devez, comme il me semble, 
Six boIi, quatre deniers et maille, 
(Farce nouvelle, très bonne et fort joyeuse. Ane. 
Th. fr M II, 122.) 

La vertus de la coloquintide est purga- 
tive, quant on prent d'icelle le poix d'une 
maisle. {Jard. de santé, 1, 131, impr, la 
Minerve.) 

Maigle. (8 août 1526, Inv. f NoL, Charrier, 
f» 146, Arch. Gir.) 

N'ayant jamais dans »a bonree one maille. 
{Cl. Mrrmet, la Boutique des Usuriers, Poés. fr. 
des xv* et xvi* s., Il, 178.) 

Je ne sçay ou me retirer pour coucher 
ny pour vivre, n'ayant denier ny maille. 
(Lariv., le Fidèle, IV, Ô, Bibl, elzj 

Tl est sans commodité, sans moyens, 
sans denier et sans maille. (Id., les Esprits, 
I, 5.) 

L'on m'a desrobbé tout l'argent que m'a- 
voit donné Philippes ; tellement que me 
voila demeuré sans denier ny sans maille. 
(Id., le Morfondu, V, 7.) 

~ Pas maille, aucunement, rien du 
tout : 

Rien quiconque» 1 
Que me grèvera il I pas maille 
Soubz mon esselle. 

(Patelin, p. 39, Jacob.) 

Non, non, pas maille de craincte. (Ràb., 
le Quart livre, ch. xxm, éd. 1552.) 

Voatre poToir ne prise maille. 
(Un Mir. de 2V.-D., comm. Ostes roy d'Eap. perdi 
sa terre, TA. fr. au m. â., p. 433.) 

Posé soit ores que je tremble, 
Sang bleu, je ne tous crains maille. 
(Farce du Franc Archier, Ane. Tb. fr., II, 327.) 

-~ Prendre maille pour marc, donner 
plus qu'on ne reçoit : 

Si vos pri que me desloyes 
Et qu'amenoisies la grant dele 
Ke j'ai envers vo doc. £11 faite, 
Si que por le marc prende malhe. 
(Jacq. db Bajsiedx, Scheler, Trouv, , belg., p. 212.) 

— Faire la maille bonne de sa parole, la 
tenir: 

Ce que la crainte m'a fait une fois vou- 
loir, je suis tenu de le vouloir encore sans 
crainte. Et cuand elle n'aura forcé que ma 
langue sans la volonté, encore suis je terfu 
de faire la maille bonne de ma parole. 
(Mont., Ess., 1. III, ch. i, p. 10, éd. 1895.) 

1. maillé, adj., tacheté, marqué : 

Voyla comme ce n'est d*aujourd'huy que 
les dames ayment les pages, et mesmes 
quand ilz sont maillez comme perdriaux. 
(Brant., des Dames, IX, 706, Lalanne.) 



2. maillé, adj., émaillé : 

Au lieu d'os de trespassez mis en croix 
ou en lacz mortuaires, au lieu de larmes 
os de jayet ou à' or maillé, ou en peincture. 
(Brant,, des Dames, IX, 659, Lalanno.) 

MAILLEE, VOir Ma II. LIE. 

maillki, s. m., action de frapper avec 
des maillets : 

Te a fêla, ten cbaple, ten maillei. 
(BRPf., D. de Norm,, II, 21638, var., Michel.) 

mailleil, malleil, s, m., maillot : 

[Jeu a Lers et le berceil 
Faut pour l'enfant et le mallnl 
Et la bavete. 
(Le Bitte des choses qui f aillent en ménage, elc , 
ap Jub., Nouv. Rec., II, 168.) 

1. mailleis, malleiz, maleys, malleys, 
marlays, s. m., marne, engrais : 

Icellui Jehannin avoit mené aux champs 
deux chevaux avec une charrette ou tum- 
berel chargié de fembroy ou marlays.{ 1390, 
Arch. JJ 139, pièce 230.) 

Service de mallexz mectre hors, et de 
curer les estables. (1412, Denombr. du 
baili de Constentin, Arch. P 304, f° 112 r°.) 

Comme les suppliants menoient du ma- 
leys... pour faire du labour, lequel mal- 
leys ilz prenoient en une marre. (1456, 
Arch. JJ 183, pièce 194.) 

Norm., malais, fumier. 

2. mailleis, s. m., action de frapper k 
coups de marteau, combat à coups de 
marteau : 

Grana est et durs ly maillets, 
Et cru en i ly abateia. 

(Pastoralety ms. Brux., f° 47 r°.) 

MA1LLEITE, VOÎT MATLLETE. 

1. maillel, ~ au, adj., d'une maille : 

Item le prieur de Saint Sépulcre doit 
chascun an deux fois l'an treze œus fris 
et six pains maillaux. (1328, lett. de Vas- 
sielte de terre faicte d la B. Jeh. de Bourg., 
Pièc. relat. àl'Hist. de Fr., XIX, 78.) 

— S. m., pain d'une maille : 

Ung des treses et deux des sargent al- 
lont par tout les boulengies de Mets, et 
prindrent en l'ostel d'un chacun ung da- 
ralz et un mailtau. {J. Aubrion, Journ., an 
1488, Larchey.) 

2, maillel, maull.,s. m., maillet : 
Et des mailliaus ne di je pas 

Qui li sont au eut atachié, 
Qu'il ne soient fet et taillié 
Tel com a tel ostil covlent. 
Du Fevre de Creeil, Montaiglon, FabL, I, 232.) 

Pro uno croich, et pro heussez et mail- 
laux emptis. (Compt. de VH.-D. d'Orl., 
1340-41, exp. de Mamonville, Hôp. gén. 
Orléans.) 

Que les fauchilles... soient -faictes et ou- 
vrées de bon fer, bien trempées et ache- 
rees de bons maulleaux d'acher... Et 
avant que lesdis maulleaux soient saudez, 
ilz seront monstrez aux eswars du mes- 
tier, afin qu'ilz ne soient mis en œuvre se 
l'estoffe n'est bonne, et ne les porront 
sauder sur fer brisant. (1374, Ord.del'êche- 
vinaie d'Amiens sur le métier des fèvres, ap. 
A, Thierry, Mon. inêd. du Tiers Etat, t. I, 
p. 677.) 



S'est dit dans un sens spécial jusqu'au 
xvin» s, : 

Mailleau, Petit instrument de bois en 
forme de maillet, qui sert aux tondeurs de 
draps pour faire mouvoir celui des deux 
couteaux des fonces à tondre que l'on 
nomme le mâle. (Sayary des Bruslons, 
Dict. de Comm.) 

maillenteu , mailenter , malenter , 
verbe. 

— Act, souiller, ensanglanter : 

Ses brans en fu motllies et sanglentes 
Et ses cevali trestos aoilliea et maitentes. 

(Raimbert, Ogier, 5235, var., Barroia.) 

Quant aurai l'esçut fraint et le haaberc fausé, 
Et le h fan me eu ,c. lins traneié et enbaré, 
Ft jon aurai le cors en plusiors lius navré, 
Et le branc acerin souillé et maillenlé. 

(Roum. d'Alix., P 18 d , Michelant.) 

Son brant d'acier soilles et mailleriez. 
(Aleschans, 718, Jonck., Guill. d'Or.) 

Sera s'espee, ce cuit, ensanglantée, 
Et de noz cors soilliee et malentee. 

(Ib., 3118.) 

Tieus estendl mûut ses bras ier 
Cui ame gist hni on brasier 
De le flame d'infer pullenle, 
Ki put et art et ai maillente. 
(Rencl. de Moimeks. Miserere, st. ccxxvi, i. 
Van Hamel.) 

Une lance a trOYee gisant eu .i. lairîs 
Et une espee nue dont li brans fa malmîs, 
Tos estoit ruellie», mailtentes et noircis, 
M fondais par defors estoit demi porris. 

(Les Chetifs, Richel. 12558, f°â6<*.> 

Tant 1 ferrai anqni de mon branc d'acier cler 
De lor sanc les ferai Foillier et maillenter. 

(/*., f° I02 b ,) 

— Réfl., se souiller : 

(L'eve) s'est corrompue et maillenlee m 
Et refroidie et engelee, 
(G. de Cambrai, Barlaam, p. 173, P. Meyer,) 

mailleor, s. m., ouvrier qui travaille 
avec le marteau ; 

Tubal Chaym fu maillierres et fevres en 
toutes huevres d'araîn et de fer. (Bible, Ri- 
chel, 899, f* 2*.) 

Sella engendra Tubal Caym qui fu mail- 
terre et fevre en tout ouvrage d'arain et 
de fer. (Guiart, Bible, Gen., xv, ms, Ste- 
Gen.) 

Malleator. mailleres. {Catholicon, Richel. 
1. 17881.) 

— Fém., mailleresse : 

Malleatrix, mailleresse. (Catholicon, Ri- 
chel. 1. 17881.) 

MAILLERACE, VOÏl* MALERECE, 

maillet, maltet, s. m., nom donné aux 
Parisiens révoltés le l ir mars 1382, au su- 
jet de rétablissement de nouveaux impôts. 
Ils s'étaient armés de maillets de plomb 
trouvés dans l'arsenal et dans l'hôtel de 
ville: 

Le premier jour de mars l'an 1381, que 
la commotion fut a Paris... de ceux qui 
couroient lors parmi la dite ville de Paris, 
que on dit mailles. (1383, Arch. JJ 123, 
pièce 120 ) 

— Par extension, ce mot s'appliqua k 
toute espèce de séditieux : 



t. v, 



10 



74 



MAI 



MAI 



Quant les bonnes gens se dîent au roy 
et s'en aveuent, il les appelle villains, ma- 
tins, maillez. (1395, Grands jours de Troyes, 
Arcli. Xi» 9184, f 153 r°.) 

Lequel sergent dist que c^estoit grant 
dommage que lesdis de Dieppe n'avoient 
les testes coppees,.... qu'ils n'estoient que 
harelcux, traistres, rebelles a nous et faulx 
mailles. (1397, Arch. JJ 1B2, pièce 236.) 

— Marteau d'une porte : 

D'an maillet qui la pend a sor l'nis assené. 

(Berte, 1086, Scheler.) 

Le maillet troverent pendant 
A la porte par de devant 

{Peler- Renart, p. 414, Martin. ) y 

... Passelion... voit le maillet dont on ap* 
peloit le portier, si heurta. (Perce f. % vol. 
IV, ch. 33, éd. 1528.) 

— Ferir le maillet t exposer en vente en 
frappant un coup avec un maillet . 

Vende ne acheté bleidz ne avoines ne 
autres quelconques grains... venant au 
marchîé se dont n'est en le halle de bledz 
jusques a ce que le mallet $era ferru a 
l'heure ci après declairee. (Sept. 1488, Reg. 
aux ordonnances et publications, 1465-1510, 
f° 11 v°, Arch. mun. Namur.) 

Cy après est ordonné et statué que pour 
le bien publicq chacun jour de marchiet 
seront ferru M. maillez pour les bledz sui- 
vant que ce soit par temps d'estee a com- 
mendier a Pasques jusques a la sainct 
Remy ensuivant a dix heures xi heures le 
dernier. (1491, Reg, aux Sieultes, n° II, 
Arch. mun. Dînant, f* 12 r ô .) 

1 maillets, - ette,s, f., lâche, marque: 

Si doit si bien le bouche terdre 
Que n'i l&ist nule craisse aerdre, 
Au mains en le lèvre deseure, 
Car quant graisse en chele demenre 
El Tin en perent les mailletes 
Qni n'i sont ne bêles ne nettes. 
(Rose, Vat. OU. 1212, f« 102 b ; Mêoo, 13631.) 

.... Maillett et. 

(/*.. Vat. Chr. 1858, f° 117 b .) 

2. mailletEj - ette, maaillele, maallete, 
maalete, s. t., dimin. de maille, petite 
pièce de monnaie : 

Quant aucun» preudons li doonolt 
U poitevine n maalete. 
(G. deCoinci, Jlftr,, Richel. 15212, f° 132 v°.) 

On poitevine on maaillele. 

(Io. t »*., ms. Soisi., f° 45 d .) 

On poitevine ou maallete. 

(Id , ib., ms, Brux.) 

Car d'un denier le prince a la maille! te 
Tant seulement, se bien le compassé*. 
(Grincoïe, Foll. Entrepr., p. 20, Bîbl. eh.) 

Sa barque éstoit desbiffee et Tlellctte, 
Si n'eut de moy ne denier ne maillette. 
(Le Maire, les deux Epist. de l'amant vert, à la 
fin du Prem. lit. de* Illustrations, éd. 1513.) 

3. MAiLi.ETE, - eite, s. f., p.-Ô. pour 
mulete, estomac : 

En la maillexte d'un poisson. (Compos. 
de la s. escrip., ms, Monmerqué, t, îî, 
f* 195 r«.) 

maïlletbment, s. m., coup de mail- 
let ; pris an fig. dans l'ex. suiv. : 
Tant fis par longs maillctement 
Que ses larmes fii hors saillir. 
(Decuiliv., Trois Pèlerin., t° 13 d , irapr. InstiU) 



mailletkii, v. a., frapper à coups de 
maillet : 

Tant le mailletay et fery 
Que tendre et mol je le rendy. 
(Degoilev., Trois Pèlerin, , f° 13 d , ioipr. Instit.) 

mailleton, s. m., morceau de sarment 
de vigne, appelé ainsi parce que la partie 
du vieux bois qu'on y laisse lui donne la 
forme d'un maillet : 

La crocette ou mailleton est un nouveau 
jecton qui est sorti du bois de l'année pré- 
cédente ; et est dît mailleton parce que en 
la partie et endroict d'où il esL couppé du 
vieil sarment, il ressemble a un petit mail- 
let. (Cotereàu, Colum., m, 6, éd. 1555.) 

Mailleton, crocete, jeune sarmant coupé 
a la tête de bois vieil dont il sort, aiant 
l'endroit de la coupe façonné en maillet. 
(Monkt, Paraît, des langues, Rouen 1632.) 

MAILLI, S. m. ? 

Le mailly de la despence. (1424, Béthune, 
ap, La Fous, Gloss. wis M Bibl. Amiens,) 

maillie, - iee, - ce, mailh., mail., meill., 
s. i J valeur d'une maille, la maille.elle- 
mème : 

.1. pot de maillie de tonlieu. (E. Boil., 
Lit), des mest., 2« p., xx, 1, var., Lespi- 
nasse et Bonnardot.) 

J'ai proumis a faire douze milliers de 
mallies au gros milliers. (Mars 1269, Lett. 
fie Bern. de Guiterges, bourgeois de la Ro- 
chele, Arch. JJ 24*, f e 23 v.) 

Chacun talemeler qui fet pain a vandre 
doit chascune quinzaine maillée de pain. 
{1296, Rentes d'Orliens, f» 1 v°, Arch, 
Loiret.) 

Jamais n'aral denrée ou n'aies le maillie. 

(B. de Seb., xvn, 496. j Bûcca.) 

Une maillie de cens. (1319, Arch. S 262, 
pièce 11 ) 

Ceste malliee de fein. (Compos. de la s., 
escript., ms, Monmerqué, t. 11, f° 61 r°.) 

Le voyer St Jehan de Otrayes reçoit demi 
arpent et maillée de cens d'héritages. (Rec. 
du 26 déc 1389, ap. Le Clerc de Douy, 
t. ÏT, f° 28 r», Arch. Loiret.) 

Tous ceulx de la ville de Verno et de 
fors qui vendent pain vendable doivent 
danree de pain un dimanche et l'autre di- 
manche maillée. { Cart de Varchev. de Tours, 
p. 182, Arcb. Ind.-et-L.) 

Soit entenuz de payer a.... tenans et 
posscdans lesdicts fours une meillie vien- 
noise de monnaye de Savoye et une es- 
pongne de paste a la valeur de deux meil- 
Ues viennoises., (i486, Dèclar. du D. de Sav., 
Cart. de Bourg, p. 571, Brossard.) 

— Étendue de terre rapportant une 

maille par an: poinierees[errJ 

Dix poingmfroo B de pré dont les quatre 
poincrcctr ou mailhees font l'arpent en 
deux pièces; la première contenant sept 
mailhees ou environ, (1471, Arch. JJ 197, 
pièce 159.) 

— Pas maillie, rien du tout : 

Onques de li n'aprirent maillie ne denrée. 

(Berte* 2486, Scheler .) 

Qu] ne sevent maillie des saintes ettcrlptures. 
(Cilion le Muisit, Poés., ï, 374, Kerv.) 

— Tenir maillie, tenir compte : 



Mais de chose qui fut parlée 
Charles n'en voult tenir maillée 
Ne de l'acort. 
(Guïll. de St-Anoré, Libvre du boa Jehan, 551, 
Charrière.) 

Cf. Maille. 

1. maillie^ mailler, mallier, malhier, 
maller, verbe. 

•— Neutr., frapper avec un maillet, avec 
un marteau ou avec une massue, frapper 
comme avec le maillet : 

La veissiez et maillier et ferir, 
Couper verrous et chevilles croissir. 
(Gar. le Loh., 2 # chans., xlii, p. 207, P. Pari» ; 
ms. Berne 11 3, f° 26 e .) 

As mars mallent cl fièrent cescun jor a engres. 
(Houtn. d'Alix., f° 16», Michelant.) 

Corn au mur par giant air maillent. 
(Floire et Blanceflor, 1* vers., 443, du Méril.) 

En la grant presse fiert et malle. 

(Durm. leGall., 7834, Stengel.) 

Mes dessus tous les autres W. si i maille. 
(W. de Monbrans, ms. Montp. H 247, f p 176 b .) 

Celé part fu grans la batalle, 
Ernous i fiert, Ernous i malle. 

(Mousr., Chron., 22137, Reiff.) 

Va toz jors avant soi ferant et maillant 
et^abatant chevaliers et chevaus. (Lancelot, 
ms. Fribourg, f 40'.) 

Nus ne les pooit percier ne estroer, tant 
sachent sor els ferir ne maillier. (Artur, 
Richel. 337, f° 189 e .) 

Et flert desus els et sor els maille. [Tris- 
tan, Richel. 1434, f 22*.) 

Ne se menacent point, chaplent, fièrent et maillent, 
(Girart de Ross., 3503, Mignaid.) 

Sus Sarrasins félons coramencha a maillier. 

(Gaufrey, 6518, A P.) 

La veissiez grans coups donner et capillier, 
Dessus bras et sus gambez fort ferir et mallier. 
(Ciperis, Richel. 1637, f» 54 v ft .) 

Les deux osts vinrent l'ung contre Tautre, 
et commencèrent a frapper et mailler l'ung 
sur l'autre de toutes manières d'armures 
de guerre que on peust penser de traict ou 
d'autre chose. [Journ, d'un bourg, de Pa- 
ris, an 1424, Michaud.) 

Monsg r Gérard qui les amonestoit de 
bien faire estoit tousjours au plus espes, 
qui frappoit eimailloit a dextre et a senes- 
tre. (Girart de Rossillon, ms. de Beaune, 
éd. L. de Montille, p. 14L) 

Et tant maillierent et frappèrent l'un sur 
l'aultre que, en pou de temps, leurs cops 
furent fais et acomplis. (Oliv. de la 
Marche, des Gages de bataille, p. 88, Prost.) 

Chascun frappe et maille. 
(Actes des apost., vol, I, f° 154*, éd. 1537.) 

Nous laisserons Bourguignons et Lor- 
rains bucquer et mailler au dit siège. 
(Molinet, Chron., ch. xxxm, Buchon.) 

Chascun y monstroit sa force en maillant 
l'ung sur ï*autre menu et souvent. (Per- 
cefor., vol. 1, c. 32, éd. 1528.) 

Mais fiert et frappe et roulle et maille. 
(Jaloux gui bat sa fem. t Poés fr. des xv e et 
XTI" s-, III, 162.) 

— Act., battre, frapper : 

Li uns le fiert, l'autre le maille, 
Li mastins durement baaille. 

(Ben., Br. X, 603, Martin.) 



MAI 



MAI 



MAI 



73 



Ainsi llert, et frappe, roulle et maille 
Celé qui brait et crie et baille. 

(Rose, Vat, Chr, 1522, f° GO 1 *.) 

Ses contraire* a si buisies 
Al branc d'achiet, et tant malkits 
Ke lor escui a detalheis. 
(Jak. de Basiu, des trois Chev. et del Châin&e, 
228, Méon, Nouv. Rec, I, 98.) 

Tuit cilz que j'ai nommes qui ont Girart rescous 
Ont le plus de Franceois si durement escous 
Que plus sont defroissié n'est de f ru mont la paille 
Quant, a quatre fléaux de foit bras l'on la maille, 
(Gir, de Roua., 5265, Mignard.) 

bit fît ces cors de toutes parts 
D'armea debatuz et mailliez. 
(Watriquet, DU dupreu Chevalier, Richel, 24432, 
f° 389 e .) 

Tant chauffe on le fer, qu'il rougist ; 
Tant le maille on, qu'il se debrise. 
(Villon, Bail, des Prov., Jacob, p. 148.) 

Icellui le Douche s'efforça de prandre le 
suppliant a la gorge et le vouloir maller. 
(1471, Arch. JJ 197, pièce 110.) 

S'il vous maille sur la teste, je ne don- 
neray pas ung denier pour vostre vie. 
(Palsgrave, Esclairc, p. 632, Génin.) 

— Maillierun coup, donner un coup de 
maillet : 

Grans cops i done et hurte et maille. 
(Othevien, ms. Oxf, Bodl. Hatton 100, F 90 r°.) 

Monsg r Gérard frappoit et mailloit les 
cops si grans que il sembloit que ce feus- 
sent coups d'homme immortel. {Girart de 
Rossillon, ras. de Beaune, éd. L. de Mon- 
tille, p. 399.) 

— Réfl.j se frapper réciproquement : 

Des pnins, des espees se maillent 
Es tisaiges et es maUieles. 
(Gid. deMontr., la Violette, 1973, Michel.) 

Suisse rom., mailler, v. a., tordre, 
fausser, froisser, marteler. Mailler uue 
clef. Mailler un osier pour en faire un 
lien. A force de le tirailler il a Uni par lui 
mailler le bras. Au neutr., se dit de la 
viande qui a été cuite trop fraîche, et qui 
s'aplatit* s'étend, s'écrase sous la dent plu- 
tôt que de se couper. Ce mouton serait bon 
s'il ne maillait pas tant. (Bonhôte, Gloss, 
neuchât.) 

2. mailliez maltier, maeler, verbe. 

— Act„ revêtir d'une cotte de mailles : 

Si Cosme duc de Florence n'ewst tous- 
jours esté bien maillé quand il empiéta la 
seigneurie, on l'eut tué cent fois. (Bodin. 
Rep., IV, 7, éd. 1583.) 

Mailler, pour endosser une cuirasse, 
était encore en usage au xvn a siècle. 

— Réfl., s'empêtrer dans des mailles : 

Il faut retirer du panneau assez pour 
estre iasche, afin que le loup s'y maille et 
s'y embrouille. (Salnove, Ven. t p. 276, ap t 
Ste-PaU 

— Mailliè t part. pass. et adj., formé de 
mailles : 

Oue sur ôscuz e sur quirees 
E sur broines menu maelees 
Bruisent mil lances de sapin. 
(Ben., D. de tform., II, 3767, Michel,) 

Ghauces de fer ti baillent, hauberc mailliê menu. 
(J. Bod., Sax., txxxii, Michel.) 



Et li haubers menu mailliez. 
(La Charrette, Vat. Chr. 1725, f° 15*'.; 

Les ,ii. haubers U faussent, qui sunt maillé menu. 
{Fïerabras, 1682, A. P,) 

Il a un blanc anbert vestu 
Fort et serré, maillié menu. 

(Partnn., 9613, Crapelet.) 

Et blanc aubère menu maillié. 

(/*., 2979.) 

Ce sunt hauberc maillié menu . 

{Blancand., 80, Michelant ) 

Une chasucle mailliee. (Inv. du très, de St- 
Sauv., Cart. de St-Sauv. de Metz, Richel. 
1. 10029, P 67 r°0 

De sa toile maillée ourdissoit le3 filets- 
J -A. de Bmt, Poèmes, 1. VIII, Lemerre, II, 379.) 

— Dont le tissu est serré, solide : 

Le maillé cordage. 
(Gauch., Plais, des Champs, p. 199, éd. 160^.) 

— Dans cet autre ex. le sens est peut- 
être dont les parcelles sont fines, en par- 
lant du sable^Tjyoir le bas de cette page.) 

Eo haut bos, près de fontenele 
Courans seur maillié gravele. 
(A de la Halle, UJus Adan, Th.. fr, au m. à., 
p. 57.) 

3. maillier, mailler 3 maller, marier, 
v. a., marner, mettre de la- marne, de 
l'engrais sur une terre : 

Si comme a fumer ou a maller, ou a 
vigne planter. (Beaumait, Coût. duBeauv. t 
XIII, 16, Beugnot.) 

Doit maller toutes les terres. (Ch. de 
1285, ap. Duc, Mallare.) 

Or refait ses tieres marier 
Et faire entonr fosses et haies. 
(Baud. deCondé, li Contes de J'aiw,222,Scheler.) 

Les Grecs n'ont mis en oubly ce mail.,. 
Ils appellent leucargillon uue terre grasse 
blanche, dont ceux d'Alcatoe avoient ac- 
coustumé de mailler leurs terres, et prin- 
cipalement celles qui estoient froides et 
humides. (Du Pinet, Pline, xvn, 7, éd. 
1566.) 

Se disait encore au xvti' siècle ; 

Mailler ou fumer un champ, luy donner 
du mail ou de l'amendement ; mailler une 
cisterne ou un puits et autres choses, 
plastrer ou enduire par dedans d'une 
crouste déciment. (Duez, Dictfr.alL-lat., 
Amsterdam 1664.) 

Bessin, mâler, fumer un champ, 

4, maillier, merlier^ s. m., marnière: 

Pour leur manoir et merliers. (Denombr. 
des baill. d'Arn., Arch. P 137, f» 109 r«.) 

Cf. Mailliere, 

1. mailliere, mailhere, s, f., étendue 
de terre qui rapporte une maille : 

La quatrième pièce contient trois mail* 
hères et une lievrade de pré... (1471, Arch. 
JJ 197, pièce 159.) 

2. mailliere, malliere, maliere } mar- 
liere, moliere, molliere , mouliere } s. f., 
mine de marne, puits à marne, marnière, 
fondrière : 

Sire, ce n'est marliere viez 

Ne grant fouseï ne parfont biez. 

(Renarl, Br. XXII, 4M, Martin.) 



Le tere dehors le pont duskes as mal- 
Itères. {Charte de 1247, Moreau 168, f" 77 r», 
Richel.) 

Les maillieres sont kemuns a aisément 
as homes. (1247, Ch. de R. de Baves, ap. 
Duc (> ifar/a.) 

Item 1û bois de Bruisselle... item les mo- 
lieres de ce bois, {Chart. de Blanche de 
Navarre, f° 248, ap. Duc, Moleria 1.) 

.1. arpent de terre séant a la malliere 
tenant a la terre Pierre le filz Symon, 
(1283, Cart. de Si-Denis, Richel. 1. 5415, 
p. 399'.) 

Item les molieres de ces bois. (1300, 
Cart. de S.-Germ t des prés, Arch. LL 
1026, f» 248 v°.) 

Et l'autre pièce (bute) sus les mallieres. 
(13i2, Ch. du garde du sceau de Valognes, 
S.-Sauv., Hamesvez, Arch. Manche.) 

Soit ou en forest ou en près, 
Ou soit a puis ou a marliere. 
(Alard, C 0ïi * d'Anjou, Richel. 765, f» 25 r°.) 

En la pièce qui hurte sur les molieres. 
(1323, Arch. JJ 61, f° 131 v°.) 

Icellui Polart... avoit esté occit et mis a 
mort... et par lesdïz malfaiteurs avoit esté 
porté et geté en une malliere. (1380, Arch, 
JJ 118, pièce 423.) 

Treise arpens de terre seans ou terroer 
de Boulay, entre les meulières et cres- 
ches, (1387, Arch. MM 3i, (° 31 r".) 

Se ilz chevauchoient cellui pays ilz 
trouveroient tant d'empeschemens de 
mollieres et de mauvais passaiges qu T ilz 
ne se pourroient tenir ensemble. {FrûIss., 
Chron., Richel. 2644, f û 232 r*.) 

Iceulz estocqz sont mis et assiz diverse- 
ment en plusieurs lieux (du fossé) pour 
les molieres. (1497, Compt. faits p. la ville 
d'Abbev., Richel. 12016, p. 108.) 

A poy que ne me voy3 occire 
Ou jecter en une maliere, 
Sy en devant uy en derrière 
Vous voyes en moy deshonneur, 
Ke ru'espargnes poinct. 
{Farce du Bon Payeur, p, 17, ap, Ler. de Lincy 
et Michel, Farces, moral, et serm. joy. } t. III.) 

ïceulx maire, eschevins et bourgeois, 
ont de toute anchienneté accoustumé de 
mener leurs bestiaulx pasturer sur les 
larris et molieres scitueez près dudit Boi- 
mond. (1507, Prêv. de Vimeu, Coût, loc. 
du baill. d'Amiens, t. I, p. 386, Bouthors.) 

Si d'aventure la mailliere d'où est tiré 
ledit mail se rencontre parmy des fon- 
taines, ce mail rendra la terre desmesure- 
ment fertile. (Du PiOt, Pline, xvn, 7, éd. 
1366.) 

En la maison d'un gentilhomme estoit 
une chienne de bien, laquelle eut cinq 
chiens d'une portée, que l'on jetta dans 
une marliere, pour cause qu'elle avoit esté 
mastinee. {Nouv. Fabrique des excell. 
Traits de vérité, p. 114, Bibl. elz.) 

Terre tremblante, et pleine de mollieres. 
(Kavin, Th. d'hon., I, 152.) 

Bessin, matière, fumière, H.-Maine,woJ- 
lière, fondrière. Meuse, mârleilre, mare 
d'eau croupissante. 

3. mailliere, maailliere, - 1ère, adj. 
t., qualiiiant une femme qui se livre pour 
une maille ; 

Je ne sai rien de putain chanberiere 
Qi ait esté corsaus ne maaillere. 
{R. de Cambrai, Richel. 2493, f° 20 r°, A. T., 
1329.) 



76 



MAI 



MAI 



MAI 



Je ne fu onques corsaus ne maailliere. 

(Ib., 1338.) 

maillis, s. m., clôture en fer maillé : 

Item unaininsulam, l'isle d'amours nun- 
cupalam, in salicetis undique plantatam, 
a maillis gallice clausam. (1536, Arr. du 
Pari, de Paris } Cart. de Chissé, ap. Duc, 
Mail.) 

MAIL.L0EL, VOIT MAILLOL. 

i. maillol, - oul t - ocîj mailol, mail- 
iuel 3 s. m., maillot : 

En la cambre vont cil tôt droit 

U li enfes petis estoit, 

Porté l'en ont en son mailloel. 

{Siégeât Theb., Richel. 375, f* 36 e .) 

Le bers i troeve et le mailluel. 
(Dr. Gombert, 101, Montaiglon, FabL, I, 541.) 

Mais, puis que je geu eu mail lue l, 
Ne vi chevalier mix venant. 
(Sarrazïn, Rom. de Ham, ap. Michel, Hist. des 
ducs de Norm., p. 299.; 

— Sac de mailles pour enfermer un 
oiseau : 

Et îi vente oultrageusement,... 
Je ne liens pas cellui pour Jol 
Qui adonq le mect a mailol. 
(G. de la Bigne, f° 90, ap. Ste-Pal.) Var,, mail- 
îovl. Ois. Ars.) 

2. maillol, mailhol, malloil, s. m,, 
sarment, sorte de provignure : 

Columelle dit que si Ton veut faire que 
les raysins n'ayent point de grains par 
dedens, l'on doit fendre et partir le mal- 
loil ou le serment que l'on veult planter 
par le millieu. {Platine de honneste vo- 
lupté, f<> 12 r°, éd. 1528.) 

Puis ces maillolx, plantes, sarmens, ra- 
cines, prouvins, n'est ce point assez pour 
repaistre l'œil humain? (Devis sur la 
vigne et vend. d'Ort. de Suave, éd. 1542-} 

— Vigne nouvellement plantée : 

Le suppliant print... son fessouer pour 
aller houyer ou fougier en ung mailhol ou 
vigne nouvellement plantée. (1459, Arch. 
JJ 188, pièce 56.) 

CL Maillkton. 

mailloler, mayloler, v. a., envelop- 
per d'un maillot : 

Kauot li enfes serra oez 
Cel enfaunt dounk maylolez. 
(G. de BiBLEswoRTn, 5, Meyer, Rec, p. 301.) 

maillolet, s. m., petit maillot : 

Si vous oi plorer tôt sol sanz compaignon 
El maillolet petit qui fu de grant renon 

{Mauçis d'Aigr., Richel. 766, f Q 9 v°.) 

Encore en ai le paile qui est a or sarli 
Ou fus envolepé n maillolet peti 

(le., ms. Moûtp. H 2-17, V 11S\) 

Et les puceles eutresoit 
L'ont lavé et apareillié, 
Puis l'ont el maillolet couchié, 

{Flonmant, 543, Michel.) 

L'enfant î.u maillolet et es mains des 
nourrices. {(% delà Marche, Mêm. t p. 618, 
éd, Denis Sauvage.) 

— Petit sac de mailles pour enfermer 
un oiseau : 

Mettez vostre oiseau en maillolet, (Du 
Fouilloux, Faucon., f° 32», ap. Ste-Pal.) 



1. maillon, s. m., maillot ; 

Qui m'a esté plus doulx que moïc 
A enfant levé de maillon. 
(Villon, Grant Test., lxxyu, Jacob, p. 61.) 

2. maillon, s. in., lien pour attacher 
la vigne : 

Quant est de l'appuy, s'il ne le fault re- 
faire de neuf, ou mettre quelque nouvelle 
perche, suffira renouveller les liens et 
maillons. (Gotereau, Colum. t IV, 26, 
éd. 1555.) 

— Nœud : 

Un maillon, nodus. (Fed. Morel, Petit 
thresor de mots françois, éd. 1632.) 

Centre de la Fr., maillon, maille ou 
anneau d'une chaîne, nœud qui réunit les 
deux poignées de glui destinées à former 
par la torsion de leurs extrémités le lien 
d'un fagot de paille, 

MAILLOQUKjS. f. ? 

Croyx a mailloques. (5 fév. 1535, Ârr., 
Arch. mun. de Bord., Reg, des clercs, 
f» 13.) 

maillot, s. m., maillet : 
Cil fiert o le maillot desus. 

(Dolop., ras. Chartres 620, f° 30*.) 

Et fait mailloz pour batre lesd. paulx a 
faire le piloteiz. (1452, Compl. de Nevers. 
CC 48, f°6 v, Arch. mun. Nevers.) 

Ung maillot de horme pour batre les 
esguilles. (1462, ib., CC 57, f" 16 v°.) 

A faire les mailloz et mectre a poinct les 
paulx. (1468, ib., CC 63, f° 23 r<\) 

1. mailloter, v. a., emmaillotter : 
Fist porter ledit père en sa compaignie 

par ladicte norrice sondit enfant en pèleri- 
nage en l'église de Saint Germain des 
Prez lez Paris, ou ilz firent offrandes pour 
ledit enfaut, et y laissèrent l'une des bandes 
de quoy l'en envelopoit a mailloter. (1424, 
Arch. JJ 172, pièce 430.) 

Maillotez bien, or amaillottez bien vostre 
enfant, nourrice. (Palsgrave, Esclairc. de 
la lang. franc. , p. 744, Genin.) 

Et fier herseau ou je fus maillotê. 
(Vasquin Pmlieul, Euv. tmlg. de Fr. Pétrarque 
p. LU, éd. 1555.) 

Puis luy on oindras les reins (de la ma- 
lade) et mettras après des estouppes 
chaudes dessus, puis la maillotte, comme 
on fait les petits enfans, (Les secrets d'Alexis 
piemontois, p. 47, éd. 1588.) 

2. mailloter, - otter, v. a., frappera 
coups de maillet : 

Je maillotte — I mail cloddes. Maynte- 
nant qu'il a fait de labourer nostre terre, 
allez \amaillotl0i\ (Palsgrave, Esclairc. de 
la lang. franc., p. 632, Génin.) 

Pour la fin, en dernier martyre il fusl 
roué et maillotte, dont il ne mourut point, 
car on ne luy avoit donné que sur les bras 
et jambes pour le faire plus languir, 
(Brant., Grands Capil. estrang., 1. I, c, 
xxvn, Bibl. elz.) 

Afin qu'en tirant la graine (du lin), en la 
maillolant, telles ordures ne soyentmeslees 
avec la filasse. (Lïebault, Mais, rust., p. 
658, éd. 1597.) 

— Maillotê, part, passé, fabriqué à coups 
de marteau : 



Qu'a Juppiter sont de sa main mobile 
Tollus les dardz en Etna maillotez. 
(V. Philieul, Euv. vulg. de Fr. Pétrarque, p. 19, 
éd. 1555.) 

mailloul, voir Maillol. 

maillu, adj. , formé de mailles : 

Lor hyaumes résonner et croître lour escus, 
Et ferir des espees es bons aubers maillus. 

{Vêtu dou paon, Richel. 1554, F 120 r°.) 

Et ferir leurs espees es bons baubers maillus. 

(Ib., ms. Brux. 11191, f* 140 v<\) 

Il li a son escu d'outre ea outre fendu 

Et sus le bras senostre trenchié l'aubert maillu. 

(là., ms. Rouen, f° il 3 r°.) 

MAILLUEL, VOir MAILLOL. 

mailol, voir Maillol. 

M AIMANT, VOir MEEMENT. 

maimbourg, voir Mainboub. 

MAIMBOURNIE, VOir MAINBOURME. 

MAIMBOURNISSEMENT, VOÏ1* MA1NBOUR- 
NISSEMENT. 

MAIMBURNIE, VOir MAINBOURNIE. 

MAIMEMENT, VOÎT MeïSMEMENT. 

MAIMPLANT, VOir MA1NPLANT. 

main, s. f., mot conservé, formant dans 
l'anc. langue un grand nombre de locu- 
tions : 

— Avoir en main, être maître de, pos- 
séder : 

Je suis sa mère nourrice, qui ay tous ses 
secrets en main. (Amyot, Theag. et Car., 
en. xx, éd. 1559.) 

— Avoir a main, dans le même sens : 

yavois ce langage (le latin) en mon. en- 
fance si prest et si a main qu'ils (mes 
maîtres) craingnoient eux mesmes a m'ac- 
coster. (Mont., Ess., I, 25, f° 65 r°, éd. 
1588.) 

— Prendre la parole en main, prendre la 
parole : 

Artus'prtW la parole en main. 

(Tristan, 1,4150, Michel.) 

— Mettre les mains en, mettre la main 
sur: 

Us disent qu'on a mys 
En eulx publiquement les mains. 
(Act. des Aposl., vol. II, F 18 e , éd. 1537.) 

-~ Toucher a la main, toucher du doigt, 
comprendre aisément : 

Nous touchons a la main que la forme 
de nostre estre despend de l'air, du climat. 
(Mont., Ess,, II, 12, f° 243 r», éd. 1588.) 

— Main à main, côte h côte : 

Main a main vinrent en la sale. 

(Marie, Lai de Gugemer, 765, Roq.) 

Gerars et Hues sont main a main aies. . 

{Huon de Bord., 9036, A. P.) 

En un enclostre a moines main a main se rendi. 
{Poème mor., ms. Oif. Bodl., Canon, mise. 74, 
f° 24 r<\) 

U qu'il fuist main a main s'en turnoient fuiant 
(/*., f 27 r°.) 



MAI 



MAI 



MAI 



77 



La première alloit a Madamoiselle de 
Bourbon, et puis Madamoiselle d'Estampes, 
et puis Madamoiselle de Coimbre : mais 
elles alloienl touttes main a main, (àlikn. 
de Poigt., Bonn, de la Cour.) 

— Combattre main à main, combattre 

corps à corps : 

Hz vindrent combatre et escarmoucher 
lesditz Angloiz main a main. (J. Chàrtier, 
Chron. de Charl. VU, c. 54, Bibl. elz.) 

Se disait encore au xvn 9 siècle : 

La fut combatu main à nain. (D'Ablan- 
court, Trad. de Tacite, Ann.,lï, 2.) 

— De main en maint de main a main, 
tout de suite, les uns après les autres : 

Quant ils furent a cheval, ils vindrent 
aux tentes ou la chevalerie descendoit, et 
les allèrent festoyer demain en main jus- 
ques a soleil couchant. {Perceforest, M, 
f ° 135, éd. 1528.) 

Voyla l'histoire qu'Androdus . recita a 
l'empereur, laquelle il fit aussi entendre de 
main a main au peuple, (Mont., Ess., 11, 12, 
f 197 r°, éd. 1588.) 

— A main sauve, en sécurité : 

A main sauve. Safely, securely, without 
any manner of losse, dammage, or dan- 
ger, (Gotgk., éd. 1611.) 

— Entre mains, en train : 

Geste discentlon avoit occupé les cou- 
raiges des hommes en ung temps qui 
n'estoit pas convenable pour ce que tant 
de guerres estoient entre mains. {Prem. 
vol. des grans déc. de TU. Lîv., f° 78 e . 
éd. 1530.) 

— Aler de sa main, terme du jeu de dés, 
être le premier à jouer ; 

Cilz ala de sa main ; 

Gaigûe .x. frans ; j'ay mon argent perdu. 
(E. Deschamps, Poés., Riche!. 840, f° 20" a .) 

— Être plus à main, être plus à portée 
Ma résolution estoit de m'approeher de 

Castres, afin ô'estre plus a main pour ap- 
pliquer le remède au mal, (Janvier 1580, 
Lett. miss, de Henri IV, t. I, p. 269, Berger 
de Xivrey.) 

— Bon à la main, facile à conduire : 
François et Gascons estoient montez sur 

bons et forts chevaux, vistes et bons a la 
main, et pour ce abbatoient et tomboient 
tout ce qu'ils trouvoient a eux contraire. 
(A. Chaut., Charles VU, ap. Ste-Pal.) 

— Bien à lamain, agréable, commode : 
Ce voiage la ne nous est pas bien a la 

main, il nous est trop loingtain. (Froiss., 
Chron., XIII, 96, Kerv.) 

— Mal d la main, en la main, désa- 
gréable, incommode : 

Honguerie est uns trop lontains pais et 
mal en ,emain pour les François. (Froiss., 
Chron., X, 374, Kerv.) 

La Turquie est ung pays moult grant et 
mal a la main pour errer et chevauchier. 
(ïd., ib. t XVI, 38.) 

— A la bonne main, à droite : 

Qant ce vint a l'endemain, toute li hoos 
fu logie en Escoce, et laierent Bervich a la 
bonne main. (Froiss., Chron., I, 327, Luee, 
ms. Rome.) 



— Avoir la main douce, terme de véne- 
rie, être manié doucement : 

Si (l'oiseau) n'a la main douce et le 
maistre débonnaire qui le traicte amiable- 
ment, il ne s'apprivoisera jamais. (Budk, | 
des Oiseaux, f° 108 d t ap. Ste-Pal.) | 

— Avoir mauvaise main a, avoir de la 
peine à : 

Aussi me trouve je par expérience avoir 
mauvaise main et infructueuse a persuader. 
(Mont., Ess., III, iv, f° 363 r°, éd. 1588.) 

— Venir sur la main, créer des em- 
barras : 

Car les gherres d'Engleterre li vinrent si 
sur le main qu'il li convint cesser sa dévo- 
tion. (Froiss., Chron., VI, 370, Kerv.) 

— Faire la main de, agir au gré de : 

Se vous voules, faire la main de vos 
deux oncles. (Froiss., Chron., XJ, 7, Kerv.) 

— Partir de la main, faire ou dire quel- 
que chose de premier mouvement : 

BiW'md, par tant de la main, luy répliqua. 
(Du VillarS, Mém.) XI, an 1559, Mi chaud.) 

— Jouer des mains basses, faire main 
basse, massacrer, égorger : 

Si on eust joué des mains basses en ce 
lieu d'Orléans comme il estoit aisé, nous 
n'eussions veu les troubles et guerres ci 
viles que se sont veues. {Brànt., Cap. fr. t 
III, p. 79, éd. 1666.) 

— Mener les mains basses contre, faire 
main basse sur : 

Il arresta que Ton meneroit les mains 
basses contre tous ceux de ceste religion, 
(N. Pasq., £««., IV, 6, éd. 1723.) 

— Être bas d la main, se laisser facile- 
ment gagner par de l'argent : 

— Hz l'ont mis dehors par pecune. 

— Vous y avez donc vostre part. 

— Mauldict soit de Dieu Àgrippart 
Et tous ces compaignons aussi, 

Se a cause de cest non me cy 
Eust oacques maille ne denier, 
Mais vous enquerrez ce geoUier 
Et BriffauU son cousin germain, 
Car tous deux sont bas a la main, 
Au moins s'ilz ne se sont changez. 
Met. desApost., vol. I, f° 139 e , éd. 1537.) 

— Main s'est employé au sens dépeuple: 

La main menude ki Talmosne de3ire[n]t, 
S'il nus funt presse. 

(Alexis, \i fl s., st. I05 d , Stengel.) 

teste mains chi truanderie 
Est nommée et coquinerie. 
(Deguillevillb, Trois peler., ap. Duc ,11, S93, 
éd. Didot.) 

— Espèce, condition : 

Je sui chii qui tôt a vaincu, 
* Je sai H miedres de ma main. 
(R. de Houdehc, Rom. des Eles, 132, Scheler, 
Trouv. belg., nouv. sér., p. 253.) 

— De basse main, de basse extraction : 

Cil n'erent mie castelain, 
Ne vayassour de basse main, 
Aiûs ert rice roi et paissant. 

(Ben., Troies, Riche! 37H, r> 81 M 

N'en i a un ul de vilain, 
[Se qui soit nés de basse main. 
(Etcocle et Polin., Richel. 37S, f°48 9 .) 



C'a fait uns nom de basse main 
Que j'alevai, fils d'un vilain. 

(Parlonop., 357j, Crapclet.) 
Chevaliers ne doivent pas estre enai 
menés comme bourges, ne bourges et 
gens de basse main com chevaliers. (Ass. 
de Jerus., ch. 2, ap. Ste-Pal.) 

Par ma foy sire je sui3 ung 
Gentil horn;ne de basse main. 
(AcL des Apost,, vol, ÏI, f° 83\ éd. 1537.) 

Comme un gentilhomme, 
Je cl y gentil de basse main. 

{ïb., f°112\) 

— Députe main, dans le même sens : 

Graut joie maioDent li serf de pute main, 
Il en apellônt Fromont le fil Alain 
D'autre traison querre. 

(Jourd. de Blaivies, 148, Hoffmann.) 

La femme al vilain 
Ki moult estoit de pute main. 

(MousR., Chron., 13701, Reiff.) 

— Main s'est employé de diverses ma- 
nières dans le sens d'action, d'effort : 

Je vous prie donc, mess", continuer 
de mesme main. (13 janv. 1581, Lett. miss, 
de Henri IV, t. I, p. 349» Berger de Xivrey.) 

J'envoy une despeche hien atople aux 
s rs de Saint Vincent, vicomte de Gour- 
don et de Bournasel, pour tous ensemble^ 
ment, et d'une commune main, s'employer 
a lareddilion de la dicte place et punition 
de ceulx qui y sont dedans. (5 fév. 1582, 
ib. s t. I, p. 438.) 

— Tout d'une main, pour signifier tout 
d'une suite : 

Apres disner, ce jour tout d'une main, 
Le roy alla coucher a Sainct Germain. 

(A. de la Vigne, le Vergier d'honneur.) 

Apres quelques propos par luy desduits 
sur la cause et motif de son entreprise, il 
adjouste tout d'une main... (Pasq., Rech., 
I, 10.) 

— A sous main, en sous main : 

On voit déjà l'appareil des gendarmes 
Comme a sous main finement se dresser, 
(Roxs., les Poëm., 1. Il, les Nues, p. 2G1, 
Bibl. elz.) 

— Par sous main, dans le même sens : 

11 est bon et expédient de luy celer et 
luy faire couler le bien et secours par 
sous main. (Charr., Sag., 1. 3, c. xi.) 

— De toutes mains, à tout propos : 

Nostre roy va dire en latin, car il s'en 
aidoit a toutes mains : Consuetudo altéra 
natura. (G. Bouchet, Serees, 1, 164,Roybet.) 

— Avant les mains, avant la main,avant 
main, d'avance, préalablement : 

Pour douze livres et diz soulz de tour- 
nois dont je me tieng pour bien paie (tuant 
les mains. {Ch. de 1293, S.-Wundr., Arcb. 
S.-Inf.) 

Comme Estienne Bertran charpentier 
eust pris de Thomas Girot exposant ceri 
tains ays a soyer, parmi certains pris 
d'argent que ledit Bertran lui en paia 
avant la main. (1377, Arch. JJ 112, pièce 
29.) 

Mais pensez y, de par le diable, 
lit me payoz avant ta main. 

{iïouv. ralhelin. p. 161, Jacob.) 

Et combien que vous n'aiez rien prins, 



78 



MAI 



MAI 



MAI 



il vous en prisera bien mieux, et vous 
donra après plus largement que si vous 
eussez prins de luy avant la main. (Quinze 
pyes de mar., y, Bibl. elz.) 

Je le te dy affin que tu ne faces rien 
folement, ne que tu n'ayes cause de dire 
que on ne le te avoit point dit avant la 
main. {Therence en franc. , f° il r°,Verard.) 

Mais avant la main furent par Nostre 
Sainct Père advertis et priez de ne point 
ennuyer l'Empereur en propos. (Guill. 
du Bellay, Mêm. t 1. V, f° 154 v°, éd. 1569.) 

Et jarecueilloit avant la main le fruict 
et contentement de la victoire qu'il tenoit 
sienne indubitable, (]D.,ib., l/VH,f° 199 v«.) 

Pourquoy praticquent les médecins 
avant main la créance de leur patient, 
avec tant de fauces promesses de sa gue- 
rison, si ce n'est afin que l'effect de l'ima- 
gination supplisse l'imposture de leur 
aposeme ? (Mont., Eu., 1. 1, c. 20, f° 36 r°, 
éd. 1588,) 

— Devant la main, comme sous la main : 
Et dont j'ay labeur assez devant la main » 

grâce a Dieu. (0. de la Mahche, Mém., T, 
22,Michaud.) 

— Main forte, secours : 

D'autre part, si ces impétueuses furies, 
sans que vous y mettiez ordre, exercent 
toujours cruauté par prisons, fouets, gé- 
hennes, coupures, brûlures : nous certes, 
comme brebis dévouées a la boucherie, 
serons jetés en toute extrémité ; tellement 
néanmoins qu'en notre patience nous pos- 
séderons nos âmes, et attendrons la main 
forte du Seigneur. (Galv., Instit, chre&t., 
pref. au roi, éd. 1561.) 

— En particulier secours qu'on prête à 
la justice, afin que la force demeure à 
ses agents, et que ses ordres soient exé- 
cutés, signification dont nous n'avons 
rencontré d'exemple qu'au xvii' s. ; 

Henry, qui d'abbé de Clervaux avoit 
été fait évoque d'Albe, ayant, en qualité 
de légat, assemblé des troupes assez nom- 
breuses, les alla visiter (les popelicains) 
avec main forte l'an 1181. (Mkzer., Âbr. 
de VHist. de France, Eglise du xii« siècle.) 

— On a dit, tenir la main forte } tenir 
main forte, comme prêter main-forte : 

Ausquels grands jours seront tenus les 
gouverneurs, nos lieutenans généraux des 
provinces, avec les baillifs et senescliaux 
d'icelles, assister en personne, pour tenir 
main forte a la justice et exécution des 
arrests. (Ord. de Henry III, Blois, mai 1579, 
ccvi.) 

Le Sénat craignant que ceste accusation 
de Milo, qui estoit homme courageux et 
personnage de qualité, ne fust cause de 
quelque trouble et sédition en la ville, 
donna commission a Pompeius de tenir 
la main forte a la justice. (Amyot, Vies, 
Cicero, éd. 1563.) 

Accompagné des plus gens de bien el 
des plus apparents de la ville, qui l'en- 
vironnoyent tout a Tentour et luy tenoyent 
la main forte. (Id., ib,) 

Veuilles, sage prela-t, l'appuy des bons espris, 
Me tenir la main forte, et voy de ma jeunesse 
Ces très humbles presôns, qu'arable vers toy j'a- 

[dresse. 
(Tahoreau, Po«., à Mgr le Card. de r.uyse, éd. 
1571.) 



™ Tenir main forte s'est aussi employé 
en parlant de choses morales, pour signi- 
fier protéger ; 

Tenant main forte a la droiture, 
(J.- A. de Bmf, Mimes, l. II, P 81 r°, éd. 1619.) 

— Main forte s'est dit pour violence en 
général ; 

Le premier fui qui par çuerre et main forte 

A mis soubz pied mon renom d'invincible. 

(J. Mahot, VoUge de Gènes, f 8 20 v°, éd. i?>32.) 

Or je vay donc user d'une main forte 
Pour vous avoir. 
(Rons., Amours, n, 65, Amourette, Bibl. ilzj 

Pour autant que tous me cognoissent, 
De crier et heurter ne cessent, 
Us ans quasi d'une main forte 
Pour rompre et enfoncer ma porte, 
Depuis quinze jours seulement 
Qu'ils ont peu entendre le vent 
De dame Agnes, qui Bit chez moy. 

(Grevin, les Esbahis, m, 1, Bibl. elz.) 

— A forte main, comme d main forte : 

ISe édifiez la haulte tour Babel 
Pour assaillir le ciel a forte main. 
(Grihg., Folles Entrepr., p. 20, Bibl. elz.) 

Il y en a qui par leurs fiers oullraiges 
Veullent avoir d'autruy les heritaiges, 
Contre raison y vont a forte main. 

(Id., ib., p. 2-*.) 

A forte main possession prenez 
Des dignitez. 

(Id., ib., p. 96.) 

— De môme, par main forte : 

Dites de quel costé vous prendrez a plaisir 
Que j'aille par main forte un empire choisir. 
(J, de Schel., Tyr et Sidon, 2* journ., v, 5, 
Bibl. elz.) 

— Avec main forte, au sens moral, 
violemment, de haute lutte : 

Tu ravis d'Apollon la lyre avec main forte. 
{Sonnet de irès-ill. princesse Anne de Hohan t A 

Prométbée sur son larcin, en tète des Trag. 

de d'Aub., Bibl. elz.) 

— Et encore dans le même sens, de 
main forte : 

Il faut que la faces ranger 
A mon vouloir en quelque sorte 
Oa par prière ou de main forte 
Ou sans bruit... 
(J.-A. db Baif, VEunuque, h, 3, éd. 1573.) 

— Dans la langue juridique, main a 
signifié pouvoir, autorité de suzerain : 

Que il ne ses heirs ne autres qui aient 
cause d'eulx leur puissent demander hom- 
mage, aidez, reliefs, leurs mains passans 
ou demourans, ne autres redevanches 
quellez que ce soient. (1313, Cart. de 
Préaux, f° 162 v°, Arch. Eure.) 

— Garantie, sauvegarde ; 

Et veul ke ki k'il soit ki cheste mairie 
Leara ne maniera, k'il soit tenus de paier 
les douze livres devant dites et de faire 
piainne main au devant dit Lambert. 
(1273, Arch. Nord, B 130.) 

En enfraignent noslre dite main et sau- 
vegarde. (Ch. de 1398, Arch. Loiret, la 
Cour-Dieu.) 

Par ces présentes levons et osions la 
main du namptisseiuent par eulx baillé. 
(1479, Cart. Esdras de Corbie, Richel. 1. 
17760, f> 72 r<\) 



— Droit de main et d'issue, droit d'entrée 
et de décharge levé sur les voitures de 
bois : 

Toutes personnes qui viennent carier 
bois... soit qu'ils l'ayent acheté ou le 
carient a l'argent, doibvent droict d'issue 
et de main, (1561, Coût. deSaulty> Nouv. 
Coût, gén., 1,407".} 

— Vendre d la main } vendre de la main 
à la main : 

Les biens immobiliaires des mineurs 
que l'on vendra... doivent estre vendus 
publiquement et a l'enchère, et non a la 
main, si ce n'estoit que les tuteurs eussent 
obtenus une permission spéciale pour les 
pouvoir vendre a la main, après avoir dé- 
claré le prix qui en est offert. (1667, Coût, 
de Bruges, Nouv. Coût, gén., I, 586.) 

— Main ouverte } partie pour laquelle la 
procédure est ouverte : 

Devront toutes matières provisionnelles 
pour main ouverte et semblables estre 
plaidoyees verbalement. (1619, Coût, de 
Hainaut, Nouv. Coût. gén t> II, U2 b .) 

— Main close, partie pour laquelle la 
procédure est close : 

Les sergeans seront tenus de faire 

les commandemens, significations,.... et en 
cas d'opposition de partie, luy assigner 
jour compétent... toutesfois les matières de 
complainte pour prisonniers, ou main 
close, requérantes provision pour compte... 
se pourra donner journée de comparution 

flus briefve a la discrétion de la cour. 
1619, Coût, de Hainaut. Nouv. Coût, gén., 
II, 104.) 

— Main brisée, opposition au cours de la 
justice: 

Au roy seul appartient la cognois- 

sance, jugement, décision, punition et 
correction des asseuremens donnez et 

jurez en sa cour et des mains brisées, 

en quelque terre et juridiction que ce soit, 
et n en doit estre fait aucun renvoy. (Gr. 
Cout.de France, liv. I,p. 19, ap. Ste-Pal.) 

— Main séquestre, séquestre : 

Le seigneur du fief ne doyt lever les 
fruict et esmolumens de la chasse féodale, 

ne les faire siens, ains seront levez a la 

requeste des parties ou sinon offlcio 

judicis, par main séquestre, (Coût, de 
Berry, p. 363, La Thaumassière.) 

— Donation de main chaude, entre vifs : 
Chacun estant maistre de soy et ayant 

le pouvoir de disposer de ses biens, aura 
la faculté de donner de main chaude, et par 
donation inter vivos. (Coût, de fîero/î,Nouv. 
Coût, gén., I, 521.) 

De la donnation de main chaude. L'on ne 
peut donner de main chaude, dit inter 
vivos, plus que le juste tiers en gênerai de 
ses biens de souche, estant des héritages, 
{Coût, de la Seign. de Pitgam, Rubr. IX, 
Nouv. Coût, gén., I, 544 1 .) 

— Mains du foie, terme de physiologie 
ancienne : 

Les mains du foye. Certaine branches o* 
the port-veine, which convey the juicc of 
concocted méat unto the Hver. (Cotgb , 
éd. 1611.) 

2. main, metn, maint, adv., matin, de 
bon matin ; 



MAI 



MAI 



MAI 



79 



Quant hui main me dlst le mesaige 
Que la nef estoit aa rivaîge, 
Vos compaigDOOft armer feiates. 
(Ftoire et Blancheflor, V vers., 20*7, du Méril.) 

1er main a tierce aviouz jougleor, 
Or avonz duel et dammaige et tristor, 

(Jûurd. de Maints, 140, Hoffmann.) 

A ces mos li Galois entent 
Que c'est la roine al cors gent 
■Qui est en la vermeille tente 
Dont il perdi ai main la sente, 

(Durmars le Gallois, 4039, Stengel.) 

Mes hier main s'en ala au bois. 

(Coud, 492, Crapelel.) 



Apres commande a aprester 
Cou face le lit del chastelain 
Qui se lèvera, ce crôy, main. 



(Ib. t 262.) 



Au main lever est la jornee. 
(Ane prov., xm f s., ap. Ler. de Lincy, Prov.) 

Et dessoubz ses piez soir et main 
Un hanlt roy couronné tenoit. 
(Csr. de Pis., Liv. du chem. de long e$tude> 2342, 
Ptischel.) 

J'ay faict justice aoir et main 
Et au gentil et au vilîain. 
(Moral, d'ung. Emper., Ane, Th. fr., III, 138.) 

Le mal que seuffre soir et mains. 
(le Débat Je deux Dem., Poê*s. fr.des XV e et 
xvi« s., V, 285.) 

Lors lu y envoyé l'en, soirs et mains, 
Des sergens pour l'exécuter. 
(Jehan d*Ivry, les Secrefz et lois de mariage, 
Voês. fr. des xv 8 et xi\* s., III, 187.) 

— Bien main, de bon matin : 

Un jour s'estoït levés bien main. 

(Benart, SuppK, 19, p. 2, Chabaille.) 

— Employé avec matin : 

Quant vint au matin bien main, si firent 
li Saisne lor boisines soner. (Artur* Richel. 
337, f» i37 d .) 

Nous i serons le matin bien main. (MÉN. 
de Reims, 411, Wailly.) 

— S. m., le matin : 

La nuit i dort et au main s'en parti. 

(Les IoA., ms. Montp., f° 59 b .) 
Et Fromondins par main la messe oi. 
(Gar. le Loh., 2 e chans., xxxv, p. 158, P. Paris.) 
Un jor refo levé par main. 

(Ben., D. de Norrn., II, 25283, Michel.) 
Et nous, et au soir et au main, 
Le comparons hui et demain. 
(Rencl. de Moiliens, Miserere, st. xnr, 7, Van 
Hamel.) 

Quant il se départi au main 
Aincque puis n!ot jor le cuer sain. 
(Ren. de Beau-jeu, li Biaus Desconneus, 3658, 
Hippeau.) 

Dou main an soir et dou soir au main. 
(1294, Coût, de Dijon, Richel. 1. 0873, 
fo 27 r o.) 

Tel rit au mein qui au soir plnre. 

(Prov., Richel. 1. 16481, n° 107.) 
Fol garçon recréant, or puet on bien savoir 
Que voulez estre preBtre pour en repos manoir 
Et pour boire bon vin et au main et au soir. 

(Dit de Ménage, 285, Trébutien.) 
Compains, n'as tu pas hoDte, maa feu farde la main, 
Qui te vantes d'amer et au soir et au main, 

(lb., 5.) 

Le soir un mes de char... cum le main. 
(xiv* b., li Ordenances de la prevende au 
conment de Favemay, Arch. Haute-Saône, 
H 526.) 



Quant meneir Met3 doit le Lancent 
On fait la nuyt meute sonner, 
Lou main en vont millier et cent. 
(Guerre de Mets, st. 3t a , E. de Bouleiller.) 

— Emploi pléonasmatique, le main 
matin : 



Jut tant que parut la lumière 
Du soleil et del main matin. 
(Perceval, ms. Montp. H 249, f° 256' 



3. main, adj.? 

Adont Berte veuK par sa force 
Et le main grain et puis l'axorce. 
(le Sermont le pappegay, 61, ap. E. de Bouteil- 
ler, Guerre de Metz, p. 328.) 

4, main, s m., maison, selon Foerster : 

Dont vous di je, fait chilz, sans ghille, 
Qu'en le main le prevost aies ; 
Par ceste voye en avales, 

(Richarl le bial, 1076, Foerster.) 

.tut. jour3 plains ot çhevauchié,* 
Et au quint jour sont hierbegié 
En la grant chité d'Osterriche, 
En le main d'un bourgois moût riche. 

(/*., 4327.) 

Apries souper oste on les tables 
Et li rois o ses co unes ta blés 
S'en vint en le main au prevost. 

(Ib., 4793.) Impr, la main. 

MAINABLE, VOÏr MESNABLE. 

mainage, voir Mesnage. 
mainagier, voir Mesnagier. 

MAINANT, VOÏr MANANT. 

mainbalïstaire, s. m., archer : 
En la quatriesme bataille estoient aucu- 
nesfois mis les carrobalistes, les mainba- 
listaires, les fonditeurs. (Flave Vegece, 
m, 14.) 

MAÏNBARNIE, VOÎr MAINBOURNlE. 

mainbor, voir Mainbûdr. 

MAÏNBORNERIE, VOÎr MaINBOURNEBIE. 
MAINBORNIR, VOir MaIMBOTJRNIR. 

mainbote, ou manbote, comme on lit 
dans Selden, s. L, composition à laquelle 
était tenu un meurtrier. Il devait payer 
au seigneur une somme plus considérable 
si l'homme qu'il avait tué était serf que 
s'il était libre, attendu que dans le premier 
cas, cet homme était la propriété particu- 
lière du seigneur, et que le préjudice occa- 
sionné à celui-ci était plus grand que si 
on eût tué un homme libre, sur lequel il 
n'avait que de simples droits seigneuriaux : 

Si home occit alter, et il seit conusaunt, 
e il deive faire les amendes, durrad de sa 
mainbote al seignor, pour le franc home 
.x. solz, et pur le serf .xx. solz. (Lois de 
GuiH., vin, Chevallet.) 

mainbour^ mainbourg , maimbourg, 
mimborg, mambourg, mambourcq, man* 
bourg, manbour, manbor, mambour, main- 
brug, menbor, membourg, s. m., tuteur, 
gardien, procureur, gouverneur, curateur, 
administrateur, receveur, exécuteur testa 
mentaire: 



A signor Alexandre Makerel et a maistre 
Eudon ke sont menbor de la devise maistre 
Laubert. (1278, CarL de S.- Vinc, de Metz, 
Richel. 1. 10023, f° 124 r°.) 

Je, Busele, femme a Werrion devant dit 
et je Lowis délie Nueve Vilhe ses manbors. 
(1283, Cari, du Val Si-Lambert. Richel. 1. 
10176, f° 12».) 

Elle manda tous les barons du royaume 
son fils, et Landri que le roy Contran avoit 
fait devant tuteur et manbourg son fils, 
pource qu'il estoit encore en enfance. (Gr. 
Cron. de Fr. \\ s 8, P. Paris.) 

Nous Evraird, comte de Vurtemberch, 
mimborgs et governeures de la duchiet de 
Loheraine. (1357, Hist. de Metz, IV, 169.) 

Et vous pourcacerai tele chapitainne et 
tel mainbour. (Froiss., Chron., V, IIS, 
Luce,) 

Se il avenoit que li royne sa femme se 
acouchast d'un lil, il volloit que messires 
Phelippes de Yaliois, ses cousins germains, 
en fuist main&owrs, ^Id., ib., II, 212, Kerv.) 

Fit nostre dit très redoubté signeur Phe- 
lippe,ducq de Bourgongne, serment comme 
mambourcq et bail dou pays... (1427,2 e Beg. 
des Consaux de. Mons, f° 25 v°, Arch. de 
Mons.) 

On lèverait les sommes sur leurs biens 
et sur leurs mainbours. (143i, Hist.de Metz, 
V, 235.) 

Le grant manbour de Liège em Vestonr deira. 
(Geste des ducs de Bourg., 2441, Chron. belg.) 

Luy fut offert que le tiltre, de gouver- 
neur ou mambourg du pais luy demoure- 
roit avec tout le revenu. (Gommyn., Mém., 
IV, 1, Chantelauze.) 

Mambour et père de vous. (Ol. de la 
Marche, Mém. } Introd., ch. i, Michaud.) 

Et fut, en effect, tel l'appointement faict 
entre le duc et la duchesse sa tante, que 
le bon duc entreprendroit la conqueste de 
la duché de Luxembourg, sous tiltre et 
querelle d'elle, et se diroit mambour et 
gouverneur de ladicte duché. (In., ib.,I t 10.) 

Par la paix que le comte.de Charoloîs 
accorda aux Liégeois, l'an 1465, il fut con- 
venu que les ducs de Brabant... seroient 

tousjours mainbrugs et capitaines de 

tout le pays de Liège, a deux mille flo- 
rins de pension chacun an. (Monstrelet, 
Chron., IIIj p. 124, éd. 1516.) 

Feirent iceux Liégeois du dit seigneur 

de Piervels leur principal maimbourg, 

et gouverneur de tout le pays de Liège 
(lD.,ifc., voLI, p. 27.) 

... Lequel avoit conclud recevoir mondit 
seigneur le duc comme bail et mambour de 
mondit seigneur le duc Philippe, son fîlz... 
(Compte de Jean de la Croix, de l'aide de 
18000 liv. t,, assise en février 1482, f° 40 v°, 
Arch. de l'Etat à Mons.) 

Item que les comtez de Bourgogne, Ar- 
tois, etc., seront rendus au roy des Ro- 
mains comme père et mainbourg de mon- 
dit seigneur l'archiduc. (1495, Traité de 
Charles VIII et Maximilien, ap. Ste-Pal.) 

Encores croy je qu'il ne niera point que 
mon amitié et intelligence ne luy nuisit 
pas a le tirer des mains de Madame Mar^ 
guérite sa tante et de la subjection de son 
grand père, qui a ceste heure la estoit son 
mainbrug. (Gtjill. du Bellay, Mém., 1. V, 
f° 161 v*, éd. 1569.) 

- S'est dit aussi au féminin : 



80 



MAI 



MAI 



MAI 



Lorate Witier, li femme Perriû Anchier 
dezonr dit, que est souveraione mainbor de 
lai devize Perrin. (Cotnm. du xiv e s., 
Prise de ban, Richel. 8708, ap. Aug. Prost, 
Et. s. le rég. anc. de la propriété, p. 218.) 

Nous, Jehcnne de Bar, conteste de Ga- 
renne, mainbour et gouverneresse de la 
conté de Bar. (29 nov, 1352, Engagement de 
Condê-sur-Moselle, ap. Servais, Annales 
du Barrais, I, 360.) 

Ce mot est resté dans les patois du Nord. 
Le Wallon dit au masculin mambor } et au 
fém. mam bornèse; en Hainaut et dan?, la 
Flandre française, on dit mambour. 

mainbournerie. mainbomera, ?. / 
syn. de mainbournie : 

Il prétend avoir \ a mainbor nerie des per- 
sonnes et pays de nos très chiers frères. 
{Lett. de Louis XIF, p. 106.) 

mainbourneur,, mamboumeur , s. m., 
gardien, gouverneur : 

Et les ciefs de ladite artillerie, conme 
gardes et mambourneurs d'icelle, estoient 
et furent sire Jehan Buriau, trésorier de 
France, et Jaspard Buriau, son frère, 
{Çhron. des Pays-Bas. de France, etc., Rec, 
des Chr. de Fland., t. ïll, p. 468.) 

maïnbourg, voir Mainbour. 

mainbournie, mainbournye, maimbour- 
nie, mainbor nie, mainburnie, maimburnie, 
mambournie , manburnie , mamburnir, , 
mainbrunie, mainbarnie f s. f., curatelle, 
puissance paternelle et maternelle, tutelle, 
garde, exécution testamentaire : 

Li ampereres ait la ville saissie, 
Cil la tenoit de lai a mainbrunie, 
A cestô fois ne la tenra il mie. 

(Us Loh., Richel. 1622, f° 183V) 

Et la franee royne, qui Tôt en sa baîllie,. 
Avoit ceste cité adont en mamhurnie. 

(Chev. au Cyg,, 8240, Reiff.) 

Sou père le tramet qu*il l'ait en mainbrunie, 
(Houm. d'Alix., i° 60 e , Michelant.) 

Set cent barons at en sa mainburnie, 
Tait joefne genl de grant chevalerie. 

(OlineU 724, A. P.) 
Ne ne sont pas tenu li frères ne li nies 
d'acbater le mestîer du roy, ne de gaitier, 
ne de taille paier, tant corne il sont en la 
mainburnie leur frère ou leur oncle. (E. 
Bo»l., Liv. des mut., !• p., L,S, Lespi- 
nasse et Bonnardot.) 

A jor k'il furent an aige et k'H furent 
fors de mainburnie. (1272, Cart. de S.^Vin- 
cent, Richel. 1. 10023, f° 76 r°.) 

-Que nobles horaz Fer-riz duc de Lor- 
raingne ni rois par devant nos hors de sa 
maimb mie Thiebaut son ainnei fij, 
(1278, Nancy, T, 3, Arch. Meurlhe.) 

Et morut il et la roine sa famme, et en 
demoura une fille; et fu li roiaumes en la 
main ans barons, et orent la mainbournie 
de la dnmoisele et la gardèrent de ci n 
tant qu'elle ot. ange de marier. (Mên. de 
Reims» 134, Wailly.) 

11 disoit que H maries est hors de le 
mainburnie de son nere. (Beattm,, Const. 
de Bêauvows, xli, 9, Bengnot.) 

Sire, il çst bien voir que ma mère me 
doit encore tenir quatre ans en sa main- 
bournie. (Joinvim.e, HisL de SI Louis, 
p. 160, Michel.) 



Nos enfuns estans avec nous en nostre 
mainbournie. (1301, Ord. de Pk. le B,. 
Felib., Hist. de Paris, IV, 517.) 

Et ces .xn. s. de cens desordis ont li dis 
Airnolz et Blancherons aquasteit des biens 
de lai mainburnie dame Marguerite lai 
femme Maiteu de Plaipeville ke Tut dont il 
sont mainbors. (1308, Arch. Mos., Egl. 
S.-Livier, G 2189, n° 1.) 

Hors de maimboumie, (1310, Arch. JJ 
47, f° 69 v».) 

Aîanz le bail et la manburnie de ses en- 
fanz. (1334, Arch. JJ 69, f* 117 v°.) 

Apries ce que recheu fu au bail, main- 
burnie et gouvernement doudi pays. 
{ Compte de Jean Mauraige, massard de 
Mons, de la Toussaint 1426 à la Toussaint 
1427, Arch. de Mons.) 

Et, contre vo&tre volonté, fustes tenu 
séparé de vostre père, et hors, par puis- 
sance violente, de la mambournie et tu- 
telle que père doit avoir de son enfant. 
(La MARCHE, Mêm.y Introd., ch. vr, Mi- 
chaud.) 

Ledit seigneur roy des Romains sera 
réintégré pleinement et paisiblement en la 
7nainbàrnie et tutele de mondit seigneur 
l'archiduc Philippe son fils. (1489, Ord., xx, 
193.) 

Entre gens nobles, les veufves ont la 
tutelle et mainbournie de leurs enffanlz 
mineurs. (1519, Coustumes du duchié de 
Lorraine, p, 95, Bonvalot,) 

— Fig. et poét. : 

... Quant son maiatre a tray 
Qui ne l'avoit mie hay, 
Mais sus tous ceux de sa maisnie 
Ly faisoit doulce manburnie. 

(Pastoralet, ms, Bnu., f° 62 r°.) 

mainbournir, mainbornir, mainburnir, 
mambornir, menbornir, manburnir, mam- 
burnir, v. a., protéger, défendre, gouver- 
ner, administrer : 
Tôt cil estoient haut conte en lor pais, 
Nevou et frère d'an parage et d'an lin 
Et lor raainîe qu'il ont a mainbornir. 

(Les Loh., Ars. 2983, f° 159 b .) 

J*ai cest roialme a mainburnir. 

(Sept Sapes, 4070, Keller.) 
Apres cfcest mot grant duel refisent, 
Brairent, crièrent et puist disent : 
Pères, qui nous main burnir a ? 

Mr. de Si Eloi, p. 115, Teigne.) 
Biens dont nous estions tenons et 
mainbornissênt. {Pièce de 1255, Dupuy 
ccxxvi, 66, Richel.) 

Dont nous estions tenant et malnbumis- 
sant. (Ib.) 

Tout ce dont il estoient tenant et men- 
bornissant. (1255, Arch, K 31, pièce 2.) 

Jura li maislre le roi que les biens de la 
maison il gardera et manbumira bien et 
loyalment. (1261, Cart. de Champagne, 
f° 189 b , op. Duc,, Manbomia.) 

Si voloit Pierres penre de ces vilenages 
por les enfans mainburnir de ce qui lor 
falqit, par desor ce que li fies valoit ; et H 
ami as enfans ne le vaurrent pas soufrir, 
ains requirent au conte que Pierres feisl 
bone seurtê de rendre as enfans, quant il 
seroïent aagié, toutes 1rs yssues de lor 
teres vilaines. (Beaum., Coût, de Bcauv., 
ch. xv, 6, Beugnot.) 

Caleos qui fu princes d'Aumarïe et d'Asir 
Et les Assyriens avoit a mainburnir. 

(lieslor du Paon ras. Rouen, 1° "79 v ft . ) 



La genl de son pays avoit a mambumir, 

(/*., ms. Brux. 11191, î° 106 r ù .) 

. Et generaument tout ce que lidiz ven* 
dierres a, lient, possède et mainburnir, 
et que il avoit, tenoit et possedoit et main* 
bournissoit au jour de la confeccion de ces 
présentes lettres, (1316, Arch. JJ 53, 
f° 44 v«.) 

Que les dictes religieuses la dicte terre 
saisisseint, teigneint et mambornissent 
comme la leur. (1317, Cour-Notre-Dame, 
Arch. Yonne H 798.) 

Attendu mesmes qu'il a lesdites terres 
mainbournyes et amendées. (Pièce de 1524, 
ap. Stephano de Merval, Doc. rel. à la 
fondât du Havre, p. 298.) 

— Par extension : 

Or, me convient estre ententis 
De ce que j'ai a mambornir, 
Et en ma jouste parfournir. 
(J. Bretel, Tourn. de Chauvenei, 1712, Delmolte.) 

mainbournissement, - burnissement, 
mairn., s, m., curatelle, tutelle : 

Que des biens des orphelins li maires 
ne li eschevins ne puissent riens prendre 
et recevoir ne tourner par devers eulx en 
leur profit, ainçois soient baillié aux amis 
plus prochains des orphelins, se il sont 
souffisans, et se non abonnes gens dignes 
de foi.„,et desdiz biens soit rendu compte 
par devant la justice .n. foiz en l'an et 
sanz le mainburnissement desdiz enfans et 
de leurs biens. (1318,Arch. JJ 56, f°26l r°.) 

Tout le droit, Taucion, la saisine et pro- 
priété et le maimbournissement que li rois 
nostre sires a... en ladite place, (1336, 
Arch. JJ 70, f* 30 r»0 

mainbournisseor , mainburntiseor , 
_ eur, s. m., tuteur: 

Ces enfans et leur mainburnisseurs. 
(1320, Cop. des Chart. des R. de Franche, 
p. 32, Arch. mun. S.-Quentin.) 

Landry que le roy Gontran avoit fait... 
mainbournùseur de son fils. (Chron. de 
S.-Den., ï, F65 b , éd. 1493.) 

— Qui a la puissance maritale : 
Compaignie se fait par mariage, car, si- 

tost comme mariages est fes, li bien de 
l'un et de l'autre sont commun par le vertu 
du mariage : mesvoirsest que tant comme 
il vivent ensanlle li hons en est mainbur- 
nissieres. (Bhaum., Coût, de Beauv., ch. 
xxi, 2, Beugnot.) 

MAINBRUG, VOir MAINBOUR. 
MAINBRUNIE, VOÎr MàÏFBOUBNIB, 
MAINBURNIE, VOir MAINBOURNIE, 
MAINBURNIR, YOÎr MAINBOURNIR. 

MAINBURNISSEMENT, VOÎr MAINBOUU* 

NLSSEMKNT. 

mainburnisseor, voir MAINBOURNIS- 

SEOR. 

mainburnixe, s. f,, tutelle : 

Vehu qu'il est, passeis nuef ou dix ans, 

fuer de may mainburnixe. (1428, HisL de 

Metz, V, 75.) 

Cf, MAÏNnOURNlE. 

maincot, voir mknchaut. 

MAINDEGLOIRE, VOir MANDEGLOIRE. 



MAI 



MAI 



MAT 



8t 



maindre, meindre, v. n., rester, sé- 
journer : 

N'osoit nos hoiTis maindre as rivages- 
(Wace, Brut, ap. Jal, Archéol. nav., I, 202.) 

Et que cil qui surit coustumiers 
De maindre es palais priocipiers. 

(Rose, 18953, Méon.) 

Fortune m'a longue seson 
Fet en grant seignorie maindre. 
{P. de la Broche, Qui dispute a fortune par de- 
vant reson, Richel. 837, f ô 138».) 

Le liu et meisun ou meindre deU 
Net et terapre par tut seit. 

(Les Enseigttemens d'Aristote.) 

— S. m., demeure, palais : 

Mon seigneur, bien soie? venuz 
En vostre maindre. 

(Mr. de N.-D., IX, G41, A. T.* 

Cf. Manoir. 

maindroit, s. m., terme d'escrime, 
coup droit : 

Aux deux autres, en deux revers etdeux 
maindvûitSt j'ay coupé les jarrets droits et 
avalé les espaules gauches. (TOURNEBU, 
les Contens, IV, 2, Bibl. elz.) 

1. maine, maigne, s. m., demeure : 

... Appelle on septentrion, 
Et prent de .vu, estoilles non 
Qui tome devers l'autre maigne. 
(Image du monde, ms. Montp. H 437, f° 80 r°.) 

— Manoir : 

Iceliui Guerin demeurant ou maine ou 
manoir appelle de Coustans en la senes- 
chaussee <rAgennoys. (1468, Arch. JJ 197, 

pièce 27.) 

— Village : 

Item le maine ou viltaige de la Broa 
uvec toutes ses appartenances et appen- 
dances. Hem le maine ou villaige de Gales 
et toutes ses appartenances. (1343, Arch. 
JJ 74, pièce 144.) 

t. maine, s. L, espèce : 

IS'us n'i poeit se acuinler 
Ne nus nel poeit manier, 
Fors ml la raine e Brengaine, 
Tant par esteit de maie maine. 
(Trutan, ap, Conslans, Chrest. de l'une. fr. f 
p. 84.) 

3. maine, mainne, maigne, magne, adj., 

grand : 

Jesns rex magne* sos jnonted. 

(Passion, 26, Koschwlli.) 

Caries li reis nostre emperere magnes 
Set ans tus pleins ad ested en Espaigne. 

(Roi., 1, Mûller.) 

Cil qui Paris a, qui tant vaut, 
E tote France, poi en faut : 
Maignes deit bien estre apelez, 
Kar trop est granz sa poestez. 
(But., D. deiïorm., Il, 15022, Michel.) 



Hue le Maigne. 



(Id., ib., Il, 17881.) 



Si cura Hues li maines tist le duc Ri- 
chart chevalier a Paris. (Id., ib., Rubrique, 
t. II, p. 88.) 

Li maine rois ot a non Charlemaine. 
{Li Coron. Looys, 15, Jonck., GuilL d'Or.) 

Karles li maines a. raoalt son temps nsé. 

(Id., ib., 54.) 



Hues ly maine ot non ; çus conte se croisa, 

(Chev. au Cygne, 5494, IteilT.) 

C'eat ly quens Hues ly maines de France par de la. 
(là., 23193) 

Li maines rois les suit o sa rice conpagne, 

(Roum. d'Alix., P 43\ Michelant.) 

Li dus ala ferir Alixandre le Maine. 

(Ib., f° 7*0 
Cescune des batalles est par soi devisee, 
Si com li maines rois Tavoit bien ordenee. 

(lb. t P 8 e .) 

Mainnes rois qui gis la, mors et deschoulouris ; 
Com as or poi de tiere, com est petis tes lis 
(là., f° 81 a .) 

Vers Babiloine vait ligrans os au roi mainne. 
(Rom, d'Alex., Richel. 792, f° 138 e .) 

Courouchié sui a Kalte, le maigne erapereoflr. 
(Quatre fils Aymon, ms. Moptp. H 247, f° 184\) 

Li quatre compeignons dou magne empereour. 
(Prise de Pampel., 828, Mussafia.) 

L'avant garde conduit Rolland e si compagne 
A vint mil civalers de sainte yglise magne. 

(Ib., 5829.) 

Lors a veu en son doit maine 
A. anelet qui fa sa faime. 
(Chrestm ^ roi Guilt., 2440, Michel.) 

Or le voie honneur, dame maine. 
(Nie. de Margiyal, Panthère, 2646, A. T.) 

Magne, c. grande. (C. OuoiN, 1660.) 

Nom de lieu, Marmagne (Berry). 

Noms propres, Maigne } Magne. 

mainé, voir Mainsné. 

mainee, voir Manee. 

mainel, voir Manel. 

MAINELET, VOIT MANELET. 

mainement, mayn., manu., s. m., do- 
micile, domaine, propriété, territoire : 

Et la royne en ont portée 

La sus en son grant mannenient. 

(Sones de Nansay, ms. Turin, f° 94 f .) 

Les .ni. parts du mainement du Mas 
avec toutes les terres et vignes du maine- 
ment. (1418, Cart. de Nanteuil en Poitou, 
ap. Duc, Mainamentum.) 

Planter eu ieurs maynemens. (1569, 
Arch. Dord., B 87.) 

Et encore au xvii 8 s. : 

Dénombrement de l'hostel et maniement 
de La Brée. (Commenc. du xvii* s., D 11, 
Arch. Charente,) 

Une pièce de terre et un bois situés dans 
le maynement de la Pregerie. (1675, Arch. 
Dord., B156.) 

MAINETE, VOir MANETE. 

mainferme, s t t., roture, terre rotu- 
rière, censive, héritage roturier tenu d'une 
manière permanente et ferme, moyennant 
un cens déterminé. « On appelle ainsi la 

* baillée d'un héritage a un fermier, à 
« certain temps; et prix d'argent, ou 

* moisson. » (Nicot.) « La mainferme est 
une terre non noble. » (Lauriere, Gloss. 
du droit franc., p. 77.) 

Se telles terres y a que ungs homs 
claime comme main ferme et uns autres le 
claime comme de fief. (xm e s., Coût, des 
Bourg, de Cambrai, Taillinr, p. 385.) 



Par ladite cousiume bayes croissantes 
ou fossets estans entre un fief et main 
ferme sont reputez appartenir au fief. 
(Coust. de Tournay, ms. appartenant h 
M. Bocquillet, p. 38.) 

En héritages cottiers ou mainferme, a la 
vente, n'y a que quatre deniers d'issue et 
quatre deniers d'entrée. (GUENOYS, Conf. 
des coustumes, f° 327 v°, éd. 1596.) 

Que tes sergents de ladite court, quand 
ils auront mis la main a aucuns fiefs 
allouez ou main fermes, et il sera mestier 
de leur exploit renouveler, que pour iceux 
renouvellement faire il auroit de chacun 
quarante sols tournois. (Coût, de Hayn., 
Lxvni, Nouv. Coût, gén., II, 12.) 

— Faire fief de main ferme, fielîer une 
roture : 

Si un homme a aucune terre qu'il tient 
en. main ferme, et d'icelle veuille faire fief, 
il devra la ditte terre rapporter en la main 
du seigneur duquel il la tient, puis après 
le seigneur devra la ditte terre rendre et 
rapporter en la main d'iceluy a tenir a foy 
et hommage de luy... ledit héritage sera, 
delà en avant, tenu pour fief simple ou 
lige, ainsy que le seigneur le voudra dé- 
clarer. (1619, Coût, de Hainaut^ouv. Coût, 
gén.,IT, 126.) 

— Adjudication d'une ferme : 

Main ferme, Etrousse d'un droit d'un 
héritage au plus offrant. (MorsET, Paraît, 
des langues, Rouen 1632.) 

Cette baillée d'héritage a un fermier... 
est peut être la cause que le preneur à 
main ferme porte le nom de fermier. (Nicot, 
Die t.) 

MAINGALLIE, VOIT MANGEAILLE. 

mainge, s. L, sorte de lien, de bande : 
Li pautenier vourent panre la mainge 

dont il estoit bandez. (Serm., ms. Metz 262, 

f° 70\) 

MAINGEURE, VOÎ1' MANGEURE. 
MAINGNAGK, VOir MESNAGE. 
MAINGNAGIER, VOir MESNAGIER. 

maingnee, voir Mesniee. 

MAINGNON, S. m. ? 

Foy que doi saint Anthone, le saint aux Bour 

[guoignons 
Qui gist en Viennois et fait a mains aaingnons. 
(Gir. de Ross.,&Qi, Mignard.) 

Cf. MESHAIGNIEK ? 
maings, voir MOINS. 
maingueux, voir Mangeux. 
mainte, voir MESN1E. 

1. mainier, voir Mesmer. 

2. mainier, voir Manier. 

mainir, v. n., demeurer ; 

Tout chil ki de mestier sunt et ki ont 
mainit et ovrei de cheste vile. (1281, Reg. 
aux bans, Arch t S t -0mer AB xvm, 16, 
n*475.) 

Cf. MANOIR. 

MAÏNJAVLE, VOir MANGEABLE. 

MAINJELLE, VOir MANGEAI J.T.E. 



T. V 



11 



82 



MAI 



MAI 



MAI 



m AIN jure, voir Mangeurk. 

mainmesse, s. f., messe du matin : 

A faire dire et célébrer chacun jour a 
perpétuité le saint office divin d'une main- 
messe quy sera dicte au point du jour. 
[Acte du 9 sept. 1492, Arch. de la chap. S.- 
Georg., Mons.) 

mainmetre, - mettre, v. a., affranchir : 

Et meismement pour la somme de deus 
cens livres donnez et bailliez desdiz Jehan 
et sa famé et dont nous nous tenons pour 
bienpaiez,... et en avons franchi et mainmis, 
franchissons et mainmetons ledit Jehan et 
sa famé... de toutes servitudes. {1324, 
Arch. JJ 62, f* 73 v°.) 

Iceluy prieur de Saint Belin, leur seigneur 
ordinaire et temporel, les a mainmis et 
affranchis desdites servitudes de forma- 
riage et mainmorte. (1461, 0rd.,xv, 69.) 

Si aucun seigneur a homme ou femme 
de servile condition, et il les mainmet par 
ladite coustume, ils sont acquis au roy, 
et sont serfs au roy s'ils ne se rachètent du 
roy. (Coût, de Meaux, clvih, Nouv. Coût. 
gén. f VII, 394.} 

Dedans la coustume de Meaux et Vitry 
mainmettre, pour ce que nous disons ordi- 
nairement manumettre. {E. Pasquieh, 
Rech., vin, 50.) 

— Sans mainmetre, loc, sans frais, sans 
peine inutile : 

Et estimerai que nous ferons renaistre 
le siècle d'or lorsque, laissant ces opinions 
bastardes d'affectionner choses estranges, 
nous userons de ce qui nous est naturel et 
croist entre nous, sans mainmettre. (Pasq., 
Lett., I, 2.) 

Cf. Manumetre. 

mainmission, s. f., affranchissement : 

Lesquelles mainmission et affranchisse- 
ment ont esté consenties, agrées et rati- 
fiées par lesdits religieux, abbé et couvent 
de S. Bénigne, comme par leurs lettres de 
mainmission et consentement peut appa- 
roir. (1461, Ord . y XV, 70.) 

MAINMOELLE, VOÎr MAINMOLE. 

mainmole, - moelle } s. f., moulin a 
main : 

Et porroi avoir mainmole en la dite ma- 
sure se jeu vuil. (1282, Cart. de S.-Wan- 
drille, I, 952.) 

On veut savoir le nombre de mainmoelles 
estans a Lille. (1382, Lille, ap. La Fons, 
Gloss. ms,, BibL Amiens.) 

Mainmoelles mises et assises en le halle 
pour les sceurté et pourveance de le ville. 
(13S3, ib.) 

On fet mettre sus les mainmoelles de le 
ville pour la nécessité des boiues gens 
d'icelle pour moire. (1385, ib.) 

mainmonnët, memonnet, - onçt^ mim- 
monet, mymonnet, s. m., sorte de singe? 

Tout si en cantant descendi. 
Sîdsods li mainmonnes Toi 
Kt lavoit amee grant taos. 

(Ren. le Nouv., 6865, Méon.) 

Mais que se dira de la vile beste d'un 
memonnet a destre de la seraine, qui est 
une laide, orde et vile beste et puant, et 
de sa nature parfaitement luxurieuse, 
approchant a la fourme d'umanité, et est 



si luxurieuse que aucunefois est avenu que 
le memonet a efforcié les femmes. (Maiz., 
Songe du vielpel., I, 47, Ars. 2682.) 

Fort beau mimmonet. (XV s., Valen- 
ciennes, ap, La Fons, Gloss. ms. t Bibl. 
Amiens.) 

Il ne portoit point ses droites armes, 
ains portoit ung escu d'azur a ung mymon- 
net a'or. (Perceforest. vol. III. ch. 20, 
éd. 1528.) 

mainmortable, s. f., mainmorte : 

Nous leur vousissions quitter et remectre 
a touzjours, pour eulx, leurs hoirs et suc- 
cesseurs en ladiete ville, la mainmortable 
et formarïage, et iceuiz affranchir. (1372, 
Ord., v, 473.) 

mainmuablEj s. m., serf qui pouvait 
changer de seigneur : 

Se il avenoit que li maires et li juré 

devant dit receussent ou eussent receu 
aucun home ou aucune femme de cors de 
l'église de l'abé devant dit en lor com- 
mune, qui ne fust des mainmuables. 
(1255, Cart de S.-Jean de taon, ap. Duc, 
Manumutabilis.) 

MAINNAGE, VOÎr MESÏÏAGE. 

mainne, voir Maine. 

mainné, voir Mainsné. 

mainnemain, adv., aussitôt, sur le 
champ : 

Il li correut sus mainnemain, 
Ensamble tressaillent tait quatre. 

(Lyon. Yzop>, 300, Foersler.) 

Se ta amble tout mainnemain 
Que maingerai je don demain ? 

(/*., 12-13.) 

mainnesse, adj. f., cadette : 

Le fort au foible se dresse, 
Le père contre l'enfant, 
Le mainsné a la mainnesse. 
(E. Dïschaiips, Poés., RicheL 840, f° 42 b .) 

MAINNESTE, Voir MANKTE. 

mainnet, espèce de pomme : 

Icellui Rendu apporta audit Eloy une 
pomme de mainnet, en lui disant : Tient, 
Eloy, Gillette le t'envoye. Auquel ledit 
Eloy respondy : Je l'amasse mieux de 
blandurel. (1369, Arch. JJ 100, pièce 82.) 

MAÏNNIER, VOir MESN1ER. 
MAINOUEMENT, VOIT MANUELMENT. 
MAINPARNOR, Voir MAINPBENOR. 

mainpast, maynpast, meynpa$t t s.m., 
l'ensemble de ceux qui sont au pain d'un 
autre, comme domestiques ou autrement, 
qui sont sous tutelle mineure : 

Ai donné... a l'abé et au convent de la 
Trinité de Fescan et a touz lor serjanz de 
lor mainpast, qutetance et franchise ple^ 
niere en ma vile de Honneflue por passer le 
travers de Seine. (1283, Cart. hist. sur Fé- 
camp, Arch. S.-Inf.) 

L'enqueste dit qe le 6lz la femme qe fut 
son maynpast avoyt fet damage en le boys, 
e il vynt e prist deus souz de la femme. E 
pur ce qe ce fut tort a deatreindre la 
femme pur son maynpast, si agarde la 
curt q'ele rescovre sez deus souz e sez 



damages de .vi. d. (Year books ofthe reign 
ofEdw. the first, years xxx-xxxi, p. 203, 
Rer. brit. script.) 

Item du descort meu en parlement entre 
nous doyen et chapitre dessusdit pour 
nous, nos chapellains, nos clers, noz fa- 
miliers et noz sergens, comme d'autres 
personnes de noz mainpast. (1339, Arch. 
JJ 73, pièce 280.) 

11 n'est nent de son aaunk, ne son home 
nent ne fuit, ne son nourry, ne bou main- 
past, ne par luy ne fuit levé de founs de 
haptesme. (Britton, Loix d'Angleterre, 
f° 44 r», ap. Ste-Pal.) 

Ausi soient a mercies ceux qui ont .xir. 
ans... et ceux ausi qui maynpast ils ount 
esté. (Id., ib., f°73 v<\) 

Voacreours par pays, qui ne sount de 
nulz meynpast, de qui suspicion est de 
mal, (Id., ib. t f° 72 v».) 

mainplant, maim., s. m., plantation 
faite par la main de l'homme : 

Que ledit bois est maimplant et semé et 
coustivé par maneuvre de home. (1314, 
Arch. JJ 50, f° 35 r°.) 

En icelles vignes surpris de vin prist 
plusieurs racimaux de jeune mainplant, 
(1398, Arch. JJ 153, pièce 256.) 

Manoir, maisons eteddiffîces,jardinaiges, 
1 mainplans, haies, fosses et clostures. (1409., 
Aveux du bailliage d'Evreux, Arch. P294, 
reg. 4.) 

Auquel fief du Bosc a manoir, maisons et 
ediffices, colombier, jardinaiges et hayes 
et mainplant. (1413, Denombr. du baill. 
d'Evreux, Arch. P 308, f° 19 r«>.) 

Cloutures, haies, mainplant d'arbres 
fruis portans et non portans. (76., f° 27 v .) 

mainprenable , maynpr enable, ad j., 
qui peut donner caution : 

Que ceux qui serront enditez ou pris 
parles ditz gardeyns ne soient pas lesses 
a maynpris par les viscontes ne par nulx 
auters ministers s'ils ne soient maynpre- 
nables par la ley. (Stat. d*Edouard III, 
an iv, impr. goth., Bibl. Louvre.) 

mainprendre, meynprendre , v. m, 
accepter une caution : 

Qe nul de la curt le roi, ne de autre 
court, justice,ne clerke, ne serjaunt, coun- 
tour ne atturné, ne apprentiz, ne nul se- 
nescnal de haut homme ne de autre, ne 
baillif, ne nul autro homme de la terre, ne 
meynpreigne, ne meynteigne nul plai en 
nostre curt, ne en autre, a chaumpart, 
(Lib. Custum., I, 203, 20, Edw. I, Rer. brit. 
script.) 

mainprenor, meynpernor, mainpar- 
nour, s. m-, caution, qui est garant d'un 
autre : 

Serjant qi serra retenuz troeve plege de 
loialment servir le seigneur et mainpar- 
nour de faire amendement dez chosez qi 
par lui serront meffaitz ou perduz. (7V. 
d'êcon, rur., c. 34, Bibl. de l'Ec. des Ch., 
4* sér.,11,375.) 

Trovez donkes meynpernors de atendre 
l'enqueste. (1305, Placita de termino Pas- 
chœ, Year books of the reign of Ed-ïvord 
the first, years xxxn-xxxin, p. 427, Rer. 
brit. script.) 

mainpris, mayn., s. m., caution : 



MAI 



MAI 



MAI 



83 



Que les dilz gardeins maundent devant 
les justices lour enditementz et eient poair 
d'enquérir sur viscontz, gaolers et auters 
ea qui garde tielx enditez serront s'ils 
facent délivrance ou lessent a maynpris 
nuls issint enditez oui ne sont my mayn- 
prenables. (Siat. d Edouard III, an iv, 
impr. gotb., Bibl. Louvre.) 

maïnprtse, mein., meyn., meim., s. t., 
caution : 

Vous maundouns qe ceux qe vous tro- 
verez, qi i averount esté desobeisaunz, 
facez mettre par bone meinprise taunt qe 
nous en eiouns nostre volenté dite. (Lia. 
Gustum., I, 189, 28, Edw. I, Rer. brit. 
script.) 

Soit baillé par bone mainprise de so- 
lemne gentz.(Jè., 1, 289*) 

Auditors furent donez, e Richard trova 
meynpri&ê de atendre raconte. (Year books 
of the reign of Edw. the first, years xxx- 
xxxi, p. 35j Rer. brit. script.) 

— Prise, action de s'emparer : 
Mesli riche fet tele meimprne 
Tut ensemble par cûYeitise. 
(Pjehre, Rom. de Lumere, Brit. Mus. Harl. 4390, 
f° 93 d .j 

MAiNnES, cas suj,, voir menor. 

1. mains, voir main. 

2. mains, voir Moins. 

MAINSINE, VOir MOISSINE. 

mainsné, mainnè, maisnè } mavné, meim- 
né, meyné, moinsné, - net, - net, moinné, 
moisneit, adj., puîné : 

M ainsnes est Gerins, 

Et li mainsnes ot a noo Hernaudio. 
(Gar. le Loh., S 9 chaus., I, P. Paris.) 

Tu mas sor Tansneit ta sinestre et sor 
lo moisneit ta destre. [Greg. pap. HQm> 3 
p. 6, Hoffmann.) 

La mainnee apôle 
Robin son araL 

(Rom, et pas!., Bartscb, I, 20,9.) 

La moinnee a dit aosi. 

m., I, 21,7,) 

L'autre, sa suer, Meliors \hmainee. 

(Auberon, 404, Graf.) 

Donnons a noz deus fils meinsnez. (1285, 
Charte de Philippe le Hardi Douet d'Arcq, 
Bech. hisior, et cril. sur les anc. comtes de 
Beaumont-sur-Oise, p. 121.) 

Cil rois Loeys si ot de ea femme deus 
nus : li aisnes ot non Robiers et li mains- 
nes Loeys. [Chron. de Rains s c. 1, L.Paris.) 

Droquesavoit nom li ainznes et Umainez 
Grimoart. (Chron. de S.-Den.. ms. Ste- 
Gen., f° 99 e .) P. Paris : mainsné. 

Mist sa main destre sor le moinsneij et 
la senestre sor rainznei. (JOINV., Credo, 
832, Wailly, éd. 1874.) 

Tu as en ta garde les grauntz, et les 
petiz, et les meynes. {Lib. Custum., I, 21, 
Rer. brit. script.) 

Ou m'appelle Olivier, du Guesclia sui nommez, 
Et sui frères Berlran ; je sui de lui mainez. 

(Cuv., du Guesclin, 21*72, Charrière.) 

Monsigneur Phelippe le mainnet, qui fu 
depuis dus deBourgongne.(FROlSS., Chron. t 
V, 12, Luce.) 

Sa mainsnee sueur. {Girart de Rûssitlon, 
ms. de Beaune, éd. L, de Montille, p. 208.) 



La mère du comte d'Armagnac et du 
seigneur de Perdrinc. son frère, avoit plus 
grand amour a Perdriac moinsnê que a 
1 aisné, (Gousinot, Chron, de la Pwc, 
c. 17, Vallet.) 

Et estoyent les chrestiens déconfits sans 
remède, quand Frédéric, le mai$nê t arriva 
sur la place, et sa compagnie. (Ûl. dk La 
Marche, Mèm,, Introd., ch. 1, Michaud.) 

Nostre seur maisnee. (Perceforest, vol.V, 
ch, 16, éd. 1528.) 

Rouchi, maisné, dernier né, selon la 
coutume de Valenciennes, le plus jeune 
des enfans orphelins. (Hécart, Dict. rou- 
chi-fr.) 

mainsneesse, maisneesse, s. f., état du 
cadet, du puîné ; droit du puîné h l'héri- 
tage de ses père et mère : 

Sans mettre ou entendre division ou 
temps de aisnesse ou de maisneesse. (M àïz., 
Songe du vielpél., I, 7, Ars. 2682.) 

mainsneté, maisneté, maisneetet, mai- 
neté, manité, s. f., état de cadet, de puîné; 
droit du puîné dans l'héritage de ses père 
et mère : 

Pour cause de se maisneetet, (1395, Va- 
lenciennes, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. 
Amiens.) 

La maisnee a le manoir tenu de main 
ferme pour sa maisneté avant part. (Bout., 
Somme rur., 1* p., f° !25\ éd. 1486.) 

Maisneté est un droit, tant mobiliaire que 
héréditaire, du a l'enfant du premier et 
noble mariage, qui est trouvé le maisné 
des enfans dudit mariage survivant, après 
les deux deces de leur père et mere.(1574, 
CousU gen. de Cambrests, Coût, gén., t. ÏJ, 
p. 851, éd. 1604.) 

En exécution de simples debtes l'en 
prendra premier, et vendra on les meubles, 
soit du vivant ou trespassé : excepté la 
maisneté, et si lesdits meubles ne sont suf- 
fisants, le reste se prendra sur la dite 
maisneté. {Coût, de Valenc, li, Nouv.Cout. 
gén., 11,229.) 

Maisneté mobiliaire. (7&., lxxxviii.) 

Et se prendra ledit droit de maisneté en 
dedans six semaines, par celuy qui sera 
trouvé après le trespas du survivant des 
deuxeonjoincts estre le mineur ou maisné. 
(Ib., xcyiii.) 

Mainetê, manité, droit que le plus jeune 
des enfans orphelins de père et de mère 
avait par la coutume de Valenciennes, de 

firendre une pièce de chaque sorte de 
'ameublement au décès du dernier vivant. 
Si la pièce était unique, elle lui appartenait. 
(H écart, Dict. rouchi-fr.) 

MAINSNIE, VOir MESNIEB. 
MAINSNIEE, VOIT MESNIEE. 

MAiNSSEn, voir Mincier. 

mainssouffisance,s. f., insuffisance : 
Demourront les .vu. guettes de nuit, 
cascune a cent sols de pension l'an, pour 
tout; et feront leurs offices en la manière 
accoustumee; et se il y en avoit aucune 
mainssouffisance, le gouverneur y pour- 
verra. (1366, Ord., XH, 106.) 

mainte, adv., en grand nombre : 
Puis partirons l'eskiec mainte comraunalmenl, 
Uw/,5824, A. T.; 



Dieat cil qui l'esgardeat mainte commuoalment, 

(/*., 9936.) 
Lors veiasies vile estormir, 
La geot armer et fervôstir 
Et issir mainte communal 
Et cex a pié et a cheval. 

(Guill. de Paterne, 3975, A. T*) 

maintenance, s. f., protection : 

Al dac de Normendle, ne sout aler aillars, 
Ala Herluia qaerre maintenance e sueurs. 

(Wace, flou, %* p., 1817, Audresea.) 

Leur grâce et leur maintenance. (1272, 
Cart. de Bourg., Arch. Doubs B i.) 

Il n'aureit plus ne s'aye ne sa mainte- 
nance. (1282, Arch. J 973, pièce 2 bil .) 

— Pouvoir : 

Ja de vostre maintenance, 
Amors, ne me quier ester. 

{Poët.av. 1300, III, p. 996, Ars.) 

maintenant, mein. t man. t adv., immé- 
diatement, bientôt : 

Reuart par les deus gambes prent, 
Et maintenant a tret s'espee, 
Par les gares li a botee, 

(Renart, Br. XI, t, 646, Martin.) 

Et elle manda maintenant le roi Henri 
d'Engleterre, (Mrn. de Reims, 12, Wailly.) 

EL commencèrent a boiYre des vins, et 
furent maintenant touz ivres. (Jomv., Hist 
de St Louis, p. 111, Michel.) 

J'auray dit maintenant, 
Monseigneur. 

(Coquill., Playd., II, 63, Bibl. elz.) 

— Tout à l'heure ; 

Cette ancienneté se pourra encore mieux 
avérer par le moyen des chants royaux, 
ballades et renvois d'iceux dont je parlois 
maintenant. (Pasq., Rech., 1.7, c. 5.) 

— Tantôt : 

Les macrii naissent tousjours masles et 
femelles, exerçans par tournées maintenant 
un sexe, maintenant l'autre. (G. Botjchet, 
Serees, III, 258, Roybet.) 

S'est dit jusqu'au xvii' s. : 

Le cardinal ayant perdu sa peine à les 
prescher, ne voulut point entendre à la 
paix pour cela; mais transporté de sa 
fureurordinaire,ilretournavers les Suisses, 
et les harangua avec tant de force, leur 
représentant maintenant les outrages qu'ils 
avoient receus des François, tantost leur 
gloire militaire, avec laquelle ils avoient 
seuls délivré l'Italie des Barbares, et pro- 
tégé le saint siège et le duché de Milan ; 
ensuite le butin inestimable, et l'honneur 
qu'ils pouvaient acquérir, qu'au préjudice 
de leur foy, ils entreprirent de terminer 
cette guerre par leurs seules forces. (ME- 
zeray, Hist. de France, 1. VI.) 

— Tout maintenant, tout de suite : 
Dont est eu une chambre tout maintenant entres 
Ou avoit armeores largement et asses. 

(Gaufrey, 2110, A- P.) 

— Tout à l'heure : 

Je ne scay si ce fut point ce mesme singe 
dont nous parlions tout maintenant. (Des 
Per., Nouv. Recr. t Du singe qui beut la 
médecine, f» 245 r% éd. 1564.) 

Qu'il vient tout maintenant d'estre ad- 
verty qu'il ne falloit espérer aucun secours 
du costé de Lyon. (Du Villars, Mêm.> XI, 
an 1559, Michaud.) 



84 



MAI 



MAI 



MAI 



S'est dit jusqu'au xvn e s. : 

Ce que tout maintenant la viens de faire icy. 
(Racan, Berg., U, 5.) 

Je viens de recevoir tout maintenant 
votre lettre. (F. Mainard,L3((., p. 619, éd. 
1655.) 

— De maintenant, aussitôt après, sans 
discontinuation : 

Florant, brace levée, Ta baisier sod enfant, 

Et puis très tôt les antres cent fois de maintenant. 

{Renaud de Montauban, Richel. 243*7, f° 10 v°.) 

Un colp lï veit doner de mantenant ; 
Meis li paen jette l'escu devant. 

{Otinel, 874, A. P.) 

L'autre semence cbei en terre perreuse 
ou ele n'ot mie molt terre, et esgerma de 
maintenant. {Bible, Maz. 684, f* 249 d .) 

Voir d'autres exemples de cette locution 
à l'article Demàwtenànt. 

— Le maintenant, sur-le-champ : 

Tout fust il nafres a mort, il ne morut 
pas le maintenant. {Le Liv. dou roi Alix., 
Richel. 1385, f° 15 e .) 

— Maintenant que, lorsque, aussitôt 
que : 

Maintenant que Alixandre vit ce, il s'age- 
noilla et proyat a celui Dieu que les Juis 
ahouroient que il deust faire chasser le 
torment. {Le Liv. dou roi Alix .Richel. 1385, 
r« 52*.) 

Maintenant queW Arydiens virent lor sei- 
gûor ocis, si guerpirent place. [lb., î ù 13 a .) 

Il ajornoit maintenant que les batailles 
s'entrevindrent. (Ib., f° 31 e .) 

— Tout maintenant que, aussitôt que : 

Et tout maintenant qu'il la voit il li dit... 
(Tristan, Richel. U34, f° 40 e .) 

maintenement, - mant, maintien., 
maintienne manten., s. m., maintien, con- 
servation : 

Au bon maintiennement de vostre sei- 
gneurie et de vostre royaume. (14 juill.i4l|> 
Lettre de Charles duc d'Orléans d Charles VL 
dans Juv. des Urs., Hist. de Charles VI, an 
1411, Michaud.) 

Nous qui desirons le relèvement et bon 
mainlenemant et entretenement de nos- 
dictes villes du Chasteau et de Marchans 
d'Ostun. (14 déc. 1440, LetL de Ph., D. de 
Bourg., Arch. mun. Autuu.) 

J'estime tant, magnifiques seigneurs, 
vos praves et saincts jugements, que, 
quand vous serez bien au vray informez de 
tout ce qui se passe par deçà, vous main- 
tiendrez toujours nostre innocence contre 
tous ceulx qui la voudroient artificieuse- 
ment calomnier, et mettrez peine pour 
l'entière affection que portez a ceste cou- 
ronne, que la volonté qu'a monstree le roy 
au maintienement de la paix jusques a ceste 
heure ne soit traversée et altérée par ceux 
qui, servans a leurs desseingB et passions 
particulières, taschent a tourner ses bonnes 
intentions en quelques mauvais effects 
contre le bien el repos de cest estât. (Lett. 
mtis. de Henri IV, fin de l'année 1583, 1. 1, 
p. 621, Berger de Xivrey.) 

— Soutien, secours : 

Pois fn ocis pur vus, asez gavet en meut : 
Unkes pais n'en eu s mes de vus maintenement, 
Ainz nus avez esté tuz tens en nuisement. 

(Wace, Hou, %• p , 2933, Andresen.) 



Il estoit leur secours et leur maintene- 
ment et plus avoientde espérance a lui que 
a nul autre. (Lancelot du Lac. 1" p.,ch. 51, 
éd. 1488.) 

— Maintien, conduite : 

Li quint cas, si est quant cil qui les tient 
(les enfants) est de si fol maintenement 
qu'il n'a en li ne conseil n'arreance.(BEAUM. , 
Coût de Beauv., xxi, 16, Beugnot.) 

Si verrons le maintien de celle Yndoise gent, 
L'aler et le venir et le maintienement. 

{Veus dou paon, Richel, 1554, f° 103 r°.) 

Li mantenemanz du cors est enseignement 
des cuers et des coraïges des hommes 
(Ms. Ars. 5201, p. 318 b .) 

— Agissement : 

Ne de tous leurs maintenemens vous ne 
devez parler ne murmurer. (Le Chastel pé- 
rilleux, Richel. 1009, f° 42 r\) 

mainteneor, - eour, - eur, - our t 
mein., rneyn., s. m., celui qui soutient, qui 
garde, qui défend, qui protège, qui entre- 
tient : 

N'avum aie de Rou, nostre mainleneur, 
Ne de cels ki od lui turnerent de l'estur, 
(.Wace, flou, 2 e p., 980, Andresen.) Impr., 

n'avum mie. 

Neis li cheveus del juste ome ne périra 
ja, car Dieux en est garde et maintenierres. 
{Psaut., Maz. 258, f° 41 v«.) 

Or aroie mestier d'un bon mainteneour. 

(ilaugis d'Aigrem., ms. Moutp. H 247, f* 161 d .) 
Quant contre Den erres, moult faites grant folor, 
Ne fesissies pas çou se ele eust segnor, 
Mais por ço que la dame uen a mainteneor 
S'aves Haillon saisi et le palais auçor. 

(Enf. God., Richel. 12558, f° 23 d .) 
...Dame ne puet avoir greignor 
Desrois que tenir soi del tout a son seignor ; 
Mais s'ele avoît soz li un cortois ameor, 
Bien porroit consentir foible mainteneor. 
{De la Foie et de la Sage, Richel 837, f° 338 e .) 

Cornent les Eskoz se lièrent as ceus de 
Fraunce par le fol enticement Williame 
Waleys qui fust feît maintenour de lour 
derrainere guerre. (Fragm., ms. Oxf,, 
Fairf. 24, f° 9 r°.) 

Le poeple ad esté sovent maumené e 
destruit par teus meynlenours. (Lib. Cus- 
tum. t I, 204,20, Edw. I, Rer. brit. script.) 

De ore avum nus mult bon meinteneur. 

Uïorn, 4896, Michel.) 

— Qui tient fidèlement, qui observe : 
Ung ferme mainteneur de ses promesses 

et de ses apprises devocions.(G. Chàstell,, 
Chron. des D. de Bourg., III, 8b, Buchon.) 

maintenir, wieyn., verbe. 

— Act., avec un rég. depers., protéger, 
avoir sous sa garde : 

Et ii gKrson sont a la cort Pépin, 
Senichaos est Gibers li fis Garin. 
Si les maintient la franche enpereris. 

(Ctirb. de Metz, p. 461, Siengel.) 
Prestre, le fouc ke tu maintiens 
Garde dou lou corne bons kiens. 
(Renclusde Moiliens, de Carité t st. niv, 1, 
Van Hamel.) 
Je ne puis maintenir les moines. 

(Goiot, Bible, 1051, Wolfart.) 

Une infinité d'autres braves, desquelz la 
procession estoit, et la gloire, de secourir 
les dames et les maintenir en leurs afflic- 
tions et traverses de leur vie. (Brant., Des 
Dames, VIII, 56, Lalanne.) 



— Avec un rég. de chose, soutenir : 

Ne meynpreigne, ne msynteigne nul plai 
en nostre curt a chaumpart. {Lib. Custum 
I, 203,20, Edw. I, Rer. brit. script.) 

— Entretenir un commerce illégitime 
avec, entretenir : 

Ce fu por ce qu'il maintenaient, 
L'un la seur du duc de Bourgoin#ne, 
Dont il faisoit sa grant vergoingne... 
(Godkfroy de Paris, Chron., 6234, Buchon.) 

Icelle femme confessa a son mary que 
ledit Tymonnier la maintenoit, et qu'elle 
ne povoit résister ne soy destoyer audit 
Tymonnier. (1402, Arch. JJ 157, pièce 27.) 

A il qaelqne fille qu'il maintient? 
{Farce du nouveau marié, Ane. Th. fr., I, 13.) 

— Conserver, garder : 

S'il maintenissent lor mestier 
A quoi il furent establi. 

(Guiot, Bible, 1923, Wolfart.) - 
L'e^esque m'a mère donee : 
Ou soit a droit, ou soit a tort, 
Si la ine covient maintenir. 
{Du Prestre qui ot mère a force, Montaiglon et 
Raynaud, Fabliaux, V, 148.) 

Bien a passé .xxx. ans entiers 
Que je maintien ceste prière 
Qui moult est douce et saiute e chiere. 
{De celui qui disait : Miserere tui Deus, 200, Le 
Coultre, Cont. dév,, p. 37.) 

— S'occuper de : 

Maintenez chou ke Job maintint ! 
Soasteoes povrôs k'il goustjnt! 
(Renclus de Moiliens, de Carité, st. ccxfv, 7. 
Van Hamel.) 

VA qui vilainne oeuvre maintient. 

(Guiot, Biàle, 1014, Wolfart.) 
Quant il les vit si enseigna sa gent 
De maintenir caple e tornaiement. 

(Bible, Richel. 902, f° 3\) 

— Syn. de porter : 

C'estoient les couvertures que le cheva- 
lier qui gaigna le tournoiement portoit et 
maintenoit. {Hist. du chev. Paris et de la 
belle Vienne, f» 24 V, éd. 1835.) 

— Réfl., s'y prendre, se comporter : 

Et d'autre part li Barrois se maintenoit 
si bien qu'il n'encontroit chevalier qu'il ne 
meist a terre. (Mjén. de Reims, 100, Wailly.) 

Et se maintint ades comme preudons 
(/ù.196.) 

Jusques a tant que li communs pays 
aroient aviset comment on s'en mainten- 
ait. , (Fhoiss., Chron., II, 84, Kerv.) 

— Maintenu, part, passé, entretenu : 

.... Li maintenus de putain 
Vaut pis que serpens. 
{Li Droiz au clerc de Voudoi, Richel. 1593, 
f°110 a .) 

— Gouverné : 

Estats et grandes polices maintenues des 
femmes, sans hommes. (G. Bouchet, Serees, 
1,88, Roybet.) 

maintenue, s. f„ conservation : 
La considération des deux livres poste- 
rieurs vous résoudra a la maintenue du 
premier. (G. Bouchet, Serees, IV, 89, 
Roybet.) 

Maintenue, conservation. (Monet, Paraît, 
des langues t Rouen 1638,) 



MAI 



MAI 



MAI 



85 



— Confirmation par un jugement dans 
la possession d'un bien ou d'un droit li- 
tigieux ; 

Si le recreancier perd La maintenue, il 
doit rendre et rétablir les fruits. (Loyskl, 
Instit. coût., 1. V, t. IV, de possession, 
Dupin et Laboulaye.) 

maintien, - tin, s. m., agissement, 
procédé, conduite : 

Le plus grant partie de ces fais et de ces 
maintiens. (Froiss., Chron., \, 38, Luce.) 

Quant tout se maintien et usaige furent 
lus et bien entendu. (Id., t&., II, 06, Kerv.) 

Pour desbaucher par un doui stile 
Quelque fille de bon maintien, 
Point ne faut de vieille subtile. 
(Cl. Mar., Ballade Frère Lubin, p. 262, 
éd. 1596.) 

— Appui, protection : 

Voir aussi ce qui se trouvera dans l'his- 
toire du maintien que les rois ont donné à 
leurs ministres contre tous ceux qui les 
ont choqués. (Note autogr. de Richelieu.) 

— Effort, force : 

Et Tûugris s'apoia de trestous ses maintins. 
(Jeh. des Preis, Geste de Liège, 542, Scheler, 
Gloss, pkiloL) 

— Importance : 

Eq regardant trovat chouse de grant maintins, 
Car les renies trovat... 
Des englieses de Tongres. 

(5&n. prs Preis, Geste de Liege > 6564, Scheler, 
Gloss. philol.) 

— Employé au pluriel avec le sens du 

singulier : 

Ainsi corn je la remiroie 
Et en sa biauté me miroie, 
Regardant ses biaui maintiens sages, 
A la court vi venir messages. 
(Chr. de Pis., Liv. du chem. de long ettude, 
8555, Pfisehel.) 

Morv,, maintin t entretien, 

MAINTIENEMENT, Voir MàINTENEMENT. 



maintif, voir Mentif . [err.] 
maintin, voir Maintien. 
maintris, voir Meretris. 

maiole, mayole, - olle, mayoille, s. f., 
branches vertes : 

Le sacq d'Auslrice et mayolle. (17 août 
1512, Ord. touch. le tonl. de S.-Bcrt. et £.- 
Ow., Arch. mun. S. -Orner.) 

Lamûi'ojfepour la dédicace, .nu. s, (1600, 
Béthune, ap, La Fons, Gloss. ms.) 

Deux cherges de maiolle, .vin. s, (ïb.) 

Mayoille. (16.) 

Deux bottes de mayolles. (1612, ib.) 

— Le premier jour de mai : 

Prima die maii, quw vulgariter maiole 
appellatur, eidem adjfcdicavimus. (1246, 
Ch. de Marchiennes, ap. Miraeus, Opéra 
diplomatica, IV, 244.) 

Et quant che vint encontre le jour de la 
mayolB) il s'en repaira en haste viers 
Nyors. {Hist. des D. de Norm. et des rois 
d'Anglet., p. 101, Michel.) 



maiole, mû?/otë ( ad j., orné de branches 
vertes : 

Navires matfolees, (Fossetier, Cron. 
Marg., ms. Brus. 105U, VI, v, 11.) 

maiolet, mayollet, s. m., jeune porc : 
On chastre bien a point les verratz d'ung 
an, et ne les doit on pas chastrer plus 
jeunes que de six mois, et la ilz muent le 
nom de ver, et les appelle l'eu mayolles. 
(Freke Nicole, Trad. du Liv. des Proujjitz 
champ, de P. des Crescens, f° 110 v°, éd. 
1516.) 

maiolier, mayolier } s. m., arbre chargé 
de branches vertes : 



Au mayolier vert et plaisant. 
{Pastorale/, ms. Brax. 



f° 3 v°.) 



maior, major, maieur, mahieur, majeur, 
maiour, majour, maiur, majur, meior, 
meiour, maor, maour, mahour, maur, 
meor, adj., plus grand : 

Maior forsfait que i querem. 

(Passion, 183, Koschwitz.) 



Granz en avem agud errors, 
Or en aurem pece majors. 



(lb., 366.) 



Anguice est en sun curage 
E peine e pité e dolur, 
Unques uncore n'ot maur. 

{Tristan, II, 1488, Michel.) 

Ele n'est graiudre ne maor. 

(Florimont, Richel. 353, P 42 J .) 

Uncor veras peines meiours. 
(La Vision S. Paul, Richel. 19525, P 14 r*.) 

Por maor fermeté. (1281, Test, de Guy de 
Lusignan, Arch. J 870, pièce 19.) 

La cité estoit la meior que fust en toute 
Persie. {Voy. de Marc Pol, c. iv, Roux.) 

— Grand, puissant : 

Teie majur rômaindreit eu repos ! 

(Roi., 600, Millier,} 

Ains ne fîna, a Gironville vint, 
Iluec trovai le majour Foucherin. 

(Girb. de Metz, p. 500, Stengol.) 

Li barnages a'areste dé la tere maiour. 

(Fierabras, 4578, A. P.) 

Et Auberi se met en la forest major. 
(Aubery le Bourg oing, p. 55, Tarbé.) 

Au plus rice mostier majour, 
Font les espousailles a joie. 
(Amaldas et Ydoine, Richel. 375, f° 331 e .) 

... Vantamise, chele chité majour. 

(Gaufrey, 4695, A. P.) 

Moult par fu grant la forche sus u pales majour. 
{là., 4700.) 

Qu'ensi voles entrer en ma chité majour % 

(B. deSeb., xvn, 586, Bocca.) 

Plus de honours et de biens maours 
Ont a sainte Eglise donné 
Qu'onqnes n'ont fait clerc couronné. 

(Geoff., Chron., Richel. 149.) 

En Inde entrasmes la majour t 
Alant vers orient tousjour. 
(Chr. de Pis., Liv. du chem. de long estude, 
1407, Pûschel.) 

— La majour, le principal, l'essentiel ? 

... J'ay a caer grant freour 
De chu que tu moy dis; non pourquant la majour 
Croi ge certainement... 
C'est que mors est Pevesqne. 
(Jbh. des Preis, Geste de Liège, 7556, Scheler 
Gloss. philol.) 



— S. m., supérieur : 

Amour est subject et obéissant a ses 
prelatz et majeurs. [Intern. Gonsol., II, v, 
Bibl.elz.) 

Les aultres d'exhiber révérence a leur 
maieur. (P. Fi rget, Mirouer de la vie hu- 
maine, f° 129 v, éd. 148-2.) 

— Ancêtre : 

Demande tun père, e il annuncerat a 
tel ; les tuens maiurs, e dirrunt a tei. 
{Liv. des Ps., Cambridge, 2» Cant. de 
Moysc, 9, Michel,) 

A ous ou a lor maors. (1299, Chap. 
catb. Metz, Maisonnerie, Arch. Mos.) 

Je ne me puis assez esbahir de nos 
maieurs et ancestres, pour quoy c'est 
qu'aux richesses ils ont donne le nom de 
biens, [Am, ressusc, p. 108, ap. Ste-Pal.) 

Nous avons pieça apprins a vaincre et a 
n'estre jamais vaincus, nous ferons rem- 
part de nostre vertu et de la gloire de nos 
majeurs. (Du Villars, Mém., IV, an 1553, 
Michaud.) 

Nos derniers majeurs... faisoient repré- 
senter quelques jeux, farces ou moralitez 
en public. (Vauq. de la Fresnaye, Prêf. 
des Satires, I, 127, Travers.) 

— Parent : 

La mère disant du contraire et puisque 
vérité estoit qu'elle estoit femme espousee 
au dit mary, et que vérité estoit que l'en- 
fant estoit son enfant, ne que les deux 
maieurs ne pouvoient estre déniez, et que 
l'enfant estoit nez durant leur mariage, 
de toute raison elle devoit estre dicte fille 
légitime, et par conséquent avoir succes- 
sion. (Bout., Som. rur.. I e p., f ô 141 ti . éd. 
1486.) 

— Maire d'une ville, chef d'un corps de 
métier ou d'une confrérie : 

Devant nos maors et no justices. (1225, 
Cari, du Val St Lambert, Richel. 1. 10176, 
f° 5 b .) 

Par consoil de bones genz et por la vo- 
lante dou maour et des juriez et de la 
commune de Dijon havons estaubli.,. 
(1268, Cart. de Dijon, Richel, 1. 4654, 
f<> 11 r<\) 

Fuers que tant que li prevoz de Dole 
aurai l'exécution de la grant justise haute 
de la persone délivrée a lui ou a mahour 
dou leuf. (1281, Saint- Vivant, cote 8, Arch. 
Doubs.) 

Et eslirent le prevost de la Vile Nove a 
estre maior de Senz. (Liv. de jost. et de 
plet, I, 5, § 3,Rapetti.) 

Il esleussent autre persone a maor. 
(Ib.) 

Une vile ert sanz meor. (ïb. t g 4.) 

Comment le roy corriga ses bailliz, ses 
prevos, ses maieurs, (JoiNV., Hist. de St 
Louis, p. 220, Michel.) 

Que nos metions un mahour oudit 
Montbeliard. (10 av. 1301, Lett. de Ren. 
de Bourg,,' Arch. Montbeliard.) 

11 n'i vaut riens sens ne savoir, 
Commandement d'empereor, 
Ne de prevost, ne de meor. 
(Godefroy de Paris, Chron,, 5622, BnchonJ 

i Maieur des eswardeurs. (1370, Ord., v, 
j 375.) 

Le mahieur de Londres a tout le com- 
mun viudrcnt au devant du duc, (Trais. 
de Rich. U, p. 62, Williams.) 



MAI 



MAI 



MAI 



Jean Dubois maistre ou maieur de la 
confrairie de la feste de Toussaint. (1479, 
Arch, JJ 206, pièce 318.) 

Toutes sentences rendues par les reu 
wart, paiseurs, maieur de la perse, trip 
piers de velours, commis a la vingtaine> 
et autres colïieges subalternes aeschevins, 
sortissent, par appel, par devant les dits 
eschevins. (i533,Cowf. de Lille. Coût gén.. 
1, 777, éd. 1604.J 

David du Crocq, maieur de bannière 
d'Àbbeville. {Coût. d'Abbeville , Nouv. 
Coût, gén., 1,108,) 

— Maior volant : 

Aucuns mayeurs votons vouldroient 
mettre et maintenir la pluspart des dites 
seigneuries, estre en chemins royaux. 
(1507, Proc. verb. des Coût, de Trûyes, 
Nouv. Goût, gén., III, 280.) 

— Fera., majeure, première proposition 
d'un syllogisme: 

Disant que ceste majeur ne le pouvoit 
destruire par raison. (Bout,, Somm. tut , 
l«p., t*Ul e ,éd. 148Ô.) 

— Mayeuresse, s. t, supérieure : 

Et par toy est mise la bonne 
A. jasUcô la mayeuresse, 
(Dbguii-evillb, Trois Pèlerin aiges, f° 69 b , impr. 
Ingtit.) 

Cf. Maire. 

mairalté, meiraulé, meirallee^ s. f., 
mairie, fonction de maire : 

A nostre scignur le roi monstre la comu- 
nalté de la ville de Seint Milyon qe, corne 
il eient esté en possession de aver cornu- 
naltee et meyre en mesme la ville de tous 
tins, jesk'un poi avant la guerre de Gascoi- 
gne (Je en Pères de Scarleton lour raeire 
moruist, et par sa mort fu la meiraltee 
prise en la main nostre seignur le roi de 
Eogleterre... (1290, Petit, de la ville de &- 
Emilion, Lett. de Rois, etc., t. I, p, 383.) 

En celé temps fut Hamon de Chikerville, 
meir, aldermans, viscountes et clers somo- 
nez d'estre devant le roy a Weimoster, et 
lors le roy par son eindegré saunz nul 
acoupement ousta le dit Hamon de sa mei- 
rautè. (Chron. deLond., p. 45, Aunger.) 

MA.IRAMAS, VOir MàRRÀMÀS, 

1. mmran, s. m., vaisseau vénitien : 
Asses envoient d'aultres vaisseaux par 

mer comme nafves, coques, paufriers, 

mairans, destrieres, grippories et aultres 

vaisseaulx. (D'ànglure, Saint Voyage de 
Jherusal, 341, A. T ) 

2. mairan, voir MAïaiEN. 

mairance, s. f., autorité ; 
Se il a& vaet yfluir a chief 
Lise et relise de rechief (les commandements) 
11 i tnmrai sanx do ta ace 
Maiutes choses qui îoni mairance 

(Ms. Ara. 5201, p. 181',) 

1. maire, mère, merre, mare, maiere, 
adj., cas suj., plus grand, dans un sens fa- 
vorable ou défavorable; majeur, principal; 
s'est employé fréquemment, dès les plus 
anciens textes, pour le cas régime : 
La u ert maires lnr esfon. 

(B8n., D. de Xorm.t II, 5394, Michel.) 
Que la u ert plus granzl'ojguilz 
E des laaces mairct U bmir. 

(Id., t*., 2107.) 



E tens (mes fl tel afaire 

N'en est nule plus grant ne maire. 

Ud , i*., 4303.) 
Qu'uqc mais ne fu en maire esfrei. 

(Id., i*., 2509.) 

De ses cures fu teo la maire. 

(Id m ib., 7113.) 

La a a maire, fermeté. 

(Id,, ib., 8621.) 

PIub grant chose u'ûs pais ne maire 
Offrir, pramettre ne doner. 

(Id m ib. t 9057.) 

Belle Doette prist g'abbaie a faire, 
Qui moût est grande et ades sera maire. 
(Audefr. le Bast., Bêle Doete* P. Paris> Roman- 
cero, p. 48.) 

En maire garentie de vérité. (Gk. de 1229, 
Perrot de la Rochelle, Arch. tienne.) 

Cil qui eslurent Geffroi apelerent au roi, 
que li autre n'eleussent sanz le mère con- 
sentement de la vile. (Liv. de jost. et de 
plet,l, ô, f 27, Rapetti.) 

La mère partie des horgois si s'en con- 
sentis!, li contrediseor ne soient plus oi, 
(ift.,8 31.) 

Se lî nombres des requereors est mère au 
double. (/&., § 39.) 

La mère partie. (Ib.) 

Ne vos puet venir enor maire. % 

(Vie du pape Grc^,,p, 67, Luzarche.) 

A mère fermeté de cestes choses. (1303, 
Accord, Mor., Pr. de l'H. de Bret., I, 1182.) 

Par oc recommence li dels si granz 
E la guerre mortals maire que anz. 

(Ger. de Ross., p. 299, Michel.) 
Eu maire garentie. (Lundi apr. N.-D, de 
mars 1351, S.-Berthomé, Bibl. la Rochelle.) 

Et puis le roy d'Unie qui u'astoit mie maire 
Que roy de Septmontagne. 
(Ha, des Preis, Geste de Liège, 110, ap. Scheler, 
Gloss. philol) 

Fener les prez a merre pris. (1471, S.- 
Orner, ap. La Fons, Gtoss. ms., Bibl. 
Amiens.) 

Clerc qui est ordonné a maires ordres, 
(Stat. de Paris, Vat, OU. 2962, f* 65». ) 

L'en ne peult faire maire villanie a 
homme que le prendre de cas de crime, 
(Coust. de Bret., f° 46 r°.) 

Or se faisoient leB prestres de tous ces 
clercs, qui residoient en la maire et prin- 
cipale église. (Pàsquieh, Rech., III, 37.) 

— Dans l'exemple suivant, mères s'ap. 
plique à un nom de personne pluriel avec 
ïe sens de plus fort : 

Por estre plas certains e mères 
E qu'il n'i sorsist encombrier, 
Revont l'ovre plus esforcier. 
(Ben., D. deNorm., II, 36515, Michel.) 

— On l'a employé abusivement avec 
plus : 

Quel tenant ad pluis mère droit que ad 
le disseisor. (Littl., InstiL, 478, Houard.) 

~- S. m., sorte de magistrat ; 

U estoit mares au Loherant G aria. 

(LcsLoh.i ms. Montp., f» i2a d .) 

Li maint l'oit, a pol n'enrage vis. 

(/*., fM25 d .) 
Et si an est vestis nostres maires an leu 
de nous par lou maiour, (4233, CarL de 
S.-Vincenl, Richel. 1. 10023, f°5l r<\) 



Nulz maieres dedens le mairye n'oseche 
tourbler les jurez sergeus de l'église; et se 
che il présume faire, il donra .c. s. Item a 
le simple complainte des maieres ne soit 
aucun es prison se ilz n'ont prouvé par de- 
vant esebievins de les villes \& fourfaict 
qu'ilz lui imposent. {Trad. du 27 juill. 
1489 de la Ch. de Marolles, Bull, de la 
Comm. hist. du Nord, IV, 340.) 

Quant a deux fiefs deB maires heritables 
de la ville de Pernes, ils sont indivisibles 
et non partables, en quelques degrez que 
ce soit, pour ce que les possesseurs pro- 
priétaires d'iceux fiefs sont soumis a rece- 
voir un après autres les mesmes rentes de 
la ville do Pernes, et les faire bons en une 
somme. (1507, Coût, de Pernes, Nouv. Coût. 
gén.,I, 383-.) 

Le maire (k mon ad vis) eut première- 
ment charge de la maison du roi et de la 
jurisdiction sur les officiers domestiques. 
(Fauchet, Orig. des dignit. et magistr. de 
France, 1,10, éd. 1611.) 

— Maire d' entrecours : 

Le serment de pauvreté admis et receu, 
pour obtenir lettres d'entrecours, il faut 
délivrer au maire d'entrecours treize gros 
quatre deniers barrois. (1624, CguL de 
Gorze, Nouv. Coût, gén., II, p. 1078.) 

— Maire volant : 

Les subjets pour cuyder eulx exempter 
de la jurisdiction des hauts justiciers, et 
afin que leurs delicts demourassent im- 
punis, feroient chacun pour les dites en- 
treprises voyes de fait et delicts, et leurs 
noises et débats sur les dits chemins, et 
consequemment euU (seigneurs), et aucuns 
mayeurs volans vouldroient mettre et 
maintenir la plus part des dites seigneu- 
ries, estre en chemins royaux,pour leur pro- 
fit particulier; et a esté le dit article mis 
sus... par la sugestion importune des dits 
mairesvolans. (lWl,Proc.-verb.des Coul. de 
Troyes, Nouv. Goût, gén,, III, 280.) 

maire, mayre, mère, s. t, matrice : 
Contre flux du sang du nez et de la 
mayre. (Reg, des dames, Richel. 13*7, 
f» 117 v«.) 

Le suppliant parla a ung barbier, et 

lui demanda si voujoit seigner une sacou- 
hade des vaines de la mère, ledit bar- 
bier saigna icellô Katerine es quatre par- 
ties de son corps, c'est assavoir en chacun 

pié et en chacun bras des veines de la 

mère. (1467, Arch. JJ 200, pièce 64.) 

maireL j s . m. ? voir Merel [err.] 





minage 


\ a un aiglct 




D'or 


tregjel 


^^s^HlJ^i l OTai£tfi-■ 




Qui 


moult 


Pjir^*t^ïeïFfftia 


^tbiaus. 




Jfrx: 


, Troies, Richel. 


37B7-ï*-aû^ 



1. MAjHEMENT, merrement, s. m., bois 
de construction : 

Ont lid. bourgeois ou dit bois de Loo- 
mont le merrement pour chars, pour char- 
rettes, pour charrues et pour maysoner. 
(1308, Franck, de Blamont, Arch . mun. Mont- 
beliard.) 

Doibvent avoir lid. borgeois et lour hoirs 
aussy boys et merrement pour chers, 
charottes, cherrues et por luaisonaer, 
(1311, Franck, de fteufchatel, Cart. de 
Neufchatel, appartenant au comte de Dur- 
fort-Civrac.) 

2. M .VIREMENT, VOÏr MARREMKNT. 

mairementer, merrementer^ \\ a„ 
échalasser : 



MAI 



MAI 



MAI 



87 



Il feront les dites vignes de totes façons.., 
de tuilier e de merrementer e de lier e de 
plaier, de bechier, de biner e de provai- 
gnier soffesaumeut, {Ch, de (271, Silly, 
Arch. Orne.) 

mairen, voir Mairien, 

mairenage, marrenage, marenaige, 
maronage, marnage, s. m., bois de char- 
pente, droit de prendre ce bois : 

Mon usuaire en bois de ladite Coxei por 
mon afeu et pour marenaige pour mon 
ostel. (1276, Neufchastel,3, Arch.Meurtbe.) 

Les diz honmes auront leur usage en 
tous les bois non bannez pour marrenage, 
effouage et closure des terres gaignebles. 
(1381, Ord. y vu, 32.) 

Usagiers ayans droits de prendre bois 
de maronage pour leurs bastimens. (Coût, 
de Lorr.^xv, 17, Nouv, Coût. gén.,11, 11 1B.) 

Usagiers ayant droit de prendre bois de 
marnages, affouages, ou fournages, doivent 
user de ce droit en bon père de famille. 
(Coût de VEv. de Metz, xiv, 12, Nouv. 
Coût, gén., Il, 422.) 

A l'effet des... réparations, et pour y 
fournir, elle peut prendre es bois de haute 
fustaye... les bois de marnage nécessaires. 
(Coût, de Metz, Nouv. Coût, gén., II, 416.) 

Que les bois en seront distraits^ esquels 
elle ne pourra rien prétendre, sinon pour 
son chauffage, maronage et pesselage. 
(Ch, dé 1622, ap. Duc., Materia.) 

Le droit de prendre du bois dans les 
forêts communales est encore appelé 
droit de maronage dans le département 
de la Sarthe. 

maïrenal, adj,, maternel : 

Toute la eschoyte de biens pairenals et 
mairenals. (1374, Leit. du Cte de Bout., 
Just., H. de la mais. d'Auv., p. 96.) 

1. MAiRENERiE, maironnerie, maronne- 
rie, s. f., bois de construction : 

L'imposicion de maironnerie. (Ch. de 
1367, ap. Beauvillé, Doc inéd. concern. la 
Pic. t 1,80.) 

Desdictes repparacions tant de maron- 
nerie comme de cbarpenterie. (1466, Arch. 
S 13, pièce 11.) 

Se rencontre comme nom de lieu ancien : 

Wareskais sur Escaut, en le Mairenerie. 
(1380, Compl de Valenciennes, ù°W,t*lQ *«\ 
Arch. mun. Valenciennes.) 

2. MAIRENERIE, VOir MaRONNERIE. 

1. mairenier, merrenier, merrienner, 
mesrainer s mesrienner, marrenier } - er, 
- eir f marroner, marriner, verbe, 

— A et., construire avec du mairien, on 

bois de charpente : 

Por ardoir, por marreneir. (1251, S. 
Mihiel, î, Arch. Meurthe.) 

L'abbes et li couvens de Saint Ourbain 
doient et puent panre pour la teulerie de 
Sonbru refaire, marrenier et maintenir ce 
que mestier sera en grant bois de Maas- 
ton. (1264, Lett. de J. de Joinv., S.-Urb.., 
Arch. Haute-Marne.) 

Qu'il peuent panre marrien por maison- 
ner et por marrener por toutes les aisances 
de la dite grainge. (Lett. d'oct. 1266, Ecu- 
rey, Arch. Meuse.) 



Fors les bois de vente, qui en sont 
excepté, sauf ce que nostre dite dame y 
ay son usaige por affoer, por maisoner, 
por marroner, et por la paisson de ses 
pors. (Ch. de 1277, ap. Pcrard, p. 541.) 

Une gronche de .m, travées a une croup 
bonne et souffisante de bon merrien et 
bien merriennee et couverte d'essaule, 
(1376, Arch. MM 30, f° 60 vu.) 

Bois pour maisonner,mesraîner, edeffier. 
(1391, Denombr. du Baill de Rouen, Arch. 
P 307, f° 39 v°.) 

Nous avons en ladite forest bois pour 
maisonner, mesrainer, ediffier, repparoir 
et ardoir. (1419, Denombr. de ta Vie. de 
Conches, Arch. P 308, f» 12 r«.) 

— Echalasser ; 

Pour la façon de la vigne dou Croset en 
Tan 1331 pour lou taillier, merrenier et 
lier et fossorer .n. fois. (Compt. du dom. 
de Mahaut d'Artois, Richel. 855) .) 

Ils ayent accoustumé, eux et leur prédé- 
cesseurs, de avoir usage et de user en la 
garde de Chaumontoir pour les réfac- 
tions et repparations de leur maisons, et 
mesrienner aussi leur vignes du dit usage 
en rapportant ou ramenant le viez mes- 
rien d'icelles, (15 mai 1369, Lett. de Phil 
duc aVOrl, ap. Le Clerc de Douy, t. II, 
f« 48 t 9 , Arch. Loiret.) 

— Neutr., couper du bois merrain : 
Par tel manière que les genz du dit sei- 
gneur de Gransson puissent et doibgent 
marriner eis jours du dit seigneur de 
NeufchasteL (1350, Ch. de Thibaut de Neu- 
châtel Arch. du prince, Neucbâtel, M * 2 , 
n* 15.) 

2. mairenier, merrenier, merenier, me- 
rainier, merrinier, marenier, maironnur, 
marronnier, maronnier, maroner, mer on- 
nier, murennier, mergnier, mernier, s. m., 
marchand de bois de charpente et de cons- 
truction ; charpentier : 

Hé I Kalles sires, ïi engigneres dlst, 

Aves me toi lea carpentiers porqnis % 

Tos céans de l'ost me faites cha venir- 

Kalles les mande et Nàmles li floris, 

Tant q'il en ont trois cent et qnatre vingt, 

Estre les autre» maroners du pais, 

Dont il i ot ben près de qnatre mil. 

(Raimb., Ogier, 6720, Barrois.) Impr., marovers. 

Mer renier s. (Liv. de la Taille, ap. Géruud, 
Paris sous Phil le Bel) 

A Adam le merenier de le crois pour bos 
accatet a lui. (1358, li Coût des frais p. le 
nouv. cloque, xxvii, Arch. Valenc.) 

Hommeaux vendus par un meronnier. 
(1423, Lille, op. La Fons, Gloss. ms., Bibl. 
Amiens.) 

Betremieu de Brou, maronnier. (29 mai 
1429, Vente, Arch. mun. Douai.) 

Jehan Boistel, murennier, pour bos. 
(1462, Compte de l'hospital des femmes ge- 
santés, Arch. mun. Douai.) 

Vente de rente a trois vies par Jehan 
Burette, merainier. (19 janv. 1471, Arch, 
mun. Douai,) 

Marronnier. (1487, Lille, ap. La Fons, 
Gloss. ms., Bibl, Amiens.) 

Un maronnier livre une barbaquesne. 
(Ib.) 

Nayveurs, soyeurs, mareniers, carpen- 
tiers, mâchons, covreurs. (J. de Staveu, 
Chron., p. 326, Borpnet.) Impr., mare- 
mers. 



Pierre Baratte, maironnier et carpen- 
tier. (17 oct. 1506, Testament, Arch. muo. 
Douai.) 

Marchant mairenier. (1S07, Valenciennes, 
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. AmienB.) 

Mergnier, (1534, i&.) 

Au s r Pierre Delimal, marchant a Val- 
lenciennes, pour avoir acquitté le bureau 
et voitture deadites marchandises de la 
maison du mernier jusques au chariot or- 
dinaire de St Arnaud a Vallenciennes, luy 
at esté payé .xxvm. s* (1671, Comptes du 
receveur de Mortagne, m s, appartenant à 
M. Bocquillet.) 

Wall , maireni f mairli t marchand de bois ; 
anc. liég., mairnier, merenier; roucbi,wer. 
nier, 

3. MAIRENIER, Voir MARINIER. 

mairer, merer, merrer, verbe. 
— Act., maîtriser, opprimer, subjuguer, 
gouverner : 

Quant grant dolor tient home e merre 
Li quers H estreint, clôt e serre, 

(Ben., D. de Norm , II, 30186, Michel.) 
A cens le fait douner (les trésors) que li povretes 

[mère. 
(Rom». d'Alix , f° 6\ var., Micbelant.) 
Car bien voy que cest ost me destruist et me 

[maire. 
(Chev. au Cygne, 13826, Reiff.) 
Mahais consaus le maira, 
Et tant le pétilla entie, 
Theophilos sa signorie 
Toli, et fist DOTel vidame. 

(De Tkeoph., Richel. 375, f° 310 e .) 
Or li proie qne pitié l'en preingne ; 
Trop me maire et peine souyeal. 
(Blohdel db Keele, Chans., ch. 18, Tarbé.) 
Si goïe joa de li, qant plas me maire 
S'amours et point, mains me tourne a contraire.. 
(Hart, li bkgins de Cambrai, ap. Maetzner, 4//- 

franzœs. Lieder* p. 36*) 
Por moi le dis, que pas ne me pnis taire 
Du grant ennui, qui me deatraint et maire. 
(Eostache Lkpeintrï, Chàns., ap. Tarbé, CAûb- 
sonn. de Champagne aux xn* et xim" s., p. 70.) 
Thomas, grant sotie maire 
Vo cner. 
(Gilebert de Berneville, Chans., Richel. l'2615.) 
A Bon Yoloir tous clans maire 
Ki aimment de fin voloîr, 

(Chans., ms. Sienne H.X. 36, f° 25 a .) 
Il me doit bien plaire, 
Se boine amours pour enmiudrer me maire. 

(Ib., f° %&>.) 
Quant (amours) par oir son caer destraint et 

[maire 
Par regars vient que miez sa force paire. 

(Auberon, 996, Graf.) 
En la On paors tant le maire 
Ke le chanse al valet rendi. 
(JaK. de BaSIo, des trois Chev. et del Chainse, 

134, Méon, Nouv. Rec, I, 95.) 
Gau tiers s'en est tornez, qui grant angoisse maire. 
(Gaut. d'Aup., p. 14, Michel.) 

Ainsi amours le tient et maire 
One il ne se set conse illier. 

{Couci, 2544, Crapelet.) 
Mai» amours, qui est dame et mestre 
Del mont, qui justice et esmaistre 

Tous ciaus o cui elle se prent 

Et maire et abat les desrois. 
(J. de Condé, UDis dou levrier,iBl, Scbeler.) 
C'est celle (l'envie) qoi les coers tondis de tous 

[manls maire. 
(Gillon le Moisit, Poés., I, 307» Kerv.) 



88 



MAI 



— Réfl., être gouverné, être dressé : 

Àhi ! Charles, bons roys ! on pouroit mont re- 

[traire 
De bien de vos amours, et taot bel essamplaire, 
C'est drois c'oisiaas geotiei par lui Vafaitç et 

[maire, 
(Adam de la Halle, du Roi de Sezile, 236, Cons- 
semalter, p. 289.) 

mairerie, marerie, s. f., mairie, justice 
seigneuriale : 

Pour les grands complaintes et clameurs 
que eues avons des griefs et oppressions 
qui au temps passé ont esté faits anostre 
peuple des personnes qui ont tenu a 
ferme les prevostez, maireries et jugeries 
de nostre royaume, nous, voulans eschever 
telles choses et relever noslre peuple, 
nous ordonnons que doresenavant toutes 
les dictes prevostez, maireries et jugeries 
soient baillez en garde. (1413, Ord., x, 
ii4.) 

Iceulx suppliant aient justice en toute 
leur marerie et banlieue. (Pièce de 1442, 
ap. J. Garnier, Chart. bourg., I, 112.) 

Nos bien amez les maires de nostrebonne 
ville d'Angiers nous ontentre autres choses 
remonstrè qu'ils ont plusieurs beaux pri- 
vilèges, franchises et libertez, tant du fait 
de 1 érection de leur mairerie, justice et 
jurisdiction que autres a eux donnes par 
nos prédécesseurs, (1498, Ord., xn, 160.) 

JeanTizard, grenetier de Sully sur Loire, 
seigneur de la mairerie de Goumarville. 
(1556 , Proc.-verb. des Coût. d'Elampes, 
Coût, gén,, I, 247, éd. 1604.) 

Les estatz tenus par chacun an es pro- 
vinces, les maireries des villes, eschevi- 
nages... sont démocratiques. (Loys Leroy, 
Polit. d'Aristote, p. 178, éd. 1568.) 

Mairerie, f.p. Est ores l'office du maire, 
comme si on disoit majoratus. Et ores le 
ressort et estenduë de la justice de tel 
office, tout ainsi qu'on dit la prevosté et 
vicomte deParis s esttnd a tel et tel lieu et 
bailliage de Melun. Ainsi dit-on la maire- 
rie de tel lieu est vacant, et la mairerie 
d'iceluylieu s'estend jusques à tel lieu, et 
en cette signification adjoustoit-on ce mot 
justice disant : la mairerie et justice de 
Gatim on du Chesnoy. (NlCOT, éd. 1606.) 

Mairie, mairerie de palais : Palatîi ma- 
gisterium. Regiae magisterium. Palatînum 
raagisterium. Prœtorii prsefectura. Praeto- 
riana prsefectura. (Monkt, Jnvantaire des 
deus langues françoise et latine , Lyon 
1 636. ) 

Morv, et Lyonn., mairerie, mairie. 

mairesse, meresse, s. f.. femme du 
maire : 

3a n'ert faroe qui d'ans se gart, 
C'ele iert contesse o meresse, 
Qu'il ne facent loV volante. 
(Des Clers, ms. Berne 354, f° 57 r ,) 

Le perilg hors de mort et de mehaing de 
Jehanne la meresse. (1332, Registre criminel 
de St-Martin-de$-Champs, p. 19, Tanon.) 

— Dans les confréries de Sainte-Cathe- 
rine ou les sociétés établies à Douai pour 
offrir chaque année un présent aux églises 
paroissiales, à l'époque des processions, 
on élisait une des associées à laquelle on 
donnait le nom de mairesse, comme dans 
la confrérie de Saint-Nicolas l'élu s'ap- 
pelait le mayeur* Ces dignitaires avaient, 
pendant une année, la direction de leur 



MAI 

association. (Vermesse, Dict, dupai, delà 
j Flandre française et wallonne , Douai 
i 1867, p. 322.) 

Wall,, mairesse, femme du maire. 

mairetk, met/., me,, s. f., fonction de 
maire ; 

Que le devant dit maire puisse faire sa 
joutice par la raison de sa mère té, comme 
en lay fyeu. (1289, Arr. de l'Echiq, de 
Norm., Arch. mun. Rouen, tir. 2-1.) 

En le meyreté de Bordeux. (l £r fev. 1325, 
tett, de J. Travers d H. le Despencer, Del- 
pit, Doc. fr. en Anglel. t p. 55.) 

mairi, mairit, part, passé, pétri : 
Item .v. s. pour cieu mairit, pour les 

chars. (Pièce de 1336, ap. Varia, Arch. 

adm. de la ville de Reims, II, 750.) 
Cf. Mairieh. 

mairie, mayrie ) mairrie, merie, s. f,, 
sorte de fief : 

Nuef setiere de grain... et les prenoit et 
recevoit surs la wierteespecialment et surs 
les biens d'icelle. (1282, Cart des Vaux de 
Cernay, Arch. Seine-et-Oise.) 

En la merie ou en l'eritage dudit Johan. 

Que il avoit et posseoit paisiblement 
une mairie e Champaignes que il tenoiten 
fié dou roi de France, en la quele mairie 
desus dite li devant dis Prevos disoit 
apartenir un arpent de pré. (Ch. de 1287, 
Senlis, Arch. Seine-et*Oise.) Var., merie. 
(Cari. dePontoise,JMche\. 1. 5657, f° 32 r«.) 

Toute laduchié d'Acquitaine ainsi comme 
elle s'estent et comprent en toutes ses 
m êtes et toutes ses limitations, senes- 
chaussées, bailliages, mairries, seignouries 
et vassaudies. (Fkôiss., Chron., XV, 158, 
Kerv.) 

Fiefs appeliez mairies, qui ne sont que 
sergeantises qui ne se divisent point.(I539, 
Proc.-verb. des Coût, de Senlis, Coût, gén., 
t. I, p. 349, éd. 1604.) 

— Sorte de redevance : 

Com Estevenars Racine, maire heri- 
tavles de Montbrehaing, mes noms, euist 
ou bos de Forestel... les mairies, c'est a 
dire une maille de chascune charretée, 
quant on vendoit le bois devantdit. (1288, 
Cart. du Mont S. -Martin, Richel. 1. 5478, 
î ù 127.) 

Doivent encor les diz habitans (de 
Rortey) une rente qui se nomme la may- 
rie, qui se paye par chascun an, le lende- 
main de Noël, qui monte a trente deuz 
solz petite monuoye. (1497, Aveu. Arch. 
P 176, pièce 118.) 

— Sorte de juridiction : 

L'abbé saint Benoist a jurisdiction sur 
les habitans dudit Plessis, et simple may- 
rie sur les habitans de Sainville. (1556, 
Proe.-verb. des Coût. d' E lampes, Coût, gén., 
1, 252, éd. 1604.) 

— Cri que ceux qui avaient droit de 
prendre du bois étaient obligés de pousser, 
lorsqu'ils ne trouvaient pas Je sergent ou 
son commis, à qui ils devaient payer les 
deux deniers dus pour le droit d'issue : 

L'on est tenu payer avant sortir du 
bois, et se le prevost ou son commis ne 
y sont pour le recepvoir, le charton est 
tenu crier au dit bois, par trois fois, a 



MAI 

haute voix, mairie, et si le prevost et son 
commis ne viennent recepvoir le dict droit, 
iceïuy charton est tenu de mettre en ung 
estocq auprès du lieu ou il a chargé son 
car, les deux deniers, en lieu patent. 
(1561, Coût, de Saulty, Nouv. Coût, gén., 
t. I, p- 407\) b 

mairien, marrien, marrian, marrein, 
marien, mairrien, mairieng, merrien, me- 
rien t mairian t mairen, marrain, marrein, 
marrin, merrain, merrein, mairain, me- 
rain, merrin, merym, merim, mairan, 
masrien, mesrien, marreng, maisrieng, 
mesrayn, mereme, s. m., bois à bâtir, bois 
de charpente propre à toutes sortes de 
constructions et d'usages, en particulier 
bois à faire des douves et des tonneaux, 
douvain : 

Quant li feus fu bien alumcz, 
Et li merriens bien anbrasez. 
(Wace, Conception, Brit. Mus. Add. 15606, 

f* 40\) 

Si emportad la pierre e le mairen dunt 
li reis Baasa velt edefier. (Rois, p. 303, 
Ler. de Lincy.) ' 

Mes voisins pot apoier son merien contre 
mon mur qui joint a li, voille ou non. 
(Bbaum., Coût, de Beauv., ch. xxiv, 22, 
Beugnot.) 

Que li futaiges et li marrim 
Soit fins el bons et enterins. 
(J. de Priorat, Liv. de Vegece, Ricliel. 160-i, 
f 69\) 

Et si nos raconte l'estoire de Amphion 
qu'il fist la cité de Ateine (de Thebes) ; 
H faisoit venir les pierres et le marrien a 
la douQor de son chant. (BfcUN. Lat., 
Très., p. 469, ChabailleJ 

Il deivent avoir en la dite forest le mai- 
rieng affere les pons. {Jurés de S.-Ouen, 
f ft 14 r°, Arch, S.-Inf.) 

Touz les hommes de la parroisse de Pe- 
riers deivent et sont tenuza aidier a lever 
le mairieng, chescun une journée, toutes 
fiées que il plaist a Pabbei et au couvent 
a edeffiev lemaneir de Periers. (Zb.,f° 15 v°.) 

Bon est q'il eyt tielx charetters et char- 
ruers qi sevent overir lour merym de- 
meisne. (TV. d'Econ. rur., c. 13, Lacour,) 

E soun merim a la vaiiance de .c. s. 
pristerent e enporterent. (1304, De termina 
S. Hiltarii, Year books of the reign of 
Edward the first, years xxxn-xxxin,p. 41, 
Rer. Brit. script.) Plus bas, mereme. 

Pour .xii. charretes qui amenèrent... le 
marreng dou pont, (1310 , Revenus (les 
terres deVArt, Arch. KK 394, f° 23.) 

Pièces demesrien. (1312, ib., f°38.) 

Vers Preney firent grant damaige, 

Marrien, molin en amenèrent 

Et aaltre bien de grant proaige. 
(Guerre de Metz, st. 150% E. de Bouteiller.) 

Qu'ili ne laissent mairien, essendre, 

Ou autrez biens a Mets venir. 
(Credo Henreis âe Heis, 146, ap. E. de Bouteiller, 
Guerre de Metz, p. 374.) 

Pour amplir le premier arc de la cha- 
pelle de merrien, (1327, Arch. hospit. de 
Paris, II, p. 78, note, Bordier.) 

Kerguier et deskerguier le kar qui 
merra le maisrieng. (1344, Trav. aux 
châl. d'Art., Arch. KK 393, f« 98.) 

Environ millier et demi de marrien a 
vin. (1389, Invent, de Ric.h. Picque, p. 51, 
Biblioph. de Reims.) 



MAI 



MAt 



MAI 



89 



Marrian a vin. (Compt. de l'hot-D. f 
d'Ort., 1392-1400, P» H r°, Hop. gén. 
Orl.J 

Devant la table du roi, tout au long 
descendant, avoit unes bailles de gros 
merrien par raison a trois entrées. (FrOisS., 
Chron., l. IV, c 4 1, Buchon.) 

Les hommes sont subgeitz a amener les 
meules et merrien appartenans et néces- 
saires au dit moulin. (1484, Aveux du bail- 
liage d'Evr eux, Arch. P l 294.) 

Ladicte lice fut quarree, de moult grande 
et spatieuse grandeur, et estoit toute 
double, et de gros marrien. (0. de la 
Marche, Afém.,1, U, Michaud.) 

Et es villages qui estoient près des ri- 
vages, furent parladite inondation plusieurs 
petites maisons conme abatues , et en 
venoit le marrein et morceaux de bois 
aval l'eaue. (Juv. des Ursins, Hist. de 
Charles VI, an 1405, Michaud.) 

.., Et charpenterent nefz des masriens 
de leurs maisons. (Boccace, des Nobles 
malheureux, V, 16, f° 129 v«, éd. 1515.) 

Il a basty sa mayson de mesrayn et ses 
cheminées de bricque. (Palsgrave, Es- 
claire, p. 455, Génin.) 

— Bois a mairien, bois de construction : 
Sylva non cadua est bois de haute fus- 

taye en laquelle on ne fait aucunes ventes... 
ains est gardée pour en tirer du bois m a 
mesrien tant pour édifier que pour faire 
navires, (Gcill. Terrien, Comm.du droict 
civil observé à la duché de Normandie, 
p. 610, éd. 1654.) 

— Syn. de pieu : 

Que pot il prendre en Gutenne de fors. 
Bien emparez de pierre et de merrien. 
(E. Deschami-s, Œuv , III, 101, A. T.) 
Grans mairiens. (Froiss,, Chron s III, 
346, Luce, m s. Amiens.) 

Ilfisent grant attrait de mairiens et de 
velourde? t (Id., tfe., II, 109, Luce.) 

— Bois des forêts, et un bois, une forêt : 

Entre oay parmy les merriens 

Déduit de trompes et de chiens. 

(Chasse d'Amours, p. 102\ ap. Ste-Pal.) 

Hz attrainoient les sapins et les marins 
de la forest a si grant effort et de tel cueur 
qu'il sembloit proprement que chascun 
ouvrier deust gaigner uns royaulme. {Per- 
ceforest, vol. VI, f° 62% éd. 1528,) 

— Bois de cerf ; 

L'en voit les cerfs naturelment muer, 
L'an une fois, le merrien. 
(E. Deschamps, Poés., Richel. 840, f° 327*.) 

Tels cerfs n'ont la teste ronde, car ceux 
qui l'ont ne touchent que du milieu de 
leur marrin au bois. (Chasse de GharlesIX, 
p. 102, éd. 1625.) 

— Fig., substance, matière, nature, 
espèce, en parlant de choses matérielles ou 
morales : 

Nostre sire Dex dona a home signorie 
sor tote autre créature, meismes sor la 
ferae que il avoit faite de plus soufissant 
mairien que iln'avoit fet l'orne. (Li Prolog, 
a la response sour V arrière ban maistre 
Richard d&Furnival, p. 54, ilippeau.) 

Les plnsors tist de son merrien (l'hypocrisie), 

Si l'obeissent, 
Nous eagingneot et Dieu traissent. 

(Kutrb., duPharisian, I, 206, Juli.) 



Paradis est de tel merrien 
C'on ne l'a pas par Dieu flaler. 
(DouPest au vilain, Richel. 1593, f* 7l h .) 

Et de si vil malere et de si vil mesrien. 

(Jsh. de Meoho, Test., 2-13, Méon.) 
Les vertus sont de faible merien. 
(E. Déschamps, Poés., Richel. 840, f° 307*.) 

Li ventres a esté eurenx 

Qui fust emplis de tel merien. 

(ID., ib„ f° 559 e 

J'ay les jambes de trop foible merrien. 

(Id., ib.,I° 38 d .) 

Moult Turent de fort merrien 

Julien, . 
Valentin, Crispinien. 

(Id., ib., II, 176, A. T.) 

Povre est nostre merrien» ; 

De telz amnurs ne vaillance n'est rions. 

(Id., ib., 210) 

Si pensay que pour l'amour d'elle (la Mère du 
V ' 4 [Christ) 

Je louray les femmes de bien, 
En faisant une œuvre novelle 
Lambrassee de viez marrien. 
(Bouton, Miroir des Dames, &?. P. Michaull, Danee 

aux aveugL, p. 188, W. 1748 ) 
Nous somme toutes d'un mesrien. 
(Deb. de, la Dam. et de. la Bourg., Poés. fr. des 

xv e el xvi* s., V, 11.) 

— Mairien s'est encore employé pour 
désigner une personne, comme on se sert 
quelquefois du mot marchandise : 

Fox est qui garde tel mesrien (une femme), 
(ftostf, 11596, Méon.) 

Foulz est qui garde tel merrien. 

(lb„ ms. Corsini, f° 95 d .) 

Fous est qui garde tell marien, 

(/*., Vat. Chr. 1858. f° I25 f .) 

— Meubles : 

Dont est venu tant de merrien 
Et de mesnagô que j'ay veut 
{Farce de Colin qui loue et despite Dieu, Ane Th. 
fr. ( I, 245) 

— Syn. de lignée : 

Et si verront leur lignie et merien 
Vivre et régner au monde diffamée. 
(E. Deschamps, Poés., Richel. 840, f° 436 e .) 

— Rendre à quelqu'un le mairien de son 
fust, lui rendre la pareille : 

A tels chanteurs respondez courte messe, 
Du fust qu'ils font rendez leur le merien, 
A grant moqueur il faut grant raoqueresse. 
(E. Déschamps, Poés., Riches 840, f° 225 b .) 

Au xin e siècle le quai de la Grève, à 
Paris, était dit rue aux Merrains. 

Ce mot est resté dans la langue moderne 
sous la forme merrain, aux xvn e et xvin e s. 
meirain, me rrein,mèrdin; pour désigner du 
bois de chêne fendu en menues planches 
dont on fait des panneaux, des douves de 
tonneau et autres ouvrages; et, en termes 
de vénerie, pour désigner la matière de la 
perche et du bois du cerf. 

Wall, et Namur., mairain, merrain; 
anc. liég., mayrin t mairrin, bois en grosses 
pièces, telles que le commerce les reçoit. 
Marrein est fort usité en Savoie pour dire 
vieux plâtre, débris de maçonnerie. Dans 
le Lyonnais on (\\Xmarrain t marain,marin t 
pour débris de mur, décombres.Livradois, 



maran t matériaux. Suisse rom.jNeuchâtel, 
marain, bois de construction : « Lemarain 
de sa maison lui a été donné par la com- 
mune. * (Uonhôte, Gloss.neuchdtelois.) 

MAIR1ENG, VOir MAIRIEN. 

1. mairier, marrier, merrer, v. a., 
pétrir : 

Il amolie le cuer et le fet tretable comme 
ciremerree. (Laurent, Somme, vos. Chartres 
371, f» 27 i*.) 

Dous et traitable comme cire marrie. 
(Id., ib., ms. Milan, Bibl. Ambr., f° 3i a .) 

Si prist .i. poi de chirô et le prist a mairier. 
(B. de Seb., xiv, 22-2. Bocca.) 

Centre de la Fr., màrer, presser. 

2. mairier, mairryer t \. n. ; remplir les 

fonctions de maire : 

Rent a moi raison et se me compte de ta 
meairie, car tu ne poras plus mairryer ne 
mes biens plus avant dispenser, (xv* s,, 
Valenciermes, ap. La Fons, Gloss. ms., 
Bibl. Amiens.) 

mairiot, s. m.j dim. de maire : 

Il n'est si petit mairiot ou aultre officier 
que par phas ou nephas ne despuile son 
voisin. (Fossetier, Cron. Marg., ms. 
Brux. 10512, X, n, 9.) 

mairir, voir MàRIR. 

MAIRLIER, VOir MARREGLIER. 
1. MA1RONNERIE, VOÎr MaRONNERIÉ. 
% MAIRONNERIE, VOir MAtRENERIE. 
MAIRRIE, VOÎr MAIRIE. 
MAIRRYER, VOir MAIRIER. 

1. mais, mats, tnaix, mets, mes f mez, 
mees t mai t mas, adv , plus, davantage : 

Cura peis lor fai, il creissent mais. 

{Passion, 498. Koschwilz.) 

Teus .xx. mil l'anchaucent et mes. 

(Ben., Troie, Ars, 33U, F 77 e .) 

Illuec en ocist Acilles, 

Cinq cent, ce dist l'escris, et mes. 

(Id., ib., Riche!. 375, f° 99 b .) 

Heriçoné su ut li destrier 
De saettes od fera d'acer : 
Treis cenz eu uni perduz e mais* 
(Id., D. de Norm., II, 21728, Michel.) 

Si avoit moult de gent li rois 
A son mengier, et .mi. mes 
Avoieut sans plus et non mes. 

(Mqosr., Chron., 2963, Reiff.) 

Tôt ce li fait li rets que velt e mais. 

{Ger. de Rossill., p. 369, Michel.) 

Et mais encores dois avoir souveraine 
joye que je ne te espargne point et af- 
fligé en douleurs. (Intern. Consol.,ïï, 
xxx, Bibl. elz.) 

— Mais de, plus de, plus que : 

Dunt il ocist mes des treis cen*. 

(Cliget, Richel. 1420, f° 59 a .) 

Con9iderans que nulle chose n*est si 
certaine comme de la mort, ne maiz in- 
certaine de reeure d'icelle. (1329, Arch. 
hospit. de Paris, II, p. 2o, Bordier.) 



— Et mais, et de plus 



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MAI 



MAI 



MAI 



Lors sa sagette par Eneas tremyge 
Fut en sa large si fort et avant mise 
Qu'elle faussa la clere et forte enseigne 
Et transperça lors sa cuysse et mais l'algne, 
(0. de S. Gel., Eneid., Richel. 861, f° 10/ ) 

— Beaucoup : 

Elle respont : Tricheor 
Sont mes trop cil chevalier. 
(Lt Rois db N avare, Bartsch, Rom. et past.,, 
III, 5,17.) 

— Plutôt : 

Pois lor a dit : Seignor, se vos le créantes, 
Je irai la desoas a Huidelon parler. 
Sire, ce dist Bertrans, mais moi laissiea a 1er. 
Mai* moi, ce dist Torpîns, por Dieu de majesté, 
Que je sai les haus nons an besoing reclamer. 
(Gui de Bourg., 2170, A. P.) 

— Désormais, maintenant : 

Lairons du roi, diron mes de Henri. 
(Gar. le Loh. t i* cbans., xi, P. Paris.) 

Votas remanres anoît mes ci, 

{Percerai, ms. Mons, p. 7 2 , Polvin.) 

Dunt tant eum France ait mais durée 
N'en ert la perte restoree- 
(Ben., D, de Nom.. II, 4907, Michel.) 

Par tôt Tait mais lor seignoranee, 
Lor poeite" e lor puissance. 
La terre est mais desabilée, 
E la genz morte e afamee. 

On., ib., M, 6107.) 

Batailles avum maintenues 
E tantes vers François vencues 
Que tens est mai* de reposer, 

(Id,, ib-, H, 6409.) 

Si ose mais ta Tie en pais. 

<ïl>.,i6., 11, 6536.) 

Cil qi ça l'envoia avoil de toi anvie, 

Ne voloit qne dnrast mais en ayant ta vie. 

(I. Bod., Sax. t cxu, Michel,) 

Se mes vos croi, le maafé m'arde ! 

(Renart, 1798, Méon.) 

Pou me pourrai mais soubstenir 
Fors a bastons ou a potence. 

(Rose, 13408, Lantin de Damerey.) 

De ceste pucele vous pri, 

Que ma suer le gart a nuit mais. 

(Atreper., Richel. 2168, f° 7 d .) 

Lasse 1 conment vivrai mais jor % 
(Ren. ds Beaojeu, H Biaus Desconneus, 1358, 
flîppeau.) 

Pot les fans samblanx qu'il m*a fei 
Doit l'en mes tout le mont mescroire. 
(le Lai de V Ombre, p. 65, Micbel.) 

Reconnu et confessa de sa bonne vo- 
lonté, sans nul par/forcement, avoir vendu 
et ostroyé, et en nom de vente avoir 
•quitté et delaissié mes por li et por ses 
hoirs au deen et au chapitre de l'église 
Nostre Dame d'Esvereues, une disme laye 
assise a Chambere. (1288, Lett. de l'offic. 
d'Evrevx, Pr. de VHist. du Cté d'Evreux.) 

Et quant tu saras rien que celer tu vonrras, 
Ne le dy a ta femme nullement, ce tu l'as ; 
Car ce elle le scet, tu t'en repentiras 
Au premier desplaisir que tu mais luy feras. 
(Doon de Maiencr. 2471, A. P.) 

Allons nous en or mais; assez nous 
sommes nous arrestez a ces gens. (Trot 
lus, Nouv. fr. du xrv" s., p. 244.) 

— Toujours : 

Jeune mais de ten outrage. 
(Rehclus db Moiluns, Miserere,, cmu, M . Van 
Hamel.) 



— Jamais, quelque jour, en quelque 
temps : 

Forent mots gens en ce»t siècle vivant 
Qui por autrui livraissent lor anfant, 
Corn fist Reniera et sa famé ausimant ? 

(Joutd. de Blaivies } 709, Hoffmann.) 

— Ne... mais % ne... plus : 

Ja non podra mais Deu laodier. 

(S. léger, 1C2, Koachwitz.) 

Quant veit li pedre qne mais n'aurat enfant, 
(Alexis, st. 8% xï» s,, Steogel.) 

Et le nom du preudom li nomme 
N'en tôt le monde n'a mai on 
Qui miens devisast la façon 
Du chastel... 

(Perceval, ms. Montp. H 249, f° 15 e ,/ 

Or n'en ai maix talent. 
(Ctjhes de BETrjwEs, Chans., ms. Berne 389, 
P 123 r°.) 

Hemes (Diex en ait Ios qui tôt puet justicier !) 
N'i perdirent H nostre vaillisant un sonner. 
(Chans. d'Antioche, vu, v. 300, P. Paris.) 

De ceste yile me convient départir, 
S'estoie hors, ne vous en qnier mentir, 
Mes en ma vie n'i querroie venir. 

(Aim. de Narb., Richel. 24369, f* 41 r».) 

K'en sa vie 
Ne vit mais, ki la seignorie 
Par Taison de bîauté enst. 

(Chev. as .n. esp,, 5453, Foerster.) 

Que j'aie le caslel a mon quemandement, 
Tant te donroi avoir et fin or et argent 
Que ne seras mez povre en trestout ton vhant. 
(Gaufrey, 4191, A. P.) 

Et de lo primïer la fortune comrnensa 
a estre contraire a li Grex quar maiz ou 
poi non orent victoire. (Aimé, Chron. de 
Bob. Viscart, 1,4, Champollion.) 

Et bien besoing leur estoit, car ja es- 
toient si batus que mais aider ne se pou- 
voient, (tivr. des faits de J. Bouciq.^ c. 31, 
Buchon.) 

Mienlx vault vivre sonbi gros bureaux 
Poyre, qu'avoir esté seigneur, 
Et pourrir soubz riches tombeaux ! 
Qu'avoir esté seigneur!... que dys t 
Seigneur I Helas ! ne l'est il mais. 
(Villo», Grand lest., xixyi, Jouaust, p. 33.) 

— N* en pouvoir mais, n'en pouvoir plus, 
n'y rien pouvoir ; 

Quant voue dormei, nous en avons 
La noise qui mais n'en pouvons. 

{Rose, 3776, Lantin de Damerey.) 

Qi tant ad fait q' il ne pntmees, 
L'em le deit lesser en pees. 
(Proverbes de Fratmce, ap. Ler, de Lincy, Prov.) 

Les enfans ont esté tuez pour l'occasion 
d'une chose de laquelle ils ne pouvoyent 
maïs, (H. Estienne, Âpol.p. Herod., c, 18, 
p. 291, éd. 1566.) 

— Pouvoir mais , pouvoir quelque 
chose : 

Que peut il mais de vostre ignorance ? 
(Mont.,Kss., II, 5, p. 235, éd. 1595.) 

Pour le regard des murmures elle s'en 
donne peu de peine, si ce n'est lors 
que le confesseur la presse et afflige, 
comme si elle enpouvoit wwm.fDuCHEVHE, 
Trad. du Chasteaude l'orne, f° 147 v% éd. 
! 1601.) 

i — A iozjors mais, tozjors mais, à per- 
pétuité : 



Tosjon mais serai vostre ancele. 
(Ren. de Beaujeu, li Biaus Desconneus, 863, 
Hippeau.) 

Et sera ton nom tousjours mais en 
louenge. (Grand. Cron. de France, des 
Fais et des Gestes Chorlem., tv, 1, P. 
Paris.) 

Donne, delesse a touzjours mais. (1360, 
S.-Evroult, Arch, Orne.) 

Sire, qui es mon Dieu, a touz jour mais 
je me confesserais a tù {Psaut. de Afefz, i, 
85, Bonnardot.) 

A tousjours mes se tiendront lesdites 
foires en semblable guise que dessus. 
(18 avr. 1420, Reg. consul, de Lyon, 1,238, 
Guigne.) 

Tantseullement ne me déboutes pas a 
tousjours mais de vous. (Inlern, Consol, 
II, xvn, Bibl. ek.) 

Se ainsi le faictes, vous me obligerez a 
tousjours mais en vostre service. (Louis XI, 
Nouv., xuv, Jacob.) 

Se d'aventure, comme il advient chas- 
cun jour, elle faîsoit ung enfant, elle se- 
roît a toujours mais deshonnouree. (Id., 
ib.) 

Ce tien e^crit, certes, sera tesmoin 

A'tûusjaurt mais de l'amitié ouverte, 

Laquelle m'as de si bon cueur offerte, 

Que la reçoi. 

(Cl. HkR.yEpUt. a Prévost, p. 191, éd. 1596.) 

— A mais tozjors, dans le même sens : 
Seront tenuz a rendre,., chascun an a 

mes totjors. (1285, Lieu-Dieu, Arch. ïndre, 
H 769.) 

Chasqun an a mes toz jors. (1291, La 
Clarté, Arch. Tndre-et-Loire.) 

A la saint Michau chascun an a mes 
iouzjorz. (Act. de 1293 et de 1297 passés a 
G/iinon, Fontevr., anc. tit,, Arch. Maine- 
et-Loire.) 

A cueillir les choses de ladite assiette et 
les émolument d'icelle a mes toujours. 
(1319, Assiette de 200 Uv. de rente, Morice, 
Pr. àel'H. deBret., I, 1290.) 

Chantera très messes en chacune sept- 
m aine de chacun an a mes to&jours. 
(Vend. apr. S. Loreut 1322, Cart de 
Cormery, Bourrasse.) 

— A toz tens mais, toz tens mais, dans 
le môme sens : 

Savent a voient des baruns 

E des nobles dames beaus dans, 

Pur mettre lur nuns en estoire, 

Que iuz lens mais fust de eus mémoire. 

(Wace, Roh, 3 e p., 147, Aodresen.) 
Prent et a acense a tout temps mes. 
(1315, Fontevr., anc. tit., Arch. Maine-et- 
Loire.) 

Tenir les diz molins en bon estaut tout 
temps mes. (1323, Arcb, J 192, pièce 60, 
Poitou.) 

Et ottroie a touz temps mes perpétuelle- 
ment. (Charte de H12, Arcb. de Solesro., 
20.) 

Quitte ledit achateur touz temps mes- 
(Charte de 1476, Arch t de Solesm., 100.) 

— A mais toz tens, dans le même sens : 
Otreierent a mez toz tens pardurable- 

ment. (1271, S.-Florent, Arch. M.-et-Loire.) 

A mes tôt lens pardurabiement. (1277, 
Fontevr., Arch. Maine-et-Loire.) 

— A tens mais, dans le même sens : 



MAI 



MAI 



MAI 



91 



A temps mes pardurablement, (Ch. du 
xui* s., Fontevr., anc, lit., 228, Arcb. 
Maiae-et-Loire.) 

™ Mais toz dis, dans le même sens : 
Despnh Tarons c*ens norrie et aleveft 
Et l'avons, mais tous dis, nostre niesce apelee, 
(Berte. 2826, Scheler.) 

— A tout mais, dans le même sens : 

Car j'ay vouloir te priser a toui mais, 
Veu que je suis le tien a tout jamais. 
(EpUt. du Cheval, gris, Poés. fr. des xv ,; et 
xvi» s. , III, 279.) 

— Des mais en avant, dorénavant : 

Des mes en avant. (1343, Lett. de Phil. 
de Valois, Arcb. Loiret, Ste-Croix, N.-D.- 
des-Barres.) 

— Onques mais, jamais : 

Jeuae mais de ten outrage, 
Onkes mais ne t'en desquareame. 
(Rkmclos de Moilibns, Miserere, ccxvn, 11, 
Vaa Hamel,) 

Ne cait t* onkes mes dame fust 
Par .r. tel home deceue- 

(Dolop., 4181, Bibl. eli.) 

L'église de Dieu désolée 
Est plus qv.' oncques mais adoulee. 
(Chr, de Pisaïc, Liv, du chem. de long, eslude, 
371, Pûschel.) 

— A nul tens mais, dans le même sens : 

Ne reclameront... a nul tens mes. (1279, 
Barzelle, Arch. Indre, H {{%.) 

Et sanz venir encontre a nuls temps mes. 
(1342, Hôtel-Dieu d'Angers, B. 19, Arcb. 
Maine-et-Loire.) 

— Mais nul jor, dans le même sens : 
Recognu que mais nul jor cis terrages 

ne li pooit resceir. (1263, Cart. d'Aine, 
f ô 158 r°, Arch ; de l'Etat à Mons.) 

— Mais hui, voir Maishui. 

— Mais oan, voir Maisoan. 

— Mais que t pourvu que : 

Et pardonrai trestot, par S. Richier, 
Mais qe mes oncles puisse a toi apaier. 

(R. de Cambrai, 2281, A. T.) 

E mes ke ja n'eusse dit ceo t'est avant 

Fors sus Je sen ke es ensivant, 

Enfla vas suffira assez 

A tu[z] vos eovres ke ferez. 

(Enseignemens d'Aristote, ap. Roq , Enbrechier,) 

Bon l'aurez par raison, 
Mas ?a*ennuit demores en ma povre maison. 

(Girart de Ross., 2065, Mignard.) 
Si s'acorda avec les Genevois et leur 
dona le Heu de Galatas, et les franchi de 
tous péages, gabeies et usages par toute 
Romanie, mais queïïs lui aidaissenl a con- 
quester son empire. (Liv. de la Conqueste 
de Moree, p. 26, Bucbon.) 

Il n'est homme plus nécessaire ne pluu 
proffitable que le mire, mais que il soit 
loîai et sage. (J. DE SALISB., Pulicrat., 
Richel. 24287, f° 7K) 

Pinceguerre, Vivant vons prie 
Qu'a ly voguiez mes qu'il vous plaise. 
(Pass. Nosire Seigneur, Jub-, Myst., II, 162.) 

Toutesfois j'espère, mais que il soit ques- 
tion d'aller voir le roy, que sa santé re- 
doublera. [Lett. de Marg. d'Angoul., lett. 
lix, à M, le grant-maistre, 2 avril 1527, 
Génin.) 



Mais que il plaise a Nostre Seigneur vous 
garder en bonne santé, je ne crains riens 
en les maulx qui me sauroient advenir. 
(Ib. t lett. lxiii, au roy, 1527.) 

Mais que je vive, je u'ay cure 
De m'earichir d'an plus grand h\Hu. 
(Bkluuu, la Reconn., V, 5, Ane. Th. fr,, t. IV.) 

Qui ne trouvera admirable de veoir les 
gens d'armes meinerles chevaux au grand 
pas rangez en bataille 7 et qui sera l'ennemy 
qui ne s'effroye, voyant le bataillon des 
corselets, des boucliers, la cavallerie, les 
archers, les tireurs de fonde, et chascun 
mis a part, et bien a poiuct, tous suivans 
leurs chefs en belle ordonnance? Et ainsi, 
mats qu'ih aillent d'ordre, et fussent ils 
cent mille hommes, si marcheront ils tous 
ensemble paisiblement et a leur ayse, 
comme si chascun d'eux estoit tout seul. 
(La Boet., Mesnag, de Xenoph., Feu gère.) 

Et bien, o Ischomache, dis je, mais que 
ton homme soit bien apprins a comman- 
der, de sorte qu'il se sçache faire obéir, 
penses tu qu'il soit du tout bien ainsi et 
vrayment parfait? (Id., ib.) 

Et est chose merveilleuse qu'ils se lais- 
sent aller ainsi tost, mais seulement qu'on 
les chatouille. (Id., Serv. vol.) 

— Quand, lorsque : 

Mon père, mais que j'aye dit deux mots 
a madame Françoise, je vous iray trouver, 
(Tournebu, les Contens, II, % Ane. Th. fr., 
t. VII.) 

Ce sera grand pitié de la vie qu'elle fera 
tantost, mais que tout nostre mystère soit 
descouvert. (Id., iô. f III, 70 

Vous prendrez bien encores plus dépasse 
temps, mais que m'ayez entendu conter ce 
qui s'est passé. (G. Boughet, Serees, I, 
200, Roybet.) 

Helas ! ma fille, helas ! qni me clona les yeux 
Mais que mon pâle esprit soit monté dans lescieui? 
(Racan, Berg,, III, 2, Bibl. elz.) 

— Sinon, excepté, si ce n'est que : 
Tôt sos fidels i saciet 

Mais que Judes Escharioh. 

(Passion, 99, Koschwitz.) 

Et estoit (le vaisseau) touz ou flun, mais 
qu'il en paroit entour un pié, iMén. de 
Reims, 161, Wailly.) 

Et se il failloit de prover son estaîge 
qu'il tanrront aillors, il ne porroît estre 
acusez masquez de paier la taille qui li 
seroit gestee avenammant. (1268, Cart. de 
Dijon, Richel. 1. 4654, f° 12 r°.) 

Amiles ne trouvai qui fust por lui mas que 
Hildegarde. (Li Amitiez de Ami et Amile, 
Nouv, fr. du xni f s., p. 54.) 

Dont li mist M. les bras au col et li fist 
une fause acolee; elle jeta sur son bras a 
l'envierse main et dist : Ha, sire, por Dieu 
merci, je savoie bien qu'il ne vous chaloit 
mais que vous fussies de moi partis. (Rom. 
de Kanor, Richel. 1446, f° 42 v<\) 

Et ne verra l'en mes que bestes sauvages 
par la berrie. (Livre au fils Agap, m s. 
Berne 307, p. 1B3\) 

Quant on doue aucune poesteit dou 
monde ou de l'esglise a ceus qui perver- 
seraent vivent, que fait on autre chose 
mais ques on euvre la porte d'axarrance ? 
(Ms. Berne 365, f° 137 v°.) 

Li faivres ne doit forgier es frères 
mesque ce que il doivent avoir de costume. 
(3« p. des coût, des Charlr. y ms. Dijon, 
f° 11 r°0 



Ainsi en revenimes sanz riens perdre» 
mes que ce que le mestre de Saint Ladre 
y avoit perdu. (Joïnv., Hist. de S. Louis, 
p. 167, Michel.) 

Il sont certeins que il ne pevent vivre 
mez que tant comme il plera a monsei- 
gneur. (Id., ib., p. 136.) 

Lors li dit le roy que il li redeist ce que 
il^ li avoit dit au matin; et il dit que il 
n'avoit pas conseil du redire, mes que de- 
vant ceulz qui estoient au matin avec le 
roy. (Id., ib., p. 137.) 

Ly maire, ly eschevins et ly jurez ne 
pourront tesmoigner mai que une année 
après leurs of6ces. (1320, Ch. d'affranch. 
de Fresnes, etc., Verdun, Cabinet de 
M. de Labry.) 

Et qui est Dieux mai ques nostre si- 
gnour? Ou qui est Dieu mai ques nostre 
Dieu? (Ps., xvii, Maz. 798, f° 48 v<\) 

Li latins ait plusour mos que nullement 
en romans on ne puet dire, mai ques per 
circonlucution et exposition. (Ib., f° 4 r°.) 

Il n'ait mai kes iniquiteit et mauvistieit 
penceit. (Ib., f° 89 v°0 

Q'ils vendront ou parmiteront mesques a 
ledit terme. (31 janv. 1373, Livre des Souil- 
lons, CJtvin, p. 373, Bordeaux 18670 

Je n'ay mats que cest esguilletle. 
Couchez vous tousjours, ma fillette ; 
Incontinent vous saiveray. 
(Farce d'un amour., km. Th. fr., I, 217.) 

— Ne mais que, dans le même sens : 

Quant Rollanz voit la cuntredite gent 
Qui plus sunt neir que nen est arrenianz, 
Ne n'unt de blanc ne mais que sul les denz, 

(floJ.,1932, Millier.) 
Prenons bataille a .i. jor ademis, 
Qe n'i ait home qi de mère soit vis, 
Ne mais que .u. qi diront el pais 
Li qeus de nons en escera ocis. 

(Raoul de Cambrai, 4260, A. T.) 

Onques n'ot oir ne mais que moi. 
(Ren. de Bëadjeu, ii Biaus Desconneus, -4843, 
Hippeau.) 

L'en dit, sire, je ne sai ce c'est voir, 
que le roy n'a encore despendu nulz de 
ses deniers, ne mes que des deniers aus 
clercs, {Joinv., Hist. de St Louis, p. 128, 
Michel.) 

— Ne mais, dans le même sens : 

Tuit sunt ocis cist Fraoceis chevalier, 
Ne mais seisaote que Deus ad espargniez. 

(Roi., 1688, Millier.) 

Guenôs reapunt : Jo ne sai veirs nul hume 
Ne mais Rollant, 

{Ib., 381.) 

Et fu covers d'un vert paile vergiet 

Dessi en terre menuement trencié, 

Qu'il n'en paroit ne mais Toel et le pié. 
(Raimb., Ogier, 4617, BarroisO 

I/espee au duc lur a mustree ; 

K quant chascun l'a fesgardee, 

Od le dévié que cil lor fait, 

Si n'i out une puis autre plait 

Mais del eissir senz demorance. 
(Ben., D. de Norm., II, 10493, Michel.) 

Tuit li chanoine a tant s'en vunt, 

Ne meis sol dui, qui remets sunt. 
(G. de S. Pair, M. S. Michel, 191S, Michel.) 

Ni a celui qui ait talent, 

Ne mais li biaus Desconneus. 
(Ren. de Béaujeu, li Biaus Desconneus, 200, 
HippeauO 



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MAI 



MAI 



MAI 



Plusieurs sont q^ui ne visent a aultre 
chose ne mais a bien avoir sans regarder 
dont il vient. (J. Legrànt, Livre des bonnes 
meurt t f 8 b .) 

Mais s'est conservé an sens de plus dans 
plusieurs provinces, telles que la Sain- 
tonge, le Poitou, la Flandre, la Bourgogne 
et la Bresse. < I fon mai de charivari. » 
iNoêls de Bourg, 1661.) * Y o bien mê de 
raondo. > (Ghans. Bress., Bugeys, et Domb., 
Philib. le Duc, p. 323,) Dans l'Orne, mais 
s'emploie au sens de très : « Elle n'était 
point mais grande. » Dans l'Ouest ne 
mais ? signifie « n'est-ce pas ? » Le wallon 
maie a le sens de jamais. Dans le Dauphiné 
et la Suisse rom. mais s'emploie pour dire 
encore : « Et puis je resterais mais toute 
seule. - (L'Enf. de l'Hôpit., Biblioth. univ. 
et Revue suisse, 1884, n° 71, p. 257.) Dans la 
Champ, on dit mes que, pour quand, lorsque. 
Mais que est resté dans le patois de Mor- 
tagne Flandre) pour signifier seulement : 
■ J'avos 10 sous j'enné pus mais gtt'huit. » 
Norm. et Canada, mais que, lorsque, après 
que; « Je lui en parlerai mais qu'il arrive, » 
Maine, mais que, en attendant que, pourvu 
que, dès que. Berry, mais que, à moins 
que. Morv., mâque t lorsque. Forez, mâque, 
pourvu que. Pic, ma que, excepté, si ce 
n'est que. 

2. mais, mat*, maais, maez, mois, adj., 

mauvais, dans tous les sens de ce mot : 

Fils de maise putain, comment osas penser, 
De si TÎUainement encontre moy jouer t 
(Le Livre Oger de Dannemarche, Mort Baudouinet, 
Brit. Mas. reg. 15 E VI.) 

Robert, comme ares maise geale ! 
(À. de la Halle, li Gieus de Rotin et de Marion, 
Conssemaker, p. 404.) 

Et que aucune maise souspeçon i pour- 
roi t avoir. (La Response del Best, mestre 
Richard de Furnivat, li Lions, p. 66, Hip- 
peau.) 

Deux femmes sont banies de Valencien- 
nes « pour maais ostel. » (1280, Lelt. des 
êchev. de Val. aux échev. de S.-Quentin % Arch, 
mun. S.-Quentin, 1. 30, A 4 b '«.) 

Ci a maise excusacion, 
Et ancor pire entencion. 
(Renard contrefait, Tarbe, Poil, de Champ, ant. 
à Fr. I, p. 54.) 

La dame demonra 
Eofremee en la tonr on gr&nt dolor mena ; 
Pleure pour son enfant et malt le regreta : 
Maidist le maùe famé c'au naistre li aida. 
(Charles le Chauve, Richel. 24372, f* 2l<.) 

Maig cescua fa en cner fans, traytrex et lais, 
Car encontre Hnon firent plnsenr jens mais. 

(H. Capet, 4340, A. P.) 

Con povre prisonnier, maise robe restie. 

(Cov., du Guesclin, 44320, Charrière.) 

Et un rots tlUains, qui feroit 
Maises œuvres et ïillenie. 
(G. Machaolt, Confort d'ami, p + 97, Tarbé.) 

Banis a .m. ans pour anieus et pour 
meslin et pour maises enfances faire. (1362, 
Reg. des chos. comm., Arch, mun. Valen- 
ciennes.) 

Une maise casure inde, .mi. touaillez de 
soie que bonnez que maises pour tenir le 



patine. (1386, Jnvent. de S.-Amé, p. 48, 
Arch. Nord.) 

Cacodemon, mats ange. (Gloss. deSdlins.) 

Il est donc maez logicien. 
(Le Martyre de S. Denis et de ses compagnon*, 
Jttb., Myst,, \, 406.) 

Adonc se mettra en toy 
Et abatra la maise loy. 
(Nativ. 2V, S. J.-C, Jub., Myti., H> 50.) 
El sy vendra & maise fin. 
(Geu des trois Roys, Jub., Myst., Il, 414.) 

A tort et a maise cause. (16 août 1428, 
Reg. aux Gonsaux, Arch. Tournai.) 

One s'nne lois y sont logez 

En quelque ville, en quelque bonrc, 

Nous ne les poarJons dévoyer 

tCt no as seroit ung mais destoart. 

(Mist. du siège d'Orl., 20070, Guessard.) 

Et plus leur maise volenté 

Ce croistra de plus toqs mal faire. 

(là., 5679.) 

Ce fu par fans enort de gens de maise vie. 
(Geste des ducs de Bourg., 208, Chron. belg.) 

Vous estes une maise personne. 
(Farce d'un amour., Ane. Th. fr., I, 214.) 

Rouohl, mais, mauvais: «sentir mais », 
sentir mauvais. 

3. mais, s. m.? 

Par plusenrs places mesle mais, 
t met huilte et l&rt et remais, 
Et tout ce que l'en puet entendre 
Qui plus grant flambe doie rendre. 
(G. Goiart, Roy. lign., 354 3, Bachon.) 

4. mais, voir Met. 

MAISAASIEH, VOÎr MBSÀÀISIttR. 

maisawan, voir Maisoàn. 

maiscel, voir Maisel. 

maiscele, - elle, maischele, maissele, 
maisselle, messele, massele, masselle, mas- 
celé, macelle, maissaile, maiselle y maisele, 
mazele, maixelie, maisiele, maxele, s. f., 
mâchoire, joue : 

Tu as ferut la maissele de tuz les miens 
enemis. (Liv. des Ps. 3 Cambridge, m, 8, 
Michel.) 

En cheveistre e en frein lur maiseles 
cunstrein. (I&.,xxxi, 10.) 

Atant s'alssit, sa main a sa maissele. 

(ft. de Cambrai, 4699, A. T.) 

CI ères les déni, la bûche bêle ; 
N'out poalnt de barbe en sa maxele. 

(Vie de SlGiles, 61, A, T.) 

De bou parforet nostre sires la massele 
de cest leviathan. (Moratit. sur Job, ap. 
Foerster, Dial. de Greg. lopap., p. 337.) 

Ele depalnt se maissele 

Àusi corne on palnt une aissele. 
(Résolus de Moilikhs, Mûerere, lxxxvi, 6, Van 
Hamel.) 

Diva, por qu'a cls enfes moillie sa maisiele t 
Dame, il s'esvolla ore et menoit si grant herle, 
Jel fis bien alaitier a nne damoisele. 

(En/. God. t Richel. 42558, f* 48<>.) 

Dont met sa main a ga messele. 
(Dolop., 3553, Bibl. eli.) Var., maisselle. 

.lit. fois le baise, par moult grant amisté, 
Ens le maisele. 

(Huon de Bord., 4834, A. P.) 



Enlour avoit blanques maissailes 
Faisant an ris .il- foiseles. 
(A. os la Halle, Jeu Adan, Vat. Gbr. 1490, 
fM32\) 

Un poi pensa, sa main a sa maischele* 

(Anseis, Richel. 793, f° 3 b .) 

Sa main a sa maxele. 

(Rom. et past., Bartsch, I, 9,3.) 

Bêle out la maissele. 
(MoniOT de Paris, Bartsch, Rom. et pasl., III, 
43,33.) 

Sa main a sa maixelie, 
En sQspirant, son dons amis rappelle. 
(Cuens Guis, ap. P. Paris, Romancero fr. t p. 37.) 

Qels ieus ! qel boucel Et qel mascele J 
Bien aferroit a .i. baron, 

(Chans., Vat. Chr. 1490, f° 442 r\) 

A poi ke li cuers ne li fent, 
De pitié moille sa maisselle. 
(Poet. ms. avant 1$00, t. III, p. 4355, \rs.) 

La puceb que je vos di 
!S 'avoit pas a biato failli, 
Ains avoit la color novele 
Sor chascune blanche massele. 

(Dttrm. le Gai., 4921, Stengel.) 

Le baisa cent fois en 16 masselle. 

(Baud. de Seh., i, 833, Bocca ) 

Le destre pié devant du loup porte me- 
decine au mal des mamelles et es bouces 
qui viennent aux porceaux privez dessoubz 
les maisselles. (Gast. Fe&.,Maz.B14, f* 24*.) 

Vos simples et plaisans masselles 
Qui a point blanches et vermeilles 
Sont cou lotira es. 
(Fnoiss., Pois., Richel. 830, f° 120 r tt .) 

Son sceptre sur les geuoulx, et sa main 
a sa maôeite. (Perceforest, vol. IL ch, 38, 
éd. 1828.) 

- Visière : 

L'ung de* clous de la maisselle se rom- 
pist. (J. d'Arràs, Melus. s p. 95, Bibl. elz,) 

Poit., Vienne, Deux-Sèvres, maisselle, 
mâchoire, dents. Bourg., Yonne, Perreuse, 
mancelle, bouche, mâchoire. Wall, et Na- 
mur., masale, mâchoire, joue. Rouchi, 
maciele, grosse joue. Guernesey, maiscelle, 
maisselle, la harpe ou jambe d'une porte. 

maiscelete, maisselete, - elle, messe- 
lele, masselete, s. t., dim. de maiscele, mâ- 
choire, joue. On le trouve souvent employé 
pour dire joue mignonne, visage délicat : 

De Ils, de roses qu'i mellerent 
Les messeletes colorèrent. 
(Athis, Ars. 3332, f° iï^^Masseletes, maisseleles. 
(Var. de la cop. de Ste-Pal., à l'Ara.) 

De lis, de roses qu'ils mellerent, 
Les maisselettes coaloorerent. 

(10., ap. Duc, Maxiilarii dentés.) 

maischele, voir Maisgelr. 

1. mais i5, s. t., mauvaise action : 

H a fait a tort et a maise. (30 mai 1409, 
Cart. de Flines, dcclxxxv, p. 739, HauU 
cœur.) 

Cf. Mais 2. 

2. maise, mese, meze, mase, masse, 
meisse, meeze, meesse, moïse, mose, s. f., 
caque : 

Que nuls ne puisse vendre ne acheter 
ledit harenc en maises ne en tonniaus 
sans compte : c'est assavoir en chascune 



MAI 



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maise de harenc sor doit uvoir un millier 
et vingt haruns pour forneture. (1320, 
Ord. t il, 576.) 

Qu'il ne puisse achater ou vendre harenc 
en maise ne entonnel saaz compte. (1326, 
Arch. JJ 64, t° 200 v°.) 

Se le vendeur ne l'acheteur s'acordent 
que li hareng soit comptez le vendeur 
prendra une mese et l'achateur une autre 
par main estrange. (Ib., f° 201 v°.) 

Et si le vendeur et l'acheteur s'accor- 
dent que haran soit compté, le vendeur 
prendra une mose, et l'acheteur une autre, 
par main estrange, et a la revenue que 
ces deux reviendront, doit revenir tout le 
remanant du haran. (1350, Ord. t I, 358.) 
Var., moise. 

Que tous herens en masse demeurent 
en le masure de quoy i! sont enmasé du 
lieu dont ils vieunent, soit blanc ou roux, 
sans remuer des mases la u il ont esté en- 
masé. (1394, Hcg. des stat. t p. 39, Arch. 
mun. Ahbeville; Mon. de ïhist. du Tiers 
£taMV, 1910 Var,, meses(ap> Duc. ,Afeisai.) 

Sur chascun millier de harens amenez 
par charroy, en mande, a sommier ou en 
mezes, quatre deniers partsis. (1403, Ord. } 
vin, 614.) 

Ung estrelin chacune meisse de harenc. 
(1450, Arch. JJ 185, pièce 83.) 

Une meeze de sores contenant ung mil- 
lier. (26 août 1512, Ord. sur le tonlieu, 
Arch. mun, S. -Orner.) 

— Botte ; 

Eii la* paroisse de Chasteauneuf en plu- 
sieurs héritages le suppliant prinst quatre 
■meesses d'osier, dont il en trouva les trois 
meesses cueillies. (1402, Arch. JJ 157, pièce 
274.) 

— A maise, à la fois : 

S'ont si lor cemiû droit tenu 
Qae devant vespre sont Tenu 
Devant le roi de Catanaise ; 
Tôt .m. le saluent a maise, 
(Du Roi Guillaume, ap. Michel, Chron. angl- 
norm. t III, 115.) 

Sancerroiset Fr.-Gomté, Sauget, maisse, 
paquet de chanvre formé de plusieurs 
poignées. 

3. maise, meise, meize, meyse, meze t 
mase, s. m. et f., jardin potager ; 

Teil partie de champ... et teil partie de 
meyses. (1229, Cari, de S.-Vincent, Richel. 
1. 1Û023, f° 33 r°.) 

Toutes les terres, gastines, meises, de- 
serz et ajonz. (Ch. de 1310, Arch. Loiret, 
Ste-Croix, Olivet, F.) 

En hébergement de Perrois le Fort, item, 
les meises du Peray et du Coudray. (1353, 
Aveu de Pré-le-Fort t ap. Le Clerc deDouy, 
Arch. Loiret. ) 

Et fit fonder la religion des soeurs Col- 
lettes, cituee en grant meize de costé lez 
frère Baude. (1480, J. Aubriopî, Journ. t 
p, 103, Larchey.) 

La maisonnette.*, que ciet en grant 
meize. (1531, Arch. mun. Metz, carton 
935- » 

Aucun des habitans ne peut tenir plus 
grand nombre de beslail... ez parchiers et 
mezes communs, (Coût. d'Auvergne, Coût. 
gén„ II, 474, éd. 1604.) 

— Habitation : 



Pour chascune mase ou on demeure. 
(Ch. de 1365, ap. Beauvillé, Doc. inêd. 
concern. la Pic, III, 178.) 

— Sorte de mesure de terre ; 

Tuit li treffonz de ces bans desor no- 
meiz sont Pabbeit et l'église de S. Vin- 
cent de Mes, fors .m. meizes de terre c'on 
tient en fiez de moi ki gisent dedans ces 
bans. (1255, Carl.de S.-Vincent, Richel. I. 
10023, f» 80 v°.) 

maiseal, voir Maisel. 

1. maisel, - siel, - seal t - ssel } - scel, 
meys.j mas., maz., mac*, mess., s. m., bou- 
cherie : 

Si ne soit macecliers si hardis ki venge 
car ens el maisiel desloial ne soursaroee. 
(Bans d'Hénin-Liêtard, Tailliar, p. 405.) 

Li preudom mainne son buef au maisel 
por ocire... (Serm. du xuv s., ms. CasMn, 
f° 100*.) 

Pour cause de ce que les bouchers des 
grans, petis maiseaux, et aussi les autres 
bouchers de le vile d'Amiens s'efforchoient 
de leurs moutons, veaux, agneaux, pour- 
cheaux et autre menu bestail acorer et 
tuer en leurs' maisons et prez de leurs 
estaux... qui tournoit a grant deshonnes- 
teté et corrupeion d'air... est ordonné que 
tous bouchers quelconques... tous leurs 
bestiaux gros et menu... feront acorer et 
tuer au lieu de l'escorcherie ordonné a 
tuer les bœufz et autre gros bestail, sur 
.xx. sols parisis d'amende. (4282, Règle- 
ment de l'êchevinage d'Amiens pour la cor- 
poration des bouchers, ap. A.Thierry, M on. 
tnéd. du Tiers Etat, 1. 1, p. 343.) 

Ainsi que ung booeher fent la char adz masiaux. 
(Ciptris, Riche!, 1637. f° 61 r°.) 
Nos poons remuer le commun meysel en 
quelque lue que nos vodrons. {1304, 
Franck, de Clairvaux, lvii, Arch. Clair- 
vaux.) 

Comme char a maisel le vont toat decopant. 
(Ccyel,, du Guesclin, 32156, Charrière.) 

Et ossi poront coil ,vi. dessus dit aler 
en leur mois visiter le maisiel s'il tiennent 
l'ordenance dou maisiel, et parler as 
wardes dou maisiel, et vaux commander 
qu'il facent bien tenir l'ordenance. Et aront 
chil ,vi- tel salaire que chi après sera or- 
dené. (1381, Reg. de la vinnerie, draperie, 
etc., 1343-1457, f° 140 V, Arch, Tournai.) 

Icellui Hugonin s'estoit mucié ou grant 
maset ou boucherie de la vil de Chalon. 
(1388, Arch. JJ 133, pièce 24.) 

Comme cars an masiel fu ses cors decopes. 
(Geste des ducs de Bourg., 6302, Chron. belg.) 

Lequel tantost Flamens dehnehierent 
menu comme char a masel. (Trahis, de 
France, Chron. belg., p. 94.) 

Laquelle femme le suppliant trouva en 
la boucherie ou macel. (1460, Arch. JJ 192, 
pièce 84.) 

Nous pourrons faire maiseal en la ville 
de Mupnet. (Franck, de Monnet, trad. du 
xv* s., Ch. des compt. de Dijon, 122, Arch. 
Doubs.) 

Avec ce debvera ledict maistre faire 
oster du masel ladicte mauvaise chair. 
(1534, Arcb. Meurthe, B 419, f» 114.) 

On dict maisel. (1b.) 

— Carnage, massacre, tourment : 
D'urnes font e de femmes mult dûlerus maisel. 

(Waçe, Hou, V p., 4190, Àndreseo.) 



Toi l'om mais si fait matel. 
(Bkic., D.deNorm., If, 20019, Michel.; 
Des gens Raoal faisoit mûlt grant maisel. 

(H. de Cambrai, 2765, A. T ) 
Quant ce vit Guileclias que d'ax font tel maisel. 
Il fait çroser30z terre a pic et a martel 
A ses angigneors dont ot pris munt cliastel. 
(J. Bon,, Sax., ix, Michel.) Var., messeL 

Et d'une part et d'autre ni molt granz H ntaisiax. 

(1d v iù., ccxxvm.) 
De saac et de cerveles i est granz 11 maisiax. 
(Id,, ià. % exem,) 
De nostre gent fesoit moult grant maissel. 

(Aleschans, 62b'9 t Jonck., Guill. d'Or.) 
Jo vous ai orendroit des Turs fait grant maisel. 
(Cnans. d'Anlioche, II, v. 557, P. Paris.) 
Hui ceat jor nos convient morir, 
Si nos fera ensevelir, 
Que les biesles et li oisiel 
Ne facent de nos cors maisiel. 

(Mousk,, Chron., 7494, Reiff.) 

Apres çou ferirent entr'aus et ont fait un 
masiel tel que bien .u. c. en i misent a 
mort. (Kassidor., ms. Turin, f° 84 v°.) 

Mais uns riches rois le guerrïe, 

Si siet a tout se baronnie 

Entour Rochebourc le castel, 

Si li est tournée a maissel, 

Ses home3 et ses fies gasles, 

Arses viles, bours et chiles. 

(Fregus, p. 161, Michel ) 

Si escrie chîaus don castel : 

Feres ! Tourné sont a maissel 

Li traitour, li losengier. 

(/*., p. SI 
Les Jolfs en oot mors, molt en font grant maiscel t 
Mais qne dis en garirent en la crote Japhel. 
(De Vaspasianus l' empereur, Ara. 3516, f° 83 e .) 

Diex 1 lu i enduras .i, dolorous maisel. 

(B de Seb., ix, 137, Bocca.) 
Adossons le dons aigniel 
K'en crois fist de son cors maisiel. 

(Ren. le Nouv., 6743, Méon.) 
It en feront monlt grant maisiel. 
(Jean de Condé, la Messe des oisiaus, 376, 
Scheler.) 

On trouve encore ce mot avec le sens 
de boucherie au commencement du xvji* 
siècle : 

Ce voyant les gouverneurs le lundy sui- 
vant firent abbattre tous les bancs des 
bouchers et tout le grand meseau, qui fut 
grand perte et donmage. (Le levain du 
Calvinisme, p. 51, éd. 1611.) 

Maizeau, mazeau, désignait une bou- 
cherie à Vaienciennes. Il existe encore 
dans cette ville, dit Fauteur du Diction- 
naire Rouchi, une rue Entre deux mazeaux 
réellement située entre deux boucheries 
avant qu'on ne fit disparaître celle qui 
était sur la place. Cette rue existait déjà 
au xvi* s. : 

Le reng de la maison de la ville depuis 
le coing de entre deux maiseaulx jusques 
au coing de derrière la tour, (Réglem. de 
1S53, ap. Ch, Paillard, Hist. des troubles 
relig. de Vaienciennes, m, 410.) 

A Metz et à Verdun, il y a la rue Mazel. 
2. maisel, s. m., boucher : 

Je cognoU trop mieuls mes agaîaua, 
Mes brebis et mes moutonciaus, 



94 



MAI 



La. saison, le terme et le mois 
Soit aux bonchiers ou aux maiseanx, 
Qui vaudront .xx, sols de tournois. 
(Froiss., Pûés , II, 311,44, Scheler.) 
Nom propre, Mazeau. 

maiselk, voir Maiscei.e. 

maiselement, mas,, s. m., carnage, 
massacre : 

Saisne voot par la vile, fon loi' maselement. 

(J. Bod., Sm,, xh, Michel.) 

maiseler, - eller, - aleir, meis., mas. t 
v. a., abattre, en parlant d'an animal de 
boucherie : 

Que nul qui non haura banc ou masel, 
non maselleit chers fresche en nul temps 
de Tan pour vendre a personne qui soit. 
(1400, Régi, p. les bOHCh-, copie Àrcb. Frib,, 
cart. i u *.) 

— Absolument : 

Fasons savoir a tôt que cornent nos ja- 
dix haons fait lettres et ordinances por 
nostre raasaleir (et) masalent in nostre 
masel. (1410, Arch. Fribourg, 1™ Coll. de 
lois, n° 169, f° 53 v».) 

— Maltraiter : 

Ses crios dernmpre e sen vis maiseler, 

(Alexis, st. 86 e , xi* s., Stengel.) 

C'est Huelin qui vos meisele, 
Qui l'autrir fat a vos herbe rges 
Le message Lowis faire. 
{Mort durai Gormond, 237, ap. Reiff., Chron. de 
Moutk., II, p. xviîi.) 

La fu se bielle bouche 
Taiule, noire et raiec 
Et sa très clere fâche 
Tainte et destoulouree, 
Et si biel oel estaint 
Et sa car maiselee 

Qui par le 5. Espir fa conceue et née. 
(Li Souffranche N.S., Richel. 2039, r» 17 r'\) 

Messin, mezaler, broyer, abîmer, exter- 
miner. Suisse rom., Fribourg, maxaller, 
abattre un animal de boucherie. 

MAISELERJE, VOIT MàCEGLERIE. 
MAISELLIER, VOÎr MACECLIER. 

maiseloire, s. f . , boucherie : 
Maiseloire. (1348, Compt. de Champ , ap. 
Duc, Machecarix.) 

m aisément, maissement , maesemenl, 
masement, moysement, adv., mal, mauvai- 
sement, méchamment : 

Che fu une parchon masement ordenee. 

(B. de Seb., y, 117, Bocca.) 

Se maisement cili le vendi, 
Pour quoi a acheter tendi ? 
(Renard contrefait ,Tarbé\ Poët. (te Champ, an t. à 
Fr. I, p, 55.) 

De la lei Den furent mestre, 
Mais il la gardèrent maesement. 
(La Vision S. parti, Richel. 19525, f* 14 r°.) 

Tiens est l'estat de ma nature : 
A nul! ne fais maisement 
Qui me prent resonablement. 
(Desputois, du vin et de Vian, ap. Jnb,, bouv 
Ree., ï, 299.) 

Vous gardes maissement. (Li Riote del 
monde, p + 10, Michel,) 

11 a moult bien la c-hiere de maisement paier. 
(Cut., du Guesclin, 13690, Charrière.) 



MAI 

Toutavoieat chargié pain, vin, char et forment, 
fit toutes garnisons dont ilzont grandement, 
A la fin, se H fais fust alez maisement, 
Qu'iJz se fussent partis bien et hastivement. 

(ID., ib., 1341.) 
'■=> Pour le Yin de rente cy dessus escnpt, 
dont on est maisement paiez. (1384, Dé- 
nombrent, du temporel de l'dbb. de S.-Remi, 
Arch. admin. de Reims, t. III, p. 607. 
Doc. inéd.) 

Le garda maisement. 
(Geste des ducs de Bourg., 82.S5, Chron. belg ) 

La corde estoit maisement tournée. 
(Compt. de 1443-46, S.-Amé, Arch. Nord.) 

La machonnerie qui a esté maisement 
fondée. (1459, Devis p. la reconstr. de la 
cath. de Noyon, Arch. Oise.; 

Suis je maisement 
Avec ce comment ! 
Lear déduit me plaît. 
(1477, Jeu extraord. fait par Jehan d'Estrées, ap. 
Beauvillé, Doc. concern. ta Pic, I, 152 h .) 

Qui de leur jugement (des echevins) ara 
parlé maisement dehors jugement et de ce 
puïst estre convencu par tesmoiogs il 
donra .xx. s.(Trad. du 27 juillet 1489 d'une 
ch. lat. de 1245, Bull, de la Comm. hist. du 
Nord, IV, 240.) 

Maisement 
Faulsemeut 
Tu t'es encontre moy portée. 
(Greban, Mist. de la Pass., 27075, G. Paris.) 

Vous soupesonnez moysement ; 
A cela ne vous fault arter. 
(Farce d'un amour., Ane. Th. fr., I, 214.) 

- Malaisément, difficilement : 

Vous estes si tendre, vous porries mai- 
sement mangier char de cheval, de tor ne 
de vaque,de poulain ne de jument, (Dialog. 
fr.-flam., f* 4', Michelant.) 

Fols est qui ne se veut servir 
Quant n'a dont sergens puist lenir ; 
Maiiement pûnseroit d'autruy, 
Quant il ne veult penser de luy. 
(Quatrains moraux, m, tiré d'un ms. do xv* s.) 

Le chevalier dressé s'estoit, mais maise- 
ment passoit sur son dextre pied. (Perce- 
forest, vol. f, f° 148% éd. 1528-) 

Dans le Haut-Maine on dit masement, 
moasement, dans le sens de méchamment, 
malicieusement, et aussi dans le sens de 
presque, tout au plus, il s'en faut peu. 
Wall., majemint, mal. 

MAISENCELLE, VOÎr MAISONCELE. 
MAIS ENN AGE, VOÎr MAISONÀGK. 
MAISQRE, VOlr MAISIKRE. 

maiserer, meis. y v. a., construire, ma* 
çonner, en parlant d'un mur : 

Entre dous altels est cil pilers meiscret, 
A la Mère Deu est cil de desnz sacrez. 
(Gabn., Vie de S. Thom., Richel. 13513, f° 91 v°.) 

Quant il Tôt trouvé (le puits), si le fist 
vuidier et mai$erer tout neuf. (Chroniq. 
d'Ernoul, ch. xi, Mas-Latrie.) 

Kt si a voit .un. palais 
Es .mi, cors sur les murs fais, 
Dont li mur maiseré estoient, 
Qui a la mer se comhatolent. 

(Sortes de Nansay, ms. Tnrin, f° 94'\) 

maiserete, s. f., dim. de maisiere, 
habitation : 



MAI 

Pour leurs terres des buissons dis et 
huit deniers par., et pour leur terre de la 
maiserete huit deniers, (1323, Arch. JJ 62, 
f° 43 v°.) 

maiseril., maz. t mes., s. m., petite 
maison : 

Uns viez meserilz assis en la ville de 
Tours. (1371, Reg. du Chap. de S.-J. de 
Jerus., Arch. MM 29, f° 41 v».) 

Sera tenue de faire esdiz meserilz une 
grandie a ses coux. (/&.) 

Un appentiz et un mazeril... Une alee 
devers le dit mazerit... (20 av. 1400, Bail 
à rente, Arch. de Solesmes,xîV s., 8.) 

Ung maiseril avec le courtil sis en la 
ville de Sollesmes. (Acte de 1402, Arch. de 
Solesmes, XV e s., 5) 

Deux mazeris et une ouche, (1470, Bail, 
S.-Cyprîen, 1. 30, Arch. Vienne.) 

Et encore au xvn - s. : 

Mazeril et fondis où il soulloit avoir des 
maisons... lesquelles ont esté ruinées du- 
rant les troubles et guerres. (1610, Chap. 
de Mirebeau, S. -André, Arch. Vienne.) 

maïseté, - et, maesté, s. f., qualité de 
ce qui est mauvais, mauvaise action ; 

Tant sui pleine de vile ordure 
De maesté et de luxure 
Ke el temple ne puis entrer. 
(De Sle Marie l'Egipt., Richel, 19523, f° 18 r°.) 

Phin est (le siècle) de maesté et de maeses meurs. 
(Guich. deBeaulieu, Serrn,, p. i5, Techener.) 

Et par ce sanle il que li prodigbes ne 
soit mie mauvais de maisetet moral; car ce 
n'est mie apetit de malvaiseté, ne corrum- 
pans ne defaillans de vigeur. (LiÀrs d*Am. t 
I, 406, J. Petit.) 

maiseter, v. a., souiller : 

Li boins dus de Bâillon a le chiere moin tirée 
Fn pié a pie* as Turs, tint traite l'espee, 
De sanc et de cervelle fu tainte et maisetec. 
(Chev. au cygne, Richel. 795, f° 222 r*.) 

MAISGNAOE, VOlr MfiSNAGE. 

MAISGRESSE, VOÏr MAIGRECE. 

maishui, - huy t - huit, - huyt t - ui, mes., 
adv., aujourd'hui, dès aujourd'hui, dès ce 
moment, maintenant : 

Et cent dahez ait, qui mesui 
Lessera a joer por lui ! 
(Chrest. de Troyes, Chev. de ta Charrette, p. 53, 

Tarbé.) 

Allez vous logier pour maishuy, car il 
est assez tard, mais demain, au plaisir de 
Dieu et de Nostre Dame, nous vous verrons 
de plus prez. (Wavrin, Anchienn. Cron. 
d'Englet.,t. l, p. 287, Soc. de l'hist. deFr.) 

... Car occuppei 
Est, qu'il ne pent venir m ait huit. 
(Un Mit. de N.-D., de l'empôreris de Romme, 
Th. fr. au m. â. t p. 376.) 

Je vousavisse que vous ne venes meshui 

Elus avant. (Froiss., Chron. t VI, 333, 
uce, ms, Amiens.) 

Nostres chevaus se passeront bien mes- 
hui de ce que nostres varies trouveront. 
(Id., ib. t lh 398, Luce, ms. Rome.) 

Et je te le acorde meshui et demain, et 
encores le tierch jour apries. (Id., îô m IV, 
354, Kerv.) 



MAI 

Ha 1 ma dame, en telle demeure 
Vueillez sam plus estre meshuit, 
Pour mon solaz et mon déduit 
Mouteplier, 

(Mir. S.-D., xin, 1363, A. T.) 
H seroit meshuit temps do nous partir. 
(Hist. du chev. Paris et de la belle Vienne. 
éd. i830, p. 38.) 

Taisez vous meshuy. 
{Farce de l'Obitination des fem , Ane. Th. fr.. I, 
24.) 

Se tu sorj meshuy sans congé, 
Par bien, je te romperay la teste. 
{Farce de Guillerme, Ane. Th, fr., I, 343.) 

Et Chariot a Dieu se t empesta, 
Dit quMl n'y tireroit meshuyt. 
(Coquill., Monologue Coçuitlatt, II, 228, Bibl. 
elz.) 

Seray je meshuy 

A tracasser sur le pavé. 
(J.-A. de Baif, le Brave, V, 3, éd. 1573) 

Et sembieroit que meshuy ce vous &erait 
grand heur de tenir a moitié vos biens, 
vos familles et vos vies. (La Bokt., Serv. 
vol., Feugère.) 

Il m'est advis quemeshuy j'ay assez bien 
entendu pour la première fois le debvoir 
de ta femme. (In., Mesnag. de Xenoph.) 

Ses responces dévoient meshuy servir de 
loix.(MoNT.,Ess., 1.II, ch. xxxin, f° 314 v°, 
éd. 1888.) 

La Guyenne étant rapaisee,le roi estima 
qu'il estoit meshu i temps de parler au ma- 
reschal de Biron. (Paso.., Lell, xvn, 5.) 

Ouvrez leur, dit elle, la porte ; il est mes- 
hui temps que je sorte de cette terrestre 
prison. (Id., ïlech., VI, xv.) 

Il l'envoya prier de le resigner (son em- 
pire) au roy son filz et fit en sorte que les 
eslecteurs l'esleussent empereur, et que 
meshuy, estant fort sur l'aage, il devoit 
faire de mesjmes que luy, quitter le monde 
et servir Dieu.(BRANT. t Gr. Capit estrang., 
I, 88, Lalanne.) 

Il est temps meshuy de finir le discours 
de ce grand duc. (Id., ib,, I, v, Biniez,) 

— A maishui, dans le même sens : 

Mesavenir 
Vous puist Ht Et est ce a meshuy ? 

(Pathelin, p. 54, Jacob.) 

il se disait encore au dix-septième 
siècle ; 

Une pourroit àwmeshuy boire ny manger 
qu'il n eust fait restitution. (A. Le Grand, 
Saints de Bret., p. 36» éd. 1626-1637.) 

Vaugelas a fait sur cet ancien adverbe la 
remarque suivante : 

Meshui, dès-meshuy. Ce mot n'est plus 
en usage parmy les bons escrivains, ny 
mesmes parmy ceux qui parlent bien, 11 
faut neantmoins avouer qu'il est très doux 
et très agréable à l'oreille. Au lieu de meshui 
ou dés meshuy on dit désormais, tantost, 
comme : il est tantost temps pour il est 
meshui temps. 

Après Vaugelas, quelques écrivains ont 
continué de l'employer ; 

Devin, sorcier, nécromant, astrologue, 
A l'Opéra meshui sont relégués. 
(Sénec*, Cont., Filer le parfait amour, I, 99, 
Bibl. elz.) 

Lorr., d meshui, à tout meshui, k chaque 
nstant, à tout propos : « 11 vient vous 



MAI 

ennuyer d meshui, il se fâche à tout mes- 
hui. » Aimaheu. tout à l'heure, il n'y a 
qu'un instant. Meuse, mézeu, toujours, 
sans cesse. Champ., Troyes, meshui : « Je 
n'en veux meshui, je n'en veux plus. » 
Bourg., Yonne, Rugny, majeu t encore. 
Comtois, Besançon, Masheu, maishui , dé- 
sormais. Jura, maishui, dorénavant. Haut- 
Maine, meshuy f ademeshuy, dorénavant. 
Vendée, de meshui, désormais. Haute-Bre- 
tagne, gallot, mézé, déjà. Côt.-du-Nord, 
meshui, du meseit, désormais. 

maisiel, voir Maisel. 

maisiele, voir Màiscele. 

maisiere, maisere, maissiere, meisiere, 
meiziere, mesiere, masiere, maziere, ma- 
zeyre, messiere, meisere, masere, mazere, 
matsire, maixiere, maixeire,s. f., muraille: 

A quei destruisis tu la maisere de li, e 
vendengent li trestuit chi passent près la 
veie ? (Lib. Psalm., Oxf., lxxix, 13, Mi- 
chel.) Lat,, sepes. 

Son moatier de cest oille oindrez 
Les meiseres e les degrés. 
(Wace, Vie de St Nieholas, 388, Delius, ëd 1850.) 

Baissa sel, si se mist ariere. 
Si se traist endreit la masiere. 

(Id., Rou, 3" p., 2057, Andresen.) 

Une maisiere li mostrerent, 

E distrent ke le Mans ert la. 

E il dist que par la ira ; 

Por cent mars d'argent, ço diseit, 

Del Mans cent piez n'esloignereit 

De la ou il ses piez teneit, 

Quant 11 besoig del Mans oeit. 

Donc fist abatre la manière, 

Qui mult esteit bone e entière : 

La maisiere fu abatue 

E faite fu si grant l'eissue 

Que li reis Ros e li Tassai 

I passèrent tuit a cheval. 

(Id., ib„ 9846.) 

Grant i fu li destruiemenz, 

N'I remist quarrel en maisiere 

Ne tor demie ne entierre. 

(Ben., D. de Norm., II, 15449, Michel.) 

Son sarcoa fist mètre en l'iglise 
U il voudra que sis cors gise, 
Non pas dedenz n'en la maisiere , 
Mais tôt defors soz la gotiere. 

(Id., ib., II, 26284 ) 
Honpent le fondement qui soustient les masieres, 
Et traient par engien les quarraus et les pieres. 
(Boum. d'Alix., f° 35\ Michelant.) 
Remest dedanz la sale anclos 
Qui tote estoit cielee a clos 
Dore2 et pointes les meisieres 
De boene oevre et de colors chieres. 

(Chcv. au Lyon, 961, Holland.) 

Adonc s'en vont souef par le moustier; 
Les la masiere se prennent a mucier, 
Les .(.pilier qui fa do liois chier. 

(Auberife Bourg., p. 118, Tarbé.) 

Ditrent que partie de ladite mazeyre 
estet au fé au prious. (J220, Hist. de la 
mais, de Chasteignier, Pr.,p. 27.) 

Le maisiere ke dame Meheut a fait faire 
a aen kost entre sen tenement et le tene* 
ment Ad an li Herbergier, (Chirogr. d'avr. 
1280, S.-Jacq, de Douai, Arch. Nord.) 

Aussi, comme a paroi encline 
O a la maxsire sovine. 

(Lib. Psalm., Lit, p. 301, Michel.) 



MAI 



95 



Mesiere^ proprement est murs sanz mor- 
tier que l'en fait entourcez vignes etentoui- 
cez jardins. (Comm. s. les Ps,, Bichel. 963, 
P- 194 b .) 

Messiere escroiee. {Ib., p. ft3 b .) 

L'ardeur du feu le pion fundi, 
Trebuchierent murs et mesieres. 
Brisèrent cloebes et verrières. 
(Lmarchant, Mir. de Notre-Dame, ms. Chartref 
f° 5 b .) 

Si verrez a seaestre main 
Une meson moult orguilleuse... 
Et s'a ôscrit en la mesiere : 
Ceenz est a Orgaei li coinles. 
(Riiteb., la Voie de Paradis, II, 29, Jub.) 
Et vit les coulombes dorées 
Et les masieres argentées. 

(Mousit,, Ckron., 12293, ReilT.) 
Car adies commence on a faire 
Au fondement une maziere. 
(Baud. de Cokdé, li Prisons d'amours, 500, Schc- 
ler.) 

Çou est (la mer Rouge) li mers que 
Moïses ferî de la verge, et li mers se parti, 
et si fu comme maisiere d'une part et 
d antre. (Chron. d'ErnouL ch. vu, Mas- 
Latrie.) 

Es ruines entre les maissieres. (Cont. de 
G. de Tyr, Flor, B. Laur. lxi, 10,1 ) 

Li piler sunt d*argent massîs, 
Et a fin or entailleis 
Ierent ovrees les maisieres 
Aornees de bonnes pieres, 

(Floriant, 1309, Michel.) 
Qui a beau corps et beau visage 
Poy li vallent se il n'est sage 
Quer il est tout en la manière 
Com ymage peint en maisere, 

(Clé d'amour, p. 11, Tross.) 

Pour faire le dite maisiere et pilers pour 
faire les fonderaens. (1306, Trav. aux 
chat. d'Art., Arch. KK 393, f« 29.) 

Pour .n. valles quilaverent les messieres 
delà sale. (1313, \b., 1° 38.) 

Jehan de la Maisiere. (1330, Aveu, 
Arch. P26.) * 

Requareler le masiere de le sale. (1344, 
Trav. aux chat. d'Art, Arcb. KK393,f° 94.) 
Les aucuns en mûrs ou mazierea 
Ou en la mer ou en rivières. 
(Dkguilev., Trois Pèlerin., f» m*, impr. 
Instit.) 

Il se fery de la teste contre la masiere. 
{Liv. du Chev. de La Tour. c. xxix, Bibl. 
elz.) 

Plusieurs places vridez et une grant 
masiere de cailleu. (Chartrier de Dieppe, 
f* 47 r«, Arch. S.-Inf.) 

L'exposant chargié de vin print un es- 
tuy de cuir bouilli et onze cuillers d'ar- 
gent dedens ; et ainsi abuvré les porta 
mussier sur une mesiere. (1399, Arch. JJ 
1B4, pièce ISS.) 

Faire !as messieres qui fallent au manoir. 
(1453, Arch. P 305, pièce 127.) 

Le jour est venu que tes maisieres soient 
ediffiees, {Bible, Michée, vu, éd. 1543.) 

Les mazieres et les rnis3eaui 
Ou gisent vos corps a monceaux 
En porteront bon tesmoignage. 
(i 587, Cimetière des Reystres, ap. Ler. do Lincy, 
Ch, hist. fr., II, 414.) 

A Joseph Bonneau, paveur, pour avoir 
refait ie pavé a prendre depuis la maisiere 
du bastiment appelle le' Presche. (1605, 



96 



M/U 



MAI 



MAI 



Compte des deniers de fortification, Arch. 
mon, Avallon, CC 212.) 

— Débris, décombres : 

Chescaln aceit bien que 1! roy veult 
Que de maison faice on maixiere. 
{Guerre de Metz, st. 77 f , E. de Booteiller.) 

— Maison : 

.xi. s. de mt de cens k'il avoit sus la 
maixeire et sus tôt lo resaige ki apant ke 
siet devant la cors de Vilfers. (1293, Vil- 
lers Betnacb, Cens, n» 14, Arch. Mos.) 

Sus un cortil e les messùres esquelles 
Jefrei Dalidon soleit meindre. /1297, Cari, 
de S.-Aubir, Arcb. des C.-du-N.) 

Une masere qui fut Symoo..., une masere 
qui fut Guillot le fournier. (1376, Bail 
d'une masure, Arcb. MM 30, f°47 v°.) 

Item Bertrand de Chastillon en la pa- 
roisse de Crequeville pour une maisiere et 
verrier assis au dit lieu de Crequeville. 
M 407, Registre de la taxe des francs fiefs, 
f° 63. sp. Le Clerc de Douy, t. Il, f» 29 v<>, 
Arch. Loiret.) 

Une veille mQXere o le courtil. (25 mars 
1442, fam. du Breignou, Arch. Finist.) 

Quand on fait feu aux matières, le roi a 
droit a 9 gros de bourgeoisie. (1486, Ter- 
rier du roi, Arch.mun. Avallon, II 1.) 

Morv., masière, masure. Centre de la 
Fr. t masière, fente, crevasse d'un mur. 
H.-Norm., vallée d'Yères, masière, bord 
d'une rivière. Pic, masière, bord d'un 
bois, d'un fossé, d'une rivière, d'un en- 
clos. * Les bois étaient autrefois bordés, 
chez nous comme actuellement en Fran- 
che-Comté, dit l'abbé Corblet, de petites 
murailles qui servaient tout à ]a fois de 
limites et de défenses, La rue des Fossés, 
à Amiens, s'appelait autrefois rve de Lon- 
gue-Maisière , parce qu'elle occupait la 
longue ligne des anciens fossés de la 
ville. » 

Nom de lieu, Mezières. 

Noms propres, Maisiere, Mezières. 

maisjt,, masil, s. m., maison : 

Ne gentis hom ne plaide a son voisin 
La on esloient H champ et li masil. 

(Les Loi., mt. Montp., f°141 d .) 

De toutes coars, de palais si^nouris, 
Et de chiles, <ïe bours et de maisis. 

(Ib., Richel. 4988, f» 205 t°.) 

maisire, voir Maisiere. 

maisle, voir Maille. 

MAISMEMKNT, VOÏr MEISMEMENT. 
MAISMENT, VOIT MKESMENT. 
MAISNABXE, VOir MASABLE. 
MAISNAGE, VOÎr MESNAGF. 
MAISNÉ, VOÎr MA1NSNÉ. 

maisnede, voir Mesniee. 
maisnee, voir Mesniee. 

MAISNEESSE, VOÎr MAINSNEESSB. 
MAÏSNEETET, VOif MA1NSNFTÉ. 

maisneté, voir Mainsnete. 



maisivie, voir Mesnie, 

maisnier, voir Mesnieh. 

maisnil, voir Mesnil. 

maisoan, maisouan, maisuan, maisa- 
wan, mesoan, wesouan, mesouen, meskoen, 
meshouan, meshouen, messoven, mesvanl, 
mesen, adv., maintenant, désormais, alors : 

... Maisoan, seoz nul pro, 
Des que perda ai mon nevo, 
Ke m'i snureie contenir. 
(Ben., D. deNorm., II, 49384, Michel.) 

Ne plus vezie" humme ne Terrez maisuan. 
(G*ïm. t Vie de S.-Thom., RIchU. 13513, 

f° 6 V°.) 

Ja ne perdrai marries ne foire 
La u jon poisse maisawan. 
Bien me connois en cordonan 
Et en alan et en bresil, 
Et atisi gorges de woupil 
Gaargoerai awan a sacs. 

(Du Roi GuilL, 1979, Michel.) 

De pélican vos de von dire, 
On moult a reson et matire : 
N'orreii pins bêle mesoen. 

(Gmll., Best, div , 307, Hippeau.) 

Se je le geusse de voir 
Qn'elo me fesîst teil raeshaing 
Je n'i iroie maisantûn. 
(Rob. de Blois, Poés., Richel. 24301, p. 53i b ,) 

Ha, quoy ! chacun me trompera 
Mesouen, se je n'y pourvoie. 

(Patkeîin, p. 86, Jacob.) 

Puis qu'ainsi est, geotes bergères, 
Pour me&hoen adieu vous dy. 
(Chans. du xv* * M p, 7, v. 25, G- Paria.) 

Adieu pour me^koen, adieu. 

(Ib., p. 79, n° lxxxii.) 

Et il fust mestier que vous et inoy fus- 
sons en paradis, et ne seroit pas mesen a 
grant dommage. (Quinze joy 'es de tnar.,ix, 
Bibl. elz.) 

Des maintenant je t'a corde 
Qne tu soles nostre bonrsier 
Mesouen et le despensier 
De tout ce qu'on nous donnera. 
(Greban, Misl. de la Pass., 11108. G. Paris.) 

Je penseray mieulx me conduyre, 
Se Dieu plaîst, ma dame, messouen. 
(La Farce des povres deables, p. 10, ap. Ler. de 
Lincy et Michel, Farces, moralil. et serm* joy., 

J'en ay assez dit pour meshnyt, 
Et n'en diray plus pour meshouen. 
(Coquillart, Monol. Coqnillart, II ( 233, Bibl, 
elx.) 
Quant ceulx partirent de Rouen, 
Uu'eovoyastpg a Pentreprinse, 
Vous ne cuidiez pas mesouen 
En souffrir ne marque ne prinse. 
(À. Chart m la Bail, de Foug., Œuv., p. 717, 
éd. 16170 

Il seroît meshouan saison 
D'aller uDg peu en marchandise. 
(Cheyalet, îiyat. S. Christo/le, X, éd. 1530.) 
En feroys je bien toutesfois 
Mesouen ung en chascun moys. 
Puisque si subtille vous estes? 

(Farce de Jolyet, Ane. Th. fr., ï, 55.) 
Les perdrix nous mangeront les aureilles 
mesoua». (Rab,, Gargantua, ch. xxxix,éd. 
4542.) 

Pense a te taire, il est temps mesouen. 
(Âpofog. de Nie. Gloteiel, pour Cl. Marot, à la 
suite des Œuv. de Mûrot, IV, 611. M 1731.) 



Bourg., mashuan : • Je ne vo voirai mas- 
huan. » Guernesey, maisouain, aujour- 
d'hui. 

maison, s. f., mot conservé : 

— Locutions : 

— Maison fort t manoir fortifié : 
Avoit fait et fermé une maison fort ou 

puy et en la montaigne dou mont de Roi- 
gnom. (29 avril 1293, Tr. de paix entr. 
Varch. et la comm. de Besançon, Arch. 
raun. Besançon.) 

La dite fort maison, (Ib.) 

— Maison plate, manoir non fortifié : 
Laquelle maison est sans forteresse et 

plate maison sans défense. (1424, Arch. JJ 
473, pièce 12.) 

— Maison de la paix, maison où l'on 
rend la justice : 

Comme pour le souspeçon de l'omicide 
commis... eussions fait appeller icellui 
Jacqueme de Langle a la bretesque de le 
maison de le pais. (1389, Arch. JJ 138, 
pièce 100.) 

— Maison Dieu, hôteUDieu : 

A la maison Dieu de Paris.,, a toutes les 
autres maisons Dieu. (1294, Testam., Mart.. 
Thés., I, 4266.) 

maisonage, - onnage, - onnaige, • ou 
nege, -ennage, -ennaige, mes., meiss., mas., 
mass., s. m. et f., construction, action de 
construire : 

Et devons tenir la dite maladerie an sof- 
fisant estai cumme an maisonnage. (1267, 
Cart. de Champ., Richel. I. 5993, f" 274".) 

Pour sçavoir lesquels de tous icenx mou- 
lins sont les milleurs et en milleurs estât, 
soit de pierres de muelles, de bus de 
maisennaiges comme autrement. (4425, 
Hist. de Metz, V, 23.) Impr., mauennaigesl 

L'evesque de Saint Malo a usaige plau- 
nier sans merc ne monstre a boays de 
mesonnaige et de chaufaige générale- 
ment par toute la dicte forest. (4467, Usem. 
de la for. de Brecelien, Cartul. de Red., 
éclaire, cccLxxn, A, de Courson.) 

De la fermeté des fondemens en mai- 
sonnages. (Jan Mart., Archït. de Vitr., 
p. 192, éd. 1572.) 

— Bâtiment, édifice, demeure : 

La vaillance qu'est on moutier et on 

maisennage dou priolei. (4265, S.-Epvre 

de Toul, Arch. Meurthe, H 6.) 

Tous les meissonages et toutes les apar- 
tenances, (Trad.de la fin du xiit^s. d'une 
ch. de Childeb.. Ch. des compt. de Lille, I. 
Arch. Nord.) 

Venir un vent et un onrage 

D'avérsité qui tout egrage, 

Fondement, coinhle et masonnane. 

(G. Mach., Poés., Richel. 9221, f° 25'.) 
Pour faire aucun maisonnage. (1357, 
Reg. du Chap. deS.-J. de Jerus., Arch. MM 
28, f° 79 r«.) 

Demourans en trois petites maisouneges 
joingnans ladicte église. (4434, Enqueste 
afutureMch. législ. de Reims, t. T, p. 488, 
Doc. inéd.) 

Nutrenallement fu par nous adversaires 
le feu bouté a Herbichaingne et y ars plu- 
sieurs maisonnages. (1466, Reg. aux Mis- 
sives, f° 264 v°, Arch. mun. Binant.) 



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Maison et maisonnage. (1520, Coût, de 
Xainctonge. Coût, gén., t. II, p. 657, éd. 
160i.) 

Il y a une infinie multitude de peuple, 
avec force maisonnages de tous costez. 
(Vigen., Comm. de Ces., p. 165, éd. 1576.) 

Qu'il face* par dedans, alentour de» estages 
Jusqu'à trois l'un sur l'autre, et petits maison- 

[nages 
Pour les mères loger. 
(Gauch., Plais, des Champs, p. 79, éd. 1604.) 

Les maisonnages des abeilles oot quasi 
la forme de butes ou bornes. (J. deMont- 
lyard, Hiéroglyphiques, xxvi, 31, éd 
1615.) 

— Bois de construction : 
Pasturages, chauffages, chasses, maison 

nages. {Coût. d'Anjou, art. 497, Nouv 
Coût, gén., IV, 582.) 

Je traicteray de la façon des maison 
nages. (JànMabt., Vitruve, f° 14 v° f éd 
1547.) 

Il est expédient de diversifier les qua 
litez des maisonnages en les accommo 
dant au cours du soleil. (Ib. t î° 89 v°.) 

De chesne dur, salubre maisonage, 
Voisins du ciel, nos logis sont dresses. 

(J. Doublet, Poés., p. 86, Jouanst.) 

Maisonnage, bois, marrim pour bastir. 
(Monet, Paraît., Rouen 1632.) 

— Droit sur le bois de construction ? 

Comme la dite maison soit chargie en- 
vers nous, comme seigneur de la dite 
ville de nuef masonages cbascun an, les- 
quels masonages valent un tonneal de viu, 
treize sextiers et demi d'avaine. (1360, 
Arch. JJ-89, pièce 560.) 

Certains droits et redevances que il ap- 
peloit massonnage. (18 sept. 1473, Prieuré 
de Belval, Arch. Gir.) 

maisoncele, - celle t ~ cette, - chele, 
• chiele, - chielle, maisun., meson t> mason., 
maison. , mison., s. f., maisonnette : 

Faiz sui sicume fresaie en maisuncele. 
tLib. Psalm., Oxf., ci, 7, Michel) 

Si vont en uoe mesoncele 
Que li preudons a voit moult bêle. 
(Perceval, ms. Montp. H 249, f° 180 a .) 

Si fut la maisenceie tôt environ ferraeie. 
(Vie de Ste Thais, P. Meyer, Rec, p. 332.) 

A l'uis vint de la mesoncele. 
(Vie des Pères, Richel. 23111, f° 85 d .) 

Petite maisoncele. 

(Quatre fils Aim., ms. Metz, f° 2 Ç .) 

La terre de Maisoncelles. (1239, S.-Cy- 
prien, 1. 35, Arch. Vienne.) 

Le haie des quîrs et les maisoncheles ki 
i afierent. (1279, Beg. aux bans, Arch. S.- 
Orner AB xyiii, 16, n° 996.) 

IVenfonrioient palais ne celles, 
Ains gisoient eu maisencelles. 

(Rose, Vat. Chr. 1858, f» 37 d .) 

Dedens la cour, tins povres lieus, 
Ert une masoncelle vieus 
U nns ne deust herbegier 
Tant eost d'ostel mestier. 
(De Sainte Ysabiel, ap, Jub., Œuv. de Ruteb., II, 
401.) 

A l'uis vint de la maisoncele. 
(Du Filx au Seneschal, 657, ap. Mèon, Kouv, Rec, 
II, 351.) 

Une mesonceile de bois. (Vie et mir. de 
plus. s. confess., Maz. 568, f° 53 b .) 



.u. maisoncheles. (Redev. de la tavle des 
povres deS.-Mikiel, ms. S.-Omer, f° 9 r°.) 
Plus bas : misoncheles. 

Es maisonchieles des prestres. (Bib. hist., 
Maz. 532, f° 124 d .) 

Une povre femme ancienne qui estoit a 
l'uis de sa mesoncele. {Joinv., Hist. de S.- 
Louis, p. 354, Capperonnier.) 

Une maisonchele, (1301, Chap. Noyon, 
Arch. Oise, G 1776.) 

Pour .vu. botez de verguez a wourller 
le maisonchelle du gardignet. (1313, Trao. 
aux chat. d'Art., Arch, KK 393, f° 43.) 

Uno maisoncelle couverte d'esteule. 
(1335, Arch. JJ 69, f°53r».) 

Jaques le couvreur d'estrain doit cou- 
vrir bien et bel mes maisonchielles d'es- 
train et de glui. (Dialog. fr.-flam. t f° 16 a , 
Michelant.) 

A Béthune, les «maisoncelles des portes» 
étaient surmontées de terre... (Compte de 
1487, ap. La Fons, Art. du Nord, p. 186.) 

Le paysant niais trouve sa maisoncelle 
Ainsi que tout oiseau trouve sa cage belle. 
(Cl. Gauchet, Poe's., p. 97, Bibl. elz.) 

Rouctn , maisoncelle , petite maison , 
maisonnette. Hécart fait cette remarque : 
« Ce mot n'est pas précisément rouchi ; 
j'en parle parce que quelques hameaux du 
pays ont retenu ce nom. » 

Un hameau de la Seine-Inférieure porte 
aussi le nom de Maisoncelle. 

maisoncelete, - cenete, s. / , loute 

petite maison : 

Une povre famé manoit 
En la ville, ki mamtenoit 
Une povre maisoncelete, 
Estroite et baisse et petitete. 
(Dôlop., 7698, Bibl. elz.) Var., maisoncenete. 

MAISONCENETE, VOir MAISONCELETE. 

maisoneil, maisouneil, s. m., petite 

maison : 

Maisouneilz, courtîlz. (Charte de 1475, 
Arch. de Solesmes, xv 9 s., pièce 98.) 

maisoneis, mesoneis, s. m., édifice : 
Cil princes mismes assena granz rentes 
et granz teneures a tousjors, por sostenir 
et por parfere, quanque mestier seroit, 
les edefices et les mesoneis du Temple. 
(Guill. DE Tyr, I, 2, P. Paris.) 

maisonele, - onnelle, mesonnelle, s. f., 

petite maison : 

Mesonnelles i feras et chambres a par toi. 

(Herkan, Bible, ms. Orl. 374 bi % f» 2 a .) 

Une pauvre maisonnette enfumée, aussi 
noire que airement. (FBOISS-, Chron., II, 
u, 157, Buchon.) 

maisonement, - onnement, - mant , 
mays., mass., s. m., bâtiment, construc- 
tion, édifice, maison : 

La petite cort et tout son autre maison- 
nement qui est dedans lo clos dou dit 
chastel de Monront. (1264, Acey, boite 16, 
cote 3, Arch. Juraj 

Les maisonnemanz. (1276, Charmes, 2, 
Arch, Meurthe.) 



En ml ot une tour trop bêle ; 
Le baille et le maisonnement 
Fa atournez si richement 
Aus pierres mètre et asseoir, 
Qae c'iert un déduit du Yeoir. 
(Guiart, Roy. lign., t. 1, p. 143, Buchon.) 

A gr&nt presse hastivemânt 
Entrent el tiers maisonnement. 

(Id., ib,, p. 186.) 
Et fu mis par terre Illion, 
Le pins très bel herbergement 
De tonz divers maisonnement, 
Selonc ce que dist l'escriture, 
Conques esgardast créature. 

(Id., ib., p. 319.) 
Ed. hault assis son fondement 
Estoit et son massonnement. 
(Degdilev., Peler, du corps hum., ms. Valpioçon 
f» i\) 

Plusieurs maisonnemenz et édifices ap 
partenans audit manoir. (Lett. de 1331 
Arch. L 808.) 

Tuit maisonnement et edefôce fait en la 
dicte ville demourront en leur estât. (1341 
Arch. JJ 73, f° 274 r°.) 

Acheptent terres et font grans maison 
nemens. (1349, Ord., u, 304.) 

Pour ce que les maisonnemens et edi 
fices dlcelle (ville) sont la plus part bas- 
ties de bois. (1385, Renonciat., Arch. MM 
31, f° 2 r«.) 

Pour certains ovraiges et massonne- 
mens. (1390, Comptes de l'évacuation an- 
glaise, Arch. KK 322, f° 37 r°.) 

Le maisonnement ou demeuroit le dit 
feu Regnaut. (24 mars 1395, Invent, de 
Regnault Chevalier, tailleur du D. dé 
Bourg., Invent, de meubles de la mairie 
de Dijon, Arch. Côte*d'Or.) 

Ils gecterent fusées de feu es maisonne- 
mens de leurs ennemis. (G. Ghastell,, 
Chron. du D. Phel., ch. lxxii, Buchon.) 

Facent ou lèvent teil édifice ou may&o- 
nemant. (1410, Arch. Frib., l r » Coll. de 
lois, n° 169, f° 43.) 

Et Tus bien esmerveillé de veoir l'as* 
siete de ceste cité et de veoir tant de clo- 
chiers et de monastères, et si grant mai- 
sonnement, et tout en Teaue. (Commynes, 
Mêm. } VII, 18, Soc. de l'H. de Fr.) 

Ou souloit avoir grans maisonnemens de 
maison et grande. (1495, Courdemanche, 
ap. Mannier, Comvianderies, p. 569.) 

Je demeure icy... pour donner ordre a 
mon maisonnement, afin de vous y pouvoir 
aucune fois logier. (Lett. de Louis XII, 
t. IV, p. 92, Bruxelles 1712.) 

iEdificatio, maisonnement. (Ff.d. Morel, 
Dictionariolum, éd. 1633.) 

Morv., maisonnement, terme collectif 
qui désigne les différents corps de bâti- 
ment. 

maisoner, - onner, -oneir, meiss., mes., 
mas., maissener, verbe. 
— Act, bâtir, construire : 

Autre maison ne maisonoit. 
(G. de Coinci, Mir., ms. Brux., f° 44*.) 

Il font mesoner lot mesons 

Et mandent plastriers et maçons, 

Et couvrors et charpentiers. 

(Des Marcheanz, Itichel. 837, P 283 a .) 
Maint biau palais ot mauonné. 
(Godefroy dé Paris, Chron-, 7591, Buchon.) 
Lequel Guiot doit maisonner la place et 



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maintenir en bon estât. (£385. Bail, Àrcb. 
MM 31, f° 54 r°.) 

La dicte maison ediffier et maisonner. 
(1404, Arch. Côte- d'Or B 479, Argilly, 
cote 81.) 

Cornent auconnes gens sont descoragié 
de maisonar et mantenir en bon estât 
lour maisen. (1420 , Arch. Fribourg, 
i Té Coll. de lois, Arcb. dipl., vit, 80.J 

Pour ediffier, maisonner et faire les es- 
coles, chappelJe. (22 juin 1423, Lett. de 
Phet. de Bourg, t Univ. de Dole, Arch. 
Doubs.) 

Maisonner, aedificare. (Fed. Morel, Petit 
Thres. de mots françois, éd. 1632.) 

— Absolument, construire une maison : 

Comment l'ora doit maisoner et en quel 
leuc. (Brun. Lat., Très., p. 176, Cha- 
baille.) Var., meissoner , masonner . 

Mais en maisonner covient veoir se li 
tens et li leus est en guerre ou en pais. 
(1d., ifc.,p. 179.) 

Ûou bois pour maissener. (1267, S.- 
Epvre de Toul, Arch. Meurthe, Il 6.) 

Sont tenuz les dizRenaut et Johan me- 
sonner, planter, édifier es dïz leous. 
(30 sept. 1299, Arch. Maine-et-Loire B 96, 
t° 184.) 

Usaige de prandre et de couper bois 
eraprss pié en ladicte forest, pour ardoir 
et maisonner en sa maison de Choisy, 
(1336, Arch. JJ 70, f° 68 r».) 

S'acquestent et Tout maisonnant. 
(E. Deschamps, Poés., Richel. 840, f° 28S d .) 

Qui voloit maisoneir, terre asseis li donoit. 
(Jeh. des Preis, Geste de Liège, 21309, Scheler, 
Gloss, phi fol.) 

Défense de faire couper bois pour chauf- 
fer et pour maisonner en une place située 
proche la rivière de Cousin. (1488, Procès 
entre la ville et Aubert de Reposeur, Arch. 
mun. Avallon, DD 58.) 

Comme de coupper boys anciens et 
fruictiers, planter, maisonner. (CousU de 
Bret., f°89 r*>.) 

Haulx bois bons a maisonner et ediffier. 
{Coust. de Troyes, f° 69 v°, éd. 1546.) 

— Agir : 

Si comme il maisonera a son père, tôt 
autressiliremaisonera ses fils. (Brun. Lat. t 
Très., p. 599, Chabaille.) 

— Neutr., se tenir à la maison, être 
sédentaire, tranquille : 

Tout son vivant volentiers maUonna. 

(Auberov, 38, Graf.) 

— Infln. pris subst., construction, action 
de bâtir : 

Si poeult amener mairien pour sen mai- 
soner, si comme a Douay. {Pièce de 1260, 
ap. Brassart. Pr. de VHist. du chat, de 
Douay, I, 85.) 

Por mon masoner et por mon ardoir. 
(1276, La Marche, 1,5, Arch. Meurthe.) 

Ne puissent vendre ne faire vendre ne 
donner ne couper de ma forest de Chevrie 
que deus cens arpens de bois chascun an 
et ce qui couvendra por nostre ardoir et 
por nostre mesonner. (1283, CarL de St- 
Denis, Richel. 1. 5115, p. 285\) 

Bois... pour mon mesonner et hebergier, 
M 420, Denombr. du baill. d'Evrevx, Arch. 
1» 308, f°29r<\) 



— Bois de construction ; 

Donnons a nostre très cher et très amé 
filz Philippe d'Artois,., son franc maisonner 
de chesne, son ardoir empres terre. (1379, 
Arch. JJ 115, pièce 348.) 

Lequel a son ardoir de haitre, son mai' 
sonner de quesne, pasturages pour bestes 
franchement en ladite forest. (1400, De- 
nombr. du baill. de Caux, Arch. P 303, 
fo 42 r °.) 

— Maisonê, part, passé, construit, garni 
de maisons : 

En une grant cité bien maçonnée 
Li dns Judas la pucello a trouvée. 

{Auberon, 372, Graf.) 
Pont Neuf est Lien maisonné. (Guilleb. 
de Metz, Descr. de Par. , xxn, Paris et ses 
historiens.) 

Et aura pour son habitation le chastel de 
Benevent duement appareillé et maisonné. 
{Lett. de 1406, ap. Lobin., II, 819.) 

— Logé : 

Riche sont et 'bien maisoné. 

(Guiot, Bible, 1756, Wolfartj 

— Assis sur une maison : 

Le livre de rente iretavle sera prisîe a 
.x. lib., et se uns hom eust une maison ki 
autant vausist ke rente iretavle et le loast, 
on le priseroit a .xn. lib., et autre rente 
rnaisonee priseroit on .vin. lib, (1282, Beg. 
aux bans, Arch. S.-Omer AB xvai, 16, 
n°912.) 

Hte-Bret., maisonner, construire une 
maison. 

maisoxier, - onnîer, massonyer, maxo- 
nier, maixenier, s. m., habitant d'une mai- 
son, tenancier : 

Et veullent bien les dessus nommeis que 
li .h. maxonier peusse chesc'ant aller 
quant il lor plairait en laidite maxon et y 
puixent mener lor masson et lor cherpen- 
thiers. {Car t. de Metz, Richel. 1. 10027, 
f° 78 r°.) 

Glers et maxonniers de lai grant esglize 
de Mes, (1312, CarL gr. égl. de Metz, Ri- 
chel. 11849, f 6 78 r°.) 

An Tosteil lou clerc dou chapistre qui 
sereit maixeniers por l'esglize desus dite. 
Ub.) 

Comme il nous fu rapporté par nos 
mayeurs et massonyers. (1323, Arch. JJ 61, 
pièce 418.) 

— Adj., qui garde Ja maison, qui a rap- 
port, ou qui sert à la maison : 

... Qui souloient estre receuz tant par le 
boursier maisonnier que par la prieuse. 
(1505, Ârchiv. hospit. de Paris } I, 86, Bor- 
dier.) 

Aime laine, aimô fil, aime estaîm, maisonniere, 
Longue, palladienne, enflée, chansonnière. 
(Rons., Amours, II, lxv, la QaenoniUe, Bibl. elz.) 

Maisonier : m., ère : f. Keeping a house ; 
also, belongïng to or serving for, a 
house. (Cotgr., éd. 1611,) 

— Qui est propre à bâtir ; 

Bois maisonnier, chaux maisonniere. 
(La Porte, Epith-, éd. 1571.) 

Dans l'Est maisonnier a désigné un cha- 
noine qui a acquis de son chapitre une 
maison canoniale. (Baltus, Suppl. au 
Vocab. austras.) 



Haut-Maine, maisonnier,- ère, s. m. et f., 
sédentaire; enfant de bonne maison ; pro- 
priétaire de maisons; domestique demeu- 
rant dans la maison de ses maîtres; 
habitant-propriétaire d'une petite maison 
à la campagne. Le maisonnier était autre- 
fois le fermier d'une maison avec quelques 
terres, (Du Cange, Mansionarii.) Nous 
pourrions encore prendre celui-là pour 
nous. Nous disons maisonnier pour dési- 
gner les animaux qui habitent des terriers 
ou des demeures souterraines, ceux qui 
habitent nos maisons et ont des congé- 
nères vivant à l'état sauvage. Ainsi le 
lapin maisonnier (ne pas confondre avec le 
lapin de maison qui est celui de clapier), 
se dit pour celui qui terre, par opposition 
au bussonnier; il y a aussi le rat maison- 
nier. par opposition aux rats des champs 
et aux rats d'eau, etc. {Vocab. du Haut- 
Maine.) 

MAISOUNRGE, Vûir MAISONAGE. 
MAISRIENG, VOir MAIRIEN. 

maissaige, voir Masàge. 
maissaile, voir Maiscele. 
MAïssÉ.adj. ? 

Hé ! faus parviers maisses^ de coraige mues. 
{Geste des ducs de Bourg , 8159, Chron. belg.) 

maissechire, masquechire, s. m., em- 
ployé du chancelier dont la fonction était 
de préparer la cire pour sceller les actes : 

Vin preseoté au promoteur et maisse' 
chire de l'évoque de Tournai. (1361, Lille, 
ap. LaFons, Gloss. m$,, Bibl, Amiens.) 

.ni. s. donnes au masquechire du chan- 
celier. (1411, ib.) 

Donné en courtoisie au masquechire 
.un. s. (1429, ib.) 

maissel, voir Maisel. 

maissele, voir MàISCELE. 

maisselé, adj., de la mâchoire, mâ- 
chelier : 

Et un autre en fendi tresqu'aug dens maisseles 
Et le tiers dasqu'al pis en est H brans coles. 
{Ckans. d'Anliocke, IV, v. 216, P. Paris.) 

MAISSELER, VOÎr MACHELER. 

MA.ISSÉLETTE, VOÎr MAISCELETE. 

MAISSEMENT, VOir MAISEMENT. 

MATSSENER,VOir MAISONEB. 

1. maissieHj s, m., sorte de bois : 

.xin c de latte de maissier. (1458, Béthune, 
ap, La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

2. maissier, voir Massier. 
maissiere, voir Maisierk, 
maist, voir Met. 

maistic, adj., de métier : 

N'espargne gens maistù ne les gens de parages. 
(Gilon le Muisit, Poé$. t U , 127* Kerv.) 



MAI 



MAI 



MAI 



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Et U moieoe gent et li penphes mainis. 

([D.,t*., II, 154.) 

Comme toute geai font, tnaisliû et de parages. 
(Id.i t'* M II, 163.) Impr., maistit. 

Le siècle les a tous ai bien ademestis 
Que nais ne connoiat mais Tilains, fransne maistis. 
(Id., ib. t II, 272,) 

— Utile : 

Bien sait faire le lorgne, s'est tous li plus maistis. 
(Gilon le Muisit, Poés„ II, 122, KervO 

MAISTIER, VOir MESTIER. 

MAISTIERE, S. f. ? 

Une maistiere de noies toute comble. 
(Racionale de S. Claude, f° 34 v», Arch. 
Jura.) 

maistire, voir Makstire. 

maistraille, maistralle, s. f., princi- 
pale voile d'un navire : 

Mettre voiles bas, mejane, contreme- 
jane, triou, maistralle, epagon, civadiere. 
(Rab., U Quart Livre, ch. xvin, éd. 1552.) 

Maistraiile. The main faite (of a ship). 
(Cotgr., éd. 1611.) 

1. maistral, adj., principal : 

La veine maistrale. (VEcuirie du S. Gri- 
sou, Malad. qui peuv. survenir à un cheval, 
éd. 1598.) 

— Impérieux : 

Le conseil de Platon ne me plaist pas, 
de parler toujours d'un langage maistral a 
ses serviteurs. (Mont., Ess., 1. III, ch. în, 
p. 23, éd. 1395.) 

2. maistral, -aul, mest., mist., mait., 
s. m M sorte d'officier municipal au moyen 
âge. 

Sous cette dénomination générique de 
mistral il faut entendre deux sortes de 
fonctionnaires ; les uns, d'un ordre rela- 
tivement élevé (majores mistrales) r rendant 
la justice dirigeant l'administration et 
recueillant les impôts dans les villes, soit 
au nom du comte, soit au nom de l'é- 
voque ; les autres (minores mistrales), 
agents ou fonctionnaires inférieurs, 
laïques ou clercs, le plus ordinairement 
de condition servile, chargés de faire va- 
loir et d'exercer les droits des seigneurs 
féodaux sur leurs vassaux et sujets dans 
l'administration de la justice, la levéedes 
impôts, la perception des amendes et des 
redevances de toute sorte, l'exploitation 
des domaines ruraux, etc., etc. (Marion, 
Carlulaires de VEglise cathédrale de Gre- 
noble, Introduction, p, lx.) 

Les mistrales ou mestraux, dont il est 
souvent fait mention dans les chartes du 
moyen âge, étaient desofficiers subalternes 
des comtes et seigneurs, chargés de l'of- 
fice de juges de première instance et 
d'autres fonctions qui dépendaient de 
l'administration de la justice. Ils avaient 
le soin des causœ minores, c'est-à-dire de 
prononcer dans les procès sur des objets 
d'une certaine valeur ou sur les délits qui 



appartiennent à la justice inférieure. Ils 
avaient l'obligation de prélever les rede- 
vances du seigneur et de veiller à ses in- 
térêts. Le mestral devait ouir les causes de 
sa compétence devant sa maison et pro- 
noncer sur toutes clames ou plaintes, 
nonobstant le châtelain d'une autre juri- 
diction. (Hisely, Hist. du Comté de Gruyère, 
Doc. de la Suisse rom., IX, 383.) 

Pelrus de Laude dictus Maitraul, (Mar- 
tyrologe de N-D. dé Beaune, p. 262, Bou- 
drot.) 

A maistre Renaut lou maistral de Be- 
sençon pour sa pension de cel an. (1311, 
Compl. du dom. de Mahaut d'Artois, Ri- 
chel, 8551.) 

Perrout, mistraul de Romont, notaire 
de la dicte dyocese. (1354, Testament de 
Louis de Neuchâtel, Arch. du prince, Neu- 
châtel, J 3,n» 1.) 

Se vous trouves que il soit plus pro- 
fitable a nous de y mettre officiers ou 
mistraux, que vous y pourvees de souffi- 
sante personne. (1367, Ord., V, 80.) 

Le mesiraulx doibt toutes mesures taillir 
ou coupper et fayere soub son signel et le 
seigneur toutefois qui voudray les peult 
faiere venir devant soy et la petite mesure 
rompre, et est (le vendeur) entenuz au 
seigneur en troys solz si le mestraulx la 
couppe et si le mestraulx ne la couppe et 
soy treuve faulce, est entenuz au seigneur 
en soixante solz. (Coutume de Gruyère, 
Doc. de la Suisse rom., ÏX, 383.) 

Le mestral de Cossonay. (Arch. de Cos- 
sonay, dans les Doc. de la Suisse rom., 
t.V.) 

Le mestral d'Yverdon. (Ib.) 

— Surveillant d'un métier : 

Et pour assembler en un lieu mes lerav x 
de plusieurs me3tiers qui moult sont né- 
cessaires a Tordonnement de ce monde a 
garder et maintenir vie d'omme et de 
femme. (VOrd, de cheval., Ars. 3240, 
f» 11 v<\) 

maistralie, mestralie, mistralie, s. f., 
circonscription administrative et finan- 
cière soumise à l'autorité du maistral : 

pource que ja pieça nous avions or- 
donné et mandé que les mistralies de 
nostredit Dauphiné fussent mises et ré- 
duites en riostre main et a nostre do- 
maine, il nous plaist et voulons que en 
conseil et délibération aux auditeurs des 
comptes de nostredit Dauphiné sur ce, 
si vous trouves que il soit plus profitable 
a nous de y mettre officiers ou mistraux, 
que vous y pourvees de souffisante per- 
sonne. (1367, Ord. t v,80.) 

La mestralie de Cossonay. (Arch. de 
Cossonay, dans les Doc. de la Suisse rom., 
t. V.) 

maïstralment, - elment, - ielment, 
adv., syn. de maistrement : 

Jules César, qui voloit les prisons def- 
fendre, parla par coverture maislrielment 
en ceste manière. (Brun. Lat., 7Ves.,p.506, 
Chabaille.) Yar., maistrelmenl, maislr ai- 
ment* 

maistrance, mestrance, maestrance, 
s. f., fonction de magistrat : 
Que en tel claim n'i a mestier de mes. 



trancê que fie garder que autre ne le 
puisse apeler de cel murtre. (Liv, de J. 
d'ibelin, ch. xci, var + , Beugnot.) 

— Corps de mattres d'un navire, d'un 
arsenal : 

Et auzent se vanter que leurs derniers re- 
cords et advis ont esté cause de faire re* 
froydir S. H. et revocquer et casser la 
maestrance de son arsenal ou se faisoient 
tous les préparatifs de la guerre de Hon- 
grie. (8 avr. 1559, Nègoo. de la France 
dans leLev., t. II, p. 560, Doc. inéd.) 

1. maistre, mettre, mistre t mitre, 
mittre,s. m., docteur, médecin : 

Si resgarda la plaie de son chief; 

Tante i fait raestre a .i. maistre Guarnier. 

(Raoul de Cambrai, 6269, A. T.) 

Emergaert gist malade;.,, on portera 
s'orine demain au maistre. (Dialog. fr.~ 
fiam., î 9 14% Michelant.) 

— Maistre le roy, maire du roi, major- 
dome : 

Je sui maUtres le rotj qui France a a garder. 
(Berte, 2746, Scheler.) 

— Maistre des testamens, officier judi- 
ciaire auquel ressortissait la juridiction 
relative aux testaments : 

Le maistre des testamens faisoit adjour- 
ner les exécuteurs pour compter, et le 
commissaire portoit la commission de- 
vant le maistre des testamens. (Grand Coût, 
de Fr., p. 500, ap. Ste-Pal.) 

— Titre particulier aux soldats à che- 
val, peut-être parce que dans l'ancienne 
gendarmerie chaque cavalier avait à sa 
suite quelque fantassin, archer ou autre,, 
dont il était regardé comme le maître : 

Nous pouvions estre de cent a six vingts 
maistres. (Montluc, Mém., t. II, f° 36 v», 
éd. 1592.) 

— Bourreau : 

Fuîtis soient de l'Eglise et chaciez, 
Et au gibet pandas et traînez, 
Et comme faulx aient de papier mitre 
Poar escheler par le boarriau ou miitre. 
(E. Dkscramps, Pois., Richel. 8i0, f° 333 e .) 

Le maistre qui estoit venu es dittes pri- 
sons pour exécuter icellui Wastelier, qui 
estoit condempné. (1395, Arch. JJ 148, 
pièce 93.) 

Le mistre qui la estoit venu pour exé- 
cuter ledit Watelier qui estoit condempné 
a morir. (1400, Arch. JJ 153, pièce 238.) 

Comme feu Laurens Lambers bouchier, 
bourgois de Liège, eust a son vivant esté 
maistre de la cité de Liège. (1404, Arch. JJ 
159, pièce 152.) 

Maistre Collinet, qui estoit mitre, fran- 
pit d'ung coutel ung compaignon, pour 
aucuns débet qu'ilz oient ensamble ; dont 
il fut prinz. Et fit ons proveance d'ung 
aultre mitre. (J. Aubrion, Journ., an 1483, 
Larchey.) 

— Enchanteur : 

Je sui maistre 

Par carnin face erbe paiatre 

A cenls ki amer ne voelent. 

(Rom. et past., Bartsch, II, 59,20J 

— Adj., principal ; 



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MAI 



MAI 



MAI 



Lors alerent au mostier a S. Estienne 
qui lors estoit la mestre yglise de Bamaa- 
lot... Li rois avoit acostumé qu'il oist as 
hautes festes la messe a la mes tre yglise. 
{Lancelot, ms, Fribourg, f» 109 b .) 

Li eschançûa mêlent le vin 
Es nés et es copeg d'or 6 a : 
A maistre dois li eschançon 
Ne metent Tin, *e en or non. 

(Parton., Richel. i9lS2, f° 127*.) 

Aymerh fet soner .xn. olifanz, 
Bondir en fet Pïerbone la plus grant, 
La mestre tor et lo dnr aymant. 
(La Mort Aymcri de Narlronne, 3361, A. T.) 

De Finamonde l'a sor l'olmô fêïu, 
Treochié H a lo mestre coing desus. 

(/*., 816.) 

En son pins maistre mandement 
Ert l'emperere avec &a gent. 
(G. de Palerme, Ars. 3319, P 105 t û .) 

11 chevauchoit par la maistre rue de 
Rome a grant compaîgnie de gens qui le 
suivoient. {Lin. du Gnev. de La Tour, c. 
cxxvin, Bibl. elz.) 

La maistre cité du royaume d'Egypte est 
appellee Kaire. (J. Hayton, Livre des hyst. 
des parties d'Orient, ms. Berne 125.) 

Toute la terre est enclose de la graut 
mer que on appelle Occeea qui entre par 
bras aedens la terre et la devise en .m. 
principaus parties dont la plus mestre est 
apelee Aise. (Cron. de Normendie. ms. 
Berne 307, p. 113».) 

La maistre rue d'Orliens. (Vidim, de 
1399, Arch, Loiret.) 

Le roy Basaach... vint descendre a grant 
foison de ménestrels, selon l'usage que ils 
ont en leur pays , devant la maistre 
tente qui avoit esté au roy de Hongtferie, 
(FROISS., Ckron.j XV, 321, Kerv.) 

Le coup va descendre sur le col du 
cheval, si aprement qu'il lui va coupper le 
maistre nerf. {Perceforest, H, 12, éd. 1528.) 

Quant il adviendra que nous donnerons 
aucune verderie ou maistre sergenterie a 
aucun sergent, iceluy jurera... qu'il tien- 
dra les ordonnances de poinct en poinct, 
{Gr t Goût, gén., p. 67, ap, Ste-Pal.) 

2. maistre, mestre, meeslre f s, f , gou- 
vernante, servante : 

Une see mestre apela (Médée), 
Tôt son consoil li a gehi, 
Car ele se fioit an li, 

(Beh., Troie, ms. Naples, f° I0 b .) 
Uae »oe mettre apela. 

(Id., i*., 1522, Joly.) 

Et Thôssâla, qui m'anorrie, 

Ma mettre, en qui je moalt me croie. 

(Cliget, Richel. 1420, f 52 e .) 

Sa meetirc, par grant merci , 

Li prie de ce qu'a oi 

Qae ja endroit s'en 8 Dire m ele, 

(Florimont, Richel. 333, f 27*.) 

Fet la meestre : Bien l'as dit. 

(Id., ib„ f°28 J .) 

3. maistre, s. f., partie d'une charrue, 
la haie : 

Guillaume Vernis prist audit lieu, ou 
estoit ledit tumbereau, le fer et le coultre 
de une charrue, le vennelier, la mai$tre t 
le tirot et l'esparre qui se tient au venne- 
lier, a quoy on attelle trois chevaux. (1377, 
Arch. JJ Ut, pièce 35.) 

4. maistre, s. m., bord i 



Et dois tendre tes poches en ceste ma- 
nière : On doit bien couvrir le maistre de 
la poche, et doit on mettre la poche ou 
terrier, le plus avant que on puet. Et doit 
on faire soustenir le maistre de la poche 
entour le terrier a branchettes, afin que la 
poche se tiengne ouverte dedans la bouche, 
et doit on lyer le bout du maistre a au- 
cune chose par dehors le terrier, afin que 
quant il tirera la poche, qu'elle se cloe. 
(Modus, f° 73 v% Blaze.) 

5. maistre, s. m., nord-ouest : 

La cité de Samarcan est vers maistre, 

(Liv, deMarcPol, li, Pauthier.) 
Vous conterons d'une autre cité qui est 

vers maistre. (/&., lvh.) 

maistre escole, - escolle, mestre. > 
maeîre., s. m., écolâtre, sçolastique d'un 
chapitre : • 

Maetre escole. (Gh. de 1289, Arch. Loiret, 
Ste-Croix, Ghantay.) 

Chanoine et mestre escolle d'Orlians. 
(Gh. de 1359, Arch. Loiret, Ste-Croix, Mes- 
nilgirault.) 

Maistre escole et chanoine en l'église 
d'Orliens. [Ch. de 1365, Arch. Loiret, Ste- 
Croix, S. -Vincent.) 

De la partie de noz bien amez le maistre 
escole et docteurs regens en l'estude d'An- 
giers, nous a esté exposé que comme le- 
dit maistre escole a cause de sa dignité de 
maistre escolerie soit chief et recteur du- 
dit estude... (1395, Arch. JJ 153, pièce 311.) 

La grange au maistre es-colle du Mans, 
(tt09,Enq„ Arch.Sarthe, E^3, 26.) 

Maistre escolle de l'église du Mans. (Ib,) 

Il estoit dédié a l'esglise et longtemps a 
il porté le nom et le titre de maistre escole 
de Xainctes, qui est une dignité canon- 
niale. (Brant, Gr. Capit fr., VI, 171, 
Lalanne.) 

Il disoittouslesjours, devant sortir de sa 
chambre, ses heures canoniales avec un de 
ses prebstres, et le plus souvent avec son 
confesseur, nommé M. Georges le Macalot, 
qui estoit religieux de l'ordre de S. Au- 
gustin, grand théologien et bien entendu 
au droit canon ; lequel il aimoit fort, et 
fit maistre escole en l'église Sainct Pierre 
d'Angolesme. (J. Du Port, Vie de J. d'Or- 
léans, comte d*Angoulème, ch. 8, Bull, de 
la Soc. archéol. de la Charente, t. III, 
p. 65.) 

MAISTREESCOLBRIE, S. f., fonction, 

dignité d'écolâtre : 

De la partie de noz bien amez le maistre 
escole et docteurs regens en l'estude d'An- 
giers, nous a esté exposé que conme le- 
dit maistreescole a cause de sa dignité 
de maistreescolerie, soit chief et recteur 
dudit estude, et a lui seul compette et ap- 
partiengne a faire congregacions et assem- 
blées, proposer et mectre en deliberacion 
les fais touchans ledit estude... (1395, 
Lett. qui confirment les stat. faits pour 
l'université d'Angers par des commiss. du 
roy, Ord., vin, 222.) 

MAISTRE GEN, YOÎr MATSTRE JEHAN- 
MAISTREIER, VOir MAISTRIEH. 

maistre jehan, mai&lre gen, s-, m., 
intrigant : 

Que c'est le propre fondement 
De la secte des maistres gens. 
(H. Baude, auseign. de Bourbe Richel. 1716, 
f° 40 v ,) 



maistrel, s. m., pétrin : 

Le suppliant porta ladilte tasse en uns 
maistreaulx, en laquelle il trouva douze 
sols. (1391, Arch. JJ 141, pièce 290.) 

MAISTRELMENT, YOÎr &UISTRALMBNT, 

maïstrement, mestrement, adv,, avec 
science, avec art et habileté, en maître, 
en souverain, avec puissance, autorité, 
magistralement : 

Le bot devant a (le tinel) d'acier virole, 
Et a granz bendes moalt tttai&trement ferré. 
{Altsch.t 5296, var., ap, Jonck., Ùuilï. d'Or.) 

A l'avaler du pont est ,i. berfrois levés j 
Destis est maigrement gratis martemens fermes 
Et de la grant caine très tous avironnes. 

(Fier auras t 4113, A, P.) 

Pu^çoese flot tant cel cul vert renfliez 
K'il ert tant meslremeat e jetez e temprez 
D'an métal ke n'ert mie legiercment devinez, 
(ffora, 3190, var., Michel.) 

En çoe maslre Godmod mut grant afaitement 
Dont renseigna Herland e bien e meslrement. 
(/*., 2684, var.) 

Devant Doon ont mis .i. riche garnement 
De drap de sole a or, oavré moult meslrement. 
{Doon de Maienee, 3223, A. P.) 

Fenestres, porte et hais frema moult meslrement. 

(Ib.i 9918.) 

Nous disons aujourd'hui magistrale- 
ment, Hugues de Bersy maistrement qui 
est moins latin. (E. Pasq., Bech., vin, 3.) 

maistreor, mestreor t s. m., celui qui 

renseigne : 

Cil qui vera l'image, ja nen ert en error 
De connoislre Alixandre sans aalre mestreor. 
{Roum. d'Alix,, t» 58 e , Michelant.) 

maistrer, y. a., dominer : 

Nus ne vos sauroit si governer et simats- 
trer corn ge, qui vostre sire sui. (Yiller"., 
65, Wailly.]- 

MAISTRERE, VOir MKSTRAIRK. 

maistrerie, s. t., autorité, puissance: 

Vous avez une telle seigneurie et mais~ 
trerie sur moy, que vivre ne puis sans 
vostre amoureuse pitié. (J, BûUGHBT, la 
noble Dame, f° 67 r«, éd. 1536.) 

maistresse, s. f., celle qui possède, 
qui a des biens en propriété : 

Apres ce que son seigneur fut mort, elle 
nourrit ses enfans, sans soy vouloir con* 
sentir a mariage... combien qu'elle n'es- 
toit pas grant maistresse. (Le Cheval, d» 
La Tour, ±nstr. dses filles. f° 55°, ap. Ste* 
Pal.) 

— Femme de chamhre : 

Apres soupper et caroles unes la royne 
fut menée en la chambre, et après estre 
desatournee sa maistresse la mena au jar* 
diu. (Triomphe des IX Preuve, p. 406, ap. 
Ste-Pal.) 

— Sorcière, magicienne : 

Celle maistresse estoit vieille dame, si 
s ça voit assez de charmes et d'enchanté- 
mens. {Lancelot du Lac. IL f° 30, éd. 
1533.) 

maistrie, mestrie, maitrie, maestrie, 
masirie, s. f M puissance, force, autorité ; 



MAI 



MAI 



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Environer par sa mûitric 
La corne de ses adversaires, 
(J. de I'riorat, Liv. de Vegece, llichel. 1604, 
p.46«.) 

Amours, trop tous doi chérir 
Et bair cora anémie ; 
Soureat me faites pallr 
Et fremîr par vo mestrie. 
(Lhscdrel, Chans.i bail, et rond,, 7, Bibl. eiz.) 

Cuidez tous, par menacier, 
Que tous m'aie* esloingnié 
De celle a qui adrecier. 
Me ûst Amours par mestrie ? 

(Id*, f*. f xxix.) 

— Acte d'autorité : 

Willam, kl fa roise sires, 
P&rtot iist ses mestrics. 
(Continuât, du Brut de Wace y ap. Michel, Chron. 
angl.-norm., I, 74.) 

— Au plur., troupes : 

La (à Windesorde) avoit il maistries 
que le gardoieat... (Trais, de Rich. If* 
p. 13, Williams.) 

— Qualité de maître ; 

Li maire et li eschevins doient porter 
leurs maistries cinq uns, (1249, Affranck. 
de Confions, vidim. de 1533, Arch. mun. 
Luxeuil, AA 1.) 

Que si les aultres mestiers de Mets fes- 
toient tenus ne soubjects d'obéir audit 
grand maistre des mestiers , qu'ils n'y 
vouloient estre soubjects non plus que les 
aultres mestiers et renonceoient a ses 
frairies, maistries et doyenneries, et n'en- 
tendoient avoir aultre justice que la 
haute justice de Mets. (1333. Hist. de Metz, 
IV, 74.) 

Les merciers de la dicte Escey paient 
par chascun an aux seigneurs le lende- 
main de Noël 2 libvres de poivre pour 
leurz estaulx et maistrie. (1415-16, Arch. 
Meuse, B 1532, f° 40 r°.) 

— Supériorité de science, talent,science, 

art : 

Or veez par maistrie 
Quel iço signefie, 

(P. PeThaun, Cumpoz, 1733, Mail.) 

De bois, de chiens, de vénerie, 
Conoisseit tot[e] la maistrie. 
(Wace, Kou, 3» p., 10559, Andresen.) 

D'engignement sot tote la mestrie. 
(Charr. de Ni/mes, 921, Jonck., Guill. d'Or.) 

Sy nous conTÎent Tiser par confaite mestrie 
Noasarons ceste tour qui tant est renforcie. 
(Chev. au cygne^ 19566, Reiff.) 

Mes Virgile ot la mestrie 
Deseur toz et la siguorie. 

(Dolop.,i9$1, Bibl. eïz.) 

An cel an meismes avint 
Que Yirgilles partit de vie ; 
Ains ne remeist por sa maistrie. 
La mors n'espargue fol ne saige ; 
Ainsi prânt lo fol corn lo saige. 

</*., 11382.) 

Gornaille est uns oisiaus de longue vie 
de cui li ancien dient que ele devine que 
a home doit avenir ; et le demostrent n 
celui par maintes enseignes que il puet 
bien aperçoivre su il en set la maistrie. 
(Brun, Lat., Très., p. 210, Chabaille.) 
Var., mae&trie. 

Et la maistrie est asses legiere, (Ass. de 
Jêr., t. II, p. 434, Beugnot.) 



Ung homs qui aToit la mastrie 
De fermer l'uys et deffermer 
Et de faire dedans entrer 
Ceulx qu'il vouloit. . 
(Dkcuillrville, Trois Pelerinaiges, f° 2°, impr. 
Inatit.) 

Par la .xxx. chanson de ses ieux partis 
Jehan Bretel demande a Greivillier : Deux 
dames sont d'un sens, d'une valleur et 
beauté : Tune aime, est aimée, et a aimé : 
l'autre n'a point d'amour : Ou a plus 
belle maistrie, ou a conquerre celle qui 
bien aime et a ami : ou l'autre qui oncq 
ne sceut aimer. (Fàuchet, de l'Orig. de la 
lang. et poes. franc., II, cvn, éd. 1881.) 

— Par maistrie , par grant maistrie, 
excellemment/parfaitement : 

Sa geat a fait armer par grant mestrie. 

(Rawb., Ogier, 5006, Barrois.) 

Envers Baudas s'en va, chevauchans par mais- 

[trie. 
(B. de Seb , jtin, 829, Bocca.) 

— Oeuvre de maître : 

Maistres Pieres de Tabeie 
Fist de ceste euvre maistrie. 
(Ane. inscript, de la porte S. Nicolas d'Arras, 
ap, A. Dinaux, Trouv. artés.) 

— Tour d'adresse : 

Estornel, gai et pie 
Font bien autel maistrie 
Con leur aprant l'usaige. 
(Prov. du Comte de Bretagne, Ricbel. 19153, 
fMIS*.) 

— Artifice, supercherie : 

Le roi, se mère, et lor mestrie 
Maudist et se novele amie. 

(Parton., 4061, Crapelet.) 

Et le vous liverrons ains qu'il soit anuitie. 
Comment ? ce dit Mahieu, ne par quelle maislrieî 
(Covel., Vie de B. du Guescl., 9437, Charrière.) 

— Caractère impérieux : 

Icellui chevalier, par sa maistrie s arro- 
gance, grant puissance et volenté irrai- 
sonnable... (1372, Arch. JJ 104, pièce 92.) 

— Dignité de maire du palais : 

Si fut le duc Geoffroy au moyen de la- 
dicte comté d'Anjou seneschal de France, 
lequel office anciennement estoit appelle 
la maistrie ou majorité du palais, (Le 
Baud, Hist. de Bret., ch. xxvn, éd. 1638.) 

MAISTRIELMENT, VOir MàISTRALMENT, 

1. maistriëment, adv., syn t àemais- 
trement : 

Jules César, qui voloit les prisons def- 
fendre, parla par coverture maistriement 
en ceste manière. (Brun. Làt,, Très., p. 506, 
var., Chabaille.) 

2. maistriement, s. m., tutelle, auto- 
rité d'un maître : 

La i regnout Robert lor fiz, 
Preisiez e amez e joiz ; 
Uncor ert soz maistriement , 
Qu'en enfance ert e en jovent. 
(Ben., D.deNorm., II, 38807, Michel.) 

1. maistrier, - yer, - iier, - oier, - oyer t 
- eier 3 mes,, mas,, verbe. 

— Act., maîtriser, dominer, dompter, 
gouverner : 



De ses armes ert desgarniz 
E veit cil est de lui saisis 
Qui a son talant le mestreie. 
(Bkm., D. deNorm., II, 16582, Michel.) 

Que cil qui l'garde e qui Vmaistrie. 

(h>., ib„ H, 12888.» 

Se fine amours qui tous les bons maistrie. 
(.Ckolaks li Boutklliers, Chans., Maetzner, 
AUfr. Liedcr, p. 39.) 

Fine amors ko me maistroie. 
(Bouchart, Chans,, ma. Berne 389, Dinaux, 
Trouv. brab.<> p. 98.) 

C'est loiaulteis ke gairde et ke maistrie 
Tous ceaul3 sor cui fine amor signorie, 
(Li Rois Amatis de Créons, Chans., ms. Berne 
389, f° 78 y .) 

Li félon ne sont pas segneur de lor 
cuers, mes ire les mestroie. (Lattr., Somme, 
Richel. 22932, f° 65 e .) 

Amors, qui fins amanz mestroie, 
N'a cure d'ame qui mesdie. 
(Le DU de la Rose, ap. Jub M Jongl. et Trouv,, 
p. 111.) 

Li cnastelains, qu'amours mestroie, 
Ne se puet tenir qu'il ne Toie 
Sa dame quant le poet veoir. 

(Coud, 423, Crapelet.) 

Ce lor dit Deus que cil seroit 
Qui le puiple maistroieroit. 

(Bible, Richel. 763, f° 259 a .) 

La première chose qu'ilz firent, eulz 
entrez dedens la ville, fut de prendre sai- 
sine de ladite tour, corne ceulz quy bien 
sçavoient que, sans ycelle tour avoir, ne 
povoit on totalement maistrier la ville. 
(Wavrin, ^nc/tienn. Qron. d'Englet. 1, 227, 
Soc. del'H. de Fr.) 

Que mauvaise temptacion ne vous mais' 
iroye. (Liv, du Cheval de La Tour, c. vn, 

Bibl. elz.) 

Il advient souvent que telle ardeur d'a- 
mour et cellui fol plaisir les mestroye et 
les maine a avoir aucun villain. (Ib., 
c cxxiv.) 

ïl n'est disciple ne sergent 
Qui soit son seigneur maistriant, 
(Deguillev., Trois Pèlerin., f° 179 e , impr. Instit.) 

Et voloient li doi signeur mestriier et 
sormonter tous les signeurs d'Engleterre. 
(Froiss., CAron.,1, 12, Luce.) 

Il maistria les hommes et bestes terri- 
bles, comme il mist a mort l'orgueilleux 
gayant Golyas, (xv e s., Second mariage et 
espousemenl entre Dieu le filz et Vame pé- 
cheresse, ms. Valenciennes 233, f°46 Y .) 

Reboutez, maistriez les larmes et les 
cris. (G. Chastkll., Chron. du D. Phil, 
ch. ii, Buchon.) 

Pour ce que jamais femme ne le avoit 
point encores' maistrie. (Perceforest, IV, 
14, éd. 1528.) 

Et ou est celuy qui peult mestrier loyaulx 
amoureux ? Il n'est si saige ne si advisé 
qui s'y saiche seurement conduire, 
(Louis XI, Nonv., xxvi, Jacob.) 

Yous avez accoustumé de vous laisser 
maistroyer si que par droit usaige l'en 
vous tient et possède en subjection. (Prem. 
vol des grans déc. de TU. Liv., f» 103*, 
éd. 1530.) 

Mais douleur me maistroye 
Et de cueur je lermoye. 
(Jacq. Millet, Destmct. de Troye, P 4 e , éd. 1544.) 

— Elever, diriger ; 



102 



MAI 



MAI 



MAI 



Livré l'ont a la damoisele, 
Por çou qu'ele estoit gage et bêle, 
A norrir et a maistroier. 
Fors seulement de l'alaitier. 
(Flaire et Blancejtore, 1* vers., 177, do Méril.) 

Ne je ne sai qui les maistroit 
Poar eus apenre et ensigoier. 
(J. Bretel, Tourn. de Chauvtnci, 3528, Delmotte.) 

— Malmener, vexer, tourmenter : 
C'est la terre dou conte qui si fort me masttie. 
{DU de GuilL d'Anglet., Brit. Mus. Add. 15606, 

f° 150 d .) 

..... Amis, trop me guerroie 
Por rostre amotir mes maris et maistroie. 
(AuDEfROY le Bastard, Bêle Emmelos, P. Paris, 
Romancero, p. 28.) 

Qui moû caer tient et destrent et maistroie. 

(Rom. etpast., Bartscb, I, 44,3.) 
Si sai de Toir c'a son tort me maistroie. 
(Gr. chant, P, Meyer, Arch. des Miss.. 2* sér M 
V, 226J 

En aucun tens n'aarai confortemeot 
De la plaisant, qui destraint et maistroie 
Le sien ami sans pitié longuement. 
(Gasteblé, ap. Tarbé, Chansonn. de Ckampaan,, 
p. 53.) 

Force d'amors me destraint et mesfroie. 
(Ei'ST. Lepeihtue, Chans., ap. Tarbé, Chansonn. 
de Champagne, p. 67.) 

Comment sa femme est assegie, 
Con H esraankies le mestrie. 

(Rùh. libiûusi ms. Tarin, f° I4l a .) 
Tout emporte avant H qnanque agrape et manoie, 
Et du son de la queue si fort Je retapoie 
Et si fort le pourchaint quetrestout le desploie 
Et devant et derier malement le mesiroie, 
Et l'aguilloû H ront et Je cnir et la coie.' 

(Doon de Maience, 1550, A. P.) 
Ans espees, des plat, mult formant la mailrient. 
(Floov., 260, A. P.) 
Lequel Milet qui a son temps a voulu 
batre, suppediter et maistrier touz les 
autres du pays, (1381, Arch. -JJ 130, 
pièce 253.) 

— Étreindre, /aire souffrir en serrant 
trop : 

Celle maie gorgiere par la gorge tant me 
maistroie qui semble que estrangler me 
doye. (Dsguilbv., Pelerin.de la vie hum., 
Ars. 2323, f° 46 v°.) 

— Absol., se conduire en maître : 

Ne vuet obéir, aiuz vuet maislrier et si- 
gnorier.(Ms. Ars. 5201, p. 334».) 

— Neutr,, t. de jurisprudence : 

Et bien se gart celui qui s'avoe por 
mahaignié ou pour avoir passé aage, que 
il soit garni de champion : car se il ne 
l'eust au jour, il seroit attaint, et se il 
meismes se vosist combatre, il ne poroit, 
se il avant n'eust moult maistreié ou doner 
des gages. (Liv. de Ph. de Nav., Ass. de 
Jér., t. I. p. 483, Beugnot.) Var., maistreê. 
(lb.,p. Ui.) 

Celui qui est apelé peut bien mestroier 
quant le premier apelor l'apele. (Ib., 
p. 491.) 

— T. de drapier : 

Ils ne doivent (les tainturiers) maistrier 
les draps ou lainnes de aucuns faulz 
maistres comme en froît gaide, en flos de 
warance où de eaude, de fueil, de caulx 
ou de cendre ou de cendre feree ou tourble. 
(1410, St. de la drap, de Chauny, Arch. 
mun. Chauny.) 



— Inf. pris subst., victoire ; 

La nef espagnole estoit plus grande et 
plus grosse que la leur ne fust : si avoient 
boa avantage dou • meslryer. (Faoïss,, 
Chron.,V, 264, Kerv.) 

2. maistrier, adj., qui domine tout, 
qui a empire sur : 

Le temps maistrier ayant réduit les vo- 
lontez a ce point. (Nrc. Pasq.. Lctt., VI, 2, 
éd. 1723.) 

- Habile : 

D*un art maistrier les vieux sapins transforme 
De larges naufs leur fait prendre la forme. 

(Roks., Franc, I, Bibl. elz.) 

maistriere, s. f., maîtresse : 

Je ne fa onques comas ne maaillière ; 
S'uns gentils hom fist de moi sa maistriere 
.i. fil en oi, dont encor sui plus fiere. 
(R. de Cambrai, Richel. 2493, f° 20 v°; A. T., 
1333.) 

maistrieusisment, mes,, adv., im- 
périeusement : 

Je ne sui pas mestres pour ordonner si 
mestrieusement que pour estre nommes ne 
recommandes entre les ouvriers de cel 
art. (Froiss,, Poê$,, I, 323, Scheler.) 

Trop maislrieusement les commençoit a 
traiter. (G. Chastell., Chron. du D. Phit., 
ch, xcr, Buchon.) 

maistrieux, mestrieuœ, adj., impé- 
rieuxj dominateur : 

Lequel il sentoit assez maistrieux et 
roidde en oppinion. (G. Chastell., Chron. 
des D, de Bourg. , II, 24, Buchon.) 

Maistrieuses parolles. (xv û s,, Valen- 
ciennes, ap. La Fons, Gioss. m$. t Bibl. 
Amiens.) 

Que mondit seigneur vostre neveu seroit 
si maistrieux et plain de ses voulentez qu'il 
n'est a gouverner ne conduire. (16 sept, 
1513, Lett. du seign. de Beersele d Marg. 
iïÂulr., Négoc. ent. la Fr. et TAutr.. t. I 
p. 551, Doc. inéd.) 

Mais nature en son œuvre vitieuse 

Serrée appert et l'autre glorieuse 

A levé" sas a venue mcstrieuse 

Dont noblesse a commencé sa vigueur 

Que l'homme acqnist par vertu et doulcear. 

Contredictt de Songecreux, f<> 116 r°, éd. 1530.) 

maistrisamment, adv., en maître, en 
souverain, d'un ton impérieux: 

Les uns disoyent que le roy Jaques vou- 
loit trop maistrisamment vivre avec elle, 
tant sur le gouvernement du royaume, 
comme sur ses plaisances et passe temps. 
(Ol. dk la Marche,^™., I, 1, Michaud.) 

Le premier qu'ils rencontrèrent fut 
Coppenolle, qui leur dit assez maistrisam- 
ment pourquoyils ne faisoyent ce qui leur 
estoit commandé. (lD.,'tft., II, 15.) 

maistaisat, s. m., charge de grand- 
maître : 

Lequel a esté d'advis que pour riens du 
monde l'on ne doit demander les maistri- 
satz de Saint Jacques Callatrave et Alcantre 
pour l'iDfante don Fernando. (Corresp. de 
remp. Maximilien 1" et de Marg. d'Axitr., 
t. I, p. 271, Doc. inéd.) 

maistrise, mestrise, maitr., s. f., auto- 
rité, puissance : 



Jhesu vient seens a sa guise, 
Par sa force et par sa mestrise. 
(Pass. noHre Seigneur t Jub,, Myst,, II, 294.) 

— Manière d'agir en maître, arrogance ; 

C'esloit certainement une maistrise qui 
montroit signe de subject tendant a maie 
lin contre le roy. (Monstrelet. Chron.. 1. 
44, Soc. de TH. de Fr.) 

— Supériorité de science, de talent; 
science, talent : 

Fist tant par sa maistrise 

Que a sa dame en nn des tour 
A fait sa plainte et sa cïamour. 
(Audefroy le Bastard, Bêle Isabeaus, P. Paris, 
Romancero, p. 6.) 

... Se maçons ou charpentiers 
Ont plusieurs ouvraiges menais, 
Mais que li uns en soit bien fais, 
Il ne souvient du mal premier, 
Et dit on qu'ils sont bon ouvrier 
Et les loons de leor maistrise. 
(Ë. Dbschamps, Poês., Richel, 840, f° 504 d .) 

Et y trouva tant d'art et de maistrise 
Que pour le stite il loua l'entreprise. 
(Mbll. de S.-Gel., Œuv.poét , p. 118, éd t 1719.) 

Nous vous promettons.,, rendre la cité 
de Sebille, ainçois qu'il soit demain au 
soir. Adonc, dist iceluy Anglois, pourra ce 
estre, ne par quelle maistrise ? (Hist. de B. 
duGuesclin t p. 215, Menard.) 

— Par maistrise, par grant maistrise, 
excellemment, parfaitement : 

Entre les autres, par mestrises, 
Sont les tentes le roi assises 
Plaisanz, avenantes et bêles. 
(Guïart, Roy. lign., 19658, W. et D.) 

De faire boulevers au dehors de toutes 
leurs portes, de gros chesnes plantez en 
terre par grant maîtrise. (Monstbelet, 
Ghron. t 1, 124, Soc. de l'H. deFr.) 

— Action qui demande du talent : 

Si te aprendray une des plus belles 
maistrises que oneques ouysses, car je te 
aprendray a garir cuer malade en cuer 
haitié. (Lancelot du Lac. i r * p tJ ch. 33, 
éd. 1488.) 

— Artifice, supercherie ; 

Que chacun s'arme a sa voulenté... et 
les targes soient de norfs et de cornes sans 
ce qu'ils soient de fer, ne d'acier, ne qu*il 
y ait aucune maistrhe. (Monstrelet, 
Chron., vol, I, f» 2 r° f éd. 1516.) 

maistriseus, adj., qui maîtrise, qui 
sert à maîtriser : 

Les quelz les doivent plus corrigier par 
bons exemples et paroles introduisans a 
bonnes meurs que par verberacions ou 
bateures maislriseuses. (Chr. ue PisaN, 
Charles V, ap. Constans, Chr est. de Vanc 
rr.,p.206.) 

maistrisïé, adj., qui a pris le grade de 
maistre, de docteur : 

Ou cab que aucun non maistrisiè es 
sciences dessus dictes vouldroit dire et 
maintenir soy estre souffisant pour ladicte 
science exercer, nous ne voulons que au- 
cunement il y soitreceu jusques a ce qu'il 
vous appere qu'il soit examiné et trouvé 
souffisant par ceuls a qui il appartient. 
(1390, Ord., vu, 354.) 

Cf. Maistre 1. 



MAF 



MAJ 



MAK 



103 



mAistrisier, - ser, verbe. 

— Act., remporter sur : 

Ne d'estour ne de bataille n'est qui le 
peust en riens maistriser. {Girart de Ros- 
sillon, ms. de Beaune, éd. L. de Montille, 
p. 93.) 

— Neutr., dominer : 

C'est beaucoup encores pour ces gens la, 
quand les passions qui maistrisent en eux, 
ne sont pas des pires. (Charr., Sag., 1. II, 
c, i, p. 305, éd. 1601.) 

MAISTROIER, VOIT MAISTRIER. 

maistrostel, s. m., maître de mai- 
son : 

Que cascuns et chascune garde la can- 
delle et sen feu, et se feu prent en aulcune 
maison par dedans le ville, que chascun 
maistrostel ait muderon ou vaissiel tel 
qu'il puist porter ens de le yaue au feu. 
(Ordonn. de la fin du xiv 9 siècle, ap. A. 
Thierry, Mon. de l'hist. du Tiers Etat, IV, 
211.) 

MAISTROYER, VOÎr MAISTRIER. 
maisuan, voir MAISOAN. 
MAISUNCELE, VOÎr MAISONCELE, 

maïsvesier (se), v. rë0., se donner 
pour plus habile que l'on n'est : 

Sire Dieus, mes cuers n'est pas essauciez 
en orgueil, ne mi ueil ne sont eslevé, je 
me penai onques de moi maisvesier, c'est 
de grant feire, ne de mostrer plus meryeiU 
leus que je ne fuse. (Ttiule S. ftenet £,Richel. 
24960, f« 12 v°.) 

Cf. Mais et Vezié. 
mait, voir Met. 

MAÏTRAUL, VOÎr MAISTRAL. 

maitrie, voir Màistrie. 

MAITRIER, VOIT MAISTRIER. 

maîtrise, voir Maistrise. 
maiyeisement, voir Malvaisement. 

1. maix, voir Mais. 

2. maix, \oirMES. 
maixeire, voir Maisiere. 

MAIXELLE, VOlr MAISCELE. 

maixenier, voir Maïsonier. 

1. maixier, v. a., planter,en parlant du 
mai : 

Le jour du S. Sacrement, il pluit presque 
tout le jour; et ne furent te may au champ 
gran maixies. (J. Aubrïon, Journ., an 1465, 
Larchey.) 

2. maixïer, s. m.j enclos, jardin : 

Jennette prist ban de treffon... sus la 

maixier daier la dite maixon. (1431, Arch. 
mun. Metz, cart. 938.) 

Bennoit Burtin le marchant prent ban de 
retlevement sur la maisons les aeux.maixier 
de coates et sur ceuque appant. (1528, ib.) 

maixiere, voir Maisiere. 

maixir, v. a +t planter, en parlant du 
mai : 



Le jour du S. Sacrement, il ne fit point 
fort bel ne fort chault jusques sur le ves- 
pre ; par quoy lez may ne furent point 
fort maixis (J. Aubkion, Journ. , an 1483, 
Larchey.) 

maizee, mayzé, s. f,, assemblée com- 
munale : 

Tout cecy fait, tient ses termes le maire 
chascun jour, environ heure de tierce de- 
vant disner, et a relevée après disner; et 
ordenne le maire sa première may%è i a 
laquelle sont tenus de venir tous les des- 
sus nommez, a jour de vendredy, le sain 
de la commune sonné ; et estant en leur 
eschevinaige en leurs sièges, demande le 
maire se ils veulent que le soubs maire et 
sergent qui out accoustumé a y estre y 
soient, ou se iiz seront changé ; de la- 
quelle chose le maire en ordenera, o le 
conseil de tous ; et ce fait, prendront et 
ordeneront quatre pairs, qui a toutes les 
maizee et convocations que le maire feroit, 
vendront. (1373, Ord., v, 681.) 

maizerin, voir Maderin. 

maizowier, voir Masuier. 

majestable, adj., majestueux : 
Ils prirent aussi les habits desdits sa- 
cerdots, la rasure du poil du sommet de 
leurs testes ; puis ils escourterent leurs 
cheveux; au lieu du Lituus, ils prirent la 
crosse pastoralle, jadis bien plus courte 
qu'aujourd'buy, comme aussi des Juifs la 
mitre, et autres ornements pontificaux^ 
ainsi que choses indifférentes, mais plus 
majestables. (Fauchet, Antiq. gaul., II, 19, 
éd. 1611.) 

majestal, magestal, adj., qui a rapport 
à la dignité royale : 

Et la estant l'empereur sis en son trosne 
et haultain siège magestal dist... (xiv e s., 
Récits d'un bourgeois de Valenciennes, p, 
166, Kervyn.) 

Et le fist seoir dales lui, au dessus de 
tous ses enfans, en estât majestal. (Froiss., 
Cftron., VIII, 385, Kerv.) 

Crime de Testât majestal. (In., ib., VI, 
46, Luce.) 

majesteux, mag., adj., majestueux : 

Pour »a vertu magesteuse et bénigne. 
(J.-A. de Baif, Poèmes, 1. vm, Lemerre, II, 374,) 

majeur, voir Maior. 

major, voir Maior. 

majoral, - au, majouraul, adj,, puis- 
sant : 

Par le hault throsne majorai. 
(Ad. des Apost., vol, II, f° 114 d , éd. 1537.) 

— S. m., supérieur, directeur : 

Aucun mallade estrangier ne pourra 
louger en ladicte maison plus hault deung 
ou de deux jours au plus long, sans con- 
piet du procureur ou majoral de ladicte 
maison. (1826, Liv. des serment, î° 171, 
Arch. mun. Montauban.) 

Majorau de la cabane. [Coût de Sou le, 
ap. Duc, Majoralis.) 

Un certain majouraut des Landes qui 
avait commis quelques excès contre un 
bourgeois de Bourdeaux. [Chron. Borde- 
loise, il, 172, Delpit.) 



majouance, s. f. , la plus grande 
partie ; 

Fu de la guerre la commençance, 
1? sera del damage la majorance. 

(Ger. de fiossiiL, p. 327, Michel.) 

MAJORANE, VOÎr MAPIORAME. 

majorau, voir Majoral. 

m a jo rement, • sûrement, - ourment, 
adv,, surtout : 

Et sacrifia as deus qui onques ne furant 
vaincu et majorement al deu Apolin... 
( Vie et pass. St Jorge, Bichel. 423, f° 92 e .) 

Et si commandit a ministros que feissant 
parer toz los templos et los autros as deus 
et majorement lo templo ou Apolin estoit. 

{ib.) 

Majourment cum a presens aions a de- 
mourer comme seigneur et duo. (22 mars 
1394, Liv. des Bouillons, lxxxiii, p. 263, 
Bordeaux 1867.) 

Etc'estoient toux confesses, ainsi que 
tout bon crestien doit fere, majorement 
qui est si près de le mort. (Gaum., Voy. 
d'Oultr., p. 93, La Grange.) 

majorie, mayorie, s. f., puissance : 

La chose qui prent naisance 
Sont élément ja puissance 
E poesté e majorie. 

(Ben., D. de Norm., I, 119, Michel.) 

— Mairie : 

La mayorie de Vaultravers. (1380, Re- 
comm. au seign. deNeuchât., Neuchàt., 
Arch. du Prince, J *,n° 27.) 

majorois, adj., très grand : 

Vez Gloriete le pales majorai? . 
{Prise d'Orenge, 1132, Jonck., Guilt. d'Or.) 

majour, voir Maior. 

majouraut, voir Majorai. 

MAJOURMENT, Vûir MAJOREMENT. 

majuRj voir Maior. 

1. make, s. f., bout du nez : 

Char et cheyial li colpe, li sanc en est flastris, 
Et le make de neis at il a son bran pris. 
(Jeh. des Preis, Geste de Liège, II, 2027, 
Scheler, Gloss. philol.) 

2. make, voir MAQUE. 

makelare, s. m., courtier : 

Ke nus ne soit makelare de blei saur 
,lx. s. (1270, Reg. aux bans, Arch. S.- 
Omer, AB xvln, 16, n* 12.) 

makelarie, s. f,, office de courtier : 
Ke nus makelare ne soit sour l'estaple 

s'il n'a son hanap et son foret, sour le 

makelarie de l'estaple a perdre. (1270, Reg. 

aux bans, Arch. S. Orner, AB xvni, 16, 

n° 338.) 

makement, s. m., machination : 

Par unt le poeple ad esté sovent mau- 
mené, déshérité, e destruit par teus meyn- 
tenours, et par lour makemens, par lour 
travaus et par lour destourbaunces, qe teus 
ount fet al poeple. {Lib. Custum., ï, 204,20, 
Edw. I, Rer. brit. script.) 

Si jeo entre un tenement par mon tort 
demeyn, e par makement entre vous e 



104 



MAL 



MAL 



MAL 



moy voua taillez les tenemeutz a moy, en 
reservant le reversion a vous, e le dreyt 
heir porte ^on bref vers moy, e jo vous 
vouche a garrantie par la reversion, ser- 
veyt il reson q'il fut délayé en ceo cas ? 
(Year books of thê reign of Edw. the first, 
years xxx-xxxi, p. 229, Rer, Brit. script.) 

MAKER1EU, VOir MaCEREL. 
MAKRE, S. f. ? 

Un individu condamné à .lx. s. d'amende 
pour avoir porté « une makre escamelee 
oultre les deffenses sur ce ». (1453, ap. La 
Fons, Gloss. m$. t Bibl. Amiens.) 

i. mal, maul, mau, ma, mel, mol, adj., 
mauvais, méchant, difficile, désagréable, 
redoutable : 

Elle non eslcoltet les mais conselliers. 
(Eulalie, 5, P. Meyer, Rec, p. 193.) 

Ter mais conseil van demandai. 

(Passion, 19, Koschwiti ) 

Ll cuens Her. lor départ par iguel 
C'autant en ot li bons comme le mrï. 

(Les Loft., ms, Montp-, f° 225 d .) 

Dure bataille i ont e mate. 
(Bih., J>. de tiorm.y H, 7594, Michel.} 

Se jou i envoioie .i. antre messagier, 

Il en seroit estranges et maus a acointier. 

(Houm. d'Alix., f» 59 e , Michelant.) 

Si mau pont ne si maie planche. 
(La Charrette, Val. Chr. 1725, i 9 «•.) 
La poissance honnouree 
Doinst et Toelle envoyer ma jonr et pale année ! 
(Chet. au cygne, 1929, Reuî.) 
Qui a mau voisin si a mau matin. 
[Ârtur, Richel, 337, f° 92 e .) 

Molt sont mal et maufaisanz. (Jb., 
M73 c .) 

Et lors sont venu a un mal pas et ot a 
non le pas as esporons. (Jfc.,ms. Grenoble 
378, f°9<K) 

La ont le doc Jehan mis et emprisonné, 
En un si 1res mau lieu et mis et enserré. 

(Jehan de Lanson, Richel. 2495, f 63 r°.) 
Ja Damedin ne plaice, qui en crois ta penea, 
Ke pulase tant veoir que cîs jonr» soit passes, 
Si soit a mêles armes ocbis et afoles. 

(Fierabras, 174, A. P.) 

Refaites ces cbancies, ces mans pas estoupes. 
(Renaud de Montauban, Richel. 24387, f° 9 V.) 

Renart, fait Nobles, monlt par es max, 
Ta ses pins que ton pain menger. 

(Renart, Br. XVI, 1304, Martin.) 

Si est escrit en parchemin 
Que cil a sovent mau matin 
Qui prêt de lui a mau voisin. 

0*., Br. XYUï, 2.) 

Et les mat nsafges abaitre, 

(Dolop., 4603, Bibl. e!z.) 

Bien doit aler a bone voie 
Qni de la moule se desvoie. 

(Yie des Pères, An. 3641, î° 21*.) 

Por tant aront mole partie. 
(Bible de Hugue de Berii, Brit. Mus- Add. 15606, 

f» I04 d .) 
Lt msls marh quant il l'ot laidangie, 
11 s'en repent. 

(Rom. et pasl., Bartsch, I, 9,19.) 

Mau gre vos sai de Ja novele. 
(Un Chival. e $a dame, mt. Cambr., Coipus $0, 

f* 93% P. Meyer.) 
Car puis lors ann avint «ne bonté li manie. 

(Floov., 893, A. P.) 



Le mattï tyranz. 
(VieSte Catherine, ros. Tours 897, f* 2 r°.) 

Ces qui sont de maule renummee. (Or* 
din. Tancrei, ms. Salis, f° 2 n .) 

Que malles genz ne s'embaticent en- 
tr'iaus.(<7onf. de G. de Tyr t ms. Florence, 
Bibl, Laur., 10, xxm.) 

Par le mau temps que il orent. (Est. de 
Eracl. Emp. , xxv, 8, Hist, des crois.) 
Yar., maulz temps. 

Si n'est pas li uns tourmanz si maus 
comme li autres. (Vie etmir. de plus, s, 
confess.y Maz. 568, f° i9 d .) 

Qui a maul voisin si a maul matin. 
(Ane. prov,, xin 8 s., ap. Ler. de Lincy, Prov.) 

A mal rat mau chat. 

(Proverbes de Fraunce, ib.) 

Vers lui a de wû/cuer parlé. 

(Vie du pape Grég., p. 91, Luzarchô.) 

Quant ne fut fête la pensée 
Que son mau cuer avoit pensée, 
(GonErpoY de Paris, CArott.,626, Buchon.) 

Chaicun doubtoît la malle estraine. 
(Gdill. de St-AïcdrÉ, Libvre du bon Jehan, 880, 
Charrière.) Var., la maie seraine. (Lobineau.) 

Et ad ce que vous dittes que le prierez 
si instamment qu'il vous laisse y revenir 
pour veoir voz parens et amys, a malle 
painc puis croire qu'il le face. (Troilus, 
Nouv. fr du xiv e s., p._235.) 

Les cerfs sont bestes plus maulx a des- 
traindre que ne sont les noires bestes. 
(Modus, f tt 69, ap. Ste-Pal.) 

Certains preudes hommes qui y estoient 
venus pour enseigner le pueple sy trouvè- 
rent les gens de la ville moult maulx et 
crueulx. [Liv. du Ghev. de La lour, c. 
lxxxviii, Bibl. elz.) 

Son seigneur estoit maulx homs et 
crueulx. (Ib., c. xc) 

Si lui en sceult moult mal gré la dame. 
(Ib., c. xx.) 

La maie volunté de la multitude. 
(Oresme, Politiq., f° 174*, éd. 1488.) 

tl forsligne et monstre qu'il esl mal 
engendré et de maie heure né. (Id., ib,, 
ms. Avranches, f° 14 e .) 

Sur mer Esgaignos sont malle gent et 
ont gransvasseaulxetfors,{FROISS.,Cfrron., 
IV, 328, Luce.) 

Helaz ! que j'aaray mau temps 1 
(Christ, de Pis., Pûés., Richel. 604, f° 6 a .) 

Maie feste 
M'envoye la saincte Magdaleine 
Se vous en prenez ja la paine. 

(Patelin* p. ?9, Jacob.) 

Mal larron, 
(Passion de nostre Seigneur, Jnb,, Mysl,, II, 

246.) 

Et si coustoit le sextier a moudre huit 
ou dix sols pariais, sans ce que le munier 
en prenoit a mau prouffit. (Joum. d'un 
bourg, de Paris, an 1419, Michaud.) 

Et faisoitbienniattZ temps. (1432, Enq., 
Arcb. Indre-et-Loire,) 

Confort dés bons, de maulx retraicte. 
(ViLLOK, J>it de la naiss. de Marie de Bourgogne, 

Jouaust, p. 140.) 

Je suis paillard, la paillarde me duit. 
Lequel vault mieux? Chascun bien s'entresuit, 
L'ung vaalt l'autre; c'est a mau chai mau rat. 
(Id., Grant Test., Bail, de la grosse Margot, 
Envoi, Jouaust, p. 103.) 



Et pourtant a mau chat mau rat. 
(J. Meschikot, Lunettes des princes, f û 28 v% 
éd. 1S39.) 

Et leur administra Joseph ce que mes- 
tier leur estoit quant aux vivres tant que 
le mal temps dura. (Hist. de Vanc. lest., 
f° 27 e , impr. Ma2.) 

Leur ymaginacion 
Faulse inicque, maie et perverse. 
(Act. desApost., vol. H, f» 62 b , èà. 1537.) 

S'il ont malle teste tous deux, 
L'ang frappe, l'antre n'y retaTde. 
(Farce des Cris de Paris, Ane. Th. fr., Il, 307.) 

Le maul temps est a ung matin passé. 
(Crétin, Chants roy., f 3 167 r% éd. 1527.) 

Soy resjonyr n'est pôehe* ny folie, 
Sinon a gens de maie intention. 
(Cl. Mar., Epigr., Mommerîe de qnatre jeunes 
damoiselles, p. 386, éd. 1596.) 
Tes maies mules, respondit Panurge : Tu 
n'entends pas les topiques, (RàB., m, 28, 
éd. 1S51) 

S*ennuyer et prendre maul temps. (R. 
Est., Thes, t Capere laborem.) 

De mal avis malheur demenre. 
(J.-A. db Baif, Mimes, 1. I, f° 17 r% éd. 1619.) 

Mau ménage de riche année. 
(Id., ib., 1. II, f°47r°.) 

Qui meurt de maie ambition. 

(Id., ib., 1. I, f 31 v°.) 

Et encore au xvn* siècle : 
Je n'eus depuis ce jour de luy nouvelle aacane, 
Si ce n'est ce matin que, de mate fortune, 
Je fus en celte église où, comme j'ay conté, 
Pour me persécuter Satau l' avoit porte" . 

(Régnier, Sot., vm, Jouaust, p. 72.) 

Les autres vaisseaux vaincus, 
Grâce a Junon la maie bête, 

(Scarr., Virg. iras., 1. 1.) 

— Maie action, terme de droit : 

Et renonce le dit messire Raou a toutes 
grâces et indulgences, a touts privilèges 
de croix prise et a prendre, a l'exception 
de boidise, tricherie et de malaction. 
(Mars 1291, Acquisition par Philippe le 
Bel de la seigneurie de Baugenci, ap. Le 
Clerc de Douy, t. Il, f° 30 v% Arch, Loiret.) 

A l'excepeion de tricherie, de malaaC' 
cion en fait. (22 avr, 1339, Prévôté d'Orl., 
Ste-Croix, Arch, Loiret.) 

— Maie amour, antipathie, mauvais 

sentiments : 

Malle, ameurs u hayeme. (1380, ImliL 
de la confr. de S. Georg. t Arch. comm. 
Mons.) 

L'exposant qui n'avoit envers eulz au- 
cune malivolence ou malamour. (1388, 
Arch. JJ 133, pièce 173.) 

Tous differens, debas, ranckeurs ou 
malamours... soient mis jus. (Dec. 1423, 
Ch. de l'év. de Liège, ' Chart. de Nam., 
n° 1329, Arch. gén. du roy. de Belg.) 

— Mal an t mauvaise année ; mettre en 

mal an t accabler de maux : 

Et Dex le mêle bui en mal an 
Qui en avant le portera I 

(Henart, 28806, Uèon.) 

Et dit a soy rneismes que ennuyt me& 
troit jalouzie et. ses mesdisans en mal an 
s'il les pooit actaindre. (Le Roi REwé, 
Liv. du cuer d'amours espris, OËuv,, t. III, 
P. 177.) 



MAL 



MAL 



MAL 



105 



Paix ! villain, qu'an malle conlree 
Ayei voua et mis en mal an ! 
{Mut. du sieg. d'Orl,, 2171, Guessard.) 

Dieu met en mal un le folastre. 
(Farce de la Bésurr. de Jenin Landore, Ane. Th. 
fr., H, 30.) 

— Mal art, artifice, tromperie : 

C'est goupil qui tant set mal art, 
Que nos ci apelon Renart, 
Senefle te mal goupil 
Qui le pueple met a essil. 

(Guillaume, Best., 1275, Hippeau.) 

— Maie façon, s'est souvent employé 
comme substantif composé pour signifier 
méfait, mauvaise action : 

Que (si) les gardes du dit mestier treu- 
vent aucun autre vice de malefaçon en 
aucune des euvres dudit mestier, par quoy 
il puissent tnonstrer c\uê elle soit fausse et 
decevable... (Est. Boil., Liv. des mest., 
i t% p., XL, 42, Lespinasse et Bonnardot.) 

Nous estabîissons que nul? de nos bail- 
iifz ne lieve amande pour debte que nos 
subjez doivent, ne pour maie façon. (Jomy^ 
Hist. de $t Louis, p. 224, Michel.) 

Ledit Raymond est trouvé coupable des 
cas, crimes et malfaçons proposez contre 
luy,f23av. IZ2S, Arrêt donné en la chambre 
de Parlement, Chambre- de justice, ms. 
Louvre, n° 169.) 

Se aucuns malfaicteurs faisoient aucunes 
malefaçons. {Pièce de 1334, ap, Felibien, 
Hist. de Pari? t 111,240».) 

Lesdites malefaichons. (1335, Arch. S 
5060, pièce 3, Suppl.) 

Pour parfaire sa malefaction. (Ancienn. 
des Juifs, Ars. 5082, f° 64'.) 

Pour certaine malefachon de corps faicte 
par ledit Jebannin en la personne de Robert 
Dumoulin. (1428, Compte de GaulL Le 
Bout, Arch. Seine-Inf., G 415.) 

Les grandes malle faizons que Ton fait 
de jour en jour. (1454, Etabliss. de Jeh. III, 
Mor., Pr. de VH. de BreL, I, 1166.) 

Et que de passer cela par connivence, au 
préjudice de l'arrest, ce seroit redoubler la 
malfaçon de la faute. (PaSq., Rech., VI, 
34.) 

— Maie fin, mauvaise fin : 

Xui donnant très exprès mandement de 
les perdre et mettre tous a maie fin en 
quelque manière que ce fut. (Amyot, Vies, 
Eum., éd. 1565.) 

— Maie foi, mauvaise foi : 

Obligacions procèdent par moult de 
manières, par contrat, comme par contrat 
de maiefoy, ou par maléfices. (1S07 ; Prév. 
de Fouilloy, CouL loc. du baill. d'Amiens, 
t. I, p. 298, Bouthors.) 

Estant prouvée la science et maiefoy de 
Tachepteur lors du contract. (Du Moun, 
des Contracts, c. xxxv, éd. 1586.) 

— Malegote, sorte de maladie ; 

La maie gote aies es à»oi ! 
A tantes riens as tu fet honte, 
N'est nus qui en sache le conte. 

(henart, Br. VI, 612, Martin.) 

— Maie grâce, disgrâce ; 

Comme il se sentoit plus en malegrace 
du comte. (G. Chastell., Chron. des D. de 
Bourg., II, 54, Buchon.) 



Le duc d'Alençon ne osa mener le co- 
nestable devers le roy pour la mallegrace 
eu quoy il estoit. (Chron. inèd. des ducs 
d'Alençon, ap. Quicherat, Procès de Jeanne 
d'Arc, t. IV, p. 16.) 

Il encourut par plusieurs fois la malegrace 
du roy Alexandre. (Amyot, Vies, Eum., 
éd. 1565.) 

Le mettant en la malegrace du peuple. 
(Id., i&.,Alcib.) 

Une femme de Dauphiné se voyant estre 
en la malegrace de son mary. de ce qu'elle 
ne luy faisoit que des filles. (H. Est., 
Apologie pour Herod., p. 204, éd. 1566.) 

Mettre la poésie en la malegrace des jsages. 
(Lett. de MonL d M, de Foix, Vers fr. de 
leu Est. de la Boetie, f° 2 v°, éd. 1572.) 

Luy commanda expressément, et souz 
peine d'encourir en sa malegrace, de faire 
ce qu'il luy seroit commandé. (Larivey, 
Nuictz deStrapar., V, 1, Bibl. elz.) 

Plustost aymerois je me taire tout le reste 
de ma vie, avec le contentement de ma 
damoiselle Charilee, qu'encourir sa male- 
grace pour une seule parole. (Est. Pasq., 
Monophile, n, 731, éd. 1723.) 

— Maie hart, corde à pendre : 

Et que faveur, ne amitié, n*or fins 
Contre s'onneur ne soit eseu ne dars 
Aux malheureux, fors tant qu'a malehars 
Soient pendus, ou taillez sur le tronc. 
(E. Deschamps, Poe's., Riche!. 840, f°128\) 

Sans estre prins a malehart 
Dit on que cil pendre se face. 

(/*., f° -21 l d .) 

— Maie honte, sorte de jeu : 

Chascuns parle de divers jeux jouer, 

De cliner l'œil, de porter mâle honte 

Et de la briche aux compaignons donner. 

(E. Deschamps, Poés., Richel. 840, f» 225 d .) 

— Maujour, mauvais jour, malheur ; 

Dieus tous doint maujor. 
(Chans, fr. du xui - s., ms. Montp. H 196, 
1M31 r°.) 

As vilains done Dex maujor 
Et maie nuîtie. 

(Poët.fr. av. 1300, IV, 1563, Ars.) 

De maujour soys la estonné, 
On n'oseroit parler a toi. 
(Actes des Apost., vol. I, f° 12 e , éd. 1537.) 

— Maie paix, mécontentement : 

Que on ne puist nului rechevoir qui aist 
discorde, malepaix, u mataient as compai- 
gnons de le fierté. (1380, Inslit. de la confr. 
de S. Georg.y Arch, comm. Mons.) 

Elles se hontoyoient ung peu, pour ce 
qu'elles doubtoient que ces parlers ne 
tournassent a la malle paix de leurs amys. 
{Percef. ,VI, 106, éd. 1528.) 

— Mal poinl, mauvaise situation : 
Toute celé contrée estoit en maupoint et 

en grantperill. (G. de Tyr, xvii, 10, Hist. 
des crois.) 

— Maie rage, rage furieuse : 

Tout le reste du peuple meurt de maie 
rage de faim. {Sat. Men. t Harauge de M. 
le Rect. Roze, p. 108, éd. 1593.) 

Pressez de malle rage de faim. (Fauchet, 
Antiq. gaul, 2« vol., II, 10, éd. 1611.) 

— Maie volonté, mauvais dessein, cons- 
piration : 



Les François orientels conceurent maie- 
volenté contre le roy et firent conspiration 
contre luy. (Grand. Cron. de France, des 
Fais et des Gestes Charlem., I, vm, P. 
Paris.) 

— Maie semaine, menstruation : 

Elle a sa maie semaine. She hath lier 
flowers. (Cotgr., éd. 1611.) 

Maies semaines, mes de muger. mens- 
truo. (C, Oudin, 1660.) 

Noms de lieux anciens : 

Nous envoions nostre bien amé escuier 
d"escuierie l'abbé de Maie Paie, pour nous 
servir en ces présentes guerres. (Pièce du 
20 oct. j364, ap. L. Delisle, Mand. de 
Charles V, p, 53.) 

Mesnil-jtfaulemps. (U77, Lett. du Procur. 
01. de Coetlivy, Arch. Thouars.) 

Noms de lieux actuels : Maumont (Cha- 
rente), Mauprouvoir, Maloprobatorium, 
bourg de Poitou, Vienne. 

Noms de personnes : Mauflllastre. (Cart. 
d'Ardenne, Bibl. Caen.), plus lard Mal fil- 
lastre et Malfîllâtre; Mauny, Maulny 
(Aube), Robert de Maldesior. (Jur. de S.- 
Ouen, 1271.) 

S'est conservé dans quelques locutions : 

On appelle male-bête, en langage popu- 
laire, une bête cruelle, que la faim, ou la 
rage, fait sortir des bois, et qui dévore ce 
qu'elle rencontre. (Prévost, Manuel 
Lexique.) 

J'eus comme un moment de malefièvre 
en songeant qu'il me fallait tout abandon- 
ner. (G. Sand, les Maîtres sonneurs, 
xxx* veillée.) 

Wallon, mâle, mauvaise, fâchée, mé- 
chante. 

2. mal, ma, adv., s'est employé dans un 
certain nombre de locutions : 

— Sentir mal, sentir mauvais : 

Pour ce qu'il (le corps mort) y sentoit sy 
ma. (1516, Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., 
Bibl. Amiens.) 

— Mal deuement, indûment : 

Qui ont.robet et pilliet et pris et couru 
mal deuement sus le royaume de France. 
(Froiss., Chron., VI, 22i,Luce.) 

— Mal patiemment, impatiemment : 
Envis et mal patiemment portoient ce 

dommage. (Du Bellay, Mêm., f». 211 r°, 
éd. 1569.) 

— Mal possible) difficile : 

Voyant qu'il estoit mal possible d'icelle 
forteresse conquerre, se deslûgea, (Mons- 
trelet, Chron., II, 137, Soc. de l'H. de Fr.) 

— Mal prenant, malavisé, qui se mé- 
prendj qui prend le change : 

Tel estoit le dessein de l'empereur véri- 
tablement bien et malitieusement fondé, 
s'il eust eu a faire a homme mal prenant 
et qui de ça n'eust entendu ses ruses. 
(Du Bellay, Mém., f° 287 r°, éd. 1569 ) 

— Impers. Jaire mai, causer de la peine : 
Il me faict bien mal que je ne me puis 

aultrement employer envers luy et vous, 
pour monstrer ce qui est en mon cueur. 
(Calv., Lett., ï, 176, Bonnet.) 



t. v, 



14 



406 



MAL 



Il nous fait bien mal que le voyage de 
Monsieur le comte ayt esté retardé. (Id., 
ib. t II, 529.) 

Il leur fait mal que Dieu puisse faire 
plus que leur esprit ne comprend. (Id., 
Predest., p. 24.) 

— Mal, exclam,, malheur sur, maudit 
soit : 

Mal del confié ge il Yolsist rover ! 

{Raoul de Cambrai, 310, A. ï\) 

... Mal larron as enfanté, 
Mal don yentre ou tn le portas, 
(Renclus de Moiliëks, Miserere, st. cxx, 3, Van 
Hamel.) 

Suisse, malmûr, qui n'est pas assez mûr : 
des raisins malmûrs, des poires malmûres. 

3. mal, s. m,, employé dans diverses 
locutions : 

— Le beau mal, l'épilepsie ; 

André Guibretea qui paravant pou de 
temps avoit esté détenu et cheu de mal 
caduc, appelé vulgairement le beau mal 
(1404, Arch.JJ 158, pièce 360.) 

— Le bon mal, l'épilepsie : 

Certaine maladie appellee le bon mal 
(1450, Arch, JJ 185, pièce 71.) 

— Le mal chault, la fièvre chaude : 

La femme du suppliant fut surprinse de 
la maladie de fièvres, et aussi de certaine 
maladie, que on appelle ou pais (Auvergne) 
le mal chault. (1459, Arch. JJ 188, pièce 
160.) 

— Le grand mal, l'épilepsie : 

Une maladie contagieuse que l'en appelle 
le grand mal ou le mal S. Jehan. (1415, 
Arch.JJ 168, pièce 294.) 

— Le mal d'Amiens, l'érésipèle : 

Par accident d'une maladie que on dit le 
mal d'Amiens, icellui Buisson ala de vie a 
trespas. (1427, Arch. JJ 173, pièce 707.) 

— Le mal le roy, les écrouelles : 
Scrofulla, escroelle, une maladie qui 

vient au col, c'est le mal le roy. (Gloss. 
lat.-gall., Richel. 1, 13120.) 

— Le mal de mer, le scorbut : 

Et lors commença en la navire le mal 
de mer. (Rel. du capitaine de Gonneville. 
19 juin 1505, ap. Ste-Pal.) 

— Le mal de Naples, la syphilis : 
Aucuns en apportèrent (de Naples) 

quelque chose dont ils se sentirent toute 
leur vie. Ce feust une manière de maladie 
qui eust plusieurs noms. D'aucuns feust 
nommé le mal de Naples, la vérole ; les 
autres l'ont appelle le mal françois... moy, 
je l'appelle le mal de celui qui l'a. (Hist. 
du chevalier Bapard, p. 56, ap. Ste-Pal.) 

— Le mal Nostre Dame, le scorbut ou 
l'érésipèle : 

Icelle femme fu emprise et eutechiee 
d'une maladie nommée le mal N. Dame et 
aussi du mal S. Santin. (1381, Arch. JJ 119, 
pièce 156.) 

— Le mal des roses N. Dame, la rougeole : 
Pour certaine maladie que ledit granl 

Jehan avoit paravant ladite navreure, et 
dont il estoit entachiez, c'est assavoir du 



MAL 

mal des roses Nostre Dame. (1358. Arch. JJ 
86, pièce 157.) 

— Le mal du pantois, l'oppression : 

Mal du pantois, difficultie of breathing. 
(Cotgr., éd. 1611.) 

— Le mal de pipe, l'ivresse : 

Mal de pippe, bormehez. (Nicqt, Thresor.) 

— Le mal de saint, l'épilepsie : 

Ou appelle le mal caduc le mal de saint, 
pourtant qu'il se fait en une partie sainte 
et sacrée et divine entres toutes les autres, 
qui est le chef. (Recréât, des devis amou- 
reu%,ï>. 19, ap. Ste-Pal.) 

— Le mats, Acaire, humeur acariâtre; 

Mal de S. Acaire. Asacariastreté, (Cotgr., 
éd. 1611.) 

— Le mal S, Antoine, l'érésipèle : 
Icelle Jehanne qui estoit malade en sa 

jambe du mal que l'en dit de sainte Gene- 
viève et de S, Anthoinne. (1411, Arch. JJ 
166, pièce 85.) 

— Le mal S. Apollonie, le mal de dents : 

Mal de S. Apollonie. The toothache. 
(Cotgr., éd. 1611.) 

— Le mal Sle Claire, la rougeur des 
yeux : 

Mal de S. Claire. Red eyes ; or, a paiu- 
full rednesse of the eyes. (COTGR.,éd. 16H.) 

— Le mal S. Eloy, la gangrène : 

Pour cause de son mauvez gouvernement 
se engendra en la plaie du genou le mal 
de S. Eloy, et y vindrent deux ou trois 
pertuis. (1376, Arch. JJ 110, pièce 148.) 

— Le mal S. Eutrope, l'hydropisie : 

La moindre desquelles (maladies) est le 
mal sainct Eutrope de Xaintes, dont Dieu 
nous sauve et guard. (Ràb., iv, 1, éd. 1552.) 

— Le mal S. François, la pauvreté : 

Un autre je vy, lequel, en peu d'heure, 
guarist neuf bons gentilshommes du mai 
sainct François. (Ràb,, v, 21, éd. 1564.) 

— Le mal Sle Geneviève, l'érésipèle ; 
Icelle Jehanne qui estoit malade en sa 

jambe du mal que l'eu dit de sainte Gene- 
viève et de S. Anthoinne. (1411, Arch. JJ 
166, pièce 85.) 

— Le mal S. Jehan, l'épilepsie : 

Des le temps de sa nascion le suppliant a 
esté entachié d'une maladie contagieuse, 
que l'en appelle le grant mal ou le mal 
S. Jehan. (1415, Arch. JJ 168, pièce 294.) 

Mal caduque ou haut mal appelé aussi 
le mal S. Jan. (H. Est., Apolog., n, 315, 
Liseux.) 

Mal S. Jean, mal caduco. (NmoT, Thre- 
sor.) 

— Le mal S. Josse, le mal produit par la 
morsure d'un serpent : 

Du mau S. Leu, de l'avertin, 
Dn S. Josse et S. Matelin... 
Et de tous m aulx soir et matin 
Soit maistre Mahîeu confondus. 
(E, Deschamps, Poês., Richel. 840, f» 212 r\; 

— Le mal S. Julien, abcès, apostume : 
On trouva que il estoit mort du mal 



MAL 

S, Julien t dont il estoit entachiez. (1347, 
Arch. JJ 77, pièce 124.) 

— Le mal S. Ladre, la lèpre : 

Quant ils sont malades du mal SI Ladre. 
(1369, Ord., v, 197.) 

— Le mal S. Leu, l'épilepsie : 

Et disoit icellui Regûault que du mal 

S. Leu fussent eulx abatuz. (1379. Arch. JJ 
U5, pièce 194.) 

— Le mal S. Main, l'érésipèle : 

Les malades qui se rendent plus particu- 
lièrement à ce pèlerinage (à Attigny) sont 
ceux que tourmente le mal appelé mal de 
saint Meen ou feu Saint Antoine. (Bulletin 
du Comité hist. des arts etmonum., 5« n*. 
t. I, p. 223.) 

On invoquait aussi S. Main pour la rogne 
ou gale des mains. (Alphabet de Rabelais, 
éd. Amsterdam 1711.) 

— Le mal S. Mammert, cancer au sein : 
Mal de S.Mammard. Sorenesse, or chape, 

inthebreasts ofwomen. (Cotgr., éd t 1611.) 

Mal S. AfammôrÉ,pechuguera. (C. Oudin, 
1660.) 

— Le mal S. Martin, l'esquinancie : 

Pour cause dou mal mons. S. Martin, 
qui le tenoit en la gorge et en la bouche 
si que a grant painne pouvoit parler et 
que il en avoit la gorge toute enflée. 
(1342, Arch, JJ 81, pièce 424.) 

— Le mal S. Mathelin, la folie : 

Le mal sainct Mathelin, 
Sans le mien, an caeur tous tienne 1 

(Pathelin, p. 54, Jacob.) 

— Le mal S, Messenl, l'érésipèle : 
Depuis vint a laditte jambe une mala- 
die que l'en appelle le mal S. Messent, et 
d'icelle maladie ledit Jehan fut au lit ma- 
lade .xv. jours, et puis est alez de vie a 
trespassement, (1379, Arch. JJ 115, pièce 
62.) 

— Le mal S. Santin, la rougeole : 

Icelle femme fu emprise et entechiee 
d'une maladie nommée le mal N. Dame, 
et eussi du mal saint Santin. (1381, Arch. 
JJ 119, pièce 156.) 

— Le mal S. Valentin, l'épilepsie : 
Mal de S. Valentin. The falling sicke- 

nesse. (Cotgr., éd. 1611.) 

Mal S. Valentin, mal caduco. (C. Oudin, 
1660.) 

— Le mal S. Victor, la folie : 

Icellui Regnaut qui nagueres avoit esté 
malades du mal S. Victor, et lié comme 
homme hors du sens et de son mémoire. 
(1369, Arch.JJ 100, pièce 364.) 

— Le mal S, Vilus, Péroto manie : 

Mal S. VUus. cierto mal como mordido 
de tarantola. (Nigot, Thresor.) 

Cf. Maladie. 

4. mal, s. m., mât : 

La voille ont faite au mal drecier. 

(Bén., Troie, Richel. 903, f° 56 e .) 
Malus, maulx de nef. (Gloss, lat.-fr 
ap. Ph. Labbe, Etym., p. 512, éd. 1661,1 

5. mal, s. m., audience ; 



MAL 



MAL 



MAL 



107 



Ils assemblèrent les plue sages d'eû- 
tr'eux , et choisirent quatre seigneurs, 
qu'en trois malz (c'est a dire jours d'au- 
dience ou de plaids} tenus aux villages 
Solehem, Bodeheui et Yidoham, assis 
outre la rivière du Rhin, publièrent les 
lois et ordonnances qu'ils adviserent les 
meilleures pour appaiser tous différents, 
(Fauchet, Antiq. gaul, III, 12, éd. 1611.) 

6. mal,, s. m., moulin : 

Jehan Morel print aux maulx d'Arceis 
quatre aulne3 et demie de drap pers,.,, et 
porta icelles quatre aulnes et demie de 
drap aux maulx Badin pour fouler. (1397, 
Arch, JJ 152, pièce 260.) 

7. mal, voir Mail. 

malaaisié, adj., malaisé : 
Li porz estoit malaaisiez a penre. (Mén. 
de Reims, 374, var,, Wailly, GLoss., p. 286.) 

malace, s. f. et m., mauvaise action : 
Cil qui bee a fere aucun malace. 

(Beaum., Coût, du Beauv\ t lxix, 20, Beu- 

gnot.) 

— Ordure, saleté : 

Dont le bonhomme leur disoit : Attendez 
que ce blé soit bien nettoyé, et faisoit os- 
ter la malace qui estoit dedans. [Les Pro- 
phéties de Merlin, f° 59% éd. 1498.) 

— Tourmente, tempête : 

Il fut assailly d'une si furieuse tem- 
peste que les trois vaisseaux qu'il me- 
noit furent escartez, l'un d'un costé, l'autre 
de l'autre , et coururent fortune de se 
perdre plusieurs fois, pendant deux jours 
que dura cette malace. (Sully, GEcon. 
roy., ch. xxi, Michaud.) 

MAL.ADEIRE, VOÎr MALADIERK. 

maladement, adv., à la manière d'un 
malade ; 

Sire, comment vous est il ? Belle, dist il, 
maladement, mais mieulx attens s'il pluist 
a Dieu. {Perceforest, I, f° 48, éd. 1528.) 

malader, maladrer, v. n., être ma- 
lade ; 

Apres aucuns jours icelle femme. . de 
rechief rencheut,... et malada jusques au 
quinzième jour de juillet. (1416, Arch. JJ 
169, pièce 283.) 

Je me my sur un lit, ou dix jours ôt dix nuits 
Sans relâche eo avoir je maladay depuis. 

(J.-A. de Baif, Eclogues, xvi, éd. 1S73.) 

Bod, ou vas tu si tost î ah, contre cette rage, 
De qui nous maladons, nous chetifs amoureux, 
Aucun médicament ne seroit rigoureux ! 

Ud„ Euvres t i° 106 v<\ éd. 1573.) 

Neuf jours }'ay malade sans te voir, mon aimée. 
(P. de Bràch, Poem., f° 13 v Q , éd. 1576.J 

— Malade, part, passé, frappé par la 
maladie : 

Terre iufertille et feu qui n'a durée 
Tousjours procez et maison maladree. 
(h, de la Gravjere, à P. Beau Temps.) 

Aunis, malader, être malade. 

MALADERE, Voir MaLADIERE. 

maladerie, ~ derye, -drie, -drye,mall., 
s. f., hôpital de lépreux, léproserie : 
Les ) naïade ries sunt establies as viles 



pour recevoir tix et celés qui cieent eu tix 
maladies. (Beauman., Coût, du Beauv., 
ch. lvi, 3, Beugnot.) 

Les maladeries furent fondées sur am- 
mosnes et pour le commun porfit, por 
dessevrer les sains des enfers de liepre. 
(Id., ib., lvi, 4.) 

Lo descort de la devandite maladerie. 
(1267, Cart. de Champ,, Richel. 1. 5993, 
f° 190».) 

Maladerie. (1342, Arch. Loiret, Ste-Croix, 
N.-D.-des-Barres.) 

Ils s'arresterent devant la maladrie de 
Douay. (Trahis, de France, Chron. helg., 
p. 91.) 

La chappelle etmalladerie de Gien. (1505, 
Invent., Hospice de Gien, Fonds de la 
Maladrerie, série II D, cote II D 1.) 

La maladrye de liespre. (1529, Péronne, 
ap. La Fons, Gloss. m$. Bibl. Amiens.) 

Pour estre pourveuz de vivres et alimens 
en la malladerie de Sainct Ladre deVallons, 
comme estant la plus prochaine malla- 
derie de leur nativité. (1550, Arch. mun, 
Avallon, GG 152.) 

Maladerie et leprozarie. (14 fév, 1S83, 
Hospice de Gien, Fonds de la Maladrerie, 
série II E, cote II E 1.) 

La malladeryc. [Ib.) 

Hospitaulx , maladeries. (2 avril 1594, 
Lett. de Ch. Hue, baron de Courson, con- 
seiller au grand Conseil, Hospice de Gien, 
Fonds des Ursnlines, série III E t cote III 
ES.) 

Nom de lieu, la Maladrerie (Nièvre). 
maladextre, adj., maladroit : 

Tu as deffait, o lourde et maladextre ! 
Ta nounuissance et nostre allégement. 

(Marot, ap. Sle-Pal.) 

maladie, s. f., s'est employé dans di- 
verses locutions : 

— Granl maladie, épilepsie : 

Un tel homme entachié de mauvaises 
conditions de maladies, et par especiàl de 
la grant maladie, dont l'en ckiet, (1395, 
Arch. JJ 149, pièce 124.) 

— Grosse maladie, épilepsie : 

Icellui Jehannin chey a terre, si comme 
plusieurz autres foiz estoit cheu ; car il 
estoit malades de la grosse maladie. (1370, 
Arch. JJ 100, pièce 748.) 

— Maladie obscure, épilepsie : 

Garin le Tresaudat povre homme, sourt, 
malade de maladies obscures, desquelles il 
chiet souvent soubdainement. (1389, Arch. 
JJ 138, pièce 3.) 

— Maladie de pipe, ivresse : 

Se desenyvrer et sortir de ceste maladie 
de pippe. (G. Bouchet, Serees, I, 38, Roy- 
bet.) 

— Maladie S, Antoine, érésipèle : 

La principalle maladie, dont le roy Henri 
alla de vie a mort, lui vint par feu, qui lui 
print par dessoubs au fondement, assez 
semblable que l'on dit estre la maladie 
Sainct Anthoine. (Monstrelet, Chron., t.I, 
ch. 265, éd. 15160 

— Maladie S. Fremin, gangrène : 

Icellui prestre fu navré et playé en plu- 
sieurs lieux sans mort, esquelles playes 



trois ou quatre jours après ce la maladie 
S. Fremin se mist. (1369, Arch. JJ i00, 
pièce 113.) 

— Maladie S. Germain, érésipèle ; 

Une meschine amaladi; pour laquelle 
maladie, un nommé Jehan Marquein,.., 
qui se entremettoit de gaiir de maladie de 
Saint Germain,,. (1408, Arch. JJ 162, pièce 
368.) 

— Maladie S. Main, érésipèle : 

A Jehan Trenchant pour luy aider a faire 
son voyage a Mons. S. Main, duquel il a la 
maladie, .XL. sols. (1461, Compt. de dép. de 
la ville de Poît., Arch. Vienne.) 

Si aucun d'eux est attainct de lèpre ou 
de la maladie Sainct Main, il n'entre jamais 
dans les villes. (SALiAT t Herod., I, éd. 1556.) 

On dit encore en Normandie la maladie 
S. Main pour l'érésipèle. 

— MaladieS. Mathurin t vertige, folie : 
Le suppliant estoit seurprins d'une ma- 
ladie appelée la maladie Saint. Malhurin, 
qui encore bien souvent le tient deux ou 
trois foiz le jour, et est tout estourdi quand 
elle le tient, tellement qu'ii ne scet ce qu'il 
fait. (1448, Arch. JJ 179, pièce 173.) 

— Maladie S. Nazaire, folie : 

Jehan Carbonnel, povre homme, insensé 
de sens et entendement, malade et ente- 
chié de maladie de S. Nazaire, (1463, Arch. 
JJ 199, pièce 277.) 

— Maladie S. Quentin, hydropisie : 

Il survint a icellui varlet une maladie de 
Saint Quentin, tellement qu'il fut tout enllé. 
(14B9, Arch. JJ 189, pièce 368.) 

— Maladie S. Verain, érésipèle : 
Lequel enfant cheoit en maladie que l'en 

dit de S. Othoine et de S. Verain, si avant 
que lesdiz clers ne le porent pins souffrir 
en leur chambre, pour la puantise de laditte 
maladie. (1389, Arch, JJ 135, pièce 225.) 

— Maladie S. Vitus et Modestus, éroto- 
manie : 

Insensés frappez de la maladie de sainct 
Vilus et Modestus. (G. Bouchet, Serees. 1, 
138,Rovbet.) 

— Maladie S. Ylrope, hydropisie : 
Icelle femme, tant qu'elle peut, cela sa 

ditte groisse et dist a son dit oncle qu'elle 
doubtoit estre malade de laditte maladie de 
S. Ytrope. (1447, Arch. JJ 178, pièce 257.) 
Cf. Mal 3. 

mal amer, v. n., être malade : 

Pour ce que ses fruis avoient pooir de 
garder la vie a ceulz qui en mengeroient 
sanz morir et sanz malaaHer. (Laurent, 
Somme, ms. Soiss. 208, f 9 5i c .) 

Thomas Carnet fery et navra d'un coustel 
ledit de Bay en son genoil, dont il maladia 
environ dix sepmaines et en moru. (1377, 
Arch. JJ 111, pièce 81.) 

Maladier ou estre malade. (1464, J. La- 
gadeuc, Gatholic, éd. Auffret de Quoet- 
queueran, Bibl. Quimper.) 

— Maladie, part, passé et s. m., malade ; 
Et guerisoit par mettre ses sainctes et 

dignes mains sur les maladiez. (Pass. de 
J.~C., Maz. 1313, f°2\) 



108 



MAL 



MAL 



MAL 



Le peuple dit maiadier pour être malade 
pendant longtemps. 

maladiere, - adere, - adeire, - aitiere, 
met , s. t., maladrerie, léproserie : 

La maladiere de Poloigni. (1288, Franck, 
de Poligny, Arch. mun. Poligny.) 

Dois lou melin de Goilles et la malaitiere 
d'Arguel a deçai de Besançon. (24 avril 
4290, Trêve, Arch. mun. Besançon.) 

Deux jornauls assis près de la metadiere 
de Eignay, (Lundi apr. Toussaint 1295, 
Lett. de Rob. D. de Bourg., Sept-Fonts, Val 
des Choux, Arnay-le-Duc, Arch. Allier.) 

La maladere de Mellout. (Mai 1322, 
Remirem., hop. de Mari., Arch. Vosges.) 

Maladiere. (Ib.) 

Autre malades vivent in la dicte mala- 
deire. (1417, Arch. Frib., i" Coll. de lois, 
n« 280, (* 82 v«.) 

Jehan Petitbault, archiprebstre et cha- 
noine d'Avalou, recteur et commis au gou- 
vernement et régime de la maladiere and. 
lieu, (1493-1494, Compte sixiesme de maistre 
Jehan Petitbault, Arch. mun. Avallon, GG 
157.) 

Es ladres de la maladiere. {Racionale de 
S.-Claude, f° 36 V», Arch. Jura.) 

A Loisia, dans le Jura il y a un champ 
et un bois de laMalatière ou des Malatières. 
Suisse rom,, Lausanne, la Maladiere. Ruis- 
seau de la Maladiere (Nièvre). 

maladieuskmknt, adv,, faiblement, 
en malade ; 

Debilement, maladieusement. (Trium 
Ling. Dict., éd. 1604.) 

maladieux, - ieu, adj., malade, mala- 
dif : 

Laquelle femme estoit ancienne, aagiee 
de soixante ans ou environ, et maladieuse 
de goutte. (1397, Arch. JJ 1S3, pièce 30.) 

Corps maladieux. (Oresme, Poliiiq., 
2«p., f'14% éd. 1489.) 

Mais il estoit maladieu de gouttes. 
(Fhoiss,, Chron,, I, 24, Luce.) 

Geste sueur guerist, sane et lave les 
maladieux. (De vila Chrisii. Richel. 181. 
f° 121-0 

Pourquoy les jouvençaulx de par decha 
estoient facilement infectez, matadieux et 
expirez. (J. Molinet, Chron., cccxvni 
Buchon.) 

Pour recréer les maladimm ou mal 
haities. (xv 8 s., Cari, de hunes, p. 927 
Hautcœur.) 

Lors il devient maladieux par la replec 
tîon. (J. Legrant, Livre de bonnes meurs 
f° 27*.) 

Langueur maladieuse, (Michault, Compl 
de la C*" 9 de Charroi., p. 127, éd. 1723,) 

Il estoit de longtemps maladieux. (1533 
Papiers d'Et. de Granvelle, t. II, p. 27," Doc 
inéd.) 

Selon qu'il est vieulx, maladieux et débi- 
lité, (1539, ifr., t. II, p, 559.) 

Pesant et maladieu je me sons a cette heure, 
(A, Momn, Siège de Bout., quatr. 123, Morand.) 

Roquefort donne sans ex. la forme maie- 
dieux. 

Wall., Lorr., maladieux, maladif. Messin, 
malediu. Meuse, maladiau. 



maladïr, v. n., être malade : 

Son fruit (de l'arbre de vie) avoit vertu 
de garder la vie a ceulx qui en raengoient 
sanz morir et sanz maladir. {Laurent, 
Somme, ras. Chartres 371, t'° 27 r°, et ms. 
Milan, Bibl. Ambr., f« 3l b .) 

— Maladi, part, passé, rendu malade, 

malade ; 

Mire? firent par lut mander, 
Pur malaâis sauer. 

(Conquest of Ireland, 820, Michel,) 

Moult est Giglaio3 de mal laidis, 
Afebloies et mala dis. 
(Ren. de Beaojeu, li liiata Detconneut, 4134, 
Hippeau.) 

Mon eorp^ eat forment maladis, 

{miv. N. S. /.-C, Jub., Myst., II, 16.) 

maladirer, v. a., perdre, égarer : 

Se un home a maladiré aucune soe chose, 
il la peut arester quelque part que il la 
truisse et amener devant la justise. Et se 
il se clame par l'assise corne de chose ma- 
ladiree, il deit jurer sur sains que il ne l'a 
prestee ne vendue ne donee ne aliénée en 
aucune manière, ainz li a esté preuprement 
maladiree. Et deit aveir deus çarenz qui 
facent ce que garenz deivent faire, que il 
le virent saisi et tenant corne dou sien ; et 
ce faisant, il recuevre la soe chose. (Âss. 
de Jér., t. I, p ¥ 4Ô3, Beugnot.) 

maladive, s. f., maladie : 

Deux griesves maladives que le roy eust 
tantost après. (Jehan Petit, dans la Chron. 
de Monstrelet, I, 39, Soc, de l'H, de Fr.) 

maladrel, mail., s. m., lépreux : 

Les maladraux. (1472, Noyon, ap. La 
Fons, G/055. ms. t Bibl. Amiens.) Malla- 
dreaux. (Ib.) 

MALADRER, VOIT MàLADER. 

1. maladrïe, s. L, métier de malandrin ? 

De la maladrie es,t (il s'agit d'un brigand), mttlt ot 
[grant follïanche. 
(Jhh. des Preis, Geste de Liège, 34453, Scheler, 
Gloss. philol.) 

2. MALADRIE, VOÎr MALADERIE. 
MALADVENTURE, VOÎr MaLAVENTXJRE. 
MALAEURTÉ, VOÎr MALEURTÉ. 

malaffegt, adj., malade : 

Elle sane le cœur malaffect, la poictrine 
trop sèche. (Evonime, Trésor, p. 139, éd. 
1553.) 

malage, malaige, s. m., maladie, mal, 

malaise, souffrance : 

Se il deit estre conforté 
Et respasaé de ce malage 

(GutLL., Best. div., 454, Hippeau.) 

Qoe d'ainors avoit le malage. 

(Florimont, Richel, 792, f» 31 e , ) 

Un voultre viel et de grant aage, 
Déplumé et plein de malage, 

(Ysop. li, fab. vu, Robert.) 

Sachies, cil sont trop honni qui n'iront, 
S'il n T ont poverteou viellesse ou malage. 
(Qursnb de Bethone, P. Paris, Romancero, p. 94.) 

Issi mair, issi languis d'ite) malage, 
(Perrin d'Angegourt, Chans., ap. Tarbé, let Chan- 
sonn. de Champagne aux xu* et xm" $•> p 4 ^ 



La doloar et la grant rage 
Que j'ai enduré 
Tôt m'avroit de mon malage 
Garit et sane. 
(Chaînon, ms. Montp. H 196. f° 161 r\) 

MqII su! sopris de graat malage, 
Que j'ai fet ir.eint pelerinnage. 
Or voi bien ne pais plus durer : 
Un malx fait moult mon cors grever, 
Certes je sois un chatis hon ; 
Mes fai moi or confession. 

(Renart, Br. V, 191, Martin.) 

Quant il sarà 

Vostre malage et vostre anui, 
N'i ara pins dotant de lui. 

(Couronn. Ren., 1456, Méon.) 

Se n'aves vostre cors de malaige grevé. 

(Fierabras, 3980, A. P-) 

Bien ait la dame et li mesages, 
K'or est alegies mes malaget* 
(Ren. de Beaiijeu, li Biaus Desconneus, 4183, 
Hippeaa.) 

Ne doit douter nul grief malage 
D'enfermeté de cors ne d'ame. 
(J. Lemarcsant, Mir. de N. Z>., ms, Chartres, 
f» 45 d .) 

Or ne tiengne mie a desdaing 
Ce que j'ai dit; car $es mala g es 
Garira par çou, s'il est sages. 
(Pkil. de Rémi, Salut d'Ajnottr, 914, Bonlier, 
p. 285.) 

N*a quel tormônt n'a quel malage. 

{De Ste Gale i m*. Àvranches, f° 7 1 '-) 

J'eusse plus cier le malage 
D'ane fièvre qnartaine avoir. 
(Jacq. d'Amiens, Art d'Amour^ ms. Dresde, 
Kôrt., 1410.) 

Pleuroyeut de compassion de son enfer- 
meté etma/ape.jGRiST. dbPizan, Charles V, 
%* p., ch. 15, Michaud.) 

Dont je m'esmerveille comment 
Cenlx qui vivent si sobrement 
Cheent souvent eu grand malaige, 
(Débat de Nat. et de Jeun., Poés. fr. des xv* et 

XVl a 3., 111,91.) 

Lancelot qui moult avoit grant douleur 
de sou malage le conforte moult. (Lance- 
lot du Lac, 1» p., ch. SI, éd. 1488.) 

malagmaïre, s. f., emplâtre : 

Cyperus est adjousté aux malagmaires 
chauldes et confections des huylles. (Jard. 
de santé, I, 121, impr. la Minerve.) Impr., 
malaginaires. 

malagme, s. m., emplâtre : 

Et des racines pilees avec leur tige en 
faire un malagme ou emplastre. (Cotb- 
reAu, C0lum. t VI, 17, éd. 1555.) 

Emplaatres, malagmes et acopes. (Trad. 
de VHyst. des plant, de L. Fousch., ch. 
Clxxxix, éd. 1558*) 

Malagme, m. A mollifying plaster for 
scabs and hard impostumes. (Cotgr., éd. 
1611.) 

Malagme, m. Especie de emplasto* 
(C. Oudin, 1660.) 

malagme^ v. a., amalgamer : 

Malagmer, To mingle, or incorporate 
several things (especially metall&)together. 
(G0TGR.,éd.l611.) 

MVLAGNER, VOir MALIGNIER. 

mvlaoreable, adj., inquiet, qui se 
tourmente : 



MAL 



MAL 



MAL 



109 



Le matagreabte se tourmente et ames- 
grist. (Le Miroir historial, Maz. 857, f° 
198 v*.) 

Car s'opposaut malagreable 

A la fortune variable 

On la trouve double et fâcheuse. 

(Vauq ,Epigr. f de la vie hum., Genty.) 

MALAGUETTE, S- f-, pOÎVre I 

Un voyageur du xyi* s. parlant des habi- 
tants d'une côte de Guinée, qui ont con- 
servé quelques mots français d'une co- 
lonie qui s y était établie, dit : Us n'ap- 
pellent pas le poivre sextos à la portugaise, 
mais m a la guette, et lors qu'un vaisseau 
aborde, s'ils en ont, après le salut ils 
crient : Malaguelte tout plein, tout plein, 
tant à terre de Malaguette, qui est le peu 
de langage qu'ils ont retenu de nous. 
(Villa ut de Bellefond, Relation des côtes 
d' Afrique appelées Guinée, p. 159, éd. 1669.) 

malaimable, - aymable } adj., peu 
aimable : 

On sent bien le vers mol, avec un son 
malaymable. (Des Acc, Bigarr., 1. IV, 
f«40r°, éd. 1620.) 

malair, voir Maleir. 

malaisance, - aysance i s. f., difficulté, 

gêne, souci : 

Ainsi ne voulant plaa prendre de malaisance 
De tout cela que Dieu n'a mis en ma puissance. 
(Vauq m Sat., 11, à Verigay, Genty.) 

Pour n'avoir jamais soin, peine ni malaisance. 
(Id., I, 228, Travers.) 

La soif et la malaysance du chemin tra- 
vailloit les Romains. (Amyot, Vies, Crass., 
éd. 1565.) 

Et pour la malaisance des pais ou ilz se 
soubleverent. (Id., ib. t J- Caes.) 

L'un en malaisance des pais, ou il feit 
ses conquestes, l'autre en estendue des 
régions qu'il adjousta a l'empire romain, 

(ID., ib.) 

Il ne fut pas en sa puissance de les se- 
courir, pour la malaisance des lieux. (Mai- 
gret, Polybe, l, 47, éd. 1542.) 

Les Carthaginois n'estoientpas tantcom- 
battuz de l'ennemy que de la malaisance 
du lieu, d'autant que les chevaux et le 
bagage faisoient une grande défaite d'ho- 
mes et de biens. (Id., ib., III, 25.) 

Ils estoient prêts d'entrer en toutes très 
aspres malaisances de guerre. (Denis Sau- 
vage, Hist. de Paolo Jovio, I, 293, éd. 1581.) 

Nostre désir s'accroit par la malaisance. 
(Mont., Ess., u, 15, f° 262 t», éd. 1588.) 

Il s'est encore employé au xix 9 siècle : 

L'extrême malaisance de ce ménage gou- 
verné par deux femmes, dont une sortait 
à peine de l'enfance, tandis que l'autre 
menaçait d'y rentrer, s'accrut du départ 
d'un valet de labour. (Kératry, Styndall, 
c. 3, éd. 1827.) 

La vertu s'accommode très bien de la 
pauvreté, lorsque les mœurs sont simples; 
mais la mal-aisance est un écueil sur le- 
quel la délicatesse finit presque toujours 
par échouer. (Levis, Notice sur S. de Meil- 
han.) 

En divers lieux, notamment à Quimper, 
on dit encore être dans la malaisance, 
pour être dans la gène. 

malaiseté, s. L, malaise, embarras : 



Elle se delectoit a sa malaitelé veoir. 
{Lancelotdu Lac, 1" p., ch. 37, éd. 1488.) 

Vienne, arr. de Châtellerault, malaiseté t 
privation, souffrance. 

malaisible, malaisivle , malaisievte , 

adj., malaisé, difficile : 

Il li fera les ieus crever et li poing colper 
u il l'envoiera en essil, u metera a tous- 
jours en prison malaisievle u aisievle. (Li 
Ârs d'Amour, II, 166, J. Petit.) 

C'est uns feus qui fuissonne, qui est 
legiers a esprendre et malaiîivlez a es- 
taindre. (Froiss., Chron., Il, 339, Luce, 
ms. Amiens.) 

MALAISIBLKTÉ, S. f ., difficulté : 

Gieres quant faite fut la malaisibletez, 
dunkes fut envoiet al homme Deu, par ke 
il vcnroit. (Dial. Greg. lo pap., p. 73, 
Foerster.) Impr., malaifibleteiz. 

m&laisier, mailaisser, verbe. 

— Act., gêner, tourmenter : 

Le duc de Bourgongne malaisa tous 
ceux de Camerolles, qu'il leur convint 
rendre a la voulonté du duc. (FrOISS., 
Chron. t I, 279, éd. 1559.) 

— Réfl., se gêner, s'appauvrir : 

A l'entrée, au lieu d'escalier, estoit le 
billot de bois plus bas que le seuil de 
l'huis, afin que t sans se malaiser, on en- 
trast plus facilement. (Noël du Fail, 
Baliverneries d'Eutrapel.) 

Nous gaignons et nous faisons perte, 
Nous nous aisons et m/ilaisons. 
(J.-A. de Baif, les Mimes, 1. II, f° 83 r°, éd. 
1619.) 

Mais si on vous attermoyoit a tel temps 
que sans vous malaiser peussiez acquitter 
vostre debte, que diriez vous ? (Pasq., 
Rech.,Y\ t 6.) 

— Se gêner mutuellement : 

Plaisir et profit se malaùent. 
(J,-A. pu Baif, les Mimes, 1. II, f° 46 v°, éd. 
1619.) 

— Neutr., être gêné : 

Adieu, mes chères sœars, je vous fa y malaiser. 
Je ne veux plas de vous que ce dernier baiser. 
(Gark., Antig., mi. éd. 1579.) 

— Malaisiê, part, passé, malade, mal 

conformé : 

Le sire de Coucy.,* fut au lict d'une 
course de cheval, dont il eut la jambe 
malement malaisée. (Froiss., Chron. , 
liv. II, 278, éd. 1559,) 

Bestes blessées , mailaissees ou grevées. 
(1398 , Noyon, ap. La Fons, Gloss. ms., 
Bibl. Amiens.) 

Il estoit malaisé de sa personne : car il 
avoit une bosse sus le dos, et l'autre sus 
l'estomach. (Des Periehs, Nouv. recréât., 
de Teiran... f° 132 v«, éd. 1564.) 

La nuict venue, se couchèrent le roy et 
la royne ; et le lendemain le roy disoit 
qu'il avoit faict merveille, Toutesfois je 
croîs ce qu'il en est, car il estoit bien 
malaisé de sa personne. (Flburange, Mém., 
c.43,éd. 1731.) 

Centre de la Fr., se malaiser, se gêner : 
• Ce gas-là n' se malaise pas. » 

MALAISIKULB, Vûif MALAISIBLE. 



mal/visip, malasif, adj., mauvais, de 
mauvais caractère ; 

Desuse toi et reaovele 
De ta pensée malasioe. ^ 
(Renclos og Moiubns, Miserere, Hichel. 1521-2, 
f° 70 v°.) 

De ta pensée malassive. 

(Id-, ib., Hichel. 23tll, i° 252 1 ) 
Orgeau partout est malasieus, 
Orgeau est aigres corne asieus. 
(G. de Coma, Mir., Richel. 2163, f° U b .) 

De tant ert fols et malaisius 
Qu'espouser feme ne voloit. 
(Un Mir. de N.~D., d'un chevalier qui araoit une 
dame, ap. Méon, Fai>L, I, 347.) 

MALAISIVLE, VOir MALAISIBLE. 

malaison, voir Maleicon. 

malaisson, voir Maleicon. 

malaisu, malasu, adj., impétueux ; 
Rompent l'esclase ki l'yawe ot détenue, 
Et ensi est ens ei fossé férue, 
Tint par keurt fort et tant est malasue 
Plas keart isnel ke faucons après grue. 

(Les Loh., Richel. 4988, f 278 e .) 
De sa lance fut çou qu'il dut, 
Qu'il donna l'oncle an cop si grant, 
Si malaisu et si pesant 
Qu'il en ot mont a soustenir, 
(Sarrazin, Rom. de Eam, ap. Michel, Hist. des 
ducs de Norm. t p. 347.) 

MALAITEMENT, Voir MALEOITEMENT. 

MALAITIERE, VOir MALADIJEjRE. 

malamour, voir Mal. 

malan, - len t - lem, - Ion, adj., quali- 
fiant toute maladie qui se manifeste par 
des boutons, la lèpre, la gale, etc. : 
Qui le cors Deu maooier doit, 
Ne doit tachier ne main ne doit 
Au mal bu buis, au mal malan 
Qui tantes genz met en* mal au. 
(De Monacho in flumine periclilalo t 461, ap. Mi- 
chel, D. de Norm.y t. III.) 

— S. m., cette maladie elle-même, 
chancre, bubon, ulcère : 

Dunkes fut férue eu la mammele del 
malen del cancre. (Dial. St Greg., p. 211, 
Foerster.) Lat., cancri ulcère percussaest. 

Ki de ceste eye oint ses rnalanz 
Tûst garra, tant est vaillanz, 

(Lapid. t D 853, Pannier.) 
Des înalanz la roife et l'escorçe 
Cneoïr li fet en un moment, 
Et sanez est moult sainement. 
(Gautier de Coinci, de l'Emperer. gui garda sa 
chast., 2774, ap. Méon, Nouv. Rec, H, 88.) 

La char plus soef que toison, 
Si n'i ot bube ne malein^ 
N'avoit jusqu'en Jérusalem 
Famé qui plus bel col portast. 
(Rose. Richel. 1573, f° 5 e .) Var., malen. (Ib,, 
Richel. 1559, f° 6 a .) 

Les chens li veneient lécher les malanz. 
{Serm.t xm* s., ms. Poit. 124, f° 26 v°.) 

Et loichoient les plaies et les malanz. 
[Serm., ms. Metz 262, f" 33 d .) 

Mais se sa bouche vehsiez 
Aini si laide ne fu trouvée, 
Grauz fu, hideuse et decrevee, 
De granz malans pleine ded nz. 

(Du Cheval de fusl, Romy., p. U2.) 



no 



MAL 



MAL 



MAL 



Par les cheveux blons et lnisanz 
Ou il n'ot ne molen ne festre. 
(G. Court, Roy. lign,, Richel. 5698, f° 60 rM 

Or fanlt que tout tarisse» 
Et qu'a mesetiief et a dûulour périsse, 
Plain de malons et de povreenfonture. 
(Christ, de Pisah, Poes>, Richel. 604, f° 4 e .) 

Ste Geneviève. 
Or souffrez donc que je tous oste 
.i. maion qu'avez soubs la eoste ; 
Mez tous doublez, espoir, la peine. 

La nonnain. 
Dame, je me sans toute saine, 
Pourquoy parlez voos de tel chose I 
{Le Mir. M™ Ste Genev-, Jab. t MysL, t. I, 
p. 218,) 

Norm., Manche, Bessin et Guernesey, 
malon, escarre, croûte galeuse. Poitou, 
malan, toutes sortes de plaies en général 
et principalement celles qui présentent 
de dangereux symptômes. (Beauchet- 
Filleau, Pat, poitevin.) 

Noms propres, Malan, Malon. 

malandie, voir Manantie. 

malandre, malendre, mail., s. f., cre- 
vasse aux genoux d'un cheval : 

Et gardez bien qu'il n'ait malandres; 
malandres est dedans le garret derrière. 
{Ménagier, II, 74, Biblioph. fr.) 

Malandre, serot. (Palsgrave, Esclairc, 
p. 242, GéniD.) 

Une belle et honneste monture, saine, 
nette, sans surost et sans mallandre. 
(Brai^t., des Dames, IX, 9i, Lalaune.) 

Les grappes, malandres et vifves roignes 
sont guéries dans peu de temps par ces 
remèdes. {Ol. de Serr., Th. d'agric, vin, 
6, éd. 1805.) 

Malendre : f. The malanders (of horses), 
(Cotgh., éd. 1611.) 

Et encore au xvn° s. ; 

Tiennette n'a ni sttros ni malandre. 

(La Foht., les Trogueurs.) 

En Saintonge, malandre désigne en 
général tous les maux apparents. Manche, 
Val de Saire, et pays de Bray, malandre, 
pustule, ulcère, 

MALANGIENG, VOÎr MALENGIN. 

malapert, malappert, adj., imperti- 
nent, insolent : 

Les uns sont hardis et appers, 
Autres conars et malappers. 
(E. Deschamps, Poés., Richel. 840, f°471 v ,) 

Homelye saueye to perte. — M. mala- 
pert, s. malaperte. (Palsgrave, Esclair- 
ciss., p. 315, (iénin.) 

Nom propre, Malapert. 

malarde, madlarde f s. f., femelle du 
malart : 

Haïrons, quennes, ma lardes. 

(Gage de la Signe, f* 125, ap. Sle-Pal.) 

Vous me dounrez pour ces trois mad- 
lardes de rivere noef deniers, [La Manière 
de langage, p. 389, P- Meyer.) 

malardel, s. m., dimin. de malart: 

Malardiaux, la pièce quatre deniers. 
(1315, Ord., 1,600.) 



malarmaîj s. m., espèce de poisson, 
le peristedion cataphracte : 

Malarmat : m. A kind of rough skaled 
gurnard, whieh being alive is red,but dying, 
of another colour. (Cotgr., éd. 1611.) 

1. malart, mail., maill.y mari., marll. t 
masl.y mell., s. m., le mâle des canes 
sauvages : 

Grues et jantes et maillars et perdris. 

(Hervis, Richel. 1244, t 9 6 d .) 

Grues et geotes et malars et pertris. 

(/*., Ars. 3143, f° 2 e .) 

Au premier coup le mallart abati. 

(tt,, ( 9 2 d .) 
Et cil achatent et maîlars et perdris. 

(7*., ms. Montp.i f° 77 a .) 

Et cil acheté et malart et perdris, 
Grues et jantes et aiguiaus de berbis, 
(Gar. le Loh., 3' chans., p. 223, P. Paris.) 

Grues et ganstes e maîlars e plouviers. 

(Raihbert, Ogier, 4023, Barroia.) 

Nis li clerc en sevent bien l'art 
De faire coue de mallart, 
(Rskclus de Moilims, Miserere, xevin, 4, Van 
Hamel.) 

Pris ait deus aiuâs, deux mellars abatus. 

{Gir. de Viane, 2561, Tarbé.) 

En pais ereut oatoir et chien, 

Li acroupi et li couart 

Qui sa voient prendre un marlart. 

(Cliget, Richel. 1420, f° 142»,) 

Grues et jantes et maslars et plouviers. 
(Jourd. de Blaivies, 814, Hoffmann.) 

Si tost se vont aval coler 
Que la ne lor puet eschaper 
Haïrons ne ane ne maîlars. 

(Durm. le GalL y 9123, Stengel.) 

Un grant malarl saisi et empiéta. 

{Auberon, 113, Graf.J 

11 a lues droit l'escoufle pris 
Tout ensement comme .1, marlarL 

{L'Escouffte, Ars. 3319, f° 58 r\) 

Ou plouvier ou marïlarl. 
(Siège de Barbastre, Richel. 24369, f° 146 r°.) 

No paons rôtis ne bons maiias ne grue. 
{Sermon, Brit. Mus. Add. 15606, f° 92 d .) 

Il ne me doutent mie railli&sant un mallart. 
{Gaufrey, 3333, A. P.) 

Marlars ne butors. {Dial. /r.-/ïam.,f° 4 e , 
Michelant.) 

Un mallart de rivière, d'argent, tout 
esmaillié et a col vert, et en son bec tient 
un poisson par la bouche duquel ist eaue. 
(1360, Invent du duc d'Anjou, n° 101, La- 
borde.) 

Pays de Bray, maillard, canard mâle 

Nom propre, Malard. 

2. malart, s. m., lépreux : 

Aux malars et cacous de Penankueck. 
(1470, CompU de S.-Melaine, Morlaix, Arch. 
Fiuist.) 

malartos, - ous, adj., fourbe, traître : 

Se il est cointe e engiguos 
E vexiez e malartos. 
(Ben,, D. de Norm. t II, 9086, Michel.) 

Suer, fait ïtfelior, cil Emois 
De Marbreon, li malartos. 

(Parton., 7153, Grapelet.) 
Fors et forma, lais et hisdos, 
Cruels et fel et malartos. 

(/*., 8103.) 



Taut fa la vielle malai toute, 
Que putain fist de bonne es pou se. 
(Chastoiem. d'un père, Richel, 19152, f* $* t ) 

M al as cher, voir Malaxer. 

malasif, voir Malaisif. 

malasse, adj. f., mauvaise : 

Les marais mot la gloutenia 
Dont matasse dame est honie. 
{D'un Hermile qui avoit une Sarraxine par l*enhor 
tement de V enemi, p. 18, Keller.) 

malassip, voir Malaisif. 

malastru, voir Malestru. 

malasu, voir Malaisu. 

malaucier, s. m., sorte d'arbuste : 
L'arbrisseau qu'ilz nomment en Savoye 
un malaucier est nonmé en Crète codo- 
malo. (Bklon, Singularitez, 1, 17, éd. 
1554.) 

malauré, voir Malkurê. 
malaurté, voir Maleurte, 

MALAUSTRUY, Voir MALESTRU. 

malaventure, - vanture, maladv,, s. 
f., malheur ; 

IL est conceuz en ordure, 
Et neut a grant ma (aventure. 

{Vie de S. Alexi, 249, Rom. VIII.) 
Il s'estoient combattus a leur grant ma- 
lavanture a la gent d'une contrée si fort et 
si cruel qu'il avoient tous ses chevaliers 
occis, {Gr. Cron. de Fr., RoberL m,p ( 
Paris.) ' 

Le roy pénsoit sa maladventure estre 
prochaine , il vouloit par temps faire 
sontestament.tPerce^ VI, f° 109, éd. 1528.) 

Ils firent bonne chère sans penser a leur 
malaventure. (Louis XI, Nouv. t lx, Jacob.) 

malaventcros, - rous t - reus, malev. t 
adj., malheureux, infortuné : 

Semble te il que je soie si chetis et si 
malaventureus que je vende ce que Dieus 
m'a donné ? (Guill. de Tyr, XI, 22, P. 
Paris.) 

Quant voit que nus ne li aide 

Por malaventureus se cuide. 
(Dou Lou et des oeilles ,'ms, Chartres 620, f° 130 e .) 

Malaventurous sunt cil qui fenissent lor 
vie el pecié de luxure, (Serm. du xm e 5., 
ms. Cassin, f» 100 e .) 

Que tu es malaventureus et povres et 
avugles. {Bible, Maz. 684, f» 369 d .) 

Geste roiue qui estoit si maleventurouse 
reuforsa moût Babiloine. [Estories Rogier, 
Richel. 20125, î 9 84».) 

Les luxures et les murtres qui si mala- 
venturous furent entre aus m'estuet très- 
passer, (/fe., f» 88 d .) 

— Qui fait du mal ; 

Apres ce que li rois Belus fu mors, tint 
Pigmalion le règne, et si devint si crueus 
et Bi malaventurous de totes créatures qu'a 
paines est il nus qui le vos seust conter, 
{Esteriez Rogier, Richel. 20125, f° 151 b .) 

malaventorosement, - ousement, 
adv., malheureusement : 
Il s'en maintinrent entr'aus après sa 



MAL 



MAL 



MAL 



iil 



mort moût malaventurousement, quar 
onqueB H une n'ama l'autre depuis la mort 
le boa roi. (Estories Rogier, Richel. 20125, 

{• 252*. ) 

ma-lavisement, adv. , maladroite- 
ment : 

Qui donne malavisement , 
Honteusement perd ce qu'il donne. 
(J.~A. Dii Baif, les Mimes, 1. II, f° 97 r°, é\l. 
1619.) 

malaxer, malexer, malascher, v. a., 
pétrir des drogues pour les rendre plus 
molles, plus ductiles : 

Pernet cyre blanche et malaschet oveke 
oyle de camomille, (Euperiston, ms. Edim- 
bourp, Advocates iibrary 18, 6,9.) 

Et puis malaxes cire en ladicte huille et 
en faictes eroplastre. (B. de Gord., Pratiq., 
m, 25, éd. 1495.) 

Cire soitmalexee en ladite huylle. (lD.,t&.) 

Prenes cire blanche neufve malaxée en 
ces bulles devant dictes, et faictes emplas- 
tre. (Id., ib., I, 30.) 

Et puis frotee entre les mains (cette 
graisse) la malaxent et font d'icelle pas- 
teaulx qu'ilz appellent laudanum. (Jard. 
de santé, 1, 247, impr. la Minerve.) 

Laudanum qui se peut manier et wa- 
laxer entre les mains. (Ib., p. 248.) 

Le tout malaxé avec térébenthine lavée 
en eau de vie. (Paré, OEuv., xvi, X, Mal- 
gai gne.) 

De mesme, malaxeres et tremperes dans 
vin blanc des racines de plantain et de 
parelle, et du vin en sera baillé au febri- 
citant pendant son accès. (Ol. de Serr., 
Th. d'agric, vin, 5, éd. 1805.) 

MALAYCHON, Voir MàLEÏGON. 

malbailli, - balli, - baly, mau., adj., 
maltraité, en mauvais équipage, mal gou- 
verné, détruit, ruiné : 

Eisi faitement maubalti, 
Mort e destruit e apovrï 
Furent li maufaitur Engleis. 

(Ben., D. de Nom., H, 4700, Michel.) 

Tous ceux sont fols et maubaillis, 
Qui baillent a leurs ennemis 
Leurs espees ne leurs basions. 

(Ysop. II, fab. v, Robert.) 

Quant Renars voit qu'il a failli 
Forment se tint a malbailli. 

(Renart , Br. 11, 297, Martin ) 

Qu'avez vos, damme, nel noz celez voz mie. 
Et dîsl la damrae : Je suis moli malbaillie. 

(Jourd, deBlaivies, 581, Hoffmann.) 

Ja fust le roi Brandoine et mort et malùaillis. 
(W. de Montrant, ms. Montp. H 247, f° 177 e .) 

Seignor, ce dlst li rois, je sui mult maubaillis 
De Berlrant le vassal, qui le presant me fist, 
VA de ses compaignons qui Yindrent avec lui. 
(Gui. de Bourg., 2782. A. P-) 

Dolent en fu et maulaly. 

(Merlin, Brit. Mus. Arund. 220.) 

Par .i. mesfait an fuit puis isi moulailiz. 

(Floovant, 19, A. P.) 

malbaillir, wiû« (J v. a., maltraiter : 

Quar qui me puet t&nimaubaillir, 
Comme a vous de secours faillir? 

(Fauvel, Richel. 14G, f° 25 r°.) 

— Fig,, fausser, dénaturer ; 



Et vouslst joie doner 
A ceus qui bien l'ont servi, 
Et ceus de dolor combler 
Qui son sens ont malbailli 
En mesdire et en guiller. 
(Jaq. de Cisoimg, 8,41, ap. Scheler, Trouv. belg., 
2« sér., p. 88.) 

malbaster, verbe. 

— Neutr., être en mauvais état : 

Le vice roy de Naples dom Charles de 
Lannoy voyant les choses malbaster pour 
luy_, feit une trefve avec le pape au nom 
de l'empereur pour quatre mois. (MART 
nu Bellay, Mém., 1. III, f û 75 r°, éd. 1569.) 

Le duc Francisque Sforce voyant ses 
affaires malbaster (carde nouveau il avoit 
perdu Pavie) chercha par le moyen du 
Pape et des Vénitiens d'estre remis en la 
seigneurie de ses prédécesseurs. (Id ib., 
1. III, f° 94 r°.) 

— Impers., mal réussir : 

Ceux ci fortifièrent une maison qu'ils 
avoient dans Àmboise, affin de s'y retirer 
s'il malbastoit pour eux. (Soucheïv, Hist. du 
dioc, et de la ville de Chartres, IV, 3.) 

Beauce, malbaster, mal réussir. 

malchief,- chef, mau., s. m., mau- 
vaise fin : 

Mais a ceo devriom entendre, 
Ainz que mauchef me feist prendre, 
Que de ses mains peu s se eissir. 
(Ben., D. de Norm., 11,13856, Michel.) 

Malchief prennent li traytour. 

{Jienarl, Br.XV, 57, Martin.) 

Les famés neis se veulent vendre, 
Mauchief puist telle vente prendre. 

(Rose, ms. Corsini, f° 36 p .) 

A mauchief en pourra venir. (Deguille- 
ville, Peler tn. de la vie hum., Ars. 2323, 

fo 7 r o j 

Je sui plus mesceans que nus autres, 
quant mes premiers enfes doit prendre 
malchief. (Sept sag. de Rom., Ars. 3354, 

f° 5 b .) 

malchus, voir Malcus. 

malconseil, mau., s. m., mauvais 
conseil : 

Maticonseit ruine les hommes. 
(J. A. de Baif, les Mimes, 1. II, f° 92 r° t éd. 

1619.) 

malconseillié, mau. .ma., part, passé, 
qui a reçu de mauvais conseils : 

Il a esté mauconsillies de vous avoir des- 
fiiet. (Froiss , Chron t) 1, 478, Luce, ms, 
Rome.) 

Avoit esté rebelles et maconsillies. (Id., 
ib. t 11,375, Luce, ms. Rome.) 

malcontent, mau., adj„ mécontent : 

De la venue desquels Anglois furent les 

seigneurs et le peuple de Bretagne plus 

maucontens que devant. (Lk Bàud, Hist, 

deBreL,c xl, éd, iôS8.) 

— S. m., sorte de jeu de cartes : 

Puisque je n'ay rien impetré 
Je iray jouer au matcotitent, 

(Condsmn.de Banquet, p. 299, Jacob.) 

malcontentement, s. m., méconten- 
tement : 



Aucuns disent que la cause du malcon- 
tentement du roy est pour les désobéis- 
sances qu'on fait dans les pays de monsei- 
gneur de Bourgongne. (Math, de Coucy. 
Hist. de Charles VU, p. 728, éd. 1661.) 

Le bruit de ce malcontentement des Athé- 
niens fut incontinent semé partout, (Amyot, 
Diod., XI, 7, éd. 1554.) 

L'aise que j'ay de vostrô liberté 

Rend trop content mon malcontentement. 

(Melin de Sainct-Gelays, Œuv., m, 62, Bibl. elas. > 

Je pourchassay de faire revenir au ser- 
vice du roy le sieur Marioul de Santa Fior, 
et son frère le prïeur,lesquel8 por quelques 
ma/cotttenfemens3'enestoientostes.(MONTL., 
Comm. t liv. IV, p. 281, éd. 1594.) 

Aultrement j'aurois grande occasion de 
malcontentemenl avec toute l'Eglise. (Lelt. 
miss, de Henri IV, t. II, p. 160, Berger de 

Xivrey.) 

malcontenter, verbe. 

— Act., mécontenter : 

Esloignans ou malconlentans tous les 
princes et tous les bons et vieux servi- 
teurs. (Cheverny, Mém., an 1589, Petitot.) 

— Réfl., être mécontent : 

Dont le duc de Savoye so malcontenta. 
(D'Auton, Chron., Richel. 5082, 1° 72 v°.) 

Le jeune adventureux voulut aller dere- 
chef en Italie et print congé de ses père 
et mère qui s'en malcontenter -ent.(Mém. de 
Rob. de la Marck, p. 80, ap. Ste-Pal.) 

malcoragier, v. a., décourager : 

Nos ne dison pas ceo pur ceo ke nus vus 
voilum malcoragier. (Comment, s. lenouv. 
Test., ms. Oxf., Rodl., Douce 270, f° 31 r«.) 

malcreant, s. m., mécréant : 
Ont ilz mis diligence d'assemblerlesdictes 
reliques et mys hors des mains des mal- 
creans. [Déb. des hér. d'arm. de bY. et 
d'Angl., 108, A. T.) 

malcreé, adj., indiscipliné : 
Le duc en fit punition pour donner 
exemple a tels soldats malcrees. (Brant., 
Capit. estrang., II, 194, éd. 1666.) 

malguidant, adj., qui nourrit de mau- 
vaises pensées : 

Si les conduit uns païens malcuiâûnz. 
(Prise d'Orenge, 638, Jonck., Guill. d'Or.) 

MALCUER,mawci/er, s. m., ressentiment: 

... Ce ne puet estre a nul fuer 
Qu'onques aie vers lui malcuer. 
(Parlon., Richel. 19162, fM41 r"; Crapelet, 
v. 4533.) 

Onques aie vers lui maucutr. 

(lb„ Richel. 368, f° I6 a .) 

malcus, malchus > s. m., épée : 

Vendu avez dague et malcus. 
(Us Regrets et complainte des gosiers altérez, 
Poés. fr. des xv* et xvi s s., VII* 77.) 

Il y est en image comme d'un homme 
furieux, tirant a demy son grand malchus 
de la guaine. (Rab., il, 5, éd. 1542.) 

Polygame produisant son malchus. (Du 
Fail, «aitt).,iv,Bibl. elz.) 

Malcus, ensis falcatus, harpe. (Nicot.) 

Liégeois, cop di Mar eusse, coup de mas- 
sue. 



112 



MAL 



MAL 



MAL 



maldaé, voir Maldkhait. 

MALDÉ, VOirMALDEHAIT. 

maldehait, maudehait, maudehê, wau- 
dahê, maudahet, maldaê, maldé, s. m., 
malheur, disgrâce, déplaisir, mauvaise ren- 
contre : 

Maudehé ait sa compagnie 
Ne qui en traitor se fie! 
(Bih., D. de Norm,, II, 13835, Michel ) 

Mais maldehait cl col et en visage 
Qui ja laira por paor de manace 
De cief en cief ne die son message. 

(Raimb-, Ogier, 4308, Bai-rois.) 

Maldehait ait cl col et et visaige 
Qi ce fera. 

(/t. de Cambrai, 4399, A- T.) 

Maudahet ait et el co] et el nés. 

(Aleschans, 2650, Jonck., Guill. d'Or.) 

Seigneur, ce dist RoW>ls, ja ne vous crt celé, 
Trop soffrons ces païens (lor cors ait maldaé !) 
Qnant ne querons conseil qu'il soient enprevé. 
(Chûns. d'Antioche, 111, 830, ?. Paris.) 

Maldehez ait qui m'engendra ! 

(Renan, Br. X, 1612, Martin.) 

Confesser, fait il,.ch'est diable 
Enterrai jou de chou en fable? 
Maudehait qni pour choa ira 
Ne qui les pies i portera. 
(Du Chevalier an Barizel, 113, Méon, Fûbl., 1, 
212.) 

— Elliptiq. : 

Lî Turc le flert, maldé l'ame son père, 
Par de deriere, c*est traison aperte. 

(Raimb., Ogier, 11819, Barroîs.) 

Et dist Nabon : Trop me faictes yrer. 
Maldé celoy que ainsi vous attira. 
(Percefôrest, toi. V, ch. 42, éd. 1528.) 

MALDISEUR, VOlî MALDTSSEUR. 

maldisné, maldisney, adj., qui a mal 
dîné : 

Jehan Maldisney. {Car t. orig, de Neuchâ- 
tel-Comté, appartenant au comte deDurfort- 
Civrac, f° 6 v°.) 

Il y a encore une rue des Maldiney à 

Besançon. 

maldissement, maul, mau., s. m., 
malédiction : 

Tu as aprin a roaidire, et j'ay tesmoing 
ma conscience aprin contemner tous 
mauldis&emens. (Fossetier, Cron. Marg., 
ms. Brux. 10512, VI1T, n, 240 

Maudissemenls exécrables. (J. deCastel- 
nau, Façons et coust. des anç. GaulL, 
MOOro/éd. 1559.) 

maldisseur, - cheur, - seur, maul, 
mat*., s. m., celui qui maudit : 

Ainssi repaire li maudichons du maudi- 
cheur sour son propre chief. (Dib. hist.j 
Maz. 532, f° 137 e .) 

Comme ung edifieur qui soit destruiseur 
ne peut faire oeuvre qui soit prouffitable, 
et ung asommeuT qui soit maldiseur fa 
voix ne peut estre envers Dieu exaucée. 
(Courcy, Hist. de Grèce, Ars. 3689, f°4i - .) 
Lat., maledicens. (Ecclésiastique, xxxiv, 29. ) 

Qui te beneira il sera beney, et ton 
mauldisseur sera mauldi. (Fossetier, Cron, 
Marg , ms. Brux., ï, f° 137 r°.) 

— Sorte de sorcier : 



Autant en faut il faire a ceux qui disent 
chasser les nuées, aux maldiseurs, aux fai- 
seurs de fermailleta et aux devins, (Grevin, 
de l'Imposture des diables, f° 394 r« éd. 
1567.) 

maldisson, -çon, - çun, -chon, mau. t 
s. f., malédiction ; 

Asez distrent de] reï vices et meldiçuns. 
(Wace, Rou, 2' p., 723, Andresen.) Var., mau* 
dichons. (Plu quel, p. 75.) 

Si semble qu'il encoreust la maudiçon 
monseigneur saint Père, (Guill. de TyR, 
xvi, 5, P. Paris.) 

Ta maldiçons ne vaudroit rien, 

(Bible, Richel. 763, f" 26 4V) 

De cui li bouche est plenne de maldisson 
et de perolles ameires, rauces et mauvaises. 
(Psautier de Metz, ix, 29, Bonnardot.) 

Malle bosse, flebvre quartaine, 
Et cent mille aullres maudissons 
[A] chascun coup nous nous dis. ns, 
{Farce moralisee, Ane. Th. fr., I, 158.) 

La maudisson qui est sans cause ne 
viendra point, {Bibl., Prov., 26, éd. 1563.) 

Des blasphèmes de notre temps et des 
maudissons. (H. Est., Apol. pour Herod., 
ch, xiiii, p. 110, éd. 1566.) 

Les maudissons se font a l'instigation de 
Satan. (Grevin, de VlmposL des diables, 
f« 208 r°, éd. 1567.) 

Je ne dis pas que ceste fîebvre chaude 
ne luy causast force frenezies en la teste, 
et beaucoup de despitz, maudissons en 
soy. (Brànt., Gr. Capit fr. t IV, 100, La- 
lanne.) 

Bourg., Saulieu, maudition t Berry et 
Meuse, maudisson, injure. 

1. maldit, adj., malveillant, de médi- 
sance : 

Si aucun desdits frères dit aucune pa~ 
rôles maldites ou deshonnestes.(Vers 1400, 
Ord. du jeu de Varbal., Arch. lépisl. de 
Beims, 2* p., vol. I, p. 329, Doc. iuéd.) 

2. maldit, ■ dict 3 mau., s. m., malé- 
diction : 

Par cel maldit ot il tel destorbier, 
Corn vos orez, de la teste trenchier. 

(R. de Cambrai, 1134, A. T.) 

Pour amour de la serve reçut, celé jornee, 
Maint dolereus maudit, basset a recelée. 

(Berte, 1991, Scheler.) 

— Médisance : 

A l'utilité de la chose publicque laquelle 
je préfère aux maldicts de tous mes en- 
vieux et détracteurs, (Dolet, Man. de bien 
traduire, éd. 1540.) 

— Mauvaise allégation d'un avocat : 

Bien puet Phelippes rappeler le maudit 
a son amparlier.., car li amparliers n'a 
mie plaine poosté de dire en la querele 
kanke il vaura. (P. de Fontaines, Conseil, 
ch. XI, § 9, Marnier.) 

maldre, s. m., mesure de céréales 
équivalant à 4 /a de quarte, soit 22 litres : 

Les blés avoient mal crus ou Pays Bas, 
tellement que les marchans les venoient 
quérir en la terre de Mets, et achetoient 
]p maldre desoiple .xxim s. (J. Aubrion, 
Journ., an 1498, Larchey.) 

malduire, y. a., régler mal ; 



Garderez les tourneveis, reues^ mouve- 
mens dudit orloge sans les malduire, four- 
faire. (Liv. rouge, f° 6 v% Arch. mun. 
Noyon.) 

malduit, mauduit, mauduict, adj., mal 
mené, mal conduit : 

Mauduict. Unmannerly, clowuish, ill, 
behaved, illbrought up, uncivily, rude. 
(Gotgr , éd. 1611.) 

Nom propre, Maudnit 



s. 



TT 



Trois oTtei*-4yeuq trojs^partr"de portes, 
de ,xviii. chevro§5>«C3î7 staches aveuq 
mates. ({^^(mliaUonlt^ML ap. M» 
Lat 



Chypn 



MALEAHURTÉ, VOIT MALKURTÉ. 
MALE ANGOLÏE, VOir MELANCOLIE. 

maleation, malleation, s. f., martelle- 
ment, action de frapper au marteau : 

Plus durs a ployer que le fer, 

Et plus dors qu'une roche bise, 

Car on la rompt, on la debrlse 

Par art de maleation. 
(Âct. des Apost., vol. II, F 40% éd, 1537.) 

Malleation : f. A hammering. (Cotgr., 
éd. 1611.) 

MALEAUBTEY, VOÎr MALEURTÉ. 

malebotjche, s. f., médisance : 
Je tomberais en la malebouche de tous, 
si tant estoit que ce beau projet réussît a 
néant. (Pàsq., Rech. t p. 794, éd. 1723.) 

malebrun, s. m., probablement faute 
pour galebrun, sorte d'étoffe : 

Puis les lui oste ( si essoye 
Com lui siet bien robe de soye, 
Sandaux, molequins, malebruns, 
Indes vermaux, jaunes et brnns, 
Samits diaprés, camelos. 

(Rose, ap. Roq.) 

malechevance, s. f., perversité : 
Ce que nus sages hom ne poist eschiver, 
car nus conseus n'est contre Dame Dieu, 
m'as tenu a folie et a maU chevance. (G. de 
TYr, xi, 22, P. Paris.) 

malecote, maulecoute, s. f., sorte de 
jupe: 

Une maulecoule rouge a femme fourré 
d'une veille penne d'escureulx. (1349, 
Compt. du prêv. de Vesoul, Ch. des compt. 

de Dole, — i Arch. Doubs.) 
164 

Une malecote de pers a femme fourrée de 
popres. (Dec. 1397, Invent, de meubl. de la 
mairie de Dijon, Arch. Côte-d'Or.) 

Une viez malecote de gris, (Ib.) 

Malecote se dit encore en Bourgogne. 

maledicence, s. f., malédiction : 
Laissez le en sa maledicence, car a ce 
faire il est possible provocqué de Dieu, 
(Aretin, Genèse, p, 81, éd. 1542.) 

Comme si nous le debvions fouldroyer 
et exterminer du tout, avec ceste extrême- 
ment sale, orde et deshonneste maledi- 
cence, qui nous faict tant plus deseslimer et 
blasmer. (1543, Fragm. .d'un écrit avon., 
Pap. d'Et du card, de Granv., t. -H, p. 654, 
Doc. inéd.) 

Et comme ses familiers (à Philippe, roy 



MAL 



MAL 



MAL 



H3 



de Macédoine) luy conseillassent de chas- 
ser de sa court un mesdisant qui ne fatsoit 
que detracter de luy, il leur respondit 
qu'il n'en feroit rien, de peur qu'il n'allast 
par tout ailleurs semer sa maledicence. 
(àmyot, Dicts notables des anciens roys, 
xxvii, éd. 4819.) 

Une iufiDÎté de maledicences, calomnies, 
faux bruits, praticques, desseins et entre- 
prises incroyables, contraires aux propos 
de seureté qu'on fait tous les jours tenir 
audtet seigneur prince. (CoNDÉ,MeVn.,p. 660, 
Mi chaud.) 

malëë, voir MESLEB. 

MALEFACTION, VOÎr MAL. 

malefaite, - fêite, - fêle, maleff., 
malle., s. f., infraction, transgression 
d'une conv- ntion, délit quelconque : 

Et ce il avenoit que vos trovissies nuîe 
personne faisant malefaiie, qui se avouast 
por clerc. (Ass. de Jér., t. II, p. 364, Ben- 
gnot.) 

De tote maie fête et de tote lésion. (1272, 
S. -Aubin d'Angers, Arch. Maine-et-Loire.) 

De decevance et de tote malefete. (Ch. 
de 1283 et de 1288, Fontevr., anc.tit., Arch. 
Maine-et-Loire.) 

De tote mallefete. (Ch. de 1291, ib.) 

De tote malefeite. {Autre ch. de la même 
date, ib.) 

Renonçanz... a toute exception de mal, 
de fraude, de lésion, de decevance, et de 
toute maleffete. (Ch. de 1309, Fontevr., anc. 
tit,, Arch. Maine-et-Loire.) 

Et de toute malefete. (Ib.) 

Et de tote malefeite. (Ch, de 13H, ib.) 

MALEFEITE, VOÏr MALEFAITE. 
MALEFETE, VOÎr MALEFAITE. 

maléfice, - fisce, s. m., méfait : 

Les guerres et les malefisces. (Froiss., 
Chron., III, 377, Kerv.) 

Pour ce que il sçavoitbien que ilysteroit 
de Paris de nuit a toute heure, se advisa 
il de ce maléfice faire. (In., ib., XV, 14,) 

Pitié ne mercy n'y convient 
Ne remède a tel maléfice. 
(Grebah, Mist, de la Pass., 2486, G. Paris.) 

1. maleficier, maliflcier, v, a., jeter 
des sorts, des maléfices sur : 

Ils ont condamné a mort telle canaille, 
qui maleflcioient les bleds et autres fruits 
de la terre. (P. Nodé, Declam. cont. rerr. 
execr. des maleficiers, etc., p. 56, éd. 1578.) 

- Maleficant, part, prés., qui fait du mal ; 

Li evesque ensivront les œvres des ma- 
lificans.(De Seneke, Richel. 375, f° 27a.) 

— Maleficiê, part, passé, maltraité, en 
mauvais état de santé ; 

Ce paovre homme est si for,l maleficiê en 
son corps, que c'est pitié et mesmes hor- 
reur de le voir. (Calv.j LetL, t. I, p. 67, 
Bonnet.) 

Vous estes gros et replet : vous estes 
pesant et maleficiê. (Sat. Men., Har. de M. 
le Rect. Roze, p. 105, éd. 1593.) 

Parauoy s'il y a convalescence, 2'est une 
convalescence maleficiee. (Mont., Ess., 1.1, 
th. n, p. 20, éd. 1595.) 



v. 



Il faut laisser les vices qui soDt trop 
forts et parcreus, afin qu'il n'apparoisse, 

3ui sont ceux auxquels on ne peut reme- 
ier : tout de mesine qu'une Ilslule a un 
corpB maleficiê'. (Fauchet, Antiq. gaul., 
2« vol., IV, 20, éd. 1611.) 

2. maleficier, adj., qui jette des ma- 
léfices : 

Meschante royne maleficier e. (P. Nodé, 
Declam. cont. ïerr. execr. des mateâciers. 
etc., p. 55, éd. 1578.) 

maleficïeux, adj., malfaisant : 

Nuict maleflcieuse. (Le Maire, Illustr., 
I 23, éd. 1548.) 

maleficion, s. L, méfait : 

Pour obvier aux maleflcions. (1341, Arch. 
JJ 72, f*270r<\) 

maléfique, - icque, mali, adj., mal- 
faisant : 

Et Julien, evesque mallefteque. 
(Gringoue, Blaz. des Heretiq., I, 312, Bibl. elz.) 

Il n'y a point d'autres bestes maléfiques 
aux poissons en Pont que le dauphin et le 
marsouin. (Belon, Poiss. mar. t I, 39, 
éd. 1551.) 

Des planettes maléfiques. (Rab., V, xi, 
éd. 1564.) 

Regard maléfique. 
(Amyot, Prop.de lable,\, 7, éd. 1819.) 

— Qui est en mauvais état de santé : 

A ceulx qnî sont pesans et maleficques. 

(La Nef de santé, f 48 r°.) 

malefiquer, - icquer, v. n., produire 
des effets malfaisants : 

La siderite ne dissone en riens de la 
contemplacion du fer, car elle maleficque 
en quelque lieu que on la porte, et excite 
discordes. (Chron. et hist. saint, et prof., 
Ars.3516, f« 51 v».) 

MALEGRACE, VOIT MAL. 

malegranate, s. f., grenadier : 

E jut sus une malegranate ki estoit en 

un champ de Gabaa. (Rois, p. 45.) Lat., 

eub malogranato. 

MALEGREUS, VOÎT MELLEGREUX. 

malegripe, s., pillard, brigand, voleur: 

CascuDS sera malegrippe, 
S'ilz treuvent les gens maucourtois. 
(E. De$champs,7Ws., Richel. 840, f° 270^ 

MALEHTJRTÉ, VOIT MALEURTÉ. 

maleiçon, ~ sson, - son t -zon, - zoun, 
- çun t - chon, maley., mali. f mall. t malais- 
son, malay chon, matlaichon t maUey.,melais- 
son, malieçon, melieçon, s.f., malédiction : 

De maleiçun sa bûche est pleine, (Liv r des 
P$., Cambridge, ix, 27, Michel.) 

Que venue est sore tei 
La melieçon de la loi. 
OVace, Conception, Brit. Mus. Add. 15606, 
f» 44 É .) 

Dont j'a tele melaisson. 

(Id,, ib., f» 45 d .) 
Callos tes flx, qui nlKmaleichon, 
Bauduinet tua a Mont Loon, 

(Raimbert, Ogier, 7261, Barrois.) 

L.i terre aurat maleiçon. 

(Adam, p. 34, Luïarche.) 



Ensi cum cil ki amat la malizon t et ele li 
venrat. (S. Bkrn., Serm., Richel. 24768, 
fo 7 v <g 

A son nastre fuit despessiee la mallei&son 
qui fut faite a la première femme. (Hist, 
de Joseph, Richel. 2455, f° 27 r«,) 

Et soit maudit de la maleyson aveuques 
Cayn et Dathan et Abiron, (Stat. de S.-J. 
deJér., roui., Arch. B.-du-Rh.) 

Es autres malaison et en ceste benaison. 
(Fragm. de comment., Bibl. Verdun, f« 2 r°.) 

De perô et mère la malison. 
{De Pèches, ms, Cambridge, Unir. E e. I, 20, 

f° ll d .) 

Il s'afubla de la malleysson si corne d'une 
vesteure. (Psaut., Richel, 1761, f° 130 e .) 

Si les maudi Dieus et commencha les 
malichons. (Bib. hist., Maz. 532, f° 5 d .) 

Celé n'estoit pas parçoniere del&malieçon 
que nostres sires fist a Eve. (Vies des Saints, 
ms. Epinal, f° 77 d .) 

Por fere les beneissons 
Et por doner malaissons. 
(Macé de la Charité, Bible, Richel. 401, F 45V) 

Ledengemens, maliçons et mençonges, 
(Hagins le Juif, Richel. 24276, f* 38 v«.) 

Les cites fondirent après la maleisson des 
angeles. (Estories Rogier t Richel. 20125, 
f° 31*.) 

Quiconques te malêira la mateissons soit 
a lui. (Ib., f° 44 r°.) 

Issus sont de Paris a leur maleyehon. 

(H. Capet, 842, A. P.) 
Il ont eut restriye a leur malaychon. 

(Ib., 3162.) 
Taiez mallaichon ! 

{Ib., 4666.) 

Dîtte maiole parole plaine de maliçon. 
(CcY., du Guescl, ^625, Charrière.) 
..... De toutes maliçons 
Et de tous mauli que de certain savons t 
Que Dieu garist par sa digne puissance.' 
(E. Deschamps, Poés., Richel, 840» f° 204 4 .) 

Il aveit la maleyzoun soen père. (Chron. 
dAngl., ms. Barberini, f° 30 r*.) 

MALEIETEMENT, VOir MALEOITKMENT. 

maleir, - eyr, -air, malL,\.z. t mau- 
dire : 

Fiz a putain, Deus maleie ti. 

(Les Loh„ ras. Dijon, f° 8 d .) 
... et Deas malie ti. 
(îb., ms. Montp. H243 t f° 3r«.) 
Lor pautonier, cui Deus puist maleir, 
Il m'ont tolu et mon pain et mon vin. 

(Ib.,i $$ ] \) 
Fous messages, Deus te puist maleir. 

(Ib., f° 67 l .) 

E siaus qui la malleyront seront espar- 
pillies et perdus en feue d'infer. (Psaut., 
Richel. 1761,f°31 d .) 

O la langue beneisson Dieu nostre père, 
o celé meesmes langue maleissions nos 
nostre prisme. (Vie des Pères, Richel. 
23111, f 192 e .) 

Diex les puist maleir ! 

(Coud, 856 t Crapelet,) 
Il mil ea sqn vil coffret 
La pomme que cilz lui offret, 
Que Dieu avait ja maley. 

(). de Meunc, Très., 475, Méon.) 

Et li rois Sorlibran qui estoit rois de Thir 
Et frères au gaiant, que Dieus puit malair. 
(Rom. de Ch. le Chauve, Richel. 24312, f° 18'.) 



i5 



lit 



MAL 



MAL 



MAL 



Le Roman (de Pépin), et encores le 
comte Thibaut de Champagne en ses 
amours (dit) maleir, pource que nous di- 
sons mauldire. Le vieux valoit bien le 
nouveau, si nous voulons nous arrester a 
l'analogie de beneir, qui est son contraire. 
(Pasq., ftech., vin, 3.) 

— Absolument : 

Que proufite uns oranz et H autres wa- 
leissanz. {Bible, Maz, 684, f* 42 b .) 

— Maleoit, part, passé, maudit : 

Que la loi dit que cil sera 
Meloit qni n'engenrera, 
(Wace, Conception, Brit Mus. Add. 15606, 
f° 44 a .) 

Nos sonnes an la marche d'nn estrange pais, 
Chascun jor i conversent li Sarrasin tnaleis. 
(J. Bop., Sax.tUiu Michel.) 

Tranche, fiert et abat celé gent maleie. 

(Id., ib., CCXLVI.) 

Ahy, malotle gent, félon et recréant! 

(Chev. au cygne, 6455, Relff.) 

Malaoil seient mi parent, 
E li autre communément, 
Qdï a cest jatus me donerent. 

(Marie, Lai d'Ywenec, 85, Roq.) 

Uns huem ï fud îores ki esteit de mult 
maleit afaire. (Rois, p. 197, Ler.de Liucy.) 

maloite créature ! qu'ont il a. faire de 
la semblance de ceste science ? (S. Bebn., 
Serm. t Richel. 24768, f° 51 r°.) 

Por les felenesses langues des maloiz 
homes. (Li Epistle saint Bernart a Mont 
Deu. ms. Verdun 72, f° 6 r*.) 

Li très maiite jant. (Ib., f° 132 v°.) 

Marsilion et sa gent mateie. 
iAim. de $arb., Richel. 24369, P 20 

Malooite soit l'oure qae il fa engendre* ! 

(Simon dépouille, Richel. 368» f° 147 e .) 

Malcoite soit France de Mahon qui me fist, 
Quant ele puet .». rois tanser et garantir! 

(Gui de Bourg., 446, A. P.) 

Àîez vous, malouet, ou pardurable feu. 
(Psaut., Maz. 258, f°8v«>.) 

Que la tere soit maleoite dont ele fu 
amenée en cest pais. (Aucassinet Nicolette, 
p. 6, Suchier.) 

Li maleoit fcv& le vos arde. 
(De la Croie, Richel. 1393, f° 1 77 e ; Monlaiglon et 
Raynaud, Fabl., III, 46-) 

Je ne vi mie celé beste maioite, 
(Un Dit d'Aventures, RicheL 837, F 344\) 

Et a la langue si maiite 
Qae riens n'atouee, u qn'elle abite, 
Qn'ele ne l'envenime a mort. 
(Baup* dk Condé, H Coules doit dragon, 233, 
Scheler.) 

Por la persone maloiete chacier. (Vie des 
Pères, Richel. 23111, f° S7«.) 

Terre malooite. 
(De ,v. gaud. B. M., ms. Reims —^ , f 134 v°.) 

Mes loat etien ne valut une feuille de lis, 
Que la fotthe fa grant des cuyers maleis. 

(Gaufrey, 469, A. P.) 
Moloioil soient li contel 
De vostre espee qui si taille. 

{Ferons, 3037, Martin.) 
Qni ne lait faire le gaingeaige 
De tout doit bien estre malais. 
(Guerre de hetx, st. 251 T , E. de Bouteiller,) 
Comment emblée fu dez larrons mallaiis. 

(H, Capet, 466, A. T.) 



Tote ceste maiite gent que on apieleTa- 
tars. (Fais des Tatars, ras. Turin L. V. 32, 
f° 195 y°.) 

En l'an de l'incarnation Nostre Seigneur 
.vi*. .xxxil. la maloiste semence de Ma- 
hommet entra ou royaume de Syrie. (J. 
Hayton, Ltu. des hyst. des parties d'Orient, 
ms. Berne 125, f» 224\) 

Quant il estoit petit enfant, on l'appeloit 
Merlin le simple, et quant il fut roy, si fut 
si félon que les gens l'appelloient Merlin 
le maloiî. (Lancelot du Lac, t. III, f° 1S«, 
éd. 1S33.} 

— Maleoit gré, malgré, avec une énergie 
particulière d'expression ; 

Mes ce fu maleoit gré mien 

(Perceval, ms. .Montp. H 249, f° 6 a ,) 

Et li sors mal[e]oit gré suen 
Doit faire a seignor tôt son buen, 
Et laisser toz autres afaires. 
(Chrest., Cliget, Richel. 1420, f° 48 e .) 

Et sanz ce, mat[é]oit gré mien. 
Le me coviendrçit il a faire. 

(Id., ib.,t* 52'.) 

Si diront ke il te tenoit 
Et a force te demenoit 
Por fere de toi son délit 
Et vouloit corrompre le Ut 
Son père, maleoit gré tien. 
(Dohp r , 4232, Bibl. elz.) Var., mâleti: 

Maleit gré sien l'estut atendre. 
(Aiïger, Dial. de S, Grég., 06, Meyer, ftee., 
p. 341.) 

La roine sa mère demoura avoec lui el 
le convoia .m. jors maleoit gré le roi. 
(C/iron. de Bains, c. xxyi, L. Paris.) 

Cf. Màloitisme. 

maleissement, s. m., malédiction ; 

11 resti come vestement 
Sar son cors maleis&ement. 

(Lib. P&alm., cvm, p. 336, Michel.) 

maleit, voir Maleir. 

MALEITEMENT, VOIT MALKOITEMENT. 

malem, voir Malan. 

malement, mall. t maul., adv. 3 mal, 
méchamment : 

En nom Deu, sire, trop faites malement. 

(Les Loh., ms. Berne 113, f° 54*.) 

Mais qnant recourt a sen meffait, 
Le mors sen enviai refait, 
Car il a mestrait malement. 
(Rbhclus de Mûiliehs, Miserere, cem, 10, Van 
Hamel.) 

Sytnon m'a deceu trop maniement. (Vie 
saint Pierre et saint Paul, Richel. 988, 
f° 104 e .) 

Mais les chevaliers qui ce faire 
Doivent, se pour l'autrai soustraire 
Le font, iU oeuvrent malement. 
(Chr. de Pis., Liv. du chem. de long eslude, 
4427, PiischeL) 

— Malheureusement : 

Seigneur, dist il, mult malement nus vait. 

(Roi., 2106, Mûller.) 

Molt malement somes changié. 

(Guiot, Bible, 285, VVolfart.) 

Sire, malement est ; madame s'en voet 
aler en Escalonie avec Salehedin, (Chron* 
de Rains, ch. i, L. Paris.) 

— Redoutablement : 



Mais malement s'est défendue. 

(Brut, ms. Munich, 3605, Vollm.) 

Et avoient mallement fortefyet le pont, 
et euls aussi. (Froiss. ,Ckron. } V, 6, Kerv.) 

— Extrêmement: 

Leur forme de visaige (des barbares), 
leurs meurs et leurs contenances si sont 
trop malement diverses des Juifs. (J. Le* 
long, Liv. des peregrinacions, m s. Berne 
125, f° 265*. ) 

Appert homme d'armes malement. 
(Froissa Chron,, 111, 119, Luce.) 

Escoçois en bataille sont mallement fort, 
appert, dur et hardi. (Id., ib, t IV, 236, 
Luce, ms. Rome.) 

Uns bons escuiers alemant, hardis bonis 
d'armes malement. (Id., ib., IV, 339, Luce.) 

Li roys de France fu trop mallement dur 
enfourmes contre lui. (Id., ib., IV, 383, 
Luce, ms. Amiens, î° 101.) 

Et donna li rois d'Engleterre au roy de 
Cipre une nef qui s'appeUoit Katherine, 
trop belle et trop grande malement. (Id., 
ib., VI, 91, Luce.) 

Il estoit monté sus un malement haut 
coursier. (Id., ib., XVI, 14, Kerv.) 

Bourg., Yonne, Sommecaise, malement, 

mal. 

m augmenter, v. a., tourmenter : 
Ma fille est malementee du deable. 
(GuunT, Bible, S. Math., ms. Ste-Gen.) 

malemort, mallemort, s. L, sorte de 
jeu : 

La jouoyt, au flux,... a malemort (Rab., 
Gargantua, ch. xxii, éd. 1642.) 

— Sorte de denrée : 

De Lambert Mieuxsonne par Escault 
amont pour .lxi. tonniaux de burre, savon 
et mallemort. (1462, Comptes des rivières 
d'Escault et d'Escarp, Arch. mun. Mor- 
tagne.) 

MAL.EN, voir Malan. 

malence, s. L, maladie : 

Le cotps lv brisoit, et le cbief 
Et languissoit a grant raoachief, 
El neanmains celle malence 
Soustenoit il en pacience. 

(Trois Maries, p. 487, ap. Ste-Pal.) 

MAL.ENCHERE, s. f.,infortune, désastre, 
calamité : 

Vous vous verrez la butte ou se fraperont 
tous les coups de la colère du roy, lequel 
vous fera porter la malenckere du funeste 
cendroyement de son royaume, (Nie 
Pasq., Leltr., vin, 1, éd. 1.723.) 

MALENCOLUB, VOir MELANCOLIE. 
MALENCONIE, VOÎr MELANCOLIE. 

malencontré, adj., malheureux, ma- 
lencontreux : 

Toutes vos actions, si elles ne sont bien 
estayees, jointes et unies a Dieu, au pre- 
mier heurt d'une malencontree fortune ne 
pourront subsister entières. (Nie. PASQ., 
Lettr., m, 8, éd. 1723.) 

mal,encurie, mauL, s. f., dommage : 

A eschiwir lotte rancone et maulencurie 
qui porroyt avenir, quan chascon ant nos 



MAL 



MAL 



MAL 



ilô* 



mettons le jor de la Nativitei de saint Jo- 
hant Baptisthe noustron advoyé et les 
offices qui aunt ehu acustumey de mettre 
le jor de la dicte saint Johant en la chap- 
pale de Nostre Dame. (1370, Arch. Fribourg, 
Aff. de la ville > n» 118.} 

MALENDRE, Voir MaLANBRE. 

malendus, adj., souffrant : 

JSai[s] uôiï i at ki'a alget malendus. 

(Alexis, st. 111^ Stengel.ï 

CL MAUNGBU3 et MALADIKUX. 

malengeigneux, - gineux, adj., trom- 
peur : 

Le bon duc... pour rien n'eust voulu 
souffrir que soubz son jugement nul cho^e 
malengeigneuse ou de fraude eust esté 
faite. (0. de la Marchk, Mêm., liv. ï, 
p. 282, éd. 1616.) 

Malengineux : Deceitfull , fraudulent, 
cousening over reaching, l'aise, double, 
treacherous. (Cotgr., éd. 1611.) 

MALENGHIN, VOÎr MALENGIN. 
MALENGIEN, VOÎf MALENGIN. 



malengin, - ghin 3 - gien 3 - gieng, - ging, 
malan., mail., s. m., fraude, tromperie, 
ruse :. 

En bonne foy et sans malengin. (1325j 
Hist. deMetz,\\ t 20.) 

En bone foit et loialment, sans malen- 
ging. (1327, ib., IV, 42.) 

Sans mallangin. (1327, ib., IV, 44.) 

Sans malangieng, (1327, ib.> IV, 46.) 

U est sans fraude, malengien ou barat. 
(Froiss., Chron,, Richel, 2646, f° 40».) 

Sans malenghin. (24 juill. 1420, Ch. du 
Cte de Nam. t Chart. de Nam. 1326, Arch. 
gén. du roy. de Belg.) 

Toutes lesquelles choses dessus dites 
ont par lesdites parties esté accordées, 
pour teniret accomplir le tout sans fraude, 
barat ou malengin. (J. Chaiitier, Chron.de 
CharL Vil, c. 182, Bibl. elz.) 

Toutes lesquelles choses devant dictes, 
et chacune d icelles, nous, conte de Du- 
noi|, lieutenant gênerai du roy, devant 
nommé, promecton3, par 1a foy et. le ser- 
ment de nostre corps et sur nostre hon- 
neur, tenir, actendre et acomplir de poinct 
en poinct, sans fraude, barat,ne malengin. 
(Ip., ib. t c. 224.) 

Les communes de Normendie, qui n'es- 
toient point encore bien rapaisiees du tort 
et du malengien que les Anglois leur 
avoient fait, se mirent ensamble de re- 
cbief. (Monstrel., Chron., II, 169, Soc. de 
l'H. de Fr.) 

Crafte sleyht, malengin, regnardie. (Paus- 
grave, Esclairc.t p. 210, Génin.) 

Rouchi, malenghien, trouble, empêche- 
ment, obstacle, fraude. Ce terme se met- 
tait dans tous les actes de vente aux 14% 
15* et 16' siècles, à ^ilenciennes ; il 
fallait garantir la jouissance de tout ma- 
lenghien. (Hécart, Dict. rouchi- fr.) 

malengineux, voir Malengeignetjx. 

malengous, voir Malingeus. 

malengroigné, adj., de mauvaise hu- 
meur ; 



Malengroignéj m. De mal humor. (C. 
Oudin, 1660.) 

malengroin, s. m., mauvaise mine, 
mauvaise humeur : 

Sa domination (de la jalousie) sus les 
gens mariez, notamment ceulx qui au- 
roient belles femmes ; ses sacrifices, soup- 
son, défiance, malengroin, guet, recherche, 
et espies des mariz sus leur femmes. (Rab., 
le Tiers livre, ch. xxxm, éd. 1552.) 

mal entendue, s. f., mot probable- 
ment ancien, dont il n'a été rencontré 
qu'un ex, de la première moitié du 
xvu* s. : 

Le roy très chrestien déposera toutes 
jalousies et mal entendues en son endroit. 
(Âmbass. de Bassompierre, I, 178, éd. 
1668.) 

malenter, voir Maillenter. 

MALEOIT, VOÏrMALEïR. 

maleoitement, maloit, maleit. t ma- 
iaif, maJeief., adv., méchamment : 

E s'out dedenz maint boa -vassal 
Qui a défendre s'apareillent : 
Mais maieitement se conseillent. 
(Ben., Ducs de Norm., Il, 3632, Michel.) Var., 
maleietement. 

E si est Semei le fiz Jera fîz Gemini de 
Baurim ki me maldist mult malaitement. 
(Bois, p. 228, Ler. de Lincv.) Lat,, malè- 
dixit mihi maledictione pessima, 

Chiis maudist doncquos Dieu et cûse 
En se fâche maloitement. 

(Vers de Job, Ars. 3142, f° 170'.) 

Mais les espînes el musiel 
Le ferireut maloitement. 
(Ren. çoroné, Richel. 1446, P 81 v ,") 

MALEOURÉ, VoirMALETTRÈ. 

maleourus, voir MALKUROS. 

1. malek, v. a., tourmenter : 

Par eus fu molt li rois maie*. 

(Tristan, I, 2995, Michel.) 

— Souhaiter du mal à : 

Et celé qai forment le maie 
Par parole et moult le maudit, 
Li a moult estoutemeat dit.... 

{L'Atre perill., Richel. 2168, f ù 28*. J 

Norm, (arr. de Vire), maller, fatiguer. 

2. maler, maller, - eir, v. a., charger : 

Court a le col, et gros a démesure, 
Mais de teste se seit bien ace mer, 
Trois piez eu a, qui a droit les mesure, 
Jusques es jambes li voit on avaler, 
Elle en a bien pour un roucin maler. 
(E. Deschàmps, Poés., Richel. 840, t° 220» ) 

Leurs chevals ont mollets. 
(Jeh. des Preis, Geste de liège, 37974, Scheler, 
Glo$s, pkilol.) 

J'eusse voulu estre en prison, 
Ou dessus quelque viel grisoa 
Dedans une mile malt. 
(Loyer des folles Amours, p. 307, ap. Ste-Pal.) 

— Absolument : 

Apres commenehont a malleir, 
I.eveir leurs tentes et leur bagaige. 
(J. de Stavelot, Chron., p. 374, Borgnet.j 



~ Act., remplir, amasser comme dans 
une malle : 

Chascun entent tant a mater 
Ses cras boiaus, sa crasse panse 

Que tost se crièrent 

(Steleocade, Richel. 19152, f« 3l d .) 

3. maler, v.a., assigner, faire régler le 
sort judiciaire parlent germain : 
La vunt sedeir cil quis deivent cumbatre, 
Bien aunt malet par jugement des altres. 

(Roi., 3854, Millier.) 
Ja qni le porte en champ o lui malle 
Ne crient coup d'arme un denier moneé. 

(Affolant, p. 163, Bekker,) 
Si le deves .i. campion trouver, 
A cui se puist combatre en camp malé. 

(Huon de Bordeaux, 5818, A. P ) 

malerece, mail., maiU$rac^ adj, f., 
qui sert au transport : 

Le selle mallerece. (Acte de 1393, Arch. 
mun. Douai, ap. Guillemot, Ext. des Arch., 
p. 1113.) 

— S. f\, selle : 

Ung jeune escuyer très bien monté sur 
ung cheval fort et royde et portoit ung 
escu couvert d'une verte housse, et une 
lance, et seoit sur une maillerace ou il 
estoiL bien apparent que il y eust armes 
pour ung chevalier. (PerceforesL vol. VI, 
ch. 48, éd. 1528.) 

Cf. Malier. 

maleret, adj., qui sert au transport : 
Item sas maleres, bahus, cofFres et four- 
rures estoffees, et plusieurs sielles, frains 
et brydes, (1338, C'est çou quejehans Hier- 
niers ly ainsnê laissa en se maison a Val- 
lenrhiennes t Arch. Nord, Chambre des 
eomptes, B 768, ) 

Cf. M AME Et. 



LESGHEKIE, S. f. ? 
Sire, QÎSV4& duchoise, ice n'otroije mi 
Qu'a Ganorfejs^nvoies, que il nôiM*ocîe. 
Guichart et Aulorï-ia^nt poio>ife*felonnie ; 
Or lor rendez lor peres^aQerez cortoisie. 
Si se tiennent a mw<vostre s »<la compaigûie, 
Et se il vou>-f€Doisent, ce n'iertSfimort ne vie, 
A tonsjérfsrevôfldra le lor malescherth 

(Aye d'Avignon, 2918, A? 



malescienteus , adj. > malinten- 
tionné : 

Li soudansvit que ses ennemis puissanz 
et sages et malescienteus estoit entrez de- 
dens le roiaume d'Egypte. (G. DE Tyr, 
xix, 17, Hist, des crois.) 

malestance, s. f., mauvais état, afflic- 
tion, malheur : 

Li glouz garde entor lui, qui Deus dont maies- 

[tance. 
(Maug. d'Aigr., Richel. 766, F 28 v°.) 

malestast, adj., maladroit : 
S'il ne fussent trop maies tast, 
Ne qaid ja piez en eschapast, 
(Bén., D. de Norm., Il, 2451, Michel.) 

Cf. MaLESTRU. 

malesthaine, - ene, s. f., malheur, 
calamité, mésaventure : 

Henrry, qui fut destrois 
D'une mort laide et villaine, 
Dont Piètre ot puis malest raine. 

(E, Deschamps, Œuv., H, 327, A. T.) 



116 



MAL 



MAL 



MAL 



Mort et lansjour, eL tout mortel péril, 
Guerre en tout temps, et toute malcstroine, 

v'Id-, *>., ïficbel. 8*0, T» 206 r û .) 
Por cen por eschewir tel malêstréne et 
cillour confondre, en exauczent leaulta et 
bonnes ouvres et leaùl marchiandise. {Ord. 
au sujet de la fabric. des draps, 1412*1414, 
Arch. Fribourg, V Coll. des lois, Rec. djpl,, 
Vif, 22.) ïmpr., malestreises. 

— Mauvais traitement : 

Sanjiet, poor Dieu, refiliez en amer, 
Oa me» chevaux aront la malcttraint, 
Car aussi m'a jaré le Uvernier, 
Vous n'arex plas de moy ne foing n'aToyne- 
(E. Desch., Poé*. t Richel. 840, f 206 r°.) 

HALESTREKB, VOÎr MALESTRAINB. 

malestrené, adj., qui éprouve un 
malheur ; 

ThTenosus t malestrené gallice. {Gloss. laL- 
fr., Richel. 1. 521.) 

malesthin, adj., malotru ; 

Se partie se plaint de telles paroles le- 
gieres, gorgées, comme : Tu es ung mau- 
vais garnement, tu es ung malestrin. (Coût. 
de-Chatt. s. Saône, ap. Duc, Maleavisitus.) 

malestrousse, s. f., droit exigible 
sur les propriétaires de prés, droit seigneu- 
rial dû par ceux qui ont recueilli du foin : 

Item ledit seigneur a en laditte terre et 
baronie de Linieres un autre droit appelé 
Testrousse et la malestrousse, qui est tel, 
qu'un chascun homme ou femme serf et de 
serve condition audit seigneur, ou autres 
manans et demeurans au terroire de Bis- 
coutau, qui ont recueilli foin en Tannée en 
leur prez ou autres héritages, doivent au- 
dit seigneur par chascun an a chascune 
feste de Noël ocv. den. tournois rendus, 
conduits comme dessus. (CA. de 1553, 
ap. Duc, Trossa 1.) 

malestru, malastru, malôstru, malo- 
tru, maloustru, maloislru, malestruit, mo- 
lestruy, malaustruy, molatru, adj., mal 
pourvu, incommodé, difforme, malavisé, 
malheureux : 

Chaitifa, dolem e malostruz 
I oreat luit les chefs perdu*. 
(Ben., D. de Norm. t 11, 21263, Michel.) 

Se il estait en Inde la perdue, 
Eu Au marie la tiere malosttue^ 
Querre l'iroie, se Diex me face aine. 

(Raimb., Ogier, 10179, Barroia.) 

Tant t a voit des païens malestrui. 

Ulctth., 6160, Jonck., GuilL d'Or.) 

AlasI dit il, corn je sui malestruz, 
N'ai nul soller, ainz ai les piez toi nnz. 
(/*., Tar. des t. 6291-6501, ap* Jonck-, Guilh 
d'Or., \. Il, p. Î9i.) 

Le singe est lai et ma loti ru. 

(Goill., Best, dit,, 1849, Hippeau.) 

Sas sou escu fer! an païen maloistru. 
(W, de llonbrans, ms. Montp. H. 247, f» 1 75 e .) 

Dame orde, garce malt ostrue. 

{Raje, ros. Corsuï, P I03 b .) 

Ex Mette, malle e&lrute. 
(.Pastourelle XÎU ms. Oxf-, Don ce 308, P. Meyer, 
Areh. des miss., 2 # sér., V, 239.) 

Co sant une gent malestrue. 

iPeti plee, Vat. Chr- 1639, f» 100V) 
Li asnes maloutttfn et ruide. 
(De l'Ame et iou lyon, ma. Chartres 620, 
fM31 d .) 



Infandus, maldis, malestruis. {Gloss. de 
Salins.) 

Se guerroient ensarable raaias ea seraient clamé 
Maintenant malestruit, mort et deseritez. 

(Gir, de Ross., 922, Mignard.) 

S'ainsinc nous laissons pranre, nous serons males- 

\truit. 

(/*., 3274.) 
La lasse I la mal née, que fera la dolante, 
La mainchant malestruite \ 

</*., 4171 ) 

Trop e«t fouli malestrus qui ce ne considère. 

(lb., 58 18.) 

Calamitosus, chetis, maleslruiL (Catho- 
lie, Richel. 1. 17881.) 

Mais nos Bretons, saTes que font 
Prendre les biens de Tantray, 
Et auxi chaicun malaustruy 
Prenoît a destre et a senestre, 
(Gdill. le St André, Libvre du Imi Jehan, 2461, 
Charriera.) 
Deskires estoit ses abbis, 
Mont estoit po?re et malotrue. 
(Je*, de le Mots, Hearel Guill., 1865, Scheler.) 
Venh tu les petis faire graus 
Et les saiges dm malostrua. 

(E. Deschamps, Paés., I, 206, A. T.) 
TJa paiien malaslrus. 
(Jea. des Preis, Geste de Liège, 6333, Scheler, 
Gloss, philol.) 

Celé gens malastrue, 

(Id., ib., 6230.) 

Maîs vous, pauvres, helas ! malotrues canailles* 
Vous n'ayez pas vaillant ensemble quatre mailles. 
(L'Enfer de, la mère Cardine, Poês. fr. des xt» et 
xvi* s.. 111, 354.) 

— En parlant de chose, fâcheux, pé- 
nible : 

Tant attendy que troussey lu 
De mon fardel moult malôstru. 
(Deguilktille, Trois Pelerinaiges, f° 108\ impr. 
InstH.) 

— Grossier : 

Li uns kïet yvres par les rues 
Et distparolles malaUrues. 
(Jes. de le Mote, Regret GuilL, 1910, Scheler.) 

— Malencontreux : 

Par une pome molatrue. 
(Bible de Hugue de Béni, Brit. Mus. Add. 15606, 
f° 101\) 

— Mal conformé, mal conditionné : 

Grans espanlles et mahHntes. 

{Clef d'amour, p. 94, Tross.) 
Masque que son drap puisset estre long, 
jasioit cen qui remagnie maleslruz. (1412- 
1U4, Arch. Frih., i** GolL des lois, Rec. 
dipl., VII, 28.) 

Solong Tordinauce deis malestruz drap. 
(1420-1423, Arch. Frib., 1'* Coll. de lois, 
n* 297, f« 87 v<\) 

S'il a la panse malotrue. 
(1049, La Famine, ou les Put. a euh Var. hist. 
et litt-, VIII, 3400 

— Mal entendu, mai conduit : 

Sy avint que leur père, qui moult estoit 
proudomme, les ala veoir toutes deux ; si 
trouva chiez l'une grans honneurs et grans 
richesses et y fut receu moult honnora- 
blement, et chiez Vautre, qui avoit l'eueil^ 
trait, il y trouva l'arroy et le gouverne- 
ment nice et malôstru. (Liv. du Chev. de 
La Tour, ch. vi, Bibl. elz.) 

MAt-ESTnuKMENT, ■ amenl, adv., mi- 
sérablement : 



Et quant malHtruament il morron 
{Pass. S. SebasL, Richel. 818, f» 219 v«.) 

MA.L.ESTRUIT, VOÎr MALKSTRU. 

malet, adj M brancardier : 
Cheval malet. (1394, Arch. JJ 146, 
pièce 208. J 

1. malete, - ette, s. f., bonnette,espèce 
de voile, dit peut- être par jeu de mots : 

Le cap au seuil, malettes hau. (Rab., 
Quart livre, ch, xx», éd. 1552.) 

2. malete, - elle, s* f., petite malle, 
valise, poche : 

Lor maleles lot descarchoit, 
Et por sauf faisant les car choit 
A ses sergans qu'il les gardassent. 

(Hir. de Si EloU p. 29, Peigné.) 
jii, aulnes de drap a faire malettes. (Ch. 
du 7 oct 1373, Uop. Delisle, Mand. de 
Charles F, p. 508.) 

Malettes a mettre les robes de la royne. 
(1387, ap. Laborde, Emaux, p. 378.) 

Se commencierent a lever tels manières 
de cens qui s'appelloient compagnes^ et 
avoient guerre a toutes gens qui portoient 
malettes. (Fwoiss,, Chron., V, 95, Luce.) 
A table et partout servoient, 
Et les malettes troussoient 
Derrière eulx moult TrolanUers. 

(Eust. Desch., OEuV., II, 216, A, T.) 

Une malette, une soioire. (1451, Compt. 
de Vexée, test, de Thomas de Turby, Arch, 
Tournai.) 

Fit hastivement faire deulx marhaulx 
a fachon de malettes de pèlerins, (Mûlinet, 
Chron^ ch. clxxxv, Buchon.) 

Un pèlerin passa par le lieu ou elle de- 
mouroit, lequel la voyant ainsi désolée, 
luy promist qu'il la vengeroit du tyrant, 
moyennant que s'il mouroit en bataille 
qu'elle mettroit son bourdon et sa mallette 
dedans sa chambre pour remembrance de 
luy. (Violier des Hist. rom. t c. xxv, Bibl. 
elz.) 

— Malele de bergier, sorte de plante, Ja 
bourse à. pasteur : 

Molette de bergier, tbe berb shepheards 
purse, pouch, or scrip. (Cotgr., éd. 1611.) 

Morv., malette, mélette, panier rond garni 
d'une anse et d'un couvercle. Perche, mal- 
lette, boîte de colporteur. Wall., malette, 
sac, poche, gibecière où les bergers met- 
tent des vivres pour la journée. 

maleteux, mafteJeuie, adj., qui appar- 
tient à la malle : 

Paquet malleteux. (La Porte, Epith., 
éd. 1571.) 

maletikr, mall.j mallatier, adj., qui 
appartient à la malle : 

Courroie malletiere. (La Porte, Epith., 
éd, 1571.) 

— s. m., celui qui fait des malles : 
Jehan Paré maistre coffretier et mallatier 

en ceste ville de Paris. (Pièce de 1550, ap. 
Le Paulmier, Ambroise Paré d'après de 
nouveaux documents, p. 163.) 

Les lettres patentes accordées par 
Henri IV à la communauté des maîtres 
coffretiers de la ville de Paris leur donnent 
aussi la qualité de malletiers. (Savary 
des Brusl., Dict. de comm.) 



MAL 



MAL 



MAL 



117 



MALETISMK, VOIT MALOITISME. 

maleur, s. m„ mauvais destin : 
Maleur me fist cy venir. (Galien reslhoré, 
Constans, Chre&U de l'anc. fr.< p. 34.) 

- À maleur, pour son malheur : 

A l'aube apareiBsant vaincu* sunt Tnr, 
Paien e Aufrican a maleur. 

{Ger. de Ro*s., p. 297, Michel.) 

maleurance, s. f., mauvais destin : 

Mais quoi remède d'éviter 
Son bien, 3on eur, sa maleurance ? 
(Michault, ta Dance aux AveugL, p. 100, éd. 
1723J 

maleure, - ure, s. f., malheur : 
Quant de nos crestiiens a veut la faiture 
Et que les mouskes font telle descoofiture 
Et comment ly ribaut y kacent tout mainte : 
Aby ! Mahon, dist il, quelle déconfiture ! 

(Chev. au Ojgne, 40937, Reiff.) 

U faut probablement lire tant malure- 

maleuré, malleuré, maieourê, malorê, 
malurê.malourè^malaurê, malheuré, adj-, 
accablé de malheur, malheureux, infor- 
tuné : 

Alet chaitivas, alet malaureas. 

(Sponsus, 88, Koschwitz.) 

Fiz a putain, maleures, chaitis, 

(Les Loh., ms. M0Dtp.,f Q 70 b .) 

Maleuré, chaitif, a tart 
S'en esteient donié regart, 

(Bek., D., de Norm., Il, 4111, Michel.) 
D* tuz les cheilis sui li plus malonrez. 
(Carn., Vie de S. TAom., Richel. 13513, 
P 65 y .) 

Mais se Sathan sous toi n'abas 
Et le mal félon bien ne bas, 
Sor tous seras maleures. 
(Henclus de Moiliens, de Carité, c, 7, Van 
Hamel.) 

De* or se claimme cbaitîs moleourez. 
(Jord. de B lave a, Richel. 860, f° 112 r° ; 
Hoffmann, v. 213.) 

En terre maleurea. 

(Guiot, Chans., y, 4, Wolfart.) 

Cheitif se clelroe e maluré. 

(CflARDRY, Set dormans, 1119, Kocb.) 

L'arme qui la ira mont est malauree. 
{Des Poignes d'enfer, Brit. Mus. Add. 15606, v. 
168, Romania VI, 16.) 

Maleuré sunt cil qui... 
(Serra, dn un' s., ms. Mont-Cassîn, f° 97",) 

Dount disra li matoré. 
(Le Roi d'Angl. et le jongl. d'Ely, Montaiglon et 
Raynaud, Fabl., Il, 254.) 

Il fust ne bon ne mal, ne beneuré ne 
maleuré. (Oresme, Etk., î* lô A , éd. i486.) 

Je croy que je suy la plus maleuree 
femme qui fust oncques. (Quinze joyes de 
mar., i, Bibl. elz,) 

Meachante malheuree. 
(Mutt. de la P<i«., f> 88 e , impr. Inatit.) 

La malheuree est en danger 
Et retpond trop despitement. 
(Act. des Apost., vol. I, f° 126\ éd. 1537.) 

...Ma Qlle malleuree, 
II l'a par force defflouree. 
(Moral, d'ung emper., Ane. Th. ff., III, 150.) 

— En parlant de choses : 



Par Desplaisance maleuree 

Essaye souvent ses effors 

Pour la conquester par emblée 

Et nous bouter tous deux dehors. 

(Ch. d'Orl., Poéi., p. 208, Champollion.) 
Gens infâmes et de malheuree naissance. 
(G. Chastell., Chron. duD.PhiL, Introd., 
Buchon.) 

Malheuree terre dont le roy est enffant. 

(ID., ib.) 

Pour la nouvelle oayr tant malheuree. 
(Cl. Mar., Enfer, p. 63, éd. 1596.) 

Les augures tiennent la rencontre d'un 
lièvre malheuree. (J. de Montlyàrd, 
Hiéroglyphiques de Jan-Pierre Valerian, 
xiii, 5, éd. 1615.) 

maleuree, maie euree, s. f., mauvais 
destin : 

Or s'en va Herchembaut a sa mate euree. 
(Doon de Maience, 650, A. P.) 
Salemon est noiez a sa maleuree. 

(Ib., 464.) 
Le guichet a passé a sa maleuree. 

(Gaufrey, 8983, A. P.) 

maleureement, malheu reement, adv., 
d'une manière malheureuse, dans le 
malheur : 

Je vueil a vous conter comme une femme 
sarrazine fut malheureement belle, car en 
l'espace de quatre ans advint par sa 
beaulté que par neuf fois elle fist nouvelles 
nopees, (L. de Première., Decam., Richel. 
129, f° $5 r°.) 

Et morurent maleureement. (Légende 
dorée, Maz. 1333, t°27 L .) 

Maleureement vivre. (G. Ghastell., 
Chron. des D. de Bourg., Il, 25, Buchon.) 

On peut convenablement plorer la mort 
de ceulx qui malheureement meurent. 
(Boccacr, Nobles malheureux, IV, 12, 
f« 96 v», éd. 1515.) 

maleurer, malh. t verbe. 

— Act,, rendre malheureux, jeter dans 
le malheur : 

Je hay la feinte, et quiconque ne pleure 
L'estat présent du sort qui me malheuré. 

(Hardy, Alcee, ï II, 4.) 

digne d'éprouver la fortune meilleure! 
Ton inique malheur déploré me malheure. 

(1d m Raviss. de Plut., IV, 2.) 

— Avec un rég. de chose, rendre mal- 
heureux, faire échouer : 

Je ne pensay alors au fatal sort 
Qui d J Acteou malheura l'entreprise. 
(Belleforest, la Chasse d'amour, à M ll * s Marie et 
Marg., éd. 1561.) 

Depuis le temps 

Qu'amour a malheuré mes ans. 
(Scev. db Ste Marthe, Pfem. OEuv., UI, Compl. 

d'un amour, aux nymphes, éd. 1579.) 
Et ne va malheur er de mon malheur ta vie. 
(Garnier, Antig., I, éd. 1579.) 
Bref tu as cruel honneur 
Malheuré tout leur honneur. 
(G. Dorant, Contre ïhoiweur, éd. 1594.) 

— Neutr., tomber dans le malheur : 

Car jamais la fortune 

A nous hommes mortels ne se montre toute une, 
Elle fait prospérer et soudain maleurer 
Le bien que nul devin ne ponrroit asiurer 

De l'état des humains 

(J.-A. dr Baif, Antigone, V, 1, éd. 1573.) 



MALBtURETÉ, VOir Mai.EUHTÊ. 

maleureusement, voir maleueose- 

MRNT. 

maleureuseté, malh. 3 s. f., malheur ; 

Item, en ce temps, toute maleureuseté 
estoit a Paris. (1421, Journal d'un bour- 
geois de Paris, p. 161, TueteyJ 

.... Et nostre coeur peu fia, 
Pensant trouver auprès d'eux seureté, 
Acquis n'ha Wea qne malheureuseté. 
(Marg. d'Akgodl,, Hist. des Sat. et nymph. de 

Diane, dans les Marg. de la Mar g., t lï, p. 18, 

éd. 1547.) 

Simonon donne les subst. : mdl'hureu- 
zisté, mâïhureûseté, espièglerie. (Grand- 
gagnage, Dict. élym. de la lang. wali) 

maleuros, - oz, -eus,- ous } maleourus ) 
malevirous, adj,, méchant : 
Ne me bâtes raie, 
Maleur oz maris, 
Vos ne m'aveis pas norrie. 

(Rom. et pan., Bartsch, I, 45,1.) 
Fol, vilain, ?naleurous. 
(Ktienme'de Meaux, Chans., ap. Tarbé, les Chars- 
sonn. de Champagne aux xu 6 et XIII e s., p. 42.) 
Et lors dira Dieux a l'aver . 
Or en ôafier, malevirous* 
Despissans, faus et orgillous. 

^Moosk., Chron., 3071, Reiff.) 



Blasmant les vont et diffamant 
Et i'oulï et maleureus clamant. 

(Hô$e, ms. Corsiai, V 



35\) 



Par coy li maleourus hotn et li chaitif 
est aloignez de Deu. (Serm.. Richel 423 

maleurosement, - eusement, adv., 
dans le malheur ; 

Je vous jure sur Dieu et sur mon sacrement 
Qne cest enfant ici, que la voi a présent, 
Que vous tenez ainsi maleureusement, 
Si sera tant eureux et de tel hardement, 
Conques sigrant honnear n'orenltuit si pareût. 
(Cuv., du Guesclia, 136, Charrière.) 

maletjrtë, mall. f malh., _ eurleit, 
~ eureté t - ehurté t ~ auriey, - aeurté, 
maleaurtey, maleahurté t marieur lé, s. f., 
malheur : 

Maieurteis est en lor voie. 

(Lib. Psalm., xtu, p. 269, Miche].) 
Coverz de malaurley. (Dial. B. Âmbr., 
ms. Epinal, Bonnardot, Arcli. des mi&$. % 
3« sér., I, 275.) 

D'ordure et de maleurté. 
(Gauthier de Mes, Ymage du monde, Richel. 2021, 
f° 80 4 ,) 

Et cel arbre por coi faUoit 

Ou telz maleurteix estoit, 

Et telz dolorset telz damaigesï 

(Dolop., 11789, Bibl. elz.) 

Fut onkes mais nulle chaitive 
Qui pansaist tel maleurteit, 
Tel mal ne tel desloiauteit ? 

(/*., 10256.) 
Sa maleurté i gisoit, 
Et avant aîer nepooit. 

(Ren., 25779, Méon.) 
Car côulz (les amis) que beneurtes donne 
Maleurtes si les estonne 
Qu'il deviennent tuit anemi. 

(Bose, ms, Corsipi, f° 3o a .) 
Mala&ur%é%\ les atprne... 

(ib., ms. Brux.,f<> 37*.) 



m 



MAL 



MAL 



MAL 



D'ordure et de marleurti. 

(Id-, i*., Richel. 1553, f° 163 v<\> 

Li .1. quant n'ait richaces trofé 
.1. autre quant n'ait maieaurtey. 
(J* de Priorat, Lit. de Vegece, Richel. 1601, 
f>2 â .) 
Mes longue pais et sauriez 
Et aise et maleahurtez 
Et les choies trop delitouses 
Oût les ho aie s traiz a oisouses. 

<ÏD.,i*., r 13*.) 

Tant i a de malevrté, 
Que n'en diroie la moitié, 
(Lff Mule sans frain, 204, ap. Méon, Jfoiw. Rec, 
I, 8.) 
Lors chiet l J *me dolentement 
Eu la tenebreute obscur té 
De profonde malehurié, 

(Metam. d'Ov., p. 69, Tari é.) 

Maleurté m'a si fort sttjviç, 
Qu'a «lie je suis assenant. 
(A. db la Vigne, Moral, de l'aveugl. et du boiteux, 
p. 218, Jacob.) 

Phiseurs autres avec lesquels il devisa 
un petit de ceste malheurtê et demanda 
conseil sur le remanant. (G. Chastell., 
Chron., Il, 130, Kerv.) 

Pour vengier rostre maleurelé, 
Vtieil aler sur voz ennemis- 
(Jaq. Milet, Destruct. deTroye, 2013, StengeU 

Et eu vient grant mallevreté. 
(Martial de Paris, Vig. de CharL VII, H v r°, 
éd. 1493.) 
Car je voy que les gens qui vivent 
Tant de mateuretex ensuivent 
Que je prise trop mieulx assez 
Le povre estât des trespassez. 
(Les (rois Mors el tes trois Vifs, Poés. fr. des xv B 
et xvi' s., V, 65.) 

Pour ce doncques Dieu te ponist 
Et t'envoye des mateuretex. 
(Le Débat de ta Vigne et du Labour., Poés. fr. des 
xv» et xvi* s., 11, 323.) 

Je croy aussi que graot planté 
Et b abondance de richesse 
Cause et fait la malheurelë. 
(Gagpin, Passe temps d'oysiveti, Poés. fr. des 
xt' et xvr» s., Vil, 559.) 
A quelque chose est malheurté bonne. 
{Prov. g allie, ap. Ler. de Liocy, Prot.) 

Un graciousnesse, maleuretê. (Palsghàye, 
£sctatrc.,p. 2B5, Génin.) 

Ce que j'ay faîcta esté pour vous retirer 
de vostre malheurtê. (Marg. d'Ang., Hept., 
vin, Jacob.) 

J'ay essayé, ung an durant, a vous reti- 
rer de ceste malheurté, par doulceur et 
patience. {Id., ib., xxxvn.) 

Je vous ay bien voulu advertir de ma 
malheurete. (1523, Lett. de S.-Vallier d M. le 
grand seneschal, ap. Guiffrey, Proc. crim. 
de Jeh. de Poitiers, p. 28,) 

À grand malheur été. 

(i. Boucmt, Ep. rnor., II, 1, éd. 1545.) 

Délaissant ceste fureur et malheurete 
d'ambition. (G. Selve, Timoléon,èd. i547.) 

Quant a Jacob, il est comme un patron 
et figure de la plus grande malheurete qu'on 
sauroit dire. (Calvin, In$t. chrest, Il, 10, 
éd. 1562,) 

Par ceste consolation ledit Solon ensei- 
gna que les villes n'estoyent autre chose 
que cloistres et réceptacles de maleuretez 
et infortunes. (J. Le Blond, Val, Max., 
f 308 v, éd. 1579.) 



Lentulus fut contraint de renoncer a 
son magistrat de praeteur devant tout le 
sénat, et changeant sa robbe de pourpre 
en prendre une autre convenable a sa 
malheurete. (Amyot, Vies, Cicero, éd. 1565.) 

C'est un suffisant obstacle pour divertir 
nos pensées de telles malheurtez tîranni- 
ques. (Pasq,, V Alexandre.) 

Elle proposa en soy mesme avec magna- 
nimité de cœur de fouler aux piedz Ja 
malheurete de sa fortune. (A Le Masson, 
Decameron, % ûmi journée, 7 ,me nouvelle, 
édit. Leraerre, I, 235.) 

La malheurete des occurrences. (Bkllk- 
forests, Chron. etann. de Fr., des enfans 
de France, f° 6 v°, éd. 1621.) 

— Action malheureuse et méchante, 
action coupable : 

Marius doncques s'accointa de l'un des 
tribuns.du peuple, nommé Sulpitius, lequel 
ne cedoit a homme vivant en toutes les 
plus extresmesmeschancetez et malheurtez 
qu'on sçauroit dire, (Amyot, Vies, Sylla, 
éd. 1565-) 

Geulxqui plus empeschoyent le repos et 
la paix universelle de la Graece, estoyent 
Clcon d'un costê, et Brasidas de l'auetre, 
pour ce que la guerre couvroit la meschan- 
ceté de l'un et honoroit la vertu de l'aus- 
tre, donnant a Tun moyen et matière de 
commettre beaucoup de malheurtez, et a 
l'austre de faire plusieurs beaulx et glo- 
rieux faîcts d'armes, (lu., ib., Nicias.) 

Ce mesme personnage (Sylvius), outre 
l'avarice de laquelle il brusloit, avoit ceste 
malheurté, qu'il portoit envie a tous ceux 
qui estudioyent en cest art duquel il faisoit 
profession. (H. EStiepïne, Apoi.p. Herod., 
c. xvi, p. 226, éd. 1566.) 

Encore donc que nous voyons plusieurs 
commettre des meschancetez énormes sans 
que les punitions s'en ensuyvent, (au moins 
qu'elles nous viennent en notice) nous 
avons grand tort si par la nous voulons 
inférer que les meschaus eschappent la 
main de Dieu, et que leurs malheurtez 
demeurent impunies. (Id., ib., c. xxvi, p. 
409.) 

— pertes des femmes, leurs règles : 

Maleurteis. 
(Lapii. de Marbode, col. 1G58, ap. Ste-Pal.) 

Centre, malheurete^ malheur, 

maleuseur, adj., misérable : 

Encontre gens diffamateurs, 

Malemeurs, larrons, decepveurs. 

(MisL du siège d'Orly 18384, Guessard.) 

MALEVAISTÉ, VOÎr MALVAISTIÉ, 

MALEVETSTUROUS, VOir MALAVENTUftOS. 

MALEVIROUS, VOlr MALEUROS. 

MALEVIZING, VOir MALEVOISINE 2; 

{. MALEVOISINE, malvoisine, malveù 
sine, s. f,, mauvaise voisine, nom d'une 
machine de guerre : 

Et l'enderaain par matin, fîst li rois 
Phelipes assalir enorciement et fist gieter 
Malevoisine, sa boine perriere, qui abatoit, 
a cescun cop qu'elle giectoit, une grant 
brachie de mur, (Chron. de Rains, c. vi, 
L. Paris.) 

Ne nuls tels dars n'i puèt mefTaire, 
Combien que on i sache traire 



Maheisine les sajetes, 

Ne espringale ses mouchetés. 

(Deguïlleville, ap. Duc, Malveisin.) 

À le porte desseure avoit ou mis une 
clocquette que on sonnoit, quant les mal- 
voisines jettoient. (Chron. de Flandres, h, 
296, Kervyn.) 

2. malevoisine, malevizine, s. f M sorte 
d'étoffe : 

.xxii. pièces de malevizine. (Compt. de 
1338, Lille, ap. La Fons, Gloss. ms. 9 Bibl. 
Amiens.) 

Cf. Mallebizee. 

malevolenge, voir Malivolencb. 
malexer, voir Malaxer. 
maleys, voir Mailleis. 

MALEYSON, Voir MaLEIÇON- 

maleyzoun, voir Maleiçon. 

MALFAÇON, VOÎr MAL. 
MALFACTEURE, VOÎr MALFAITURE. 
MALFAICTTJRE, VOÎr MALFAITCRE. 

malfaire, vxauf., maff. t v. n., mal 
faire, mal agir : 

Maufeisiez de eus si Iaidir, 

Trop par les voliez honir, 

(Ben-, D. de JVorw., Il, 16604, Michel,) 

Ançois, se Gascoins maufet urent, 
Apres a pis fere s'esmureot. 
(Godefroy de Paris, Chron., 2422, Buchon.) 

Se aulcuns maffaoient de fait de crime. 
(1425, Droits et redev. des habit de Pont- 
sur-Madon, Remiremont, Arch. Vosges.) 

Car c'est la façon ordinaire 
Tenir pour fat qui ne malfait. 
(J-.A.peBaif, Poèmes, 1. VIII, Lemerre, II, 387.) 

— Malfet, part, passé et adj., mal fait, 
contrefait : 

Puis ont acaté ou rastel 
.m. maailles, et an gastel 
.1. denier maufait t plain de lie, 
(Le Vilain de Farbu^ Montaiglon et Raynaud, 
FabL, IV, 84.) 

Le pilz et tôt le corps maufel. 
(R. de Hod., Meraugis, ms. Vienne, PZ*.) 

On mentionne un blessé qui avoit Je 
hatreau maufet. (1563, Lille, ap. La Fous, 
Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Jadis la tortue maufttte 
Pressa l'aigle qui la rejette, 
De la faire voler en l'air, 
(J.-A. de Baif, les Mimes, 1. I, f» 24 v*, éd. 1619.) 

malfaisable, adj., mauvais: 
L'affaire de Wirtemberg estant succédé 
comme il est ettraicté en faict, seroit chose 
malfaisable de y contrevenir. (Sept. 1534, 
Papiers d'Et. de Granoelle, t. II, p. i!83, 
Doc. inéd.) 

— Malaisé : 

Au regard d'appoincter les sieurs de 
Chievres et de Berghes pour le renouvelle- 
ment de la loy d'Anvers, comme me l'es- 
cripvez, monseigneur, il est bien malfai- 
sable a moy, a cause de la picque qui est 
entre eux. {Lett de Louis XII, t. III, p. 91, 
éd. 1712.) 

malfaisant, mau., s. m. , mal/ai- 
teuv : 



MAL 



MAL 



MAL 



119 



La grue le bec lance avant 
Dedans le cors an malfaisant. 
(Marie, Ysopet, Richel. 2168, i° 160 b .) 

Li vouz de Nostre Seigneur est seur les 
maufaisanz. (Psaut., Maz. 2fî8, f° 41 v°.) 

malfaisor, - faisour, - fesour, - fes- 
sour, -faceour, mauf t , maff^maf., s. m., 
malfaiteur : 

Li malfaisierres. (Alart, Dis des Sag., 
Ars. 3142, f« 143 b .) 

Prist grant venjaunce des malfesours. 
Chron. d'Angle ms. Barberini, f° 58 r°.) 

E dit qu'il se vengereit de tels malfe- 
sours en son realme. (Foulq. Fitz Warin, 
Nouv. fr. du xiv" s., p. 47.) 

Touz les maufaceours qui, durant les 
dites trêves, seront faites, ilz feront adroi- 
ter, reparer, et emender. (1357, Treugœ, 
Rym., 2 e éd., t. YI 3 p. 9.) 

Ascun félon ou mafessour. (UOi, Or- 
den. de Galles, ib., VIII, 184.) 

Murdrours, trajtours, homicidours, ro- 
bours et autres malfaisours, (Stat. de 
Henri V, an n, impr, goth., Bibl. Louvre.) 

S'aucuns maffaisours le font... (Ap- 
point de la ville de Faloize, Lechaudé, 
Gr. râl., p. 273.) 

1. màlfait, - fàict, - fet, s. m. , méfait, 
mauvaise action : 

Kar il en seroit si grans maufais et tant 
es grans mésaventures en avenroient. (5. 
Graal, il, 449, Hucber.) 

La venjance du souverain juge seul 
aucunes foiz ensuivre le maufet, (Chron. 
de S.-Den., ms. Ste-Gen., f°143 b .) 

Ne l'an ne doit pas vengier maufet par 
maufere. (Mor. des philos,, ms. Chartres 
620, f° 8 a .) 

Ne prent mie guarde a nos mausfais ne 
a nos félonies. (Estories Eogier, Richel. 
20125, f74 b .) 

C'est moufaii et grant pechié. 

(Chu, de Pis., Poés., Richel. 604, f° 59*.) 

Que chascun verdier... visite cbascune 
quinzaine a tout le moins toutes les 
gardes de la forest dont il est verdier... et 
voye Testât et le port des serrans, et les 
malfails qui y seront faits. (1376, Ord. t vi, 
227.) 

l\ vouloit bien pardonner a tous les 
autres leurs malfaiz ou meffaiz. (Ancienn. 
des Juifs, Ars. 5082, f°17\) 

Quant ilz viegnent en humilité con- 
gnoistre leur malfait. (1467, Usem, de la 
for. de Brecelien, Cart. de Redon, Eclaire, 
ccclxxxii, A. de Courson.) 

Je les admoneste et conseille qu'ilz se 
reposent et délaissent a mal dire affin 
quMlz ne çongnoissent de legieT par nous 
leurs maulxfais. ^(Therence en franc. , 
fo g v o t Verard.) 

Conclurent audit conseil que si les dicts 
seigneurs venoient au dit lieu d'Aucerre, 
l'on les feroit mourir. Le dit messire 
Pierre des Essars ne voulut oneques con- 
sentir ce malfait. (Al. Chàrtier, Uist. du 
roy Charl. VU, p. 24, éd. 1617.) 

Pour le malfait d'un honme la feme ne 
perd point son douaire. (Coût, du Perche, 
Nouv. Coût, gén., III, 640.) 

Ne fut eu laditte ville d'Arles nouvelle 
d'aucun malfaict, désobéissance, ne mu- 
tinement. (Guill. du Billày, Mém,,\. VIT, 
f° 231 v°, éd. 1569.) 



Et ai la bas on punira vostre ame 
Pour ce malfait d'une injuste rigueur, 
(Rqns., Amours, II, ti, Madrigal, Bibl. eli.) 

Chascun de mal f aie t se gardera. 
(Dadouv., les Moyens d'éviter MerencoUe, Poés. 
fr. des xv* et xvi* s,, II, 45.) 

2, MALFAIT, VOir MALFÉ. 

malfaiteressej, -erres&e, -f aider esse, 
-feclresse, - feieresse, mau. y s. f., femme 
qui commet des méfaits : 

Que il banniroient maufeteur ou mau 
feterresse de lé ville. (1313, Arch. JJ 53, 
f» 20 v°.) 

Maufaiteur ou maufailerresse. (1316, 
Arch. JJ 53, f° 20 v°.) 

Ung malfecteur ou mal fectr esse, (1482, 
Franchis, de Franquemont, Arch. mun. 
Montbéliard.) 

Malfaîcteurs et malfaicteresses. {Coût, de 
Tournehem, iv.) 

malfaiteur, «iatt., adj., qui commet 
le mal : 

Si manda au roy d'Angleterre... que 
certain nombre des devant dis maufai- 
teurs hommes qui ainsi avoient sa gent 
occis et mebaignies, envoiast a Pierre- 
gort en sa prison. (Gr. Cron. de Fr., 
Phelip. le Bel, vin, P. Paris.) 

malfaitïer, malfaictier, s. m., mal- 
faiteur : 

Aucuns malfaictiers qui reperoient es 
forbours de ceste ville. (1381, Grands 
jours de Troyes, Arch. X** 9183, f* 7 r*.j 

malfaiture, malfaicture, ~ teure, mal 
facL, malfest. % s. f., méfait, excès, vio. 
lence : 

Lors ne puet il tenir conte 
Devant Dieu de sa malfaiture. 

(Kassidor., ms. Turin, f* 39 r°.) 

Le duc de Bourgongne, pour cause 
desdites raençons et autres malfaictures, 
print deux variez ... (1419, Pièces relat. 
au règne de Ch. VI, t. Il, p. HO, Douët 
d'Arcq.) 

ils rapporteront et dénonceront a jus- 
tice toutes les amendes, forfaitures et con- 
fiscations qui desdiz malfaictures pour- 
ront estre et nous doivent appartenir. 
(1448, Ord.,xiv, 32,) 

Malfaicteure. (xvP s., La Bassée, ap, La 
Pons, Gloss. ms,, Bibl. Amiens.) 

— Dommage : 

Gresles et vens, orage et malfaicture. 
(Ouv. dk Màgmy, Amours, p. 80, Lemerre.) 

— Défaut de conformation : 

Enfant fourni de tous membres, snns 
malfesture. (1501, Béthune, ap. La Fons, 
Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

— Créature misérable : 

Repens toy, povre malfatteure, 
Femme fragille, detractenre, 
De tout vice procurateurs ! 

(Mist. duviel test., 1611, A. T.) 

malfax, cas suj., voir MALFÉ. 

malfé, maufé, matiffê, maufet, maffè, 
maffet, malfeir, maufiê, maufel, malfait, 
mauffait, malfee, s. m., diable, démon ; 
s'est employé aussi comme terme d'injure: 



Dist l'an a l'autre : Ce est ci .1- maufez. 

(Les Loh , Ars. 3143, f> 24'.) 
Que vues lu faire, enragie», maufes vis ? 
(Gar. te Loh., 2* chans., xixv, p. 171, P. Paris.) 

Por q'as ostaiges cest malfé nos rendis, 
Au plus -félon qi ait hauberc vesti ! 

(R. de Cambrai, 888, A, T.) 

L'arme de lui eoporterent maffet. 

(îb. t 6643.) 

I j paiens Toit, plus in fiers d'un maffé. 

(Ib., 6965.) 
Quand il coisi Aiol, si s'est tomes 
Vers lui geule baee comme maufes. 

(Aiol, 1305, A. T.) 

Callot, mors es ; t'ame enportent malfé. 
(Raimb., Qgier, 8973, Barrois.) 
Et certes a Dieu moult merci 
Qu'il vos ost cest malfé de ci (un serpent). 

(Perceval, ms. Montp. H 249, f« 96 e .) 

Grant estoient comme malfex. 
Fors et irous et eschaafez. 

(Dolop.* 8259, Bibl. elz.) 

Il est dbnblez et malfes. : 
Àînc ne fist bien en son aé". 
(flenart, Suppl . var. des v, 22022-24344, 
p. 305, Chabaille.) 

Le Noef Chastel sur Tine serrad agra veniez, 
Willame de Vesci, ses terres e ses fiez : 
Li Escot i curent par tut etime mal fez. 
(Joro. Fahtosme, Chron., 1593, ap. Michel, 
D. de Norm., t. IIL) 

Genx cûm maufié hidus e lait. 
(Gadtier de Mes, Image du monde, Richel. 
25407, f° 52*.) 

Mort Fabatit, l'ame en portent malfct. 

(OtineU 1174, A. P.) 
C'est uns deables, un malfé, .i. tirant. 
(Ib., 1799.) 

Oltre les sains n*avoit convers, 
ChieTrels ne dains, bisce ne cers, 
Ne beste nu le fors maufet 
Qui mangoient les esgares. 

(Parto*., 521, Crapelet.) 

Or crient moult que ja viegne rore 
Que vif maufé li ebrent sore. 

(f*,, 1119,) 

Chil avresier et chîl vif maufé 
Furent de grant ire escaufé. 

(Mir. de S. Ehi, P- 96, Peigné.) 

Dedens infer n'a diable ne maufé 
Que il ne soit de mon grant parenté. 

(Huôtt de Bordeaux, 5111, A. P.) 
Car malfax Tavoit amusée. 
(De VArmite que la femme vouloit tempter, p. 29, 
Keller.) 

N'ont puis doute du maufei tricheour. 
(Ruteb., Une chanson Nostre-Dame, II, 8, Jub.) 
Va tu, fet il, portier, au maufé te quemant! 
(Doon de Maience, 7525, A. P.) 
Or vos ont malfé respassee. 
(des Tresces, Richel. 19152, f° 123M 

A peyne out fyny sa preere, vynt le 
malfee' en semblance Geomagog. (Foulq. 
Fiiz Warin, Nouv. fr, du xiv 9 s., p. 20.) 

Le malfee hauça sa mace, (Ib.) 

Et Olivier astoit entre les vif malfeir. 
(Jeh. des Preis* Geste de Liège, 18673, Scbeler, 
Gloss. philol.) 
Un vif diable et malfeir. 

(Id., ib. f 19354.) 
A tous ceali qui sont et seront, 
Quant maufeh la tourmenteront, 
Sans pitié, sans fin, san* cesser, 
{Mir. M mt Stâ Geitev., Jub., Myst., I, 219,) 



120 



MAL 



MAL 



MAL 



Mais on sont ly saincl* apostoles, 
D J aalbea vestuz, d'amicts eoeffez, 
Qui sont ceincls de saînctes estoles, 
Dont par Je col prent ly manffex t 
(Villon, Oranl Test., Bail, eo vieil lang., Jonanst, 
p. 59.) 

Hobgoblyn*?, goblin, mauffé. (Palsgravk, 
E&clairc, p. 431, Génin.) 

— Dans les ex. suiv. les formes malfait, 
maufait sont le produit d'une fausse éty- 
mologie : 

Nos ancestres appelloyent mauffaits 
ceux que nous appelons diables. (H. Est., 
Prec. du lang. franc., p. 204, Feugère.) 

Le Diable se nommoit le malfes, ou le 
malfait, d'autant que c'estoit la eoustume 
des peintres de représenter les diables en 
la plus horrible posture qu'il leur estoit 
possible, (Garasse, Doclr. cur., p. 840, 
éd. 1623.) 

Guernesey, maufè, diable, malheureux. 

MALFEABLE, VOîr MàLFIABLE. 
MALFECTRESSE, YOÎr MALFAITERESSE. 
MALFEDTJT, VOÎr MALFEU, 
MALFEE, VOÎr MALFÉ. 
MALFEIR, VOÎr MALFÉ. 

malfesottr, voir Malfatsor. 

MALFESTURE, VOÏr MALFAlTtîRE. 

malfetant, s. m., malfaiteur : 

Et li malfetant corrigié. (16 déc, 1314, 
Offic. de Besançon, ArcL. Montbéliard.) 

Aucun malfetant (Ib.) 

malfeu, malfedut, adj., misérable : 

Ma longe atente a grant dol est Tenu de. 
Qne porrai faire, dolente, malfedvdel 
Ço' st gra,nt memile que li miens cors tant daret. 
(Alexis, st. 89 e , xr* s,, G. Paris.) 

Las, malfedut, ciim esmfes-encorobrft, 

(Ib., st. 124*.) 

Las, malfeuz, cum «mes avoglei. 
(Ib., var. dn mg. Hildesheim, t* 34 b .) 

malfi, adj., malséant : 

Qne ta as dss propos mal/iz. 
Esse a toy a tant flageller ï 
(planant Quaquet et resjityssance des Femmes pour 
ce. que leurs maris n'yvrongnent plus en la la- 
terne, Poés. fr. des xv* et xvi* s,, VI, 184,) 

mal-fiable, malfeable t adj., à qui on 
ne peut pas se fier : 

Et $ue ne vous laissiez entièrement con- 
duire a courroux et espérance, les deux 
plus mal seurs et mal fiables autbeurs du 
monde. (Guill. du Bellay, Mém>, 1, VI, 
f» 171 v, éd. 1569.) 

L'une (la vertu) est infructueuse, et 
Vautre (la fortune) malfeable en ses dons. 
(Amtot, Œuv. mor., t. V, p. 117, éd. 
1819.) 

malfiant, adj,, méfiant : 

Dunkes somonst il plus leement le 
malfiant et lo inobedient frère, {Liai, St 
Grég.y p. 95, Foerster.) Lat., diffidens. 

MÀLFiEUMBNT, adv-, au mépris de la 
foi jurée : 



Quiconques aura frappé d'armes esmo- 
lûtes ou agues aulcunes personnes de 
ladite ville et banlieue, de fait d'aguet, de 
traison ou malfieument... commet amende 
de ,lx. liv. par. (1507, Prév. de Montreuil, 
Coût. loc. du baill. d'Amiens, II, 650, Bou- 
thors.) 

MALFOURBTi mau. } adj,, mal dégrossi : 

Àtant arrive a tout sa belle cotte 
Ly Mùuftmrbis Gombault a ce bedon. 
(Banquet du boys, Porlcf. de l'ami des livres.; 

malgaigne, s. L, extorsion, pillerie, 
brigandage : 

Ils avoient tant d'oppressions, tant de 
tailles..., tant de malgaignes, tant de grant 
cherté de pain et de tous autres vivres, 
que oneques on eust veu depuis cent ans. 
(Journ. de Paris sous Charles VI et 
Charles VII, dans les Mém. pour servir à 
l'hist. de Fr. et de Bourg., p. 176, éd. 1729.) 

Vienne, malegagne, corvée, prestation 
en nature. 
Nom de lieu, Malligagnes (Vienne). 
Nom propre, Malgaigne. 

malgaïn, mau., s. m., mauvais gain, 
gain illicite : 

M au gmn aporte maudomage. 
(J.-A- de Baif, Mimes, 1. II, F A9 v°, éd. 1619.) 

malgar»e, s. f ., mauvaise garde, mé- 
garde : 

Furent ceulx de la ville ainsi soubdainc- 
ment surpris par leur malgarde. (J.'Moli- 
net, Chron ., ch. lxxi, Buchon.) 

Perdre par malgarde. (Trium ling. Dict., 
éd. 1604.) 

m algesir, ma tt , v n ., être m al couché : 

Mesdisans riches gabe et rit 
Quant il >oit povTes dlsetens, 
Mes ch'est folie, car on dist : 
Tant grate chievre que maugist 
Et que mauves est ses oslent, 

{le Dict du médisant, ap. Roq.) 

— Malgisant, part, prés., qui est mal 
couché : 

Tant grate chievre en gravelle 
Qu'elle est maugisant. 
(Adans li Boçcs, Chant., Poët. fr. av, 1300, 
IV, U04, Ars.) 

Ces deux cousines s'estans gouvernées 
la nuict nesçay comment, ou estans mau- 
gesantes et endemenees, se trouvent toutes 
descouvertes dessus le lict, (G. Botjchet, 
Serees, XX, Rouen 1635.) 

— Fig., mauvais coucheur, mauvais 
sujet : 

Messire Guillaume de Tignonville, pre- 
voet de Paris, fit pendre deux escoliers, 
tous deux malgisans, qui avoient tué un 
homme de sang froid. (E. Pasq., Rech , III, 
XXIX.) 

Gomme esloit l'ordinaire des autres reli- 
gieux malgisants. On., ib., VI, xvn.) 

Un jeune gars malgisanl. (1d., ib., Vit, 
m.) 

Je ne vis jamais soldat malgissant t 
contre lequel le temps n'ait enfin produit 
une bonne et juste vengeance. (In., IeW., 
XT, 3.) 

Exhereder ses enfans ingrats et malat- 
sants en son endroit. (|d., ib* t XVH^ 13.) 



O la belle chose a un roy que de faire 
punir les malgisansl (N, Pasq., Lett.,\i y 1, 
éd. 1723.) 

Un homme hergneux et malgisant, plai- 
dant a toutes heurtes. (Nicot, Thesor.) 

malgouverne, mau., s. m., mauvais 
gouvernement : 

L'nbbé de Pea de sens notable, 
L'abbé de iîaugouverne aussi, 
Et de Plcqne Pulce, en soncy 
Seront pour tous toqs faire asseoir 
Autant a midy comme an soir. 
(Monol. des Solz joyeulx, Poés. fr. des xv* et 
ivi'ioIII, 19.) 

Ta as prins Testât de taverne. 

Ou les enfans de Matt gouverne 

Ont mengé tons leurs revenus. 
(Le plaisant Quaquet et resjuysxance de* Femmes 
pour ce que leurs maris n'yvrongnent plus en la 
taverne, Poés. fr. des xv* et xvi° s., VI, 186.) 

Meuse, maugouverne, prodigalité, manque 
d'ordre dans les affaires, et aussi homme 
qui ne sait pas gouverner ses affaires. 

Cf. MALGOU\'ERT. 

malgouvert, mau. t maul.j s. m., 
celui qui se gouverne mal, mauvais sujet : 

Et an fut donné pareil arrest a la martin- 
galledeTaû dix et sept pour le maulgouvert 
de Louzefoufferouse. (Rab.., Pantagruel, 
ch. xit, éd. 1542.) 

— Membre de l'abbaye de Malgouverne : 

On trouve à Neuchâtel, en 1451, l'abbé 
de la folie joyeuse et celui des maux-gou- 
vers. (Descript. de la mairie de Neuchâtel, 
p. 581.) 

L'abbaye des malgouvers. (Compt. de 
1582, Arch. Cosaonay, Doc. de la Suisse 
rom.) 

La plus répandue de ces corporations, à 
la fin du xv" siècle, et pendant la durée 
du xvi 8 , était celle qui avait pris le nom de 
abbaye de Mal-gouvert y Mau-gouvert ou 
Malgouverne, véritable abbaye en. effet, 
sauf la régularité et l'édification, comme 
son nom l'indique assez, et qui avait ses 
moines^ ses dignitaires et sou abt>é fro- 
qué et mitre, On trouvait presque partout 
des associations de ce nom, indépendantes 
les unes des autres et vivant de leur vie 
propre. D'après le cérémonial manuscrit 
de Maçon, curieux recueil rédigé sur les 
registres de Vhôtel-de-ville, de l'année 
1389 à 1731, une abbaye de Mau-gou- 
vert existait depuis longtemps en cette 
ville, dès 1582; on la suit sans interruption 
jusqu'en 1596 par des actes reproduits en 
extraits dans ce cérémonial. Elle se com- 
posait d'un nombre illimité de conseillers 
et de cinq officiers ; l'abbé, son lieutenant, 
le procureur général, un trésorier, un 
greffier et un huissier. (Prêf. de la Che- 
vauch. de Vasne, d Lyon, en 1566 et 1578.) 

Meuse, maugouvert,qui se gouverne mal, 
dissipateur. 
Cf. Malgouverne. 

malguacier, maugratier i verbe. 

— Act., maugréer contre : 

Il commença par esmaier, 
Diea et s'ymage a maugratier 
(Guiàht, Roy. lign., t. I, p. 191, Buchon./ 

— Neutr., maugréer : 

Régnier, malgracier, despiter ou autre- 



MAL 



MAL 



MAL 



121 



ment blasphémer. (21 mars 1460, lîeg. des 
dèlib. de la mairie de Dijon, Arc h. mua. 
Dijon.) 

MALGRAcmusEMENT, - Ueutement, 
mau., adv M d'une manière peu gracieuse : 

Ains respondi audit Gilet très maugra- 
cieusement. (1403, Arch. JJ 158, f° 20 r».) 

J'ayme mieux m'exempter d'un entretien 
malgracieusement entrerompu. (Pont, de 
Tyàrd, Disc, philos., f° 96 v°, éd. 1587.) 

Maugratiêitsement. HastilV; rudely, im- 
pleasantly, improperly, unpleasingly. 
(Gotgr., éd. 1611.) 

malgracieusetê, s. f., manque de 

gracieuseté : 

Malgracieusetê et incompatibilité de 
mœurs. (George Selvf, Paule Emile, éd. 
1547.) 

malgracieux, mau, 3 adj., qui n'est pas 
gracieux : 

Et les paroles oultragenses, 
Gai estoint bien maugracieuses. 
(Guill. de St André, Libvre du bon Jehan, 2070, 
Charrière.) 

Rades, malgracieux jamais plus ne sera. 
(fr}\., B. du GuescL, 118, Charrière.) 

Et quant ton fait est si maugraciem\ 
Fuir te doit un chascun et chascune. 
(Kust. Deschamps, Poés., I, 238, A. T.) 

Ne jamak mot maugracieux 
De vostre bouche ne sauldra. 
(Livre des cent ballades, Riche). 2201, f° 15 r*.) 

malgré, - grei, - greit t maul, mau., 
s. m., chagrin, peine, mécontentement: 

Se povres hum li fet henur 
E pois demant le guerredun, 
Ja n'en aura se mavgrei niin. 

(Marie, Ysopet, vu, Roq.) 

J'arai Panel, tous en aies mau gré. 

Œuonde Bord., 5162, A. P.) 

Von 3 dittes qne Porrns s'est devant Ions vantes 
Qu'il anra mon cheval, et si soit mes maugres. 
(Heistor du Paon, ras. Rouen, f 89 v°.) 

Le dit messire Robert d'Artois ne vouloil 
point avoir de maugré. (Gr. Cron. de Fr., 
Pbelippe de Valois, xxv, P. Paris.) 

Elle fait gens pouvres et riches, 
Elle fait gêna larges et chiches, 
El mect gens en bien hanlt degré 
Et les descent en leur maugré. 
(Guill. de St André, Libvre au bon Jehan, 99, 
f.harrière.) 

Et ne donneront charge ne malgré l'un 
a l'autre. (1373, Ord., v, 648.) 

Elle doubtant le malgré de ses amis... 
(1401, Arch. JJ 156, pièce 52) 

J'ay tel doeil que le cnenr me serre 
Qu'il nous est ainsi eschappé; 
Que Dieu en ayt ores maulgré. 
(Vie du Maulv. Riche, Ane. Th. fr., III, 481.) 

Maugré en ait bien de la femme, 
Tant el a de babil ! 
(Gringoire, Vie S. Louis, II, 194, Bibl. elz.) 

— Malgré mien, tien, sien, loc, malgré 
moi, toi, soi : 

Maugreit mien li lis compagnie. 

(Dolop. t 8475, Bibl elz.) 

Malgreit mien m'en esluet 
Datant la gent ploreir. 

(Guiot, Chans., I, 24, AVolfart.) 



Si le dressoit contremont malgreit sien. 
(Hist. de Joseph, Richel. «455, f° 102 r°.) 

Car se li homs façoit le mal dou toul 
maugré suen, il n'i auroit point depechié. 
(Laurent, Somme, Hist. litt., XIX, 404.) 

Et maugré sien % ce sai de voir, 
Li trouvera ion estovoir. 
(Du Prestre qui ol mère a force y Montaiglon et 
Raynaud, Fabliaux, V, 148.) 

— Malgré nostre, vostre, leur, malgré, 
nous, vous, eux ; 

Ou ici estuet plorer a joie et a profit, ou 
ailleurs maugré nostre a nostre damage et 
a coitement de poines. (Vie des Pères, 
Richel. 23111, P 190'.) 

Il enmaine .yi. de vos chevaus tout mau~ 
grei votre. (Ârtur, ms. Grenoble 378, 
i 9 103 e .) 

Quant vos la pucele enmenes, 
Malgré vostre, le me 1 aires. 

(Durmars li Gahis* 2803, Slengel.) 

Et i achatent moult de gens mauveises 
denrées malgré leur de ceus qui mauveise- 
meot les orit prises. (E. BOIL., Liv. des 
mest., 1* p., lxxvi, 31, Lespinasse et Bon- 
nardot.) 

malgreable, maug.,mag., adj., désa- 
gréable, vilain, méchant : 

Famé est la Ire m eu r des dyables, 
La dompleresse des enfers, 
Le tourment des magreahle$ i 
La main qui les a mis aux fers. 

(Le Chevalier aux Dames.) 
Et sous le nom mastin, s'entende le méchant 
Sur qui j'entea vomir ce maugreable chant 
O.-A. de Baif, Œuv. en rime, Tiers livre des 
poèmes, f° 65 v', éd. 1B73.) 

malgré bé, maugrébê, juron : 
Robert, je m'en creu morir ; 
Car il l'ont fait maugré bé. 

(Thibault IV, Chans., p. 104, Tarbé.) 

malqreement, - grement, mau., maul, 
s. m., blasphème : 

S'il y a regniementou maugreement, sera 
dénoncé a la justice pour en faire pugni- 
ciou. (Ord, du jeu de larbaL, Arch. légisL 
de Reims, 2 a p., vol, I, p. 329, Doc. inéd.) 

Duquel serement et maugreement icellui 
Marquet s'est repentiz. (1394, Arch. JJ 147, 
pièce 38.) 

A l'arbitrage du juge soubs qui il fera le- 
dit renoyement, maugreement, despitement 
ou blasphème. (1420, Ord., xr, 105.) 

Soubz la juridicion duquel se feront îes- 
diz regniemens, mafprmnens, despitemens. 
(1460, Ord., xiv, 499J 

Selon la faculté et puissance de celui qui 
fera ledit reniement, maigrement, blas- 
phème ou jurement. [Ord. de Charl. VIII 
cont. leblasph*, 3 déc. 1487.) 

Nous avons deffendu et interdit, def* 
fendons et interdisons a tous de blasphé- 
mer Dieu nostre créateur, la Vierge Marie, 
leurs saints ou leurs noms, sur peine, 
ceux quirenieroient, desavoueroient, mau- 

f;reeroient ou depiteroient Dieu, sa mère, 
eur noms et leurs saints, d'estre consti- 
tuez et détenus prisonniers par l'espace 
d'un mois entier en basse prison a pain 
et eau, et que ceux qui feront lesdits re- 
niemens, desavouemens, maugreement, ou 
depitemens d'un cœur dur et félon... 
(7 oct. 1531, Plac. touch. les monnoyes, 
monop., des Blasphémateurs.) 



Nous voulons eL ordonnons qu'ilz ayent 
la langue couppee tout jus, afin que des 
lors en avant i|z ne puissent dire ne pro- 
férer tels maulgreemcnls, regniements et 
blasphèmes de Dieu. (Rebuffe, Bubricque 
des aventuriers, f° 257 r*», éd, 1547.) 

m algreer, -.gricr, - groier, - groyer, 
- graier, mau., maul., verbe. 

— Act., blasphémer contre : 

Il en murmure contre Nostre Seigneur 
et maugrée Dieu et ses sains. (Laurent, 
Somme, Richel. 22932, î° 10*.) 

Qui regnoient Dieu et malgreent. (Maiz., 
Songe duvielpel, II, 56, Ars. 2683.) 

Pour jurer ne malgroyer villainement 
Dieu. (G. de Charny, Liv. de Cheval., ms. 
Brux., f<> 109 v°.) 

Il estoit trouvé chargé d'avoir regnié et 
malgroié nostre Seigneur Jésus Christ, 
(1421, Registre criminel de sainte Geneviève, 
p. 397, Tanon.) 

Ne regnient, despitent ne malgrient le 
nom de Dieu. (1452, Ordonn., Reg. des 
stat., Arch, mun. Abbeville.) 

Ils les maugréent (les favoris du tyran) 
en leur cœur, et les ont en horreur plus 
estraDge que les bestes sauvages. (La 
Boktie, Serv. vol., p. 76, Feugère.) 

— Neutr,, blasphémer : 

Un roy ne doit jurer, reguier, ne maul- 
gréer. (Adv. d Is. de Bav., Richel. 1223, 
f 11 R .) 

A il parjuré ne maugroié ? 
(Le Mir. M a ' Sle Genev., Job., MysL, I, 232.) 

Quant le souvenir leur vient, il leur fait 
tortre la Rueulle , rechigner, maugraier, 
despiler, jurer blasphémer. (Triumphe de 
dame Verolle, Poés. fr. des xv 8 eL xvi» s., 
IV, 274.) 

malgreerie, maugreerie, maugrerie, 
s. f., action de jurer : 

L'antre bataille est Malebouche, 
Qni n'aime que mauvais reprouche, 
Mesdit, surdit, maugreerit. 
(i. Broyant, Chem. de Povreté, à la suite du 
Ménagier^ t. I], p^ 13, Biblioph fr.» 
Prudence... qui ot...oystes renoyemens 
et maugreries, les grans sermen? que 
l'en faisoit contre Dieu. (Modus et Bacio. 
f° 221, ap. Ste-Pal.) 

MALGREEun, - groyeur t maul. t mau., 
s. m., blasphémateur : 

Remplis d'orgueil et vanité, 
bïaugreeurs, jurenrs et félons. 
(Mût. du siég. d'Orl., 6950, Guesgard.) 
Lettres royaulx touchans les renieurs et 
maugreeurs de Dieu. (1460-1461, Arch. S.- 
Inf., G 660.) 

Servantz, se voslre maislre estoit 
Jareur et maulgreeur de Dieu, 
Pourvoyez vooa en aultre lieu. 
(Doctrinal des bons serviteurs, Poés. fr. des xv 8 
et xvi 9 s., II, 143.) 

Tous jureurs et maulgroyeurs du nom 
de Dieu, yvroignes et cens noisifz. (Henri 
Baudk, Elog. de Charl VU, ap. J. Char- 
tier, Chron., III, 135, Bibl. elz.) 

N'ont fait puçnition de plusieurs et in- 
numerables renieurs, despiteurs et mal- 
greeurs, blasphémateurs et autres. (Cri 
du prêv, de Paris contre les blasphém., 
20 juill. 1493.) 

Regnieurs, maugreeurs d« Dieu. 
(Eloy Dàmersal, Livre de In deablerie, ( 9 37 e , 
éd. 1507.) 



T. V 



16 



m 



MAL 



MAL 



MAL 



Jureurs et maulgreeurs. 
(A. Morin, Siège de Bout., qnatt. 74, Morand.) 

MALGREIT, VOÏr MALGRE. 

MALGREMENT, VOÎr MALGREEMENT. 

MALGRIER, VOÎT MALGRBER. 

MALGROYER, VOÏT MALGRBER. 

malhabilletk, s. f., défaut d'babi- 
leté: 

Nonobstant la malhabilletê dont parafant 
il avoit esté emply. (Doqtjesne, Hist. de 
J. d'Avesn., Ars. 5208, f° 10 v°.) 

malhaignié, adj., syn. de meshaigniê : 

Plusieurs chevaulx qui lors estoient 
malades et malhaignes de plusieurs ma- 
ladies. (Mai 1416, Pièces relat. au règ. de 
Ch. VI, t. II, p. 165, Douët d'Arcq.) 

malhaitié, mauhétiè, mal., adj., ma- 
lade, mal à Taise : 

Aogaes en estoit mornes, peossiz et mauhetiez. 
(Geste d'Alix., Richeï. 24365, f°17 r°.) 
Lt mariscaus fa malkaities. 

(Pu. Mousk., Chron., 22262, Reîff.) 

Moult trova son cuer fort et sain. 
Mais malhailié senti le corps. 

(lD. t ib., 28482.) 
Ta faix aler s&uz froidure les nu 3, 
Les malketiei de river respass&S- 

fEcST. Desch., Œuv., III, 4, A. T.) 
Wall., mâhaitî, maûhaitî, malsain, Insa- 
lubre. 

malhardi, mauhardi, adj., couard : 

Mauhardi, couard. (Trium ling. dicl. 
éd, 1604.) J 

On trouve dans Roq. malhardi sans 
exemple. 

Flandre, mauhardi : 

Tais-toi! mauhardie que tu es. (E. Sou- 
vestre, Traîneur des Grèves, II.) 

malhe, voir Maille. 

MALHETIÉ, VOir MALHAITÏK. 

1. MALHEURE, VOÎr MALETJRK. 

2. malheure, s. f., heure funeste, mau- 
vais sort : 

Je sais bien de malheure née. 
{Farce du Nouv. Marié, Ane. Th. fr., I, 12.) 

Et luy fist rescrire sur le champ avec 
force injures, qu'il renvoyast ce marchand 
Tarentin a la malheure. (Amtot, Vies, Alex, 
le Grand, éd. 1565.) 

Allez à la malheure, allei, âmes tragiques, 
Qui fondex votre gloire am misères publiques. 
(Malhbrbb, Prédiction de la Meuse, Hach., 1, 
219.) 

Les locutions envoyer à la malheure, 
aller a la malheure, employées jusqu'au 
commencement du xvn« s. répondent aux 
locutions actuelles envoyer, aller au diable. 

Le Morvandel emploie malheure, au sens 
de misère, comme interjection. 

MALHEURÉ, VOir MaLEURË. 

malheureement, voir Maleuree- 

MENT. 



MALHEURER, VOÎT MALEURER. 
MALHEURETÉ, VOir MALEURTÉ. 

malheureuseté, voir Maleureusetb, 

MALHEURTÉ, VOÎr MALEtTRTE. 
MALHEUSTRE, VOir MAHEUSTRE. 

malheute, adj ; soute malheute, re- 
créance : 

Quand les parties allèguent possession 
et demandent soute malheute, qui est re- 
creance, le juge appointe les parties et 
approuve sommairement leur possession. 
{Coût. d'Aùs, Coût. gén., t, IT, p. 684, éd. 
1604.) 

MALHIER, VOir MAILLIER. 

malhiotteu, voir Matlloter 2 au 
Supplément. 

malhonnestement, - honiestement, 
adv-, d'une manière malhonnête : 

Or est tans eteure de faire l'amende a la 
puciele que vos si malhoniestement tenies. 
{Rom. de Kanor, Richel. 1446, f° 41 v°.) 

Despouillié de son mantel et malhonnes- 
tement escourchié de sa cotte. (De vita 
Christi, Richel. 181, f* 124 b .) 

maltcement, - iscement , adv., mé- 
chamment, malicieusement : 

K'il plus malicement forsennet, (S. 
Bern., Serm., Richel. 24768, f° 64 v«.) 

Celuy priôur présenta covenable per- 
sone a Pavandite esglise... e il le re- 
fusa de tut, e Pavandite esglise de un tiel 
soun clerk dens les six moys malisce- 
ment encumbra. (1304, Year books ofthe 
reign of Edward the first, years xxxn- 
xxxm, p. 31,Rer, brit. script.) 

malichon; voir Maleiçon. 

maligide, adj., destructeur du mal : 
Car le justicier, comment que on ne 
le doie mie dire homicide, mais appeler 
malicide, pource que il n'entent que a des- 
truire le mal principalment. (J. Goulain, 
nation., Riche! . 437, f" 158 r°.) 

Jamais n'est nommé tel homicide, mais 
mieulx malicide qui fait la vengeance et 
est vray deffenseur de la loy Nostre Sei- 
gneur. {Les Passages de oultremer, f « 9 y , 
éd. 1492.) 

malicieusetê, s. f., méchanceté, 
malice : 

Astuce, cauteJe et malicieusetê. (Oresme, 
Eth., Richel. 204, f» 472*.) 

Malicieusetê, maliciositas. {Gloss. QalL- 
la>., Richel. 1. 7684.) 

Il n'est félicité qui puist eschiever les 
dens de malicieusetê. (Fossetier, Cron, 
Marg., ms. Brux., H, f° 22 v°.) 

maliçon, voir Maleiçon. 

malidoine, adj., propre à rien : 

Paresseux, paillard, malidoine. 
(H. Estienhe, ApoLpour Herod., p. 326, éd. 
1566,) 

malie, s. f., enchantement : 
C'est quelque malie qu'un homme ou 
femme luy a fait par envie, et laquelle 



vous sera facile a dissoudre. (Jehan de 
la Taille, le Negrom., 1, m, éd. 1572.) 

Malie, mot italien, duquel mesmes use 
le Rommant de la Rose, signifie ensorcel- 
lement. (Id., ib., note.) 

mvlieçon, voir Maleiçon. 

malier, mail, mari, adj., qui sert au 
transport : 

Entre moi et Braiant alameg 

Veir h joste au chevaliers 

Ausi gros comme un sas marliers. 
(J. Bretel, Tourn. de Chanvenci, 1406, DelmoUe.) 

Et doit vuidier ses sas malien 

Des vies robes as menestrieus. 
(B- de Conob, H Dis dou Baoheler, Ars. 31 i2, 
f° 303**.) 

— S. m., cheval de poste, de postillon, 
cheval qui porte la malle et les bagages, 
suivant quelques auteurs; et limonier, 
ou cheval qui est attelé le plus près de 
la charrette ou qui la soutient, selon 
d'autres : 

P restez moy aussi ung malier 
Et ung roncîn a chevauchier, 
Charrette aussi pour mon bois querre. 
(Degoiley., Trois Pelerinaiges, f° 60 d , impr. 
Instit.) 

Cent mille escus et ung malier 
Me feroit tost cesser l'ouvrage. 
(Farce de Colin qui loue et despite Dieu, Ane. Th. 
fr., I, 224.) 

Les malliers firent mener en dextre pour 
leurs armes et leurs escus porter. (Per- 
ceval, f°B6 d , éd. 1530.) 

Mon malier... s'arresta contre sa cous- 
tume, et commença a faire pouf, pouf. Je 
dy a mon varlet: Picque,picque. (Desper., 
Nouv. recréai, d'un Curé qui n'employa..., 
f° 257 v°, éd. 1572.) 

Bailla au tutteur son servilteur avecque 
son malier pour aller... (Compte de tut.. 
f» 92% Barb. de Lesc, Arch. Finist.) 

M. le mareschal % voulut aller trouver le 
roy en poste jusqu'à Compiegne, envoya 
quérir vingt chevaux de poste, mandant a 
Brusquet qu'il les luy envoyast bons, au- 
trement ilz ne seroient pas amis, et sur- 
tout trois bons malliers. (Brant., Grands 
Capit. eslrang., 1. I, c. xxxii, Bibl. elz.) 

— Mesure du malier ? 

Telles femmes ressemblent a ceux qui 
vont par nays, et mesmes en France, qui, 
estans arrives le soir a la souppee du logis, 
n'oublient jamais de demander a l'hoste 
la mesure du mallier- et faut cju'il Paye, 
quand il seroit saoul a plein jusqu'à la 
gorge. Ces femmes de mesmes veulent 
tousjours avoir a leur coucher, quoy qu'il 
soit, la mesure de leur mallier. (Brant., 
Dam. gai, 1 er dise , Buchon.) 

S'est dit jusqu'au xviii s. : 

Mallier, s. m., cheval de valet, ou de 
postillon, qui porte la malle. Les malliers 
sont sujets à estre escorchez, s'ils n'ont 
de bons coussinets. (Furetière.) 

Berry, mallier, cheval de charge. 

MALIERE, VOir MAILUERE. 

malifaçon, s. f., méfait : 
Pour pluseurs malifacons, extorsions et 
damages, (1341, Arch. JJ 72, f°255v°.) 

Cf. la loc. malefaçon à l'article Mal, 
p. 103, col. 1. 



MAL 



MAL 



MAL 



123 



MALIFICIER, VOir MALEFICIEn. 

malignacion , s. f. , mauvaise in- 

lluence : 

Le philosophe demonstre que Saturne 
Est a la vie contraire et importune, 
Du tout rempli de maiignacion. 

(La Nef de santé, f° 48 °.) 

1. maligne, mallingne, adj., malin : 

Ne habiterat dejuste tei malignes. (Liv. 
des Ps. t Cambridge, v, 3 f Michel.) 

Li malignes espirs en ceste hore vint a 
vos. (Dial. St Greg., p. 74, Foerster.) 

Comme homme mallingne qu'il estoit, 
se cuida esconser et recouvrer navire pour 
de rechief grever le roy Edouard (Wà- 
vrin, Anck. Cron. d'Englet, III, 146, Soc. 
de l'hist. de Fr.) Impr,, mallingue, 

— S. m., le diable : 

Soyent confroissieies les armes del ma- 
ligne. (S, Bern., Serm., Ler, de Lincy, 
p 573.) 

2. maligne, maline, s. f., malice, mé- 
chanceté : 

A cest mot sailli la reine, 
Qui plaioue fu de grant maligne, 
(Dolop., 4486, Bibl. ek.) Var., maline. 

maligneux, adj., dangereux, malin: 

Garde en esté que eaue corrompue ne 
maligneuse ne soit trop près. (J. de 
Meung, Trai. de l'Art de cheval de Veg., 
Ars. 2915, I' 46 t\) 

Les mers cruelles souffleront par vent 
maligneuse, (Le Mir. historial, Maz. 557, 
f" 43 r<\) 

Que, par la folleur maligneuse, 
Perdras toute joye fructueuse. 

(Iflist. duviel test., 1239, A. T.) 

Hue fumée venimeuse, 
Mal odorante et maligneuse. 
(Flamel, Sommaire philosopha ap. Borel.) 

malignier, maliner, malagner, verbe. 

— Act., machiner, tramer : 

Cum pranz choses maligna li enemis el 
saint! (Lib. Psalm.. Oxf., lxxiii, 4, Mi- 
chel.) 

Sur le tuen pople malignerent cunseil, 
(lb., lxxxii, 3.) 

Seur le tuen pueple malignerent leur 
consuel et pensèrent felenie contre tes 
sainz. (Psaut, Maz. 258, f ft 101 r°.) 

— Neutr., tromper, être trompeur, user 
de fraude : 

Es miens prophètes ne voilez maligner. 
(Lib. Psalm., Oxf., civ, 44, Michel.) 

D'ices ki s'esdrecent encuntre mei ma- 
lignanz, ot la meie oreille. (Liv. des Ps., 
Cambridge, xci, il, Michel.) 

Se ensi n*«steit, l'on y porroit trop mali- 
gnîr et faire de granz damages a la gent, 
(As$. de Jèr., t. I, p. 201, Beugnot.) 

Se il puet ce prover par garens anciens, 
vois, ou coutume, ou par autre renomee, 
que l'eritage ait esté des enceslres dou re- 
quérant, et par longue teneure des rnes- 
creans ou autres ennemis en ait esté 
longuement dessaisi, le requérant ou ses 
encestres rendre le doit, se il ne veaut 
maligner. (Ass, de Jêrus., chap. 68.) 

Se le seignor viaut maligner en celle 



chose et tenir le fié. (Liv de J. d'Ibelin, 
ch. clv, Hist. des crois.) Var., maliner. 

Car ceulx qui tiennent les priuceyz par 
ung peu de temps ne peuvent pas mali- 
gner ou faire mal contre le bien publicquo 
semblablement ne si ligierement comme 
font ceulx qui tiennent les princeyz par 
ung temps. (Oresme, Politiq., f° I84 d , éd. 
1488.) 

Ainsi met envie ses bonnes 
De malagner contre les bonnes. 

(Apol. mul. t m. Barberini, fM7 v°.) 

Puis qu'il a veu nostre obstination et 
que nous n'avons voulu cesser de maligner. 
(Bouchard, Chron. de Bret., f° 50 d , éd. 
1532.) 

Le roi très chrétien n'eut onc le vouloir 
si mauvais dï adultère de maligner et te 
courre sus, qui es son père. (Guill. Bri- 
çonniît, Remontr. au P. Jul. H t h la suite 
âes Chron. de J. d'Aulon, t. IV, p. 335, 
Jacob.) 

Il a maligne contre moy despuis que 
nous, eusmes noyse ensemble delà la mer. 
(Palsgràve, Esclairc. de la lang. franc., 
p. 632, Génin.) 

— Malignanl, part, prés., trompeur ; 

Hz l'appellent Tadvoultire, voluptueuse, 
fornicaire, église malignante. (Brochàrt, 
Advis, etc., des quatre motifs pour faire le 
r-nssage d'oultre mer, f° 32 r«.) 

— S. m., homme animé de mauvaises 
mentions : 

Kar avirunerent mei mult chien, con- 
cilie de malignanz pursist mei. (Lib. Psalm., 
Oxf., xxr; 17, Michel.) 

Adonc toute ceste multitude de mali- 
gnans se leva. (0. Maillard, Hist. de la 
pass., p. 41, Crapelet.) 

Maligner est un provincialisme signi- 
fiant dire dés malices : 

M. Gerbet s'entend aussi passablement 
à maligner ,mais il est en général plus sé- 
rieux que M. Féli. (M. de Guerw, Journal, 
Lett. etpoèm., 2 e éd., p. 175.) 

malignosité, s. t., malignité : 

Se il treuvent la chose estre ainsi que 
ce ne soit point advenu ou perpétré par 
malignosité ou hayne. (1445, Sent. , ap . Duc, 
Maligniias.) 

i. maline, s. f., haute marée : 
Maline. {Dial. fr.~flam. t Michelaut.) 

Et lors estant la maline, les galères pas- 
sèrent facilement sur les battures et pla- 
tins. (D'AubignÉ, Hist., II, 302, éd. 1616- 
1620.) 

2. maline, voir Maligne. 

maliner, voir Malignier. 

malingeus, malengous, adj., malingre ; 
La bonne famé malingeuse 
Qui de bien faire est curieuse 
Toz jorz mes Dieu reclamera 
Por l'enfcrté qu'el sentira. 
(Gëff., .vu. Est. du monde, Uiclicl. 1^26, 
P 79 d .) 

Conmença assez tost a estre malingeus. 
(Chron. des rois de Fr., ms. Berne 607, 
f» 16 d .) 

Le rey remist a Gloucestre ; quar yl fusl 
malengous, e gueres ne poeyt Iraviler. 



{Hist. de Foulques Fitz Warin, Nouv, fr. 
du xiv° s,, p. 48.) 

malingre, s. f., sorte de pomme aigre : 

Les pommes de malingre sont ainsi 
appelées par Etienne, dans son Traité 
des Arbres intitulé Seminarium. (Case- 
nkuvb, Orig. fr.) 

Malingre. A sowrish apple, tearmed the 
maligar apple. (Cotgr., éd. 1611.) 

maliniquité, s. f., mauvaise action : 

Et au serpent il osta la voix comme cou- 
russe de sa maliniquité qu'il avoit faite a 
Adam, (Chron. et hist. saint, et prof.. Ars. 
3515, f° 28 r".) 

malinjuue, s. f., blasphème : 

Qui doresenavant diront, de mauvais et 
félon courage, malinjure ou blasfemie de 
Dieu. (1480, Ord.,xiv, 499.) 

malis, s. m., pommier ; 

Si comme li malis est entre les arbres 
del bois, est mes amis entre autres homes. 
(Bible, Richel. 901, f* 8 a .) 

MALISCEMENT, VOÎT MàLICEMENT. 

malisme, malime, adj. ( très méchant : 

Puis li a dit : Fel malùme gïoton, 

Ja n'i orois fors moi a canpion. 

(G. d'Manstone, Richel. 25516, f° 5 r°.) 

Mais il a langue de malime 
Qui tous jors lèche et envenime. 
(Bàud. db Cokdé, li Contes dou dragon, 237, 
Scheler.) 

— Malisme gré son vis, tout à fait à 
contre-cœur : 

Grant fu la noise, li bruis et li estris 
Et tant sorvint Beuvon de ses amis 
Et des barons des millors du pais 
Que la ducoise perdi et ju et ris 
Et si jura malisme gré son vis 
Que Beuves mais ne seroit asaiiiis. 

(G. d'Hansf., Riche!. 2551 G, f 5 v°.) 

malïson, voir Maleiçon. 

malit, voir Maleir. 

malïtouche, s. /., maladie dont les 
descendants de Pierre de Lentivi ont, 
comme lui, prétendu pouvoir guérir par 
le toucher : 

On rapporte qu'il (Pierre de Lentivi) 
avoit le don singulier de guérir par le tou- 
cher d'une espèce de mal appelé mali- 
louche. (Gênêal. de la maison de Lentivi, 
dans le Mercure de France de sept. 1753, 
P. 205.) 

malivolk, - voMe, adj., malveillant : 

Se aucuns malivolles perscrutateurs le 
voulsissent mal interpréter, (Maximien, 
2 8 Arrest du roy des Rom., Poés. fr. des 
xv« et xvi fl s., VI, 122.) 

Sifault avoir recours à la vraye hystoire 
qui confondra toutes les oppositions et 
argumentations frivoles et malivoles des 
contredisantz. (Le Maire, Jllustr., 1. III, 
fo 4 v<\) 

Mars, malivolle. (J. Bouchet, Labyr. de 
fort., Maz. 10832, f« 62 v°.) 

Ha, faulce mort, tant tu me es malivole, 
tant tu me es oultrageuse de me tollir celle 
alaquelle immortalité appartenoitde droict. 
(Rab., Pantagruel, ch. m, éd. 1542.) 



124 



MAL 



MAL 



MAL 



Sapience n'entre point en ame malivole. 
(lu-, ib., ch. vin, éd. 1642.) 

malivolence, - ance, - en&ce, - vou- 
lence, malyv., malev., s. f-, malveillance : 
Chascungs redoute tant sa grant mativolance. 
(Girart de tow-, 1207, Mignard.) 

L'exposant qui n'avoit envera eulz aucune 
malivolence ou mal amour. (1388, Arch. JJ 
133, pièce 172.) 

Escei en le inclination et malivolensce 
dou roy- (Froiss., Chron., III, 351, Luce, 
ms. Amiens, f°88.) 

En grant matyvoulence. (De viia Christi, 
Richel. 181, f ô 183 e .) 

Lorsque Thibere l'eut regardé par despit 
eL malivoulence. (/&., P 187 r°.) 

Toutte rancune et malivolence. {Trahis, 
de France, p. 229, Chron, bel g.) 

Nous lui accorderons sa requeste et lui 
pardonnons toute la malevolence que nous 
avons encontre lui. (Monstrelet, Chron., 
1,49, Soc. del'H.de Fr.) 

Et sur quauque vous povez encourir de 
malivolence envers nous. (Id., ib., I, 114.) 

J e vous rends le chastel et vous pardonne 
toute malivolence. {Perce forest, vol. III, 
ch. 15, éd. 1528.) 

malivolent, adj., malveillant : 
Pour le serviteur malivolent sont la tor- 
ture et les liens. (Le Fbvre d'Est., Bible, 

EcclesiasUc,,xxxUI, éd. 1530.) 

MALIVOULENCE, Voir MALIVOLBNCE. 

malizon, voir Maleiçon. 
maljoint, maujoint, - joinct, s. in., 
nature de la femme : 

N'entende* vous pas bien ce point ? 

Faîtes le mieuk que vous pourrez, 

Et si ou ne dit mot, serre;, 

Donnez dedans sur ce maljoinct. 

(Chasse d'Amours, p. I61 b , ap. StC-Pal.) 
J'en ai pitié : car plas comtes ue dnez 
Ne peignerei; mais comme gens perdaz, 
Vous en irei besongaer chaudement 
En quelque estuve, et la gaillardement 
Tondre manjoinci ou raser Priapos, 
{Rondeau tes Barbiers, dans le Recueil de Poésie 
française^ 1550.) 

Et quant elle en sera a poinct, 

KLle en (d'nn rasoir) ratissera maujoinet. 

(Farce de» Bâtards de Caux.) 

Je suis Tort bon barbier d'estaves 
Pour raser et tondre maujoint. 
(Christ- dp Konv.,Varlet a louer a tout faire % 
Poés, fr. des xv' et xvi* s., I, 84 ) 

Le pape Calixte eBtoit barbier de mau- 
joinet. (Rab., Panlagr., ch. xxx, éd. 1542.) 

Nos chambrières sont condamnées do- 
rénavant se couvrir et ne monétrer leur 
maujoint. (Du Fail, Cont. d'Eutrap,, xxxir, 
éd. 1598.) 

MALLAICHON, VOir MALEIÇON. 
MALLANDRE, VOÎr MALANDRE. 

mallangagier, adj., qui parle avec 
insolence : m 

Robin le Mareschal, l'un des sergens 
ou commis sur le fait des aides,... homme 
très rioteux et mallangagier. (1393, Arch, 
.U 145, pièce 483.) 



MALLANCUN, VOir MALENaiN. 
MALLART, VOir MALART. 

mallatier, voir Maletikr. 

MALLEATION, VOîT MALEATION. 

malleiuzee, s. f t , sorte d'étoffe : 

Un marchand de Florence livre moieo- 
nant yui*m 1, certaine marchandise de 
soie et de mallebizee. (1428, Valenciennes, 
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Cf. Malevoisine %. 

mallece, s, f., lie de sucre : 
Mallece, molossus ; the dregs, or cour- 
ses!, of sugar. (Cgtgu., éd. 1611.) 

malle chaussée, s. t., prestation en 
avoine pour les chev.aux du seigneur ; 
forme corrompue de mareschaussee : 

Item les malles chaussées d'avoine qui 
souloient valoir grant pria, qui ne valent 
n présent que quatre mines d'avoine. 
(1331, Aveu de la seigneurie de Malesherbes, 
ap. Le Clerc de Douy, t, 11, f° 68 r°, Arch. 
Loiret.) 

Cf. Markschaussiee. 

MALLEE, VOÎr MESLEE- 

malleil, voir Maillel. 

MALLEISSON, VOir MALEIÇON. 

malleiz, voir Mailleis. 

mallel, s, m., dimln. de mâle, mari : 

Car puis que feme est mariée 
Ailleurs ne doit eslie vouée 
Fors seulement qu'a sea mal Ici 
Qui espoussee l'a d'anel. 
(Poèt. fr. av. 1300, t. IV, p. 1318, Àrs.) 

malléole, s. l y cheville du pied, 
veine qui s'y trouve : 

Malléole : f, The ankle, or ankle boue -, 
also, a veine that runs along upon the 
ankle. (Cotgr., éd. 1611.) 

MALLER, VOir MAILLIER. 
MALLET, VOÎr MAILLET. 

mallete, voir Maillete 1 au Supplé- 
ment. 

MALLEURË, VOÎr MALHEURÉ. 
MALLEURETÉ, VOÎr MALEURTÉ, 

malleys, voir Mailleis. 

MALLEYSSON, VOir MALEIÇON. 
MALLIE, VOir MAILLIB. 
M ALLIEE, VOIT MAILLTE. 

1. MALLIER, VOir MALIKR, 

2. MALLIER, VOir MAILLIER. 
MALLIERE, VOir MAXLLIERE, 
malliit, voir MALEÏR. 
MALLINGNE, VOÎr MALIGNE. 

mallir, v. a., machiner: 
En celle fleur de temps que le roy de 
Perse mallissoit en son courage destruyre 



celle cité. [Violier des Hi&t, ram., c. xxi, 
Bibl. elz.J 

MALLOIL, VOir MAILLOL. 

mallon, s. m., canard sauvage : 
Eq rivière ère alez o un faucon, 
S'a voie pris une ane et un mallon. 

{Mort Aymeri de Narb., 336, A. T.) 

Cf. MALART 1. 

mallotreox, adj., mal conditionné : 

Il les vit arriver avec cinq cens chevaux 

seulement a Genesve, bien mallotreux t du 

reste de leur naufrage. (Brant,, d'aucunes 

Retraites de guerre, vu, 291, Lalanne.) 

Cf. Malestru. 

malmarghé, adj., blessé : 
Cheval estocquè, ou malmarchè. {Mede- 
cine des Chevaux, p. 27, ap. Ste-Pal.) 

MALMESKRT, maumissert, maumysert, 
s. m., nom donné à de mauvais domes- 
tiques : 

U (le comte de Foix) avoit .un. clercs 
secrétaires pour escripre et rescripre 
lettres, et bien convenoit que ces .1111. 
clercs lui feussent preetz quant il yssoit 
hors de son retrait, ne ne les nommoit ne 
Jehan ne Martin, ne Guillaume, mais quand 
on lui bailloit lettres et il les avoit feues, 
il les appelloit maumissert, ou pour escripre, 
ou aucune chose qui leur commandoit. 
(Froiss., Chron., Richel. 2645, f* 29 r°.) 

U les appelloit malmesert t ou pour escrire, 
ou pour aucune chose qu'U leur comman- 
doit. (lD., ib. t liv. III, p. 29, éd. 1BS9.) 

Va quérir du boys, Maumytert, 
Que je mette le feu au four. 
{Farce d'un Geatilh., Ane. Th. fr., 1, $52.) 

malmeteure, - melure, - mesture, 
maum., s. f., détérioration : 

Et ia touallle remeint seinne 
Conques n'1 ot maumeteure. 
(J. Le Marchant, Mir. deN.-D., ms. Chartres, 
f» 42*. ) 

Espee fort et ferme, sanz nule maumes- 
ture. [Chron. de S.-Den., nos. Ste-Gen., 
V> 153 d .) P. Paris : malmelure. 

malmetre, -mettre,- mettre, - mectre t 
mau>, maul t mao., verbe. 
— Act., maltraiter, gâter, nuire à, violer: 
L'eaca del col li a frait et malmis. 

(Les Loh. t ms. Berne 113, f° 24*.) 
Ll ch asti a us ne sera abatus ne malmis. 

(/*., ms. Montp. H 243, f° 3S ft .) 
N'abalssles pas rostre hautece, 
Ne malmeles ce qu'est en vos. 

(Buk., Troies, Richeh 375, f° I02 d .) 
E la ville robee e destruite e maomise. 

(Rom. de Charlcm,, Romv., p. 23,) 
D'orne et de famé me môrvel 
Qal chateé a Deu pramet, 
Et puis après son tbq mautnet. 

(Gdill., Bêtt. div., 4481, Hïppeau.) 
A poi que Renart n'est malmis 
Dos gaigivoua qui si l'oot sorpri?^ 

(Renart, 808S, Méon.) 

Mais qui vos a issi maumis% 

(/*., «4814.) 

AbatQ esteit la créance 
De celé chose par mesoheaace 
De hérésie ki fa avant mise, 
Duntla créance fu maumise. 

(ChardrYj Seldomans, 1683, Koch.) 



MAL 



MAL 



MAL 



tas 



$ot les escns vont les cols descendant ; 
De io r les bougies les vont raolt maumetant. 
{Attbery le Bpurgoinf, p. 144, Tarbé.) 

Le cuir 11 rompt et maumet le braon 
Si qae li sans li cort jusqu'au talon. 

(Gaydon, 4636, A. P.) 

Desoi la boucle a or li a fraile et malmise 
El Vaubert (Je son dos U deront et desaire. 

{Floovant, 283» A. P.) 

Damedex les gart por la sue pité, 

One lor cors n'ont maumis d&s bons espies Torcois. 

W (/*., 1102.) 

Mius vorroie estre arse en .i. feu 
Que je maumeisce le veu 
Que je promis a mon signor. 
(0'un Roi d'Egypte, etc., Àrs. 3527, f° 9S d .) 

Si ne loupotle fersdel glaive ne percier 
ne maumetre. (Lancel, Richel. 754, f° 15\) 
ïlporroit avenir de uzer d'aucun mestier 
par feue ou par autre choze, de quei le 
uzer d'aucun héritage seroii ars ou marnais. 
(Ass. de Jèr., t. II, p. 290, Beugnot.) 

Gels qui par lor conseil font que l'orfelin 
maumet ses biens. (Liv. dejost. et de plet, 
1, xix, § % Rapetti .) 

Qu'il maumettent de tôt en eaus la sainte 
creence que nos avoni de Dé. {Serra.} 
xin* s., ras. Poitiers 124, f°3 r".) 

Qu'il (le diable) ne nos puisse maumettre 
ne maufaire.- (Io., ib., f» 9 v°.) 

Qui ainques du feu ne fu brulee ne mau- 
mise. (Chron. de S.-Den., ms. Ste-Gen., 
f° 210*.) P. Paris : malmise. 

Ce te ferai connoistre comment il fu 
conceus sans charnel compaignie, et 
comment il nasqui de la pucele sans le 
pucelage maumetrene emperier. {Trait, de 
l'încarn. et hist. de Joseph, ms, St-Peters- 
bourg 56, f* 4*.) 

Ne vivons mie selonc le sens de char et 
ne malmetons mie la parole deDieu.(Bidte, 
Ma?. 684, t« 320 b .) 

Qui char en la Vierge preis, 
Sans sa virginité malmeelre. 

(Jeh. de Mkung, Très,, 14, Méon.) 
Qui char eu la Vierge preîs 
Saos sa virginité malmettre, 

(In.,»., Val. Chr.l49î, f° 2l6\) 
Li -dyauble le maulmistrent durement. 
(Serm., ms. Metz 263, f* 7«.) 

Maumettre, to put one yvell. (Du Gc/az, 
Ait Introd. for to lerne to speke french 
irewly, à la suite de Palsgrave, p. 951, 
Génin.) 

— Réfl,, violer son serment : 
Vers vus s'en est parjurez e malmis. 

(Roi., 3830, Mùller.) 

Or vos volez del tôt maumettre. 
(Bbh., D. deNorm.i H, 1*552, Michel.) 
Tel garde i mette (à roa bouche) 
Que jeo vers lai ne me malmette 
Eu nule chose que jeo die. 

(Besant de Dieu, 2019, Martin.) 

— Malmis, part, passé, gâté, violé, 
maltraité : 

Laquele (foi) se chascun entière e nient 
malmise ne guarderat, senz dutance par- 
durablement perirat. (Ifcru. des Ps,, Cam- 
bridge, 1a comune fei, 2, Michel, p. 288.) 

En t out merveilles oscis, 
Plaies e nafrez e maumis. 

(Beh., D. deNottn., II, 6511, Michel.) 
Car tant est de parler maumis (le mesdit) 
Ke de noveles tous decourt. 
(Hescmjs db Moïl., Miserer., exiv, 8, Van Hamel.) 



Nos veismes jadis tenir 
Les riches cors, et départir 
Vair et gris, pailes et cendaus, 
Or et argent et biaus chivaus; 
Et par les riches dons douer 
Se faisoient il moult amer. 
Or est U monde si malmis 
Cou ne done ne vair ne gris. 
(Rob. de Blois, fîetwdons, Richel. 243Û1, p. 476.) 

Unes lettres sainues et anlieres, noient 
effaciez ne maulmises en aucune partie, 
(Mai 1300, Quitt. de la Ch. des compt. de 
Dole, Arch. Doubs.) 

Nous avons veues unes lettres saines et 
entières, nient maumises, nient corrum- 
pues, nient empiries. (Vidim. de i304 d'une 
charte de 1266, Arch. mue. Abbeville, 
AA 8.) 

mal.net, maulnet, maunet, adj., mal- 
propre ; 

MauUneltes bestes, (xv ê s.,Yalencienues, 
ap. La Fons, Gloss. m., Bîbl. Amiens.) 

Aulcunesfoys je les appelle non mau- 
nettes, mais mouettes, comme la Juno des 
Rommains. (Rab., le Tiers livre, ch. \vi, 
éd. 1552.) 

Jambe maunetle, crasseuse. (LA Porte, 
Epith.,éd.l571.) 

Maunet, sordîdus, (Fed. Morbl, Diciio- 
nariolum, éd. 1632.) 

Namur, mâné, sale. Jura et Suisse rom,, 
Fribourg, maunet, malpropre, 

malnetïesb , waw., s. f., malpro- 
preté : 

Qui getteronl autre putie et maunetiese. 
(1387, Rec.diplom. de Fribourg, V, 7.) 

malo, exclamalion : 

Droit es visours s'est avanexie 

Et va criant comme un Turc : 

« Malo, malo au riche duc t » 
(G. db St André, libvre du bon Jehan, 2221, 
Charrière.) 

malobathre, s. m., sorte d'arbre 
d'Egypte, de Syrie, d'Inde, aux feuilles 
repliées : 

Malobattre, arbre d'Egypte, de Syrie et 
d'Inde, aus feuilles repliées, dont on epre- 
gnoit une huile précieuse, à teindre et 
parfumer les cheveus : hoc malobatbron, 
malobathrum. (MortET, Invantaire des deus 
langues françoise et latine, Lyon 1636.) 

maloiet, voir Maleir, 

maloir, verbe. 

— Act, aimer mieux, préférer : 

Si aucuns de la commune de Collomiers 
mault païer ,xx. liv, il sera quite do sere- 
ment et de la prisie de celé année vers 
moy. (1237, Hist. de Meaux, II, 127.) 

— Neutr., valoir mieux : 

Gatin, pitié mault niieulx qu'envie 
En vertu, se disent les sages. 
{Farce de Colin qui loue et Jespite D., Ane. Th. 
fr., I, 228.) 

îvialoist, voir Maleir. 
mai*oistru, voir Malkstru. 
maloit, voir Malbïr. 

MALOITEMENTj VOÎr MaLEOITEMENT. 



maloitisme, maletime, mattime, adj., 
maudit : 

Cil soi repentent vraiement de lor tres- 
passeiz forfaiz, ki el biandissant enhor- 
tement aparzoiveut les aguaiz del maltime 
enginior. {Moralit. sur Job, ap. Foerster, 
Diai de Greg, lo pap., p. 318.) 

Se vus vulet estre sauvé, 
Gardez que cest seit ben celé. 
Se vus au rei sunez au mot, 
Vus frez ke maletisme sot. 

(Chardry, Jô&aphaz, 993, Koch.) 

— Maloitisme son gré, tout à fait malgré 
lui: 

Buevon escrie : Cuivers, trop as duré, 
Ûuant Yvorin mou oncle as vergondé 
Tolu sa femme, maloitisme son gré. 
(Beuve d'Anstonne, Richel. 123i8, f° 182 r°.) 
Cf. Maleir. 

MAL.QN, voir Malan. 

malooit, voir Maleir. 

maloré, voir Maleurk, 

malostkUj voir Malestru. 

{. malot, mallot, s. m., espèce d'in- 
secte, guêpe, bourdon, frelon : 

Toz jori doit puir li fumiers, 

Et toons poindre et malox bruire, 

Et félons envier et nuire. 

(Chrest., Chev. au Lyon, 116, Holland,) 

Mais plus poignant sunt par deriere 
Que ne sunt wepes et malot. 
(G, db Coïhci, Mir., ms. Soiss-, f û 29 a ; Hichel. 
19152, F 3t\) 

Qant li malos brut sor la flor. 
(Chans,, ap. P. Paris, Mss.fr, delà bilflioih. 
du roi, VI, 61.) 

Aloul, ceenz sont U malot, 
Fet li prestres, en ce tinel. 
{Le Flabeld 1 Aloul, 596, ap. Monlaîglon, Fait., 

1. 275.) 

Quant il conviertit Tôt 
Li peutles et U vesques de la cit dire Tôt 
Si qu'il n'i a celui S. Jehan moult ne lot 
Quant il a mleljetet de si poinaaut malot. 
De si poianant mallot a gietet ree et miel 
Qui soloit iôstre plains de venin et de fiel. 

{De S. Jeh., Richel. 2039, i° 33 a .) 

Plus timemus viros malos 
Que Tfueppas ne que gros mallos. 
(Molinbt, Faictz et dicts, f° 215 v°, éd. 1540.) 

Malot s'est conservé dans plusieurs pro- 
vinces, en particulier dans la Picardie, la 
Flandre, la Champagne et la Meuse. Rou- 
era, malot, adj., qui gronde toujours. 

Nom propre, Malot. 

2. malot, s. m., pourceau : 

Malot: m. A little boar. Norm. (Cotgr., 
éd. 1611.) 

3. malot, voir Maleir. 

malotjb, s. f., valise : 

.i. maloie en cuir. (1348, Compte, Ch. 

des compt, de Dole, — , Arcb. Doubs.) 
82 

Fr.-Comté, S'auget, malouta, boule de 
neige. 

maloteur, s. m., fabricant ou mar- 
chand de valises appelées malotes : 



126 



MAL 



MAL 



MAL 



Pointart le maloleur. (1324, Arch. JJ 
62, t° 210 v.) 

malotru, voir Malestru. 

malouet, voir MaleIr. 

malouré, voir Maleuré. 

malous, adj., mauvais : 

La gens malouse, 
(Jeh. des Preis, Génie de Liège, 5691, Scheler, 
Gtoss. philo L) 

maloustru, voir Malestru. 

malpairlier, voir Malparlier. 

malparleor, maup., s. m., médisant : 

Ne soyes noie mauparlerres, 
L'on gaigne po estre janglieres. 

(Calhon, Richel. 40i, F 219».) 

malparler, mauparler, v. n,, parler 
mal de quelqu'un, médire : 

S'en fesiez aperce vance 
Jamais de vostre délivrance 
Maupartereit rietns qui fust nez, 
Eisi serriez pais gardez. 
(Brn., />. de Norm., Il, 13876, Michel.) 

Cestuy ci de toy bieD dira 
Et cet autre eu malparlera. 
(Vaoq., Epigr-t de mépriser le vulgaire, Genty.) 

— infin. pris subst., médisance, calom- 
nie : 

Car je criens que le malparler 
Des gens ne me laist plus atendre. 

(L'Escouffle, Ars. 3319, f° 50 r°.) 

Voulons encore eschiver les obloqu- 
cions et malparler de plusieurs medisans. 
(1352, Arch. JJ 81, pièce 493.) 

— Malparlant, part, prés., médisant : 

Hé 1 trahitor mesdisant, 
Com vos estes malparlant ! 

(Rotruenge, P. Meyer, Ree., p. 377.) 
Mesdisans félons ne losengiers malpar* 
lans. (Jeh. de Tuim, Yst de Julius César, 
p. 104, var., Settegast.) 

Et combien qu'aucuns malparlans 
Dient que c'est pour veoir leurs chalans 
Qu'elles y vont mectre l'enchère. 
(1500, VAdvocat des dame» de Paris, Poés. fr. 
des xv B et" xvi° s., XII, 25.) 

malparlier, malparler, malpairlier, 
mauparlier, adj. et s., qui parle mal des 
autres, médisant : 

De G. sai, le malparlier. 
(La Jengle an ribaut, Richel. 837, f° 21 4 a .) 

Fine amor et entière 
Doit on loer 
Et la gent mauparliere 
Sor tous blasmer. 
(Gobins de Rains, Çhans., ap. Tarbé, les Chan- 
sonn. de Champagne aux xu" et xm" s., p. 54.) 

Por celé gent mauparliere 
Qui ja les cuers n'auront las 
De dire mal en derrière. 
(Gonth. db Soigmies, Chûns., ap. Scheler, Trouv. 
belg., 2» sér., p.^4.) 

Ne crées mie 
Mauparliere gent haie. 
(Duc de Bkab., Chans., ap. Scheler, Iroui. ùclg , 
p. 46.) 

Li malpairlier, li medixant, 
(JaiQues d'Amiens, Chant. i ms. Berne 389, 
f° 91 r° ) 



Trop de mauls m'esteut endurer 
Pour celi que j'aîm sanz fausser j 
N'est pas par 11, au voir parler, 
Ains est par mauparliere gent. 
(Jehann. db Lescdrel, Chans., iv, Bibl. elz.) 

Se ceste parole ont gent malparliere oie 
Partout sera contée. 

(Gaut. d'Aup,, p. 27, Michel.) 

Li malparlier tant en parolent 
Que l'amor ans fins araanz tolent. 
(Le Dit de la rose, ap. Jub., JongL et Trouv., 
p. H6.) 

Nus haus nom ne doit amer losengier 
mesdisant, félon, mauparlier ne encusseor. 
(Jeh, de Tuim, Yst. de Julius César, p. 103, 
Settegast.) 

Tnnt i ad des feluns ki tant sunt malparler. 
(Flûrn, 891, Michel.) 

Ouvrer nous convient sagement, 
Trop sont de malparliere gent. 

(Couci, 2269, Crapelet ) 

Et si redoubt tant la gent malparliere 
Que de poor vois tout por enlz tramblant. 

(Panthère d'Amors, 904, A. T.) 



Langue malparliere. 
(Froiss., Poe's., Richel, 



f» 22 r°.) 



malpart, maulpart, s i. } mauvaise 
répartition : 

Cinquante livres tournois pour survenir 
ausdietz maulpart et evaluacion des mon- 
noyés de l'impost. (1483, Compt. deNevers, 
GC 71, f° 10 r°, Arch. mun. Nevers.) 

1. malparti, adj., disproportionné, 
mal partagé : 

Illec commença une bataille malpartie, 
aspre et cruelle, {Perceforest, vol. V, 
f° 26, éd. 1528.) 

Je me tireray a la partie qui le pire en 
aura, et feray tant d'armes, a l'aide d'a- 
mours et d'arrjye, que la malpartie revien- 
dra au dessus, et la bien partie qui vie 
toire avoit au dessous, {/£»., I, f° 127 a .) 

2. malparti, -y, s. m.j mauvais parti: 

. , Tost après changeant d'opinion, 
Je me trouvai a malpari y rangée, 
Et plus d'habit que de vouloir changée. 
(J. du Bellay, Œnv,, Jeux rustiques, f° 491 v°, 
éd. 1492.) 

malpas, mat*.; s. m., mauvais pas, 
passage difficile : 

Ains n'i garda ne maupas ne sentier. 

(Les Loh., ms. Montp,, f° 187\) 

Aureit il nul de vus ici 
Ki maupas u destreit seust 
[J l'um encumbrer les peast ? 

(Marie, Lai d'Eliduc, 166, Roq.) 

Ha, faulx Juifz, vous ne dites pas 
Gomment jadis de tous manlxpas... 
Il vous a d'Egypte gectez. 
(Deguileville, Trou Pelerinoiges, ( a 193*\ 
impr. Instit.) 

Lausanne, le Maupas, nom d'un quar- 
tier de la ville. 
Noms propres, Malpas, Maupas. 

malpeigné, maupignié, adj., dont les 
cheveux sont en désordre ; 

Hericé chief et maupignié. 
(Ckr. de Pis., Pôés., Richel. 604, F 172 v°.) 

malpensé , mau, , s. m., mauvaise 
pensée ; 



Laisiéa ces maupenses. 

(Quatre /ils Aym. 



p. 6, Tarbé.) 



malpenser , mau., v. n., avoir une 
mauvaise pensée ; employé subst. pour dire 
mauvaise pensée ; 

Cel jor fu l'enfant od le rei 
Senz maupenser e senz effrei. 
(Ben., D. de Norrn,, II, 12885, Michel.) 

Si la reine ont maupenser, 
Petit U pout pais demostrer. 

(Id., î*., H, 30784.) 

malpensif, mau., adj., en mauvaise 
pensée, malintentionné : 
Quidout que de fin quor leial 
Senz traison e senz nul mal 
Vousist ceo qu'il aveit requis, 
N'ert de rien vers lui maupensis. 
(Ben., D. de Norm., II, 12371, Michel.) 

malpertuis, - uiz, s. m., mauvaise 
ouverture : 

La pucelle mena Andrence en la maison 
de la jouvencelle qui lors demouroit en 
une rue nommée Malpertuiz ; cestui nom 
demonstre assez combien celle rue soit 
honeste.fL.DE Première,, Decam., Richel. 
129, f° 46 r\) 

Nom propre, Maupertuis. 

malpiteus, - eux, mau. t adj., sans 
pitié : 

Le pauvre trompette fut traité de ces 
malpiteux Allemans plus rigoureusement 
qu'auparavant. (F. de Rabutw, Comm., 
un, éd. 1574.) 

Le cœur de ce maupileux ' ne fut au- 
cunement amolly qu'il ne les âst tous sac- 
cager. (Extr. de Jean de Marconville, Arch. 
cur., l' e sér., t. HT, p. 44B.) 

f .e malade qui mal se garde 
Son médecin rend maupiteux. 
(J.-A. de Baif, les Mimes, 1, I, f° 13 r°, éd. 
1619.) 

Un médecin aspre et maupiteux. 

(AmyOt, CBuv. mor., les Dicts notables 
des Romains, IX, éd. 1819.) 

La France est maintenant entre les 
mains d'usurpateurs, courue et brigandee 
par les siens propres ou de maupiteux 
eBtrangers. (Fàdchet , Antiq. gaul. t V 
vol., vin, 1, éd. 1611.) 

Que tardons nous a chasser ces fas- 
cheux hostes, maupiteux bourgeois, inso- 
lents animaux, gui dévorent nostre subs- 
tance, et nos biens comme sauterelles? 
(Sat. M$n. t Har. de d'Aubray, p. 228» éd. 
1593.) 

Ah ! je prevoyoy bien ce maupiteux empire. 
(Schelandre, Tyr. et Sid., I e journ., II, 2, Bibl. 
elz.) 

Cheflet ensanglanta sa dextre maupiteuse. 
(Vauq., Su/., un, a Hier. Vauq., Genty.) 

Poit., maupitou, colérique, turbulent. 

malplaisamment , mauplaisamment, 
adv., d'une manière désagréable : 

Injucunde, mauplaisamment (R. Est., 
Dictionariolum.) 

malplaisance, mau, f s. f., mauvaise 

grâce : 

Le champ en friche porte Paluyne amere, 
En malplaisance resemblant a sa mère. 
\Trad. de VHyst. des plant, de L. Fousck, c. 1, éd. 
1549.) 



M/VL 



MAL 



MAL 



127 



Mauplaisance, mauvaise grâce, (R. Est., 
Dictionariolum.) 

malplaisant, mauplai&ant, adj.-, fâ- 
cheux, déplaisant : 

Lui conta ceste matplaisante nouvelle» 
laquelle du commencement on voulut 
tenir secrète, de peur d'estonner le peu- 
ple. (Du Bell., Mem. } f 1 288, éd. 1869.) 

Je ne pense pas qu'il y ait femme au 
monde a qui les personnes malplaisantes 
ennuyent tant qu'a moy. (Ant, Le Maçon, 
Decameron, m, 227, Dillaye.) 

Mauplaisant, injucundus. (Fed. Morel, 
Dictionariolum , éd. 1632.) 

i. malpoint, maupoinl, adj., pipé: 

L'exposant a esté trouvé saisy de quatre 
dez maupoinSj de deux qui esloieût pers 
et autres deux non pers. (1399, Arch. JJ 
154, pièce 168,) 

2, malpoint, - poynt t mau., s. m., 
mauvaise situation : 

Toute celé contrée estoit en maupoint et 
en grant perill. (G. de Tïr, xvii, 10, Hist. 
des crois.) 

Je le mets en malpoynt — I bringe him 
out of favour or out of conceyte. (Pals- 
grave, Esclairc, p. 468, Génin.) 

malportrait, adj,, mal bâti : 

Vilains malportrait ! 
Toz jon flairiez vous Ion vin ! 
(Pasteur,, cxxxyiu, Oxf., Bodl., Douce 308.) 

malprendre, v. a., voler, dérober : 

Guillemin a confessé avoir fait plusieurs 
larrecins et malpris et emblez plusieurs 
deniers. (1360, Arch. JJ 90, pièce 868.) 

malpreu, maupreu, s. m., dommage : 

Je croy qu'il face sa neufvaine a quelque 

sainct. Maupreu lui puist il faire de me 

ainsi espargnier ! (Les Evang. des Que- 

nouill.y p. 71, Bibl. eh.) 

malprins, adj., malheureux, désas- 
treux : 

Entre ces haynes et maltalens mal- 
Hns. (Froiss., Chron., XV, 205, Kerv.) 

malquerant , mau., adj., malveil- 
lant, qui cherche à faire du mal : 
La vint li qnsns Tiebauz a eus, 
Vers le dac mauqueranz e feus. 
(Ben., D. de Nom., 11, 2040-1, Michel.) 
Doit amoncelé et ensanle assanlé aver et 
malquerant ensegnent. (Li Ars d J Amour, il 
199, Petit.) ' 

malsage, mausage, - aige } adj., qui 
n'est pas sage, insensé : 

Delirus, mausages. (Petit, Vocab. latr 
franc, du xm 9 s., Chassant.) 

peuple fol, mausaige, qaiers tu estre 

Vers ton Seigneur par ce recompensenr ? 

(B. des Periers, Cani. de Moise, Poitiers 1551.) 

Depuis dix ans a prias aux boscageuses plaines 
De malsages ramiers et cent et cent douzaines. 
(Gaoch., Plais, des Champs, p. 254, e*d. 1604 ) 

malsavoir, s, m., ignorance : 

Et s'aiment mielz le bon saumon 
Que le bon livre Salemon 
Et le fort vin de malsavoir 
Que le bon livre de savoir. 

(Stè Leocade, Richel. 49132, f° 31'.) 



prins 



malseamment, adv., d'une manière 
inconvenante : 

Quoy et comment sera bien ou malseam- 
ment fait. (J. de Gastelnau, Façon et 
coust des anç. Gaull., f° 68 v°, éd. 1559.) 

malseance, s. f,, messéance, incon 
venance, indécence : 

J'ay déjà souvent protesté de l'imper- 
tinence et malseance de ces procès et im- 
mortels differens, (Paradin, Hisf.de Lyon, 
p. 229, éd. 1573.) 

Et se donne loy de juger des bien ou 
malseances des comédiens (Paso., Rech., 
IÏI, 16.) 

Malseance: f, Uncomeliness, unseemli- 
ness, unhansomeness, ill favouredness. 
(GoxGR.,éd. 16H.) 

Malseance, f. Indecencia. (C. Oudin, 
1660.) 

malsehur, yoir Malseur. 

malsené, mau., adj., qui a de mau- 
vaises intentions : 

Ne crées mie celé gent malsenee. 

(Ânberi, p. 88, Tobler.) 

U Saigremors li desreeg, 
U Percevais li malsenes. 

(Fergus, 2307, Martin.) 

Dont s'entr'ocirent et defors et dedens 
a grans dolors et a gries paines corne 
gens mausenee et qui d'aus n'avoient cure. 
(Estories Rogier, Richel. 20125, f° 114 b .) 

malseur, malsehur, adj., incertain, 
où il y a du danger : 

Touz li pais estoit si malsehurs que nuns 
ne osoit aler ne venir. (1316, Ord., i, 637.) 

Et du pennage ailé les présages moiteurs. 

(J. de Montlyàrd, Mythologie, p. 57, éd. 1607.) 

malsoigneux, voir Mausoigneux. 

malsonance, s. f., dissonance : 

Ou transposer quelque diction l'une de- 
vant l'autre afin d'éviter la dureté et ru- 
desse de quelque malsonance. (Vigbn., 
Comm. de Ces., Annot,, p. 3, éd. 1576.) 

malsonnant, adj,, qui sonne mal : 

Langaiges malsonnans. (1467, Ord., 
xvir, 44.) 

malsouffrant, adj., impatient : 

Et est courouseus et malsouffrans. (Des 
vu Plannettes, Richel. 2485, f ft 13 v».) 

malsuivre, mau&uyvre, verbe. 

— Act., accompagnera son désavantage : 

Si tosl (jue les gens du duc faïsoyent 
une emprise contre ceux de Gand, ils 
estoyent malsuivy par les cloches des 
villages qui avertissoient de l'un a l'autre. 
(O. de la Marche, Mém., p. 382, éd. 1616.) 
Var. de l'éd. Michaud (I, xxvii) mansins, 
qu'il faut lire mausuis. 

— Neutr., échouer : 

Si fut mausuy en son emprise, et sailli- 
rent les Gandois a grosse puissance, et 
mirent embusches sur le passage qu'il de- 
voit passer, (O. de la Marchf, Mem., 1. ï, 
ch. xxvi, Michaud.) 

maltaillié, mou., .adj , mal préparé, 
peu capable : 



Mon rude entendement mautailliê de 
parler ou d'escrire du gouvernement de ce 
monde. (Maiz., Songe du viel pet. lit. 140, 
Ars. 2683.) 

maltalent, - ant, mau., ma., maule- 
lant, matelant, s. m., irritation, colère, 
dépit : 

Espand sur eals tuen maltalent. (Liv, 
des Ps., Cambridge, lxviii, 27, Michel.) 

Guillaraes Tôt, de mallalenl rogi. 

(Les Loh., ms. Berne 113, f° 33*. ) 
Li dus Tentent ; si tinst de matalant. 
(lb>, fragra. Châîons, v. 110, Bonnardot.) 

Son mautalent li pardonne Pépins. 
(Gar. le Loh., V chans., xxvm, P. Paris.) 

Quand ire et mautalenz les toche. 

(Ben., Troie, ms. Naples, f 9 9\) 
D'ire et de mautelant roigit comme cerise - 

(J. Bod., Sax., xxin, Michel.) 
Mautelant ot li cuens, si fist samblant pansif. 
(ïd., îb. f xxiv.) 
N'en els tum maltalent vengier. 

(Brut, ms. Munich, 510, Vollm.) 
Mais encor eirt en mallalenl 
Envers sa fille mult griement ; 
Vers li avoit mult grant îror. 

(M., 2904.) 
Finees apaisantet lo malalant del si- 
gnor. (Greg. pap. Hom.,p. 55, Hoffmann.) 

ftostre empereres refraiot son malelant. 

(Gir. de Yiane, Richel. 1448, f* 4 d .) 

Par molt fier mautelant. 

(lu., f° 5 a .) 

Tôt plains de mataient. 
(Car. de Môngl., Vat. Chr. 1517, f° 10 e .) 
De mautalant et tl'ire prist color a muer. 

(Parise, 1038, A. P.) 
Selonc le malalant qu'il ait. 

(LU. Psalm., ix, p. 267, Michel.) 

Par mont grant mautalant l'en a araiaoné. 

(Floovant, 85, A. P.) 

Kmelons fut proudons, son mautalant retint. 

(/*., 1041.) 

Ce est H maut aient z 
Qui nous départ. 
(R. deHod., Meraugis, ms. Vienne, f° 4 d .) 

Sages hom son mautalant quenvre. 

(Rote, Richel. 1573, f G2\) 

De ceste responsce eult li comtes de 
Monfort grant matalant et se retrai ar- 
rierre. (Froiss., Chron., II, 271, Luce, ms. 
Amiens, f° 53.) 

Por matalant (J. de Stavelot, Chron., 
p. 96, Borgnet.) 

Les barbares enflammez d'ire et de 
maltalent (Georges Selve. Camille, éd, 
4647.) 

A quoy le roy condescendit, comme ce- 
)uy qui leur portoit et avoit conceu un 
maltalent de cette condamnation. (Pasq., 
Rech.,lU,9.) 

Et jusqu'à la fin du xvn 9 s. : 

Ayant appris que toute la chambre 
murmuroit et menaçoit hautement de lui 
faire cent difficultés à sa réception, il n'y 
songea plus, et garda pour ces messieurs 
un maltalent qu'il leur a bien fait sentir 
dans la suite de son ministère. (Ghoisy, 
Atëm.,1.11.) 

Si celui-ci n'a gue vingt-cinq ans, il est 
plus probable qu'il n'est pas atteint de la 



128 



M.AL 



MAL 



MAL 



rancune et du mallatent de ceux qui 
étoient hommes faits, au temps de la 
grosse querelle de l'avis aux réfugiés. 
(Bàyle, Lett,, à M. Régis, 6 oct. 1607.) 

Je n'ai aucun maltalent contre M. de 
Bonnecorse du beau poëme qu'il a ima- 
giné contre moi. (Despreàux, Lett, à Bros- 
sette, 1" avril 1700.) 

maltalenter, mau. t v. a., irriter 
courroucer : 

Arricrs alerent et leropterent 
Den, et si le mauta tentèrent. 

(Lib. Psalm., lxxvit, p. 314, Michel j 

— Maltalentê, part, passé, irrité : 

Si se tira ung peu arrière et faisoit sem- 
blant qu'il se vouloit reposer, mais Lan- 
celot, qui estoit courroucé et maltalentê 
de ce que la bataille avoit tant duré, si 
lui courut sus... {Lancelol du Lac, 3* p., 
ch. xi, éd. 1488.) 

maltalentif, - tiu, - talantif, - tal- 
lentif, - telantif, mau., ma., adj., irrité, 
courroucé, de mauvaise humeur : 

Rollant ad doel, si fat maltalentif s. 

(RoL, 2056, Millier.) 

Entre eus se lancent fiers et mautalentis, 

(Les Loh., ras. Yat. Urb. 375, f° 7 e ,) 

Li queus Fromons si fa mallalenlis. 

(Ib., ma. Berne 113, f 49 e .) 

Fiert en la presse com hons mautaleniis. 

(Ib., Ars. 3143, f° 23<J 

Li bers monta fiers et mautaleniis, 
L'eecn an col, en cantel l'a assis. 
(Gar. le Loh., 2* chans., y, p. 168, P. Paris ) 

Devant les antres, plus qu'uns ars ne traisist, 
S'en Ta li dns d'ire mautaleniis. 

(Ib., 2" chans., xxxn, p, 95.) 

Vers tos seront no prince fier et mautelantif, 
(J. Bod., Sax., ixiv, Miche],) 

Vers vous seront no prince fier et maltalentin 
(In., ib., Ars. 3142, F 232 r .) 

Et ge qui sa i mautalentive 

Jnrai comme foie chetÎTe 

One sot lai vorroie venchier. 

(Percerai, ms. Montp. H 249, F 252 d .) 

Car dans Gnillanmes an cort nés li marchis 
Se siet tos tens corrodez et marris, 
Irez et fiers et moult mautaleniis. 

(Aleschans, Jonrn. des Sa?., janv. 1857.) 
Car li dus est dolanset moult maltaîentis 
De çon qu'aves estet enssement assalis. 

(Chev. au Cygne, 4974, Reiff.) 

Lors vint Gaheriez et se? conrois, et 
furent .m. m,, et tuit molt preu, et se fiè- 
rent entr'els irié et mautalantif. (Àrtur, 
Richel. 337, f°50\) 

E toi Rainnier fier et matalantis. 
(Girard de Viane, Ricbel. 1448, f° 6 É .) 

tl est matallentis. 

'rt., f° 7 b .) 
...... Si a .i. paison pris, 

A qnoi le très fut tandns et assis : 
11 l'en esraiche com noms mafofentis. 

(Ib., p. 111, Tarbé.) 
Aine li frans hom ne se Tôt rendre vif, 
Àins se desfent comme hom mautaleniis. 

(Huon de Bord., 8404, A. P.) 
Mautaleniis et pris d'ire 
Li recommence cil a dire 
Une ramprone moult amere. 

(lins Mir. ff.-D,, Ars. 3527, f°142 J .) 



Estes vous chascun des manfez 
Mautalentîz et eschanfez. 
(Le Pet au Vilain, Montaiglon el Raynaud, FabL, 
III, 105.) 

Tant estoit mautalentis et correciez. 
[Chron. âe S.-Den,, ms. Ste-Gen., f° 302 b .) 
Amis, fait li rois, en va foi ! 
Ne soies si maltaîentis. 

(Fregus, p. 48, Michel.) 
Garins est retourné, le chevalier de pris, 
Et Robastreavec li, fier et mautalentis. 

(Gaufrey, 453, A. P.) 
Et Berlran respondy de cner mautalantis. 
(Cdyel., Vie de B. du GuescL, var. des v. 21678- 
21696, Charrière.) 

Quar li rois estoit moût mautalentis et 
malsenes quant il estoit en ire. (Estories 
Rogier, Richel. 20125, f° 100*.) 

Dont se retrest messires Loeis d'Es- 
pagne vers les logeis tous mautalentis. 
(Ffioiss., Chron., 11, 177, Luce.) 

Li roys fu si eourouchies et si mania* 
lentis sus les Flammens. (Id., f&., HI, 319, 
Luce, ms. Amiens, f° 85 v°.) 

MALTALENTIU, Vûir MALTALENTIF. 

malté, manié, s. f., méchanceté : 
U lur malté peust estaindre 
Ester en paiz aample e bien. 

(Bkn., D. de Norm., I, 564, MicheU) 
Ainz monta puis tant lar maltez 
E lar orribles crueltez 
Que... 

(In., ib., I, 811.) 
Coneu a lor félonie 
E lor manié e lnr envie. 

(In., ib., II, 10391.) 
Lor mautez saveit afrener. 

(Id., ib., 17431.) 
Qoi le quer a plein de venim, 
Plein de maulé, plein de deslei. 

(In., ib., U, 21913.) 
L'evesque, u n'ont mauté n'orguil. 

(Id., ib., II, 23015.) 
Des or von s conterai ades 
Com a son père fu marie, 
Pour sa malté, pour sa folie, 
Des trois rois qu'ele avoit gaerpis. 

(Id., Traies, Richel. 375, f* 683.) 
Que il prist autre famé et si fa maries, 
Qoi moult estoit diverse et pleine de malles. 
(Gaufrey, 10581, A. P.) 
Cis fa drois bues qui t'engendra, 
Ne ja nature ne faudra, 
Bien li semblés de cruauté, 
De felonnie et de maulé. 

(FabL d'Ov., Ars. 5069, f° 107 b .) 

maltenir, mau., v. a,, maltraiter : 
S'il m*unt laidi e mautenu, 
Assez le lor ai cher vendu. 
(Ben., D. de Norm., II, 22216, Michel.) 

— Brouiller : 
Et me voelent vers vus mesler et maltenir. 
Et l'amur et la peis des fer e et envanir. 
(Garhieb, Vie de S. Thom., Richel. 1351 3, f> 80 a .) 

MALTIME, VOl'r MALOITISME. 

maltourner, v. n., se trouver mal : 
Quant Eûglentine l'ouyt, peu s'en faillit 

que de courroux et d'ire ne mallouma. 

(Gérard de Nevers, I, xxvi, éd. 17S7.) 



MALTRAIBLE., 

peine ; 



Viau., adj.j dur à la 



Ici a chevalier pénible 
E endurant e maulraible. 
(Ben., D. de Norm., Il, 6723, Michel,) 
En qui est force pins pénible, 
Pins enduranz, plus mautraihle. 

(ÏD., ib., II, 23485.) 

maltraire, - trere, v. n., souffrir, 
avoir du mal, être dans la peine : 

Mes l'en voit aus pltisors maltrere 
Toz jors tant corne il viveront, 
Ne ja por ce Dieu n'en auront, 
Ainz conquerront la grant pnor 
D'enfer, la paine et la dolor. 
UHbleau seignor de Berze, 120, Méon, FabL, IL 
397.) 

Tous pécheurs, et qui maltraita, 
De requérir ces sains s'apreste, 
En quelque péril qu'il l'ara, 
A sa prière ne fanldra. 
Dieux essaucera sa reqneste. 
(E. Deschamps, Pùés., Richel. 840, f° 336 r ft .) 

— Infm. pris subst., mauvaise récep- 
tion, mauvais traitement ; 

Trop rae puis de chauler taire, 
Se biens m'en peust venir 
De celi dont li mallraire 
Me font la coIot pâlir, 
(Chans. attribuée à Thib. de Marly, ap. Crapelet, 
Vers sur la mort, p. 8.) 

Forez, mautraire, vivre mal, au physique 
et au moral ; vivre dans la peine et le 
tourment. 

maltrait, - tret, s. m., mauvais trai- 
tement : 

.... Ne m'en puis taisir 
Que mon maltrait, en chantant, ne vos die. 
(Poêt. ms. av. 1S00, t. I, p. 165, Ars) 

Ja n'aura tant de maltret. 
(Bornant â'amors, Richel. 837, f° 123 r°.) 

maltrait able, maltraitt. f maltraict., 
adj., intraitable : 

Toutes gens sont si maltraiclables. 
(De Ceux qui carolerent un an pour empeschicr le 

divin service, ms. Avranches.) 

Aucuns... sont si rudes et si maltrai- 
tables a céulx qui se confessent, qu'ils les 
mettent plusieurs foys en péril de damna- 
cîon. (Doctrin. de Sapience, f ô 42, an. Ste- 
Pal.) 

L'esleu empereur, quand ce viut a 
traitter ladite délivrance, fut trouvé si rude 
et mallraittable, demandant choses si 
desraisonnables qu'il donnoit assez a 
cognoistre n'avoir vouloir d'entendre a 
aucun appoinctement. (Bbllkforests, 
Chron. et Ann. de France. François I er , 
an 1525.) 

Les uns et les autres deviendront inso- 
lens et maltraitables. (Du Villars, Mêm., 
VII, an 1556, Michaud.) 

maltraitement, - aictement, mau. t 
s. m., action de maltraiter, mauvais trai- 
tement : 

En tel manière que par le baston et 
mautraitement que il li avoit fet ele avoit 
abortie la créature que ele portoit. (1313, 
Arch. JJ49,f"9 v>.) 

S'est dit jusqu'au xvm* s, : 

Maltraictement, m. Malacogimiento 
(C. Oudin, 1660.) 

,ïe luy renvoyois sans maltraitemenl tous 



MAL 



MAL 



MAL 



129 



mes prisonniers. (Journal du corsaire Jean 
Doublet, 1663-1711, Chnnivny.) 

Suisse, Fribourg, maltraitement, mau- 
vais traitement. 

MALTUERE, VOir MALTBAÏRE. 
MALTUET, VOir MALTRAlT. 

maltrouvé, adj., faux, controuvé : 

ïl se doubtoit que le roy de Sicile, le 
connestable... estoient alliez ensemble, 
faisoient une praguerie, ce qui fut mal- 
trouvé, car ils n'y pensoient point. (Hist. 
d'Artus, JJJ, eonnest. de Fr,, Pari? 1622.) 

malucase, s, m., terme du jeu de 
longue paume, action de mal servir la 
balle: 

Au mettre et livrer l'estuef sur ou ilz 
jouoient par icellui Tussiu, ledit Tassin 
eust failli et fait malvcase, si qu'il sembla 
a icellui Jacotin sa partie adverse, et pour 
ce lui eust dit que ledit coup ainsi servi 
ne valoit néant et qu'il avoit gagné, {1396, 
Arcb. JJ 150, pièce 177.) 



maluer, v. a., souiller, violer : 

Il maluereni sun testament, diviset sunt 

del ire del suen volt, e aprimast H cuers 

de lui. (Lib. Psalqi., Oxf., liv, 23,Michel.) 
DeuSjVindrent genz en la tue heredited, 

maluerent le tuen saint temple. (Jb. t 

Lxxvni, 1.) Lat., polluerunt. 

Maluees sunt ses veies de lui en tut teos. 
(ïb , ix, 26, Michel.) Impr., malvees. Lat., 
inquinatœ vite ejus in omni tempore. 

En veie nient maluede. (Ib., p. 144.) 
Impr., malvede. 



MALURE, VOir MALEURE. 
MALURÉ, VOir MALBUHÊ. 

malus, s. m., tourment : 

Tout ausi comme Tanlalus, 
Qui en infer soéffrô malus. 

(Chpest., du Roi GuilL. 902, Michel.) 

malusant, adj., qui nse mal : 

Les meubles sont par cousturne au mnry 
attribuez et en peult faire sa volonté faisant 
providence advenante a la femme durant 
le mariage entr'eulx jusques a tant que le 
mary soit trouvé malusant des choses. 
(Cowsi.de Brei., î° 37 v.) 

malutille, adj., peu utile : 

Par le saufconduyt intilille 
De malheur et Dame Fortune, 
En ceste cité malutille 
Je n'ay gaigné chose aucune. 
(R. de Colleryr, Ballades, III, Bibl. elz.) 

malvais, mahis, mauvais, adj., mal- 
heureux : 

Chetive e malvise fui 

Quant puis jo el nre vu a crui. 

(Trirtart, t, II, v. 50, Michel.) 

— Mauvais morceau, poison : 

Perrette la Baudoyne empoisonna le sup- 
pliant et lui bailla ung mauvais morceau, 
tellement que a cause de ce et depuis lpdit 
temps il ne s'est peu -ne ne peut aider, 
labourer, ne gaigner sa vie, mais a tou- 
jours esté, comme encores est, en lan- 
gueur, et ce cognoissant ledit suppliant, 
afin dlavoir alligence et garison, et que 
ladite Baudoyne lui voulsis't oster le mau- 



vaismorceau qu'elle lui avoit baillé. (1480, 
Arcli. J.I 206, pièce 254.) 

— Mauvais frais, ceux qui se payent à 
la commune pour des réparations : 

Toutes personnes tenons jour et an leur 
demeure en la ditte ville, bu en sa ban- 
lieue et franchise, y payant les mauvais 
frais. (Coût, de Bruges, Nouv. Coût, gén., 
I, 573 a .) 

— Deniers mauvais, reste d'une somme 
divisée, plus petit que le quotient : 

Pour lequel compte ilz deurent chacun 
ung petit blanc, sauf que en payant chas- 
cun un petit Manc. ilz avoient deux deniers 
mauvais, voyant laquelle chose,... et que 
difficile chose leur seroit de partir et paier 
entre eulx cinq les dits deux deniers, qui 
estoient mauvais. (1447, Arch. JJ 179, 
pièce 91.) 

malvaisement, mawv., mai?., malvese- 
ment, malvaissement, mauvaiscement, mai- 
versement, adv.,mal, méchamment : 

Mais vos l'aves mavaisemeni meri. 

{Let loh., ms. Berne 113, fM6 b .) 

Et il me rorent mavaiscment mordrir. 

(Ib., f° 20 e .) 

Et malvesement se regardent 
Nostre pastor, qu'il ne nos gardent. 

(Guiot, Bible, 814, YVoirart.) 

Quîdent maiveisement avoir clamei ou 
respondu. (xm a s., Ban, Arch. S.-Omer, 
cart. AB xvni, 15, f° 53.) 

Quant il revint, se li demanda comme il 
se contenoieut : Malvaissement, fit il, car il 
sonttuit vilain devenu. {Pluseurs miracles, 
Riche!. 423, f* 93 b .) 

Mauldit soit le preud'bomme qui cheva- 
lier de la Table ronde vous fist, car.., vous 
en estes mauvaisement dignes. {Lancelot 
du Lac, t. HT, f« 14, éd. 1533.) 

— Malheureusement : 

Il fut rué de pieres et morut mauvaisce- 
ment. (J. Vauquelin. Trad. de la Qhron. 
à'E. de Dynter, II, 6, Xav. de Ram.) Impr., 
mauvaistement- 

— A son détriment : 

Quant les arcbier's vont au bois pour 
trouver les bestes, ils ne doivent mener 
que deux chevaux au plus. La cause si est 
que quant il y a foison de chevaulx, les 
bestes attendent mauvaisement. {Modus et 
Bacio,t°77, ap. Ste-Pai.) 

Vous savez mauvaisement que ceulx qui 
sont du lignage d'ArnautTenchanteur et de 
la secte bayent mortellement le roy Perce- 
forest. (Perceforest, vol. II,f° 145, éd. 1528.) 

malvaisissime, adj., très mauvais : 
Lo malvaisissime mon fill Gisolfe. (Aime, 
Yst> de UNorm. t \ui t 1, Champollion.) 

malvaissement, voir Màlvaisemknt. 

malvatstié, malvaislei 3 malvaisté, ma- 
levaistê, malvaitiê, malveistê, malvestié, 
malvesliet, malvesté, malvetiê, malvaztê, 
malvistiet, malvisté, malvitié, malvoisliê, 
maulvaistiê; mauvaistiê,mauvaisté,mauvai- 
setè, mauvaissetê, mauvaitiê, mauvaytiê, 
mauvaitê, mauveitiè, mauvestiê, mauvesté, 
maavetiê, mauvetê, mauvatiê, mauvistieit, 
mauvîtiê, mauvoietè, mavaisté, maveistê, 



mavesté, mavistieit, mavistê, mavoistiê, s. f M 
qualité de ce qui est mauvais, méchanceté, 
lâcheté, mauvaise disposition : 

E jel laissai remeindre en la malvaistiê 
de lur quer. {Liv. des Ps., Cambridge, 
J.xxx, 11, Michel.) 

Peresce semble malvaistiê. 
(Wace, Ron, 3* p., 10971, Andresen.) Var., 
malvetiê. 

Itobérz, li quôns de Moreling, 

Qui une de malveistê n'outsoing. 

(Ben-, î>. de Norm., II, 3G694, Michel.) 

Vus m'avez [voulu], dame, hunir 
Pur vostre maveistê plaisir. 

{Tristan, t. II, y. 38, Michel.) 

Valor qui lor defent malvestié et paresse 
Les semont et conduit et aprent et adresse. 
(Ai'difroy le Bastarp, Argentine, P, Paris, 
Romancero , p. 25.) 

Cil vraiement ne seit estre beste celes- 
tiene qui après celei vie repaireta la tevor 
de négligence et la falenie de malvistiet 
qu'il avoit laiet. (Greg. pap. Hom., p. 38, 
Hoffmann.) 

Qui si l'a blasmé de mauveitiê, (Lancel., 
Richel. 754, f°26 a .) 

Se seroit malvoistié. 

(Jeu parti, ms. Berne 389, f° 2 r°.) 

Hom ki aimme et veult estre araeia 
Doit toute malvestiet haîr. 
(Messires Gaisez Brulëîs, Chantt., ms. Berne 
389, f° 81 v°.) 

De mauvitié, ne de folie. 

(Rose, Vat. Chr, 1838, f° M h .) 

Car mavaistes ne desmesure 

Ne puet soufrîr sens ne droiture. 

(Josaphat et BarL, ms. Mt-Cassin, f° .i b .) 

Mais malvaisteis qui tôt efface. 

(/*,, p. 2, Meyer.) 

C'est aperte malvestes. (Beaum,, Coût du 
Beauv., c. v, 6, Beugaot.) 

Cremant la malvaitiê du roy. (Vie S* Fe- 
bronne, Richel, 2096, f° 23 r°.) 

Que sa mauvaitez n& corrompe les autres. 
(Riule S. Ben. t ms. Angers, *f° 17 v°.) 

Trespassuns de malvoistié a seintié. 
{Comment, s, le nouv. test., m s. Oxford, 
Bodl., Douce 270, f° 31 r°.) 

Ceux ausi qui leuentles mauves... de lor 
mauvetez. (Laurent, Somme, ms. Chartres 
371, f a 2r».) 

Que les dites lettres estieint fau.lses et 
malvaises en escrîpture et en seaul, la quel 
faulseté et la quel malvaistiê li devant diz 
priors et li procureres estieint. apareillié de 
mostrer. (Oct, 1294, J ett. de Byatriz, veuve 
de Hug. D. de Bourg., Sept-Fonts-Val des 
Choux, Arnay-le-Duc, Arcb. Allier.) 

La maulvaist'ê. (ïb.) 

Le roi d'Angleterre, en demonstrant la 
félonie et mauvestiê que il a conceue des 
longuement contre nous et nostre reaume. 
(2 sept. 1297, Lett. de Ph. le B., Arch. S.- 
Quentin, 1. I, n°21.) 

Que conoissom nostre péché 
E loto nostre malvûzlé. 

(Vie du pape Grég., p. 82, Luzarche.) 

Encontre l'ennemy d'enfer lequel de sa 
mauvaytiê s'efforce tant qu'il peult d'em- 
pescher le sauvement des créatures hu- 
maines. {Traité de tribulacïon, Richel 
1009, f° 2 r».} 

Pees est a moi, et jeo îrroi en le malve* 
liez de mon quoer. (Bible, Deuter., xxix, 
19, Richel. i.) 



17 



430 



MAL 



MAL 



MAL 



Asquels en tesmoignsnce de malvestiez 
la terre fumante est déserte. (Jft., Sagesse, 
x, 7.) 

La maveisté de nos ditz enemis. (4310, 
de treugis, Rym., t. III, p. 212, 2' éd.) 

Improbitas, mauvetié, (Gloss. de Conches.) 

E quant Fouke les vist, si avoit suspe- 
cion de mavesté. (Hist. de Foulq. Fitz 
Warin, Nouv. fr. du xiv* p., p. 86.) 

Nulle ayne ne mauvalié. (1348, Arch. P 
1376, cote 2712.J 

Selonc la mauvistieit de lour contrueves 
et mensonges. (Ps., Maz. 798, f* 70 v°.) 

De grant mauvaitié plain. {Ken, de Mon- 
taub., Ars. 5072, f'»v.) 

Mauvetiê, iniquitas. (Gloss. gallAat., 
Richel. 1. 76840 

Plusieurs presumoient que les dits cha- 
noinnes l'avoient fait de malvitiez, pour- 
tant qu'il leur sambloit que M. de Lorenne 
averoit toutes les places de l'eveschies en 
main. (J. AUBRION, Journ., an 1484, Lar- 
chey.) 

Des mauvetiez et crudelitez qui entre eux 
regnoient. (Orose, vol. II, f° 7% éd. 1491.) 

Vous protestant, puis qu'on m'a chastié, 
Ne faire tort a nnl, ne mauvaistiè, 
Par qnoy je sois de justice repris. 
(Deplorationde Robin, Poés. fr. des iv* et xyi* s., 
V. 243.) 

Oublie ma mauvaisiié. 
(Cl. Mar., Psalm., xxv, p. 183, éd. 15%. ) 

Mais nostrç mauvnistié 
Ne peut tant cuver» Dieu qu'envers nous sa pitié. 
(J.-A. ng Baif, Poèmes, 1. VHt.Lemerre, II, 378.) 

Ce sont les keurs de benine amitié, 

Qui n'ont soupson, ni fard, ni mauvestié. 

(Jaq- Peletier du Maks, Louanges, p. 20, 

éd. 1580 

De première abordée on va entrer sur la 
bonté et mauvaistê des femmes. (G. Bou- 
chet, Serees, III, éd, 1635.) 

Sa mauvaisetê luy avoit fait crever un 
œil. (Chron. Bordelaise, II, 204, Delpit.) 

Ayans ou employé leur mauvaistiè ou 
abusé de leur simplesce. (La Boet,, Serv, 
vol., Feugère.) 

™ Action mauvaise, méchante, lâche : 

Dist l'une a l'autre : Nog faisonz mavisté 
Que nos n'aidomes cel damoisial membre. 

(Les Lûh., Richel. 19160, f* 32 d .) 

D'ordure et de malevaistê 
Se gardera et de péché. 
{Wace, Yitâ S. M. Yirg.y p. 19, Luzarche.) 

Jusque tant que li eu ers me soit on piz crevez, 
Por paor de raorir ne ferai malvistez. 

(J. Bon., Sax., cxlyi, Michel.) 

Légère est malvaistes a faire. 

(BlMcand., 1805, Michelant.) 

Vous ki aves tous jors gieteeg 
Les malvaistes arrière dos. 

(Chev, ûs âeus c$p., 3314, Foerster.) 

Li rois no tient mie a jeus 
Quant dite li fa et retrete 
La malvaistié que Kex ot Tête. 
(Mule sanz frain, 324, ap, Méon, Nouv, Rec, t I, 
110 

Vilenie ne mauvaissetê. (1262, Bans aux 
êchevins, 00, Ass. s. les drap, de Douay, 
f • 4 v°, Arcb. mun. Douai.) 

Les autres malvaistez. (Serm. y xm» s., 
ms. Poit. 124, t° 3 r\) 

Se bien et loiaument se ad porté en son 



pais, et qe pur nule mavêisté n'est départi. 
(Lib. Custum. } I, 124,28, Edw. I, Rer. b'rit. 
script.) 

Mavistieit et fauceteit fait. (PsauL lorr.< 
Maz. 798, LI, 8.) 

Et te garde de convoitise, 
De tricherie, de mavôistiè. 
(Guill. de St André, Lièvre du bon Jehan, 4183, 
Charrière.) 

Les demendeurs ne proposent pas contre 
lui (le lieutenant) collusion, corruption 
xiemauvitié. (1381, Grands jours de Troues, 
Arcb. X* a 9183,> 31 r°.) 

En cas de corruption ou d'autre mal' 
miliè. (Bout., Somme rur., f* 5 d , éd. 
16*37.) 

Qu'on face aulcune mauvaitié. (Ren. de 
Montauban t Ars. 5072, 1° 58 r°.) 

Mais quelle mauveslé ou bonté qu'elle 
eust faite, elle fut arse celluy jour. (Journ, 
d'un bourg, de Paris, an 1431, Michaud.) 

Ne souffrirestrefaict ou commis quelque 
fraude ou mauvoielé. (1464. Ord., xvi, 
317.) 

On trouve encore au xvii* s. : 

Tu prétends finement, par cette mauvaitié, 
I.uy donner plus d'amour, à moy plus d'amitié, 
(Régnier, Elégie zelotipique, Jouaust, p. 169.) 

Par la peine qu'il vous piaist de prendre 
de nous escouter, vous ne descouvrirez 
crue trop les mauvaistiez et infidelitez de 
1 un. et les indiscrétions et importunitez 
de l'autre. (D'Urfé, Astrêe, II, 8.) 

Ce mot se rencontre aussi dans des 
écrivains du xix e s. : 

Les hommes n'offrent aux hommes que 
mauvaisetê ou insuffisance. (Eugénie de 
Guérin, Journ. el te«.,p. 398, Trébutien.) 

Au reste il a été conservé dans un grand 
nombre de provinces. Poitou, mauvaisité, 
méchanceté, malignité. Centre, mauvai- 
setê, mauvaistiè. H.-Norm., vallée d'Yères, 
pays de Bray , mauvaisetê, Guernesey, 
mauvaisquiê. Pic. , mauvaisetê. Rouchi, 
mauvaisté. Wall., mâvastê. Champ,, Reims, 
mauvaisetê. 

malvaitié, voir Malvaistié. 

MALVAZTÉ, VOir MALVAISTIÉ. 

malveignant, mauvengnant, maven- 
gnant, adj ., qui est le mal venu : 

Comencent a crier tuit a une vois : 
Mauvengnant sire chevalier, mavengnant 
sire chevaliers, que vos avec le traitor 
vos estes mis, certes vos la comper[ez] 
chieremant. (Gir, le Court. Vat.Chr. 1501, 
£•83».) 

ïwajlveisine, voir Malevoisine. 

malveïsté, voir Malvaistié. 

malvf.l, s. m., p.-è. faute pour man- 
lel : 

Kt les la dame fu sa mie posée 

En son malvel moult bien envolepee. 

{Auberon, 400, Graf.) 

malversion, s. f., malversation : 
Pour empeseber qu'il ne se face aucun 
desordre, malversion, vollerie et larcin, 
(1568, Ord. pour la police et règlement du 
camp, Variét. hist, et litt., 1,263.) 



MALVESEMENT, VOÏr MALVAISEMENT. 

malvesté, voir Malvaistié. 

malvestié, voir Malvaistié. 

malveuilleur, s, m., celui qui veut 
du mal, qui cherche à /aire du mal : 

Pour double que nostredicte ville ne 
soit eschielee par aucuns comme cou- 
reurs, compagnons, pillars, et autres 
malveuilleurs de nostre royaume. (1365* 
Ont, iv, 582 J 

malvis, voir Màlvais. 

malvisel, s. m., dimin. de malvis, 
mauvis : 

Michiel Malvisel. (1437, Amende et exploict 
de la cour et jurisd. de l'eslect. en la vu 
conté d'Argentan, Arch. Orne.) 

malvisté, voir Malvaistié. 

MALVISTIEIT, VOÎr MALVAISTIÉ. 

malvitié, voir Malvaistié. 

mai.voier, voir Marvoier. 

malvoisdie, s. f, tromperie : 
Car cil ki après lo visce de lor malooisdie 
repairent az ploremenz, ja soit ce ke il 
pris soient, nequedent ne muèrent mie. 
(Job, Ler. de Lincy, p. 446.) 

malvoiseusement, adv., par mé- 
garde ; 

Li queiz tamis laissiez sor la table mat- 
voisousement par avenant aventure brisât. 
(Dial. StGreg., p. 56, Foereter.) Lat.,in- 
eau te. 

malvoisie, adj., malintentionné : 
Li borgois sont félon et malvoisie. 

(Aiol, 954, A. T.) 

malvoisin, mauveisin, mav. f adj,, mau- 
vais voisin : 

Pesme borne i'out e mauveisin, 
(Ben., Z>. de iVorm., II, 30480, Michel.) 
Mult i ont Normant maveisin. 

(Id,,»*., 28650.) 
Nom propre, Malvesin. 

malvoisine, voir Malevoisine. 

malvoistié, voir Malvaistié. 

malvoloir, mauvoleir, malvouloir, v. 
a., vouloir du mal à : 

Je ne vous puis malvouloir ne hair. 
(.Mhllim de Sainct-Gelats, QEup. f m, 13, Bibl. 
eh.) 

Ceux qui apportent mauvaises nou- 
velles sont coustumierement malvoulus de 
ceux a qui ils les apportent, (G. Bouchbt, 
Serees, IV, 180, Roybet.) 

Chefs dosestimez et malvoulus. (Mont.. 
Ess., II, 6, p. 414, éd. 1595.) 

— Inf. pris subst., mauvais vouloir ; 

E qui a tel ovre s'essaie, 
Drelz est teus en reseit sa paie. 
Teus la puissent tuit cil aveir 
Qui m au pensé e mauvoleir 
rjnt de boisera lor seignors. 
(Ben,, D.dcNorm., II, 32618, Michel.) 

malvoulant, adj., malveillant : 



MAM 



MAM 



MAN 



131 



Ainsi de toy qui de cueur malvoulanl, 
Tout degplumé, trenche de hault voilant 
Pour assaillir ce fort gerfault royal, 
Eq te monstrant aux muses desloyal, 
Ta te deçoys. 
(Ci-. Marot, Apolog. de Nie. Gl&felet, CEuv,, VI f 
138. éd. 1731.*) 

malvouleiz, s. m., mauvais vouloir ; 

Comme soat plusieurs qui ne laissent 
point leurs haynes, leurs malvouleiz de 
nuyre, de faire dommaige a leur prou- 
chain. (Rob. ClfiOLR, Pas&. t ms. Ste-Gen., 
f° 45 v°.) 

malvouloir, voir Malvoloir. 

mamaye, s- L, grosse pèche de l'Inde,, 
dont oa fait de la marmelade : 

Mamaye : f. A great indian peach whe- 
reof a Tdnd of marmalade is made. 
(Cotgr., éd. iôll.) 

mambornir, voir Mainbournir. 

mambour, voir Mainbour. 

MAMBOURCQ, VOir MAINBOUR- 
MAMBOURNEUR, VOÎl" MaINBOURNEUR. 
MAMBOURNIE, Voir MAINBOURNIE. 
MAMBRER, VOÎr MEMBRER. 
MAMBREURE, VOÎr MEMBREURE, 
MAMBREUSE, VOÎr MEMBBEtfRE. 
MAMBURNIE, VOir MAINBOURNIE. 
MAMBURNIR, VOÛ MAINBOCRNIR. 

mameillon , s. m.j objet de forme 
ronde servant à marquer la ligne juste 
d'une mesure : 

Que tous cervoisiers aient leurs pos de 
Lot et de demy lot sy grans qu*ilz aient ung 
pauch par desseure leur mesure, et que, 
a chacun lot et demy lot, soit mis eu fa- 
chon de clou d'estain ung mameillon pour 
monstrer qu'ilz tiennent leur mesure. 
(Stai. des brass., xiv* $., Reg. des stat., 
p. 12, Arch. mufl. AbbeviUe.) 

mamelete, - ette f memelette } mamme- 
lelte, mammeUette, s. f., dimin. de ma- 
melle : 

Sa douce boucette 
Senti et sa mameîete. 

(Chans. y Vat. Chr. 1490, f* 112 v°.) 

Si li vienent les mâmeletei 
Autresi comme .H. pometes. 

(Blanchandin, Richel. 19152, f° 176 f .) 

Les raina, le pis, la memeîeUe. 
(Bretel, Tûurn, de Chauvenc, 2568, Delmotte.) 
Impr., meveletUr 

Aller cueillir le3 flourettes 

Et faire chapeaalx par les bois 
Et les donner a ces fillettes^/ 
Qui ont ces dures mamelettes, 
Et qui chantent a haute voix | 

Ce3 amoureuses chansonnettes. 
(E. Deschamps, Poés,, Richel. 840, f* 72 e .) 

Les orgueilleux sussent ma mammeletie. 
(Acte» des Âpost., vol. I, f° 3 d , éd. 1537.) 

BenoUtes sont ses vierges mammeUettes. 
(J. Boochst, Ep. fam^ cv, éd. 1545.) 

Et resserrez vus blanches mammeleltes. 
(Cl. Mar., Ballade de Caresme,êà.i$9G, p. 271.) 



Mammelette : f. A little dug, breast, ud- 
der. (Cotgr., éd. 16H.) 

Mammelette, f. Teta pequena. (G. Oudin, 
éd. 1660.) 

ikam&leux, mamm ti adj., qui appar- 
tient à la mamelle, qui a de fortes ma- 
melles : 

Mammeteux, of or belongîng, to the 
dugs ; also, having great dugs. (Cotgr. 
éd. 1611.) 

m vmelier, s. m., pis : 

Quant li cuirs sera bien tanes, cascune 
desdites pieches sera merqué du fer de- 
vant dit, est assavoir le dos en le queue a 
le fleur du cuir, les pans au mamelier a 
le fleur, et le creste es narines a le fleur. 
(StaLdes corpor, industr^xjv* s., Arch. 
mun. Abbeville.) 

mameliere, - èlliere, s. f., armure des 

mamelles, du sein : 

Deux mamellieres, et deux chaiennes 
pour icelles mamelieres. (1352, Compte 
d'Et. de la Fontaine, Arch, KK 8.) 

mameliNj adj., efféminé : 

Chevallier mamelin estoit 
Qui son seignor rescôus n'avoit 
A doue de mort et de prison,.,.. 
Ou qui n'avoit rescous pucele, 
Meschine ou dame ou damoisele. 
(Perceval, ms, Montp. H 249, f° 208 e .) 

mamelotte, rnamm., s. f., dimin. de 

mamelle : 

Les mammeiottes poinnans. 
(Mitst* de la Pass., ms. Arraa, f» 136.) 

J'ay mis mon cuer en une lourde 
Qui est très belle bacelotte, 
Mais elle a la mamelotte 
Aussi grosse que la cahourde. 
(Henry de Croy, Art et science de rhétorique, ap. 
Michel, Poés. goth., f°aiiii,) 

mamelu, adj., qui a de grosses ma- 
melles : 

... Vostre sein pommelu, 
Ferme, arrondi, non mamelu. 
(Vauq. de la Fresnaye, QEkp., II, 588, Travers.) 

— Fig., bien fourni, en parlant d'un épi; 

11 y en a aussi (du blé) d'une autre sorte, 
qui a son espi mamelu. (Du Pinet, Diosco- 
ride, II, 91, éd. 1605.) 

mameron, mammeron,memmiron t s. m., 
mamelon : 

Assez i vint grant aleure 

De gent coper sa vesteure 

Des cheveus et du mammeron 

Li copa l'en le sommeron. 
(Ruteb., Vie Ste Elysabel, Richel. 837, P> 293 d .) 

Note pourquoy les maininelles croissent 
en temps de pubesceuce et non pas es 
homnes. Je dy qu'elles croissent en l'ung 
et en l'autre et s endurcissent les testes : et 
ont petis memmirons ou papillons. (B. de 
Gord., Pratiq., IV, 14, éd. 1495.) 

Luy demanda a monstrer la mammelle 
de laquelle le mameron ou bout perdu 
avoit. {Percevait f° 100 b , éd. 1S30.) 

Plus blanche fut que laict par et récent 
Des mammerons de la brebis issant. 
(Est. Forcadel, TraducL, le Songe d'Ov., 
éd. 1551.) 

Wall., mamuron. 



MAM ET, S. m.T 

Tuit cil qui ameinent charretée de ma- 
quereaux et ne sont des oances aux bon- 
chiers doivent 12 deniers ; et se il n'i a 
plus de 8 cents, por chascun cent un denier 
la demi obole ; et se il i a mamet t il n'en 
doit riens, et cil qui le portent hors de la 
ville ainssint. (Ane. Coût, d'Orléans, p. 473, 
ap. Ste-Pal.) 

mam il la ne, adj. f., en forme de ma- 
melles : 

Il y a des figues que on dit mamillanes 
qui ont semblance de mammelles. (Jard. 
de tante, I, 191, impr. la Minerve.) 

maminotier, s. m., dévot à Notre- 
Dame : 

Dominotiers, maminotiers, patenostriers. 
(Rab., Pantagruelime prognost., ch, v, 
éd. 1553.) 

mammone, s. f., trésor, mammon, en 
style biblique : 

Saint Grégoire dit que nous les devons 
appeler (les pauvres) nos patrons et amis, 
et leur devons donner de la mammone de 
iniquité, afin que quant nous defaudrons 
ilz nous reçoivent en l'éternel tabernacle. 
(i. GouLAix, Ration., Richel. 437, f»36Sv°,) 

Personnes avares, qui ont leurs mam- 
mones plus a cœur que le vray et sincère 
service de Dieu. (Pabadin, Hist. de Lyon. 
p. 63, éd. 1573.) 

mammuque, s. f,, oiseau légendaire 
sans ailes qui ne se corrompt point après 
la mort ; 

Mammuque^ i. A winglesse bird, or an 
unknowne beginning, and after death not 
corrupting; she hath feet a band long, and 
so light a body, so long featbers, that sbe 
is continualîy carried in the ayre, whereon 
she feeds ; some call her the bird of Para- 
dice, but erronously, for that hathwings, 
and différa in other parla from this.(GOTGR ., 
éd. 1611.) 

mamy, s. î. t servante : 

Ici est morte la fille du prince et la mamy 
lui dit ainsy. (Myst. de S, Glêm., p. 115, 
Abel.) 

i. man, s. m., manne : 

L'eau du rocher d'Oreb, et le man tousjours frais. 
(D'AuBiGMÉ, Trag., VU, Bibl. eh.) 

Ainsi nulle douceur, nul pain ne faict envie 
Apres le man, le fruict du doux arbre de vie. 

2. man, voir Mon. 

manable, maignable, maisnable, mana- 
vle, menauble, adj.,, habitable : 

S'on vent maison manavle li sires en ara 
le tierc. (1240, Ch. de Ren. de Hooucort, 
S.-Aubert, Arch. Nord.) 

Maisons manavles. (1385, Reg. du Chap. 
de S.-J. de Jerus., Arch. MM 28, f" 15 r<\) 

Maisons manavles. (1397, Valenciennes, 
ap, La Fons, Gloss. m$. t Bibl. Amiens.) 

Chef lieu sur lequel a maison manable t 
terres labourables. (1400, Qart. de Vuniv. 
des chap, de N>D. rf'Am., î° 34 r°, Bibl. 
Amiens.) 

Ouquel jardin a deux maisons, l'une 
maignable, l'autre pour granche . (1404 



*32 



MAN 



Dénombr. de la Vie. de Conches, Arch. P 
308, f* i20 v*.) 

Auquel lieu a deui maisons, l'une ma- 
nable et l'autre pour granche. (l&U,Aveux 
du bailliage d'Evreux, Arch. P 1 294.) 

BourgoiSj manans et habitans de nostre 
dicte ville de Paris,aians maisons manables 
en îcelle. (1431, Arch. JJ 175, pièce 303.) 

Hostel maignable. (1451, Denombr, de la 
Vxc. de Couches , Arch. P 308, f* 17 v°.) 

Aperceurent autour d'eulx.,. grans murs 
et maisons manables, haultes et eslevees. 
(Perceforest, vol. IV, ch. 13, éd. 1528,) 

Comment le roy avoit voulu alliener le 
Pré aux Clercz de la ville de Paris, en 
baillant a ferme ou inoyson ledit pré a 
tousjours ou a années, a la charge d'y faire 
des bastimens et maisons manables par 
ceux qui en avoient fait la prinse de sa 
majesté. (Haton, Mém, f an 1557, Bourque- 
lot.) 

La quatrième partie d'un mauoir et lieu 
que on nomme la mayrie de Sauviler, au- 
quel a maison manable, grange, estables. 
{Pièce de 1585, ap. Beauvillé, Doc. inédits 
concernant la Picardie, IV, 342.) 

Granges, estables et mareschaussees 
sont catheuls, mais maisons manables, 
chasteaux, portes, fours et coulombiers 
sont héritages. (Coust. gên. du Comté 
d'Artois, 144, Arras 1679.) 

Manable : com. Habitable; which may 
be inhabited,ordweltin. (CojGE., éd. 1611.) 

Manables ou habitables maisons, habi- 
tables domus, vel eedes. (Nicot, 1606.) 

Maison manable, (1639, AlmenÔches, 
Arch. Orne, H 10.) 

Manable, c. Habitable. (C. Oudin, 1660.) 

— Habitant, demeurant : 

Toi dU est en ère manable. 

(Guill., Best. div., 1885, Hippeau.) 

No seres plas o moi mahnables. 

[Delà Belette, Richel. 3168, f° 203 v».) 

— Durable, permanent, éternel : 

Veips Deus de Deu, lux de lumière, 
De graat grandor saintisme e chère, 
Cil que sen d'aDgele ne com.prent, 
D'omoipotens omnipotent, 
Maignaàte, igal elernaument. 
<Bm„ D. de Norm. % II, 24015, Michel.) 
Reei moi an ta compaignîe 
Ou toi aa ta menaubie rie. 
(/»«**. J.-C, Brit. Mas. Add, 15606, f° 70*.) 
Qunr je te vei eu oreison 
Manable et en afllicioo. 

(Vie de SU Marquer. , 41, Joly.) 

Norm., cour manable, cour qui tient à 
une exploitation rurale. Bessin, manâbe, 
habitable. 

MANADE, VOir MaNAIDE. 
MANA.DERIE,.VOir MàNÀNDERIE. 
MANAEGE, VOir MESNAGE, 
MANAER, VOir MANAIKR. 
MANAGABLE, VOÏr AlKSNAGEABLE. 
MANAGE, VOir MESNAGE. 
MANAGIIK, VOir MESNAGE. 

b^anaide, menaide, - ayde, manade, 
manede, s. f., pitié, merci : 



MAN 

Proiez le roi et menaide et merci. 

(Les Lok., ms. Montp., f° 43 e .) 
En vont au rof, pour ta merci proier, 
De Frommonet menaides et pitié. 

(lu., f° 50\) 
Proie* Girbert et menaide et merci. 

(W., V 187 e .) 
De F. ait et manaide et pitié, 

(/*., ms. Berne 113, f J 17 e .) 
Or en ait Deus et manaide et pitié. 

(/*., f° 27 f .) 
Or en ait Dieus et menaide et pitiés. 

(/*,, Ars. 3143, f° 530 
Or en ait Diei et manaide et pitié ! 

(/*„ 2» chans., il, P. Paris.) 
Qaant il li prie et manaide et pitié. 
(Li Coron. Looys, 2342, Jonck., Guilt. d'Or.) 

Q'il soit avec ses druz, si ait pais bone antiere, 
Ne ja vers Guiteclin menaide ne reqiere. 

(J. Bod., Sax., lxxxix, Michel.) 

Que de ce fait n'ares manaide ne pardon. 

(Chet>. au cygne, 82, Reiff.) 
Hé 1 gentis hons, et car penses de mi, 
Et c'or te prenge et manaide et merchi ! 

(îiuon de Bord., 2101, A. P.) 
Dieu reclama, le roi de paradis, 
Qu'il ait de s'ame et manaide et merchi. 

(/*., 8401.) 
Se vos avea de moi manaide 
Jamais ne vos porterai faide 
De la mort Cardroain mon frère, 

(Durmars le Gallois, 4793, Stengel.) 
Del tôt me reol a vo manaide ; 
Faites de moi vostre plaisir. 

(Blancand., 5510, Michelaot.) 
t Si s'agenoilie devant els et lors rent 
s'espee et se met del tout en lor manede. 
(Lancelot, ms. Fribourg, f° 69 d .) 

Et s'irole prier et manade et par.lon 

A trestous cheuls qui sont de mon estration. 

(B. de Seb., ïiv, 852, Bocca.) 

— Sorte de redevance consistant parti- 
culièrement en vivres et qui pouvait se 
payer en argent : 

Manaide vero sunt .m. panes ta m in 

3uamitate quatn in qualitate receptione 
igni et spatula sirailiter et .h. denarii. 
(i!28, Cart.duchap.de N.-D. de Lausanne, 
Doc. delà Suisse rom., VI, 133.) 

Magne menayde debent .in. panes et 
unum membrum carnium et .un. denarios 
pro vino scilicet pro una cupa et caponem 
in carniprevio. (76., p. 219.) 

Parvae menayde debent .n. panes et ,i. 
membrum carnium. (ïb.) 

Je ai donei en pure amone totes les 
menaydes, totes les censés, et totes les 
autres choses que je avoie et que je re- 
clamoie ou cham qu'on dit dou chasne. 
(i236, Bellevaux, Arch. Haute-Saône^ H 86.) 

En censés, en menaides t en justises. 
(1280, Lett. d'Othon Cte de Bourg., Belle- 
vaux, Arch. Haute-Saône, II 73.) 

Cf. Mànàie. 

MANAIDIER [err.] 
>tA?fAiDiau, v. a., traiter avec merci, 

avec ménagement : 

L'aminus i envoie Savari de Losenge 
Qui de la soie pirt H dist et fait entendre 
One les manaidera, se ni se Iaisent prendre. 

(Roum. d'Alix., f° 63 e , Michelant.) 
Et cil ne s manaidoil nient, 
Ains les demenoit malement. 

[Parlon., 259, Crapelet.,) 



MAN 

Gomellne .est piere asseg laide ; 
Mais sages est qui le manaide. 

(Lapid., B 460, Pannier.) 

Cf. Manàier. 

MAN.UE, manaye,maneie f menaie,r aye, 
mennaie, manee, manoie, menoie t s. t., puis- 
sance, protection, droit, pouvoir, propriété 
que Ton a sur une chose, discrétion : 
Malt umblemeot merci qaerra, 
En sa maneie se melra. 

(Wacb, hou, 3* p., 1011, Andresen.) 

Cum Rous an rei Engleis ses enemis apaie 
E cum cnacuûs se met deu tut en sa manaie. 
(Ben., D. de Norm., liv. II, Sommaire, t. I, 
p. Ui, Michel,) 

S'en sa manaie vostre fil li mêles, 
En poi de terme Pavera mort jeté. 
(Raimbert, Ogier de Dan., 10772, Barrois.) 

Metez vus en Deu maneie, 
Et n'i ait nul qui s'esmaie. 

(St Brandon, 225, Michel.) 

Quant li pucelle oit ceu, si lor cheit as 

pies, et dist qu'ele se métrait en lor 

menaie ; lors se penerent de li bien faire a 

lor pooirs. (S. Graal, Richel. 2455, f° 143 v».) 

Je me rent a vos et me met del tôt en 
vostre menaie. (LanceloL m s. Fribourg, 
fM5 d .) 

Hé ! franche riens, puis qu'en vostre manoie 
Me sui tout mis, trop me secourez lent. 

(Thib. IV, Chans., p. i4, Tarbé\) 

Et St An (trias dira ans! 
Une il convierti toute Alkaie 
Et remist en la Dieu manaie, 

(Mqcsk., Chron., 3883, Reitf,) 

Du tout sui en vostre menaie. 

(Vieille escoillie, Ars. 31 là, F13 h .) 
Puisque t'es mis en ma manaie. 

(Rose,Y&l. OU., f° 10 e .) 
Puisque rais fies en ma menaie 
Ton servjse prendre en gré. 

(lb., 2034, M<Soa.) 
Se m'en covient sa menaie 
Souffrir, keil greit ke j'en aie. 
(Wilumë li Vimers, Chans., ms. Berne 389, 
f* 80 r°.) 

EL vees chi m'espee autant conme g'en 
ai et le te rené, et me ma je del tout en ta 
manaie. (Li Contes dou Roi Flore et de la 
Bielle Jekane, Nouv, fr. du xni" s., p. 138) 

Or, vous metez dou tout en la moie manaie, 
Et je soie honnie se je bien ne vous paie. 

(Berte, 141 y, Scheler.) 

Car nus ne set, s'il ne L'assaie 
Que c'est d'amors ne sa manaie. 
(Jacq. d'Amibhs, Rem. d'am., ms. Dresde, Kôrt. 
304.) 

— Servir en manaie, à discrétion, gra- 
tuitement : 

Si j'ai servi en manaie, 

Gent guerdon en attent. 

(Poés.ms. av. 4300, t. II, p. 547, Ars.) 

Douce dame, ne crée* mie 
Que ce soit voirs, qoique nus die, 
Qu'amors contredite soit vraie ; 
Sachiez c'est servirs en manaie, 
C'est une amor, si vaut, si vaille. 

(Lai du Conseil, p. 115, Michel.) 

— En manaie signifie encore doucement, 
mollement : 

Maint chevalier prist a ses mains. 

Gifles et Blioblieris, 

Oui au gué perillous fu pris, 



MAN 



MAN 



MAN 



133 



Et l'OrguMos et ci] des Aies 
,Ne poijfnoient pas en manaies, 
AiDB la parfaisoieat si bien 
Que dus n'i paet ameuder rien. 
{Rén. de Bbaujeu, /* Biaus Detconnens, 5912, 
Hippeao.) 

- Ménagement, merci, quartier, pitié : 

Quatorze conte li suât chau au pié, 
Qui tôt lo prient ei manaie et pitié. 

UUiïïb., Ogier, 140, Barrois ) 

Ci ne li porta mon manaie, 
Qu'ainz est eu poi d*ure feniz. 

(Ben., D. de florin., Il, 3830, Michel.) 

Mes il n'i a point de manaie, 
Puisqu'il les tient en son goitroo. 

(Guill., Bett. div., 1284, Hippeau.) 

U disoit ce qu'il avoit plaie, 
Mes de lui ot maie manaie* 

(Renart, Br. VI, 337, Martin.) 

Et d'an baston li tist graat plaid : 

Ne li porta pas de manaie. 

(Eteocle et Polin., Richel. 1420, f° 59 d .) 

ÏNe cuic pas ke cil maire a honte, 
Qui mnert por finô amour teraie. 
Mieus aim tel mort ke vit manaie. 
(Gautier d'Arràs, l'Empereour Eracles, 4881, 
Massmann.) 

Je T0U3 proi, sire, par sainte carilé, 
De moi vous prenge et manaie et pHé. 

(Huon de Bordeaux, 4446, A. P.) 

En remembrance do ton sanc 
Qu'issi fors, Dieus, de ton liane 
Et de to cors consacré ci, 
Je vous proie manaie et merci. 
(Prière du sanc Jkesu Crist, Richel. 837, f° 261 a .) 

Mil cil atent bonne manaie 
Qui de celle plaie est plaies. 

(Rose, ms. Corsini, f° 8 a .) 

Mes cis aient bonne menait 
Qui de celé floiche est plaies. 

(/*., 950, Méon.) 

Ja nû te porterai menait, 
Se tu james passes la baie. 

(U., 3 213.; 

Levés tost sus, et si bouchies 
Tons les partuis de ceste baie, 
Et ne portes nului manaie : 
11 n'afiert mie a vostre non 
Que vous faciès se anui non. 

(ib., 3702.) 

Et ne portes nultui menaye. 

(Ib., Vat. Ghr. 1492, f* 26 e .) 

Trop estes de maie menaie 
Qui si m'avez despucelee. 
(Damoitele qui sonjoit, ms. Berne 334, 1° I I2 r ) 

Quar Diex aura de li et pitié et menoie. 

(Gir. de Ross., 2032, Miguard.j 

— Sorte de redevance, comme manaide: 

Qe chil qi est tenans d'un iretage se 
paine plus de mètre son pooir en amen- 
der le rente et le manaie q'il ne feroit 
s'il n'i estoit baaus. (Vat. Chi\ 1490, 
f° 145, ap. Ste-Pal.) 

— En particulier, intérêts d'une somme 
prêtée : 

Et se doit li vile de Misele a Roais 
.viii". liv. en mennaie, et a Oudart Vike 
xx. liv. eu mennaie. et a monsenieur Je- 
han Le Dieu .vin. liv. en mennaie. (1260, 
Athies, Arch. J 385, Dufour, Situât, fi- 
nanc* des villes de Picardie.) 

Des detes ke le vile doit en manaie 
(1260, Comptes de Montrwil,\)oiiél d'Àrcq, 
Rech. sur les comt. de Beaum.~$.-Otse.) 



Bailler a manee leB deniers des orphe- 
lins. (1362, Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., 
Bibl. Amiens.) 

Pour le manee de .c. moutons dou roy, 
.k. moutons du roy. (1368, ib.) 

Baillier a manaie. (1405, Béthune, ib.) 

Cf. Manaide. 

manaier, manaiier , marner, v. a., 
avoir pitié de: 

Jettent pierres et quarreaui traient, 
De nulle guise ne manaient, 
Lanceut dars et plommees ruent. 
(Wace, Brut, ms., F 23 v°, col. 2, ap. Ste-Pal.) 

Donc point li sire de la Haie, 
Nul n'esparne ne ne manaie, 
Ne nul ne fiert qu'a mort ne traie, 
Ne poet garir qui il fait plaie. 

(Id., Rou, 3* p., 8595, Andreseu.) 

Cist le béent senz manaiier 
Si cum de la teste treucher, 
Cist de venir ne furent lenz 
Od trestotes lor melllors genz. 
(Beh., D. de Nom., II, 21216, Michel.) 

Mes Horn le[s] passa tuz de iules beautez, 
Si cum le voleit Deus k[i] maint en trioitez, 
ki mist a queor le rei k'il les ad manaez ; 
Karrieu ne puet périr k'il vol[t] ke seit gardez. 
{Horn, 36, Michel.) 

Cf. MANAIDIER. 
MANAIIER, VOir MANAIER. 

manais, voir MANOIS. 

manance, megnance, s. f., séjour : 

Feissent estance e megnance ou dit clos. 
(Mai 1320, Ste-M. de Boq.,Arch. Côtes-du- 
Nord.) 

Car ils acquièrent lieu es cieulx 
Po'jr faire éternelle manance. 
(Michault, la Dance aux Aveugles, p. 117, éd. 
1748.) 

— Possession ; 

Si c'est en cas réel, le demandeur en 
est mis en possession, et se c'est en meu- 
bles, il en est mis en saisine et manance. 
(Bout., Somme rur,> V p., f° 9 r°, éd r 
1486.) 

MANANDA, VOÎr MANBNDA. 

mananderie, manandrie, manaderie, 
s f., maison, habitation, résidence : 
Ont illuec eo contré, les une manandrie 
Qui arsse avoit esté de le geot baptisie. 
(Chev. au Cygne, 17107, Rein*.) 

Selon la loy, seule mansion et avoir 
ailleurs tous ses biens ne fait mie le ma- 
nant, si comme se ung home a en une 
ville la ou U est manant une maison tant 
seulement que il loue a aucun et n'y a 
autres biens,... ne doit estre entendu 
comme mananderie. (Bout., Somm. rut., 
V p., f° 47 d , éd. i486,) 

Il jettoient pieres de fais qui rompoient 
tours et murs et thois de salles et de 
manandries. (Froiss. , Chron., IV, 279, 
Kerv.) 

Les dictes tentes, paveillons et aultres 
manandries furent eitimees plus de .un. 
m. (Chron. des Pays-Bas, de France, etc., 
Rec. des Chr. de Fland., t. III, p. 556.) 

De Denise qui fu meschine de sire Ni- 
caise, pour le loyer et ostage de la loge 
et manandrie[z] de dessuz la ditte maison, 
ou elle demoura ung an et demi. (1451, 



Compt. de Vexée, test, de Thomas de Turby, 
xVrch, Tournai.) 

Toutes manaderie$ f arbres, hayeset buis- 
sons prochains estoient despouilles et mis 
au net, (J. Molinet, Chron., ch. vu, Bu- 
chon.) 

MANANDIE, VOÏr MArUNTlB. 

manandip, manendif , adj., syn. de 
manant : 

Riches et d'avoir manendis. 
(Guy de Cambraij, Richel, 24366, p. 224».) 

MANANDISE, Voir MANANTISE. 

MANANDRIE, VOÏr MANANDERIE. 

manant, menant, mennant, mainant, 
maignant, adj. et s. m., habitant, qui de- 
meure, domicilié : 

Touz qui sont manant el tenement de 
la vile de Drueul. (1279 ,Cart. de Ponthieu, 
Richel. 1. 10112, f» 350 r«.) 

Nostre mennant de Mes et nostre citain. 
(1288, Hist. de Metz, 111, 233.) 

Comment nostre cher fils, enfant, nostre 
cousin, nostre citain, nostre menant et 
nostre aidant estoient et sont encor de- 
tenus et prins. (1325, Rép. des Mess, au 
Pape J. XXII, Hist. de Metz, IV, 17.) 

Nos concitains et menans de nostre ci- 
teit de Mes. (Mardi ap. Noël 1353, Car t. 
de Metz, ms. Metz 751, f° 12 v°.) 

Quar je vey bien, par vostre semblant, 
qe vus n'estez mie de ce pays menant. 
{Foulq. Fitz Warin, Nouv, l'r. du xiv* s., 
P- 87.) 

De tous marchans ou aultre menans de 
la ville qui aient estes prains par les aver- 
saires en leurs voyaiges faisans. (1405, 
Hist. de Mets, IV, 565.) 

Les menans et habitans en icelle -ville. 
(1409, Enq t> Arch. Sarthe, E-3, 26.) 

Envoya inciter 
Les manans de Rivolte, qu'a luy se vueillent rendre 
Ou qu'a sac seront mis, leur ville mise en cendre. 
(J. Marût, Voy. de Venise, Consult. de Dalviane 
et Petillane, f» 63 v°, éd. 1532.) 

Que de lever des emprunts sur des 
manans des villes de frontière, comme 
est tout le Piedmont, qui ne font aucun 
trafic a cause de la guerre, c'est traicter de 
l'impossible. (Drj Villars, Mém., IX, an 
1558, Michaud.) 

Ils privèrent du droit et privilège de 
bourgeoisie Romaine, les manans et habi- 
tants de la ville de Novocome en la Gaule 
de devers l'Italie, ou César de aagueres 
les avoit logez. (Amyot, Vies, J. Caes., éd. 
1565.) 

Qui habite, en parlant de choses 
morales : 

Atant yous fineray Tistore 
Et li contes des vrais amans 
En qui loiautes fu manans. 

(Coud, 8166, Crapelet,) 

— Du sens de domicilié, manant a passé 
à l'acception de riche, opulent, puissant : 
Chies un borjois menant et asasé. 

(Ut Loh. t ms. Montp., P 257 b .) 

Del treu et del convenant 
Orent ostages avenant, 
De Rome vingt et quatre enfans 
Des plus fors et des plus manant. 

(w A ce, Brut, 2959, Ler, de Liucy.) 



134 



MAN 



MAN 



MAN 



De petitet l'a mis en grant, 
Et de poyre t r a fait manant. 

(Id., ib„ 2837.) 

E par lui est riche et manant. 

(Marie, Ysopet, xiiii, Roq.) 

Se bien le faites, manant lestez et ri- ne, 
De me» deniers toz donrai .v. c. livres. 
(Jourd. de Blaivies, 161, Hoffmann.) 

Chascun (d'aï) est riche et mananz. 
(Floire et Blancheftor, 2« vers., 2684, dn Méril.) 
Mult èsteit riches e mananz. (Rois, 
p. 495, Lei\ de Lincy.) 

Car menant sont et riche. 
(Bertrahd, Girard de Viane, p. 9, Tarbé.) 

Qui leur amoine les neis et les chalans 
Ne fust la guerre Sinagot l'a mirant, 
Molt fassent riche, assasé et menant. 

(Id., ib., p. 6.) 

Qae ses pères preudons estoit, 
Riches et combles et mennanx, 
D'amis, de grant avoir ponissanz. 

(S. GraaU 3858, Michel,) 

Par mon chîef, dist li Turs, teus noveles portes 
Dont vos serois ancui menant et asaset, 

(Gui de Bourg., 1712, A. P.) 

Or tu n'en soies et riches et manant. 
{Enf. Vivien, Richel, 24369, f° lll a .) 
De drag, de pavoilong, de tm et de besanz, 
D'or fin et de prisons, qui sont riche et menanz : 
Tu cil qni iluc vindrent gaainerent itant 
Que, tant corn il requirent, furent riche et me- 

[nanl. 
(Floov., 2513, A- P.) 

Et li dm de Borgoigne, qui est riches mena[n)z. 

(ib., 1431.) 

Car anuit vous ferai tons rices c mainans. 

(Prise de Pampel., 5293, Mussafia.) 

Un livre nous escrist que en apele les anz- : 
Qui croire le voudrolt tonz dis seroit maignanz. 
(Prophéties d'Ezéehiel, ras. Rouen, dans le But- 
tel. de la Soc. des Ane. Text., 1883, p. 89.) 

Il le feroit riche et manant. 

(Couci, 2949, Crapelet.) 

Li plus rice et li plus manant. (Fnoiss., 
Chron., IV, 289, Luce, ms. Rome.) 

— Il avait quelquefois un rég. indir, : 
Rey furent fort et mal podent, 

Et de pecunia manent. 
(Alberic, Alex., 19, P. Meyer, Ree , p. 282.) 

Gentils fu de parage, et d'ave ir fu mananz. 

(Wace, Rou, 2* p., 72, Andresen.) 

Mananz est trop d'or e d'argent. 
(Ben., D. de Norm., II, 6195, Michel.) 

Avom del suen a sofisant 
E si'n sûmes d'aîeir manant. 

(Id., ii„ 24511.) 

Bains il mest, nos paisans 
Qui d'enfans ert assez mananz ; 
Douze fil ont granz e petiz. 
(Guill. dr Saint-Pair, Mont-Saint-Michel, 265, 
Michel.) 

Seigaor, îcelle terre, elle est tote par illes 
Et de bones cites menant et replenies. 

(Aye XAvign., 1413, A. P.) 
E li borgeis sont riches e bien manent 
De chôvals e de mnl. d'or e l'argent. 

(Ger. de Rotsill., P- 339» Michel ; 

— S. m., serviteur : 

Ce fu fait si privée ment ; 

Fors sa maisnie seulement 

IN 'a voit ; mais si menant i erent, 

Qui dure i.ent se mervîllierent 

De ce que li rois avoit fait. 

(Phil. de Rémi, la Manekine, 2041, A. T.) 



Lui et dens autres chevaliers 
Si estoient ses consilliers, 
Et si manant orrent esté 
Tant comme il avoit rois esté. 

(Id., «'*., 2545.) 

manantie, manentie, manauntie, me- 
nantie t menauntie, manandie, mannandie, 
menandie, mennentie, malandie, s. f., mai- 
son, habitation, demeure, domaine, ma- 
noir; bien, possession en général : 

Ne remandra denier em abbaie, 
Croiz ne calisce ne autre manantie. 
(De Charlem. et des Pairs, Romv,, p. 162.) 

A Ruen mtst grant manantie 
A Saint Oain en li abeie. 

(Wace, Rou, 3 e p., 703, Andresen.) 

A Troie sont li grant trésor 
De pailes et d'argent et d'or 
Et de tote autre manentie. 

(Ben-, Troie, ms. Naples, f° U d .) 

Je te donrai en Franche avoir et manandie. 

(Aiol, 6341, A. T.) 

N*i avoit gent ne manandie. 

(Brut, ms. Munich, 1142, Vollm.) 

Einsi li crut ade3 honurs et manauntie. 

(Garn., Vie de S. Thon., Richel. 13513, f° 5 y».) 

Plusur ont poverlé, H alquanz manantie. 

(Id., ib. t f° 1 r°.) 

De tote terre avez la seignorie, 
D'oisels, des bestes e d'altrô manantie. 

(Adam, p 6, Luzarche.) 

El chié de rouge mer avoit herbergie 
Une cité mult belô plaine de manantie, 
Tant par ert bêle et riche entur la peescherie 
Que trestole pessoit la terre de Sulie. 
(Th. db Kent, Geste d'Alis., Richel. 24364, 
f» 14 r«.) 

Je te desfen toute ma manantie, 
Ja n'i prendras vaillisant une alie. 

(R. de Cambrai, 1881, A. T.) 

Et Floires dist : Laissiez m'ester, 
Que ja por nule manantie 
N'oblierai ma doce amie. 
(Floire et Blancheflor, 2 e vers,. 1726, du Méril.) 

Asez i mêlent pain et vin et farine, 
Et char salée et autre manantie, 
Hauberz et filmes et espees forbies. 

(Mort Aymeri de Narb., 691, A. T.) 

A huez et Taches et autre menantie. 

(Girard de Viane, p. 82, Tarbé.) 

Clers et borjois et rente et mueble 
Abandonerent en aie 
Chascun selon sa menantie. 
(J. Le Marchaht, Mir. de N.-D., ma. Chartres, 
f° 7 b .) 
Je ne doins pas ma druerie 
A rentes ne a manandie, 
Atns le doins a bon cevalier, 
Doue en cambre, en bataille fier. 

(Parton. de Et ois, 10287, Crapelet.) 

Por lui tenroiz grant heritaige 
Viles et chasteaui et citez, 
Se vos a feme la prenez 
Assez aurez grant menantie. 

(Blanchandin, Richel. 19152, P I84 a .) 

Dedens les quels sis bornera se ma- 
nandie est contenue. (Ch. de fév. 1242, 
Anchin, Arch. Nord.) 

N'a cité ne chas tel, ne bourc ne manantie 
Que je n'aie par force et par vertu conqufse. 
(Gui de Bourg., 66, A. P.) 

Dient que de Guy on tenront lor msnnentie 
Et qa'i siront si homme tôt les jors de lor vie. 
(Aye d'Avign., 4<U4, A. P.) Impr., mennencie. 



Devant sa riche manantie 
Avoit cil sa her bergerie. 
(Gkff., .vu. Est. du monde, Richel. 1526, 
f°172 B .) 

Li sénateurs tel manantie 

Avoit, que li rois de Hongrie 

I vint, et tuit si chevalier 

Se peorent laien3 herbegier. 

(Phil. de Rémi, la Manekine, 7715, A. T.) 

Por li aurez mult riche manantie, 
Sires serez de tote Lumbardie. 

(Otinel, 643, A. P.) 

Ou mont n'a ville ne cité, 

Chagtel ne bourc ne manantie, 

Que je n'i aye seignorie. 
(Nie. db Margival, Panthère d'amours, 332, A. T.) 
La grainge et toute la menandie et tous 
le ressaige qui appaut. (16 mai 1280, Cé- 
lestins, maisons, i fl l t , Arcb. Mos.) 

Qu'avant seront passes li .vu. ans et demie 
Que Garlns puist venir dedens sa manantie, 

(Gaufrey, 188, A. P.) 

Et si vous di sus Dieu, qui ma foi a plevie, 
Que chel riche pales ou li or reflambie, 
Ou les hautes tours sunt et la fort manantie, 
Aron tout quitement ains Tore de compile, 

(Doon de Maience, 10498, A. P.) 
Se li pris demouroit dedans sa menantie. 

(Brun de la Mont., 2444, A. T.) 

Dont sommez nous tous frères en ceste mannandie. 
(H. Capet, 2187, A. P.) 

Se donc n'estoit de nation, ou ne pre- 
nait femme que fust de la nation de Mes, 
et de la menandie de Mes. (1317. Hist. de 
Metz, III, 329.) 

Car en .1. fort avoit chascun sa manandie. 

(Cuvel., du Guescl., 8223, Charrière.) 

Je croy que vêla la maison 
Ou Anne tient sa malandie. 
(Gresan, Myst. de la Pass., Ars. 6431, fM7S c .) 
Var., manandie. (Ed. G. Paris, v. 21088.) 
Sy ot ilz plux de mil lbz de dommaiges 
en menandie, et l'église brullee. (J. Au- 
BHlo.x, Journ., an 1492, Larchey.) 

Or nous en allons, je t'en prie, 
La bas en ceste manandie. 
(Vie du mauv. riche, Ane. Th. fr., 111,281.) 
Impr., tnanaudie. 

— Droit de l'habitant de la commune : 
Et s'uns hom de manantie qui mansist 

el tenement de le glize fust jugies a mort. 
(Mai 1247, Lett. de J. d'Audenarde, Arch. 
Nord.) 

Ke nous avons mis... fuers de la menan- 
die, et de la paix, et de la justice de Mes, 
eus, lor cors et lor biens, et tous lor heri- 
taiges, kan k'il an ont. fors de banlue de 
Mes, En teil manière Ke nos ne poons 
jamaix reclameir, ne défendre par nulle 
justice, por la raixon de la menandie ne 
de la borgesie de Mes, ne ne les devons 
jamaix panre ne ressoivre a manans ne 
a borjois de Mes. (1287, Hist. de Metz, ITT. 
231.) 

Et c'il avenoit chose k'il en prenissent 
nulz sans lou concel, ansi com il est si 
desour devis, il ne varoit niant, et se ne 
seroit mies, ne bourjois, ne menans, et 
perderoit cent livres de messains cil ke 
panroit la mannandie, sans lou concel de 
la ville. (1288, ib., III, 233.) 

— Sorte de redevance : 

Et si a retenu ses menandies. (Sept. 1249, 
Lett. de Vabb. de Chatill,, cart. 20, Arch. 
Meuse.) 



MAN 



MAN 



MAN 



135 



Et ai la moitié par tôt et cil l'autre, saut' 
ce que H abes et li couvens i retienent lor 
menandiez. (Janv. 1256, Lett. du Cte de 
Bar, S.-Mihiel, Arch. Meuse.) 

— Jouissance : 

N'aurai d'amora manandie 

Se pitié ne Taint son talent, 
(Gautier d'Argiss, Ckans., Diuaux, Trouv. artés., 
p. 191.) 

manantise, manent., manaunt., ma- 
nand., s. f., habitation, maison : 

Dunkestotli moine emplirent lo cornant 
de lur père, et cel Basile boterent fors de 
la manandise del monstier. (DuU. St Greg., 
p. 19, Foerster.) 

S'el prent home por manentise, 
Il ert tornez a covoîlise. 

(Parton., 6527, Crapelet.) 

Conaeillies nous on manantise 
Puissions trouver ou berbegage* 
(Alard, C 9tt * d'Anjou, Richel. 765, f« 11 r°.) 

Déduit d'oyseaulx a son estre 

En l'air, a mont, bien prea des cieulx 
On a sa manentise Dieux. 

(G. de la Bighe, f° 97, ap. Ste-Pal.) 

Que volez vous, dit il, en ceste manandiset 
(Cuvel., Vie de B. du GvescL, 14885, Charrière.) 

As tôix des manandises. (Froiss., Chron., 
ITT, 343, Luee, ms. Amiens.) 

Laquelle alee le procureur desdits reli- 
gieux dit faire la séparation de la terre de 
monseigneur le duc et de la terre de 
l'église, et que ses trois manantises sont 
en la justice de l'église... et le dit procu- 
reur substitut de Boiscommun dit que la 
séparation des terres et justice est au 
dessus des dits trois hostels et un pou 
oultre. (1395, Information au somm, des 
titres de la justice de Beaune, ap. Le Clerc 
de Douy, t. II, f» 32 r», Arch. Loiret.) 

Commele suppliant eust prins a louage. .. 
a Amiens .. une maison ou manandise. 
(1435, Arch. JJ 183, pièce 30.) 

Nous avons bonne manandise 
En ce temple cy tout ouvert. 
(Greban, Mist. de la Pass., 11367, G. Paris.) 

— Droit de séjour : 

Hors pris ausi ceux que ne sount mie 
conversauntz et continuement demorauntz 
en les hundres, tout eyent manauntise. 
(Britt., Loix d'Angleterre, f° 73 b , ap t Ste- 
Pal.) 

— Biens, richesses en général : 
Ne li troi roi qui lont de Krise 

D tant a or et manantise, fc 

(Ben., Troies, Richel, 375, f° 84 u .) 
Li reis Salomun fud eshalcied sur tuz 
es reis de la terre en saveir e en riches 
manentises. {Bois, p. 274, Ler. de Lincy.) 

Grant avoir et grans manantises 
Et grans richesces en a piise». 

(Eneas, ms. Montp. H 251, f° I48 b .) 
Moult i trova grant menantise, 
Or et argent et dras de Frise. 
(CMttoiem. d'un père, Richel. 19152, f û I4 b .) 
Por quei se travallent il tant 
De porchacier en mainte galse 
La terrienne manantise, 

(/*., conte xxlu, U9, Biblioph, fr.) 

manas, mânes, s. m., menace ? 

Brefs de manas, appels de félonie ou de 
meynpernours de meynpris trové et 
faillie en brefs de mands. (Britton, Loix 
d'Angleterre, f* 35 r\ ap. Ste-Pal.) 



Bref de mânes. (Id., ib., ï° 5 v*,) 

MANATIE, VOir MESNATTIB. 
MANAUNTIE, VOir MANANTIE. 
MANAUNTISE, VOir MANANTISE. 
MANAVLB, VOir MANABLE. 

manboh, voir Mainbour. 
manbote, voir Mainbote. 
manbour, voir Mainbouu. 

MANBOURG, VOÏr MAINBOUR- 
MANBRER, VOÎr MHMBRER. 

manburnie, voir Mainbourmk. 

MANBURNIR, VOÎr MAINBOURNIR. 

manc, manque, manke, adj. et s. m., 
manchot, mutilé, estropié, privé d'un 
membre : 

K ert mans, et vos voi eschacier. 

(ft. de Cambrai, 2929, A. T.) 
Meus voudrote estre d'un pié manc 
Que tu euses maremenz, 

(Renart, Br. II, 325, Martin.) 

Aniense le cort sesir, 
Qui n'ert pas petite dô manche, 
(Piaucele, De sire Main et de dame Anieuse, 270, 
ap. Montaiglon, FabL, I, 106.) 

Il i vont ci viel prestre et cil vieî clop et 
cil manke... {Auc et Nie, p. 8, Suchier.) 

Se li sers est mances ou d'autre manière 
qu'il ne puetfere nul servise a son signeur. 
(Digestes, ms. Montp. H 47, f° 101 d .) 

.xxx. manc et .lu. boçu furent guéri. 
(Chron. de S.-Den., ms. Ste-Gen., f ô i39 b .) 

Un chevalier fu navré el bras en une 
bataille si que la main pendoit au bras, en 
tel manière que les mires et les amis con- 
seillierent que ele fust coupée, mes celuy 
qui avoit esté preus ot honte d'estre 
manc, si fist mettre la main en son lieu et 
lier de drapeaux... (Légende dorée, Maz. 
1333, M06 b .) 

Il sana et guary ung homme manc, 
ayant la main sèche. (De vita Christi, 
Richel. 181, f° 76 d .) 

Nous tuons, dît Seneque, nos enfans, 
s'ilz sont manques, débiles, imparfaits ou 
monstrueux. (Fr. de Sales, QEun., n, 401, 
Vives.) 

— Fig. : 

L'armée en resta fort manque et foible, 
(Brant., Capit. fr., Franc. I, Bibl. elz.) 

— Fig., défectueux, imparfait, incom- 
plet ; 

Tant de or, tant de argent et de rame 
fist faire monoie de manque poiz, et celle 
qui estoit de poiz mancoit. (Aimé, Yst, de 
li Norm., IV, 39, Champollion.) 

Métaphores, allégories, comparaisons, 
similitudes, énergies, et tant d'autres fi- 
gures et ornemens, sans lesquelz toute 
oraison et poème sont nudz, manques et 
débiles. (Du Bell , ïllustr. de la lang. 
fr., 1.1, c. 5, éd. 1549.) 

Qu'on ne m'allègue poiut aussi que les 
poètes naissent, car cela s'entend de ceste 
ardeur et allégresse d'esprit, qui naturel- 
lement excite les poètes, et sans, laquelle 



toute doctrine leur seroit manque et inu- 
tile. (Id., ib., 1. II, c. 3.) 

Ne voulant laisser mou œuvre manque 
et imparfait. (F. de Babutin, Comm., 
Epist., éd. 1574.) 

Mais mangue en moi jamais ne sera l'amitié. 
(P. de Brach, Poem., f 9 7 v», éd. 1576.) 

Par son parler ambigu et manque. (La 
Bod., Harmon.,p. 53, éd. 1578.) 

Sans besicles la Visitation se fust trouvée 
manque et défectueuse. (G. BoucheTj 
Serees, III, 192, Boybet.) 

Il est fort peu d'exemples de vie pleins 
et purs. Et faict on tort a nostre instruc- 
tion de nous en proposer tous les jours 
d'imbecilles et manques a peine bons a 
un seul ply qui nous tirent arrière. (Mont., 
E$s., m, 13, p. 227, éd. 1595.) 

Sauf Tordre, la modération et la cons- 
tance, j'estime que toutes choses soient 
faisables par un homme bien manque et 
deffaillant en gros. (In., ib., 1. II, ch. xxix, 
p. 466.) 

Ou le compas, l'esquarre et la règle 
sont gauches, toutes les proportions qui 
s'en tirent , tous les bastimens qui se 
dressent a leur mesure, sont aussi néces- 
sairement manques et defEaillans. (Id., ib,, 
1. II, ch. xii, p. 397.) 

Et falloit nommément qu'ilz eussent la 
citadelle d'Anvers ; car leur révolte et vic- 
toire demeuroit manque. (Brant., Grands 
Capit. estrang., 1. 1, c. xxvn, Bibl. elz.) 

Plus paroit que de nulle autre vigne la 
laideur de ceste ci, quand les branches de 
ses arbres se treuvent manques et défec- 
tueuses. (Ol. de Serr., Th. d'agric, ni, 4, 
éd. 1805.) 

— Qui manque, qui est dénué : 
Ce prélat, qui n'estoit manque d'argu- 
raens, respondit a Montbazin qu'en tout 
ce qu'il luy avoit mis en avant c'estoit se 
vouloir tromper a escient. (Du Yillars, 
Mém., VI, an 1555, Michaud.) 

Sans toy, douce Santé, 
La Force et la Beauté 
Sont manques de puissance. 

(Roks., 0d., V, vï, Bibl. elz.) 

Le dessein en fut beau, et consciencieux: 
mais, a mon advis, un peu manque de 
prudence. (Mont., Ess., 1. II, ch. xxxm, 
p. 485, éd. 1595.) 

Et pourquoi permit il que ses paroles fussent 
Si pleines de faïeur, et si manques de foi? 
(Bertaut, Œuv., p. 4i6, éd. 1633.) 

— Gauche : 

Tu m'as ouvert le manque flanc 
Avccqaes cest yvoire blanc. 
(J. dd Bellay, Œuv., f° 102 v°, éd. 1507 J 

Argot, d la manque, à gauche. 
manceïs, voir Mansois. 
mancele, s. f„ manche : 

Une pocele Tavoit pris, 
Si Va en sa mancele mis. 

(P<w f on., 201, Crapelet.) 

MANCELLES, manselles^. f. pi,, grands 
anneaux de fer avec lesquels le timonier 
est attaché à la voiture : 

Avalouere, coliers et mamelles. (1397, 
Bail, Arch. MM 31, f» 236 v°.) 

11 luy alla souvenir que autresfois il avoit 



436 



MAN 



MAN 



MAN 



bien sceu que il y avoit deux chevaliers 
sur luy, lesquelz chevaliers avoient eu 
leurs testes couppees grant temps par 
avant, et les chevaulx aussi selon les 
maneelles de dessoubz. (PerceforesU vol. V, 
ch. 26, éd. 1528.) 

AvallouereSj maneelles , chesnettes et 
autres harnais nécessaires a charroyer. 
(1556, Compt. de Diane de Poitiers, p. 206, 
Chevalier.) 

Pour retirer les coliers, seilettes, traits, 
maneelles et autres outils pour les che- 
vaux. (Liebàult, Mais, rust, 1. I. c. v, éd. 
1597) 

Maneelles : f. Great iron rings 'whereby 
the thille horse is fastned unto a cart. 
(Cotgr., éd. 1611.) 

mancelon, s. m., manchettes, garni, 
ture qu'on met au bout des manches : 

Une paire de mnncelons t qui povoient 
valoir deux sols, six deniers. (1457, Arch. 
JJ 189, pièce 186.) 

mancevir, manchevir t mansevir, v. a., 
avertir, aviser : 

Se ces escoutes oissent pens esmouvoir 
ppur traire par devers le ville, il se dévoient 
retraire viers chiaus qui gardoient les 
camps pour yaue manehevîr et aviser. 
(Frotss., Chron,, II, 125, Kerv.) 

Jamais îi Escot ne l'euissent eu (Bervich), 
puis qu'il en estoient mancevL Toutes fois 
li chastïaus demora as Escos, (Id.,i6., IV, 
143, Luce.) 

Le dit jour vinrent nouvelle a Metz, que, 
au propre jour que lesdits Lorains firent 
leur entreprinse, et par parelle fasson, le 
riche duc d'Allemaingne volt panre la cité 
de Noirenberch. Maix, comme on disl, lez 
s™ de la ville en furent mansevis par ung 
homme qui estoït yssy bors de la cité 
bien mattin, et tellement qu'il se prepa- 
ront dedens la cité pour les attandre. (J. 
Atjbtuon, Journ.,im 1473, Larchey.) 

Et adonc quant les waites oirent le frap- 
pichc des gens d'armes, ilh cornont leurs 
cors, et cheaux délie fortereche commen- 
chont a crier aux armes. Et adonc vinrent 
ilhs a leurs deffenses et lassont courir 
trois chanons sour leurs anemis. Et adonc 
quanl les gens Johans de Bearen veirent 
ehe que ilh estaient manchevis et perveirs, 
ilh retournont arrier et dessent qu'ilhs 
astoient vendus, (J. db Stavelot, Cftron., 
p. 363, Borgnet.) 

mancez, voir Mansois. 

manchal, men. t adj., manchot : 

Des menchaux. (1263, Constit. de la 
Mais.-Dieu de Troyes, lxv, Arch. Aube.) 

manche, maunchê , mauncê t adj., a 
manches : 

Jupam manubiatam, mauncé. (Gloss. do 
Neck., ms. Bruges, Scheler, Lex., p, 88.) 

Capam rranubiatam, maunehé, (/&., 
p. 89.) 

mancheron, s. m., dimin. de manche: 

Les mancheron» de vos charmes . 

(Rose, ms. Corsinf, ri30 c ,) 
En labourant il est quasi tousjours 
droict , se soustenant et appuyant aux 
oreilles ou mancherons de la charrue. 
(Cottehbau, Colum,, I, 9, éd. 1555.) 

- Manche, bouts de manches, man- 



chettes, sortes de manches pendantes qui 
tenaient à l'habit et pendaient par der- 
rière : 

N'avoit mance ne mancheron 
N'il n'a chape ne chaperon'. 

(Dit du Barisel, Richel. 837, f° 3 r"j 

Le blanc se porte par jeunes filles en 
cordons et rub en s, mancAerons et coeuvre- 
chiefz. (Blas. des couleurs en armes.P 39 r° 
éd. 1511.) 

De mancherons, de braçeletz, 
De gorgerins et de colletz, 
De perles d'orient semez. 
(Corrozkt, Blas. domest., Blas. du cabinet, Poés. 
fr. des iv e et xvi* s., VI, 266.) 

Un mancheron a sa main, dopt il se 
bouchoit le nez et la bouche, (Sully, 
OEcon. roy. 3 ch. xxxiv, Michaud.) 

Mancherons, brachialia. (Fkd. Morel, 
Dictionariolum, éd. 1632.) 

Norrn,, Centre et Canada, mancheron, 
manche de la charrue. Tournaisis, man- 
cheron, Boulogne, manceron, manchon. 

manchet, manquet, manequet, adj., 
dim. de manc t manchot, estropié : 

He that hath but one -bande, manquet t 
manchet. (Palsgrave, Esclairc, p. 315, 

Génin.) 

Apres sa faste 

S'en repentisl : Je sais bien besle, 
Dfst il, j'ay femme deshonneste, 
Posé que des biens elle acqueste, 
Elle est muette, 

Tonte sourde et toute manqueite, 
(R. Gobik, Livre des loups ravissons, ch. v, ta, 
1525.) 

Plulost faisoit l'aveugle et le mancqttet. 
(Bqurdighé, Leg. de P. Faifeu, p. 108, éd. 1723.) 
Aucuns demourerent manchetz t les autres 
boiteux. (P. Mart., Rec. des- Isles. f° 88 v\ 
éd. 1532.) 

Un capitaine manchet d*un bras. (Beze, 
Hist. eccles., III, 266, éd. 1863,) 

Il fit couper les bras a tous ceux qu'on 
peut prendre, qui des garnisons romaines 
partoient... , afin qu'en les voyant ainsi 
mancouets donnassent crainte aux autres 
de faire acte semblable. (Jeh. Le Blond, 
Val. Maxime^ f° 79 v% éd. 1579.) 

Faignant avoir leurs membres langoureux, 
Manquett^ perclus, impotens, douloureux. 
{Le plaisant Boutehors d'oysiveté, Poés. fr, des 
xv* et xvr* s., VII, 180.) 

— Par extension : 

Plantes diminuées, manchettes et tron- 
quées. (Trad> de l'Hyst, des plant de L. 
Fousch, cb. ccxiv, éd. 1558.) 

Dans le Haut-Maine on appelle man- 
quette une femme qui ne peut nourrir son 
enfant que d'un côté, 

manchevir, voir Manceyir. 

manchie, s. f., mesure de longueur qui 
comprenait 14 palmes : 

Trouvons y estre pour ung bonier 
6400 manchies. (1555, Reg. de la cour des 
voir jurés du charbonnage^ Arch, de l'Etat 
à Liège.) 

— Instrument avec lequel on me- 
surait : 

Avons mesures et reseawes tant a cor- 



deau que aile manchie. (1556, Reg. de ta 
cour des voir jurés du charbonnage, Arch. 
de l'Etat h Liège.) 

manchikr, v. a., abaisser : 

Li duc atornoiant luit et regardant as 
cites de ses anemis se combati pour eaux 
destruire et manchier lor honor, (Aimé, 
Yst. de li Norm., VII, 4, Champollion.) 

Cf. Manc. 

1. manchise, manchixe t s, f., défaut : 

i Tant par fu foibte, la vie li feit manchixe. 
I (Pass. du Christ, 368, Boucherie.) 

| 2. manchise, s. f., syn. de manchie : 
Hors rabattus le tirce part pour serres et 
pilers, demeurt pour ledit bonier 4266 
manchîses desquelles estimons chacune 
rendre 10 traits dont les 15 traits font une 
çherree. (1555, Reg. de la cour des voir 
jurés du charbonnage Arch. de VEtat à 
Liège.) 

manchoir, mencftoîr, adj., à manche; 
mot ancien qui n'a été rencontré quedans 
un texte du Nord de la première partie du 
dix-septième siècle : 

Cousteau menchoir. (1620, Halle de 
Béthune, ap.La Fons, Art. du iïord,v. 112.) 

manchon,s. m., manche delà charrue: 
Stiva, manche de la charrue, manchon. 
(Gloss. de Garl., Scbeler, Lex., p. 59.) 

Manchon de carue, (Gloss. romAat. du 
xv 9 s.,- Scheler.) 

— Garniture de la manche : 

Quatre pièces de pierreries pour un 
manchon s dont il y en a deux qui sont 
faites en mirouers et des panaches dessus, 
garnis de diamans, de rubis et d'opalles, 
prisé quatre cens escus. (1599, Inv. de 
Gabrielle d'Estrées t ap. Laborde, Emaux.) 

Bessin, manchon, manche de la charrue. 

MANCINE, VOir MANSINE. 

mangion, voir Mansion, 

MANCIP, VOirMANCiPK. 

mancipation, s. f.,syn. de testament : 
Feist et ordonna par ces présentes son 
testament, mancipation et ordonnance de 
dernière volonté,- (1542, Test, de Guill. du 
Bellay , Corn miss. hist. et archéol. de la 
Mayenne, Proc. verb. et doc, 1880-81, 
p. 177.) 

mancipe, mancip, manciple, maciple, 
s* m., esclave, serviteur, servant : 

Ainsi alarent H deciple 

Par tôt 1q mont et li manciple. 

(Pass. du roi Jhesu, Ara. 5201, p. 136*.) 

Angine alereot li deciple 
par tôt loa mont etli maciple. 

(/*., Brit. Mua. Add. 1K606, f* 76*. ) 
Cist meesmes sont apeles mancips porce 
qu'il sont pris par mains d'annemis. (Di- 
gestes, ms. Montp. H 47, f" 8 e .) 

Mancipioluiu, mancip, (Gloss. lat.-fr., 
Richel. L 13032.) 

Dy moy s'il te plaist qu'il le semble 
De ce mancife feminal, 

(Therenceen franç^ f° 95 b , Verard ) 

Ne devois ta sçavoir que le principe 

D'ung philosophe e^t, qu'il soit nng mancipe 



MAN 



MAN 



MAN 



137 



D'Àngerona, qui en painetnre froide 
Tient ung dur mors et une bryde royde, 
Pour demonatrer du bec le grand danger? 
(Apolog. de Nie. Ghtelet, pour CL Marol, à la suite 
des OEuv. de Marot, IV, 505, éd. 1731.) 

Povres manettes captivez sous la ban- 
nière de toute asnerie, (Christofle Lan- 
dbé, Oecoiatrie, p. 906, éd. 1888.) 

— Fém., mancipe : 

Donne voie au seingneur de prendre sa 
mancipe ou sa serve. (Bersuire, T. Liv., 
ras. Ste-Gen., f° 62 h .) 

manciper, v. a., livrer, abandonner ; 
transporter, céder en toute propriété par 
suite d'une vente, ou de tonte autre ma- 
nière : 

Ses parens Yavoient du tout mancipee au 
service de nostre seigneur. {Mir. historial, 
Maz.557,f* 16 r«.) 

Que pouvez vous attendre de luy (H. IV) 
qui des le ventre de sa mère estoit mancipe 
a Sathan? (Advert. des cath. fr. aux cath. 
angl, p. 64, éd. 1386.) 

Estant mancipê a toute volupté. (Zb., 
p. 107.) 

— Mancipê, part, passé, consacré" : 

Nous les fréquentons dévotement comme 
lieux saincts, dédiez, mancipez au service 
et honneur de Dieu. (Grenier, le Bouclier 
de la foy, i° 63 r<\ éd. 1580.) 

— Dépossédé : 

Ainsi a esté la noble maison de S. 
Georges destruitte et mancipee, (0. de la 
Marche, Mêm., 1. I, p. 114, éd. 1616.) 

Meuse, les Youthons, manciper, émanci- 
per. 

mancipion, mancipon, s. m., esclave : 

En cel meisme jour li pechieres morut, 

et fu fais fi us de ténèbres et mancipions 

dMnfer. (Vie de S. Franc. d'Ass., Maz. 

1351, f» 87«0 

L'un fa paire .G., l'autre Folcon, 
E li enfant refirent chevalier bon, 
E tans ja refurent mal ftiancipon. 

(G«\ de Ross., p. 300, Michel.) 

mancïple, voir Mancipe. 
mancipon, voir Mancipion, 
mançoïnge, voir Menoonge. 
mançois, voir Mànsois. 

MANÇONGE, VOir MENÇONGE. 

mançongeor, voir Mençoigneor. 

MANÇONÏER, VOIT MENÇONGïER. 

mancor, s. m., p*-ê. méteiî, selon 
M. Léopold Delisle (Class. agric, p. 320) 
qui l'a rencontré dans une charte de 
i 'abbaye de Fontevrault, en 1199, et dans 
plusieurs passages du Cartulaire de la Tri- 
nité de Caen. 

Nom propre, Willelmus Maincoir, dans 
les textes indiqués ci-dessus. 

mancoy, s. t, guérite ? 

Pour fere une mancoy au clocquier de 
S, Estevene pour le wete dudit clocquier. 
{1372, Lille, ap. La Fons, Gloss, tns., Bibl. 
Amiens.) 



v. 



MANCQTJET, VOir MANCHET. 
MAND, VOir AÏANT. 

mandable, ndj., mangeable : 
Mandibilis, mandables. (Catkolicon, Ri- 
cheh 1. 17881.) 

MANDAGLOIRE, Voir MANDEGLOIRE. 
MANDÀGORE, VOir MANDEGLOIRE. 
MANDAMENT, VOir MANDEMENT. 
MANDAST, VOir MANDÉ. 

1. mandat, s. m., mandement ; 

Icelluy pape Clément suspendit Gaul- 
tier, evesque de Poictiers, en hayne de 
ce que ledit pape estant arebevesque de 
Bordeaulx icelluy Gaultier l'avoit excom- 
munié par ung mandat de l'archevesque 
de Bourges comme primat d'Acquitaine. 
(N. Gilles, Ann. y t. I, f° 311 v fl , éd. 1492.) 

2. mandat, voir MjiNDÉ. 

1. mande, s. f., espèce de panier sem- 
blable aux gabions, grande corbeille à 
deux mains ou poignées.: 

Del millier de herenc, un denier (de 
droit) ; de le mande de raies quatre de- 
niers, (1202, Enquête faite d Capi, Tailliar, 
Rec. d'actes des xn 8 et xm 8 s. en lang. 
wall, p. 15.) 

Pour .un. cloies de xvi. pies et ,n. ser- 
vons et .n, mandes. (1326, Revenus des 
terres deVArt. t Arcb. KK 394, f° 45.) 

Gbiots li corbellieres a vendu ses vans, 
ses corbeilles et ses mandes. (DiaL fr.- 
flam. t f° 18*, Michel ant.) 

En avallant atout cordes, mandes plaines 
de feu sur ledit bois quy estoit mis contre 
leurs murailles. (Wàvrin, Anchienn. Cran. 
d'Englet, II, 136, Soc. de TH. de Fr.) 

Pour îe mande de merlans. (1400, Cart. 
de Corb.y ap. Laborde, Emaux,) 

Une grande mande quarree, pour mettre, 
chargier et amener par charroy, treize ta- 
bleaux de bois. (1451, Ducs de Bourg. , 
n* 1466, Laborde.) 

Une grande mande d'argent, a mettre 
Taumosne. (1467, ib.) 

Nous avons trouvé douze mandes 

Pour bonter ce qui demourra. 
(Greban, Mût. de la Pass., 12987 v G. Paris.) 

Du pain plein une mande 

Bouter en ses boyauli. 
(G* Chastell., Pues., à la anîte de la hég. de 
Faifeu, p. 168, éd. 1723.) 

Une grande mande d'argent, faicte en 
façon d osiere. (1536, ïnv. de Ch. Quint, 
ap. Laborde, Emaux.) 

Tondre draps, brnsler ung porchel. 
Tiltre ung sac, lascher une mande. 
(Watelet de tous mestiers, Poés. fr. des xv e et 
XYi e s., XIII, 1600 

Tous, jusqu'aux moindres, employeront 
la veillée des longues nuicts, faisans au- 
près du feu des paniers, corbeilles, mandes, 
vans, et semblables meubles du mesnage. 
(Ol. de Serr., Th. d'agric, i, 6, éd. 18050 

Mande, mante,est resté dans la Picardie, 
dans Tarr. de Valenciennes et dans le 
Hainaut, spécialement pour désigner le 
panier à deux anses dont se servent les 
maçons et les jardiniers. Rouchi, mande a 
bercher, berceau. 



2. mande, s. m., huissier, sergent : 

Et de entendre procéder et besongner 
diligeamm